Attention, chapitre déconseillé aux âmes sensibles.
CHAPITRE 4 : Le soleil se couche
Une journée entière s'était écoulée depuis que Mason avait perdu la vie. Les images de sa mort repassaient en boucle sur les écrans géants et les Humains appréciaient ce spectacle si jouissif. Pire encore, ils auraient aimé qu'Elijah s'acharne sur le corps sans vie du seul loup-garou.
Quand Mason tomba à terre, la poitrine béante, on aperçu sur sa tenue de captif, l'emblème du clan des Humains, qui était aussi celui du Jeu de la Vie.
Etrangement complexe en apparence, il était en réalité le signe de leur domination.
Les trois ondulations représentaient les vampires, les loups-garous et les hybrides, les trois factions qui combattaient. Elles étaient entourées d'un cercle qui symbolisait l'Arène. Les créatures surnaturelles s'étaient toujours demandé pourquoi l'Arène avait été laissée entrouverte. A présent, cela semblait évident : même si les captifs parvenaient à s'enfuir, les Sept Armes Antiques, représentées par sept points lumineux, serviraient à leur exécution. Les règles étaient simples, il n'y avait aucune échappatoire et il ne devait rester qu'un seul survivant. L'intrusion des Humains dans le Jeu de la Vie était symbolisée par cette forme, à la fois menaçante et imposante, qui était placée au dessus des trois factions. Quant aux doubles crocs, ils imageaient les vampires. Mêlés aux crocs des loups-garous, on pouvait alors y voir les hybrides.
Tout semblait paisible en cette heure tardive de la journée, mais en réalité, l'heure de festoyer avait sonné. Au loin, on entendait les premiers cris de loups-garous résonner. L'exécution allait commencer au coucher du soleil, tout comme l'Arène avait été ouverte au même instant, une journée plus tôt.
Amassés autour d'une imposante sculpture de marbre gris, les humains avaient préparé la cérémonie. Les loups-garous, descendants de Mason Lockwood seraient égorgés à l'aide de lames d'argent, imbibées d'aconit et leurs corps seraient ensuite brûlés afin qu'ils ne viennent pas encombrer les cimetières humains. Ainsi, il ne resterait plus aucune trace de leur existence.
Quelques heures plus tard, alors que les bûcher avaient été installés, le cortège d'exécution traversa la ville, fendant la foule en deux groupes distincts. De chaque côté, les humains hurlaient de joie à la vue des êtres mi-hommes, mi-loups.
Les loups-garous kidnappés étaient tous séquestrés dans des cages, emprisonnés à l'aide de chaînes d'argent que nulle créature, aussi puissante qu'elle soit, n'aurait pu s'en défaire.
A l'intérieur des cages, on y voyait des hommes, des femmes, et même des enfants, recroquevillés sur eux-mêmes, le regard apeuré. Les plus jeunes ne comprenant pas ce qu'il se passait, ils cherchèrent du réconfort dans les bras de leurs parents. Malheureusement, cette dernière étreinte ne suffisait à calmer leurs inquiétudes et les gémissements ne cessèrent pas.
Quand le convoi d'exécution s'arrêta, les prisonniers sortirent lentement de leurs cages. Certains loups-garous tentèrent de résister, mais leurs tentatives se révélèrent infructueuses.
Les bourreaux, des hommes à la carrure impressionnante firent ensuite leur entrée, acclamés par la foule qui entourait toujours le convoi. L'exécution de lignée pouvait débuter.
On regroupa tout d'abord les loups-garous par familles. Les époux et les femmes furent jetés à terre et agenouillés côte à côte, et les jeunes loups-garous étaient face à leurs mères.
De là, les bourreaux se placèrent chacun derrière leur victime et dégainèrent leurs épées imbibées d'aconit.
Un coup de tonnerre gronda dans le ciel et annonça le début de l'exécution.
On exécuta tout d'abord les enfants, devant le regard horrifié de leurs parents. Dans un dernier élan de désespoir, les mères implorèrent les bourreaux d'épargner leurs enfants, mais il n'y avait plus aucune trace d'humanité chez eux. Il n'y avait plus que du mépris à l'égard de ces êtres surnaturels.
Un torrent de larmes et de sang coulait à présent dans les rues de la ville humaine.
Les bourreaux, toujours impassibles, prirent soin de nettoyer à nouveau leurs lames dans des tissus de soie immaculée. Tant de délicatesse pour un geste si cruel…
Vint ensuite l'exécution des adultes. La lame pénétra dans la chair des pauvres créatures tout en les brûlant. Les premiers sons qui sortirent de la bouche des créatures furent très vite étouffés dans un geyser de sang. Les têtes sectionnées ne tenaient plus qu'à un fil sur les cous et mêmes morts, les corps déversaient des quantités titanesque d'hémoglobine dans les rues pavées de la ville. La statue de marbre gris qui dominait la place semblait baigner dans le sang chaud.
Le spectacle était à son apogée et les humains acclamaient toujours plus fort leurs héros.
Les bourreaux chargèrent alors leurs victimes sur leurs épaules, telles des poupées de chiffons et elles furent amenées au bûcher. Les flammes rongeaient les chairs et du sang coagulé coula tout le long des bûches.
A présent, il ne restait plus rien de ces corps calcinés et de nombreux orphelins pleuraient ceux qui les avaient tant chéris.
Tandis que le soleil se couchait, la lignée de loups-garous descendants de Mason Lockwood s'éteignait en même temps que le bûcher.
