Reviews anonymes :
Nepheria4 : Toujours ravie de savoir que ma fic te plait.
Dravy : Tu as raison concernant celui qui filtre le courrier. Par contre je n'ai pas écrit l'échange entre Harry et les Malfoys. Pas envie. Pas trop déçue ?
La limace : Je n'aurais pas qualifier ce chapitre d'adorable, mais c'est très bien aussi. Tant que tu aimes, moi ça me va.
Tintinabule : Je pense que tu te doutes de plein de choses, mais quand arriveront-elles et comment, ça, ça reste un mystère. Pour la prochaine étape, tu vas commencer à être servi avec ce nouveau chapitre.
Tu trouves Dumby louche ? Ouais ben t'as bien raison.
Pour Voldemort, il sera abordé plus loin dans la fic. Je ne sais pas trop quand il va commencer à "arriver", mais je pense que c'est prévu. Je ne t'affirme rien car je ne connais pas vraiment la suite de ma fic et les persos ont une forte tendance à faire ce qu'ils veulent. Donc des fois, j'ai des idées pour plus tard et entre temps, il se passe autre chose et mon idée n'est plus compatible avec ce qu'il s'est passé. Du coup, avec ce que je viens d'écrire, j'ai réponsu à ta question sur le fait qu'il soit vivant ou mort.
J'espère que le travail va devenir moins oppressant par la suite.
En tout cas, c'est toujours un réel plaisir de te lire.
Kisis :Merci beaucoup pour toutes tes reviews. Elles m'ont beaucoup touchée. Je suis contente que ma fic continue de te plaire et que l'évolution des personnages te convienne. J'avoue que c'est pas toujours facile de créer un nouveau personnage à partir d'un ancien. Mais j'aime assez ce que j'en fais. Tu vas voir qu'il y a encore de l'évolution dans l'air et je pense que ce ne sera pas pour te déplaire. Que se soit Harry ou Draco, ça va bien commencer à bouger. En tout cas, j'espère que ce chapitre te plaira.
DESOLEE !
Le chapitre que j'ai posté il y a quelques heures n'est pas la bonne version. Il y manque des éléments.
Celui-ci est le bon. Donc va falloir que vous relisiez tout. Désolée.
Halloween
Je le regarde adossé contre le mur, la tête penchée vers l'avant. Quelques mèches de cheveux tombent devant ses yeux clos. Les bras croisés sur le torse, il semble si calme. Pourtant je devine l'énervement et l'impatience en lui. Juste parce que sa jambe droite bouge légèrement. Juste parce que son majeur tapote faiblement son bras. Il ne voulait pas venir. Mais Pansy l'a forcé. Et voila qu'il se retrouve avec moi, devant le dortoir des Gryffondors, à monter la garde. Les filles et Blaise sont à l'intérieur de la salle commune et sont en train de préparer la farce de la pluie au jus de citrouille. Il est prévu que le sort se déclenche à deux heures du matin dans le dortoir des filles, à deux heures quinze dans celui des garçons et à peine dix minutes plus tard dans la salle commune. Dommage que nous ne puissions voir tout ça en direct.
Je pousse un léger soupir. C'est qu'ils en mettent du temps. A chaque petit bruit extérieur je sursaute, m'attendant à trouver un élève, voire un professeur. Et comme nous n'avons rien à faire ici, la sanction risque d'être sévère. En effet, en ce moment, tout le monde est dans la Grande Salle pour le repas et le bal d'Halloween. Et dire que je suis en train de rater la superbe tarte à la mélasse qui me faisait de l'œil depuis qu'elle était apparue sur la table. Mais Pansy a insisté pour s'éclipser à ce moment là.
Je m'appuie un peu plus contre le mur dans mon dos et secoue doucement la tête. Mais qu'est-ce qu'ils font ? À quelques mètres de moi, Draco commence sérieusement à s'énerver et ne se prive plus pour le cacher. Je crois même qu'il est en train de marmonner je ne sais quoi. Et c'est plus fort que moi, je souris. Peut-être parce que ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu comme ça. Ou alors tout simplement parce qu'il est non loin de moi. Ou encore parce que je sens sa magie venir me chatouiller le dos. J'ai envie de me rapprocher de lui, d'aller le taquiner comme je le faisais avant. Mais je devine déjà les regards noirs et les mots acerbes sortants de sa bouche. Alors je me retiens et continue simplement de ressentir son impatience qui glisse le long de ma colonne vertébrale. Mes yeux se ferment et je laisse ma tête reposer sur la pierre froide. Tous mes sens sont tournés vers Draco. Je sens son léger parfum venir frôler mes narines et les affoler car je reconnais le cadeau que je lui ai fait à Noël dernier. J'entends sa respiration un peu désordonnée, le tapotement de son pied contre le sol, le froissement de sa chemise entre ses doigts. Je ressens sa magie cogner contre la mienne dans un bruit assourdissant. Non… Ce n'est pas ça. Ce fracas ressemble plus à un meuble qui explose.
J'essaye d'ouvrir les yeux, mais je ne vois que du noir. Il n'y a plus de lumière autour de moi. La dernière lampe vient d'exploser à quelques mètres. Et puis il y a tous ces cris. J'ai peur. Je tremble. Que se passe-t-il ? Où suis-je ? Ce tableau qui prend feu me dit vaguement quelque chose. Et ces cheveux qui viennent me caresser le visage me donnent envie de m'y blottir. J'ai froid. Terriblement froid. Et pourtant je ressens une grande chaleur m'entourer, me serrer dans ses bras. Est-ce celle de cette femme qui me porte ? Pourquoi ai-je l'impression qu'il n'y a pas qu'elle ?
- Non, pas Harry, je vous en supplie, tuez-moi si vous voulez, tuez-moi à sa place...
Non. Pas elle. Non. Je ne veux pas. Non. Je ne veux pas qu'elle meure. Non.
J'ai mal. Horriblement mal. Je crois que l'air me manque. Je suis en train de revivre le meurtre de ma mère. Une nouvelle fois. Sauf que je ne dors pas, que ce n'est pas dans un songe. Pourquoi ces images m'assaillent-elles maintenant ? La porte claque et j'entends ma mère me dire qu'elle m'aime, que mon père m'aime. Je ne veux pas qu'elle meure. Pourquoi faut-il que ce cauchemar se manifeste maintenant ? Brusquement, la date d'aujourd'hui s'impose en moi. 31 octobre. Nuit d'halloween. Nuit de cris et de sang il y a seize ans. C'est la date d'anniversaire de la mort de mes parents.
- Non, pas Harry ! Je vous en supplie... Ayez pitié... Ayez pitié... Pas Harry ! Pas Harry ! Je vous en supplie... Je ferai ce que vous voudrez...
NON !
J'ouvre brusquement les yeux. Ma vision est floue en raison des larmes qui dévalent sur mes joues. Je ne peux pas les retenir. C'est bien trop douloureux. Il y a encore du noir autour de moi. A mes pieds, sur ma peau, sur Draco. Draco ? Que fait-il si prêt de moi ? Pourquoi est-il accroupi devant moi, son visage à quelques centimètres du mien et ses mains sur mes bras tremblants ?
- Harry. Harry. Chut.
- Elle… elle est morte, je sanglote. Elle est morte. Devant moi. Il l'a tuée sans aucune pitié. Il l'a tuée devant moi.
- Harry, gémit Draco en faisant une grimace.
- Elle lui avait demandé pitié. Et il n'en a eu aucune. Il a tué ma mère de sang froid. Elle voulait juste me protéger, je continue en pleurant.
- Calme-toi. Tu…
- Je veux plus voir ça. Je veux plus voir ça. Je veux juste que ça s'arrête.
Que les cauchemars de mon enfance cessent de venir me hanter. Je veux juste vivre ma vie tranquillement, comme n'importe quel sorcier. Passer mes A.S.P.I.C, choisir un métier, avoir quelqu'un dans ma vie, me marier avec, faire des enfants peut-être. Avoir une maison et un chien. Je veux juste être normal.
- Harry… chut.
Je redresse la tête et croise les iris suppliants de Draco. Il y a même quelques perles salées qui s'en échappent. Pourquoi pleure-t-il ? Et puis, pourquoi il y a des taches noires qui s'étalent sur sa peau ? Lentement, j'avance une main vers sa joue et la frôle. Je reconnais aussitôt ma magie qui ronronne à mon contact. Elle quitte la joue de Draco et glisse le long de mon bras. Sa chaleur me donne envie de me blottir dans les bras qui me font face. Mais j'hésite. Je ne veux pas perdre ceux-là. N'avoir qu'un souvenir douloureux de ceux de ma mère est déjà assez difficile à vivre comme ça, je n'ai pas besoin d'avoir le souvenir d'un refus de la part de celui qui me fait face.
Alors je reste stoïque, tandis que des flashs de la nuit où ma mère est morte devant moi m'attaquent encore. Je crois que ma magie s'étale autour de moi, sur moi, sur lui, en moi… et en lui. Et soudainement, Draco tombe contre mon torse et c'est lui qui se retrouve dans mes bras. Ce contact que je croyais perdu à jamais me donne une énorme bouffée d'oxygène. Il m'a tant manqué.
J'ai le visage enfoui dans ses cheveux et je ne peux pas m'en détacher.
J'ai son cœur battant non loin du mien et j'ai l'impression qu'ils n'en font qu'un.
J'ai ses doigts contre la peau nue de mon cou et c'est comme si des papillons venaient me chatouiller à cet endroit.
Aussitôt, je rejette la tête en arrière et le choc contre la pierre est à peine douloureux. Tout simplement parce que… parce que… j'ai sa magie dans la mienne et je comprends à ce moment là qu'elle ne voulait que ça.
Petit à petit, mon rythme cardiaque se calme et la panique s'envole. Les images d'horreur s'effacent progressivement pour laisser la place à Pansy, Daphné et Blaise qui me fixent avec un mélange de peur et de stupeur.
- Par Merlin, chuchote Blaise, les yeux écarquillés.
- Flippant, enchaîne Daphné de la même manière.
- Et on va se faire griller si on reste tous là, poursuit Pansy, également sur le même ton.
Sa phrase a le don d'être un électrochoc pour tout le monde. Blaise et Daphné se mettent à regarder autour d'eux espérant ne croiser personne. Quant à moi, je voudrais bien me relever, mais j'ai comme un poids mort sur moi. Ou peut-être est-ce vraiment le cas. Je secoue doucement Draco et l'appelle, mais je n'ai droit qu'à un faible gémissement en guise de réponse. Sans réfléchir d'avantage, je le serre contre moi, pousse sur mes jambes et me redresse. En l'espace de quelques secondes, Draco est dans mes bras, sa tête contre mon épaule et les bras autour de mon cou. Je sais qu'il est conscient, puisqu'il tente de marmonner je ne sais quoi et qu'il exerce une légère prise sur mon cou. Et tant pis s'il m'insulte après ça. Tant pis s'il me crie dessus. Tant pis s'il me frappe. Tant pis… du moment que je continue à exister pour lui.
oOo
- Tu es sûr de toi ?
J'hoche de la tête alors que je dépose le corps de Draco sur son lit.
- Si Madame Pomfresh l'apprend, elle va te tuer.
- Pansy, ferme-la ! dis-je en haussant le ton. Je sais ce que je fais.
Enfin… je crois.
- Est-ce qu'il…
Je me tourne cette fois vers Blaise et le fusille du regard, ce qui a le mérite de le couper. Je ne veux pas de leurs questions stupides. Je ne veux pas de leur inquiétude infondée. Je ne veux pas qu'ils restent tout simplement.
- T'es chiant, marmonne Draco si faiblement que je crois que je suis le seul à l'entendre.
- Ecoutez. Retournez dans la Grande Salle et si on vous pose des questions sur nous, vous n'avez qu'à leur dire que Draco était fatigué et que moi… enfin je sais pas, quoi. Vous trouverez bien une excuse pour notre absence, dis-je pour tenter de convaincre mes amis de partir.
- Tu es sûr ? me demande Blaise.
Je m'assois à côté de Draco et hoche de la tête. Il va bien, je le sens.
- Dans ce cas… réplique Pansy tout en tirant un peu Blaise.
- On vous laisse, termine Daphnée en quittant le dortoir.
Les voila tous les trois partis, ce qui me laisse une nouvelle fois tout seul avec Draco. Décidemment… J'entends un grognement provenant de ma droite, mais je ne me retourne pas. Je ne sais pas quoi faire. Il est si proche de moi. Si proche que c'en est troublant. Le regard posé sur les fonds du lac, des dizaines de mots m'envahissent brusquement. J'ai tant de choses à lui dire, à lui demander. Sauf que je ne sais pas comment faire. Parce que je sais très bien qu'il refuse de me parler.
J'ai des lettres au bord des lèvres, des sons étouffés dans ma gorge, coincés dans mes cordes vocales. Je crois même que ma bouche s'entrouvre, que mes lèvres bougent. Mais aucun son ne sort. Je suis pathétique. Je soupire et baisse la tête. Je suis perdu. Parce que je ne le comprends plus, je ne me comprends plus. L'échange que j'ai eu avec mes… parents, il y a plusieurs jours, me revient. Ils étaient vraiment contents de m'entendre. Et c'était pareil pour moi. Parmi tout ce que nous avons pu nous dire, ce qui m'a le plus troublé est le fait que Draco leur parle de moi à chaque fois. Il les informe de ce qu'il se passe à l'école, de comment je vais, de ce que je fais… comme s'il m'observait tout le temps. Pourtant croiser son regard est devenu quasi impossible. Ils m'ont même dit que Draco semblait inquiet pour moi par moments. Et cette révélation a été très déconcertante pour moi. Car il ne me le montre jamais. C'est à peine si j'existe pour lui. Enfin… c'est ce que je croyais. Mais il semblerait que je me trompe. J'en viens même à me demander s'il éprouve réellement de la haine à mon égard.
- Dégage, crache faiblement le corps à côté de moi, me faisant sortir de mes songes.
Je me tourne vers Draco et le dévisage. Il a toujours les yeux fermés et n'a pas bougé. Mais les traits crispés sur son visage m'indiquent bien que je n'ai pas rêvé.
Je devrais peut-être partir. Mais je n'en ai pas envie.
- Casse-toi, souffle-t-il comme s'il y avait une certaine lassitude dans sa voix.
Non. Je n'en ai pas envie.
Un bout de langue vient humidifier ses lèvres, juste avant que ces dernières se forment plus qu'une fine ligne. Je l'énerve. Le fait de ne pas partir l'exaspère.
- Putain, t'es vraiment chiant ce soir, marmonne-t-il. T'as décidé de m'emmerder jusqu'à la fin ?
- Ouai, je lâche dans un souffle qui me surprend.
Ma réponse et mon aplomb m'étonnent. Peut-être parce que je suis fatigué. Fatigué de ces nuits où je dors mal, où il dort mal. Epuisé de ses mots, de ses regards que je ne comprends pas. Lassé de toutes ces tentatives pour le comprendre.
Je gesticule un peu sur le lit, puis finis par m'assoir en tailleur au pied de celui-ci. Je fixe Draco qui ne bouge toujours pas.
- Pourquoi tu me détestes ? je demande d'une voix calme.
Je devine les muscles de son corps qui se crispent brièvement à mes mots. J'attends un coup. Verbal, physique, les deux. Mais rien ne vient. Pourtant je sais qu'il m'a entendu.
- Pourquoi tu me détestes ? je réitère.
Cette fois, ses yeux s'ouvrent brusquement et j'entends sa respiration s'accélérer. Avec quelques difficultés, ses bras bougent et il prend appui dessus pour se redresser. Semi-allongé, il plante ses iris dans les miens. Son visage est sérieux et je me surprends à regretter quelque peu ma question. J'ai l'impression que je viens de déclencher quelque chose, dont j'ignore beaucoup d'éléments. Mais il est un peu tard pour faire demi-tour désormais.
- Tu veux savoir pourquoi je te déteste ? me demande-t-il en fronçant les sourcils.
Un frisson me parcourt et j'hoche légèrement la tête.
- Tu en es sûr ?
- Oui, je murmure.
En fait, non. Je n'en suis plus très sûr. Voire pas du tout, même. Je crois que j'ai envie de prendre mes jambes à mon cou et d'oublier tout ce qu'il vient de se passer.
- C'est pas bien compliqué pourtant, crache-t-il. Je te hais… pour ça, finit-il en me montrant du doigt.
Est-ce moi tout entier qu'il désigne ? Je ne comprends pas vraiment ce qu'il veut dire.
- Je hais Harry Potter. A cause de lui… je ne suis plus moi.
Et bien si nous sommes tous les deux en pleine crise identitaire, on n'est pas sorti de l'auberge.
Je sais que certains pensaient lire la conversation entre Harry et les Malfoys, mais j'en avais pas envie. Donc désolée pour ceux qui s'attendaient à autre chose.
Mais est-ce qu'au final ce chapitre n'est pas mieux ? Moi j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire. Et la suite de l'échange entre Harry et Draco suivra dans le prochain chapitre. Promis.
