Reviews anonymes en bas de page exceptionnellement.


Tremblement de folie déraisonnée

Il a ses mains sur mon torse, sa langue dans mon cou et ses jambes emmêlées aux miennes. Comment en sommes-nous arrivés là ? Il y a quelques secondes, il me criait dessus et je tentais de m'excuser. Et maintenant il est en train de se frotter contre moi, électrisant chacune de mes cellules. Nous nageons dans un océan noir qui se meut dangereusement sur nos corps. C'est une griffure sur mon épiderme tressaillant. C'est une déchirure de mes cordes vocales.

Je ne devrais pas soupirer.

Je ne devrais pas gémir.

Je ne devrais pas pousser mes hanches contre les siennes.

Mais j'en suis incapable…

Ses mains me plaquent durement contre le carrelage glacé. Contraste avec la chaleur qui émane de son corps. Je ferme brièvement les yeux et rejette la tête en arrière. Pourquoi ai-je le sentiment que ses caresses douloureuses ne le sont pas vraiment ? Pourquoi je ressens cette once de douceur cachée, cette pudeur de désir voilé.

Il devrait me frapper.

Il devrait me faire crier.

Il devrait me faire pleurer. A sa place.

- Je te hais. Je te hais. Je te hais, ne cesse-t-il de me répéter tout en me maintenant avec fermeté entre ses cuisses.

Et il y a ces larmes qui coulent sur ses joues, qui s'écrasent avec fracas sur les miennes. Elles ont un goût de sel rempli de désespoir et de colère. Tout comme ses mains qui s'immiscent sous mes habits et s'agrippent violemment à moi.

Sa bouche se colle brusquement à la mienne et sa langue s'engouffre sans préavis entre mes lèvres, imposant la dureté de son baiser. Il n'y a pas de passion, pas de désir, pas d'érotisme. Juste de la colère mêlé à un désespoir incommensurable.

Aussi brusquement qu'il a commencé, son baiser s'arrête. Les iris ancrés aux miens, brillants d'une lueur dangereuse et inconnue, je frissonne. Plusieurs mèches humides encadrent son visage et viennent chatouiller le mien. Des taches noires masquent partiellement son visage humide. Je ne peux m'empêcher de le trouver beau en cet instant. Pourtant, je sens bien le danger qui nous entoure. L'air est brûlant comme au cœur d'un brasier incontrôlable. L'eau est tranchante comme des lames affutées, aiguisées pour parfaire ce moment. Et ma magie… ma magie se fait un plaisir de me faire ressentir tout ça en même temps.

- Je te déteste ! me crache Draco juste avant de se reculer et de me retourner sans préavis.

Son corps se plaque une nouvelle fois au mien, me bloquant de toute part. De toute façon, je n'ai pas prévu de lutter. Et encore moins de m'échapper. Qu'il fasse ce qu'il veut. J'accepterai tout de sa part. Même le pire.

J'accepte ses dents qui me mordent la peau et me marquent sans honte. J'accepte ses doigts qui s'enfoncent dans ma peau et renforcent sa prise sur moi. J'accepte ses regards remplis de fureur, mais aussi de peur. J'accepte ses hanches qui se frottent contre mes fesses et font durcir son sexe désormais à l'air libre. J'accepte qu'il me tire les cheveux et me griffe. J'accepte tout. Il l'a dit lui-même… je suis son jouet.

- Merde, grogne-t-il alors que sa bouche vient de laisser une marque de plus dans mon dos.

Au moins celles-là, je les accepte. Pas comme celles laissées suite à mon combat contre les Mangemorts. Ces dernières sont affreuses, une honte horrible. Alors qu'il les recouvre, les fasse disparaître avec les siennes. Et la douleur que je ressens n'est une suite logique au processus. Le mal s'efface par le mal.

- T'avais pas le droit de jouer, me murmure-t-il tout en me forçant à relever mon bassin. Tu n'avais pas à me faire ça, continue-t-il alors que ses doigts s'énervent sur ma ceinture. Tu n'aurais pas dû me faire ça, poursuit-il la voix chancelante, ses mains tremblantes et tirant sur mon pantalon.

La tête basse, le front appuyé contre le froid du sol, je ferme les yeux et serre les dents. Je sais ce qui va suivre. Je l'ai compris au premier regard, au premier coup de rein. Je sais que je vais avoir mal. Très mal. Ne pas être préparé est ce qu'il peut arriver de pire dans ce genre de situation. Mais je le mérite. Si je dois en passer par là pour expier mes fautes, je le ferai. C'est pourquoi je reste immobile, à quatre pattes et attends la suite de ma sentence. Les doigts accrochés à mes fesses tremblent comme jamais et je crois que d'énormes larmes continuent d'inonder mon dos. J'appréhende la suite, je ne le cache pas. Mais je l'accepte. Sauf qu'elle tarde à arriver. Et c'est ce qui me fait ouvrir un œil. Aussitôt, je tombe nez à nez avec ma magie qui vibre devant moi. Elle me recouvre totalement et semble faire de même avec Draco. Il est difficile de savoir où je commence et où il se termine. C'est comme si nous ne faisions qu'un au travers d'elle.

- Je te hais. Pour tout.

Et alors que je m'attends à souffrir aussi fort que lui, je ne ressens qu'un poids mort qui s'écrase brusquement sur moi et me fait plier sous le choc. Etalé de tout mon long, Draco allongé sur moi, je n'ose plus bouger. Que se passe-t-il ? Pourquoi ne laisse-t-il pas exprimer sa haine à mon encontre ? Pourquoi mon châtiment ne comporte-t-il que de faibles coups de poings contre mon dos ?

- Je te déteste, sanglote-t-il, toute fureur noyée dans la mare de magie qui s'est apaisée d'un seul coup. Je te déteste tant. Tellement que je n'arrive même pas à te faire du mal. J'en suis incapable. Voila à quoi j'en suis réduit.

Il se relève et rompt tout contact avec moi. Son absence me manque aussitôt. J'ai encore envie de le sentir sur moi. Même si c'est douloureux.

- Va t'en, marmonne-t-il.

Je me redresse à mon tour et me rhabille rapidement. Devant moi, Draco a la tête basse et me tourne le dos.

- Tu n'as pas fini, je réponds faiblement, le doute s'emparant progressivement de moi.

Je ne sais pas comment réagir. Ne rien dire, rien faire n'a plus sa place. Un silence s'ensuit où je retiens ma respiration. Jusqu'à ce qu'il se retourne et me fasse face. Tout son être est en train de le trahir. Il est crispé et tremble de partout.

- Tu aurais voulu que je continue ? dit-il avec une grimace de dégoût. Tu te rends compte que j'allais abuser de toi ? J'allais te…

- Je sais très bien ce que tu allais faire, je le coupe en faisant un pas en sa direction.

Il secoue la tête et s'éloigne de moi. Ce geste me blesse, tel un poignard en pleine poitrine.

- Tu es fou, marmonne-t-il tout en continuant de bouger sa tête de gauche à droite. Je suis fou. Mais en même temps, si tu ne m'avais pas fait tomber amoureux de toi, je ne le serais pas devenu.

- J'aime bien notre folie, j'avoue si bas que je ne sais pas s'il m'a entendu.

- Alors prend-en la responsabilité, me lance-t-il tout en passant à côté de moi et en nouant sa serviette autour de sa taille.

Prendre ses responsabilités… Je dirais que je ne suis pas le seul à avoir eu une petite discussion avec Pansy. Mais elle n'a pas tort. Il n'a pas tort. Il serait peut-être temps que j'arrête de penser que je peux tout gérer tout seul. Si j'en étais vraiment capable, je n'en serais pas ici aujourd'hui. Draco ne serait pas dans cet état. Sévérus n'aurait pas à veiller sur moi. Vance ne serait pas morte. Franchement, je ne sers à rien…

- Je vais le faire ! je m'exclame en faisant un virage à 180 degrés.

Assis sur un banc, Draco sursaute et écarquille les yeux. A mes pieds, ma magie est en train de disparaître en moi et diffuse une chaleur rassurante. D'un pas assuré, je m'avance vers Draco. Il y a une bouffée d'oxygène qui dissout mes peurs et chasse mes doutes. Ou bien est-ce les pupilles brillantes de Draco ? Oserais-je croire en ces dernières ? Après tout, je le peux après les mots qu'il m'a dits.

Je m'agenouille devant lui et prends ses mains dans les miens. Je plonge mon regard dans le sien et décide de ne plus jamais le lâcher.

-Tu sais ce que j'aime le plus entre nous ?

Il secoue la tête.

- C'est quand on est fou. Quand on est comme là. Totalement, irrémédiablement fou.

- Tu aimes quand je te fais mal ? me demande-t-il avec surprise, tout en grimaçant.

Je souris doucement et secoue la tête en signe de négation.

- Non. J'aime quand on se laisse aller, qu'on explose face à l'autre et qu'on se dit clairement les choses. On est fou d'agir ainsi, de ne communiquer que comme ça. Et je dois l'être encore plus pour arriver à te parler de tout ça. Tout comme tu l'es complètement pour m'aimer avec cette folie. Mais si tu acceptes, je veux bien encore être fou pour le reste de ma vie. A partir de maintenant.

Je serre ses mains entre les miennes et prie Merlin pour qu'il accepte. Qu'il accepte ma folie et me la rende au centuple. Ses dents malmènent ses lèvres quelques secondes qui me semblent interminables.

- Oui, souffle-t-il.

Mes lèvres s'étirent aussitôt en un immense sourire. Non, vraiment, je suis cinglé. Surtout pour ce qui va suivre.

- Alors désolé. Désolé d'être déraisonnable pour ce que je vais te dire. Pardon pour te l'avoir caché et avoir cru bien faire. Pardon pour tout le mal que ça t'a causé… que ça a causé. Je ne le voulais pas. Sincèrement. Et tu risques de me trouver digne de Sainte-Mangouste après ça, mais j'assume. Je crois que la folie m'a pris le jour où tu es rentré dans ma vie. Et depuis je n'agis qu'en son nom.

Draco hausse les sourcils, attendant la vraie raison de ma tirade. Une grande inspiration et je me lance.

- J'ai accepté de rejoindre l'ordre du phénix de Dumbledore afin de protéger nos parents des attaques du Seigneur des Ténèbres. J'ai vendu mon âme pour leurs vies.

La bouche de Draco s'ouvre en grand. Choc de mon aveu. Puis il la ferme, s'humecte les lèvres, regarde sur sa droite avant de replonger ses iris dans les miens et de rouvrir la bouche. Le tout dans un silence qui m'angoisse. Mais je ne le lâcherai pas.

- T'es con, finit-il par dire en soufflant fortement.

- Non. Fou.

- C'est sensiblement pareil.

- Si tu le dis.

- Tu sais que ça me donne envie de t'en coller une ?

- Je sais.

- Mais ça ne sert à rien puisque tu as une pommade qui va effacer toutes les traces d'ici demain.

- Alors tu n'as cas attendre qu'elle ne fasse plus effet.

- C'est ce que j'avais prévu.

Je souris et pose doucement mes lèvres sur les siennes. Demain sera un autre jour rempli de folies.


A suivre...


Chapitre pas très long, mais intense.

J'avoue que j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à l'écrire et que je doutais avant de me relire. Mais maintenant je suis vraiment contente de ce que j'ai écrit. J'espère que vous avez aussi aimé, parce que ce chapitre signifie beaucoup en fin de compte.


Reviews anonymes :

Gwen : Et quel plaisir de te lire ! Tu ne sais faire que deux choses à la fois ? Moi c'est dix au moins ! lol. Bon sinon tu ne me donnes pas vraiment ton avis sur le chapitre, mais je vais prendre ta review pour un commentaire positif.

Lucia : Je crois que ta main a ripé sur le clavier. Je vois que le "charité" t'a plu. ^^ Et le suivant aussi d'ailleurs. Merci d'avoir laissé une review sur chacun en tout cas. Et merci pour tous ces compliments qui me vont droit au coeur.

En fait je fais des fins sadiques pour garder mes lecteurs en otage. Je les tiens en haleine et m'assure leur retour. Manipulatrice ? Oh ! A peine. Peut-être un peu... lol

Cha910 : Et c'est pas fini en plus ! Mais ça, tu as dû t'en rendre compte. Sadique un jour, sadique toujours.

Fan : Enfin j'arrive à toi. Oui, TOI ! Parce que figure-toi que si je réponds aux reviews en fin de chapitre, c'est uniquement de ta faute. Oui, tu lis bien. Ta faute. Pourquoi ? Ben parce que si tu avais lu ma réponse avant de lire ce chapitre, tu ne l'aurais pas vu de la même façon. Tout ça parce que j'ai l'impression que tu as piraté mon ordi. Pirate ! Non je ne suis pas la relève des pubs Tipiak. mais ça peut être une bonne reconversion... Enfin, bref. J'ai juste eu l'impression en te lisant que tu avais déjà lu la suite. Parce que, comme tu as pu t'en rendre compte, tu avais tapé dans le mille. Il y avait pleins d'ondes négatives qui se sont bien diffusées et maintenant, ça va mieux. J'espère que cette suite a été à la hauteur de tes espérances.

Dravy : Une semaine sans internet, mais 2 chapitres à lire, alors ça vaut le coup, ^^. En tout cas, je suis contente que ce chapitre t'ai plu et j'espère que celui que tu viens de finir de lire a eu le même avis favorable. Surtout que là, Draco s'énerve encore plus et est encore plus amoureux, puisqu'il vient même de l'avouer.