Et voila le dernier et long chapitre. J'espère qu'il vous plaira et sera à la hauteur de vos espérances. J'aime assez ce que j'en ai fait et ça suit globalement mon idée première. Pour une fois... :D
Doublement blond
Il pose ses lèvres sur les miennes, ses mains se perdant dans mes cheveux, tirant légèrement dessus. Sa langue se perd sur mes dents et les frôle dans un geste indécent. Ou bien est-ce le mouvement de son bassin qui m'électrise ? Je m'en moque. Tant qu'il est là, contre moi, sur moi, en moi. Je veux simplement le sentir. Tel un poison, je ne peux pas résister et je soupire de plaisir. Je le retrouve enfin. Il est là. Ou plutôt, je suis là. Car en définitif, c'est moi-même que je serre dans mes bras. Son visage est mon reflet rempli de perfections. Il est face à moi et je me souris. Je me touche. Il m'embrasse. Je respire mon odeur. Il me caresse. Draco. Je gémis de plaisir, d'extase. Je soupire de douleur et cri ma joie de me perdre dans sa chaire. C'est comme…
Et le noir.
Des draps sombres qui m'entourent et semblent vouloir m'étouffer. La respiration erratique, une main sur la poitrine, je reprends difficilement mon souffle. Ce n'était qu'un rêve. Draco n'est pas avec moi. Il est toujours endormi dans ce lit blanc. Sans moi. Et je sens déjà la boule de culpabilité, de désespoir qui me monte à la gorge et me force à courir aux toilettes pour vomir. La tête au-dessus de la cuvette, je crache de la bile et des larmes.
Devant mes yeux, mon pendentif oscille et m'hypnotise. Il m'appelle. Je n'aurais peut-être pas dû aller le chercher dans l'allée des embrumes. Ou alors ce fut la meilleure idée que j'ai pu avoir ces derniers temps. Parce que je n'arrive presque plus à inspirer. En fait, je n'en peux plus. Cette fois, je ne peux vraiment plus. Cette fois… sera la dernière.
Après avoir retrouvé un semblant de calme, je quitte le dortoir et me dirige vers l'infirmerie. Sur mon passage, les tableaux grognent de mécontentement et certains me menacent. Sauf que tout cela ne m'atteint pas. En réalité, plus rien ne le peut. Je suis comme une coquille vide qui se dirige vers son dernier repos.
Le plus silencieusement possible, je pousse les portes de l'infirmerie et me faufile jusqu'au lit de Draco. Rien n'a changé. Voila la dernière image de ma vie. Voila à quoi je vais bientôt ressembler.
Doucement, je glisse contre le corps de l'homme qui est ma vie. L'homme qui détient mon essence au creux de ses iris. La tête posée sur son torse, je ferme les yeux. J'entends son cœur battre calmement. Quelle belle musique. Un hymne mortuaire qui me guide vers ma fin.
- Je voulais juste que tu souris, je murmure.
C'est mon adieu. C'est ma déchéance en fin de compte.
- Une dernière fois. Pour moi. Juste ça.
Avec lenteur et délicatesse, je recouvre le corps de Draco du mien, mon front posé contre le sien.
- Je t'aime Draco. Je t'aime à en mourir.
Et c'est ce que je vais faire. En priant pour que cet acte de désespoir le sauve. Mais avant de pousser mon dernier soupir, avant de sombrer dans mes ténèbres, je veux juste nous retrouver une dernière fois.
- Amimésis Velum, je souffle.
Je sens les picotements familiers de ma magie et sais que je suis en train de prendre les traits de Draco. L'espace d'un instant, l'espace d'un souffle. L'espace d'une mort. Cela suffit amplement. Une simple larme sera libératrice. J'ai déjà mes doigts agrippés à la chaine qui pend et ne demande qu'à être ma meurtrière.
Mais alors que je vais pour tirer dessus, accomplissant alors ses desseins les plus noirs, une vive douleur me poignarde en plein milieu de la gorge. Comme si l'air me manquait déjà. Comme si la mort m'emportait avec quelques secondes d'avance. La bouche grande ouverte, les yeux écarquillés, les doigts ancrés dans les draps, je ne comprends plus rien. Que se passe-t-il ? Pourquoi mon reflet me fait face et papillonne des yeux ? Pourquoi ai-je soudain la sensation de retrouver mon oxygène ?
- Henry ?
Ce n'est qu'un murmure, un nom à peine audible. Sauf que pour moi c'est comme un hurlement qui me rappelle à la raison. Ma main encore pendue à la chaine tire violemment dessus et la jette le plus loin possible. Qu'allais-je faire ? J'étais prêt à perdre la vie dans cette larme et finalement, ce sont celles qui coulent sur mes joues qui me redonnent l'envie d'avancer.
- Draco, je sanglote, osant à peine y croire. Draco.
- Harry ? Qu'est-ce… qu'est-ce qui se passe ?
J'enfoui mon visage dans son cou et hume son odeur. Dans sa poitrine, les battements de son cœur sont devenus fous, désordonnés et cela me rempli de joie. Il est là. Ce n'est pas un rêve. Ce n'est plus un cauchemar.
Sans douceur, mes lèvres se posent sur les siennes et je savoure de sentir sa chaleur et son gout se répandre contre ma chaire.
- Harry.
Son ton un peu ferme me ramène à la réalité et je me redresse légèrement. Ses pupilles grises me fixent avec sérieux. Sauf que moi je ne peux que sourire. Le noir n'y est plus. Ou presque… Mais ce n'est qu'un détail.
- Je t'aime, je lance abruptement.
Draco pose une de ses mains sur mon visage et me sourit.
- Je sais. Tout comme tu le sais.
- Je t'aime, je répète.
- Au point de m'étouffer.
- Au point d'en étouffer.
- Non. Tu m'étouffes là.
Oh. Je me relève et laisse un peu plus de place à Draco.
- Pardon.
- Ce n'est rien, enchaine-t-il tout en s'asseyant. Juste… que s'est-il passé ? Pourquoi suis-je à l'infirmerie ?
Je vais pour lui répondre quand la lumière s'allume brusquement et m'ébloui.
- Qu'est-ce qui… Monsieur Malfoy ? Vous…
Madame Pomfresh s'avance à grandes enjambées vers nous et me pousse du lit sans ménagement. La baguette pointée sur Draco, elle lui lance plusieurs sorts alors que ce dernier tente de lui poser des questions, en vain. A chaque fois elle le fait taire et le menace d'un de ses regards qui fait froid dans le dos.
- C'est à n'y rien comprendre, soupire-t-elle. Vous allez bien. Parfaitement bien. Je ne comprends pas.
- Moi non plus Madame Pomfresh. D'ailleurs si quelqu'un voulait bien m'expliquer ce qu'il se passe, je lui en serai reconnaissant.
L'infirmière se tourne vers moi, fronce des sourcils, puis secoue la tête.
- Je crois que vous êtes plus à même de lui raconter ce qu'il s'est passé. Pendant ce temps, je vais aller informer le professeur McGonagall et le professeur Snape.
Alors qu'elle s'éloigne de nous, je m'assois sur le bord du lit et fixe la main gauche de Draco. J'hésite à le toucher. Et si ce n'était encore qu'une illusion ? Mais c'est lui qui fait le geste et serre ses doigts autour des miens, me rassurant aussitôt.
- Harry ?
Je relève la tête et plonge mon regard dans le sien, tout en me mordant les lèvres. Comment lui raconter ces dernières semaines ? Comment lui expliquer que j'ai failli le tuer, que j'ai voulu me tuer ?
- Est-ce que tu te souviens de ce qu'il s'est passé juste avant que tu ne… t'endormes ?
Il hoche de la tête alors que sa mâchoire se serre sous le coup de l'émotion. Le décès de notre mère est encore plus récent pour lui.
- Tu étais parti en mission avec Dumbledore et je t'ai retrouvé ici où Sévérus nous a annoncé que… Mère était morte, finit-il dans un murmure à peine audible. Je crois que tu as perdu le contrôle sur ta magie. J'ai voulu te calmer, éviter que quelqu'un ne soit blessé et…
- C'est toi que j'ai blessé, je le coupe. Tu es tombé dans une sorte de coma. A cause de moi. Et ça fait six, peut-être huit semaines qu'on essaye de te réveiller.
Je le vois écarquiller des yeux, assimilant doucement la nouvelle.
- Sévérus pense que tu as absorbé une partie de ma magie juste avant. Quand j'ai perdu le contrôle. En fait, j'ai aussi perdu connaissance et quand je me suis réveillé quelques temps après, je n'avais plus de magie. Et depuis, je sens qu'il manque quelque chose. Mais je crois que je viens de le récupérer. Sauf que je comprends pas comment.
- Comment ça ?
- Sévérus a tout tenté pour te réveiller. Potions, sortilèges en tout genre, menaces, ignorance. Sans succès. Il est même allé voir Dumbledore à Sainte-Mangouste pour avoir son aide. Et il ne l'a pas fait avec entrain.
- Dumbledore est à Sainte-Mangouste ?
- Oui. Il semblerait que la mission que j'ai effectuée avec lui l'ai très affecté. Mais on s'en moque ! Tout ça pour dire que ça faisait plusieurs semaines que tu étais dans cet état. Jusqu'à… jusqu'à ce que tu te réveilles. Là.
Et c'est tout ce qui compte en fin de compte. Peu importe comment et pourquoi. Du moment que je peux lui parler, le voir sourire et le serrer dans mes bras. Peu importe que demain soit incertain, car je sais qu'avec lui, je pourrais tout affronter.
- Et ça ? me demande-t-il tout en tournant la tête et en regardant les débris au sol.
- Larme de vampire.
- Pardon !? crie-t-il.
- Larme de vampire, je reprends sur un ton platonique.
- Et tu comptais en faire quoi ?
- L'utiliser. Draco…
Ma langue vient humidifier mes lèvres devenues très sèches.
- Je t'ai dit que je t'aimais au point d'en étouffer.
- Et tu étais prêt à prendre tes mots au pied de la lettre ?
- Pour que tu vives ? Oui.
- Je ne sais pas ce qui me retient de te gifler en cet instant, grogne-t-il.
- Moi, je lui réponds en serrant un peu plus sa main dans la mienne.
- Donc tu étais prêt à boire une larme de vampire, à te donner la mort, en espérant que cela me réveille ? Tout ça parce que ta magie me gardait dans une sorte de coma et que tu te sentais une fois de plus coupable ? C'était vraiment ta dernière issue ?
Que lui répondre ? Je ne trouve pas les mots. Pour une fois c'est moi qui n'arrive pas à exprimer mes émotions. Les iris plongés dans les siens, je tente de lui transmettre tout ce que je n'arrive pas à dire. Et je ne sais pas ce qu'il comprend, mais sa tête qui se penche en arrière et ses yeux qui se ferment me rassurent.
Plusieurs minutes s'écoulent où il reste ainsi. Je n'ose pas briser le silence qu'il a instauré. Peut-être parce que j'ai encore du mal à réaliser que ces semaines d'horreur sont enfin terminées. Et ce n'est que lorsqu'il ancre à nouveau son regard au mien que je remarque que ma vision de tout à l'heure n'en était pas une. Il y a encore du noir dans ses yeux. De fins éclats qui se mêlent au mercure. D'une main tremblante, remplie de peurs imprononçables, je frôle sa joue du bout des doigts. Aussitôt, Draco love son visage dans le creux de ma main et je me jette sur lui, le serrant dans mes bras.
- Pardon, je chuchote.
- De quoi tu t'excuses encore ?
- De ce que je vais te faire. J'espère juste que ça n'aura pas de mauvaises répercutions.
Il attrape mes épaules et se recule légèrement de moi.
- Je te fais confiance.
Alors dans ce cas… Je prends une grande inspiration, une main posée sur son torse et prononce clairement :
- Amimésis Velum.
Sous mes yeux, les traits de Draco se meuvent légèrement, comme s'ils voulaient changer, mais rien de plus. Il y a juste la sensation que ma magie est enfin comblée, apaisée. Comme si elle était repue.
- Alors ? me demande-t-il.
- Je me demande si je n'ai pas rêvé.
- Sur quoi ?
- Voila ce qu'il se passe quand je lance ce sort sur moi.
Et alors que je m'exécute, je vois le visage de Draco se peindre d'étonnement.
- Merlin, marmonne-t-il. Tu… Comme avant. Henry.
- Oui. L'espace de quelques secondes, je redeviens Henry. Mais ça ne dure pas.
- Comment ?
- C'est un mystère. Comme cette mèche de cheveux qui reste blonde et les taches grises qui se trouvent dans mes yeux.
Draco se rapproche un peu plus de moi et détaille ces changements.
- Ce sort… c'est pas celui qui était censé te rendre…
- Mon vrai corps, je finis à sa place. Si. En le lançant, il était censé me révéler sous ma vraie forme et non plus sous celle d'Henry. Mais depuis que tu es tombé dans le coma, il n'a plus le même effet. Ou peut-être que si, mais qu'autre chose à changé.
- Comme quoi ?
- C'est ce que Sévérus essaye de comprendre. C'est ce que je n'arrive pas à définir.
- Draco ?
Nous nous retournons d'un même mouvement en entendant la voix de notre parrain dans notre dos. Peut-être qu'il pourra nous en apprendre un peu plus.
oOo
- Mange encore, ordonne Blaise en tendant une brioche à Draco.
- Tu m'en as déjà donné trois et Harry deux. Je ne peux plus rien manger, rétorque Draco.
- Mange ! Si Harry nous refait une crise de folie demain, je préfère que tu aies suffisamment de force pour supporter ça.
- C'est gentil de t'inquiéter, mais si je mange une bouchée de plus, c'est toi qui devras t'inquiéter.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Car je te vomirai dessus, finit-il en lui lançant un immense sourire.
C'est un vrai plaisir de nous voir tous réunis et comme avant. Je sais très bien que les doutes continuent de planer au-dessus de nous, mais cette parenthèse me redonne de l'espoir. Tout simplement parce qu'il est là. En fait, je n'ai besoin que de lui. Le reste n'a pas d'importance, du moment que Draco est à mes côtés.
- Regardez ! s'exclame une fille à quelques mètres de nous.
Tous les élèves l'ayant entendu se tournent dans la même direction qu'elle et je manque de lâcher mon verre de jus de citrouille en voyant le directeur passer les portes de la Grande Salle. Il est de retour. Et les ennuis avec probablement. D'ailleurs, Draco doit penser la même chose vu le regard qu'il me lance. Mais le pire, c'est quand le directeur s'arrête juste à côté de nous et me regarde, juste avant de regarder Draco.
- Heureux de vous savoir parmi nous Monsieur Malfoy.
- Merci.
Puis il reprend sa marche en direction de la table professorale. Mais je sais bien que ces brefs mots de politesse ne sont qu'une façade. La vraie joute débutera dans peu de temps.
oOo
- Je viens avec toi !
- Non !
- Tu n'as pas ton mot à dire. C'est ainsi, un point c'est tout.
- Hors de question.
- Tu vas avoir besoin de moi.
- Et c'est justement pour ça que je ne veux pas que tu viennes avec moi. Je ne veux pas te faire du mal.
- Je me moque bien des conséquences Harry. Je suis le seul à pouvoir t'aider dans ces cas là et c'est pourquoi je serai toujours avec toi.
Je me retourne vivement à l'entente de ses derniers mots, qui, il me semble, vont au-delà de cette situation.
- C'est long, toujours.
- Tant mieux car on a encore une longue vie à vivre, termine-t-il en posant chastement ses lèvres sur les miennes. On y va ?
Je soupire et secoue légèrement la tête tout en le suivant. Depuis que je lui aie dit que j'allais voir Dumbledore dans son bureau afin de lui parler de ce qu'il s'est passé dans la grotte, Draco insiste pour venir avec moi. Tout comme moi, il sent que je risque de m'énerver et de perdre le contrôle et refuse de me laisser seul. Tête de mule.
C'est donc main dans la main que nous nous dirigeons vers le bureau du directeur. Alors que nous pénétrons dans ce dernier, je sens immédiatement que le lieu est chargé en magie. Enfin… encore plus que d'ordinaire.
- Harry ! s'exclame le directeur de derrière son bureau, un immense et faux sourire sur ses lèvres. Monsieur Malfoy ?
Sourire qui s'efface aussitôt en se rendant compte que la présence de Draco.
- Vous avez besoin de quelque chose ?
- Je ne serai pas contre des réponses, réplique-t-il du tac-au-tac, me surprenant.
- Je suis désolé, mais j'ai besoin de m'entretenir seul avec Monsieur Potter. Je vous serais donc grès de…
- Non, je le coupe. De toute façon, Draco sera au courant de tout. Donc, autant qu'il soit directement présent. Je pense même qu'il est préférable pour vous qu'il reste à mes côtés.
Ce n'est pas une menace, mais un avertissement. Après quelques secondes de réflexion, Dumbledore nous présente deux chaises et nous invite d'un signe de main à nous asseoir.
- Bien, reprend-il, le visage fermé. Nous avons perdu beaucoup de temps en raison de mon état de santé. Je n'ai pas pu te donner les missions que j'avais prévues et il va falloir rattraper cela. Le médaillon de l'autre…
Mais il se stoppe et fixe Draco.
- Il est au courant de tout, dis-je.
- Le médaillon était un faux. Il n'y avait rien dedans. Juste un bout de papier signé par RAB. J'ai eu le temps de réfléchir à l'identité de ce RAB et il s'avère que c'est Régulus Black qui a substitué le vrai médaillon, il y a des années de cela puisqu'il est mort à ce jour. Il est probablement caché dans la demeure des Black, mais…
- Le dernier vrai Black se trouve être Sirius, condamné à Azkaban, le coupe une nouvelle fois Draco. Père et Mère n'en ont parlé qu'une seule fois et cela ma surprend assez d'entendre à nouveau son nom dans ces circonstances.
- La maison est fidèle à son maître je suppose, je complète.
- En effet. Seule une autorisation de ce dernier nous permettrait d'y pénétrer. Et il s'avère que…
- Que ? je répète.
- Sirius était un ami de tes parents. Un ami très proche qui les a trahis à Vous-savez-qui. Et il est aussi ton parrain.
- Hein !?
Je crois avoir mal entendu. J'ai un parrain. Enfin… autre que Sévérus. Et c'est un fou enfermé à Azkaban pour trahison envers mes parents.
- Ne me dites pas que vous voulez que j'aille le voir pour obtenir par je ne sais quels moyens, un droit d'entrée chez lui !
- En fait si.
- Mais qu'est-ce qu'il y a dans ce médaillon pour que vous le vouliez tellement ?
- C'est capital pour la guerre. C'est tout ce que je peux te dire.
- Sauf que cela ne me convient pas. J'ai accepté de jouer un rôle dans votre guerre, soi-disant parce qu'une saleté de prophétie parle de moi; donc j'aimerai savoir ce que je fais et pourquoi !
- Pour ta sécurité et celle de tes proches il vaut mieux…
- Pardon !? Mes proches !? je me mets à crier en me levant, la chaise tombant derrière moi avec fracas. Je vous avais demandé de veiller sur mes parents, de les protéger. Et… et… vous avez failli à votre parole. Ma mère est morte. Vous entendez ! j'hurle cette fois. Elle est morte ! Elle ne reviendra jamais ! Et c'est purement de votre faute ! Vous et votre guerre. Vous et vos cachoteries !
- Harry. Tu… tu perds le contrôle là, me souffle Draco derrière moi, une main se posant sur mon épaule.
Oui, je dois me calmer pour ne pas le blesser. Je prends alors une grande respiration et tente de faire taire cette voix qui rugit en moi. Il y a déjà ma magie étendue à mes pieds, recouvrant par endroits ma peau. Et en me retournant, je vois que celle de Draco l'est également. Sauf… qu'étrangement… j'arrive à mieux la contrôler. Elle n'est plus aussi vive que les fois précédentes. Et en un regard, en un sourire, je sais que Draco pense à la même chose que moi. Alors je me retourne vers le directeur et contourne son bureau. En un éclair il est debout, baguette en main et pointée en ma direction.
- Je ne ferais rien de répréhensible Monsieur le Directeur. Je veux juste comprendre vos plans. Donc dites-moi ce qu'il y a dans ce médaillon et j'irais le chercher.
- C'est une longue histoire et ce ne sont que des suppositions.
- C'est le week-end, nous avons tout notre temps, je rétorque tout en retournant m'asseoir sur ma chaise.
Les mains croisées sous le menton, je lui lance un sourire absolument pas chaleureux et attends.
Deux heures, peut-être trois. C'est le temps que nous venons de passer dans le bureau du directeur. Finalement, avec beaucoup d'insistance, j'ai réussi à obtenir des réponses à mes questions. Et j'avoue que je ne suis pas rassuré. Cette histoire d'horcruxes, de morceaux d'âme à détruire me fait peur. Mais j'ai bien saisi l'importance de les éliminer. Il n'y qu'ainsi que nous pourrons gagner la guerre et avoir un futur sans magie noire. Et si mon pouvoir peut aider, si Draco veut bien rester avec moi, alors je le ferai.
Un peu hagard, s'avance dans les couloirs de Poudlard. Draco est juste derrière moi, aussi chamboulé que moi. Apprendre toute cette vérité retournerait n'importe qui. Il me faut juste un peu de temps pour assimiler toutes ces informations.
- On va voler, je propose à Draco.
Il hoche de la tête et nous nous dirigeons vers le terrain de quidditch afin d'y prendre un balai chacun.
Une fois dans les airs, loin de l'agitation qui règne sous nos pieds, je me sens un peu mieux. Depuis que je peux utiliser un balai je comprends vraiment pourquoi certains sorciers aiment passer des heures dans le ciel, malgré le mal de fesses que cela occasionne. C'est tellement grisant. Apaisant. Ressourçant. On est loin du monde et de ses problèmes. Loin des gens et de leurs mensonges. Comme seul au monde. Seul avec soi-même et ses pensées.
- Tu sais Draco…
- Mmh ?
- Je vais le faire. Je vais aller les chercher et les détruire.
- Harry.
Je sens sa peur, ses doutes et ses craintes dans sa voix. Je sens son amour, sa force et ses convictions dans son regard. Je le sens… lui… en entier.
- Et je vais être égoïste, mais, tu dois venir avec moi. Parce que je sais très bien que tout seul, je n'en serai pas capable.
- Ne t'ai-je pas dit que je serai toujours avec toi ?
Je lui souris et me rapproche de lui pour lui voler un bref baiser, juste avant de m'éloigner comme une flèche en lui lançant un regard de défi. S'en suit une course entre nous deux, tels des enfants d'autrefois. Jusqu'à ce que je me laisse attraper derrière une tour déserte et que sa bouche s'écrase durement sur la mienne, manquant de nous faire perdre l'équilibre. Je rigole et me mords les lèvres en voyant ses joues rouges, ses cheveux ébouriffés et ses pupilles qui me désirent. Tout comme moi. Sans un mot, nous redescendons sur la terre ferme et nous cachons derrière des bosquets. Après des semaines de douleur, je le retrouve enfin, encore plus vivant qu'auparavant.
Je me perds dans son cou avec délice, laisse glisser mes doigts sur sa peau frémissante, retrace ses courbes et les redécouvre avec un plaisir non feint. Des soupirs s'échappent de nos lèvres et viennent s'échouer sur nos chaires humides de sueur. Il est là. Contre moi. Mon oxygène, ma drogue, ma vie. Voila tout ce qu'il est. L'homme que j'aime à en mourir, pour qui je suis prêt à périr. Peu importe demain, peu importe l'avenir. Aujourd'hui, en cet instant présent, seul son corps qui se presse contre le mien, tremblant de désir, m'importe. Et la suite viendra d'elle-même. Qu'elle soit triste ou gaie, qu'elle soit longue ou courte, je l'accueillerai à bras ouverts et la laisserai me remplir.
Tant que Draco resplendisse comme en cet instant de jouissance.
Tant que Draco sourit.
Je me laisse tomber en arrière, tentant de reprendre un souffle normal, redescendant doucement de cette extase qu'il vient de me procurer, que nous venons de partager.
- ça me fait bizarre, chuchote Draco tout en se penchant au-dessus de moi.
- De ?
- Tes yeux. Cette mèche de cheveux. Ça te change quand même. On dirait que tu as un peu de moi en toi.
J'hausse un sourcil face à ses mots qui me font d'avantage penser à autre chose. Et pour toute réponse, je me récolte une légère tape sur le dessus de la tête.
- Imbécile. Pas ça.
- Eh ! C'est pas toi qui as fait abstinence pendant des semaines entières.
Il secoue la tête tout en souriant, puis se couche sur mon torse, une main perdue dans mon cou, caressant ma peau du bout des doigts.
- Plus sérieusement, reprend-il. C'est ce que je ressens vraiment.
- Moi aussi. Je n'arrive pas à me l'expliquer, mais j'ai l'impression de te sentir tout le temps. Depuis que tu es réveillé, c'est comme si tu étais tout le temps à mes côtés. Je t'entends, je te vois, je te sens, je te touche en permanence. C'est tout ça, tout le temps.
- ça avait commencé avant. Un peu.
- Oui. Surtout lorsque j'utilisais un peu trop ma magie. Sauf que maintenant, c'est sans arrêt. Même maintenant, je sais que tu es bien, que tu es heureux. Je le sais. C'est comme ça. Je ne peux pas dire comment, mais j'en suis certain.
- Je le suis, murmure-t-il tout en lovant un peu plus contre moi.
Et je ferme les yeux, savourant cet instant de pur bonheur. Seul l'instant présent compte.
oOo
Mon regard se perd dans les tourbillons du chaudron qui se trouve devant moi. Les volutes rouges qui dansent sous mes yeux m'hypnotisent.
- Monsieur Potter ! cingle la voix de Sévérus, me faisant sursauter et sortir de ma léthargie. Vous compter tous nous tuer en ne baissant pas le feu de votre potion !?
Je cligne des yeux et me rends compte que je suis en train de rater ma potion et risque même de la faire exploser si je ne baisse pas le feu immédiatement. D'un geste vif, je m'exécute et reprends ma préparation.
- Vous viendrez me voir à la fin du cours Monsieur Potter.
- Bien, Professeur.
Tout en me lançant des encouragements mentaux, je passe une main dans mes cheveux et secoue la tête. Je dois me reprendre et arrêter de me laisser distraire par toutes ces pensées qui m'assaillent. Dans mon dos, je sens que Draco s'inquiète pour moi, alors j'hoche brièvement de la tête pour le rassurer. Puis je plonge ma main dans le bocal de poudre de grapcorne.
Une fois le cours terminé, ma potion plus ou moins réussie – ou ratée – je reste dans la salle et attends que les élèves partent. Draco est venu s'asseoir à mes côtés et me fixe de son regard interrogateur. Il se doute de quelque chose.
- Bon ! nous interrompt Sévérus en se plantant devant nous. Harry, je sais que tu es assez préoccupé ces derniers temps, mais si tu pouvais éviter de faire une erreur de débutant et au passage de tous nous mettre en danger, je t'en serais reconnaissant.
- Désolé Parrain. C'est juste que… je me demandais… si j'avais vraiment pris la bonne décision.
- Laquelle ? me demandent en même temps Sévérus et Draco.
- De partir à la recherche des horcruxes dès que les A.S.P.I.C seront finis. De ne plus faire parti de l'ordre du phénix. De faire à ma façon.
- C'est à toi de voir Harry. Tu es grand et majeur, me répond Sévérus.
Quant à Draco, pas besoin de mots. Sa main serrant d'avantage dans la mienne est suffisante.
- Oui, je soupire. Sinon, sur ce qu'on t'a dit, pourquoi Draco s'est réveillé subitement, tu as avancé ?
- Je pense qu'on ne le saura jamais vraiment. Après tout, la magie utilisée pour te protéger lorsque tu étais enfant est rare et peu connue. J'ai très peu d'infirmations à ce sujet. Mais j'ai mes suppositions.
- Qui sont ? demande Draco.
- Le sort, Amimésis Velum, a, je pense, réveiller Draco. En te le jetant à toi-même Harry, tu l'as en parti jeté sur Draco. Et, pour je ne sais quelles raisons, cela l'a sorti de son coma. Est-ce que si c'était moi qui l'avais jeté, il aurait eu le même effet ? Mystère. En fait, plus j'y réfléchis et plus je me dis que toutes ces années à être le jumeau de Draco, à prendre cette potion, ont créé un lien entre vous. Votre magie, mais pas que. On dirait que c'est plus profond que ça. Comme si ce lien touchait à vos essences vitales même.
- Mais pourquoi ça ne l'a pas fait au début ? dis-je tout en fronçant les sourcils.
- je crois que lorsque ta véritable magie s'est réveillée et a rejeté le sort et la potion, ça été comme une libération pour elle. Un peu comme une explosion. Puis petit à petit elle s'est stabilisée et c'est là que votre lien est apparu. Il lui a fallu du temps pour s'harmoniser avec Draco, pour rééquilibrer le tout. Et j'ai l'impression que ta crise de la dernière fois a été le choc ultime dont elle avait besoin.
J'hoche de la tête, essayant tant bien que mal d'assimiler toutes ces informations.
- Tu te souviens que lorsque tu t'es réveillé, tu étais vidé de toute magie, tout comme Draco. Ta magie a puisé dans celle de Draco, jusqu'à la dernière limite. Et c'est là que tu as eu ces changements physiques.
Je passe une main derrière mon oreille pour toucher la mèche de cheveux blonds.
- La magie de Draco réside, semble-t-il, en toi. Dans ta magie. Tout comme il semble qu'une partie de ta magie soit encore en Draco. Les quelques traces noires dans ses yeux nous orientent vers cette idée.
- Donc j'aurais une partie de la magie de Draco en moi et inversement ?
- Je ne crois pas, souffle Draco.
- Comment ça ?
- Tu puises dans ma magie, mais je ne peux pas puiser dans la tienne. J'ai essayé et j'en suis incapable. Je ne ressens rien de tel. Je te sens, toi, mais pas ta magie. Alors que toi, si. Alors moi je penche plus pour une marque d'appartenance. Ta magie m'a marqué pour indiquer que nous sommes liés. Quant à tes yeux et tes cheveux, c'est plus une manifestation du mélange de nos deux magies.
J'écarquille les yeux face à sa réflexion. Il a dû se pencher longuement sur le sujet pour arriver à de telles conclusions. Mais ce n'est pas improbable. Voire, peut-être même logique. Dans un sens.
- Ton idée est plausible.
Alors si Sévérus le pense… c'est que ça doit l'être.
oOo
Un grognement digne d'une bête féroce résonne juste derrière moi, me faisant me retourner vivement, les yeux écarquillés. Tout comme tous ceux qui se trouvent à proximité de Blaise.
- Ben quoi ? dit ce dernier en haussant les épaules. On a fini !
Daphné se cache le visage dans ses mains tout en secouant la tête alors que Pansy lève les yeux au ciel.
- C'était la dernière épreuve ! continue mon ami. On est libre !
- Oui Blaise, on sait, tente de le calmer Daphné. C'est bien. Gentil garçon.
- T'es au courant que dans deux mois tu retournes sur les bancs pour tes études supérieures ?
- Pansy ! Tu pourrais pas te taire parfois ?
- Non.
Je souris face à la légère dispute qui nait entre Blaise et Pansy. En effet, nous venons de passer notre dernière épreuve d'A.S.P.I.C. Blaise s'est inscrit à l'école des Langue-de-plomb, Daphnée à celle de médicomage et Pansy ne sait pas encore. Quant à Draco et moi, nous n'irons pas plus loin dans nos études. Comme prévu, demain nous partirons à la recherche des horcruxes. Seul Sévérus est au courant et c'est très bien ainsi. Nous n'avons pas envie que nos proches se fassent du souci pour nous.
- Et si on profitait de notre dernière soirée tous ensemble plutôt que de se chamailler inutilement, lance Draco, coupant court à la dispute.
- Bien dit vieux ! s'exclama Blaise qui est toujours aussi excité.
Et c'est ainsi que nous passons notre soirée tous ensemble, rigolant comme des enfants insouciants. Pourtant je vois bien que Draco n'est pas aussi détendu qu'en temps normal. Et je le comprends. Demain nous ne serons plus des enfants. Demain nous allons nous battre pour nos vies et celles de tous ceux qui nous entourent. Alors même si je rigole, même si je m'étouffe avec ma bièraubeurre, même si je joue à ce jeu stupide, même si je tombe de sommeil sur une table recouverte de verres vides et de papiers de bonbons, je ne peux m'empêcher de retenir certains sourires.
- Eh ! s'écrie Blaise, me faisant sursauter. T'endors pas !
- Désolé, je marmonne en grimaçant.
- On devrait peut-être aller se coucher, propose Pansy. Dans trois heures…
- Justement, non ! Jusqu'à ce qu'on se sépare pour ces vacances, je ne veux pas vous lâcher.
- Alors dormons ici, je lance tout en baillant. On sera ensemble et ceux qui tiennent, tiennent et les autres… ben les autres dormiront, je finis en enfouissant mon visage dans mes bras croisés.
- Ok, répondent-ils tous.
Et c'est sur ce dernier mot que je m'endors.
- Harry.
Ce n'est qu'un faible chuchotement. Mais il me donne déjà des frissons.
- Harry.
Doucement j'ouvre un œil et me réveille. Draco est penché au-dessus de moi et me sourit doucement.
- Tu es prêt ? me demande-t-il toujours sur un ton très faible.
Je me redresse et m'étire tout en découvrant l'état de notre salle commune. Eh bien, quelle soirée.
- On y va ?
J'hoche de la tête et me lève. Nos affaires sont déjà prêtes dans un sac enchanté. Nous avons pris l'essentiel. Nourriture, eau, tente, potions diverses et variées, carte, le portoloin de Sévérus, argent et quelques livres.
En silence, nous quittons la salle commune et avançons dans les couloirs encore déserts et silencieux. Sévérus nous a indiqué un passage secret pour quitter Poudlard sans passer par les grandes portes. Nous disparaitrons simplement.
- Vous n'avez pas pris de goutte du mort-vivant.
Virage à 180° et baguette en main, je suis surpris de voir Pansy se tenir à quelques mètres derrière nous.
- Pansy ?
- Vous devriez en prendre, ça vous servirait peut-être, enchaîne-t-elle en nous tendant une fiole.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Eh bien je me disais qu'au lieu de ne pas vous voir à mon réveil, je pourrais venir avec vous.
Je regarde Draco qui est aussi perdu que moi.
- Disons que j'ai surpris une discussion sur les horcruxes et après quelques recherches j'ai compris ce que vous vouliez faire. Je sais que vous ne voulez pas nous inquiéter et nous mêler à tout ça, mais une fille avec vous, vous aiderait grandement.
- Tu te rends compte du danger ? je demande.
- Parfaitement.
- Et ta famille ?
- Ils ne jurent plus que par le Lord et veulent que je devienne Mangemort.
- Tu es sûre ?
- Ai-je déjà pris une décision sans en peser toutes les conséquences ?
- Elle n'a pas tort, rétorque Draco.
- Dans ce cas… tu n'as qu'à mettre la goutte du mort-vivant à côté des potions de soins.
Sans un mot, juste avec un fin sourire qui veut tout dire, elle glisse la fiole dans la sacoche et se met avancer à nos côtés.
Finalement nous seront trois à aller à la chasse aux horcruxes. Et je suis certains que Pansy nous sera d'une grande aide. Après tout, c'est un peu grâce à elle que Draco et moi sommes ensemble aujourd'hui.
Aujourd'hui est un jour nouveau et demain en sera un autre. J'ignore ce que me réserve l'avenir, mais je vais tout faire pour qu'il soit le plus long possible et avec Draco à mes côtés. Nous voila finalement sortis de Poudlard, la bâtisse dormant paisiblement derrière nous.
Alors que la main de Draco glisse dans la mienne et me serre avec force, j'attrape le bras de Pansy, leur jette un rapide coup d'œil et transplane.
Je viens de faire mon premier pas en tant que moi. Harry Potter, vestige d'un passé nommé Henry Malfoy, amoureux de ce qui fut autrefois mon frère jumeau, mon double blond. Draco Malfoy.
FIN
Ça fait toujours étrange d'écrire ce mot.
Alors j'ai pleins de projets qui sont commencés, mais aucun qui ne m'attire totalement, complètement, follement. Donc le plus simple est de me mettre en Author alert pour être prévenu lorsque je posterai une nouvelle fic, sachant que lorsque je le ferai, elle sera presque ou totalement terminée.
Merci en tout cas à ceux qui m'ont suivie de près comme de loin.
