Reviews anonymes :

Dravy : Ah ben je suis contente que la façon de penser d'Harry te plaise. Parce qu'en plus plusieurs n'apprécient pas le fait qu'il vende son âme au diable d'Albus. Alors merci.


J'ai repris du poil de la bête. Donc je vais pouvoir poster un peu plus souvent pour les prochains chapitres. J'espère pouvoir continuer ainsi jusqu'à la fin.

Par contre, je ne sais pas si c'est la chaleur de l'été, mais les reviews fondent comme des glaces au soleil. Pour faire simple, elles se sont évaporées. Pourtant le nombre de visites restent inchangé. Etrange...


Une déflagration blonde

Le professeur Chourave est en train de nous expliquer les propriétés du Psylli semen quand je reçois un petit papier volant enchanté. Un rapide regard autour de moi, espérant deviner l'expéditeur de ce mot, mais rien. Intrigué, j'ouvre ce dernier et y lis les quelques mots griffonnés. Quelqu'un me donne rendez-vous devant la porte de la Grande Salle après le cours de Botanique. Il semble avoir quelque chose d'important à me dire.

- C'est quoi ? me demande Draco en se penchant vers moi.

- Je… rien, je réponds à la hâte tout en dissimulant le bout de parchemin sous mon livre.

Mais je regrette aussitôt mon geste car les iris gris qui me lancent des éclairs sont effrayants. Je viens de mettre Draco en colère. Enfin, encore plus qu'il ne l'est déjà contre moi. Je tente un faible sourire d'excuse, en vain. Draco détourne la tête d'un mouvement brusque tout en poussant un soupir d'agacement. Je sens que je vais avoir beaucoup de mal à me faire pardonner. En plus, je ne sais même pas pourquoi je lui ai caché ce message. Peut-être parce que je crains qu'il ne découvre mon arrangement avec Dumbledore… Et du coup j'ai l'impression que chaque regard, chaque mot, chaque geste tend à crier à Draco ce que je veux lui cacher.

- Désolé, je marmonne tout en continuant de prendre des notes.

Le reste du cours se passe avec une aura froide et angoissante autour de Draco. Sa colère ne diminue pas et chaque seconde est un prétexte à me le faire comprendre. En gros, il me tarde que le cours finisse car je suis en train de devenir fou. Je n'ose même plus le regarder, de crainte qu'il n'explose sur place. Je viens de créer une bombe à retardement qui va bientôt atteindre le point de non-retour. J'espère juste que la déflagration ne sera pas trop violente.

- C'est terminé pour aujourd'hui, lance le professeur Chourave.

Je sursaute à l'entente de ces mots, y voyant là une porte de sortie. Sans plus de cérémonie, je range mes affaires et quitte la serre.

- Harry !

Je crois que c'est Pansy qui vient de m'interpeller dans mon dos. Mais je suis tellement soulagé de pouvoir m'éloigner de la tension que dégage Draco, que je ne l'écoute pas et file en courant jusqu'au château. Essoufflé de ma course, je prends appui contre un mur et m'autorise un peu de répit. Dans ma cage thoracique, mon cœur fait des bonds violents et douloureux. Et je ne sais pas si c'est parce que je viens de courir ou si c'est parce que je suis en train de faire des cachoteries à Draco. Tout en reprenant une respiration normale, je tente de chasser la culpabilité qui ne cesse de vouloir ronger mes entrailles. Je sais très bien que je ne devrais pas cacher ma décision. Mais je n'arrive pas à lui dire. Je n'arrive pas à expliquer que mon âme appartient désormais à un diable nommé Albus Dumbledore.

- Tu es venu.

Je tourne violemment la tête vers l'origine de la voix et grimace en sentant ma nuque craquer. Une main sur cette dernière qui est douloureuse, je dévisage le garçon qui me fait face. Son visage ne m'est pas inconnu. Vu les couleurs de sa cravate, c'est un Gryffondor. Et je dirais un septième année. Logique puisque j'avais cours de Botanique avec eux il y a tout juste quelques minutes.

- Tu es ? je demande.

Le garçon passe une main nerveuse dans ses cheveux et baisse légèrement la tête.

- Finnigan. Seamus Finnigan.

Son nom me dit vaguement quelque chose. Je crois que c'est un ami de Londubat. C'est donc lui qui m'a envoyé le message. Je l'avais oublié. Une chance pour lui que je me sois arrêté non loin de la Grande Salle. Un sacré hasard tout de même.

- Euh…

Je me redresse et fixe Finnigan, curieux de connaître la raison de notre échange. Mais tout ce que je vois, ce sont des cheveux hirsutes. Il semble que le sol soit plus intéressant que moi.

- Tu voulais me dire quoi ? je reprends.

Lentement, le brun redresse la tête. Ses joues sont rouges et il n'arrête pas de mordre ses lèvres. Pourquoi ai-je l'impression que ce qui va suivre ne va pas trop me plaire ? Et pour rendre la situation encore plus dérangeante, voila que le reste de la classe est en train d'arriver, avec à sa tête un Draco au pas empressé et au regard noir. Je suis cuit.

- Je… commence le Gryffondor.

Qu'il se dépêche… Pitié…

- Je voulais savoir si…

Si dans cinq secondes il n'a pas craché le morceau, je décampe, bonne éducation ou pas. Tout simplement parce que je vois bien que Draco se rapproche dangereusement de nous et que ses intentions ne sont pas des plus amicales à mon égard. Trois. Deux.

- Si tu sortais avec quelqu'un, lance d'un seul coup Finnigan.

Un. Mais je suis toujours au même endroit car la question que vient de me poser le brun me cloue sur place. Je cligne des yeux et détaille ce dernier. Est-ce que j'ai bien compris ? Ai-je bien entendu ? Et que dois-je répondre ?

- Je sais que tu n'es plus avec le Serdaigle et j'ai pas l'impression que tu aies quelqu'un. Alors… euh… si tu as personne… est-ce que ça te dirait de…

- Harry Potter ! hurle Draco à trois mètres de moi, faisant sursauter tout le monde.

Le point de non-retour vient d'être atteint. Le compte à rebours est lancé. Les dernières secondes défilent bien trop vite. La bombe va exploser. Et malheureusement pour moi, je n'ai pas d'abri pour me protéger. Un regard en direction de Draco et je prie Merlin pour que ma mort soit rapide. Un bref coup d'œil en direction de Finnigan et je maudis ce même Merlin pour m'avoir mis dans un tel pétrin. Coincé entre un Serpentard furieux et un Gryffondor en mal d'amour, je ne sais plus quoi faire. Et désormais, il est trop tard pour fuir, car Draco est juste devant moi et me fusille sur place. Mais ses pupilles orages dérivent sur mon cou et semblent soudain très intriguées par ce qu'il se passe derrière moi.

- C'est qui lui !? crache-t-il à mon intention.

Je me retourne et m'excuse en silence devant le pauvre garçon qui se trouve malheureusement au mauvais moment au mauvais endroit.

- Finnigan, répond le Gryffondor en croisant le regard de Draco. Je parlais à Harry avant que tu ne m'interrompes. Il semblerait que la bonne éducation des Malfoy laisse à désirer.

Mauvaise réponse.

- Tu sais ce qu'elle te dit ma bonne éducation ?

- Non. Mais je serais ravi de l'apprendre.

Très mauvaise réponse.

- Va te faire enculer.

Les yeux écarquillés, je fixe Draco, plus qu'étonné de sa réplique. Je n'ai jamais entendu de tels mots sortir de sa bouche. Lui qui est si propre sur tout, même dans son langage vient de franchir un cap qui ne présage rien de bon. Car cela ne veut dire qu'une seule chose. Il vient d'exploser et les premières vagues de la déflagration s'échappent déjà de lui.

- Je préfèrerai avec Harry, réplique immédiatement Finnigan.

Pardon !? La bouche entrouverte, j'ose à peine regarder le garçon qui semblait si timide il y a quelque secondes. Bon au moins, là c'est clair. Mais je réponds quoi moi ? D'ailleurs, Draco est aussi surpris que moi, puisqu'il est muet. Mal à l'aise, sentant que la situation va vite devenir incontrôlable si je n'interviens pas, je me décide à parler.

- Euh… Finnigan. Je… si ça ne te dérange pas… on parlera de tout ça plus tard. Je dois… régler un problème familial avant tout.

Le Gryffondor me fait un petit sourire et hoche de la tête avant de s'éloigner, non sans un regard noir en direction de Draco. Quant à ce dernier, il est toujours immobile et je me demande si ce ne serait pas le bon moment pour s'éclipser en douce. Alors que je fais un pas en arrière, il se retourne et plonge ses iris dans les miens. Raté.

- Tu vas où comme ça ?

- Faire mes devoirs ? je propose, pas du tout convaincu.

- Pourquoi t'as rien répondu ?

De quoi parle-t-il ? J'hausse un sourcil en signe d'interrogation. En face de moi, Draco passe une main tremblante dans ses cheveux et soupire légèrement. Il semble que la tension s'atténue un peu en lui et je prie pour que cela continue. Son regard se pose sur le mur derrière moi et ses lèvres se pincent. Je devine une fois de plus les mots qui se bousculent à ses lèvres dans un torrent qu'il a du mal à contrôler. Ces dernières bougent faiblement dans un silence que je respecte.

- Pourquoi… tu lui laisses croire quelque chose qui n'arrivera pas ? finit-il par me demander dans un souffle à peine audible.

Je me pince l'arrête du nez, cherchant à comprendre le sens de ses mots. Si je ne me trompe pas, il parle de Finnigan. Et la chose qui n'arrivera pas… Si je me réfère aux derniers mots échangés… Me faire enculer ? J'ouvre la bouche en grand, saisissant brusquement ce qui motive Draco. J'ai du mal à croire qu'une telle réaction vient de se produire sous mes yeux. Est-ce que Draco serait jaloux ? Non… Pourtant il devrait savoir que je ne suis pas ce genre de personne. Lorsque je suis en couple avec quelqu'un… Mais je stoppe mes pensées car je réalise soudainement que pour la plus part des gens, je suis célibataire. Et si Draco pensait la même chose ? Et si pour lui nous n'étions pas vraiment un couple ? Et puis, est-ce qu'au fond de moi je nous vois comme tel ? Je ne sais plus. Pour tout dire, je suis perdu. Je dirais que je sors avec Draco, mais rien ne le montre. Et je crois… que je n'en peux plus.

- Et qui te dit que ça n'arrivera pas ? je lance brutalement juste avant de rejoindre Pansy et Blaise qui viennent de nous dépasser.

Draco ne bouge pas, comme paralysé par mes mots. Alors que je romps le contact visuel avec lui, je me demande si je ne viens pas d'y aller un peu fort.

- Tu viens Draco ! crie Blaise. On va manger.

Je passe les portes de la Grande Salle, le visage bas, ne sachant plus quoi dire ou faire.

Le diner se déroule dans un calme assez étrange. Blaise et Daphné sont dans leur bulle d'amour que j'envie de plus en plus et Pansy ne cesse de reluquer un Serpentard de sixième année qui lui fait régulièrement de grands sourires. Quant à Draco, assis à ma gauche, il se contente simplement de manger, tout comme moi.

Le dessert vient d'apparaître devant moi, ne me tentant pas trop. Salade de fruits et mousse au chocolat. Ce n'est pas ça qui va me remonter le moral. J'aurai préféré une bonne tarte à la mélasse. Déçu, je me sers une louche de salade de fruits et commence à picorer. Draco, lui se sert généreusement de la mousse au chocolat. Je crois qu'il essaye de noyer quelque chose dans le cacao qui lui fait face. Et à la sensation de ma magie qui me picote la nuque, je devine que je ne suis pas en reste face à ce geste de désespoir Malfoyen. Mais je ne sais pas si c'est à cause de ce qu'il s'est passé avant le repas ou si c'est parce que je lui cache un secret inavouable. Peut-être les deux…

Tandis qu'il porte sa cuillère à sa bouche et que sa langue sort de quelques millimètres pour venir goûter le chocolat, son visage se tourne vers moi et ses prunelles se plantent dans les miennes. Figé dans cette position, je ne peux qu'esquisser un sourire.

- Je suis toujours en colère, me dit-il en fronçant les sourcils, juste avant d'enfourner sa cuillère dans sa bouche.

Mon sourire s'efface aussitôt et je reporte mon attention sur mon dessert. Dépité, coincé dans une impasse, je me mets à jouer avec les morceaux de fruits, les faisant tourner dans le ramequin. Plusieurs secondes s'écoulent avant que Draco ne reprenne la parole, sans me regarder cette fois-ci.

- Tu le ferais vraiment ? me questionne-t-il d'une petite voix remplie d'amertume.

Surpris, je penche la tête sur le côté et le dévisage. Il semble que l'étude de sa mousse soit particulièrement intéressante. Mais cela ne m'aide pas à comprendre de quoi il parle.

- Avec Finnigan, termine-t-il tout en déglutissant avec quelques difficultés visibles.

Oh.

- Non, je réponds avec sincérité, sentant que je ne dois pas jouer cette fois-ci.

- Alors pourquoi tu m'as dit ça tout à l'heure ?

- Parce que…

La vraie raison… je ne sais pas si je peux la lui avouer. Elle me fait si peur. Et je crains qu'elle ne provoque la même réaction chez Draco. Nous n'avons jamais parlé de ça. Jamais. Mais je commence à étouffer de notre situation. J'envie tellement Blaise et Daphné. Et tous les autres. J'aimerai juste… être normal. Parfois. Pour ça au moins.

Draco vient de se tourner vers moi et son regard insistant, attendant la suite de ma réponse me fait craquer. Tant pis si je me plante, si je m'écrase au sol et que ça explose. Tant pis si ça fait mal, partout, surtout dans la poitrine et que celle-ci éprouve bien du mal à se soulever normalement.

- Parce que… j'aurai préféré répondre à Finnigan que j'étais déjà pris.

Draco cligne des yeux à plusieurs reprises.

- Ce n'est pas le cas ? Rassure-moi, on est bien ensemble ?

Merlin. Ce qu'il peut être lent à la réaction. Mais au moins je sais qu'il nous considère comme un couple. C'est déjà un bon point.

- Oui, je réponds, provoquant un affaissement des épaules de Draco. Mais lui ne le sait pas. Personne ne le sait.

Une nouvelle tension apparait dans le corps de Draco et je devine qu'il comprend où je veux en venir.

- Quoi !? s'exclame-t-il, attirant plusieurs regards sur nous.

Je cache ma tête entre mes mains et soupire. De plus ma magie qui bouillonne dans mes veines et se balade sur ma peau ne m'aide pas à rester calme. Je crois même ressentir le trouble, le tumulte qui coure en Draco. Si en apparence il semble relativement calme, intérieurement, c'est une autre chose. Une nouvelle déflagration vient d'éclater en lui.

- Tu… tu voudrais… que tout le monde le sache ? reprend-il d'une voix plus douce, mais remplie d'étonnement.

- Pas toi ?

Sauf qu'aucune réponse ne suit. Le silence dure et je ne sais pas comment réagir. Le silence peut être si douloureux par moments.


A suivre...