Et voilà un gros chapitre !

Merci beaucoup à mes soutiens : Darkklinne et julifanfic

Sans vous deux, je dois admettre que j'aurais sûrement laissé tomber à cause d'une panne de motivation.

NB 1: Les lignes en italiques pendant les dialogues sont dans une langue autre que la langue commune.

NB 2 : J'ai décidé de supprimer les marqueurs temporels et de lieux. Je ne trouvais pas ça très agréables à voir et ayant supprimer un chapitre qui ne me plaisait pas de la fanfic originelle ça devenait un vrai capharnaüm.

Chapitre 6 : Par delà le brouillard

Elle était perdue.

Essylt tenta de se calmer, de tempérer son cœur qui battait tel un puissant tambour. La brume dans lequel elle évoluait était si dense qu'elle ne voyait pas à plus de deux pas. Mais le pire, c'est qu'elle n'était pas seule. Il y avait quelque chose à ses cotés. Une ombre. Elle l'avait aperçue du coin de l'œil à plusieurs reprises. Rapide. Elle ne pouvait pas la voir mais elle la sentais. Et l'entendait. C'était un bruit étrange. Flasque et humide. Et il la terrifiait. Elle avançait doucement d'un pas tremblant, la main levée devant elle. Il eut un nouveau mouvement furtif à sa gauche, cette fois accompagné d'un grincement qui déclencha un long frisson le long de sa colonne vertébrale.

- Qui est là? S'écria t-elle.

La seule réponse qu'elle obtenue fût l'écho de sa propre voix. Elle voulût saisir son couteau mais sa ceinture était vide. Elle réalisa alors qu'elle était vêtue d'une très longue robe blanche. Le grincement retentit de nouveau. Avec horreur, Essylt réalisa qu'il émanait de tout autour d'elle. Elle céda à la panique. Aussi vite qu'elle le put, elle se mit à courir. Elle avait beau tenter de leur échapper, elle les entendait la suivre. Elle se retourna sans s'arrêter mais ne vit rien. Son pied se prit dans une branche et elle eut à peine le temps de mettre les mains devant elle, qu'elle chuta. Ils l'avaient rattrapés. Ils étaient là, dans le brouillard. Des formes indéfinis et mouvantes. Elle voulût se relever mais son pied était retenu. Elle tourna la tête. Et cria. Ce n'était pas une branche qui l'avait fait tomber mais ce qui restait d'une main dont les doigts décomposés lui maintenaient la cheville. Elle tenta de la détacher mais rien n'y fit. Le bruit sourd d'un objet lourd tombant au sol la fit sursauter. Elle tourna la tête. Une couronne de feuilles et de fleurs blanches de pommier était à coté d'elle. Sa belle couronne. Elle abandonna sa tentative de délier sa cheville pour tenter de la prendre. Elle avait dû tomber lorsqu'elle même avait chu. Sa si belle couronne. Elle avait beau tendre la main, elle ne parvenait qu'à la frôler du bout de ses doigts. Gémissant sous l'effort, elle força sur sa cheville toujours maintenue. Alors qu'elle s'en rapprochait, une main blafarde émergea de l'obscurité et s'en saisit. Suivant le chemin du couvre chef qui s'élevait, Essylt découvrit une splendide jeune femme à la peau pâle, aux yeux vert brillants et de magnifiques boucles rousses.

- Maeriel ?

Sa sœur aîné sourit de ses belles lèvres rosées. Elle tourna et retourna la couronne devant ses yeux.

- Quelle jolie couronne... C'est toi qui l'a fabriquée ?

Essylt se redressa et parvint à se mettre à genoux. Elle été sauvée. Maeriel allait l'aider. La jolie rousse reporta son attention sur elle.

- Aide moi, Maeriel ! Supplia la Tuatha. Quelque chose me tient la...

- Ingrate petite sœur, La coupa la jeune femme. Ne t'ai je pas déjà aider ?

Essylt déglutit. Le visage si tendre de son aînée était déformé par la rage.

- Et regardes ce qu'ils m'ont fait... Ce que tu m'as fait...

La belle robe blanche de Maeriel se fit attaquer par des griffes invisibles. Le ventre de sa sœur se creusa tandis que l'étoffe se gorgeait du sang sombre qui ruisselait de la plaie désormais béante. Essylt voulût reculer mais les doigts squelettiques l'en empêchaient. Le liquide rouge et poisseux atteignit ses genoux. Il n'était pas tiède comme elle l'anticipait mais glacial. Si froid.

- Tu les as laissé me faire du mal! Hurla Maeriel.

Le cri devint si strident qu'Essylt dû se boucher les oreilles avec les mains. Mais ce n'était pas le pire. Le flot de sang ne semblait pas se tarir. Le corps de sa grande sœur se transformait en une chose horrible. Elle ne voulait pas voir mais elle ne parvenait pas à détacher ses yeux de l'horreur. Elle se desséchait au fur et à mesure que le liquide vital se déversait, comme aspirée par l'une de ces immondes araignées. Les belles joues rebondies, ses lèvres pleine disparurent. La peau se colla aux os de son crâne puis se déchira. L'être décharné qui lui faisait face continuait à crier. Puis cela cessa. Le sang, le cris et la décomposition de son corps se stoppèrent abruptement. La jeune femme ôta ses mains de ses oreilles. Elle tenta à nouveau de se relever.

- Et tu vas le payer ! Grinça la voix d'outre tombe qui sortit de ce qui restait de bouche au squelette.

Sans qu'elle ne put l'en empêcher, les mains putréfiées se posèrent autour de son cou. Et la créature serra. Essylt sentit sa gorge s'écraser avec la pression. Elle ouvrit la bouche mais l'air ne passait plus...

Son corps était secoué en tout sens par une force inconnue.

- Essylt! Par les dieux réveilles toi!

La Tuatha ouvrit les yeux en se redressant sur le lit, le souffle court. Ragnar avait les mains posés sur ses épaules. Elle se tourna vers son ami encore tremblante de l'horreur dans lequel son esprit l'avait plongée.

- Tu criais, Essylt...

Le change-peau la relâcha. La jeune femme se laissa retomber sur la couche.

- Encore un de tes cauchemars ? Demanda Ragnar.

- Tu diras à Marlie que la camomille c'est vraiment pas terrible...

Son ami ne lui rendit pas son sourire. Elle voulût le rassurer mais Grimbéorn surgit dans la chambre.

Ils se redressèrent, surpris.

- Radagast est revenu !

Essylt se propulsa hors du lit et marcha aussi vite que sa jambe le lui permettait. Elle entra dans la chambre de Grimbéorn suivie de son propriétaire et de son fils. Le magicien était assis sur le lit, le corps tendu agités de soubresauts. Marlie était déjà là. La vieille Béornide tentait de le maintenir immobile. Radagast avait les yeux révulsés et malgré les tremblements il semblait rester concentrer sur le flots de mots étranges qui franchissaient sa bouche. Essylt, l'esprit encore embrumé, ne bougeait pas. Grimbéorn la poussa pour rejoindre le vieil homme. Ragnar se rapprocha d'elle doucement.

- Qu'est ce qu'il dit? Demanda t-il en chuchotant.

Essylt secoua la tête négativement. Les paroles étranges ressemblaient dans leurs sons à celles qu'il avait prononcé quand il l'avait agressée, avant qu'elle ne s'évanouisse.

- J'en sais rien. Je ne connais pas cette langue... Souffla t-elle.

Le magicien s'arrêta subitement, essoufflé. Marlie parvint à le recoucher et rabattit les couverture sur son pauvre corps. La Béornide lui tendit un gobelet d'eau. En voyant sa gorge se soulever et descendre à chaque gorgée, le soulagement s'empara de la Tuatha. Une seule pensée éluda toutes les autres : Il était en vie.

- Comment va t-il? Demanda Ragnar en rejoignant Marlie.

- Il a repris des forces mais le mal continue à le ronger. Ma médecine est limitée, je le crains.

Ils restèrent un moment, a regarder le magicien se rendormir. Soupirant, elle accepta de suivre Ragnar quand Grimbéorn leur ordonna de retourner se coucher. Il fallait qu'ils se reposent. L'expédition ne leur en offrirait sûrement pas la possibilité et tout deux ignoraient ce qu'ils allaient devoir affronter de l'autre coté des montagnes. Essylt se réinstalla dans les bras de son ami pour tenter de dormir. Mais l'angoisse de replonger encore dans un cauchemar ajoutée à celle du voyage qui l'attendait l'en empêcha, la maintenant éveillée jusqu'au lever du soleil.

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Le matin était encore bien jeune quand ils s'étaient attelés aux préparation du voyage imminent. Il avait été décidé par Grimbéorn qu'ils quitteraient ses terres en début d'après midi pour rejoindre les grands aigles au Carrock. De là, ils traverseraient les Monts Brumeux jusqu'à l'Ouest où les aigles les déposeraient. S'ensuivrait ensuite plusieurs jours de voyage pour descendre jusqu'à la vallée où cet Elrond avait élu domicile. Car, évidemment, la magie des lieux empêchait les rapaces de les déposer au cœur de la vallée. Cela aurait bien été trop simple. Ces Elfes...

Assise, les bras croisés sur la poitrine, Essylt regardait d'un œil septique le chef des Béornides entrain de finir de construire une litière pour Radagast. Si elle avait bien tout compris, le plan des aigles était de les transporter elle et Ragnar sur le dos de deux d'entre eux, tandis qu'un troisième se chargerait du magicien. Car, d'après Marlie, même si il avait repris une certaine conscience durant la nuit, son état ne lui permettait en aucun cas de voyager autrement que couché. Elle ne remettait nullement en doute l'idée mais elle ne pouvait s'empêcher de craindre quelques mauvais coups du sort à leur encontre. C'était qu'ils avaient tendance à lui coller aux bottes depuis quelques semaines.

- Vous êtes certain qu'il ne va pas glisser ? Ne put elle s'empêcher de demander.

Cette fois,Grimbéorn ne prit même pas la peine de relever la tête, continuant à lier solidement les branches entre elles.

- Pour la dernière fois, Essylt, ai confiance! Tonna le géant.

La jeune femme grommela. N'en déplaise au chef des Béornides, elle ne faisait confiance à personne d'autres qu'à elle même. Et encore, son corps avait une légère tendance prononcée à ne plus totalement lui appartenir ces derniers temps sans compter ses erreurs de jugements qui avaient favorisés cette situation. Elle repoussa de la main une des abeilles qui lui tournaient autour. Ces fichus insectes ne la lâchaient pas depuis qu'elle avait mis le pieds dehors. Comme si elle n'avait pas assez de soucis. Les butineuses revinrent l'ennuyer. Elles commençaient sérieusement à lui taper sur les nerfs! Elle avait aucune envie de présenter ses respects à leurs reines.

- Au lieu de rester à ne rien faire, va te préparer !

Soupirant d'être traitée comme une gamine, elle quitta le banc. Par chance, les abeilles se lassèrent de son refus et retournèrent à leur activités. Le pas traînant elle retourna vers la ferme principale. Avec un petit plaisir, elle donna un grand coup de pied dans une pierre qui roula. Réaction totalement puérile, elle en convenait, surtout que l'un de ses mollets était encore douloureux, mais qui avait au moins le mérite de lui passer l'envie de frapper le premier venu. Elle allait pousser le loquet de l'imposante porte en bois quand celle s'entrouvrit de l'intérieur. Elle devina à travers la mince ouverture Ragnar se débattant les bras chargé de choses diverses. Elle poussa le panneau pour lui permettre de sortir. Sans lui adresser le moindre mot, le change-peau lui déversa une partie de sa charge dans les bras puis passa devant elle pour rejoindre son père. Elle le suivit docilement. Depuis qu'il s'était levé, son ami s'était enfermé dans le silence. Comme si c'était de sa faute si il devait l'accompagner sur le dos d'un aigle…

Ils déposèrent des lainages et de la nourriture sur la table où, la veille, Marlie avait extrait sa flèche. La jeune femme souleva doucement ce qui ressemblait de très loin à une veste tissée couverte de longs poils blancs.

- C'est quoi ça ? Grimaça t-elle.

- A ton avis !

- Tes nouvelles chausses ? Avança t-elle moqueuse.

Ragnar la foudroya du regard mais finit par s'adoucir à l'insistance de son sourire.

- On va survoler des montagnes, Essylt. Répondit il. Il risque de faire très froid la-haut.

Le sourire de la Tuatha s'agrandit.

- Donc c'est bien tes nouvelles chausses... Je me demande si Siobhan aimerait...

- Idiote! C'est pour toi, c'est pas avec les trois bandes de cuir qui te couvrent que tu vas résister au froid! Rétorqua le change-peau.

Elle devait admettre qu'il n'avait pas tort. Dans la forêt, le peu qui la couvrait ne gênait pas outre mesure, bien au contraire, mais dans le ciel il en serait tout autrement. Quand Landroval l'avait transportée de la caverne des Elfes jusqu'au Carrock, elle avait été complètement glacée. Et ils n'avaient que survolé la forêt. Essylt reposa le vêtement et s'assit sans aucune délicatesse sur le banc.

- Tu crois qu'on va y arriver ? Demanda t-elle.

- Ce sont les Grands Aigles, Essylt. Nous transporter par delà les montagnes doit être pour eux qu'une simple promenade.

- Je ne parlais pas de ça, mais de Radagast, Soupira t-elle.

Ragnar prit place à coté d'elle et dans un geste de réconfort, la prit par l'épaule pour la coller à lui.

- J'en sais rien, mais on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour l'aider, Lui souffla t-il. Je te le promets.

Ils restèrent ainsi pendant un long moment dans les bras l'un de l'autre à regarder le pauvre Grimbéorn qui se démenait désormais à maintenir une large couverture de laine sur la litière à l'aide de clous. Il dû sentir leurs regards car il se retourna vers eux. Essylt s'attendit à ce qu'il leur ordonne de se rendre utile mais il n'en fit rien et reprit son activité. Les deux amis devaient vraiment mal présenter pour qu'il les laisse en paix.

- Mon père t'apprécie beaucoup. Dit Ragnar. Et il t'estime tout autant.

La jeune femme sourit. La tête collée contre la poitrine du change-peau, elle apprécia les vibrations de la voix puissante de son compagnons se répercutant dans son oreille. C'était quelque chose de vraiment apaisant.

- Il en ai de même pour moi, souffla t-elle.

- Je crois d'ailleurs qu'il est persuadé depuis quelques temps que toi et moi, on...

Essylt releva la tête vers Ragnar suspicieuse.

- On...? Répéta t-elle. On quoi ?

Le change peau se gratta les cheveux avec une légère gène.

- Que tu deviendras ma femme, lâcha t-il en souriant.

Tout les deux se regardèrent un court instant et se mirent à rire. Grimbéorn et plusieurs Béornides se tournèrent surpris vers eux ce qui attisa d'autant plus leur hilarité. Il était vrai que les événements récents ne prêtaient pas à sourire loin de là mais personne ne se risqua à leur faire la moindre remontrance. Essylt s'imagina que tous devaient se douter de la tension qui régnait en eux au vu de ce qui les attendait. Et elle devait admettre que rire était aussi libérateur que de taper dans une pierre et bien moins douloureux.

Ragnar finit par se pencher et attrapa quelque chose au sol. Devant les yeux de la jeune femme apparurent une paire de bottes faites à partir de cuir et de laine.

- Qu'est ce que c'est ? Demanda Essylt en avisant ce qu'il lui tendait.

- Tes nouvelles chaussures.

- Je croyais que les gens de ton peuple se refusaient d'utiliser tout reste animal ?

- Je n'ai fait que récupérer les tiennes. J'ai réparé celle que Marlie a découpée et je leur ai ajouté de quoi te tenir chaud. Lui expliqua le change-peau.

Essylt s'en saisit, remerciant chaudement son compagnon. Elle ôta les fins chaussons qu'on lui avait donné et les passa. Elles étaient vraiment confortables. Elle se leva et fit quelques pas. Elles étaient indéniablement plus agréables et chaudes que les anciennes. Ragnar quitta le banc à son tour.

- Père a fini, on devrait se préparer.

Il se saisit des sacs et tout deux rejoignirent le chef des Béornides qui essuyait son front avec un air satisfait. Il leur faudrait maintenant parvenir à installer Radagast sur la litière puis aller au Carrock où les aigles les attendaient.

Étonnamment, ils furent prêts très rapidement.

On alla réveiller le magicien qui se laissa recoucher sans émettre la moindre objection. Grimbéorn attacha de nombreuses courroies afin de le maintenir contre son lit de fortune. Son état s'était tout de même considérablement amélioré aux yeux d'Essylt. Il ne pouvait pas marcher seul mais le fredonnement qui s'échappait de ses lèvres redonna du baume au cœur à la Tuatha. La seul chose qui la faisait douter du soudain rétablissement était son regard encore écarlate et vide. Il avait les yeux de ces vieilles personnes qui perdaient l'esprit. Et cette étrange lueur qui le caractérisait tant n'était plus là. Elle avait tenté d'interroger Marlie lorsqu'elle était venue lui apporter des concoctions pour les soins, mais la Béornide n'avait pas été des plus prolixes. La seule chose qu'elle lui avait fait comprendre était de ne pas perdre de temps.

Et ils se mirent en route.

Essylt, avançait laborieusement derrière le père et le fils qui portaient Radagast. Ne voulant pas que ses compagnons ne se chargent encore davantage, elle avait insisté pour porter, en plus de sa besace et de son épée, les deux sacs contenants provisions, médicaments et choses diverses. Ragnar et son père s'y étaient fermement opposés mais avaient fini par céder devant son insistance. Et elle commençait à regretter sa fichue fierté. La douleur de son mollet lui faisait serrer les dents et elle avait de plus en plus de mal à répartir son poids pour ne pas trop s'appuyer dessus. Plusieurs fois, Ragnar s'était retourné pour lui jeter un regard des plus éloquents qu'elle se contenta d'ignorer superbement.

Le pied du Carrock apparu enfin après pratiquement trois heures de marches.

- Restes là, Essylt. Lui dit Ragnar lorsqu'elle les rejoignit. Je redescendrai te prendre.

La jeune femme ne lui répondit pas. Elle l'entendit maudire sa bêtise mais ne releva pas. Pas qu'elle n'aurait guère aimé remettre le change-peau à sa place mais elle craignait que tout sa volonté s'envole si elle desserrait les dents. Elle entama la montée des marches irrégulières à leur suite.

Il ne se passa pas plus de quelques minutes lorsqu'elle céda. Elle avait trop mal. Elle avait la sensation que sa jambe se déchirait un peu plus à chaque pas qu'elle faisait. Elle se laissa tomber sur l'une des marches et regarda les Béornides disparaître dans un tournant loin devant elle. Elle allait se reposer un peu avant de repartir à l'ascension du monticule de roches.

Malheureusement pour son honneur de Tuatha, elle n'avait toujours pas eu la force de se lever quand Ragnar redescendit prestement à son niveau. Sans un mot, il se saisit des sacs qu'elle avait déposé à ses pieds. Il se pencha ensuite et la prit dans ses bras.

Elle évita ses yeux tout le long du trajet, honteuse.

Le change-peau la porta sans grande difficulté jusqu'au sommet où Grimbéorn les attendait assis sur une pierre à cotés de Radagast toujours dans sa litière. Ragnar l'aida à descendre. Elle s'apprêtait à présenter des excuses au chef des Béornides quand un cri strident lui fit lever la tête. Ils étaient là. Les trois grands aigles, descendant majestueusement des montagnes embrumées.

Il y avait bien entendu Landroval ainsi que deux autres aigles dont l'un portait un étonnant collier d'or. Ce dernier se présenta à elle comme étant Gwaihir, seigneur des aigles. Le dernier avait pour nom Meneldor le vif. Et tout trois étaient frères. Grimbéorn se leva et leur fit signe. Deux d'entre eux descendirent l'un après l'autre et se posèrent dans un impressionnant nuage de poussière. Essylt vit Ragnar reculer, impressionné. Le chef des change-peau s'approcha des deux rapaces géants ses mains remplis de cordes. A chacun, il mit une sorte de harnachement qui n'entravait pas leurs mouvements mais qui leur permettrait à eux, pauvres humains de se tenir.

- Il est temps, Déclara simplement Grimbéorn.

Après que Grimbéorn lui ai donné sa parole qu'il trouverait un moyen de prévenir les siens de sa situation, Essylt rejoignit Landroval qui s'était posé dans un nuage de poussière. Elle tenta de se hisser sur le dos de l'aigle mais les grandes plumes était glissantes et elle n'osait pas s'en saisir de peur de lui faire mal. Les remontrances dont l'honora l'aigle qui s'impatientait ne l'aidait pas vraiment non plus. Deux mains puissantes la saisirent finalement à la taille et elle fût soulevée de terre.

- Merci, Souffla t-elle à Grimbéorn qui l'aida à se caler.

Elle parvint à trouver une position à peu prés stable sur l'oiseau surdimensionné, les jambes de chaque coté à l'avant des ailes. Elle accrocha ses mains au petit harnais faits des cordes tressées priant de toute ses forces qu'il ne cède pas. Avisant la pâleur de Ragnar qui était déjà grimpé, elle sût qu'il était aussi peu rassuré qu'elle.

" Ne t'inquiète pas, mortelle. Landroval ne laisse jamais une proie s'échapper" Dit sa monture.

- Je ne suis pas une proie ! S'écria t-elle.

Les deux aigles émirent des petits cris stridents qui ressemblaient à des ricanements.

- Qu'est ce qui se passe ? Demanda Ragnar effrayé.

- Rien, Soupira Essylt. Landroval fait de l'humour.

Le change-peau hocha la tête d'une manière très abrupt. Meneldor se mit lui aussi à plaisanter et remua suffisamment pour faire crier Ragnar.

- Quoi ?! Qu'est ce qui lui arrive ?! L'interrogea à nouveau son ami.

- Meneldor dit que tu es si tendu que les vents du Nord te briseront une fois la haut, Répondit elle désabusée.

L'aigle moqueur bougea subitement ses ailes, rendant encore plus pâle Ragnar.

- Que nos ancêtres vous protège. Dit Grimbéorn.

Exactement le genre de choses qu'ils avaient besoin d'entendre... Essylt grimaça. Son cœur battait si vite qu'elle eu l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine. Gwaihir, qui avait continué à tournoyer au dessus de leur tête, amorça une descente. L'air se souleva autour d'eux. Les yeux plissés à cause de la poussière, la Tuatha entrevit le seigneur des aigles saisir la litière de Radagast entre ses serres et reprendre son envol. Meneldor, plus en avant sur le promontoire, s'élança à son tour. Elle tenta de voir Ragnar, s'assurant qu'il était toujours sur le rapace.

" Prête, Essylt la mortelle ?" Demanda Landroval.

La jeune femme fût surprise de la soudaine attention que l'aigle géant lui accordait. Elle tourna la tête vers Grimbéorn qui regardait Meneldor et son seul fils partirent vers le Nord Ouest. Le chef des Béornide reporta finalement son attention vers elle.

- Veille sur lui, Essylt, autant qu'il veillera sur toi. Dit il avec solennité.

Il avait quitté son visage fier et froid habituel. L'inquiétude régnait désormais.

- Je vous le promets, Grimbéorn.

Il hocha la tête. Rien d'autre ne serait dit. La Tuatha déglutit. Elle se pencha sur Landroval, resserrant sa prise sur les poignées, tremblante.

- Je suis prête, Landroval.

L'aigle sautilla jusqu'au bord du promontoire. Il se servit alors de ses pattes pour amorcer le saut dans le vide. Après une légère chute qui mit le cœur au bord des lèvres de la jeune femme, Landroval écarta ses ailes majestueuses et les propulsa vers le ciel. Elle avait eu tort. Les yeux grands ouvert, Essylt prenait toute la mesure de cette liberté enivrante dont jouissait les oiseaux. Elle ne ressentait plus aucune peur, seulement une joie indescriptible. Elle pencha la tête et vit qu'à la place de Grimbéorn se tenait désormais un imposant ours noir debout. Lâchant une des poignées, elle le salua une dernière fois.

- Tu avais raison Landroval, c'est magnifique! Cria t-elle en admirant les immenses paysages.

" Et tu n'as pas encore tout vu amie mortelle! Accroche toi !"

Essylt obéit, serrant ses cuisses et ses doigts. L'aigle rabattit ses ailes contre lui et descendit en piquet. La jeune femme laissa échapper un cri de surprise qui se transforma en rire lorsqu'il repartit vers les cieux longeant une des première montagnes. A cet instant, elle se promit d'accepter la proposition de Landroval et d'un jour visiter son aire.

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Ils parvinrent de l'autre coté des monts après avoir passé une demi journée et une nuit à voler au dessus des cimes enneigées qui pointaient vers le ciel. La région au Nord Ouest de la vallée magique des Elfes était aride parsemée de pierres et de roches grisâtres. Et même les premières lueurs du soleil matinal ne parvenaient pas à enjoliver les alentours. C'était sur l'une des collines peu accueillantes qu'ils furent déposés. Essylt et Ragnar descendirent les premiers afin de bien réceptionner le magicien déposé en douceur par Gwaihir. Ils libérèrent les aigles de leur harnais et Essylt salua une dernière fois le seigneur des grands aigles et ses frères. Les rapaces émirent un son strident à leur encontre puis reprirent leur en direction des monts brumeux. Cela l'attristait de les voir partir. Les heures qu'elle avait passée en compagnie de Landroval avaient été somptueuses de par la vue qui s'était offert à elle mais aussi par les histoires que le grand aigle lui avait conté.

Elle descendit du rocher sur lequel elle s'était hissée et rejoignit Ragnar. Elle fût déçue de voir qu'il avait plutôt bien supporté le voyage. Elle aurait bien aimé le voir subir le même sort qu'elle après sa première expérience avec un aigle géant. Le change-peau, lui, ne perdait pas de temps. Il était déjà entrain de s'occuper du vieil homme. Il tentait de lui faire comprendre qu'il lui fallait encore rester coucher. Le magicien n'avait pas l'air de comprendre ce qu'il attendait de lui et se mit à geindre. Elle sentait que Ragnar commençait à perdre patience. Elle mit ses mains sur les épaules du vieil homme le forçant à arrêter de gigoter.

- Radagast, Dit elle doucement. Il vous faut garder le calme.

Le magicien se débattit légèrement mais Essylt ne céda pas.

- Radagast, regardez moi. C'est Essylt... votre amie...

Il finit par obéir. Il lui jeta un bref coup d'œil. Il peinait visiblement a garder sa concentration. La jeune femme se mordit la langue pour résister à la tristesse et ne surtout pas céder aux larmes.

- Esss...Ess...

- Ragnar et moi, on va vous porter. Vous vous souvenez de Ragnar?

- Esssss... Esss... Continua de psalmodier Radagast.

Essylt relâcha le visage, attristée. Plus le temps passait, plus l'état de l'esprit du magicien défaillait.

- Il s'est souillé, Essylt. Précisa le Change peau. Il va falloir qu'on s'arrête prés de la rivière pour tout nettoyer.

La Tuatha suivit le regard de son ami et vit le filet d'eau en contrebas de leur colline. Il serpentait entre les pierres et continuait sa route plus loin dans la forêt qu'ils devraient emprunter selon les indications de Gwaihir.

Ils réunirent leurs affaires et prirent la route. Ragnar ouvrait la marche, portant tous les sacs sur son dos, et prenant le maximum de poids de la litière lors de la descente. Essylt essayait de tempérer Radagast en vain. A plusieurs reprises, elle manqua de lâcher les poignées sous les gesticulations du magicien. Considérablement ralenti, ils décidèrent d'un commun accord de continuer à avancer vers les bois. Les grands aigles leur avait aussi intimer de quitter les collines nus le plus rapidement possible pour se rendre dans la protection sommaire que pourrait leur offrir la forêt. Ainsi à découvert, ils feraient des proies faciles pour les Kobolds qui sortaient la nuit. Et si ils devaient prendre le temps de s'occuper de Radagast autant le faire là où ils dormiraient.

Ils longèrent ainsi la rivière pendant plusieurs heures. Ils s'octroyèrent tout de même une légère pause pour grignoter des fruits et boire avant de s'enfoncer dans les bois. Essylt s'appliquait à nettoyer le menton dégoulinant de Radagast qu'ils avaient partiellement détaché pour lui permettre de se redresser. Mais le magicien, décidé à imiter tous les chants d'oiseau ne lui facilitait pas la tache.

- Ta jambe ne te fais pas mal ? Demanda Ragnar en la rejoignant.

- Ça ira.

Le change-peau hocha la tête et entreprit de rattacher le magicien. Une fois fait, ils reprirent leur marche et s'enfoncèrent dans le couvert des bois. Essylt ne pût s'empêcher d'admirer les arbres. Ils étaient pleins de vigueur. Tout le contraire de sa forêt à elle. La vie y régnait. Il y avait des oiseaux, des insectes et même des fleurs. Ils n'étaient pas sombres, emprunts de malveillance mais accueillants.

- Tu crois qu'un jour nos bois seront ainsi ? Lâcha t-elle.

- Je le souhaite de tout mon cœur, Essylt.

Tout en continuant à avancer, elle se prit à imaginer la forêt noire sous un autre jour. Elle en faisait un endroit verdoyant et aussi rempli de couleur que ceux qu'ils traversaient. Un lieu où il faisait bon vivre et non pas survivre. Un bois complètement nettoyé de toute la souillure qui l'étouffait. Elle se laissa emporter par les chants des oiseaux au dessus d'eux. Des petits volatiles avec des couleurs de plumes chatoyantes. Heureusement que Bergamote ne les avait pas encore rejoint. Il s'y serait donné à cœur joie.

- Va à gauche, Indiqua t-elle à Ragnar. Il y a un autre ruisseau derrière les rochers.

Son ami s'arrêta de marcher.

- C'est eux qui me l'ont dit, expliqua t-elle en désignant une branche du menton.

Le change-peau se tourna vers les deux petites mésanges et soupira. Il reprit la marche en partant à gauche comme elle le lui avait indiqué.

- Tu sais, mon grand-père aussi pouvait parler aux animaux…même sous forme humaine. Il en avait même plusieurs à qui il avait appris à communiquer en langue commune.

- Et pas toi ? L'interrogea la jeune femme.

- Non, pas même sous ma forme d'ours.

- Pourquoi ?

- Le sang. Expliqua t-il. Ma grand-mère était humaine et même si ma mère est de notre peuple, elle a aussi du sang humain dans son ascendance. Nos dons s'amenuisent au fur et à mesure des générations.

La mère de Ragnar, Lhasa, vivait avec les siens dans les montagnes. Essylt ne l'avait jamais rencontrée. Et son ami n'en parlait que très rarement. Pour ce qu'elle en savait, elle avait choisi de continuer à se battre au Nord laissant à Grimbéorn le soin d'élever leur seul fils. Et rien que pour cela, elle l'admirait. Il ne devait pas être aisé d'abandonner ainsi son enfant même pour tenter de lui assurer un avenir meilleur.

Ils arrivèrent à destination une bonne heure après que les oiseaux lui ai indiqué la route. Le ruisseau n'était très large mais cela leur suffirait largement. Ils déposèrent précautionneusement leur chargement prés de la paroi rocheuse d'où émanait le petit cours d'eau. Radagast s'était rendormi. Soulagée, Essylt fit jouer ses muscles après s'être délester de ses propres affaires. Ragnar, quand à lui, détacha le magicien. Elle prit la couverture de laine souillée qu'il lui tendit pour aller la laver. Elle fit quelques pas mais surprise par le soudain vertige qui l'assaillit dû se rattraper précipitamment à un arbre. Sa vision était floutée alors que des marteaux jouaient une farandole dans son crâne. Ses doigts relâchèrent l'étoffe.

- Essylt?! S'écria Ragnar.

Le change-peau laissa tomber les branches morte qu'il commençait à réunir pour se précipiter vers elle. Il la soutint, l'aidant à s'asseoir au sol.

- Qu'est ce qui t'arrive ? S'inquiéta t-il. C'est ta blessure?

- Non, c'est pas ça. Répondit elle, légèrement nauséeuse.

La jeune femme ferma les yeux et se massa les tempes. La douleur commençait déjà à s'atténuer. Elle battit des paupières, rassurée de pouvoir à nouveau voir les détails du visage de son ami.

- Je vais bien, Dit elle. Juste un vertige. Sûrement la fatigue.

Ragnar lui caressa le front, inquiet.

- T'es sure?

- Oui, ne t'inquiètes pas, lui sourit elle. Et puis, j'ai pas eu beaucoup de temps pour me reposer ces derniers jours...

Son ami se releva.

- Je m'occupe du campement, toi tu te reposes! Lui ordonna t-il.

Essylt obtempéra. Elle n'avait pas envie de prendre de risque et de finir la tête la première à embrasser la terre. Elle se rapprocha tout de même de l'eau et nettoya la couverture, puis la longue chemise du magicien puis vint le propriétaire du vêtement. Ragnar l'aida à débarrasser Radagast de ses souillures puis ils l'enroulèrent dans un drap propre. Heureusement que Marlie avait pensé à tout. Essylt ôta aussi le long gilet de laine blanche qui commençait à lui tenir extrêmement chaud et le mis sur les épaules de Radagast. Ils s'installèrent pour manger puis Ragnar prit le premier tour de garde. A peine avait elle posé la tête sur l'un des sacs comme oreiller que la Tuatha sombra dans un sommeil profond.

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Les étoiles commençaient à peine à disparaître du ciel quand Ragnar redescendit du rocher où il avait pris position pour surveiller leur petit campement. En quelques enjambées, il arriva au feu qu'il raviva. Radagast et Essylt dormaient encore. Les rêves de son amie ne devaient pas être des plus agréables au vu de la manière dont elle gémissait et bougeait. Il aurait aimé l'en sortir, mais elle avait besoin dormir. Son corps était fatigué et commençait à en porter les stigmates. Il s'assit auprès des flammes et entreprit de préparer le repas. Sur les cailloux qui encerclait le feu, il disposa plusieurs crêpes de farine pour qu'elles se tiédissent. Il étala ensuite la confiture de pommes qui leur restait. Le parfum de la nourriture dû parvenir à la Tuatha car elle se réveilla peu de temps après Les yeux encore embués de sommeil, elle se leva en grognant et pris place à ses cotés.

- Tu devais pas me réveiller pour mon tour de garde, Râla t-elle.

- Pas la peine, je suis pas fatigué.

La jeune femme accepta la galette qu'il lui tendit et la dévora. Rassuré de voir qu'elle avait toujours de l'appétit, ce qui était toujours bon signe selon lui, il entreprit de faire de même. Une fois qu'ils auraient fini, il s'occuperait de Radagast. Il allait les resservir quand une odeur lui parvint. Au aguets, il se redressa et huma.

- Qu'est ce que tu as sentis ? Demanda Essylt en se levant à son tour.

- Le cheval, Plusieurs…. Du métal…. Des cavaliers...

Essylt et lui se jetèrent un regard effarés. Ragnar était inquiet. Il ne parvenait pas à discerner le nombre de possible ennemis et craignait de ne pouvoir les protéger tout deux. La jeune femme dû comprendre ses pensées car elle courût jusqu'à ses affaires. Elle ôta le linge qui protégeait de son épée. Au moment où elle la brandissait devant elle et qu'il se déshabillait, cinq invités inattendus surgirent des broussailles les uns après les autres.

- Du calme, ce sont des Elfes... Annonça Ragnar.

Contrairement à ceux qui vivaient dans les bois, ceux ci n'étaient pas vêtu pour se fondre dans la nature, au contraire. Les armures brillaient sous leurs manteaux d'un bleu encore plus franc que celui du ciel, et sur leurs fronts étaient ceint des diadèmes.

Celui qui menait la petite troupe, démonta et s'avança vers eux. Ignorant totalement la menace d'Essylt, il fit un pas vers Radagast encore assoupi mais la Tuatha se tacha de lui rappeler son existence en se déplaçant entre lui et le magicien. L'elfe brun leva les mains en signe de paix.

- Je me nomme Elrohir, de la maison d'Elrond d'Imladris, Se présenta le cavalier elfique. Nous avons été envoyé à votre rencontre et pour escorte. Comment se porte Aiwendil ?

- Comment saviez vous que nous venions ? Demanda Essylt sans baisser son arme.

Un autre cavalier rejoignit son comparse. C'était son reflet à l'identique. Des Elfes jumeaux.

- Le seigneur Elrond a été informé de votre venue dés que vous avez franchi nos terres, Expliqua t-il.

Essylt leva subitement la tête. Ragnar vit qu'elle regardait un oiseau. Elle finit par baisser son arme et s'écarta. Elle ne quitta pas pour autant des yeux l'Elfe brun qui s'approcha du magicien. Ragnar referma sa tunique de laine et le rejoignit.

- Son état est très alarmant, Dit Elrohir.

- Il semblait pourtant reprendre de la vigueur, dit le change-peau.

Le cavalier elfique le dévisagea.

- Croyez moi, Ragnar, fils de Grimbéorn. Il y a de la puissante magie noire autour de lui.

Le change-peau ne lui demanda pas comment il pouvait connaître son identité, son père l'ayant averti des pouvoirs d'Elrond. L'elfe parla dans sa langue et tout les cavaliers sautèrent de leurs montures et entreprirent de ramasser leurs affaires.

- Hâtons nous, lui dit Elrohir avant de se pencher à nouveau sur le magicien.

Essylt, ramassa sa besace et remit son épée dans ses linges. Elle regardait les Elfes avec un mélange de suspicion et d'émerveillements. Très rapidement, tous leurs effets furent rassemblé et les cavaliers se partagèrent la charge.

Occupé à éteindre le feu, Ragnar vit l'un des Elfes qui avait démonté s'approcher de son amie occupée à réunir leurs affaires. Il ôta le manteau gris qu'il portait et le tendit à la jeune femme.

- Merci, mais je n'ai pas froid, Lui dit elle avec froideur.

Il était évident pour le change-peau qu'elle n'avait toujours pas digéré sa précédente rencontre avec les Elfes de la forêt noire.

- Permettez moi d'insister ma Dame. Ajouta l'Elfe. Je refuse de vous conduire à la demeure du seigneur Elrond dans une telle... tenue. C'est inconvenable.

- Je ne comprends pas. C'est quoi le problème avec ma tenue? Demanda froidement Essylt.

Le change-peau comprit au ton de son amie que les choses allaient s'envenimer.

Elle n'avait visiblement toujours pas compris la gène de celui qui lui faisait face. Le pauvre cavalier avait l'air de lutter contre l'envie de descendre son regard plus bas. Quand elle croisa les bras sur sa poitrine, la mettant en valeur avec provocation, il sût qu'il avait tort. Elle avait parfaitement compris. Avant que tout se complique davantage, il les rejoignit, saisit l'étoffe qu'il mit dans les bras de la Tuatha en la foudroyant des yeux.

- Fais ce qu'il te demande, Essylt. Dit il d'une voix autoritaire. On n'a pas le temps...

La jeune femme obtempéra de mauvaise grâce et passa le vêtement sur ses épaules dissimulant à leur vue son corps partiellement dénudé. La tête haute, elle passa devant le cavalier sans lui accorder un seul regard et reprit sa précédente activité. Mi-désespéré mi-amusé par le comportement de son amie, il secoua la tête en souriant.

Dés que toutes leurs affaires furent répartie entre les cinq cavaliers, il s'éloigna de quelques pas. Il se déshabilla et plia ses vêtements. L'un des Elfe à l'armure étincelante s'interposa rapidement entre lui et Essylt, cachant la vue de la Tuatha. Ses os craquèrent. Comme à chaque fois, il sentit son corps s'allonger et ses organes se modifier. Devant les regards effarés des cavaliers de Fondcombe, il laissa l'ours prendre le dessus. Le processus de transformation n'était pas douloureux mais pas pour autant agréable. Il grimaça quand les crocs pointèrent. Son corps finit par se figer dans sa nouvelle apparence. Son ours gronda, ravi de sortir à nouveau. Les chevaux déjà agités, s'ébrouèrent et les cavaliers eurent du mal à les calmer. Ragnar éloigna l'ours un peu plus loin du groupe.

- Nos histoires parlent d'homme du nord capable de changer de peau mais jamais il ne m'avait été donné de voir tel prodige, Souffla l'un des deux jumeaux complètement subjugué.

Essylt regarda l'elfe un instant puis sans un mot se dirigea vers lui. Elle ramassa ses vêtements. La jeune femme avança la main vers l'ours. Ragnar le laissa la sentir. Il y avait une note différente dans son odeur, quelque chose qu'il ne connaissait pas. L'animal baissa finalement la tête et laissa l'humaine le gratter derrière l'oreille.

- Il nous faut partir maintenant. Déclara le frère jumeau. Nous allons devoir chevaucher toute la nuit à venir et la journée qui suivra.

Essylt abandonna sa caresse qu'elle lui prodiguait et rejoignit les cavaliers. Ragnar pouvait désormais pleinement sentir la nervosité qui émanait d'elle. Elle avait l'air peu rassurée à l'idée de monter à cheval avec l'un des Elfes. Il sourit intérieurement et son ours grogna.

La jeune femme se tourna à nouveau vers lui.

- Je t'entends, Ragnar !

Le grognement s'intensifia. La Tuatha soupira. Elle attrapa la main qui lui tendait et se hissa sur le cheval. Elle manqua de glisser quand l'animal fit un pas de coté mais le cavalier veillait. Il l'aida à se rétablir. Écarlate de honte, elle finit par passer une jambe de l'autre coté de la monture avec la participation d'un des Elfes. Elle s'accrocha à la taille devant elle comme si il s'agissait de sa seule chance de survit. Et dire qu'elle s'était ouvertement moquée de lui et de son vol sur Meneldor. Il tenait sa revanche.

Radagast, toujours sur sa litière, fût maintenu entre deux chevaux par leurs propriétaires. Enfin prêt, les cavaliers s'élancèrent dans les bois. Ragnar autorisa l'ours à se précipiter à leur suite, gardant tout de même une certaine distance pour ne pas effrayer davantage les bêtes.

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Et voilà ^^

J'espère que vous avez aimé.

Que ce soit le cas ou non, n'hésitez pas à le faire savoir.