Reviews anonymes :

Fan : Pourquoi passerait-il moins de temps avec Draco s'il accepte la proposition de Dumby ?

C'est pas la fic qui me chiffonne. Je sais où je vais. C'est plus que je ressens moins le besoin, moins l'envie d'écrire, et ce de manière générale.

Merci pour ta review en tout cas.

Nepheria4 : Heureuse de te voir toujours présente et que ce chapitre t'ai plu.

Dravy : Je ne peux te dire qu'une chose : lis ce nouveau chapitre.


Ma décision

La gargouille qui garde l'entrée du bureau du directeur me fait face, attendant patiemment que je lui donne le mot de passe. Elle me défit de toute sa hauteur, comme si elle espérait que je fasse demi-tour. Sauf que ma décision est prise et plus rien ne pourra la changer. Aujourd'hui, en cet instant, je n'ai jamais été aussi sûr de moi. Peu importe ce que me réserve l'avenir, à quoi ressemblera demain, j'ai décidé d'aller de l'avant. Pour eux, pour lui. Pour ne plus avoir peur la nuit.

- Caramel acidulé, je lance d'un ton ferme à la gargouille, provoquant son mouvement.

L'escalier menant au bureau apparait et je m'y engouffre sans aucune hésitation. Au-dessus de moi, j'entends une horloge sonner. Il est 18h. Parfaitement à l'heure. Comme toujours. C'est bien un des seuls préceptes de mon père que j'arrive à respecter. Un Malfoy est toujours à l'heure. Jamais en retard, pas en avance. Juste là quand il doit l'être.

Tout en pénétrant dans la pièce qui me fait face, je prends une grande inspiration et rassemble tout mon courage. Ce n'est pas le moment de flancher. Je dois être ferme sur mes positions et ne pas me laisser prendre au jeu de Dumbledore. Quoi qu'il dise, je ne changerai pas d'avis.

- Harry, je t'en pris assied-toi, me dit le directeur dès qu'il me voit, une main tendue vers la chaise qui fait face à son bureau.

Je m'exécute, tout en tentant de garder un certain calme en moi. Je ne suis pas à l'aise, mais je ne dois rien laisser transparaître. Le regard bleu qui me fixe est d'un sérieux qui me surprend. Je ne l'ai jamais vu ainsi. Et étrangement, il me rappelle quelque… quelque chose. Cette attitude, cette posture, cette façon d'ancrer ses iris aux miens et de s'y agripper avec une force étrange. Non… Il n'ose tout de même pas… Comment peut-il… ? Je n'y crois pas. Il est en train d'essayer de lire en moi, d'utiliser ouvertement la légilimancie. Sauf que je ne me laisserai pas faire. S'il croit qu'il peut connaître mes pensées, il se trompe. Sa fourberie et ses paroles mielleuses ne m'atteignent pas. J'ai lu clair dans son jeu et je n'y rentrerai pas.

- Vous faites quoi professeur ? je demande d'une façon nonchalante tout en m'adossant un peu mieux à ma chaise.

- Tu voulais me parler ? Je t'écoute.

- Ah ! Vous écoutez, je réponds immédiatement, me surprenant moi-même de mon audace. Mais je crois que vous n'entendez rien. C'est dommage que mes pensées soient muettes pour vous.

Son corps se crispe brusquement et je sens sa tentative de pénétration s'effacer. Mais ses lèvres restent scellées en une fine ligne et aucun mot ne sort.

- Ne retentez plus jamais ça, dis-je sur un ton sec mêlé à de la colère. Je ne suis pas un de vos chiens. Je vais donc aller droit au but.

Dumbledore croise ses mains et recule légèrement dans son fauteuil, signe que j'ai toute son attention.

- Je me moque de votre ordre machin chose, de votre guerre et du reste. Je ne veux pas devenir un sorcier plus puissant et je n'ai surtout pas besoin de votre aide pour le devenir. Comme vous venez de vous en rendre compte… Je refuse d'être un de vos gentils toutous qui vous obéit aveuglement et qui risque sa vie à chaque instant. Je n'aime pas la guerre, je n'aime pas ce qu'elle fait aux gens.

- Je vois que tu as bien réfléchi à notre discussion et que ta décision est prise.

- Mais… mais je sais que je ne pourrais pas éviter le combat, je reprends plus calmement. Mes parents ont déjà subit les conséquences de leurs actes. En me recueillant, ils sont devenus des traîtres et Vous-Savez-Qui ne souhaite qu'une chose… leur mort. Tout comme à Sévérus Snape. Il y a eu plusieurs attaques au Manoir, en vain. Sévérus est protégé grâce à Poudlard, mais ce n'est pas le cas de mes parents. J'ai déjà perdu une famille à cause de cette putain de guerre et je refuse que cela se reproduise ! Je ne veux pas rester sans rien faire !

Le directeur se penche en avant et je devine la malice qui brille doucement au fond de ses pupilles. Je n'aime vraiment pas ça. Mais ma décision est prise.

- Alors… alors je veux bien rentrer dans votre ordre à la noix si vous protégez ma famille. Je veux que mes parents soient sous la protection de l'ordre vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans qu'ils ne le sachent. Ce n'est qu'à cette condition que j'accepterai de rejoindre vos rangs.

- Je protège les Malfoy des Mangemorts et tu deviens mon toutou, reformule Dumbledore en hochant légèrement la tête et en passant ses doigts dans sa barbe.

A l'entente de ses mots, je me crispe et mes ongles s'enfoncent dans le bois du bureau.

- Ne t'offusque pas, c'est toi-même qui a parlé de toutou. Je ne reprends que tes mots.

Et dans un certain sens, il n'a pas tort…

- D'accord, finit-il par répondre en plongeant son regard dans le mien.

Sans un mot, je me lève, hoche une fois de la tête, puis quitte son bureau. Je viens de me vendre au diable pour ne plus faire de cauchemars.

oOo

Cela doit bien faire vingt minutes que Draco me fixe avec son regard noir. Depuis mon entretien avec Dumbledore dont il ignore tout, il se doute que quelque chose ne va pas, mais n'arrive pas à savoir quoi. Et le fait que je ne lui dise rien le met hors de lui. C'est pourquoi il ne cesse de me regarder avec cette colère que je suis le seul à comprendre. Et le pire, c'est que je comprends parfaitement sa réaction. Mais je ne lui dirai rien. Je ne veux pas l'inquiéter. Parce que je connais déjà sa réaction. Il se mettra à me crier dessus et me demandera de ne pas rejoindre l'ordre du phénix. Il me dira qu'il me hait et que je ne pense qu'à moi, tout ça pour cacher ses propres émotions. Alors je me tais et lui souris doucement, comme si je ne remarquais pas sa colère.

- Tu me passes l'eau, steup, je demande à Draco en soutenant encore plus son regard.

- Langage ! me dit-il d'un ton sec.

- Pourrais-je avoir la carafe d'eau s'il te plait Draco, je répète avec un sourire narquois.

Sa bouche se tord en une grimace peu agréable et il me tend le pichet.

- Merci.

Un grognement me répond, juste avant qu'il ne rompe le contact visuel, encore plus énervé contre moi.

- T'es mal baisé ou quoi ? lui demande Pansy à sa gauche.

- Ah ben ça faut voir avec Harry, hein ! réplique Blaise sans réfléchir.

L'eau qui est en train de couler dans ma gorge emprunte brusquement le mauvais passage et je manque de m'étrangler.

- Crie-le encore plus fort, marmonne Draco en reportant toute sa colère contre lui.

Tous les regards, y compris le mien, sont rivés sur Blaise et lui lancent des éclairs. Une chance que personne ne semble avoir entendu ses mots. Non, mais quel idiot. Tant qu'il y est, il n'a qu'à faire une déclaration publique, un communiqué de presse. Draco Malfoy et son anciennement frère jumeau, Harry Potter sont en couple !

L'idiot en question fait un petit sourire d'excuse à Draco qui pour toute réponse se lève et quitte la table, sans un mot ou un regard. Il est vraiment énervé.

oOo

Allongé dans mon lit, je fixe le plafond, perdu dans mes pensées. Je ne cesse de penser à aujourd'hui et au virage que vient de prendre ma vie. Je fais désormais parti de l'ordre du phénix. J'ai encore du mal à croire en cette réalité que j'ai choisie. Je me doute bien qu'un jour ou l'autre Draco, mes parents, Sévérus, mes amis… tout le monde… l'apprendra. Et je redoute ce moment car je pense que leur réaction ne sera pas des plus joyeuses. Mais plus tard ils le découvriront et mieux se sera. Alors pour l'instant, je vais tout faire pour le leur cacher, pour qu'ils ne devinent rien. Même si je sais que ça ne va pas être facile, surtout avec Draco. A peine étais-je revenu dans le dortoir après mon entretien avec Dumbledore, que son regard suspicieux me fixait avec insistance. Et il ne m'a pas lâché du reste de la journée.

Lentement, mes pensées dérivent vers Draco et le repas de ce soir. Les mots de Blaise résonnent en moi avec une douleur écrasante. Cela fait combien de temps que nous sommes ensemble ? Un mois et demi presque… Le temps passe si vite.

Je me retourne dans mon lit et enfouis ma tête sous mon oreiller tout en grognant. Où va nous mener cette relation ? Jusqu'où pouvons-nous aller ainsi ? Je n'en sais rien. Quand je regarde Blaise et Daphné, je me dis qu'ils en ont de la chance. Ils peuvent s'afficher ouvertement, sans crainte, sans jugement. Mais nous… deux garçons… deux frères… c'est une tout autre histoire. Comment les autres vont réagir en nous voyant nous embrasser, nous enlacer ? Je ne veux pas que Draco souffre de notre histoire. Je ne veux pas qu'il pleure encore à cause de moi. Mais je ne veux pas non plus me séparer de lui.

D'un mouvement rageur, je rejette la couverture qui me recouvre et soupire fortement. Pourquoi tout est si compliqué ? Alors que je me perds dans mes souvenirs heureux de nous deux, je finis par sentir mon matelas s'affaisser sur ma droite. Lorsque je tourne la tête, je croise les prunelles grises de Draco et souris.

- Je peux ? me demande-t-il d'une petite voix.

Je me décale et pousse les draps pour lui indiquer qu'il peut venir s'installer à mes côtés.

- Mais je suis toujours en colère contre toi, me dit-il tout en collant son corps au mien, me réchauffant tendrement.

Je ne peux m'empêcher de sourire encore plus face à sa réplique. Je sais très bien que ma décision va me coûter chère. Mais pour lui, je suis prêt à tout. Pour qu'il continue de me regarder ainsi, je suis prêt à affronter le monde entier. Oui, une nouvelle décision vient de germer en moi et la bataille qui risque d'en découdre me terrorise. Mais si Draco est avec moi, je suis sûr que je pourrais lutter avec succès.


A suivre...