Reviews anonymes :
Inconnue93 : Alors tu les sa relu une seconde fois ? Ils te plaisent toujours ? J'espère en tout cas. Et as-tu trouvé la patience pour attendre ? lol
Alors, sache queu'une review n'est jamais longue et moi j'aime quand les lecteurs disent ce qu'ils aiment ou pas d'ailleurs. Et puis avec tout ce que tu as écrit dedans, je ne peux qu'être aux anges. Merci à toi de me lire, de me suivre et de me laisser des reviews. J'en suis tr_ès heureuse.
Kisis : Un lemon à cet endroit aurait vraiment été en décalé par rapport à toute la fic. Mais tu vois j'ai quand même été gentille et je les ai fait dormi ensemble après un bisou assez chaud. Et puis Harry prend conscience de l'évolution de leur relation et l'accepte, comme tu le soulignes. Tout va bien dans un certain sens...
Fan : Frustration comblée, auteur charmée, lol. Et en plus c'était vraiment un très gentil chapitre.
il est vrai que Draco montre un peu son caractère, mais il en avait besoin le pauvre. Car mine de rien, il encaisse beaucoup depuis le début. Fallait que ça sorte. On pète un bon coup, ça pue un peu, mais qu'est-ce qu'on se sent bien après ! Non ? ^^
Pour le chapitre qui suit, c'est pas vraiment ça. Sévérus ne sert pas à grand chose.
Dravy : Oui ! Enfin ils se sont rapprochés ! Cette fois c'est bon. Piouf, ce fut long et laborieux, mais j'y suis arrivée. lol
Ravie que ce chapitre t'ai plu en tout cas.
Occlumancie vs légilimancie
Je fronce les sourcils en apercevant le visage grave de Sévérus qui est en train de quitter le bureau de Père. Voila près de trois heures qu'il est arrivé et s'est enfermé dans cette pièce avec Père et Mère. Intrigué par cette réunion, je suis resté dans le petit salon, au cas où. Draco, lui, est parti faire ses devoirs de vacances avant que celles-ci ne se terminent. Du coup, je suis seul dans le petit salon et désormais face à mon parrain.
- Parrain.
- Harry.
- Te voir ici est assez inhabituel.
- Je devais parler avec tes parents.
- Je l'ai remarqué.
Puis il fait quelques pas en s'éloignant de moi et finalement se stoppe et se retourne vers moi.
- Tu continues à prendre de la potion de sommeil ?
Je cherche dans ma mémoire quand j'ai pu lui parler de cela, mais ne m'en rappelle pas.
- Madame Pomfresh m'a informé de ta forte consommation, réplique-t-il, comprenant mon interrogation.
- Ah. Non, je lui réponds en secouant la tête.
- Tu arrives à dormir ?
- Plus ou moins, je soupire.
- Tu les prenais pourquoi ?
- Des mauvais rêves. Je continue de voir le meurtre de mes vrais parents. C'est… épuisant.
Je le vois plisser les yeux et se pincer les lèvres, signe qu'il est en intense réflexion. Et je n'aime vraiment pas cet air grave qui se peint sur son visage. Je ne l'ai jamais vu avec cette expression. Beaucoup trouvent que Sévérus ressemble à un vampire qui voit en chaque humain sa prochaine victime. Il est vrai qu'il ne sourit pas facilement et ne parlons même pas de rire. Mais ce n'est pas pour autant qu'il n'aime pas ses proches et ne le montre pas… à sa manière.
- Ah bon ? souffle-t-il en levant les yeux au ciel.
Puis il plonge son regard noir dans le mien, comme s'il cherchait à sonder mon esprit et reprend :
- C'est assez étrange que tu cauchemardes en boucle. Il semblerait que ton inconscient t'envoie ce message pour une raison que j'ignore encore.
Tout en passant rapidement une main sur son visage, il s'assoit dans le fauteuil qui me fait face.
- As-tu essayé de bloquer ton inconscient ?
J'écarquille les yeux, ne comprenant pas où il veut en venir. De quoi parle-t-il ?
- Pratiquer l'occlumancie sur toi-même en quelque sorte.
Cette fois je suis totalement, complètement à l'ouest. Je me demande si Sévérus n'est pas en train de perdre la tête. Et je dois faire une drôle de tête car un rictus assez étrange vient d'apparaître sur son visage.
- Oui, l'occlumancie. Protéger ton conscient de ton inconscient et lui interdire l'accès. Je t'avoue que j'ignore si cela peut fonctionner, mais qui ne tente rien n'a rien. Et comme tu ne peux pas prendre la potion de sommeil pour le restant de tes années à vivre, j'essaye de trouver une autre solution à tes cauchemars.
J'hoche lentement de la tête et je ne sais pas si c'est parce que je comprends ses dires ou si c'est pour lui faire plaisir.
- Avant de t'endormir, pratique l'occlumancie.
- Et comment fait-on ? Je te rappelle que jusqu'à il y a quelques mois j'en étais parfaitement incapable. Et personne ne me l'a appris depuis.
- Draco saura t'expliquer.
Ben oui, c'est aussi simple que ça. Draco. Pourquoi n'y avais-je pas pensé ? Ah oui, c'est vrai ! Tout bonnement parce que notre relation est encore étrange, instable et résolument compliquée.
A peine Sévérus vient-il de me donner sa solution, qu'il se relève et s'éloigne, probablement pour rentrer s'enfermer chez lui ou dans son bureau à Poudlard. Et moi, je me retrouve comme un idiot parce que je dois aller voir Draco et lui demander de m'apprendre l'occlumancie. Comment vais-je faire ?
oOo
Noël est passé et avec lui une nouvelle nuit affreuse. Pour faire simple, elle fut blanche. Du coup, j'en ai profité pour m'avancer dans mes devoirs.
- Tu as une mine affreuse, souligne ma mère en me détaillant.
Je la regarde du coin de l'œil et lui envois un regard noir. Je ne suis vraiment pas d'humeur.
- Vas te recoucher, m'ordonne mon père. Je sais que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, mais surement pas à ceux qui ressemblent à un cadavre.
Tout en bougonnant dans ma barbe naissante – je ne me suis pas rasé ce matin – je me lève et quitte la table pour me rendre dans ma chambre et tenter de trouver un sommeil paisible. Alors que je monte l'escalier qui mène à l'étage, une paire de chaussures apparait dans mon champ de vision. Et je sais déjà qui se trouve en haut des marches. Draco.
Aussitôt, je me stoppe et relève la tête. Il me fixe, comme suspendu dans le temps. Puis ses yeux s'écarquillent d'un seul coup lorsque nos regards se croisent. Sa bouche s'entrouvre et j'entends l'air être aspiré avec violence. Je suis si affreux que ça ?
- Tu… commence-t-il, hésitant.
- Nuit blanche. Retourne au lit.
Puis je reprends mon ascension. Alors que je passe à côté de lui et que son parfum emplit mes narines avec délice, les paroles de Sévérus me reviennent brusquement en mémoire.
- Doit te voir. Sévérus. Occlumancie. Mais après dodo, je termine dans un soupir avant de repartir vers ma chambre.
Je crois voir Draco me dévisager avec incompréhension, tenter de me parler, mais je ne suis vraiment pas en état. Il va vraiment falloir que je teste l'occlumancie avant de m'endormir.
oOo
Je grogne et me retourne dans mon lit. Je n'ai pas envie de me lever. Pourtant cela fait plusieurs minutes que je suis réveillé et bien reposé. Mais une sorte de flemme s'est emparée de mon corps, l'empêchant de quitter le cocon chaud des draps.
Un autre coup contre le bois de la porte de ma chambre me fait soupirer. J'ignore qui se trouve de l'autre côté, mais il est en train de m'énerver. Tout simplement parce que je vais devoir me lever pour aller lui ouvrir. Bougon, je finis par rejeter violemment les couvertures et sors de mon lit. Le froid du marbre au sol me fait frissonner. Si je suis malade, se sera de sa faute.
Et c'est donc passablement énervé que je retire le verrou magique en le frôlant du bout des doigts et ouvre la porte sur un Draco au poing en l'air. Aussitôt, nos regards rentrent en collision. Ses pupilles s'écarquillent de stupeur et glissent sur mon corps. C'est alors que je me rends compte que je suis uniquement vêtu de mon boxer. Je ferme brièvement les yeux et me maudis mentalement. Je n'aide pas la situation en me baladant à moitié nu.
- Bouge pas, j'ordonne à Draco, juste avant de lui claquer la porte au nez.
A une vitesse folle, je me rhabille, puis retourne lui ouvrir la porte. Il n'a presque pas bougé. Seul son poing n'est plus en l'air et sa tête est désormais baissée.
- Tu veux quoi ? je le questionne sèchement.
Je n'aime pas le ton que je prends, mais je n'arrive pas à faire autrement. Certes, j'accepte d'être bien à ses côtés, mais je n'arrive toujours pas à comprendre ce besoin de proximité. Enfin…
Je soupire et m'appuie un peu contre la chambranle de la porte.
Etre près de lui à toujours été vital pour moi. Tout comme pour lui d'ailleurs. Des moments passés surgissent lentement et me font doucement sourire. Nous étions toujours collés l'un à l'autre.
- Tu voulais me voir… je crois, murmure-t-il, sans bouger.
Ah bon ? Je me frotte les tempes, cherchant un tel souvenir. Ah oui ! Ce matin. Bon, ben maintenant je n'ai plus qu'à… qu'à lui demander de m'aider. Et merlin, c'est plus facile à dire qu'à faire.
Mal à l'aise, je me dis que rester entre ma chambre et le couloir n'est pas le meilleur endroit pour parler de cela. Je décide donc de m'écarter et l'invite, par ce geste, à rentrer dans ma chambre. En me voyant bouger, Draco relève la tête et me détaille légèrement. Ses doigts jouent nerveusement avec le bas de son t-shirt, tandis qu'il avance, hésitant. Une fois l'entrebâillement passé, je ferme la porte. Et maintenant ?
Je fixe le bois qui me fait face avec fascination. C'est à moi de faire le prochain pas. C'est à moi de lui dire pourquoi je voulais le voir.
- Je… j'aurais besoin que tu me rendes un service, je souffle faiblement, craignant sa réaction.
En une fraction de seconde je sens l'air autour de nous s'agiter et entends son corps se retourner. Il est face à moi, dans mon dos et je ressens son regard posé sur moi. Il me brûle avec délicatesse.
- Lequel ?
Une grande inspiration et tout le courage que je possède en cet instant serrés entre mes mains, je me retourne à mon tour. Mes iris plongent dans deux océans bleus qui me coupent le souffle. Il a les yeux si clairs aujourd'hui. Et je trouve cette couleur magnifique.
- Peux-tu m'apprendre l'occlumancie ?
Voila, c'est fait. Soit il dit non et je suis dans la bouse de dragon parce que je devrais continuer à passer des nuits difficiles, soit il dit oui et je suis aussi dans la bouse de dragon, cette fois parce que se sont mes journées qui risquent d'être difficiles.
- Pourquoi ?
Et si en plus il faut que je lui explique tout…
Je soupire et vais m'asseoir dans un fauteuil, près de mon bureau.
- La raison est importante ?
- Oui, répond-il si rapidement que j'en suis surpris.
Et à la vue de l'expression qui se peint sur son visage, il est dans le même état que moi. Pourquoi est-ce si important ? A quoi pensait-il quand il m'a répondu ? Mais j'ai beau détailler ses traits, je n'arrive pas à deviner la raison de cette réponse lancée à la volée.
- Pour ne plus faire de cauchemar, je marmonne car je suis en train de me dévoiler.
La tête basse, je détaille mes pieds et attends sa réponse avec anxiété.
- Je ne comprends pas vraiment comment cela va t'aider, mais… d'accord.
Je relève aussitôt mon visage pour le remercier, mais je m'arrête en voyant qu'il s'est rapproché de moi et qu'il n'est plus qu'à quelques mètres. Les traits de son visage sont si sérieux.
- Mais la méthode à employer risque de ne pas te plaire.
Je papillonne des yeux, ne comprenant pas vraiment où il veut en venir.
- Pour t'apprendre l'occlumancie, le seul moyen est que je pratique la légilimancie sur toi. Et je doute que tu acceptes que je pénètre ton esprit.
Il n'a pas tort. Et en même temps, c'est Draco. Depuis dix-sept ans, je suis comme un livre ouvert pour lui. Il n'y a que ces derniers mois qui sont plus voilés car notre lien s'est étiolé. Mais peut-être qu'une certaine façon de le renouer se dessine au loin.
- Je prends le risque, je réponds avec détermination.
- Dans ce cas, commence-t-il en s'asseyant dans un autre fauteuil, ses iris ancrés aux miens avec une force attractive qui me fait oublier tout ce qui m'entoure. J'aime vraiment ce bleu dans ses yeux…
- Mère !
- Henry, attention à la… marche.
Je tombe par terre, le nez en premier et pousse un cri de douleur. J'ai mal. Je viens de m'écorcher les genoux sur les graviers de l'allée. Aussitôt, ma mère s'avance vers moi et me prend dans ses bras. Sa chaleur, son odeur, sa voix… tout me rassure et calme ma peine de petit garçon.
- Si ton père était là, il te dirait qu'un Malfoy ne…
- Court pas ! je m'exclame avec un immense sourire. C'est les autres qui l'attendent.
Elle me sourit en retour et me serre contre sa poitrine.
- Tu as raison mon fils.
La scène s'effaçe pour laisser la place à une autre.
Je suis assis à la bibliothèque de Poudlard, penché sur un parchemin. Mon regard passe de ce dernier au livre qui est ouvert à côté de moi. Et je soupire. Un peu trop fort apparemment car une fille non loin de moi me lance un regard noir. Elle est à Gryffondor, en première année, comme moi. Granger, je crois.
- Wingardium Leviosa.
Rien ne se passe.
- Wingardium Leviosa.
Toujours rien. La plume devant moi reste immobile. Et plus je répète le sort de lévitation en vain, et plus je m'énerve et moins je suis concentré.
- Henry, calme-toi, me souffle Draco à côté de moi.
Mais je ne l'écoute pas et m'acharne sur ma plume.
- Wingardium Leviosa. Wingardium Leviosa. Wingardium Leviosa. Wingardium Leviosa. Wingar…
Un mal de tête impressionnant me foudroie et je grimace. Ma baguette tombe par terre, alors que Draco gémit au même instant. Devant moi, le professeur Binns tangue. Non, en fait c'est toute la salle qui ressemble à un navire en mal de mer. Je crois que j'en ai encore trop fait. Je crois… Mais je n'ai pas le temps de m'étaler en supposition car je sens mon corps tomber lourdement sur mon bureau et mon esprit échapper à tout contrôle. Encore…
L'air qui sort de mes poumons est brûlant. Je fixe Draco, interloqué. Est-ce ça la légilimancie ? J'ai le souffle court et je peine à reprendre une respiration normale.
En face de moi, Draco est calme. Tout l'inverse de moi.
- Alors ? me demande-t-il avec son petit air narquois qui ne sert qu'à cacher son trouble.
Je sais encore déchiffrer ses défenses. Il reste, lui aussi, un livre ouvert pour moi.
- Tu…
Mais je n'arrive même pas à trouver les mots, tellement je suis envahi par un flot d'émotions folles.
- Je viens d'utiliser la légilimancie sur toi. Et tu n'as rien fait pour me contrer.
- Tu ne m'as même pas prévenu. Je n'étais pas prêt ! je m'exclame.
Il relève un sourcil et je m'énerve. Je déteste quand il me fait cette expression là. C'est trop… Malfoyen.
- Tu m'as demandé de t'enseigner l'occlumancie. Et c'est ce que je fais. Maintenant que tu sais un peu à quoi t'attendre, essaye de me repousser. De toutes tes forces.
J'écarquille brusquement les yeux. Et si je ne voulais pas ? Parce qu'étrangement, je vois un autre sens à ces derniers mots. Je n'ai plus envie de le repousser. Je ne veux plus être en conflit avec lui, jouer à un jeu qui nous rend tous les deux malheureux. Surtout en sachant qu'être proche de lui m'apporte bien plus que je ne l'aurai pensé.
Mais je n'ai pas le temps de m'étaler sur ce sujet que Draco reprend son assaut, sans que j'arrive à lutter. Je revois des souvenirs d'enfance.
Mon père qui me sermonne car il vient de me surprendre avec un balai dans les mains. Et Draco qui lui demande de ne pas me punir, qui lui explique que c'est lui qui m'a forcé à aller jouer avec lui.
Pansy qui parle de garçons avec Daphné et qui me demande si je préfère les filles ou les garçons. Et moi qui devient rouge comme une tomate car je ne suis jamais posé la question et que je ne trouve personne qui m'attire vraiment.
Draco qui m'explique comment préparer l'antidote à la potion d'Enflure. Et moi qui le regarde avec un grand sourire, sans vraiment l'écouter car je me dis que je suis bien avec lui, juste lui et que je ne voudrais pas changer notre lien, même pour tout l'or du monde.
- Repousse-moi, dit Draco en haussant le ton. Tu ne fais strictement rien.
Avec quelques difficultés, je reprends mon souffle. Je suis submergé par tous ces souvenirs.
- Tu n'es pas censé avoir un potentiel magique incroyable maintenant ? enchaine-t-il d'une voix plus douce.
C'est ce que tout le monde me dit. Mais moi… moi je continue de me voir comme le gamin dernier de la classe qui rate tous ses sorts sans le vouloir.
A cette pensée, une boule se forme dans ma gorge et je sens des larmes venir chatouiller mes cils. Sauf que je n'ai pas le temps de me laisser envahir par cette sensation car il vient de poser une main sur la mienne. Je relève aussitôt la tête et me retrouve face à un immense sourire.
- Calme-toi. Personne n'y arrive les premières fois. Il faut que tu visualises une barrière autour de toi, de ton esprit. Comme des remparts infranchissables. Mais attention, ce n'est forcément à prendre au pied de la lettre.
Je cligne des yeux, chassant les perles salées qui menaçaient de couler sur mes joues.
- On dirait que tu sais de quoi tu parles, je murmure, toujours empreint de plusieurs émotions contradictoires.
Un faible rire franchit ses lèvres et cela suffit pour me redonner du baume au cœur.
- Comment crois-tu que j'ai appris la légilimancie ? Il m'a fallu apprendre l'occlumancie également. Je suis passé par là moi aussi.
Logique…
- Et donc tu te crées une sorte de barrière quand tu veux protéger ton esprit ?
- On peut dire ça comme ça, rétorque-t-il en reprenant sa pose initiale.
Bien adossé dans son fauteuil, il me scrute avec un petit sourire en coin. Il me cache quelque chose, j'en suis sûr.
- Tu penses à quoi, pour ta barrière ?
- C'est un secret, me répond-il sur un ton mystérieux. Peut-être que je te le dirais un jour.
Quelques secondes s'écoulent où il laisse planer le suspens, sans bouger, son regard toujours rivé au mien.
- J'y retourne ? finit-il par me demander tout en reprenant un air plus sérieux.
Pas très enclin, j'hoche tout de même de la tête et me prépare à devoir contrer son intrusion.
- C'est qui ? je demande.
Blaise redresse la tête et suit mon regard.
- Hum ? Ah. Plan-cul, marmonne-t-il avant de se rallonger dans l'herbe.
- Pardon ?
- Romilda Vane. Gryffondor, cinquième année. Sang-pur. Brune aux yeux marron. Ma voisine Perks sort avec Anthony Vane, le grand frère de Romilda. Et accessoirement futur plan-cul de Draco, débite Daphné.
- C'est la fille dont il est amoureux ? demande Blaise.
- Non. Ma voisine m'a assuré qu'elle n'avait jamais rencontré Draco avant cette semaine. Son grand frère la surveille beaucoup. C'est une…
- Peste, manipulatrice qui court après tout ce qui bouge, termine Pansy d'un ton tranchant.
- Parfaite pour toi Blaise, j'enchaîne en lui donnant un léger coup de coude et un sourire en coin.
- Eh ! s'exclame-t-il.
Il grogne un peu, puis reprend :
- Donc c'est pas la personne dont il est amoureux. Et il va se la faire quand même ? Il est bizarre.
- Je continue de mener mon enquête, réplique Daphné. Mais j'ai beau chercher, je n'arrive pas à savoir qui cela peut bien être. Mais je ne désespère pas.
Mes pupilles sont fixées sur Draco et cette fille. Elle est en train de se pencher vers lui et semble prête à l'embrasser. Je détourne mon regard, ne voulant pas voir ça. Parce que cette scène me dérange au plus profond de moi. J'ai l'impression que mon estomac vient de se retourner et que le repas de midi va remonter. Mes yeux me piquent. L'air me manque. Je prends une grande inspiration et souffle lentement. Je lance un rapide coup d'œil en direction de Draco et la scène que je vois me fige. Il a sa main dans ses longs cheveux noirs, sa bouche collée à la sienne sans pudeur et je crois même qu'il est en train de glisser ses doigts sous son gilet.
Je me lève d'un bond, ne supportant ce débordement d'affection.
- Tu vas où ? me demande Pansy.
- J'ai des devoirs en retard, je réplique sans un regard.
Et je file en vitesse vers le château.
Le décor change à une vitesse fulgurante.
Je regarde Draco avec une pointe au cœur. Il est en train de parler avec Blaise, de rire avec lui. Et moi je suis étranger à tout cela. Je n'ai plus ma place auprès de lui.
Son dos tremble légèrement et je comprends aussitôt ce que ce geste signifie. Alors je continue, j'insiste.
- Regarde-moi. Regarde-moi. Regarde-moi, je marmonne.
Draco penche la tête sur le côté et étire sa nuque. Je l'énerve, j'en suis sûr. Mais il ne me regarde toujours pas.
- Regarde-moi bordel, je reprends, bougon.
La scène s'efface une nouvelle fois.
- T'en ai un ! s'exclame Pansy en me montrant du doigt, un immense sourire aux lèvres.
Pardon ? Je suis quoi ?
Je la détaille avec des grands yeux interrogateurs.
- Recto-verso.
Je cligne des yeux, cherchant à comprendre ses mots. Elle soupire et pose ses poings sur ses hanches.
- A voile et à vapeur. Banane et moule, reprend-elle en s'énervant un peu.
Oh ça.
- Comment tu le sais ? je lui demande.
- Je t'ai vu reluquer les fesses de Diggory hier. Bon choix au passage.
- Je sais, mes goûts ont toujours été excellents, je rétorque en lui faisant un clin d'œil.
- Donc les filles…
- J'aime bien.
- Et les garçons…
- Aussi.
- Et Draco ?
- Au courant depuis six mois. Depuis que je l'ai découvert moi-même en fait.
Pansy pose une main sur mon épaule et me lance un regard rempli de sous-entendus. Maintenant qu'elle connait mon orientation sexuelle, elle ne va pas me lâcher.
Je dois empêcher Draco de voir d'autres souvenirs.
- Non, pas Harry, je vous en supplie, tuez-moi si vous voulez, tuez-moi à sa place...
J'ai peur. Je ne veux pas revoir ce cauchemar.
- Non, pas Harry ! Je vous en supplie... Ayez pitié... Ayez pitié... Pas Harry ! Pas Harry ! Je vous en supplie... Je ferai ce que vous voudrez...
Un flash vert illumine la pièce et ma mère biologique tombe au sol.
J'ouvre brusquement les yeux. Le souffle court, je pose une main tremblante sur la poitrine. Je viens à nouveau de faire ce rêve d'un passé effrayant.
- Tu veux continuer ?
J'avale ma salive et prends une grande inspiration. Sous mes yeux, mes mains tremblent et j'ai l'impression que mon cauchemar m'a suivi jusque dans la réalité.
- C'est… Je ne pensais pas… murmure Draco en se passant une main sur le visage. C'est… horrible, finit-il dans un souffle.
Puis il se lève, s'agenouille devant moi et ses mains emprisonnent les miennes dans leur chaleur et les posent sur mes genoux.
- Je comprendrais si tu souhaites arrêter pour aujourd'hui. Je ne voulais pas te faire revivre ça.
Je secoue la tête et serre ses doigts.
- C'est justement pour ne plus voir ce souvenir que je t'ai demandé ton aide.
- Comment l'occlumancie va-t-elle pouvoir t'aider ? Je ne comprends pas.
- Sévérus m'a dit que, peut-être, en pratiquant l'occlumancie au moment de l'endormissement, je pourrais empêcher mon inconscient de venir attaquer mon conscient et ainsi arrêter de faire ce cauchemar sans cesse.
- Ce n'est pas impossible.
Un silence s'ensuit où Draco laisse ses mains au contact des miennes et je me surprends à vouloir éterniser cet instant. Mais il finit par y mettre en fin.
- Alors ? me questionne-t-il tout en se redressant.
- Je… on continue, je réponds avec appréhension.
Mais je ne veux plus revoir la mort de ma mère. Je ne veux plus jamais craindre mes nuits et avoir peur au réveil.
- Ok.
Je suis assis sur un muret, les jambes pendant dans le vide et se balançant légèrement. Draco est juste à côté de moi, sa main enlacée à la mienne.
- Tu crois que c'est comment Poudlard ? je lui demande d'une petite voix.
- Immense. Magique.
- Tu crois qu'on sera dans la même maison ?
- Assurément.
- Et si jamais…
Il se tourne vers moi et me fusille du regard.
- Je t'interdis de penser à ça. On sera dans la même maison, un point c'est tout.
Si Draco le dit…
Je lui souris et serre sa main un peu plus fort.
Et le paysage devient flou pour un tout autre décor.
Je suis sous la douche dans les vestiaires de Quidditch. L'eau chaude coule sur mes muscles endoloris. Mais j'aime vraiment voler. Alors peu importe si après j'ai mal partout. C'est une douleur bienfaitrice.
Mes mains recouvertes de mousse savonnent mon corps avec volupté. Et petit à petit elles descendent irrémédiablement vers mon entrejambe qui me fait frissonner. Mes doigts entourent mon sexe palpitant et le serre légèrement. C'est si bon. Je gémis sans retenue et m'appuis sur le carrelage de la douche. Puis je commence à imprimer un mouvement de va-et-vient dessus. Le plaisir monte par vagues à une vitesse fulgurante. Et sans que j'aie le temps de vraiment m'en rendre compte, je jouis d'un seul coup. Le souffle erratique, je me laisse glisser le long des parois de la douche et murmure :
- Xavier.
Non ! Draco ne doit pas voir ça.
Xavier me plaque contre le mur d'un couloir désert. Il fait nuit et nous sommes seuls. Quoi de plus normal après l'heure du couvre-feu.
- On va se faire prendre…, dis-je avec difficulté alors qu'il glisse un genou entre mes cuisses.
- Et si c'était ce que je voulais. Que tu me prennes, me murmure-t-il à l'oreille avant de reposer ses lèvres sur les miennes.
J'écarquille les yeux, comprenant aussitôt le sens de ses mots. Je vais pour répliquer quand sa langue s'engouffre dans ma bouche et me coupe le souffle. Je ferme les yeux et gémis. Le brasier en moi vient de se transformer en véritable incendie. Et ses mains… ses mains sur mon corps. Je m'agrippe à ses cheveux alors que je réponds avec fougue à son étreinte.
- Espèce de… de…
Draco a les yeux écarquillés, la poitrine qui se soulève avec rapidité et les poings serrés. Il me lance un regard noir alors que je suis pris d'un malaise. Il… il… je ne voulais pas. J'ai vraiment essayé de le contrer. Sauf que je n'y arrivais pas. Et maintenant… il est en colère. Mais le pire… ce sont ces perles salées qui coulent en silence sur son visage en fureur.
Je secoue la tête et me pince les lèvres en lui demandant muettement de me pardonner.
- Ça te plait tant que ça de me montrer que tu es heureux avec ton Xavier !? me crache-t-il avec rage. Tu crois quoi ? Que je suis heureux pour toi !?
En l'espace d'une seconde il se retrouve penché au-dessus de moi, son visage à quelques centimètres du mien. Je peux sentir son souffle rapide et brûlant sur ma peau. Je crois même qu'une larme vient de s'écraser sur une de mes mains et m'attaque avec violence. Où est-ce ma magie qui se répand à mes pieds dans un tourbillon infernal ?
- Je le déteste ! Toi. Lui. Je… Vous…
Son poing se dresse devant moi, prêt à s'abattre sur ma mâchoire. Et je comprends parfaitement son geste. Je ne lui en veux même pas. Alors je ferme les yeux, serre les dents et attends le choc. Sauf que la rencontre entre nos épidermes est bien trop douce. J'ouvre subitement les yeux car ses doigts effleurent ma joue et dérivent lentement vers mes lèvres. Et je ne sais pas si ce contact est plus douloureux qu'un coup de poing. Peut-être… Probablement. Car j'ai le cœur au bord des lèvres et l'envie de serrer Draco contre moi en lui promettant de ne plus jamais le faire souffrir. Sauf que je sais très bien que c'est impossible. La preuve se trouvant juste en face de moi. Je viens de le faire à nouveau pleurer.
- Je n'arrive même pas à te faire mal, murmure-t-il tout en se mordant la lèvre inférieure.
Et alors qu'il va pour se reculer, je pose ma main sur son bras et le retiens. Immédiatement, il détourne le visage et ce geste me fend le cœur. J'ai envie de lui crier de me regarder.
- Arrête ça, lâche-t-il d'une voix lasse. Tu ne fais qu'empirer les choses.
Je resserre ma prise, de peur qu'il m'échappe.
- Tu me fais mal.
Est-ce mon geste impulsif ou ma poigne ? Pourquoi ai-je l'impression qu'il parle de cette pulsion incontrôlée ?
- Je sais que ce que je vais te dire est impossible, mais… mais plus jamais tu ne pleureras à cause de moi.
Et sans attendre sa réponse, je me lève, le tourne face à moi et plaque mes lèvres sur les siennes. Dans ma poitrine, mon cœur bat à tout rompre. Tandis que je ferme les yeux, une dernière vision de lui s'imprime sur ma rétine. Il ne luttera pas.
Je pourrais en profiter, abuser de la situation, laisser parler mes pulsions primaires. Sauf que ce n'est pas ce que je veux au fond de moi. Je refuse de reproduire ce qu'il s'est passé le soir de la veille de Noël. Difficilement, je me détache de sa bouche et rouvre les yeux. Il va pour parler, mais je pose un doigt sur celle-ci, le coupant.
- Je sais bien que ma promesse est ridicule et je m'excuse déjà pour toutes les fois où je n'arriverai pas à la tenir. Et pardonne-moi d'agir sans réfléchir, tel un stupide Gryffondor. Mais je ne veux plus te perdre. Je veux que tu continues à me regarder comme tu le fais en ce moment. Je veux que nous réapprenions à nous connaître.
- Harry, je ne suis…
Je fronce des sourcils, lui intimant de me laisser finir.
- Pas en tant que frères. On ne l'est plus depuis un certain moment. Non. Plutôt en tant… qu'amis. Même si cette définition ne me convient pas du tout. Mais c'est la seule qui me vient en cet instant.
- Qu'est-ce que je dois comprendre ? me demande-t-il en se dégageant de ma poigne et en fronçant les sourcils.
Je soupire parce que je n'arrive pas trouver les bons mots.
- Je… Lis en moi, je lui lance d'un seul coup.
Il cligne des yeux, puis prend un visage sérieux tandis que je clos mes paupières. Une seconde. Un souffle. Un soupir. Un rêve qui me dérangeait et qu'aujourd'hui je chéris. Une étreinte partagée entourée de mots flottants entre lui et moi. Un battement de cœur plus fort que les précédents. Et un corps qui se colle un peu violemment au mien.
- D'accord. On peut essayer… comme ça, me chuchote-t-il au creux de mon cou, me faisant frissonner et sourire.
Et mes bras entourent sa taille pour ne plus jamais le lâcher.
A suivre...
Encore un très long chapitre. N'en prenez pas l'habitude, c'était exceptionnel.
Sinon, vous en pensez quoi ? Je parie que vous ne vous attendiez pas à ça en lisant le titre.
Prochain chapitre : Bulle de neige
Petit apparté
Voila, j'ai un nouveau projet de fic Drarry qui me tient assez à coeur, que j'ai commencé il y a peu et je vous avoue, il me tarde de vous la faire découvrir. Mais voila, gérer 2 fics publiées en même temps, c'est pas toujours simple. Du coup, je voulais savoir si ça vous dirait que je poste aussi cette fic, tout en sachant que publier tous les 3 jours en moyenne pour celle-ci ne sera plus possible. Peut-être tous les 5/6 jours. Chose sûre, jamais plus d'une semaine. Et pour l'autre fic se serait le même rythme de publication.
Par contre, si je ne poste pas cette nouvelle fic, la publication de Doublement blond restera inchangée.
Alors ? Deux fics avec un temps d'attente de 5/6 jours (grand grand max une semaine) entre chaque chapitre. Ou une seule fic et une publication tous les 3 jours en moyenne ?
