Ce chapitre a été grandement modifié. Changement de point de vue pour une certaine scène et ajout d'une autre. Du coup il est plus long que les autres mais aucune coupure ne me satisfaisait.
Vos commentaires quel qu'ils soient sont les bienvenus afin de pouvoir m'améliorer ou m'orienter dans mon écriture.
Et encore merci à Darkklinne pour son soutien.
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Chapitre 4 : Les Elfes de la forêt
NB: Les lignes en italiques pendant les dialogues sont dans une langue autre que la langue commune.
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17 août de l'année 3018 du T. A. - Rhovanion- Forêt de Grand'peur
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La nuit avait enlevé le peu de lumière qui se frayait un chemin dans les branches tortueuses du bois. L'Elfe brun qui fermait la marche du convoi donna un ordre et tous les siens s'arrêtèrent. Essylt fût jetée sans ménagement au sol, au pied d'une vieille souche. Elle n'eut même pas le courage de protester. Elle était complètement harassée, envahie par une grande affliction. Des pensées plus morbides les unes que les autres l'assaillaient avec le seul même point central : Radagast. Elle s'était imaginé de mille façons différentes le sort qui l'avait peut être saisi. Une vision d'horreur avec quelques variations écarlates mais qui avait toute pour même thème la souffrance et la mort.
Elle était vraiment inutile. Elle avait trouvé le moyen de tomber dans une embuscade de Kobolds*, qui n'était pas connus pour leur grande intelligence, et avait fini par se faire attraper par des Elfes sans même s'être battue. Si il l'apprenait, Galaad aurait honte d'elle, et Nuada, lui, se contenterai sûrement de confirmer qu'elle n'avait rien d'une Tuatha.
Ses ravisseurs commencèrent à installer un simulacre de campement autour d'elle.
Ils étaient tellement beaux. Quand leur chef avait annoncé qu'ils étaient des Elfes, elle n'y avait pas vraiment cru. Mais quand ils s'étaient mis en marche et qu'ils avaient ôtés les capuches qui dissimulaient leurs visage, elle avait dû se rendre à l'évidence. Ces créatures n'avaient rien de légendaires. Tout chez eux n'était que grâce et finesse. De la pointe de leurs oreilles à leur démarche, tout était une ode à la beauté. Elle n'aurait su dire le temps qu'elle avait mis à admirer les cheveux blonds de la seule femme du groupe et dans lequel l'or semblait rayonner de l'intérieur de chaque brins sur sa tête. Elle en avait été tellement hypnotisée qu'elle n'avait pas pris attention au sol et avait buté sur une racine. Par chance, l'Elfe aux cheveux cuivré qui marchait à ses cotés, celui là même qui l'avait attaché, l'avait retenue par le haut du bras lui évitant d'embrasser l'humus. A sa grande surprise, il s'était même enquit de son état pendant que ses compagnons riaient de sa maladresse. Et ils avaient marchés ainsi pendant des heures et des heures. Toujours maintenue par l'Elfe roux, elle avait tenté d'argumenter sa libération, en vain. Leur chef, hautain, les avaient rejoint à l'arrière de la file. Et après avoir échangé quelques mots avec son subalterne il s'était chargé d'elle et s'était permit de lui donner une poussée dans le dos à chaque fois qu'il estimait qu'elle n'avançait pas assez vite.
Deux d'entre eux se postèrent pour observer les alentours tandis que les autres prirent place autour d'un petit feu. Ignorant leurs voix mélodieuses qui se mêlaient pour chanter, la jeune femme se perdit dans la contemplation des flammes. Le foyer devait diffuser de la chaleur mais elle en était trop loin pour en ressentir ses bienfaits. Sa blessure à la hanche la lançait de plus en plus, auquel venait s'ajouter les démangeaisons de ses mains serrées par une épaisse bande de cuir reliée à une corde de tissage fin qu'ils avaient pris la peine d'attacher à une branche au dessus d'elle.
Et elle avait faim.
Elle jeta un bref coup d'œil aux oreilles pointues qui mangeaient des espèces de petites galettes de couleur diverses. Ils en avaient vraiment rien à faire d'elle… En même temps, si les Tuathas avaient attrapés l'un des leurs, en aurait il été différemment… Ils n'auraient sans doute même pas pris la peine de s'encombrer ainsi.
Elle tentait de mieux s'installer quand apparu devant elle une main fine qui tenait une large feuille où des petites galettes étaient disposées. Elle leva les yeux vers l'Elfe, interrogative. Il s'agissait encore du roux.
- Prenez, cela vous nourrira. Lui dit il.
- Qu'est ce que c'est ?
- Des pâtes de fruits.
Essylt leva ses mains nouées et en saisit une du bout des doigts. C'était une bien étrange chose. Molle et même temps sèche, de la même couleur que les algues que l'on apercevait au fond des ruisseaux encore purs. Elle la porta à sa bouche. Dés que l'étrange pâte de fruit entra en contact avec son palais, elle sût qu'elle n'avait jamais rien mangé d'aussi bon même si ça collait aux dents. Sucrée et acidulée, elle discerna le goût des petites prunes verte qu'elle dévorait chez les Béornides. Des mirabelles.
- Merci, souffla t-elle à l'Elfe.
- Vous devriez vous reposer, nous repartirons dans quelques heures, lui conseilla l'Elfe en déposant le plat de pâte de fruits sur ses cuisses.
Essylt le suivit du regard tandis qu'il reprenait place parmi les siens et dévora les sucreries. Puis, étonnamment rassasiée malgré la petite quantité de nourriture, elle reprit son observation des flammes se laissant hypnotiser par la danse auquel se mêlait les voix enchanteresses de ses gardiens.
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Eärmir revint s'asseoir à droite de Maellas. Arya, Thongil et Ninniath fredonnaient un lai sur VertBois. L'éclaireur se laissa emporter par les douces paroles porteuses d'un passé qu'il n'avait connu où un Elfe tombait sous le charme d'une étoile de Gilthoniel*. La voix de son supérieur l'interrompit dans son songe éveillé où devant ses yeux, l'Elfe ensorcelé dansait pour le joyau de la nuit.
- C'est une Druath*. Ne te lie pas à elle. Le Roi la fera sûrement exécuter après l'avoir interrogée.
L'Elfe roux se tourna vers lui.
- Je n'ai vu aucune noirceur en elle. Et tu en connais beaucoup des serviteurs de Morgoth qui disent merci ?
Le prince lui tendit la petite gourde remplit de vin sucré. Eärmir la prit en souriant. Il la secoua doucement. Il n'en restait que peu. Maellas lui jeta un regard amusé. Sept ans auparavant, suite à la décision du roi de les envoyer à la frontière, le prince et son ami avaient été emprunter quelques dizaines de bouteilles dans la réserve de Thranduil. Et les soirées de surveillance au Nord Ouest si lugubres et froides s'étaient teintées d'un peu de chaleur.
- Je croyais que nous avions tout bu ?
Eärmir renifla le goulot. Il poussa un soupir satisfait.
- J'ai eu la présence d'esprit d'en mettre de coté pour le retour.
- Ah Maellas… La voix de la raison… Que ne serais je devenu sans ton esprit ?
- L'échanson du roi, sûrement, Répondit Maellas, amusé. Ivre à force de goûter à chaque breuvage !
L'Elfe roux laissa sortir un rire. Ninniath le jeta un coup d'œil amusé sans pour autant cesser son chant.
- Et pour finir comme ces pauvres Galion et Elros, tellement ivres qu'ils ont laissé s'échapper une bande de nains. Acheva Maellas. Et tu les rejoindrais pour les aider à nettoyer les salles d'aisance du palais….
Eärmir cessa de rire. La mésaventure de ces deux pauvres idiots avait marqué les esprits. Et Elros était l'un de ses cousins du coté de sa mère, il se souvenu parfaitement de la honte qui avait suivie chaque membre de sa famille pendant quelques années.
- Je me préfère mille fois mort à tes cotés qu'à rincer des pots de chambres que leurs contenu soit royal ou non. Même si cela me permettrait de mener une vie douce et odorante !
Eärmir avala une gorgée du doux breuvage et le tendit à Gelirion, somnolant à ses cotés.
- Admets que toi aussi tu as senti qu'elle n'était pas une de ses mortels empli de malfaisances.
Maellas soupira, exaspéré que son compagnon revienne encore sur la Druath.
- Vraiment ?
- Elle est encore en vie…
- Peut être plus pour très longtemps, Rétorqua Maellas.
- Elle est blessée, l'informa l'éclaireur. On devrait peut…
- Pourquoi apporter des soins à un condamné ?!
Eärmir ne releva pas, sentant que son ami commençait à s'énerver. Il coula un discret regard vers la prisonnière. Elle avait terminé de manger les pâtes de fruits et regardait le feu les paupières mi-closes. Il lui semblait évident qu'elle ressemblait plus à une fillette perdue aux yeux sombre remplie d'une grande fierté qu'à une servante du Seigneur Noir. Mais il pouvait toujours se tromper. Sauron avait bien berné Celebrimbor sous une forme agréable et il n'avait aucune envie de subir une destinée similaire sur Endor. Mais les Golodhrim* étaient un peu différents des autres Elfes et jamais un Laegel* de Taur e-Ndaeledos* ne se serait laissé duper.
Maellas se leva. Il rejoignit Imloth pour prendre sa place et permettre au frontalier de profiter à son tour de la chaleur du feu.
A peine deux heures après, il donna le signal du départ. Eärmir, comme il en avait désormais pris l'habitude, s'occupa de la Druath et la remit doucement sur pied légèrement surprit qu'elle n'oppose pas plus de résistance. Et dés que le feu fût recouvert et toute trace de leur passage effacée, ils reprirent la route. Le rythme était plus soutenue, pressés qu'ils étaient de revoir les leurs.
Et c'est avec une grande joie qu'ils virent apparaître les portes de leur cité alors que la soleil brillait au zénith.
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Ils finirent par quitter la protection de la forêt pour déboucher devant un pont taillé dans la roche et qui surmontait le vide d'où émanait le son d'une chute d'eau. Au bout du chemin, apparaissait une façade ouvragée d'arbres qui venaient encadrer une large porte ouverte et gardée. La cité cachée des Elfes du Nord de Grand'peur. Lorsqu'ils s'engagèrent sur le pont, la guerrière se pencha légèrement. Sous leur pieds, un large torrent puissant dévalait depuis la montagne pour disparaître derrière une brume de gouttelettes d'eau caractéristique d'une cascade.
Plus ils s'approchaient de l'entrée béante, plus Essylt ralentissait son pas. Elle avait la désagréable impression qu'elle ne reverrait plus la lumière du soleil avant longtemps. L'Elfe derrière elle la poussa, la forçant à avancer.
Les gardes de la porte, contrairement à ceux qui l'avait emportée, étaient vêtu d'une armure dorée, le visage dissimulés sous un fin maillage de métal et la tête protégée par des casques ridicules imitant une feuille. Ce qui était moins risible, ils le tenaient en main : de longues et brillantes lances.
L'Elfe brun se saisit d'elle. Il parla à ses compagnons qui partirent s'enfoncer dans la caverne hormis le roux qui tenait ses effets. Ainsi encadrée, Essylt fût menée à travers la demeure des Elfes. Elle ne s'était pas attendue à ce que ses yeux voyaient. Là où aurait du se trouver ténèbres, se profilaient de multiples passages illuminés par les rayons du soleil qui perçait par des fentes au plafond mais aussi par d'innombrables lampes qui semblaient flotter dans l'air. Ils la firent passer par de nombreux voies étroites et sinueuses qui s'entrecroisaient sur des îlots de roches richement décorées de colonnes et de végétations. Il y avait aussi là des escaliers ou autres ponts taillés à même de large et épaisses racines.
Les habitants qu'ils croisèrent ne la regardèrent qu'avec un mépris évident auquel elle fit fasse avec le peu de dignité qu'il lui restait : la tête haute.
Ils finirent par grimper une pente qui les mena à une salle ouverte sur l'immensité des lieux seulement séparée du vide par de gigantesque colonnes. A l'opposé de leur arrivée, au bout du sol gravé, se trouvait un court escalier menant à un fauteuil. Un trône au cœur d'un enchevêtrement des bois de cerfs géants au vu de leur taille. L'Elfe qui y était négligemment assis était d'une beauté encore plus grande que ceux qu'elle avait eu le privilège de rencontrer jusqu'à maintenant. Son visage glacial était d'une finesse sans pareille mais n'en demeurait pas moins masculin, et ses yeux aux éclats de glace venaient compéter l'œuvre devant elle. Sur ses longs cheveux d'or, qui tombaient jusqu'à l'assise, était posé une couronne faite de branchages où se mêlaient feuilles vertes et fleurs. Richement vêtu de pourpre et d'argent, il se dégageait de l'être éthéré une puissance et une prestance telles qu'Essylt se sentit contrainte de baisser les yeux. Il tenait dans l'une de ses mains un sceptre de bois sculpté.
Ses deux la forcèrent à s'agenouiller d'une pression douloureuse sur les épaules et entamèrent une conversation avec celui qui devait être leur roi. Il porta soudainement son attention sur elle la transperçant de ses opales bleues. Il quitta son trône avec grâce. Il descendit vers elle avec un dégoût évident et non dissimulé. Il porta même l'humiliation jusqu'à se dissimuler la moitié du visage derrière la manche de son manteau écarlate.
- Que faisiez vous sur mes terres, Druath ? Demanda t-il d'une voix claire mais sans la moindre émotion.
Essylt déglutit. Elle ne le sentait vraiment pas.
- Je ne savais pas, mon Seigneur. Répondit elle. Je pourchassais un groupe de kob… d'orcs et par chance vos gens m'ont secourus.
Toujours brosser les seigneurs dans le bon sens du poil, ce que lui avait appris son expérience auprès de Nuada. Il n'y avait plus qu'à espérer que le roi des Elfes y serait sensible.
- N'y étiez vous pas associée, en réalité ? Ne portiez vous pas leurs armes ?
- J'étais désarmée et il me fallait me défendre.
L'Elfe qui la maintenait à genoux parla de nouveau et le roi se saisit de son collier qu'il lui tendit. Elle le vit le lever entre ses doigts fins et le faire jouer dans la lumière. La jeune femme se demanda ce qu'ils avaient tous avec son bijou.
- Comment êtes vous entrée en possession d'un tel joyau ?
- Il s'agit de mon héritage, Avoua t-elle.
Le roi la rejoignit en à peine deux pas et lui souleva le menton pour regarder le tatouage qui ornait son front.
- Vous ne ressemblez pas à l'un de ses maudits, Dit il en la relâchant. Et pourtant vous portez leurs couleurs !
L'Elfe roux apparût dans son champs de vision et vida sa sacoche sur l'une des tables qui n'était pas envahie de nourriture. Le roi des Elfe farfouilla dans le tas. Il parcourût rapidement les écrits de Radagast puis s'intéressa au cristal bleu qu'il saisit à pleine main.
- Je connais cette gemme, et il ne s'agit pas là d'un héritage ! Dit il d'une voix menaçante qui la fit frissonner. Elle n'a rien à faire entre les mains d'une servante du seigneur noir !
Avec horreur, Essylt vit le roi porter sa main à la poignée de l'épée accroché à sa taille.
- Je ne sers aucun seigneur!Cria t-elle. Cette pierre n'est pas à moi mais à mon ami, enlevé par les orcs que je pourchassais !
- Vraiment… Pourtant, l'on m'a assuré que nul autre que vous n'a été trouvé…
- Vous le connaissez peut être, c'est un magicien ! Il se nomme Radagast !
Le roi la sonda à nouveau du regard. Il échangea ensuite des paroles avec les deux Elfes qui l'avait menée. Un autre elfe qu'elle n'avait pas encore vu, apparu. Celui qui la maintenait la releva sans ménagement et la lança au nouveau venu.
- Aidez le, je vous en supplie ! Lança t-elle alors qu'on l'emportait avec force.
Il l'empêcha de se retourner en lui tordant le bras et l'emmena à travers d'autres passages. Ils descendirent plus profondément dans les cavernes. Là, d'autres elfes la fouillèrent sommairement et elle fût détachée. Un autre Elfe blond l'emmena dans une pièce sombre où elle fût jetée. La porte derrière elle se referma dans un son métallique qui se répercuta contre les murs de pierre.
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21 août de l'année 3018 du T. A. - Rhovanion- Palais de Thranduil
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Eärmir regarda avec le cœur triste la petite humaine qui regagnait les geôles traînée par Ethuil, l'un des gardiens. Sans qu'il ne sache pourquoi, il s'était pris d'affection pour cette fille d'Homme. Cette femme mortelle lui faisait grande pitié. A chaque interrogatoire, elle paraissait s'étioler de plus en plus. D'après les gardes de la prison, elle refusait de se nourrir depuis la veille. Elle avait l'air de ne pas comprendre ce qui lui arrivait. Les seuls qu'ils avaient pu obtenir jusqu'à maintenant était son nom, son âge et qu'elle venait du Sud des monts de la terreur. Elle affirmait que les siens, les Tuathas, n'étaient en aucun cas au service de Dol Guldur et qu'ils luttaient aux aussi contre le mal grandissant. Une autre chose qui avait son importance, elle connaissait Aiwendil.
Le roi, qui avait exigé leurs présence à lui et Maellas, se servit un verre un peu brusquement. Il allait être encore d'une humeur massacrante et son fils en ferait, une fois de plus, les frais. Il adressa une très légère prière aux Valars espérant que l'héritier et son royal père ne se disputeraient pas à nouveau. La dernière altercations leur avaient tout de même fait mettre sept années à revenir ici.
- Maellas, tu vas envoyer ton groupe à Rhosgobel, Ordonna Thranduil après un long moment.
- Quand devons nous partir ? Demanda le concerné.
Le fils d'Oropher se tourna vers son fils avec un sourire en coin.
- Afin d'éviter tout retard, tu resteras ici.
Eärmir déglutit se préparant physiquement à ce qui aller suivre. Quatre jours à peine qu'ils étaient revenus… Le père et le fils allaient avoir sa peau. Un jour où l'autre, il ne s'en remettrait plus. Le Prince serra la mâchoire.
- Toi et Eärmir veillerez au confort de l'humaine. Continua t-il d'une voix froide. Assurez vous qu'elle se nourrisse et qu'elle reprenne des forces. Si il s'avère qu'elle est vraiment ce qu'elle prétends être, elle nous sera plus utile vivante pour de futur alliances avec ces Tuathas du Sud.
Maellas et l'éclaireur acquiescèrent. Ils saluèrent leur souverain d'une révérence et commencèrent à partir.
- Et arranges toi pour qu'elle se lave où elle va finir par empester toute ma cité ! Ajouta le souverain.
L'éclaireur emboîta le pas de son capitaine. Et il se dit que finalement les retrouvailles entre le père et le fils s'étaient plutôt bien passées même si les épaules tendues de son ami promettaient de durs moments à partager. Mais il était content. Cette Essylt, il en était convaincu, ne présentait pas de danger pour eux. Et les lumières lointaine de l'Ouest, n'ignorant sûrement rien de leur grande peine, l'avaient sûrement mise sur leur chemin non sans raison. Si son peuple se trouvait de nouveaux alliés provisoires, la forêt pourrait un jour retrouver son éclat d'an temps.
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Essylt repoussa le petit plateau du bout du pied. L'Elfe qui lui apportait à manger depuis quatre jours ne lui adressa pas même un regard. Il reprit la nourriture, claqua la porte et partit. Elle attendit qu'il s'éloigne puis changea de position pour se coller aux barreaux qu'elle avait quitté à son entente. Même si cette race se déplaçait sans pratiquement le moindre bruit, elle pouvait maintenant dire qui venait dans sa direction. Si c'était un garde, le livreur de repas, celui qui l'emmenait la soigner, se laver et se soulager ou l'autre, celui qui venait l'interroger. Ils avaient tous une manière bien à eux de faire bouger les clefs. Et il avait aussi une autre présence, mais elle n'allait pas jusqu'à sa cellule. Seulement une ombre qui l'observait sans s'approcher. Elle l'avait perçu le deuxième soir. Et l'ombre revenait toujours à la même heure. Juste avant que le jour ne se lève.
Elle leva la tête pour admirer les rayons du soleil qui passaient par une immense fente au dessus. Regarder la journée se dérouler ainsi était la seule chose qui la maintenait hors de la folie.
Et dire qu'enfant elle voulait tellement rencontrer ces Elfes. Elle avait été exaucée, cela faisait quatre jours qu'elle en voyait, derrière sa cage.
Et elle n'était pas la seule.
Elle ignorait où ils l'avaient enfermé mais elle l'entendait geindre. Des propos incohérents teintés soit de haine soit de douleur. Quelqu'un qui avait perdu la raison. C'est sûrement ainsi qu'elle finirait. Et Radagast était sûrement déjà mort ou entrain de subir les pires sévices.
- Vous devriez vous nourrir.
Elle sursauta et plongea dans l'ombre. A la porte se tenait un elfe. Un de ceux qui l'avait attrapé. Celui aux beaux cheveux cuivré, qui avait tenté d'être gentil avant qu'on l'enferme dans sa cage.
- Combien de temps croyez vous tenir ainsi ?
Elle ne répondit pas. Il soupira puis s'adressa à une autre personne dans sa langue si jolie. Comment d'aussi belles personnes pouvaient être aussi mauvaises ? Elle entendit le tintement des clefs. Le garde qui faisait sa ronde.
- Nous allons passer un accord, vous voulez ?
L'Elfe roux prit le trousseau de clefs qu'on lui tendait et ouvrit la porte. Essylt se prostra un peu plus dans la pénombre quand il entra. Il hésita un instant avant de s'asseoir sur le banc de bois qui lui servait de couche.
- Notre roi a décidé d'envoyer certains des nôtres à Rhosgobel, là ou réside Aiwendil, celui que vous nommez Radagast. Expliqua t-il. Si il s'avère que vous nous avez dit la vérité, vous serez libérée et nous traquerons les orcs. Par contre, si vous nous avez menti, vous passerez le reste de votre existence dans cette geôle jusqu'à votre exécution.
Essylt garda le silence. Elle avait enfin une chance de sortir sauf si il s'agissait là d'un moyen torve de la torturer plus encore. Mais pour Radagast, d'autres heures passaient… Et le temps qu'ils fassent l'aller-retour...
- Étant dans le doute de votre culpabilité, notre roi a tout de même décidé d'alléger votre peine. Continua l'Elfe.
Il attrapa plusieurs objets que lui tendait son compagnon toujours hors de vue. Il les posa sur le banc à coté de lui.
- Il y a là une couverture, un oreiller, de quoi vous couvrir et ceci.
Il leva sa main. Essylt vit se balancer au bout de sa chaîne son bijoux. Elle avait envie de le prendre mais ne savait pas si l'Elfe se moquait ou non d'elle. Semblant percevoir son trouble, il se leva et le lui tendit. Elle ne put s'empêcher de le saisir avec brusquerie.
- Autre chose, si vous acceptez de vous nourrir convenablement, l'on viendra vous chercher pour profiter de la lumière du soleil qui vous manque tant. Vous serez attachée mais vous pourrez sentir l'air agréable d'une fin d'après midi.
Il se dirigea vers la porte de sa cellule.
- Merci, Articula t-elle difficilement la gorge sèche.
L'Elfe répondit par un hochement de tête et d'un mouvement gracieux déposa un nouveau plateau au sol. Il referma la porte derrière lui.
- Attendez, l'apostropha t-elle en se relevant légèrement. Comment vous vous appelez ?
- Eärmir.
- Merci Eärmir.
Elle discerna son sourire à travers les barreaux de sa cage et le regarda disparaître. Essylt s'empressa de raccrocher son collier. Elle s'approcha du plateau. Cette fois, au lieu du pain sans goût se trouvait des fruits et une sorte de gâteau à l'odeur alléchante. Désirant plus que tout sortir même si il ne s'agissait que de quelques minutes et très affamée, la Tuatha prit le gâteau tiède et croqua dedans. C'était bon. A l'intérieur de la pâte croustillante se trouvaient de drôles de feuilles verte recouvertes de crème salée. L'étrange gâteau dans la main, elle alla voir ce que lui avait apporté l'Elfe. Sur l'oreiller et la couverture était disposé une autre étoffe brodée. Elle secoua le tissu pâle et doux de sa main libre. Une sorte de robe courte. Si ils croyaient qu'elle allait porter un truc pareil.
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22 août de l'année 3018 du T. A. - Rhovanion- Terres de Thranduil
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Une journée après, dans une petite clairière qui était à moins d'une centaine de pas du pont qui menait à la caverne des Elfes, Essylt observait les nuages qui défilaient à grande vitesse. Elle soupira avec force ce qui lui valu un regard noir de son geôlier. Les cinq gardiens avaient abandonnés leurs ordres inutiles à l'encontre de la pauvre créature qui refusait de descendre d'un arbre depuis un bon moment. Et visiblement, aucun d'entre eux ne souhaitait aller le chercher. Et bien sur, tirer sur la corde qui le maintenait en laisse était hors de question afin de lui éviter toute souffrance… Par contre, elle, on s'en moquait. Elle ne sentait plus le bout de ses doigts. Elle les remua sans remarquer de grande différence. Pour sa première promenade à l'air, elle s'était attendue à mieux. En plus il commençait à se faire frais à cause d'une petite brise. Elle avait finalement bien fait de passer la tunique douce qu'Eärmir lui avait donné. En cinq jours, son corps s'était habitué à l'absence de vent.
Foutus Elfes.
Et tant que ceux que leur saleté de roi aux andouillers avait envoyé ne seraient pas rentrés de Rhosgobel, elle serait contrainte de jouer les gentilles petites prisonnières. Gentille mais pas trop, car elle avait bien compris que ce Roi la trouvait désormais plus intéressante vivante que morte. Pour l'instant. Manger de bonnes choses et voir le ciel lui avait redonné de l'aplomb. Et là, elle commençait vraiment à en avoir marre de rester debout à attendre que cet écervelé que les Elfes nommaient Gollum se décide enfin à descendre. En plus d'avoir les mains engourdis, elle avait mal aux jambes.
- Vous voulez que j'aille le chercher ? Demanda t-elle à l'unisson tout en sachant que c'était totalement inutile.
Et comme elle s'y était attendue, personne ne lui répondit. Elle n'eut pas d'autre retour qu'une certaine animosité à son endroit très perceptible émanant des Elfes. Elle avait aussi compris une chose, ils détestaient les Tuathas. Les deux peuples partageaient au moins quelque chose.
Elle soupira à nouveau.
- Je peux m'asseoir ?
L'elfe qui tenait la corde qui liait ses mains la scruta un instant puis l'ignora à nouveau.
« Sale enfoiré » Pensa t-elle.
Elle détestait cet Elfe, avec ses beaux cheveux châtains brillants, ses charmantes oreilles pointues qu'elle rêvait de lui trancher et sa glaciale belle gueule où aucune émotions ne se lisait. C'était celui qui dirigeait la troupe qui l'avait attrapée. Elle avait cru que le gentil Eärmir s'occuperait d'elle et n'avait pu retenir une légère grimace en découvrant celui qui en était chargé.
- J'ai vraiment mal aux pieds, si je reste encore ainsi je vais finir par prendre racine, Tenta t-elle à nouveau.
- Si ça peut nous épargner de vos plaintes, je suis prêt à voir une telle chose.
Elle ne détestait pas cet Elfe, elle le haïssait. Toujours à la regarder de haut, plus encore que ses semblables. Comme si elle n'était qu'une de ses fientes qui coulaient continuellement sur la tête de Radagast. Penser à son ami attisa sa colère.
- Vous aviez l'air plutôt haut placé quand on s'est rencontré, lança t-elle. Qu'avez vous fait pour vous retrouver à promener des prisonniers ?
Les Elfes autour de l'arbre s'était tus.
Avec une agréable satisfaction, elle le vit froncer ses larges sourcils sombres. Très légèrement. Vraiment très légèrement, mais elle comprit qu'elle avait fait mouche. Ce qu'elle s'empressa de partager avec un de ses grands sourire. L'Elfe brun fini par se déplacer, la tirant sans ménagement dans son giron. D'un geste franc, il donna un violent coup dans la corde. Emportée par la force du geste, Essylt courut jusqu'à l'arbre couché sur la terre. Elle se redressa et s'assit foudroyant son garde du regard. Qu'il ignora dans toute sa splendeur. Saleté d'oreilles pointues.
Comme si de rien n'était, ils reprirent leur conversation dans leur jolie langue incompréhensible.
La soirée allait être longue, très longue.
Alors qu'elle se perdait à nouveau dans la contemplation de Gollum qui chantait et dansait dans les branches, un grattement au dessus d'elle attira son attention. Elle leva les yeux et découvrit Grison accroché à une branche. Elle était si heureuse que son malheureux compagnon l'ai retrouvée. Un espoir se distilla en elle. Elle sourit. Du coin de l'œil, elle vit que son geôlier avait lui aussi regardé. Tout mouvement et toute parole serait perçues. Il n'y avait plus qu'à espérer que cette race ne comprennent pas eux aussi les bestioles. Pour ce qu'elle en savait, cela n'aurait rien d'étonnant. Si parfaits...
« Femelle sur deux pattes faire attention » Couina l'écureuil.
Elle sentit la vision venir. Fermant les yeux, elle se laissa emporter par l'esprit du rongeur. Elle courait, sautait et se pendait dans les branches. Elle pouvait sentir un fumet qui la faisait saliver. Des petites baies rouges. Un merisier non souillé. Elle s'élança. Tout d'un coup, une autre odeur se superposa aux alléchants fruits. Une odeur de mort qui la terrifiait. Elle enfonça ses petites griffes dans la branche et regarda sous l'arbre.
« Des Kobolds » réalisa t-elle en rouvrant les yeux dans un sursaut. En quantité. Ils étaient déjà là, prêt à les massacrer. Deux groupes. Pourquoi deux groupes ? Pourquoi attaquer les Elfes, au bord de leur cité. C'était suicidaire.
Elle regarda l'Elfe hautain mais il n'avait pas réagit.
Que devait elle faire ? Prévenir les Elfes et continuer à croupir dans l'une de leur cage ? Ou tenter de profiter de la situation pour fuir ? C'était risqué, elle ne pourrait pas se défendre attachée ainsi….
Les Kobolds décidèrent pour elle. Des bruits évidents de lutte mais lointains leur parvinrent. Les elfes se tendirent et bandèrent rapidement leur arc.
Une diversion. Voilà pourquoi il y avait deux groupes. Ils cherchaient quelque chose ou quelqu'un.
Dés qu'elle entendit un craquement dans son dos, elle plongea au sol instinctivement se couchant contre le tronc. Son geôlier la regarda avec surprise et son regard s'agrandit. Il lâcha la corde pour éviter une flèche. Il cria des ordres à ses compagnons qui se mirent entre l'arbre de Gollum et leurs ennemis. Ainsi, les Elfes pensaient que les Kobolds en voulaient à la pauvre créature décharnée.
Des grognements se rapprochèrent suivis de peu par leurs propriétaires qui surgirent par dessus Essylt. La Tuatha attendit plusieurs minutes avant d'agir, faisant la morte. Elle se servit tant bien que mal de ses doigts pour ramener la corde libre à elle. Estimant que les adversaires étaient suffisamment occupé, elle se releva.
Slalomant entre les combattants qui ne lui prêtaient aucune attention, elle courut jusqu'aux abords de la clairière. Malheureusement sa fuite ne passa pas inaperçue comme elle l'espérait. Un des Kobold surgit devant elle l'arme au point. Elle parvint à l'esquiver au dernier moment, son épée sifflant au dessus de sa tempe. Profitant que la créature monstrueuse reprenait son équilibre, elle lui sauta sur le dos et passa ses poignets liés autour du cou. Se servant de son poids, elle serra aussi fort qu'elle le put. Pendant un moment qui lui paru une éternité, la bête puante se débattit la griffant de ses ongles poisseux mais elle tint bon. Elle tomba au sol avec lui dans un bruit sourd. Avant qu'il ne reprenne ses esprits, elle se détacha de lui et lui arracha une sorte de couteau qui pendait à sa taille. Elle trancha la gorge de son adversaire s'aspergeant de sang noir.
La Tuatha recula tout en tranchant les liens qui l'enserrait. Un grognement la fit sursauter. En tournant la tête, elle découvrit un gobelin immense dont l'arme allait s'abattre sur elle. Le coup ne vint pas. Un Elfe sortit de nulle part et trancha le bras de la créature avant de l'éventrer. Elle voulut à nouveau courir mais le guerrier aux oreilles pointues lui attrapa le poignet. Elle reconnu l'un des gardes de Gollum. Il la mit dans son dos et para un coup que lui assena l'un des quatre gobelins qui les encerclaient. Un autre Elfe vint les rejoindre et l'aida faisant danser son arc comme une arme. C'était le chef au cheveux bruns. Il jeta un regard aux mains détachés et armés d'Essylt avant de se mettre entre elle et leurs ennemis. Les yeux de la jeune femme se posèrent sur l'épée qui oscillait sur la cuisse devant elle.
La bataille était serrée. Autour d'eux s'amoncelaient les corps de leurs assaillants mais aussi celui des Elfes. Essylt était complètement perdue. Elle allait se faire tuer avec les oreilles pointues si elle restait ici. Du coin l'œil, elle vit deux orcs qui s'avançaient rapidement vers eux. Ses deux gardes ne les avaient visiblement pas vu. Elle lança le petit couteau vers l'un d'eux qui s'enfonça dans l'œil du kobold. Elle plongea la main vers l'Elfe et saisit la poignée de l'épée. Avant que son propriétaire ne réagisse, elle la sortit du fourreau et s'élança sur le gobelin. Surprise de la légèreté de l'arme, elle para sans difficulté le coup de la vilaine créature et lui enfonça la lame de métal blanc à travers le corps.
L'épée toujours en main, elle se retourna vers le combat. Contre toute vraisemblance au vu de leur nombre, les Elfes étaient entrain de gagner. Elle croisa un instant le regard du propriétaire de l'épée.
Sans attendre qu'il lui vienne en tête de la saisir à nouveau, elle détala dans la forêt. Elle courut aussi vite qu'elle le pouvait, grimpant la pente assez abrupte qui menait au versant Ouest de la caverne des Elfes. Ses pieds s'enfonçaient dans la terre humide. Les Elfes n'auraient aucune difficultés à suivre sa piste. Elle vit que les arbres commençaient a laisser place à des buissons épineux et des rochers. Un sifflement à coté de son oreille précéda la flèche qui rebondie sur une large pierre grise à quelques centimètres de sa tête. L'empennage orange était celui des Elfes.
Elle sentit un regain de vitalité l'assaillir et escalada plus vite les gros rochers qui étaient apparus. Une vive douleur au mollet la fit crier. Un des Elfe lui avait tiré dessus. Arrachant son regard du trait qui lui traversait le bas de sa jambe, elle reprit sa course en boitant. Malgré la douleur, elle redoubla de vitesse en entendant ses poursuivants derrière elle. Elle parcourut encore quelques mètres avant de s'arrêter brutalement. Devant ne s'étendait que le vide. Elle s'approcha du bord du promontoire. L'eau était vraiment loin. Si elle sautait, son corps se briserait sur les rochers qu'elle discernait en contre bas. Elle s'était piégée toute seule.
- Attendez. Fit une voix masculine derrière elle.
Essylt se retourna et leva l'épée en direction de l'Elfe brun a qui elle appartenait. Ce dernier la menaçait d'une flèche encochée. La jeune femme fit un pas tremblant en arrière. L'Elfe abaissa son arc en douceur et tendit sa main libre vers elle. Elle serra les dents. Il était hors de question qu'il l'attrape à nouveau. Elle n'avait aucune confiance en eux et en leur promesse de libération.
- Aucun mal ne vous sera fait, Affirma t-il d'une voix douce.
La Tuatha plongea son regard dans le sien. Aucune émotion ne transparaissait de ses yeux bleu pâle. Rien. Il voulut profiter de leur échange visuel pour s'avancer vers elle mais la jeune femme ne fût pas dupe. Elle releva l'épée des deux mains prête à frapper. D'autres Elfes apparurent derrière leur chef.
- Vous ne survivrez pas à une telle chute, venez.
« Saute ! »
Le cri d'un rapace résonna dans le ciel. Essylt crût halluciner quand elle vit l'immense oiseau qui volait vers eux. Et elle était certaine de ne pas avoir mangé l'un des champignons que Radagast affectionnait tant. Peut être qu'ils en avaient mis dans sa nourriture… Elle fût rassurée quand certains des Elfes regardèrent aussi mais leur chef, lui, ne la lâchait pas des yeux.
« Saute ! »
Et si il voulait juste l'emmener quelque part pour la manger. Faire confiance à un volatile géant… Après tout n'avait elle pas suivit un écureuil.
- Vraiment? Sourit elle défiante à l'encontre de celui qui lui faisait face.
Avec une vitesse impressionnante, l'Elfe brun lâchât son arc, plongeant sa main sur elle pour la saisir au col et tenta de la ceinturer. Elle le repoussa en le frappant au visage avec la garde de l'épée, et profitant de sa confusion, se retourna et plongea. Elle entendit l'Elfe crier derrière elle tandis qu'une immense ombre les recouvrait.
Elle ferma les yeux.
Sa chute fût stoppée avec une telle brusquerie qu'elle en eut le souffle coupé. Elle eut tout de même la présence d'esprit de s'accrocher aux immenses serres qui l'enserrait pour ne pas glisser. Elle n'arrivait pas à le croire, un aigle géant. Éclatant de rire, elle se pencha légèrement quand l'oiseau surdimensionné remonta en piqué vers la falaise et salua avec provocation les Elfes aux visages ahuris. Parler et comprendre les animaux avait tout de même un certain avantage.
- Merci mon ami, cria t-elle à l'encontre de son sauveur.
« Landroval » Répondit l'oiseau majestueux.
- Merci, Landroval*.
« Grimbeorn a trouvé Radagast »
L'immense rapace s'élança dans le ciel en direction de Sud Ouest. Vers le Carrock.
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Taur e-Ndaeledos* : « La forêt de grand'peur », nom que donnèrent les Elfes à Mirkwood lors de l'avènement de Dol Guldur et son emprise sur les bois.
Golodhrim* : « les Noldors » en Sindarin. Celebrimbor était l'un d'eux. (cf : Le silmarillon : les anneaux de pouvoirs)
Laegel* : « Elfe Vert » en sindarin.
Kobolds* : Les orcs version Tuatha
Landroval * : Frère de Gwaihir, les grands aigles des monts Brumeux. Descendant de Thorondor (cf : Le silmarillon : le sauvetage de Maedhros)
