Reviews anonymes :
Lucia 62 : Y a pas de soucis. J'avais compris. J'ai le décodeur. ^^
Je ne voyais pas Draco continuer jusqu'au bout. Je l'aurais perdu dans sa folie sinon. Et la fic aurait pris un tournant bien trop dramatique. Et ce n'est pas ce que j'ai prévu. Quant au fait de se crier dessus, ça a toujours plus ou moins marché comme ça entre eux.
Pour les fins sadiques, je ne sais pas trop si ce nouveau chapitre en fait parti. Pour moi, pas vraiment.
Gwen : Plus concentré, tu meurs, pour sûr. L'amour peut étouffer et faire mal. C'est ce que je voulais retranscrire dans ce chapitre. Mais comme ils ne sont pas non plus dans une folie perpétuelle, le fait de se stopper à temps est dans une certaine suite logique. Il fallait qu'il s'arrête pour ne pas sombrer de l'autre côté de l'amour, celui qui est nocif. Et enfin Harry avoue tout, aussi pour que Draco ne chute pas.
Inconnue93 : Heureuse de te revoir. j'espère que tes vacances se sont bien passées. Et puis tu as eu de la lecture en rentrant au moins ^^.
C'était important dans le chapitre 43 qu'on voit un peu ce qu'il se passe du POV de Draco. Après tout, on sait ce que ressent Harry, mais Draco... c'est plus difficile. C'est toujours au travers du regard d'Harry. Et là, c'est au travers du regard de ses amis, mais c'est encore différent. Et puis du coup, ça amène une compréhension à son comportement dans le dernier chapitre.
Le fait que Draco n'en fasse pas plus baver à Draco, c'est parce que je ne veux pas qu'il bascule du côté de l'amour nocif. Je ne veux pas ce genre de relations entre eux. C'est pour ça aussi qu'il stoppe son acte de perdition avant de se se perdre totalement. Et enfin Harry se bouge le cul, aussi pour que Draco ne chute pas d'avantage dans sa folie.
Dravy : Heureuse que ce chapitre t'ai plu. Pour ce qui est de faire avancer les choses dans le bon sens, je te laisse le découvrir avec ce nouveau chapitre. J'espère qu'il te plaira.
Nepheria4 : Ravie que ce chapitre t'ai plu. J'espère qu'il en sera de même pour ce nouveau.
Fan : Mouhaha ! Je t'ai bien eu, hein !? Mais bon tu comprends mon raisonnement. Et en plus t'es fière d'avoir piraté mon ordi. Mais il semble que ta tentative de vol n'ai pas abouti en totalité car tu ne t'attendais pas à ce que Draco s'arrête avant de chuter totalement.
Et l'espoir fait vivre, alors espère. Tu peux.
Cha910 : Intense, mais qui te plait, donc tout va bien. j'espère que ce nouveau chapitre qui est moins intense te plaira tout autant.
Mise au clair
Je me masse la joue et grimace face à la douleur qui envahit progressivement ma mâchoire. Ça fait mal. En même temps, Draco n'y est pas allé de main morte. Mais il m'avait prévenu. Le baume de Sévérus ne fait plus effet et cette fois, cette marque là restera plus longtemps sur ma peau. Mais je crois bien que je la mérite.
- Tu vas mieux ? je demande à Draco.
En face de moi, le souffle court, ses doigts massant les articulations qui viennent de s'écraser sur ma joue, il sourit et hoche de la tête.
- Tu ne peux pas savoir à quel point. Donc maintenant que je vais mieux, pourrais-tu m'expliquer ce qui s'est passé dans ta petite tête d'idiot ? réplique-t-il avec un sérieux qui me met mal à l'aise.
- Pour ? dis-je en feignant l'ignorance.
Draco secoue la tête et passe une main dans ses cheveux.
- Et tu continues en plus, soupire-t-il. Alors, commençons par ce que tu m'as avoué hier. Ce truc de rejoindre l'ordre du directeur ou je ne sais quoi.
Je me pince les lèvres et m'assois sur une chaise branlante. La salle de classe où nous nous trouvons se trouve au second étage, au fond d'un couloir et semble inutilisée depuis quelques années. Surtout à en juger par la poussière et les toiles d'araignées qui s'y trouvent. Il y a peu de chance que quelqu'un vienne nous déranger.
- Je te l'ai dit. J'ai rejoint l'ordre du phénix, une organisation dirigée par Dumbledore qui lutte contre le Seigneur des Ténèbres. Tout ça pour protéger nos parents.
- Oui, je sais ! s'énerve-t-il légèrement. Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? Pourquoi tu as accepté alors que nos parents savent parfaitement se défendre ? Tu n'avais pas…
- Si, je le coupe. Je devais le faire. Tu ne sais pas ce que c'est de perdre un être cher. Et sous tes yeux qui plus est. Mes parents biologiques sont morts devant moi et je ne sais combien de fois j'ai pu voir ce moment d'horreur. Je ne veux plus jamais revivre ça. Plus jamais ! Je ne veux plus que des gens meurent par ma faute, je finis dans un sanglot étouffé.
- Ce n'était pas ta faute, tente de me réconforter Draco en se rapprochant de moi et en posant une main chaude sur une de mes épaules.
- Si, Draco. Et le pire, c'est que je ne pouvais rien faire. Je n'ai jamais pu protéger les gens que j'aime. Alors que maintenant… maintenant que je suis redevenu Harry Potter, je peux faire quelque chose.
- C'est pour ça que tu n'étais pas là mercredi ? reprend-il d'une petite voix. Et que tu es revenu avec des hématomes et des plaies un peu partout ?
J'hoche de la tête dans un silence qui m'angoisse. Je revois encore le corps de Vance se jeter devant moi, recevant le sortilège de mort à ma place. Tout est de ma faute. Une fois de plus. Les larmes qui inondent mes yeux débordent brusquement et coulent sans retenue sur mon visage. Je pleure et me sens pitoyable. Sauf que je n'arrive pas à refouler ce flot d'émotions qui me prend à la gorge. Sans un mot, Draco me prend dans ses bras et me serre doucement. Son corps se balance légèrement, tel le bercement d'une mère qui veut rassurer son enfant. Et je pleure.
Les minutes filent et les larmes défilent. Jusqu'à ce que je n'en ai plus. Un reniflement résonne dans la salle de classe alors que je me rends compte que la chemise de Draco est trempée et probablement recouverte de substances corporelles peu ragoûtantes.
- Tu sais... je me suis inquiété, murmure-t-il tout en resserrant sa prise sur moi. Je ne savais pas où tu étais, ce que tu faisais et j'ai eu un mauvais pressentiment tout le long de ton absence. Et le pire, c'est que j'avais raison. Je ne sais pas ce que tu as fais, mais quand je t'ai vu revenir dans cet état, j'étais à la fois soulagé de te voir et encore plus angoissé de savoir qu'il t'était arrivé quelque chose de grave. Et puis… je n'arrêtais pas de me demander si ce n'était pas de ma faute.
- Pourquoi ça le serait ? je le questionne en m'écartant légèrement de lui.
- Parce que je t'ai dit que je ne sais pas.
- Tu ne sais pas quoi ?
- Ce dont tu m'as parlé mardi soir, pendant le diner.
Je me remémore les évènements des jours passés et comprends immédiatement ce à quoi il fait allusion.
- Oh ! Mais… euh, enfin… je comprends toujours pas.
- Harry ! Tu me demandes si tu veux qu'on s'affiche ouvertement. Moi je te réponds que je ne sais pas. Je vois bien à ta tête que ma réponse ne te convient pas. Et tu disparais. Qu'est-ce que j'en conclus ? Que c'est à cause de moi. Surtout que tu ne veux jamais rien me dire !
- Pardon. Je ne pensais pas…
- Tu ne penses jamais, soupire-t-il. Tu agis et tu te poses les questions après. Tel un stupide Gryffondor.
- Quelle insulte Draco, je me moque. Digne d'un premier année de Serpentard.
Il grogne je ne sais quoi et me tourne le dos. Un faible sourire a déjà remplacé mes larmes. Je tends une main hésitante en sa direction, mais me stoppe en plein chemin. Des flashs de souvenirs récents m'envahissent et une question me brûle les lèvres.
- Draco, je commence doucement, comme pour ne pas l'effrayer. Hier tu m'as dit quelque chose…
- Que je te déteste ? lance-t-il sans un regard.
- Ça y ressemble. Disons plutôt que c'est ce qui a suivi le "je te déteste".
- Ah ! Ça.
- Et du coup, le fait de se montrer aux autres…
Il se retourne et plonge ses iris dans les miens.
- Désolé Harry. Mais je ne sais toujours pas. Je… je crois que j'ai peur du regard des autres. Tu sais, pour toi être homosexuel, c'est normal dans un sens. Mais moi… je n'y suis pas habitué. Je ne sais même pas si je suis attiré par d'autres hommes. Il n'y a que toi. Uniquement toi. Et avec notre passé, le fait qu'on ait été frères… je ne sais pas, finit-il dans un souffle, la tête basse.
Sa réponse me peine car j'aurais préféré qu'il voie les choses comme moi. Mais je comprends aussi son point de vue et je ne peux que le respecter.
- D'accord.
Sa main attrape la mienne et la serre vivement.
- Harry ?
- Mmh ?
- Tu vas continuer avec l'ordre truc muche ?
- Oui.
- Tu me diras un jour pourquoi tu as accepté ?
- Je t'ai…
- Je te parle de l'autre raison Harry. Celle que Pansy m'a dite.
Je reste silencieux, ne sachant que répondre. Surtout que je ne sais pas quelle peut être cette autre raison. Mais il semblerait que Pansy ait une fois de plus compris les choses avant nous. Il ne me reste plus qu'à deviner.
- Probablement alors.
- Ne tarde pas trop dans ce cas, me murmure-t-il tout en déposant un chaste baiser sur mes lèvres, me faisant oublier tout le reste.
Je suis bien trop heureux de le retrouver.
oOo
Les jours, les semaines défilent comme dans un cocon nouveau. Le mois de février se termine et celui de mars débute, s'entame. Les cours, les devoirs, les examens. Les sorties à pré-au-lard, les matchs de Quidditch. Les fou-rires et les petites engueulades. Les baisers volés et cachés le jour et les retrouvailles dans le lit le soir. Tout défile tellement vite. C'est un peu comme si j'avais retrouvé un passé paisible. Une bulle hors du temps et des soucis. Pas de guerre, pas d'ordre du phénix, pas de rêves cauchemardesques. Juste Poudlard. Et Draco. Juste ça. Et c'est parfait. Bien trop même. Comme le dit si bien le proverbe, c'est le calme avant la tempête. Se pose juste la question de l'arrivée de celle-ci.
Alors que je suis en train d'attendre Draco qui doit sortir de son cours de Métamorphose, adossé contre le mur, je vois une fille s'avancer vers moi d'un pas hésitant. C'est une Poufsouffle plus jeune. Peut-être une cinquième année.
- Potter ?
J'hausse les sourcils, détaillant la jeune fille aux joues rouges.
- Euh… tiens, me dit-elle brusquement en me tendant une enveloppe.
- Merci, je murmure, étonné de la situation.
Surtout qu'à peine ai-je saisi l'enveloppe, qu'elle s'enfuit en courant, la tête basse. La question qui suivait mon remerciement se meurt dans ma gorge. Qui est-elle ? Qu'est-ce que c'est que cette lettre ? Est-ce d'elle ? Ou de quelqu'un d'autre ?
- C'était qui ?
Je me retourne pour faire face à Draco qui a le nez légèrement retroussé, coupant court à mes interrogations.
- Je sais pas, je réponds en haussant les épaules.
- Elle te voulait quoi ? C'est quoi cette lettre ?
- J'en sais rien.
Et je n'ai pas le temps de la ranger dans mon sac qu'une main de Draco s'en empare et l'ouvre à ma place. Mes protestations face à cette violation de ma vie privée sont vaines. Il a décidé de savoir le contenu de l'enveloppe et rien ne l'en empêchera. Je savais très bien que cette journée allait être horrible. Pourquoi ? Nous sommes vendredi 13. Et le pire, c'est que c'est le second de l'année. Alors comme celui de février s'est bien passé, je ne m'attends pas à ce que la chance me suive une nouvelle fois. Ce qui dans un sens n'est pas faux. Tout a commencé par mon réveil qui n'a pas sonné. Ensuite j'ai eu le cheveu d'un étranger dans mon jus de citrouille. Puis en cours de potions je me suis brûlé le coude. Et maintenant ça. Qu'est-ce que ça va être ? Une beuglante, une lettre explosive ? Je m'attends au pire…
- La… grogne Draco, me sortant de mes pensées.
Il serre la missive entre ses doigts tremblants et sa mâchoire se crispe en un spasme peu rassurant.
- Elle ose… Et toi…
- Alors ? Ça dit quoi ?
Le regard de Draco s'ancre au mien et je peux y lire toute sa fureur.
- Tu ne l'approches plus, me menace-t-il.
- Eh ! C'est elle qui s'est approchée, pas moi, je me justifie.
- C'est pareil. Si je la revois à moins de cinq mètres de toi, elle est morte. Et puis d'abord, qu'est-ce qui t'a pris d'accepter… cette chose, finit-il en brandissant la lettre.
J'en profite pour la saisir au vol et commence à la lire. Ah ! Je comprends mieux l'état d'énervement de Draco. C'est une lettre d'amour. Je soupire et la range dans mon sac, sous les yeux outrés de Draco. Il va pour protester quand je le stoppe, un doigt sur ses lèvres.
- Je crois que tu as assez fait peur à Finnigan la dernière fois. Pas la peine de commettre un crime pour ça.
- Mais elle n'a pas le droit…
Je le menace, une main en l'air, le regard noir. Et puis, un couloir rempli d'élèves n'est pas le bon endroit pour discuter de cela. D'autant plus que j'ai faim et que le repas de midi va commencer d'ici peu. Draco croise les bras sur sa poitrine et bougonne légèrement, faisant naître un petit sourire sur mes lèvres.
Quelques mètres plus loin, Daphné agite sa main en notre direction et nous indique que nous sommes attendus pour aller dans la Grande Salle. Ni une, ni deux, je prends la main de Draco dans la mienne et rejoins nos amis.
oOo
- Tu crois que le prof de DCFM a décidé de me tuer ? je demande à Draco en posant ma tête sur la table de la bibliothèque.
- Pourquoi tu dis ça ? questionne Blaise en tapotant ma joue avec le bout de son doigt.
- Parce qu'il ne me fait lancer que des sorts informulés et sans baguette. Et des complexes en plus ! je me plains.
- Mais tu y arrives, réplique Blaise.
- Et regarde dans quel état je suis après.
J'accentue mon état de fatigue en m'affalant encore plus sur la table et en tirant la langue. Vendredi 13 de merde ! Je lance un rapide coup d'œil à Draco qui est en train d'écrire sur un parchemin, tout en me regardant brièvement du coin de l'œil. Je crois que je pense à la même chose que lui.
- Enfin, je soupire. Heureusement…
Mais le clignement de paupières qu'il me fait me stoppe immédiatement. Il ne veut pas que j'en parle. Et puis de toute façon, rien n'est sûr. C'est juste une sensation, un ressenti. Et il est difficile de savoir si nos suppositions sont justes ou pas. Peut-être que tout ça est dû à autre chose. Le fait que nous vivions ensemble depuis des années, par exemple. Mais j'ai du mal à y croire. Parce que je ressens ce picotement familier à chaque fois. Parce que je ressens sa présence au plus profond de mon être. Parce qu'il est là, en moi et que c'est grisant.
- Heureusement ? répète Blaise.
- Non rien.
Mon ami hausse des épaules et se remet à lire le livre qui se trouve sous son nez. Et moi je repars dans mes pensées. Des images remplies de Draco. Des souvenirs de sensations uniques. Cette chaleur qu'il est le seul à faire naître en moi. Cette vague de bien être rassurant qui coure dans mes veines et se diffuse dans mes cellules, dans ma magie. Elle se nourrit de lui, de ce feu qui brûle mes reins et enflamme mes sens. Parce que c'est ça au final, je me dis tout en fermant les yeux. Je ne suis jamais seul en fin de compte…
Finalement, c'est le claquement d'un livre qui se referme qui me fait sursauter et rouvrir les yeux. Je me suis assoupi semble-t-il. Je cligne des yeux et les frotte tout en détaillant ce qu'il se passe autour de moi. Blaise et Daphné ne sont plus là. Pansy vient de se lever, un livre en main et se dirige vers une étagère. Quant à Draco, il est toujours en train d'écrire. Etrange qu'il n'ait pas fini son devoir. Mais le regard qu'il me lance subitement me fait comprendre la raison de cette lenteur. Il semblerait que je le déstabilise et qu'il ait, de ce fait, du mal à se concentrer. Je souris doucement et m'étire avec un mordillement de lèvres que je sais tentateur pour lui. il secoue la tête et grimace tout en gesticulant un peu sur sa chaise. Satisfait de mon effet, je prends le livre de potions que j'avais prévu d'étudier et commence à le feuilleter.
- C'est maintenant que tu te décides à étudier ? me chuchote Pansy en s'asseyant à mes côtés.
- Ben quoi ?
- Tu n'as pas remarqué qu'il n'y a plus personne ?
Un bref coup d'œil aux alentours confirme les dires de Pansy.
- Le dîner va bientôt débuter.
- Tant mieux ! je m'exclame un peu fort, m'attirant le regard noir de Madame Pince. Je meurs de faim, je reprends plus doucement en refermant mon livre et en commençant à ranger mes affaires et celles de Draco qui ne semble pas enclin à faire une pause dans son devoir.
Mon comportement m'attire quelques grognements de sa part, mais il finit par suivre le mouvement. Un rapide passage par la salle commune pour déposer nos affaires et nous nous rendons dans la Grande Salle où la plus part des élèves sont déjà présents. Nous nous installons en face de Blaise et Daphné alors que les plats commencent à apparaître. Quel parfait timing. Haricots verts et pommes de terre avec des côtelettes d'agneau. La malchance me poursuit, semble-t-il. Je déteste l'agneau. Dépité, je manque de finir la tête la première dans le bol de sauce que fait circuler Pansy.
- Mauvaise journée, rigole-t-elle, s'attirant mes foudres.
Je grogne et espère que le dessert sera mangeable. Mais je ne m'attends pas à une bonne tarte à la mélasse.
Par chance, c'est une tarte aux pommes qui fait sont apparition une trentaine de minutes plus tard, à mon plus grand soulagement. Je ne mourrais pas de faim ce soir. Tout en me servant généreusement, ayant un estomac à remplir, je vois à peine la jeune fille qui s'avance vers moi. C'est quand elle s'immobilise face à moi, entre Blaise et Daphné, que je la reconnais. La Poufsouffle de ce matin… Je sens que les ennuis ne sont pas très loin. Je me disais bien que c'était trop beau pour être vrai. Je ne pouvais pas avoir un dessert potable et le déguster à mon aise. Pas en ce jour maudit.
- Euh… Potter ? m'interpelle-t-elle.
Je relève la tête, dépité. Adieu tarte aux pommes.
- Oui ?
- Tu… tu as lu ma lettre ?
Je soupire et pose ma fourchette. Je sens la tension de Draco venir me lécher le cou d'une manière désagréable. Qu'il se calme. Je ne vais pas accepter de sortir avec elle quand même.
- Tu ne préfèrerais pas que nous en parlions sans tout ce monde ? je demande, ne voulant pas la blesser plus que je ne vais le faire.
Elle secoue vivement la tête, semblant bien décidée à obtenir sa réponse en cet instant.
- Dans ce cas..., je commence. Oui, j'ai lu ta lettre. C'était très gentil de ta part. Tu écris très bien.
Un coup de pied dans mon tibia me fait grimacer. La patience de Draco n'est pas légendaire.
- Tu m'as beaucoup touché par tes mots, mais…
Je vois bien que ses lèvres tremblent et que des larmes menacent de couler de ses prunelles bleues. Oh non !
- Mais ce qu'il essaye de te dire espèce de Poufsouffle boursoufflée, s'écrie d'un seul coup Draco en se levant, nous faisant tous sursauter. C'est qu'il ne veut pas. Merci. Au revoir.
La réaction de la jeune fille est immédiate. Elle s'en va en courant et en pleurant fortement. Le tac Malfoyen dans toute sa splendeur.
- Ben quoi !? continue-t-il en dévisageant les élèves qui le fixent avec des regards noirs. C'est vrai ! se justifie-t-il.
Je me masse les tempes, sentant ma magie bouillonner dans mon sang. Il y a autre chose qui se prépare. Et je n'aime pas cette sensation de perte de contrôle.
- D'ailleurs, tant qu'on y est. Harry ne sortira avec personne dans cette école et même en dehors !
Cette fois, je fixe Draco avec incrédulité.
La bouche entrouverte, j'assimile difficilement la situation.
- Tout simplement parce qu'il est déjà pris ! crie-t-il bien haut et fort.
Je papillonne des yeux, Blaise imite le poisson rouge, Daphné se cache le visage entre ses mains et Pansy sourit. Quant aux autres élèves, c'est dans un véritable brouhaha qu'ils se mettent à chercher la personne qui est avec moi.
- Et c'est moi ! revendique-t-il sur le même ton, provoquant un silence aussi puissant qu'un sort.
Dans ma poitrine, mon cœur vient de rater un battement. Je suis mal à l'aise et le plus heureux des hommes. C'est officiel. Inattendu, mais officiel. Je suis en couple avec Draco Malfoy et je peux désormais le crier sur tous les toits. Plus besoin de se cacher. Et comme s'il suivait mes pensées, Draco m'attrape par les épaules et me redresse. Sans préavis, sa bouche s'écrase sur la mienne, ses mains se perdent dans mes cheveux et il m'embrasse tel un désespéré. Il y a encore de la colère dans son geste. Mais aussi de la peur. En réalité, il est terrorisé. Et moi je suis partagé entre ma béatitude et le ressenti de ses angoisses. Sauf que je n'ai pas le temps de suivre les évènements qu'il s'est déjà séparé de moi et fusille l'assemblée du regard, juste avant de quitter la Grande Salle, me laissant pantois. Finalement, c'est une poussée de Pansy qui me ramène à la réalité, m'intimant à le suivre. Sans réfléchir d'avantage, je quitte la Grande Salle en courant et en criant son nom. Au diable mon éducation, j'ai mon copain à rattraper et à engueuler pour ne pas m'avoir informé de cette décision que je ne regrette nullement.
A suivre...
Ça, c'est fait !
On se rapproche de plus en plus de la fin...
