Reviews anonymes :

Batuk : Ravie que ce chapitre t'ai plu.

Nepheria4 : Contente que ma fic te plaise toujours autant.

Dom : Moi aussi j'aime la fin de ce chapitre. Faut bien commencer par quelque chose pour qu'ils finissent ensemble.

Cha910 : Deux mots : la voila !

Dravy : Heureuse que l'évolution de ma fic te plaise. Quant à la révélation de Draco, il ne l'aurait jamais faite de son propre chef, il fallait bien trouver un moyen pour le forcer.


Entretien avec un potionniste

J'ai chaud. J'ai froid. J'ai chaud. J'ai… j'en ai marre ! Depuis que je suis levé, je n'arrête pas d'avoir des sueurs. Mon estomac se tort dans tous les sens et je sais bien que ce n'est pas à cause de la faim. De toute façon, c'est à peine si j'ai pu boire mon jus de citrouille ce matin. Etrangement, depuis que je suis devenu Harry Potter, je le trouve moins bon. Est-ce parce qu'il n'y a plus la potion dedans ? Pourtant j'ai toujours bu du jus à d'autres moments de la journée et sans potion, sans que je trouve le goût étrange. Je ne sais pas trop. Quelques fois je me surprends à chercher la fiole et à paniquer car je ne la trouve pas. Jusqu'à ce que les récents évènements me reviennent et que je me calme. Je n'ai plus besoin de la prendre. Même si parfois j'aimerais bien redevenir Henry Malfoy et effacer ces dernières semaines. Tout serait tellement plus simple.

- Tu vas te décider à rentrer !? s'écrie Sévérus de l'autre côté de la porte.

Je sursaute et pousse la porte du cachot.

- Bonjour… Parrain, dis-je d'une petite voix.

- Bonjour… Harry. Désolé, je sais toujours pas comment t'appeler.

Je lui fais un léger sourire.

- Harry ça me va. Je commence à m'y faire. Et puis c'est assez proche de mon autre prénom.

- Oui. C'était fait exprès, lâche-t-il d'un seul coup.

Ses yeux se ferment brusquement et ses lèvres se pincent. Il semble que les mots ont dépassé sa pensée. Mais ça tombe bien, puisque je suis là pour parler de ça. Je m'assois sur la chaise qui se trouve face à son bureau, alors que lui se lève et se dirige vers une armoire.

Il est nerveux. Quand il est mal à l'aise, se tourner vers les potions le rassure. Je le connais bien au bout de seize ans.

- C'est peut-être une bonne chose, je souffle doucement. Si vous saviez que j'allais redevenir Harry Potter un jour…

- On s'en doutait, marmonne-t-il, toujours face à ses fioles.

- Est-ce que… est-ce que tu sais si… s'ils ont reçu ma lettre.

- Je leur ai posé la question et ils n'ont rien reçu de ta part. je crois même que ta mère était peinée. Enfin… quand je lui ai dit que tu leur avais envoyé quelque chose…

- C'est bizarre. Ça doit bien faire trois semaines. Et Hedwige est revenue sans. Est-ce qu'elle l'aurait perdue ?

- Je ne pense pas, marmonne Sévérus.

Puis il se retourne face à moi, le visage sévère.

- As-tu lancé un sort de dissimulation dessus ?

- Ben non. Pourquoi ?

- Parce que je pense que certaines personnes ont décidé de filtrer tes communications avec… tes anciens parents.

- Mais pourquoi !? je m'exclame.

Mais la réponse me vient aussitôt. Le Survivant et des mangemorts ne sont pas faits pour être ensemble. Une rage s'empare de moi et je serre les poings. Qui peut bien vouloir que je rompe tout contact avec mes parents ? Le Ministère ? Ce n'est pas impossible…

Je secoue la tête et tente d'apaiser ma colère. Je ne suis pas ici pour parler des magouilles de nos dirigeants. Je suis ici pour avoir des réponses à mes questions.

- Bref. En fait, je voulais te voir car… car… je me pose beaucoup de questions.

Il s'assoit dans son fauteuil et plonge son regard noir dans le mien. J'ai toute son attention.

- Est-ce que tu pourrais me raconter toute l'histoire. Une nouvelle fois.

Il prend une inspiration, s'installe mieux dans son siège, puis commence d'une voix grave :

- Tu es né le 31 juillet 1980. Ton père était James Potter, un sorcier de sang-pur et ta mère Lily Evans, une née Moldu. Ils se sont connus ici et mariés très jeunes. Ils faisaient partis de l'Ordre du Phénix. Quant à tes parents et moi-même, nous ne t'avons jamais caché ce que nous étions.

- Oui, je chuchote.

- A cette époque, Draco avait tout juste quelques mois et Tu-sais-qui menaçait régulièrement Lucius et Narcissa de le tuer. Ils obéissaient donc, même si tuer des innocents ne leur plaisaient pas. Mais c'était pour leur fils. La peur de perdre un être cher vous pousse à faire les pires horreurs. Par amour, par peur, on peut commettre les pires atrocités. Quant à moi, je venais d'entendre une prophétie concernant un enfant qui allait tuer le Seigneur des ténèbres. J'ai bien tenté de cacher cette information, voulant aussi stopper toute cette tuerie. Mais il sentait que je lui cachais quelque chose. Et j'ai donc du lui révéler ce que je savais. A partir de ce jour, il s'est mis en tête de retrouver cet enfant, de te retrouver et le tuer, te tuer.

Un silence se fait. Sévérus fait apparaître un verre et y verse un liquide ambré qu'il boit d'une traite.

- Jusqu'à ce qu'il te retrouve. C'est là, qu'il a appris pour le pouvoir de Narcissa. Sa sœur Bellatrix lui a parlé de ce don et il l'a forcé à lui dire son avenir. C'est là, qu'elle a vu ton futur, celui d'Harry Potter. A ce moment, j'ignorais leurs plans te concernant. Tu-sais-qui était tellement sûr de la fidélité des Malfoys, qu'il n'a même pas cherché à vérifier les dires de ta mère. Il l'a cru. Et il a attaqué. La suite, tout le monde la connait. Toi, un enfant d'à peine un an, tu as réussi à survivre à un sortilège de mort et tu as tué le Seigneur des ténèbres. Et c'est là, que tes parents sont rentrés en jeu. Ils sont venus te chercher avant l'Ordre et t'ont ramené chez eux. Tout de suite, ils m'ont demandé de venir et je peux te dire que j'étais plus que surpris de te voir. C'est là qu'ils m'ont révélé l'histoire. Et m'ont demandé de les aider. Lucius avait trouvé un livre de magie noire qui traitait de l'usurpation d'identité à long terme. Une potion permettant de prendre l'apparence de quelqu'un, mort ou vivant, comme du Polynectar, mais sans certains inconvénients. Elle dure entre vingt-quatre et quarante-huit heures, une goutte à chaque fois suffit et est sans douleur pour la personne. De plus, le sujet grandit, vieilli à son propre rythme. Le morceau de celui dont on veut prendre l'identité ne doit pas forcément être… frais. Si tu le fais avec un mort, l'apparence que tu prendras commencera au moment de la mort de l'autre et ensuite tu vieilliras normalement. Mais cela ne te concerne pas, puisque nous avons pris les cheveux de Draco. La potion t'a donné son apparence, mais tu vieillissais à ton propre rythme. D'où les quelques petites différences de morphologie entre vous deux. Contrairement à du Polynectar, tu n'étais pas son parfait double.

J'hoche de la tête, comprenant un peu mieux mon passé.

- Et cette potion combinée avec un sort de magie noire, permet de changer l'apparence, mais aussi la magie de la personne.

- C'est ce que vous avez fait.

- Oui. Nous avons décidé de te faire passer pour le frère jumeau de Draco. Nous aurions toujours des cheveux pour changer ton apparence. Quant à ta magie, elle était déjà si puissante. Nous ne devions pas éveiller les soupçons. Alors quand j'ai lancé le sort, j'ai fait en sorte de la brider. Nous voulions la rendre moins forte… mais pas instable comme elle l'a été.

J'interroge Sévérus du regard. Que s'est-il passé alors ? Pourquoi ma magie est devenue ainsi ? Et comment le lien entre Draco et moi s'est-il créé ?

- je n'en ai jamais eu la certitude car nous ne pouvons pas comparer ton cas avec d'autres. Mais il semble qu'à force de prendre cette potion, les effets du sort se sont modifiés. Ta magie s'est liée d'elle-même à celle de Draco. Cherchait-elle une base solide ? Ou voulait-elle récupérer sa puissance en la puisant en Draco ? Je n'en sais rien. Mais une chose est sûre, ta magie est liée à celle de Draco. Nous avons sorti le prétexte de la gémellité pour expliquer ce phénomène, mais ce n'était pas vrai puisqu'il n'est pas ton frère.

J'assimile progressivement les informations. C'est difficile de tout comprendre, mais je crois saisir le principal.

- La suite, tu la connais, tu l'as vécue.

- Et alors, pourquoi… maintenant ? Que s'est-il passé ? je demande.

- Quand as-tu commencé à sentir des changements ?

- Juste avant la rentrée.

- Le 31 juillet ?

Euh… Peut-être que oui. Je n'ai pas noté la date exacte. Mais je crois que c'est cette nuit là que j'ai rêvé pour la première fois de ma vraie mère.

- J'ai rêvé de ma mère cette nuit là. Ma vraie mère. J'ai… j'ai vu sa mort, je termine dans un murmure.

C'est toujours difficile d'évoquer ce souvenir.

- Tu ne m'en as jamais parlé.

- Tu es le premier à le savoir.

- Hum. Tu sais pourquoi la trace est levée à l'âge de dix-sept ans ? Car chaque sorcier reçoit la totalité de ses pouvoirs. A partir de ce jour, il est accompli. La trace a été levée à tes dix-sept ans, mais en réalité, tu ne les avais pas vraiment. Lorsque tu as fêté ton anniversaire le 5 juin, ta magie n'avait pas encore atteint tout son potentiel. Elle ne l'a fait que le jour de ton vrai anniversaire, le 31 juillet.

Je comprends mieux certaines choses.

- Il lui a probablement fallu du temps pour briser le sort et contrer les effets de la potion. D'où les différents évènements du mois dernier. Jusqu'à ce que tu sois en pleine possession de ta vraie puissance. Est-ce que tu te souviens du sort que je t'ai jeté à l'infirmerie ce soir là ?

Je plisse les yeux et me souviens vaguement d'un sort inconnu.

- Amimésis Velum, reprend-il. Ce sort permet de révéler la vraie identité de celui qui se cache sous la potion combinée au sort que je t'ai lancé. D'ailleurs je suis le seul à pouvoir utiliser ce contre-sort puisque je suis à l'origine de la potion et du sort.

- Et rien ne s'est produit à ce moment là, je me remémore.

- Parce qu'il n'y avait plus rien à cacher.

J'hoche de la tête. Je comprends mieux.

- Et…

J'hésite à poser cette question.

- Oui ?

- Est-ce que… est-ce que j'ai été un fardeau pendant toutes ces années ? je demande d'une voix faible.

- Franchement, tu as commencé à m'exaspérer dès le premier jour. Tu ne voulais pas prendre ta potion et tu passais ton temps à baver sur mon épaule. Et tu avais le chic pour salir ta couche quand tu étais sur mes genoux. Et je ne parle même pas des bêtises que tu faisais quand tu es devenu plus grand.

Je souris car je sais très bien ce que veulent dire tous ces mots. Ce n'est pas la première fois que je les entends.

- Tu étais vraiment un gosse horrible. Tout comme Draco de toute façon. Vous vous étiez bien trouvé tous les deux.

Cette fois je laisse échapper un petit rire. Tout n'était pas si faux que ça. Les images de mon miroir du passé étalées à mes pieds ne me font presque plus mal.

- Et… mes parents ?

- Tu as toujours été leur fils. Du moment où tu t'es installé chez eux, tu es devenu Henry Malfoy, fils de Lucius et Narcissa Malfoy. Et je peux t'assurer que ce n'est pas facile pour eux non plus… toute cette histoire.

- J'aimerais tant pouvoir leur parler, je marmonne plus pour moi-même.

- Comme il semble que le courrier est filtré, je peux te proposer d'utiliser ma cheminée.

- Vraiment ! Je… tu crois que…

- Vas-y, me dit-il en tournant la tête vers ses appartements.

Ni une, ni deux, je me lève et file en direction de sa cheminée. Je vais enfin pouvoir parler avec eux.


J'espère que ce chapitre ne va pas paru trop répétitif par rapport au chapitre 13. Je voulais bien clarifier la situation concernant le passé d'Henry, mais d'un autre point de vue, ce qui fait qu'il y a quelques nouveaux éléments.

C'est assez clair ? Si vous avez des questions, n'hésitez pas, j'y répondrai (sauf si c'est prévu que la réponse arrive un peu plus tard dans les chapitres).