Reviews anonymes :
Dravy : Et tu vas voir qu'ils ne font pas que parler dans un certain sens. mais en effet, les choses se décantent doucement. Et encore merci pour les compliments.
Un grand merci à tous ceux qui m'ont rajoutée en follow.
Y manque plus que les reviews et je serai l'auteur la plus heureuse au monde.
Comme une histoire défendue
Draco pose ses mains sur son visage et se masse furtivement les tempes. J'ai des milliers de questions qui me brûlent les lèvres, mais je me retiens pour ne pas le brusquer. Il a toujours eu besoin de temps pour s'exprimer. Certains pensent qu'il fait ça pour les snober, mais en fait, il cherche juste les mots les plus justes pour répondre… que se soit gentil ou méchant. Ce qui fait que ses répliques cinglantes touchent toujours en plein cœur. Je vois sa langue être pincée entre sa lèvre supérieure et ses dents, puis ces canines frôlent celle d'en bas.
- Tu… Il… Putain, grogne-t-il tout en fermant les yeux.
Je crois bien que c'est la première fois que je le vois éprouver de telles difficultés à s'exprimer. Est-ce que ce qu'il veut me dire est si difficile pour lui ?
- Est-ce que tu sais exactement depuis quand j'éprouve cette haine à ton égard ?
Je secoue la tête. Je sais que ça a commencé avant la fin de l'année scolaire précédente, mais sans plus.
- Tout a vraiment commencé le premier juin de cette année. Bien sûr, au début, je ne savais pas que j'en viendrais à te haïr. Mais tout a débuté ce jour là.
Je me mets à regarder mes jambes croisées et j'essaye de chercher dans mes souvenirs ce qui a bien pu se passer le premier juin. Mais rien ne me vient. C'était une journée normale, je dirais. Rien de différent. Je ne me rappelle pas avoir fait, dit, pensé, insinué quelque chose qui aurait pu le mettre dans cet état.
- Tu n'as rien fait.
Je relève la tête, étonné. Et je l'interroge du regard car je ne comprends pas où il veut en venir.
- Enfin, toi, non. Mais ta magie, si. Regarde, tu n'arrives même pas à la contrôler correctement sous ta vraie identité.
Je jette un rapide coup d'œil à mes mains et remarque que quelques taches noires se sont formées sur ma peau. Ma magie est sur mes mains et je n'en suis pas rendu compte.
- Alors imagine sous celle d'Henry, finit-il dans un murmure.
Je me concentre afin de la calmer alors qu'elle s'agite sur moi. Sauf que je n'arrive pas à la contrôler. C'est même pire. Elle s'étire et glisse sur mes genoux, jusqu'à mes chevilles, sur les draps, pour finir par remonter le long des jambes de Draco.
- Je… Désolé. Je n'arrive pas à…
Un mouvement de sa main me stoppe. Cela n'a pas l'air de trop le perturber.
- J'ai l'habitude maintenant, chuchote-t-il tout en fuyant mon regard.
Hein ? Qu'insinue-t-il ?
- Comment ça ? je demande.
Il se met à fixer le lac, comme je le faisais quelques minutes plus tôt.
- Quand tu fais tes cauchemars la nuit, elle vient me voir et me grimpe dessus. Toi, évidemment, tu n'en sais rien puisque tu dors. Mais c'est ainsi à chaque fois. Ta magie se matérialise en cette chose noire et chaude et vient sur ma peau. Et puis une fois que tu es calmé, elle s'en va et disparait en toi.
Flippant. C'est tout ce qu'il me vient à l'esprit en cet instant. J'ignorais cela. Je sais que le lien entre ma magie et celle de Draco existe toujours, mais je ne comprends pas pourquoi elle cherche son contact et surtout… surtout comment elle peut être à l'origine de sa haine envers moi.
- Et la première fois qu'elle est venue me voir, c'était la nuit du premier juin.
J'ouvre la bouche en un « O » muet.
- J'ai cru à un rêve. Pendant longtemps. Car après cette nuit là, elle n'est pas revenue. Enfin… jusqu'aux derniers évènements.
- Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? je le questionne d'une petite voix.
- Elle m'a montré qui tu étais. Mais ça, évidemment, je ne l'ai compris que plus tard. Quand tu es vraiment devenu… ça, redit-il en me montrant une nouvelle fois du doigt.
- Te l'a montré ?
- Oui. Dans mes rêves où je revois nos souvenirs d'enfance et où tu es… lui. Enfin, toi maintenant.
Alors ses rêves ont commencé à ce moment là.
- J'ai pensé, à un moment, que c'était dû à l'arrivée de notre potentiel magique. Mais maintenant que je sais que le tien ne s'est manifesté qu'à tes vrais dix-sept ans, dons le 31 juillet, et non le 5 juin, je crois plutôt que c'est ta magie qui a tout provoqué. Moi je ne suis qu'une victime dans cette histoire.
- Parce que j'en suis pas une !? je m'exclame. C'est pas toi qui change de physique du jour au lendemain, qui te découvre tueur de mage noir, qui apprend qu'il a perdu ses parents à l'âge d'un an et qui manque de se faire violer tous les deux jours dans les toilettes des filles ! je débite d'un seul coup.
Draco lève un sourcil et je vois un léger étirement de lèvres, signe d'un sourire. Qu'est-ce que j'ai bien pu dire… Oh… le dernier truc.
- Elles voulaient voir ma cicatrice de près. C'est Granger qui les a faite sortir. Un peu plus et j'y passais, dis-je tout en secourant la tête.
De quoi être terrifié par les filles pour des années.
Un silence s'ensuit. Une sorte de gêne s'installe. Un peu plus et nous serions repartis dans une de ces discussions sur les filles et les garçons. Mais cela fait plusieurs mois que nous n'avons pas parlé de cela. Notre complicité d'avant n'est plus. Et même si l'envie de la retrouver est grande, je sens bien que ce n'est pas le moment de tenter de la relancer. Les minutes passent où je fixe ma magie qui semble danser sur nos deux corps et où Draco se perd dans les ondes du lac. Puis je reprends :
- Je ne comprends toujours pas l'origine de ta haine. Pourquoi tu en veux à ma magie ?
Son visage se tourne vers moi et ses pupilles s'ancrent aux miennes. Je frissonne. Le gris est devenu orage et je redoute la suite. Il y a comme de l'électricité dans l'air. J'ai chaud. Beaucoup trop chaud. Je crois même que c'est ma magie qui est en train de bouillir sur ma peau. Peut-être parce qu'elle s'agite d'un seul coup, sans que je ne comprenne pourquoi. Je sens les picotements caractéristiques de la magie de Draco et je devine qu'elle est en train de se mêler à la mienne. La sensation est vraiment étrange, déroutante.
- Pour ça, répond Draco d'un seul coup en posant sa main droite sur mon bras.
Aussitôt, je sens la chaleur croitre en moi et j'ai l'impression que je vais étouffer. Je cherche de l'air, mais ne trouve rien. Il n'y a rien. Plus de dortoir, plus de lac, plus de Draco. Tout est noir. Et soudain, devant moi, une pièce se dessine. Petit à petit, je reconnais la chambre de Draco au Manoir. Mais qu'est-ce que je fais là ?
Il est assis sur son lit et lit un livre. Il ne porte qu'un boxer, comme il le fait parfois en plein été. Je l'appelle, mais il ne m'entend pas. Je crois que… on dirait… est-ce que c'est un rêve… un de ses rêves ? Pourtant je n'ai rien fait cette fois. C'est… lui qui m'a touché.
Une personne rentre dans la pièce et je suis surpris de me voir. C'est le moi actuel qui s'avance vers Draco. Ce dernier relève la tête et sourit.
- Tu as pu venir, dit-il.
- Tu me manquais trop, je réponds… enfin l'autre moi.
Il rejoint Draco sur son lit et s'assoit à ses côtés. D'une main il repousse le livre, tout en se penchant au-dessus de Draco. Et là… là… je le vois poser ses lèvres sur les siennes. Draco ferme les yeux et enfouit ses mains dans la tignasse brune. Une minute… Pause. Ce n'est pas un souvenir. Je n'ai jamais embrassé Draco. Comment j'aurais pu alors que c'est mon frère… ou qu'il l'était à un moment en tout cas. Qu'est-ce que c'est que cette vision ?
- Tu lisais encore un livre sur les potions ? questionne mon autre moi en posant sa tête contre le torse nu de Draco.
- Tu me connais vraiment trop bien, sourit Draco tout en reprenant son livre et en passant une main câline dans les cheveux bruns.
Puis l'autre moi ferme les yeux et un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Il a l'air vraiment heureux. Et au fond de moi, je l'envie un peu. Draco ne le hait pas. Bien au contraire même. Il lui parle, il lui sourit et il le serre contre lui. C'est tout ce que j'ai perdu. Tout ce que je voudrais retrouver. Tout ce que Draco me refuse depuis que ma magie lui a montré qui je suis.
La scène s'efface brusquement et je me retrouve dans le dortoir des Serpentards. La lumière est très faible et pourtant je distingue très bien ce qu'il se passe devant moi. Le dortoir est vide de tout élève. Et pour une fois il est extrêmement bien rangé. C'est vraiment surréaliste. Il y a juste Draco et mon autre moi. Et… est-ce que… Non. Ce n'est pas la réalité. Parce que ce que je vois… est… Je détourne brusquement la tête, gêné par la situation. Mon autre moi est dans le lit de Draco, allongé sur lui et bouge les hanches d'une manière qui laisse peu de place à l'imagination. Ou peut-être est-ce l'inverse. Je devine des histoires défendues sous les draps, des mots interdits murmurés dans le creux des oreillers et des regards remplis de sous-entendus s'entrechoquant au milieu des soupirs.
Je crois que mes joues sont en feu. C'est… très érotique. Et lorsque le tissu blanc glisse de sur leurs corps nus, je ne sais plus comment réagir. Il… et l'autre… ses jambes… son… je suis… et il… Oh punaise ! Je suis en train de pénétrer Draco. Enfin, l'autre moi est en train. Mais c'est tout comme. Et même si c'est très troublant de se voir de l'extérieur en pleine action… c'est également très excitant.
- Oui, gémit Draco en s'agrippant brusquement au montant du lit.
Merlin. Je ne savais pas Draco si désirable.
- Doucement, marmonne l'autre moi en nichant son visage dans le cou de Draco.
Je devrais détourner la tête, arrêter de regarder cette scène intime. Mais je n'y arrive pas. Il y a comme une certaine fascination qui m'entoure et m'empêche de bouger. Je suis gêné et excité en même temps.
L'autre moi se met à bouger des hanches avec plus de vigueur et les soupirs emplissent désormais tout le dortoir. Sa main se pose sur le sexe qui se trouve contre son ventre et mon regard suit automatiquement son mouvement. Ses doigts entourent le sexe de Draco et se mettent à monter et descendre.
- Oh oui. Oui, gémit Draco sans retenue.
L'autre moi accélère le mouvement, puis se fige d'un seul coup, son bassin collé contre celui de son amant. Un grognement guttural sort de sa gorge, tandis que du sperme macule ses doigts et coule sur sa main.
- C'était…
- Très bien, termine Draco en soufflant.
Ça avait l'air en tout cas. Merlin, je crois que je bande. C'était tellement… chaud.
Les deux corps enlacés deviennent progressivement flous et laissent place à un Draco rouge qui est en train de retirer sa main de sur mon bras. Suis-je revenu à la réalité ? Je papillonne des yeux et reprends contenance. Oh non. Mais quels sont ces rêves ? Pourquoi Draco nous voit en train de baiser ? C'est… On ne peut pas. C'est comme un ami, un frère. Tout ça est défendu. Je me redresse brusquement et me retrouve debout. Je viens de faire un bond en arrière impressionnant.
- Que… Qu'est-ce… Toi. Moi, je bégaye. C'est… Merlin.
Sur son lit, Draco se rassoit en tailleur et me fixe. Son regard est devenu tempête. Mais je ne sais pas si c'est de colère ou de désir. Et ses joues rouges et son souffle court ne m'aident pas à comprendre ce qu'il peut ressentir en cet instant. Tout cela est tellement déconcertant. Une foule de questions se cogne dans ma tête. Des réponses incertaines se forment, mais je doute toujours. Je ne sais pas ce que je dois comprendre. Et puis ces picotements sur mes bras ne m'aident pas à réfléchir. Ma magie ne semble pas heureuse que je me sois éloigné de Draco. Elle râle, s'étire sur le sol, m'attire vers le lit qui me fait face. Mais je ne peux vraiment pas me rapprocher. Tout simplement parce que je viens de voir Draco avec un nouvel œil et que c'est effrayant quelque part. Je me masse les bras, tentant d'apaiser la masse noire.
- Tu comprends mieux pourquoi je te hais, me lance Draco. Parce que tu me fais mal. Elle me fait mal. Ces images qu'elle m'envoie la nuit me font mal. Je le hais. Je te hais, de me faire ressentir… ça.
J'hoche de la tête, même si je n'ai pas tout compris. D'un pas tremblant, je recule jusque dans la salle de bain, sans quitter Draco des yeux, puis je ferme la porte et me laisse alors glisser le long du mur. Un haut le cœur me prend et de la bile remonte dans ma bouche. C'est écœurant. Mes yeux me piquent et je crois que j'ai envie de pleurer. Mais je ne sais même pas pourquoi. Est-ce parce que ses mots viennent de me lacérer la peau une nouvelle fois ? Est-ce parce que leur sens est différent d'avant ?
Mes bras s'enroulent autour de mes jambes repliées et j'enfoui mon visage entre mes genoux. Je suis fatigué, épuisé. Je n'en peux plus. De tout ça… De cette vie que je ne reconnais pas. De ces questions qui ne trouvent jamais de réponses. De ces nuits où je ne dors presque plus. De ces images d'horreurs qui viennent me hanter sans cesse. De ses regards haineux qui me semblent faux. De ses mots qui me griffent au plus profond de moi.
Je n'en peux plus.
Cette fois, mon corps se met à trembler et des larmes coulent sur mes joues. Je n'arrive plus à retenir mes émotions. Je suis envahi par elles. Colère, tristesse, incompréhension, dégout, impuissance… Tout se mêle et s'entremêle. Pourquoi toute cette histoire m'arrive à moi ? Pourquoi je ne peux pas vivre une existence de sorcier normal ? J'ai l'impression que ma vie n'est qu'une suite d'évènements sur lesquels je n'ai aucun contrôle. La prophétie. La mort de mes parents. Ma célébrité pour un acte de mort. Mon changement d'identité. Ma magie instable. Ma magie qui se lie à Draco. Mes cauchemars. La découverte de ma véritable identité. Et ma magie qui continue à faire n'importe quoi… Je n'en peux plus. Je sature.
C'est à peine si j'arrive à savoir qui je suis en ce moment. Je ne suis plus Henry, mais je ne serais jamais Harry. Je reste entre ces deux entités, sans savoir à laquelle je dois me raccrocher. Mon reflet aux yeux verts et aux cheveux bruns me rappelle sans cesse que je suis Harry Potter, mais au fond de moi, je ne me sens pas lui. Je ne sais pas qui il est. Je ne le connais pas. Je ne… me connais pas. Et tout ça n'était pas assez compliqué pour moi, il faut j'apprenne maintenant que Draco fait des rêves érotiques de nous deux. Des rêves où je suis nu, où il est nu et où nous couchons ensemble. Des songes où nous ne sommes plus frères, mais amants. Des cauchemars qui ont poussé Draco à me haïr. Après tout, je peux le comprendre. Il a commencé à revoir notre enfance avec moi, mais dans un autre corps. Et puis ce corps a grandi et les rêves ont évolué vers une relation sexuelle. C'était comme s'il couchait avec son frère.
Je frissonne rien qu'à cette idée. On ne peut pas coucher avec son frère. C'est trop… anormal. Et pourtant, plus je revois ces images qu'il m'a faites partager, et plus je trouve leurs ébats extrêmement beaux. Je secoue la tête. Je ne dois pas penser ça. C'est Draco. On se connait depuis des années. On a tout partagé. Je l'aime comme un frère, pas comme un… amoureux.
Je soupire et me calme progressivement. Je lève la tête et aperçois quelques mèches de cheveux dans le miroir. Il est encore là. Je suis toujours lui. Harry Potter. Il va vraiment falloir que je me fasse à cette nouvelle identité. Mais ce n'est pas facile parce qu'au fond de moi, Henry Malfoy vit toujours.
TADAM !
Et voila la suite du précédent chapitre. Alors... vous vous attendiez à ça ? Un peu ou pas du tout ?
Et maintenant, comment va réagir Harry ? Que celles et ceux qui aiment faire des suppositions farfelues (ou pas), me disent tout. Et non je ne pense à personne en particulier lol.
