WORPHIPPING TODD
CHAPITRE XXX
«Je viens te chercher!»
«So close to midnight
Under the streetlights
Leaving behind what I don't need
I've walked like a blind man
And my eyes are open
And you are the only place for me
Won't you hold on just for a while
Please don't give up on me tonight...
Coz I'm on my way
I chased the day
Yeah I'll keep running all night, I just wont rest to catch my breath
I will run every red light to get to you
No I will, get to you, No I will get to you
I'll chase past the tail light, head for the skyline, Hoping that wont change your faith
I see them appearing
The cracks in the pavement
Running, I hope I'm not too late
Wont you hold on just for a while, please,
Please don't give up on me tonight...
Coz I'm on my way
I'll chase the day, Yeah I'll keep running all night
I just wont rest to catch my breath
I will run every red light
To get to you
No I will get to you, I will...I'll get to you
Just hold on a little longer
I'll get to you, Oh just don't give up on me
I will get to you
Coz I'm on my way
I chased the day
Yeah I'll keep running all night
I just wont rest to catch my breath
I will run every red light, to get to you
I will get to, I will get to you!»
"Get To You, James Morrisson" (traduction à la fin du chapitre)
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"He's more myself than I am.
Whatever our souls are made of,
His and mine are the same." - Emily Bronte
(«Il est plus moi-même que je ne le suis.
Peu importe de quoi nos âmes sont faites,
la sienne et la mienne sont les mêmes» - Emily Bronte)
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- Première Partie -
Quelque part sur une planète, dans une zone sombre et rébarbative que même les rares humains de ce monde évitaient...
Une fois que Todd eut passé l'horizon bleu de la porte des étoiles d'Atlantis, le wraith s'était retrouvé au crépuscule de la journée, le soleil encore présent en train de se coucher tranquillement.
Armé juste d'un pistolet paralysant, - seule arme que le Colonel Sheppard avait daigné lui permettre de transporter - le Commandant avait marché dans la forêt pendant près d'une heure en direction des caves où se cachait la créature qui était un des deux ancêtres de son espèce.
Il n'avait consommé avant de partir ni nourriture humaine et bien évidemment aucune force vitale humaine non plus. Les traitements de Keller l'avaient laissé également affaibli. Mais avec détermination, il réunit toutes ses dernières forces et toute sa volonté pour ce voyage de la dernière chance.
Il avait en mémoire la «procédure» par laquelle était passé un de ses frères qu'il estimait dans le passé, il y a plusieurs millénaires.
Todd l'avait accompagné sur cette même planète à la recherche d'un spécimen femelle d'Iratus qui semble-t-il, pourrait le débarrasser des blessures inguérissables dont il souffrait.
Mais malgré l'aide de Todd, son frère, beaucoup trop atteint par des brûlures mortelles suite à un crash de son appareil, n'avait pas été capable de récupérer totalement. Se sachant condamné à une mort longue et souffrante, même suite à la morsure de la reine insecte, le wraith avait demandé à Todd de l'achever, ce que ce dernier avait fait pour l'honneur et la dignité de ce wraith.
Aujourd'hui, il allait passer par le même procédé, dernier espoir pour lui de s'en sortir. Même s'il savait que sa seule chance de guérir totalement était vraiment mince...
Son plan était de se laisser mordre par une reine Iratus et ensuite de la paralyser avec son arme, lorsqu'il sentirait que sa paume nourricière réapparaîtrait et qu'elle aurait regagné totalement ses fonctions.
Cependant, il risquait de s'évanouir en même temps ou bien d'être trop faible pour déclencher la gâchette de l'arme...
Alors qu'il marchait en direction de sa destination, le Commandant se mit à se remémorer son récent départ d'Atlantis...
Pourquoi diable avait-il refusé que son adoratrice vienne avec lui, comme elle le voulait tant?
«Ah oui. Par amour pour elle! se rappela Todd, non sans une ironie mordante, pleine d'amertume. Parce que je tiens assez à elle pour qu'elle vive enfin libre, loin de la vie d'esclave d'une worshipper de wraith. Parce que je craignais qu'elle ne survive à cette épopée dans cette forêt, dans ces caves. Parce que je ne voulais pas qu'elle assiste à ma mort, impuissante, si jamais la reine Iratus avait le dessus...comme il en résultait trop souvent d'ailleurs avec ce procédé!»
«Et pourquoi ne pas admettre une autre raison, mmmm? réfléchit le wraith, sarcastique. Si jamais je guéris totalement, que je regagne le monde des wraith, avoir à mes côtés une adoratrice que j'aime vraiment tout comme un humain aime sa compagne, me ferait voir comme un faible, un être ridicule qui cède à ses sentiments!
Par quel subterfuge alors pourrais-je regagner ma position parmi mes frères et me proposer comme le leader approprié de ma future alliance? Qui me croirait digne de tous les diriger? Un traître attendra dans l'ombre le moment propice de précipiter ma chute. Et ça en serait fini de Tiélan: elle deviendrait l'esclave de mon vainqueur ou bien elle recommencerait sa vie de runner. Et elle pourrait également servir de repas à un autre wraith!»
Todd s'arrêta brusquement et se mit à rire à gorge déployée. Mais c'était un rire froid et cynique.
«Mais qu'est-ce que je fais là? se dit le wraith, irrité envers lui-même. Je parle comme si j'étais déjà défait! Tiélan m'aurait déjà rappelé que je ne suis pas un perdant, mais plutôt un survivant. Sheppard se moquerait de moi et chasserait négligemment mon désespoir d'un geste de la main pour me faire miroiter son propre espoir inébranlable, comme lorsque nous étions tous les deux prisonniers dans ce bunker genii sous terre et que le Lantéen m'avait tant impressionné avec sa foi en ses amis qui viendraient le chercher, car on ne laisse personne derrière, disait-il».
Mais personne ne viendrait le chercher aujourd'hui. Personne ne le sauverait. Il était seul pour affronter cette aventure probablement fatale.
Todd se rappela soudain la dernière image qu'il avait eu de Tiélan: son petit visage d'abord stupéfait par la surprise de sa décision. Puis ses traits plissés par le chagrin, ses beaux yeux pleins de souffrance, si près des larmes:
«Qu'aie-je donc fait pour vous déplaire, mon Maître? Vous m'avez fait confiance pour tant de choses dans le passé et maintenant, vous voulez m'éloigner de vous!?»
Et un sentiment envahi le cœur du vieux wraith: la culpabilité.
Cette maudite culpabilité, émotion trop humaine qu'il n'avait jamais ressenti auparavant...ou du moins jamais aussi intensément.
Un wraith n'est jamais «coupable» des décisions qu'il doit prendre. Il ne s'attarde pas sur le passé, car cela ne change rien. Il ne pense pas au futur: c'est contreproductif! Il ne vit que le présent et il doit faire des choix, pas toujours faciles hélas...
Mais surtout pour un Commandant comme lui, le leader sur lequel ses frères wraith doivent s'appuyer, il n'est pas question de culpabilité, d'hésitation, de remords, de regrets.
Jamais un wraith ne doit regarder en arrière, sauf pour apprendre de ses erreurs peut-être mais jamais il ne doit remettre en question un choix, une décision prise.
«Mais vous allez venir me chercher dès que vous serez guéri….n'est-ce-pas?»
Encore une fois il réentendait la voix tremblante de Tiélan dans sa tête.
Le wraith siffla de colère, comme si la jeune fille était là, devant lui:
«Tu n'as pas compris que je l'ai fait par amour pour toi! soliloqua le wraith, encore envahi du chagrin d'avoir pris cette décision. Ce que tu es entêtée, humaine! Ne vois-tu pas que je voulais te protéger et par-dessus tout te récompenser pour toutes ces loyales années que tu m'as données?».
Todd espéra que Teyla Emmagan et les autres atlantes seraient là pour elle et qu'ils l'aideraient à surmonter son chagrin et sa déception, faisant tout en leur pouvoir pour lui trouver un nouveau foyer où d'autres humains lui feraient une place, espérant qu'ils ne lui tiendraient pas rigueur pour son passé de worshipper. Tiélan avait assez souffert comme ça! Elle méritait sa liberté...
«Et que faites-vous de mes sentiments à moi? De mon amour pour vous? Et si je n'en veux pas de cette liberté?».
Cette fois-ci, Todd rugit comme un lion, maudissant cette détestable culpabilité, sentiment par trop humain qui se rattachait à l'amour qu'il ressentait pour Tiélan. Il fallait qu'il la chasse définitivement de ses pensées.
- Assez! gronda le wraith à voix haute pour lui-même. Je ne vais pas céder à ces faiblesses humaines plus longuement! Je dois tourner la page et oublier le passé. Tiélan, tu ne feras pas partie de mon futur...c'est ainsi!
Mettant un point final avec son dialogue imaginaire avec son ancienne adoratrice, Todd continua à avancer, guidé soudain par le tumulte de plusieurs petits esprits très primitifs mais familièrement reliés à sa propre nature...
...et cela bien avant qu'il n'entende le cliquètement familier des antennes et des mandibules des insectes, cachés dans la cave qu'il venait juste de découvrir.
«Futur que j'aurai peut-être...si seulement je survis!» se rappela amèrement le wraith.
Todd examina les alentours de la caverne dont l'entrée était large mais basse.
Les murs étaient noirs et suintants; il y avait des excréments d'iratus à l'extérieur et un tapis dense de mousse verte sur le toit.
Aucun campement humain évidemment dans les alentours proches.
Au tout début de son périple, non loin de la porte des étoiles, il avait vu des signes de vie humaine par la fumée sortant d'habitations rudimentaires non loin de là. Il avait également senti leurs odeurs et entendu les bruits familiers que laissaient transparaître ces espèces d'hominidés qui peuplaient cette planète, êtres mi-homme mi-primate, pas trop subtils et très primitifs.
Mais ces humains ne se trouvaient pas du tout dans les alentours des cavernes d'iratus, se tenant prudemment très loin pour leur survie...
Ce qui voudrait dire que s'il survivait par miracle à la morsure royale, il devrait marcher pendant longtemps, affaibli comme il le serait pour se trouver de la nourriture.
Todd soupira et reprit contenance, décidant d'entrer dans la caverne en pliant sa haute taille, rampant à demi pour finalement déboucher dans un plus large passage où il put déployer sa grande silhouette.
Il vérifia la fonctionnalité de son arme puis il avança prudemment. Ses yeux de wraith lui donnaient la possibilité de voir dans la demi-clarté; les murs étaient moites et gras, recouverts d'une substance noirâtre et malodorante, quelques roches luisantes et des plaques de calcaire blanches servant de seul éclairage.
Le sol était moins glissant mais parfois instable à certains endroits avec des flaques d'une eau noire et graisseuse.
Le bruit que faisaient les membres de la ruche d'iratus lui parvenait, comme un écho de plus de plus fort.
Il trouva enfin tout au bout une salle plus grande, remplie de plusieurs insectes mâles en train de travailler fébrilement, surtout aux alentours des nids de la progéniture de la reine. Il s'agissait de sacs longs et gluants, tous suspendus au plafond de la voûte de la caverne.
Les insectes le laissèrent passer à travers eux, indifférents à la présence de ce spécimen plus gros et grand qu'eux mais qui possédait la même signature olfactive d'ADN. Todd savait qu'ils ne lui feraient pas de mal...tant qu'il ne s'attaquerait pas aux œufs de leur reine.
Marchant vers le fond de la grande salle, Todd la trouva enfin.
La femelle Iratus, celle de l'espèce la plus agressive, reposait sur le ventre. Probablement épuisée de sa dernière ponte.
Elle devait avoir été nourrie abondamment par ses mâles subordonnés car elle jeta un œil paresseux et plutôt apathique sur lui, trop lasse pour même envisager de donner l'assaut sur cet individu.
Todd hocha la tête et s'accroupit sur ses talons, se mettant presque à niveau de la reine insecte.
Pendant un moment, il ne ressentit que répulsion pour cette représentante d'un de ces ancêtres.
Le corps de ces insectes était noir et écailleux, le thorax large et lisse avec de chaque côtés deux pattes plutôt minces et agiles. Ils possédaient aussi une longue queue mince et affilée dont s'étaient inspirés les ingénieurs wraith pour créer leur fameux dart. Le reste de l'abomen était dissimulé mais Todd savait que l'insecte pouvait se gonfler amplement en devenant d'un rouge ardent lorsqu'il se nourrissait de sang et de force vitale.
Mais le plus terrifiant étaient les mandibules puissantes et efficaces comme des crochets et surtout les yeux noirs et intenses dans lesquels il pouvait apercevoir présentement une fente féline verticale d'un jaune très clair.
Pour le moment, ces yeux étaient à demi-fermés. La reine était indifférente et flegmatique, observant à peine l'intrus qui possédait le même ADN qu'elle.
Todd comprit qu'il devrait provoquer la reine pour qu'elle décide de l'attaquer.
Il fallait qu'il agisse de manière précise car s'il décidait de juste attaquer un des nids bien gras de sa progéniture, la reine ordonnerait juste mentalement aux nombreux mâles de se jeter sur lui.
Alors il se rapprocha lentement, restant au niveau du sol; il se connecta ensuite à l'esprit très primitif de la reine...
...rien à voir avec l'esprit malveillant, puissant et très brillant de la plupart des reines wraith dignes de ce nom, évidemment!
La reine iratus était un être primaire, un être d'instinct qui devait assurer la survie de sa ruche. Elle ne pouvait pas être manipulée par un intellect trop complexe ou bien par la flatterie destinée à manoeuvrer à son gré un gros égo, tel que chez les femelles wraith.
Il fallait donc que Todd menace sa survie, qu'il la persuade qu'il allait lancer sur sa ruche et ses nids des forces puissantes qui viendraient raser le tout.
Il fixa les yeux mauvais de la femelle en insufflant dans cet esprit rudimentairement primitif des images d'êtres de son espèce, pénétrant en très grand nombre dans son repère, armés de longs sabres et d'armes lançant des flammes qui allaient brûler toute sa progéniture et son harem de mâles.
Il lui fit clairement savoir qu'il était le seul instigateur et leader de cette attaque imminente et qu'il se moquait d'elle, car il savait qu'elle ne pourrait rien faire pour l'arrêter.
La femelle iratus poussa un sifflement d'avertissement et se leva sur ses pattes, élargissant ses ailes et surtout ses puissantes mandibules.
Todd eut un frémissement d'horreur qu'il cacha magistralement. Il se souvint de la reine iratus qui avait mordu et fait horriblement souffrir son frère wraith. Pendant une toute petite seconde, il se demanda s'il voulait vraiment passer par ce calvaire?
Mais sa détermination lui revint tout d'un coup avec son grand désir de survivre à cette infection causée par le traitement génique défectueux des atlantes. Il était en train de mourir de toute façon...il n'avait pas vraiment le choix.
Provoquant plus amplement la reine iratus avec des images de plus en plus terribles du sort réservé à sa ruche et à ses petits, Todd continua à envahir l'esprit de la créature.
Les étranges pupilles noires de la reine devinrent encore plus sombres et élargies, puis la femelle s'élança.
Todd lui avait facilité la tâche en se plaçant sur le dos sur le sol; mais le choc de la réception de ce corps à la carapace dure et froide le saisit d'effroi.
Les «crocs» de la reine s'enfoncèrent irrémédiablement dans la chair de sa nuque.
...et l'atroce douleur commença.
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Atlantis...
Tiélan s'était réveillée d'un sommeil agité, quelque part entre le départ de Todd et la tombée du jour.
Il n'y avait personne à son chevet et elle en fut contente. Elle n'avait pas le goût de subir les regards de pitié et d'être le sujet de discussions au sujet de «son futur sort».
Pourtant, Todd lui avait offert sa liberté sur un plateau d'argent! Elle savait que les atlantes, malgré leurs réticences à son égard dans le passé, allaient faire de leur mieux pour lui trouver un endroit où vivre, lui donner une seconde chance de se sortir de son «état d'esclavage».
Elle demeura donc sur le dos, regardant désespérément le plafond uni et d'un blanc fade.
L'odeur ici était chimique, l'air empreint de ces antiseptiques utilisés dans de tels lieux, pleins de gens souffrants. C'était plutôt démoralisant comme atmosphère, même si les lieux se voulaient confortables.
Qu'allait-elle faire maintenant? se dit Tiélan.
Maintenant que le Commandant l'avait rejetée de sa vie... ou plutôt n'avait pas voulu qu'elle soit témoin de sa mort.
Cela, elle pouvait le comprendre. Un wraith a sa fierté et celle de Todd était plutôt monumentale!
Il avait aussi dit qu'il désirait la protéger. Elle n'avait aucun doute sur sa sincérité...
Cependant, elle aurait pu comprendre qu'il veuille partir seul sur cette planète mais...pourquoi ne pas revenir ensuite la chercher, si jamais il survivait?
Une boule de chagrin monta dans sa gorge mais Tiélan la ravala, bien décidée à ne plus verser une seule larme. Assez! Elle en avait assez de se morfondre sur son sort. C'était fini. Todd l'aimait, ça elle en était sûre à présent. Mais il avait fait son choix...
Choix qui avait été définitif, si cruel pour elle. Mais ainsi étaient les wraith!
Tiélan décida de sortir de sa léthargie; elle s'assit précautionneusement sur le bord du lit, tâtant doucement ses tempes. La migraine était définitivement disparue, il ne lui restait qu'une légère sensibilité.
Elle tâta ensuite le reste de son corps, de ses membres. À part quelques contusions qui subsistaient, elle devait avouer que les médicaments et les soins des atlantes avaient été très efficaces.
Elle entendit alors des pas discrets. Se retournant, elle vit venir à elle Jennifer Keller qui était tout sourire et dont le bras n'était plus sous attelle.
- Tiélan! Comment vous sentez-vous? demanda le Docteur.
- En fait, bien mieux! dit sincèrement la jeune femme. Merci à vous et à votre personnel et tout...ceci! conclut-elle en montrant du bras tout l'appareillage médical et technique et les petits meubles contenant les médicaments qui les entouraient.
Mais Tiélan était fatiguée de tout ce décor médical:
- Docteur Keller, je sais que vous vouliez me garder ici vingt-quatre heures en observation mais je vais vraiment mieux! Ce décor me déprime alors croyez-vous que je puisse finir ce repos forcé dans les quartiers qu'on m'a alloués? S'il-vous-plaît?
Elle regardait Jennifer d'un air suppliant.
Keller lui trouva effectivement assez bonne mine mais elle décida de lui faire passer un examen plus complet avant de lui accorder la permission de retourner dans ses quartiers temporaires:
- Bon, je vais vous examiner une dernière fois et si tout est ok, je ne vois pas pourquoi vous ne pourriez pas séjourner dans vos quartiers. Cependant, vous comprendrez qu'il faut que je prévienne John Sheppard d'abord...
() () () ()
Tiélan était étendue sur le sofa du petit salon de ses quartiers...
Elle avait enfin été transférée de l'infirmerie mais Teyla Emmagan et John Sheppard lui «tenaient compagnie» depuis une bonne demi-heure maintenant. Mais la jeune fille aurait vraiment préféré rester seule pour réfléchir aux derniers évènements.
Le Colonel atlante et l'athosienne étaient assis tous les deux dans de petits fauteuils lui faisant face. Teyla avait même apporté du thé athosien.
Tiélan le sirotait petit à petit, n'osant pas lui dire que le liquide, quoique la réchauffant, avait un goût exécrable...
Elle avait réussi jusqu'à maintenant à ne pas grimacer en buvant son thé, mais Sheppard n'avait pas été aussi subtil qu'elle. Son nez plissé alors qu'il buvait et sa bouche un peu tordue étaient plutôt drôles à voir!
- J'ai contacté mes compagnons athosiens, aussitôt que j'ai su que vous restiez avec nous, dit Teyla d'un ton joyeux en versant à la jeune fille une autre tasse de thé (au grand désespoir de Tiélan qui cependant ne broncha pas, car elle avait appris comme dans bien des mondes pégasiens les règles de la bienséance).
- Ils sont tout-à-fait ouverts à vous faire une place parmi mon peuple, continua Teyla. Je ne peux pas dire qu'il n'y a pas eu de résistance au début, Halling surtout – c'est lui qui me remplace en tant que leader de mon peuple – a pris un peu plus de temps à se rallier à ma demande.
- Si je ne suis pas la bienvenue Teyla, dit Tiélan, alors je ne veux surtout pas m'imposer! Ne vous en faites donc pas, je suis habituée depuis bien des années à la réaction de la plupart des humains lorsqu'ils apprennent que je suis une worshipper de wraith.
- Nous aurions pu leur dire que vous étiez simplement "une réfugiée d'un village récemment attaqué par les wraith"! intervint Sheppard. Mais vous avez refusé.
- Si je dois recommencer ma vie, si je dois aller de l'avant et profiter de ma liberté, alors ce sera en tant que moi-même, Tiélan Quinn! Et je n'ai pas l'intention de cacher mon passé...il fait partie de moi, de ce que je suis. Je ne vais faire aucune concession là-dessus, John Sheppard.
Teyla hocha affirmativement la tête. Ce que disait Tiélan lui plaisait et l'ex-adoratrice vit dans ses yeux son approbation.
Mais Sheppard, bizarrement, se mit à penser que la jeune fille «résonnait» exactement comme un écho de Todd qui l'appelait fréquemment par son nom entier, «John Sheppard».
Il haussa les épaules:
- Le problème est que le village d'Orodon ne vous acceptera pas de nouveau. Vous avez eu votre chance et vous l'avez totalement gâchée. Et il n'y a pas une si grande «banque» de villages, prêts à accepter de plein gré un adorateur de wraith, comme vous vous en doutez!
Teyla lança un regard lourd de reproche au Colonel:
- Allons John, vous savez bien que c'est Todd qui l'a retrouvée et qui est venu la chercher sur Orodon! Il ne lui a pas laissé le choix de repartir avec lui. Autrement, le village et ses habitants auraient été cueillis et détruits!
Sheppard eut le bon goût de baisser la tête, penaud, se mettant à jouer avec la petite tasse à thé athosienne.
- Mais c'est le passé, continua Teyla. J'ai tout raconté à mes concitoyens athosiens, leur précisant que votre ancien maître avait décidé de vous accorder votre liberté inconditionnelle. Il ne fera rien pour venir vous chercher ou bien attaquer l'endroit où vous allez trouver refuge.
- Ce «nouvel Athos»...il est donc sur le continent de cette même planète d'océan qui abrite Atlantis? demanda Tiélan.
- C'est exact, dit Sheppard. Oh, ce n'est pas un gros continent, à peine une bande de terre de 70 X 50 kilomètres! Et c'est la seule terre «habitable» de cette planète qui autrement est uniquement recouverte d'eau. Ce continent a été découvert juste quelques mois après que nous ayons mis pied sur Atlantis. Les athosiens s'étaient réfugiés dans notre cité mais ils nous ont demandé plus tard de bien vouloir les laisser s'installer là-bas. Alors en leur honneur, nous avons nommé le continent «New Athos».
- Et mon peuple y est très bien! continua Teyla. Il y a de belles grandes forêts, des terres fertiles et cultivables, quelques animaux qui n'ont presqu'aucun prédateur, sauf l'homme. Et vous Tiélan qui aimez la chasse, vous allez apprécier la forêt qui abrite quelques daims et des sangliers ainsi que du petit gibier. Je pense que vous serez très heureuse parmi nous! termina l'athosienne avec enthousiasme.
Il était clair au grand sourire de Teyla qu'elle était fière de la compter parmi leur peuple et aussi d'avoir réussi à convaincre même les plus récalcitrants parmi les athosiens d'accueillir l'ex-worshipper à bras ouverts.
Cependant, Tiélan ne se faisait jamais aucune illusion. Partout où elle était passée auparavant, quand certaines personnes plus généreuses et plus compatissantes que d'autres humains l'avaient accueillie, il y avait toujours eu ensuite des gens pour lui faire des problèmes, vouloir la chasser ou même la tuer, car elle «portait la poisse» en tant que worshipper.
Cependant, elle était reconnaissante et impressionnée par tout ce que Teyla avait fait pour elle depuis ces quelques dernières heures. Ceci dans le but de lui trouver un endroit où demeurer et s'intégrer, après que Todd lui eut signifié si cruellement qu'il ne voulait plus d'elle dans sa vie.
- Je...je suis pleine de gratitude Teyla, vraiment! Et pour vous aussi, Colonel Sheppard. Ce n'est pas facile du tout de se réintégrer dans la société humaine lorsqu'on est un ancien adorateur de wraith. En fait, je n'ai jamais entendu dire que quelqu'un avait réussi à le faire, sans se faire chasser ou tuer. Alors pour quelqu'un qui s'est fait rejeter comme je l'ai été, cela veut dire beaucoup de choses...MERCI du fond du cœur.
Sheppard et Teyla sourirent modestement.
- Il va sans dire que nous exigerons de vous un comportement exemplaire, dit alors John Sheppard. Les athosiens s'attendent à ce que vous participiez à tous les travaux domestiques et agricoles. Mais surtout, ils ne veulent pas d'ennuis! Ces gens ne méritent pas d'être trahis...
Encore une fois Teyla lança un regard contrarié vers le chef militaire atlante, mais elle ne dit mot car elle ne pouvait le blâmer de se montrer prudent envers une worphipper. Les adorateurs de wraith n'avaient pas bonne réputation.
Tiélan ne put empêcher le sarcasme qui pointa dans sa réponse:
- Comment ne pas vous en vouloir de cette réaction! susurra-t-elle, narquoise. Mais encore une fois, ne soyez pas inquiet. Je sais me montrer reconnaissante et fiable!
Il y eut un petit silence rempli de malaise.
Sheppard remarqua le regard sombre et distant de la jeune femme.
Teyla lui lança un regard où il était écrit clairement «Je crois que nous serions mieux de la laisser, elle est fatiguée.»
Cependant, John Sheppard voulut savoir pourquoi elle semblait soudain lointaine, à des distances d'Atlantis?
- Qu'y a-t-il Tiélan? N'ayez pas peur de parler, nous sommes là pour vous écouter.
La jeune fille sursauta légèrement, tournant un visage hagard sur les deux atlantes, comme si elle avait oublié qu'ils étaient présents dans la pièce.
- Rien, dit-elle après quelques secondes. C'est...le choc, c'est tout. Je...il...
- Si vous voulez mon avis dit Sheppard, Todd vous a offert votre liberté et c'est la plus grande et belle preuve d'amour que quelqu'un peut faire pour prouver ses sentiments. Et je n'aurais jamais cru dire cela de la part d'un wraith!
Tiélan observa tranquillement l'homme pendant quelques secondes, puis elle se tourna vers Teyla Emmagan:
- Vous pensez la même chose, Teyla?
- Oui, tout-à-fait. Et je crois que vous devriez en faire bon usage! C'est ce que Todd aurait voulu.
John Sheppard hocha la tête pour approuver.
Tiélan fronça les sourcils et soupira.
«C'est ce que Todd aurait voulu». Ils parlaient tous les deux comme si le Commandant était déjà mort!
Et elle eut soudain si mal qu'elle en eut le cœur au bord des lèvres.
La fine et délicate Teyla vit son malaise, se leva en faisant un signe discret au Colonel pour qu'il en fasse autant.
Lorsque Sheppard n'obtempéra pas tout de suite en demeurant sur son fauteuil, sur le point de rajouter quelque chose, la femme athosienne eut un mouvement sec du menton dans sa direction et dit fermement et sur un ton sans équivoque:
- Nous allons vous laisser Tiélan, je sais que vous êtes lasse...n'est-ce-pas John? fit-elle d'un air entendu. Il faut qu'elle se repose.
Sheppard finit par se lever avec réticence. Teyla s'approcha de Tiélan qui s'était levée et la serra dans ses bras.
- Bonne nuit Tiélan. Je sais que les choses sont dures en ce moment mais tentez quand même de prendre du repos. Je viens vous chercher demain matin pour vous emmener sur le continent et vous présenter à mon peuple...
() () () ()
Une fois les deux atlantes enfin partis, Tiélan resta plantée près de la porte, comme hypnotisée. Elle se sentait confuse, tentant de faire le tri dans le chaos de son esprit. Se détournant de la porte pour marcher dans le salon, elle se demanda si elle allait méditer ou bien se mettre au lit pour ressasser tous les derniers évènements.
Puis soudain il y eut deux petits coups secs et rapprochés à la porte.
Tiélan soupira, excédée. Était-ce Sheppard ou Teyla qui avait oublié de lui dire quelque chose? Ou bien quelqu'un d'autre?
Elle n'avait vraiment pas besoin d'une autre personne importune en ce moment.
Elle marcha vers la porte et l'ouvrit pour se retrouver nez-à-nez...avec le Sergent Eirik Pedersen.
- Eirik! dit la jeune femme, à la fois surprise et ravie.
Pedersen lui fit un large sourire, visiblement content qu'elle se serve de son prénom. Mais il reprit immédiatement son attitude professionnelle:
- Bonsoir Tiélan. Je voulais juste vous dire que le Colonel Sheppard m'a affecté à votre garde pour la soirée et la nuit. Je...je m'en excuse à l'avance, mais cette mesure est jugée nécessaire par mes supérieurs. Enfin, si...si jamais vous avez besoin de...quelque chose ou si vous désirez vous rendre à quelque part, il faudra m'en avertir! Je vais tenter d'effectuer cette garde discrètement et...de ne pas...pas vous importuner. Voilà, je...
Tiélan haussa un sourcil, notant que l'homme qui avait toujours son gros «faible» pour elle rougissait et s'empêtrait dans ses mots.
- Je...voulais juste vous dire que je suis heureux que vous ayez décidé de réintégrer le...enfin, de rejoindre le continent! Les athosiens sont des gens vraiment charmants, vous allez les appréciez! Alors...je vous souhaite une bonne nuit. N'hésitez pas, si jamais vous...avez besoin de moi!
Tiélan était trop lasse pour faire la conversation, alors elle se contenta de lui lancer un sourire charmant et de murmurer un «merci et bonne nuit».
() () ()
En sortant des quartiers temporaires de Tiélan Quinn pour prendre position devant sa porte et effectuer son quart de travail, le Sergent Eirik Pedersen poussa un long soupir en jurant contre sa propre stupidité.
«N'hésitez pas, si jamais vous avez besoin de moi!»
- Eh bien quoi!? Espèce d'imbécile, marmonna Pedersen pour lui-même, est-ce que tu crois qu'elle va te demander de passer la nuit avec toi!? Tu te fais des illusions, gros crétin!
Bien que Pedersen sache que la jeune femme l'appréciait vraiment et le trouvait sympathique, il savait bien qu'il n'était pas son type...
Pourtant à chaque fois qu'il la voyait, son cœur se mettait à battre très fort et parfois, surtout dans ses rêves le soir, d'autres partis de son corps s'émouvaient et une en particulier lui rappelait que cette belle fille allumait son désir masculin.
Il avait été surpris que le Colonel Sheppard lui demande personnellement de surveiller et d'escorter Tiélan Quinn. Son supérieur avait auparavant remis en question le travail et le professionnalisme de Pedersen lorsque la toute première fois qu'elle avait séjourné sur Atlantis, il avait été pris en défaut par le Colonel.
Il savait qu'il n'avait pas su réellement cacher son attirance envers l'adoratrice; certains de ses compagnons et compagnes soldats s'étaient souvent gentiment ou plus durement moqué de lui, comprenant la faiblesse de Pedersen envers la worsphipper du wraith qui séjournait parfois dans leur Cité.
Peut-être alors que Sheppard n'avait pas réellement vu, comme les autres, que Pedersen était à quelque part «compromis» par cette attirance qu'il ressentait envers la jeune femme? Ou bien personne ne lui avait fait remarquer que ce n'était peut-être pas la meilleure idée du siècle d'affecter le sergent à la garde de Tiélan...?
Fort probablement, Sheppard devait savoir que Tiélan et lui avaient noué une sorte d'amitié ou plutôt de camaraderie, sous les circonstances. Et il avait voulu que Tiélan se sente en terrain familier avec un garde qui lui était plus sympathique que les autres, puisque leurs mesures de sécurité exigeaient qu'elle soit gardée et escortée en tout temps sur Atlantis.
Néanmoins, il n'avait pas protesté du tout et s'était bien juré de se montrer très professionnel. Pourtant, il s'était encore une fois retrouvé tout chamboulé, juste par le fait de plonger ses yeux dans le regard aux yeux d'un bleu si spécial de la jeune fille, de regarder ses belles lèvres et ses petites dents inégales, l'ovale de son visage crémeux, sa belle chevelure couleur miel, son corps qui bougeait avec une grâce toute féminine...
Mais il savait fort bien que ce corps de rêve était agile et prêt pour l'attaque, comme la redoutable combattante qu'elle était! Il se souvenait très bien de l'affrontement entre elle et Ronon Dex, affrontement qu'elle avait remporté haut-la-main, à la grande surprise de tous et surtout du satédien.
Et Tiélan lui rappelait une belle jeune fille de 16 ans, Ava, qu'il avait connu lorsqu'il était au collège et avec qui il avait sorti pendant seulement quelques semaines avant qu'un tragique accident de voiture ne l'emporte beaucoup trop tôt. Tiélan ressemblait presque trait pour trait à Ava, mais leur personnalité et force de caractère n'étaient pas du tout semblable!
Eirik se secoua et revérifia la sécurité de ses armes, relaxant ensuite contre la porte. La nuit allait être longue...il ne s'attendait à aucun événement particulier.
La jeune fille qu'il gardait avait semblé lasse et déprimée. Il ne pensait pas qu'elle allait se réveiller et venir à la porte lui demander quelque chose ou bien de l'accompagner à quelque part...
~~o~~ ~~o~~ ~~o~
Une fois seule, Tiélan décida de se préparer à se mettre au lit.
Lors de son arrivée ici, on lui avait alloué les appartements d'une des militaires de la Cité. On lui avait dit que celle-ci avait eu un congé d'un mois pour retourner sur terre, sa mère étant décédée.
Tiélan se déshabilla mais demeura en sous-vêtements, allumant la lampe de chevet du petit bureau à trois tiroirs, tout près du lit simple.
Ce n'était pas dans ses habitudes de fouiller dans les affaires des autres, mais elle ne s'endormait pas vraiment et il n'y avait rien à faire d'autre...
Elle examina la photographie de la femme qui occupait habituellement cette chambre: grande, mince et athlétique, fin trentaine; cheveux blonds filasses lui arrivant aux épaules; regard déterminé, quelques rides au coin des yeux.
Elle était entourée d'un homme et d'une femme d'âge mur, très probablement ses parents à cause de la ressemblance évidente, surtout avec son père. Ils étaient tous habillés de vêtements très chauds et colorés, avec pour décor arrière une montagne majestueuse au sommet enneigé.
Tiélan retourna le cadre pour y lire une date remontant à quelques années passées et une annotation en bas à droite:
«Pour Sharon...
N'oublies jamais d'où tu viens. Nos pensées t'accompagnent, même si tu es très loin de nous! Sois prudente en mission et que Dieu soit toujours dans tes prières...Maman et Papa. 2009-12-08, Mont Jefferson, Oregon».
Il y avait aussi une autre photo de la même femme mais en uniforme d'apparat, une médaille d'honneur militaire accrochée à sa veste.
Tiélan replaça les cadres sur le dessus du bureau et regarda dans le tiroir: quelques items de maquillage, un jeu de cartes, quelques autres babioles sans importance.
Tiélan fouilla ensuite dans le second tiroir et trouva quelques objets étranges, cachés sous une pile de petites culottes.
D'abord une sorte de long cylindre circulaire, de couleur rose bonbon. À sa base un petit bouton qu'elle actionna. Le mouvement de vibration soudain et bruyant la fit sursauter, au point où elle échappa "la chose" sur le lit. Elle la ramassa et l'observa de plus près. Est-ce que c'était la représentation de ce à quoi elle pensait...?
Tiélan se mit à rire. Elle tenait entre ses mains un jouet sexuel venant en direct de la Terre, représentant un beau pénis rose, bien long et bien gras! La jeune femme rit encore plus.
Il y avait aussi un autre objet. C'était une paire de menottes, mais recouvertes d'une matière plastique du même rose bonbon et de peluche toute aussi rose.
Mais les menottes n'étaient pas juste un jouet, elles étaient bien réelles et efficaces, comportant une petite clé argentée.
«Eh bien! Les parents de cette Sharon sont loin de bien connaître leur chère fille qui a des goûts sexuels pas trop religieux!» ricana Tiélan, reposant le tout où elle l'avait trouvé.
Sur la table de chevet, il y avait aussi un beau livre avec une couverture noire en filigrane doré torsadé.
Le titre en était «Les Hauts de Hurlevent». L'auteur, une femme nommée Emily Brontë.
Elle ouvrit le livre et lut la préface: "Il est plus moi-même que je ne le suis.
Peu importe de quoi nos âmes sont faites,
la sienne et la mienne sont les mêmes" .
Tiélan sentit les larmes lui monter aux yeux. On aurait que l'Univers la ramenait tout le temps à Todd!
Oui, le wraith et elle avaient des âmes similaires, malgré qu'ils soient d'espèces différentes.
Pourquoi donc l'avait-il si brutalement chassée de sa vie?
Elle décida de repousser ses pensées moroses et de se mettre au lit pour tenter de trouver le sommeil. Demain, tout allait changer pour elle.
Tiélan ferma la lumière de chevet et se glissa sous les couvertures...
() () ()
- Vous croyez que ça va marcher cette fois-ci? Que Tiélan va bien s'intégrer parmi votre peuple?
Une fois que Sheppard et Teyla eurent quitté les appartements de Tiélan, ils s'étaient rendus dehors sur un des balcons de la tour centrale. La soirée était douce et fraîche, un vrai bonheur après une journée plutôt chaude et humide!
Teyla Emmagan se tourna vers John; ce dernier s'était appuyé nonchalamment sur la rambarde servant de garde-fou.
- Oui, je le crois! Cette fois-ci, Todd ne viendra pas la chercher de force en menaçant de détruire un village. Et mes compagnons athosiens sont bien au courant du passé de Tiélan. J'ai eu quelque mal à convaincre certains parmi mon peuple, surtout Halling mais...une fois qu'ils ont bien compris que les wraith de Todd ne la poursuivraient pas et qu'elle ne désirait plus être une worshipper, j'ai pu obtenir leur pleine collaboration.
Teyla vit John Sheppard plisser ses lèvres, ses traits hésitants.
- Quelque chose ne va pas John? Est-ce que vous avez des doutes?
- Je ne sais pas mais...elle n'a pas semblé vraiment enthousiaste de s'intégrer parmi les athosiens! C'est comme si...elle le faisait par dépit, parce que Todd l'a abandonnée, d'après elle. Je me demande si elle va pouvoir réellement se libérer un jour de son statut de worshipper qui lui colle à la peau?
- Il est vrai qu'elle ne voit pas vraiment sa liberté comme un cadeau pour le moment. Mais je crois qu'avec le temps, elle va comprendre et accepter. Elle saura que c'était la meilleure chose qui pouvait lui arriver.
- Quelque chose n'est quand même pas clair dans tout ça. J'ai vu son visage changer et s'assombrir, juste avant que nous ne partions. Je crois qu'elle souffre encore de ce syndrome de Stockholm...elle va se comporter un peu comme une droguée en manque, du moins c'est ce que je crois! Alors Teyla, vous feriez mieux de bien aviser les athosiens de porter attention à certains signes et s'il y a un problème, qu'ils nous en avisent sans tarder. Il se peut que Tiélan ait besoin de voir Keller et peut-être aussi notre psychologue d'Atlantis...
- Oui bien sûr, je vais les aviser et je la visiterai souvent au début pour la rassurer.
Les deux convinrent de quitter le balcon et de retourner dans leurs quartiers respectifs pour la nuit.
En chemin, John Sheppard se remémora la conversation qu'il avait eu avec Todd avant son départ, au sujet de Tiélan:
* flashback *
"Le Colonel allait quitter l'infirmerie lorsque Todd se leva, marchant lentement vers lui.
- Sheppard!
John s'arrêta et se retourna.
- Oui? dit-il un peu impatiemment.
- À votre tour de m'accorder une faveur, dit très sérieusement le wraith.
John Sheppard voulut lui dire que c'est lui et Atlantis qui lui faisaient plutôt une formidable faveur, mais il s'approcha de Todd et dit:
- Oui, je vous écoute?
- Tiélan ne partira pas avec moi sur la planète d'Iratus.
- Pardon!? Et pourquoi donc? fit Sheppard en croisant les bras sur sa poitrine, cachant sa surprise. Je croyais que vous l'aimiez?
Il n'avait pu empêcher une pointe de sarcasme dans ses dernières paroles.
Il vit quelque chose passer sur les traits de Todd: une expression que le wraith s'empressa de cacher tout de suite et qu'il n'aurait jamais cru voir chez cette espèce...Todd avait eu l'air de souffrir brièvement, d'être blessé par le scepticisme et la moquerie dans les paroles de son «frère» humain.
Mais déjà le wraith étrécissait ses yeux, sifflant de colère lorsqu'il répliqua:
- Ne vous moquez pas, John Sheppard! Mes sentiments envers elle sont perturbants certes pour un membre de ma race mais...ils sont néanmoins tout-à-fait authentiques! Et c'est justement parce que je l'aime que je veux lui faire un cadeau.
- Un cadeau...que voulez-vous dire?
- La faveur que je vous demande Colonel, est de vous occuper de Tiélan. Je veux lui offrir sa liberté mais si elle n'a aucun endroit où se réfugier et continuer sa vie en tant qu'humaine libre et en paix, alors je ne pourrai trouver la paix moi-même. Et je ne veux pas être inquiet pour sa sécurité et son bien-être.
- Attendez, là! Vous me dites que vous lui offrez sa liberté comme...si je comprend bien, vous la libérez de son statut d'adoratrice!? Vous n'irez pas la chercher de force comme vous l'avez fait la dernière fois lorsque vous avez découvert qu'elle vivait dans le village d'Orodon? J'ai vraiment des doutes, là!
Todd soupira.
- Sheppard...je sais qu'il est dur d'envisager qu'un wraith puisse agir ainsi, mais je suis malade, mourant même. Votre médecine moderne n'a pas réussi à me guérir, ni même stopper cette infection dont je souffre. Je ne veux pas entraîner Tiélan sur cette dangereuse planète. Je ne veux pas qu'elle assiste à ma mort, sans qu'elle ne puisse rien faire sauf que d'en souffrir elle-même. Et si par chance je guérissais, j'ai décidé que nos chemins doivent se séparer. Je tiens vraiment à elle, n'en doutez pas John Sheppard! Et c'est pourquoi elle mérite une vie meilleure que celle d'une worshipper. Elle mérite d'avoir une seconde chance et de s'intégrer dans un monde humain. Je promets que peu importe où elle sera, je ferai tout mon possible pour protéger ce monde et empêcher que des cueillettes aient lieu à cet endroit. Elle et ces humains seront sous ma protection mais...je ne la reverrai jamais plus.
Sheppard en demeura figé comme une statut, tant il était estomaqué. Il n'aurait jamais pu penser qu'un wraith, - encore moins Todd! - soit capable d'un tel sentiment que l'amour. Avec ce cadeau de la liberté que le Commandant voulait offrir à Tiélan, il ne pouvait définitivement plus douter des sentiments de Todd à l'égard de la jeune femme.
- Wow! Vous l'avez réellement dans la peau on dirait! furent les seules paroles que put prononcer le Colonel.
- N'en doutez pas. dit sèchement Todd, regardant froidement Sheppard. Alors, êtes-vous prêt à m'accorder cette faveur?Vous pouvez également demeurer assuré que je ne révèlerai pas la position d'Atlantis à mes frères wraith. Et vous savez que je respecte la parole donnée, tout comme vous!
Sheppard se gratta la tête:
- Écoutez, il faut d'abord que j'en parle à Woolsey. Mais franchement, je ne pense pas qu'il y ait un problème. Mais...et Tiélan? Est-elle au courant? Ne croyez-vous pas qu'elle va prendre plutôt mal le fait que vous l'abandonniez?
- Elle ne sait rien encore, avoua le wraith. Ce sera à moi de lui annoncer, mais juste avant mon départ. Oui il se peut qu'elle réagisse mal au début. Mais elle finira par comprendre que je fais ceci pour son bien. Et que c'est la meilleure décision que j'aurai prise pour elle. Même si je dois avouer qu'elle me manquera et ceci chaque jour de ma vie! Cela, si je survis bien sûr...
John Sheppard eut un hochement de tête lent et profond envers Todd, respectant l'individu qu'il était et ce qu'il s'apprêtait à faire par amour pour une humaine.
- J'en parle à Woolsey et je reviens vous voir à ce sujet. Si ça marche, j'ai une p'tite idée de l'endroit où nous pourrions l'envoyer..."
* fin du flasback *
() () () () ()
«Tiélan marchait dans la brume d'une planète dangereuse et inconnue lorsqu'elle entendit un cri, suivi d'un gémissement...
Elle se mit à courir, arrivant tout près d'un grand lac aux eaux sombres.
Puis elle le vit. Todd.
Il était tombé dans le lac...
Près du bord de la rive, il tentait de se hisser hors des eaux qui menaçaient de l'engloutir. Mais il était affaibli et son uniforme ainsi que ses bottes de cuir étaient trop lourds. Il était en train de se noyer! comprit la jeune femme qui se mit à courir à perdre haleine, atteignant enfin le côté du lac où luttait le wraith.
Il faisait sombre, la nuit tombait mais elle l'aperçut et se pencha, prenant garde de bien planter ses pieds dans le sol boueux et glissant pour ne pas tomber.
Elle agrippa fermement de ses deux bras celui du wraith qui tentait toujours de s'en sortir...
Mais le wraith arrêta de se débattre et la regarda soudain, son visage contorsionné par la colère:
- Mais qu'est-ce que tu fais ici, humaine!? Je t'ai donné l'ordre de ne pas me suivre!
- Todd, je suis venue à votre secours! Vous avez besoin de moi alors accrochez-vous!
- Non...laisses-moi. Va-t'en! Tu n'as rien à faire ici. C'est fini, je vais mourir...
- Écoutez-moi. Vous ne pouvez pas abandonner! Allez, donnez-moi votre autre bras, je vais vous hisser!
Mais c'était difficile. Il était mouillé de la tête aux pieds et il ne faisait plus aucun effort pour s'en sortir...
- Aidez-vous donc! Ayez confiance, je vais vous sortir de l'eau, l'encouragea Tiélan qui ne comprenait pas son défaitisme.
- Stupide humaine! dit Todd, son visage crispé de rage. Tu as voulu venir malgré mes ordres? Eh bien tu vas connaître ton destin!
Et tout-à-coup, au lieu de se tenir à Tiélan pour sortir de l'eau, le wraith s'agrippa de ses deux bras à un des siens et se mit à la tirer vers lui, cherchant à l'entraîner dans l'abîme sombre!
La jeune femme le regarda avec stupeur, tentant cette fois-ci de se libérer.
- Ahhhh tu as voulu refuser le cadeau que je t'ai fait? Eh bien tu vas mourir avec moi!
Tiélan se débattit de plus belle, tentant de se libérer de la poigne de fer du Commandant.
Toute faiblesse l'avait quittée alors que le wraith l'attirait vers lui avec plus de force que jamais!
Tiélan se mit à hurler.»
() () () () ()
Tiélan se réveilla brusquement, trempée de sueur. Elle s'assit carré dans son lit.
Ses yeux étaient grands ouverts dans la nuit, ses lèvres entrouvertes; elle était à bout de souffle. Elle se demanda si elle avait réellement crié ou bien si ce cri de pure terreur avait fait partie du rêve?
Ses yeux s'habituèrent à la noirceur, aidés par la petite veilleuse située près de la table de chevet.
Ah oui! se rappela Tiélan. Je ne suis plus sur la ruche. Je suis dans des quartiers qu'on m'a prêtés sur Atlantis!
Elle n'avait sûrement pas crié à voix haute, sinon le Sergent Pedersen aurait frappé à sa porte pour lui demander si tout allait bien ou bien il se serait juste précipité dans la pièce pour lui porter secours.
Quel rêve étrange et horrible!
Tiélan repoussa les couvertures et se dirigea vers la salle de bain. Elle prit une petite serviette et se lava le visage, le cou et les aisselles pour se nettoyer de la transpiration. Elle regarda machinalement son visage: elle avait les joues creuses, le teint blafard et quelques ombres sous les yeux. La gorge sèche, la jeune femme fit couler de l'eau fraîche et en but un verre, retournant ensuite s'étendre sur le lit.
Mais le sommeil ne venait pas. «Pourquoi ce rêve bizarre? se demanda Tiélan. Qu'est-ce que l'Univers essaie de me dire? Que Todd ne veut pas que je vienne le sauver...?»
Elle regarda le plafond. Les vénitiennes de la chambre étaient restées entrouvertes; les rayons des deux lunes de la planète, se prolongeant sur l'eau, envoyaient de belles ombres claires, chatoyantes et argentées qui dansaient follement sur les murs et le plafond.
Comme le sommeil la boudait, Tiélan se mit à penser à Todd, se torturant l'esprit même si on lui avait conseillé de tout oublier et de se tourner vers l'avenir.
Elle prit une grande respiration, fermant ses yeux et répétant un mantra pour se mettre en position de méditation. Peut-être pourrait-elle atteindre le Commandant et tenter de voir où il se trouvait? Voir comment il allait?
Elle tenta d'étirer un tentacule de son esprit et de chercher celui de Todd.
Mais évidemment, rien ne fonctionnait. Soit il l'avait bloqué délibérément, soit il était trop loin, trop faible...ou déjà mort.
Tiélan hocha fermement et négativement la tête. Non, ça n'était pas possible! Todd ne pouvait pas mourir. Elle ne le lui permettrait pas.
Puis, soudain, tout fut totalement clair.
«Il faut que j'aille le chercher! Il me faut le sauver!» comprit la jeune femme.
Il fallait qu'elle cesse de s'apitoyer sur son sort. Fini de se lamenter parce que le wraith l'avait rejetée et ne voulait plus d'elle dans sa vie!
«Mais qu'est-ce que c'est que ça? Il m'aime, m'a traitée enfin en égale mais il décide sans m'en parler que je ne dois pas le suivre pour l'aider? Comment ose-t-il être le seul à décider pour nous deux? Mais quelle arrogance! Il m'a entraînée pour être une guerrière et une espionne pendant tout ce temps mais il ne daigne pas me laisser l'accompagner sur cette maudite planète!? Oui, le cadeau de la liberté est une belle preuve d'amour, comme me le répètent les atlantes, mais...j'avais le droit de choisir pour moi-même ce que je veux faire de mon propre destin!»
Dans sa tête, tout s'embrouillait:
«Je n'aurais jamais cru dire cela d'un wraith et surtout de lui mais ce vieux bougre vous aime vraiment Tiélan...souvenez-vous-en!» lui avait dit Sheppard.
«J'ai tout raconté à mes concitoyens athosiens, leur précisant que votre ancien maître vous a accordé votre liberté inconditionnelle. Il ne fera rien pour venir vous chercher. Et je crois que vous devriez en faire bon usage Tiélan! C'est ce que Todd aurait voulu...» lui avait dit Teyla Emmagan à son tour.
La bouche de Tiélan se tordit de mépris, ses yeux brillant soudain de rébellion.
«Mais oui c'est ça! Todd...encore et encore Todd qui décide de tout! marmonna la jeune fille, sarcastique. Tu dis m'aimer Todd, mais si tu me considérais vraiment, tu m'aurais demandé mon avis! Tu m'aurais offert ma liberté mais en me demandant ensuite si c'est ce que je désirais vraiment! C'est ainsi qu'on traite quelqu'un qu'on aime, quelqu'un qu'on considère comme une égale!»
Tiélan avait à peine noté qu'elle s'adressait à Todd dans ses pensées en le tutoyant et que le mot «Maître» ne lui venait plus du tout naturellement.
Puis elle entendit une voix venant d'un passé bien lointain: sa mère Tiépi, avec sa voix douce toujours si pleine d'optimisme:
«Je suis certaine que l'Univers te réserve un sort favorable, ma chérie. Dis-toi que nous avons tous un plan unique pour nous, écrit par le Destin...».
Tiélan durcit sa mâchoire:
- Non Mère. Tu as tort. Notre destin, c'est chacun de nous qui le faisons. J'emmerde l'Univers! gronda Tiélan à voix haute, se parlant à elle-même. Jamais Il ne m'a donné un seul signe de ce qu'il attendait de moi, depuis que tous les miens sont morts et qu'on m'a transformée en runner. Pas plus lorsque je suis devenue adoratrice! Alors ce soir, je décide de prendre mon propre destin en main. Ce n'est pas l'Univers, ni les atlantes, ni toi non plus Todd, qui allez décider de ce que je veux faire de ma propre vie!
Tiélan se leva. Sa décision était prise.
Oui, les atlantes lui en voudraient. Oui, elle allait gâcher sa toute dernière chance de vivre une vie d'humaine en liberté. Tout cela parce qu'elle aimait véritablement ce maudit wraith, tout autant qu'il l'aimait authentiquement.
La jeune femme se rendit à la porte et écouta le moindre bruit. Tout semblait calme, Pedersen n'avait pas réalisé qu'elle avait eu un cauchemar et qu'elle ne dormait plus.
«Pedersen...ah mon cher Eirik!» se dit la jeune femme avec un sourire tout aussi retors que le wraith qu'elle aimait, lorsqu'il laissait son côté rusé et tortueux le guider. «Sheppard n'aurait jamais dû l'affecter à ma garde. Il va s'en mordre les doigts!» ricana silencieusement Tiélan.
La jeune femme réfléchit. Il lui fallait un plan solide pour sortir d'ici.
«Je ne peux pas faire voler un de leurs vaisseaux. Et bien sûr, il serait absurde de chercher à fuir Atlantis par la mer. Il ne me reste que la porte des étoiles...».
Tiélan se mit à chercher fébrilement dans l'appartement de Sharon, fouillant placards, tiroirs et tous les moindres recoins pour se trouver des vêtements mais surtout quelque chose qui pourrait lui servir dans son périple...et surtout une arme.
- Todd...murmura-t-elle enfin d'une voix pleine de ferveur. Tiens bon, je viens te chercher! xxcc
() () ()
Quelques quinze minutes plus tard, Tiélan avait trouvé peu de choses, mais au moins c'était un début:
Sharon était un peu plus grande, mais une paire de leggins noires, un t-shirt de même couleur à grand col et un bon chandail de lainage tricoté serré et d'un gris morne lui suffiraient pour faciliter ses mouvements et la garder au chaud sur la planète Iratus.
Elle avait récupéré les menottes, ridicules mais tout de même très fonctionnelles.
En fouillard le troisième et dernier tiroir, la jeune avait éclaté d'un petit rire grinçant en découvrant...une minuscule arme à feu, de toute évidence conçue pour une femme à cause de sa légèreté et de la facilité à la cacher sur soi. À côté, un petit magasin de balles.
Tiélan la prit et la chargea, la cachant dans la petite poche du chandail gris.
«En tous cas, pensa-t-elle, la personne qui a fait le ménage de cet appartement avant qu'on ne m'emmène ici a mal fait son travail. Sa négligence me permet d'avoir au moins une arme pour me défendre!»
Mais elle savait que cela ne suffirait paspour ce qu'elle avait en tête. Il lui faudrait être bien mieux armée pour parer à toute éventualité, lorsqu'elle serait là-bas sur la planète.
Tiélan récapitula son plan, un peu trop rapidement élaboré:
«Il faut d'abord que je sorte d'ici. Pedersen est mon garde, donc ce sera facile de l'attirer ici. Merci Sheppard! ricana la jeune femme. Ensuite, je dois me rendre à l'armurerie. J'ai besoin de plus que ça comme armes et munitions. J'ai besoin de bonnes bottes, d'une veste tactique, de provisions et de nourriture. Ils ont aussi des gourdes pour l'eau et des barres d'énergie. Cela devrait suffire...ensuite, et c'est la partie la plus difficile, je dois me rendre à la salle de contrôle de la porte et convaincre le technicien en service de trouver la bonne adresse de la planète Iratus; je devrai passer la porte sans encombre pour enfin aller chercher Todd.»
Tiélan était excellente pour se faufiler en territoire ennemi et aussi dans la science du combat; elle saurait se débrouiller pour manipuler ces armes mais la difficulté ici, c'est qu'elle ne voulait tuer personne.
Les atlantes ne comprendraient pas son choix, mais ils avaient voulu l'aider, lui donner une autre chance. Elle n'allait certainement pas tuer ou blesser gravement quelqu'un, juste parce qu'elle désirait aller rejoindre le Commandant!
C'est pourquoi cette mission personnelle serait tout un défi.
Vite, il lui fallait réfléchir...Eirik Pedersen avait un gros faible pour elle, mais en tant que soldat professionnel et compétent, il ne se laisserait pas «avoir» aussi facilement cette fois-ci.
Elle savait que de tout lui expliquer ce qu'elle voulait faire lui prendrait trop de temps et que son devoir de soldat ne lui permettrait pas de l'aider, même avec cette inclinaison romantique pour elle. Il lui fallait donc ruser avec lui. Il possédait aussi cette arme paralysante wraith qu'elle avait vu à son ceinturon plus tôt; les atlantes ne tenaient bien sûr pas à la blesser réellement si elle tentait de fuir!
Tiélan ne tenait pas non plus à faire de mal à personne, alors il lui fallait absolument cette arme...
() () ()
Le Sergent Pedersen fut surpris de voir la porte s'ouvrir, révélant une Tiélan habillée de vêtements de sport trop grands pour elle mais la rendant néanmoins incroyablement sexy, surtout avec ce chandail plutôt laid mais au décolleté joliment échancré au bon endroit.
- Bonsoir...ou plutôt bonjour! dit la jeune femme d'une voix ensommeillée (il était 3 heures du matin). Je...je suis incapable de dormir. Vous m'avez dit de venir vous voir si j'avais besoin de vous alors, je me demandais si...si vous vouliez bien entrer et prendre un thé en ma compagnie?
- Je...eh bien, je ne suis pas supposé bouger d'ici, balbutia l'homme, observant le beau sourire, les yeux pervenches suppliants et le battement de cils affriolant de la jeune femme.
- Je sais. Vous montez la garde devant ma chambre. Mais vous allez pouvoir tout aussi bien me surveiller si vous entrez! Tout ce que je veux c'est un peu de compagnie et boire de cet affreux thé athosien qui me fera peut-être finalement dormir. Allez Eirik, je ne mords pas! Entrez donc, disons juste une trentaine de minutes? Que vous soyez à l'intérieur ou à l'extérieur de mes quartiers, vous garderez quand même l'oeil sur moi...
Eirik Pedersen observa la jeune femme. Elle ne semblait avoir aucune mauvaise intention. Et ce sourire implorant et ravageur...?
- Bon alors, disons vingt minutes, concéda Pedersen en regardant à gauche et à droite du corridor, passant finalement le pas de la porte. Et vous savez, moi, je l'aime bien ce thé athosien!
Tiélan eut un petit rire espiègle.
«La souris est enfin entrée. À toi de jouer maintenant!» se dit la jeune femme en lui tournant le dos pour mener Pedersen vers le salon, lui cachant son expression de féline rusée.
() () ()
Tiélan avait fait réchauffer ce qu'il restait du thé athosien que Teyla Emmagan lui avait laissé.
Elle s'installa sur le divan; Pedersen prit un fauteuil en face d'elle.
- Mais venez donc vous asseoir sur ce divan près de moi voyons! Installé comme ça, vous me faites penser à quelqu'un venu faire une visite professionnelle à un client, bouda habilement Tiélan.
Eirik Pedersen se racla la gorge, un peu embarrassé. Il ne voulait pas se retrouver vulnérable, près du corps chaud de cette belle jeune fille pour qui il avait encore un gros faible. Il était en devoir, se rappela-t-il. Alors il résista à son envie de se retrouver encore plus proche d'elle.
- Non, désolé je ne peux pas Tiélan! Je suis effectivement un professionnel et en devoir justement. Je peux très bien prendre mon thé et converser avec vous, là où je me trouve...
Tiélan cacha bien vite sa contrariété. «Ça va être un peu plus difficile alors, mais rien d'incontournable!» se dit-elle.
Depuis toujours, la jeune kélownienne portait un anneau doré, incrusté de l'écriture de son peuple, soulignant son appartenance au rang des guérisseuses. Il lui avait été donné par sa mère.
- Vous avez un bel anneau! fit remarquer le Sergent, cherchant comment débuter la conversation.
Tiélan eut soudain une idée. Elle retira l'anneau et le tendit à Eirik Pedersen, lui expliquant la signification des lettres et des symboles.
En même temps, elle versa le thé dans les deux tasses.
Pedersen examina l'anneau en s'extasiant sur la beauté des inscriptions. Puis il lui tendit l'anneau pour le lui remettre.
Tiélan tendit la tasse au militaire en voulant saisir en même temps son anneau mais elle le fit exprès pour renverser gauchement la tasse et échapper l'anneau qui roula sous le divan.
- Oh non! gémit la jeune femme en se levant, l'air éploré. Je vais nettoyer tout-à-l'heure, ce n'est pas grave mais...je ne veux pas perdre l'anneau que m'a donné ma mère, c'est si précieux pour moi!
Elle se pencha mais simula une douleur dans le dos et se releva lentement en se dépliant difficilement.
- Je...impossible de me pencher. Ce doit être encore une séquelle du choc que j'ai subi lorsque la ruche a frappé l'océan. Vous...vous voulez bien...?
Pederson se précipita, rougissant. Il se sentait honteux de ne pas avoir tout de suite sauter sur ses pieds pour aller l'aider.
- Je...bien sûr! Où a-t-il roulé? demanda-t-il en se penchant pour tenter de trouver le petit anneau sur le tapis épais recouvrant le sol sous le divan.
Tiélan réagit alors très vite.
Elle saisit l'arme de poing dans la poche de son chandail et elle profita de la position accroupie de l'homme pour le frapper rapidement et précisément à la nuque, à l'endroit précis où elle savait qu'un certain muscle allait faire une compression sur une veine et le priver d'afflux au cerveau pendant quelques secondes.
Eirik Pedersen tomba comme une masse. Grimaçant un peu car cela ne lui faisait pas du tout plaisir de l'avoir frappé, la jeune femme se pencha pour vérifier le pouls du Sergent, constatant qu'il n'était que légèrement blessé mais surtout inconscient. Elle chercha et trouva l'anneau qu'elle remit à son doigt.
Il lui fallait maintenant se dépêcher. Elle courut chercher les menottes et les passa aux poignets de Pedersen, replaçant la clé dans le troisième tiroir, espérant que cela lui prendrait du temps pour ramper jusque là et la trouver.
Bon, il se sentirait plutôt ridicule au réveil avec ces bizarres menottes roses, mais elle n'avait pas eu le choix pour l'immobiliser sécuritairement!
Elle fouilla l'homme et prit dans sa veste tactique le passe, une sorte de carte plastifiée qu'elle savait contenir le code de la plupart des portes importantes sur Atlantis, espérant qu'elle lui ouvre celle de l'armurerie! Elle prit son arme de poing; une arme lourde et noire, plus grosse que son tout petit revolver. Elle trouva aussi l'arme paralysante wraith et vérifia qu'elle était pleinement chargée et tournée vers le mode «paralyser» et non «tuer».
Pedersen avait laissé son arme automatique P90 près de la porte, mais Tiélan décida qu'elle était trop encombrante et voyante pour l'apporter avec elle; surtout que son but n'était pas de tuer les atlantes ni se faire remarquer avec une autre grosse arme.
La jeune femme rattacha les boutons du chandail gris, cachant son décolleté. Puis elle écouta attentivement en collant son oreille contre la porte. N'entendant aucun bruit, elle décida de sortir doucement de ses quartiers. Elle jeta un dernier regard sur la figure immobile et toujours évanouie du Sergent, demeuré allongé sur le sol près du divan.
- Désolé Eirik, murmura-t-elle. Mais je n'avais pas le choix. J'espère que vous me pardonnerez un jour...
() () ()
Tiélan connaissait maintenant assez Atlantis. Elle se souvenait donc où se trouvait l'étage de l'armurerie. En fait, c'était tout près de la salle de contrôle, la pièce précédant celle de la baie des transports.
C'est là que les soldats partant en mission allaient se changer et ramasser toutes leurs armes et le matériel nécessaire avant de se diriger vers les jumpers.
Atlantis était vraiment tranquille à cette heure de la nuit...
La jeune femme réussit facilement à se glisser dans les corridors, arrivant près d'un transporteur. Elle souhaita désespérément que la carte de passe du militaire lui donne facilement accès aux nombreux transporteurs situés à chaque étage. Sinon, il lui faudrait prendre une longue série d'escaliers de secours et elle perdrait un temps précieux.
Heureusement, le passe du Sergent Pedersen fonctionna tout de suite et elle eut accès au premier transporteur qu'elle rencontra.
Elle toucha sur le panneau l'endroit le plus près de la salle de contrôle, ne voulant pas déboucher tout de suite dans celle-ci. Le transporteur la mena directement aux deux corridors précédents.
Tiélan fouilla dans ses souvenirs et prit d'abord le corridor de droite.
Mais plus elle avançait et plus elle sentait que ce n'était pas la bonne direction. Rebroussant chemin, la jeune femme prit la gauche et se souvint soudain que l'armurerie était en effet par là.
«Elle va être gardée, se dit Tiélan. C'est une pièce qui ne reste jamais sans surveillance. Mais heureusement, il ne devrait y avoir qu'un garde si j'ai de la chance.»
Plus elle approchait et plus elle se montrait prudente. Elle longea le mur et se dissimula au dernier tournant, étirant son cou pour apercevoir non pas un, mais deux marines montant la garde!
- Oh non...gémit à voix basse la jeune femme.
Comment faire pour se débarrasser des marines sans faire trop de bruit et attirer ainsi l'attention d'autres soldats? De plus, elle ne voulait faire de mal à personne, elle se l'était bien promis!
Tenter de les charmer ne marcherait pas. Elle avait pu le faire avec Pedersen, mais valait mieux ne pas tenter le coup, surtout pour deux hommes. Et ce n'était pas tous les atlantes qui approuvaient la décision de Sheppard et de Woolsey d'avoir donné une seconde chance à une worshipper de wraith!
Tiélan eut une idée, espérant de tout cœur que cela fonctionne. Sinon eh bien...hummmm elle n'avait en fait aucun plan B!
Elle décontracta tout son corps et ébourriffa sa chevelure, mettant également du désordre dans ses vêtements, voulant faire croire qu'elle sortait juste du lit.
Elle ferma à demi ses yeux, sortant du tournant de l'allée où elle s'était cachée pour simuler une personne en pleine crise de somnanbulisme...
Elle s'avança en titubant légèrement, marchant lentement en regardant droit devant elle. Croisant les doigts derrière son dos pour que les deux marines tombent dans le panneau...
() () ()
- Walker. Hé, regardes qui vient par là! C'est pas la fille qui suivait ce wraith partout? Mais qu'est-ce qu'elle fait dans le coin à c't'heure-là!?
- Hummm...elle a l'air perdue. Comme si elle dormait à moitié, répondit l'interpellé.
- HÉ MADEMOISELLE? demanda l'autre marine. On peut vous aider? Vous ne devez pas sortir toute seule de vos quartiers. Mademoiselle?
- Tu vois bien qu'elle dort, Collins. Il faut faire attention avec les somnanbules, il ne faut jamais les réveiller brusquement!
- P'être ben, mais cette fille devait rester sous bonne garde et ne sortir sous aucun prétexte sans être accompagnée. Ordre du Colonel!
L'homme s'avança pour bloquer le passage de la fille. Il se mit directement sur son chemin pour l'empêcher de les dépasser, n'osant pas la toucher de peur de la faire sursauter.
Tiélan, ses yeux à demi fermés, se cogna sur l'homme et fit semblant de sursauter en s'éveillant brusquement.
- Euh...quoi!? balbutia-t-elle, se frottant les yeux. Mais...mais qu'est-ce que je fais là?
Le dénommé Walker la regarda avec commisération.
- Je crois que vouz avez une crise de somnanbulisme, mademoiselle.
- Je...je...oui c'est possible, je...marmonna Tiélan, gardant sa voix volontairement confuse.
- Attendez un peu, vous là! dit soudain le soldat Collins. Il est impossible que vous ayez pu sortir sans vous faire remarquer. Je sais que Pedersen devait garder vos quartiers toute la nuit! continua le marine, plus suspicieux que son compagnon. Alors, comment avez-vous pu sortir sans qu'il s'en aperçoive?
«Merde. Je n'ai pas pensé à Pedersen!» se dit tout-à-coup Tiélan, repensant au Sergent inconscient et allongé sur le sol de ses appartements.
Il lui fallait maintenant agir rapidement. Mais il y avait DEUX hommes. L'élément de surprise ne jouerait qu'une seule fois et elle devait éviter le boucan pour ne pas attirer d'autres personnes dans le coin.
- Je...je n'en sais rien. Je me suis probablement mise à marcher dans mon sommeil, comme je le fais souvent. Alors peut-être qu'il ne m'a pas vu parce qu'il n'était plus à ma porte? dit la jeune femme d'un ton hésitant.
- Hé bien mademoiselle, on va le savoir tout de suite! dit Collins en levant sa radio, ses sourcils froncés par la méfiance. Je vais communiquer tout de suite avec Pedersen. Je sais qu'il n'aurait pas quitté sans avertir un autre garde. Ce n'est pas son genre du tout!
«Oh non. Il n'est pas question qu'il appelle Eirik par radio!»
Tiélan décida de lancer l'offensive. Elle pivota sur un pied en hésitant, se tournant vers Walker et feignant de faire une chute.
- Je...je me sens...mal, geignit-elle.
Automatiquement, le premier marine tendit les bras alors que Collins restait sur place, hésitant entre appeler Pedersen ou bien s'approcher de la jeune femme pour voir ce qui n'allait pas. Mais il hésita trop longuement.
Tout se passa vite: Tiélan leva le genou et frappa les parties sensibles de Walker qui poussa un petit gémissement de surprise et de douleur. En même temps, elle leva bien haut son coude qui atterrit durement tout contre la gorge de l'homme, assez pour qu'il s'effondre enfin, le souffle encore plus coupé.
L'autre n'eut même pas le temps de réagir. Tiélan avait d'un bel arc parfait de sa jambe fait un tour sur elle-même, projetant brutalement son pied sur sa main, ce qui lui fit pousser un cri. Sa radio tomba sur le sol.
Simultanément de son autre main, Tiélan saisi son arme paralysante wraith, appuya sur la gâchette et envoya enfin Collins au pays de l'oubli.
Le P-90 du soldat tomba avec un bruit fracassant.
Tiélan se dépêcha d'aller saisir la radio et les armes des deux hommes. Elle paralysa également Walker pour être bien certaine que les deux hommes resteraient assez longtemps évanouis, le temps qu'elle réussisse à se sauver par la porte des étoiles.
Rempli d'adrénaline, son cœur battait vite et fort. Tiélan se félicita de n'avoir pas du tout perdu la main...
Elle marcha prudemment vers la fin du corridor, écoutant pour savoir si quelqu'un avait été alerté par les bruits produits par son attaque des deux hommes. Elle n'entendit rien d'autre que le silence nocturne des lieux, troublé seulement par les doux bruits d'eau des tours aquatiques et lumineuses, situées à chaque coin des corridors.
Puis elle revint vers la porte de l'armurerie et sortit son passe. Elle entra la carte dans la fente et poussa un petit grognement d'excitation lorsque le mécanisme d'ouverture de la lourde porte s'enclencha.
Elle sortit tout de même son arme paralysante au cas où un autre militaire serait posté à l'intérieur. Il n'y avait heureusement personne...
«Je dois faire vite!» se dit Tiélan, fiévreuse et consciente que le pire était à venir et que même si de nuit la grande cité était plus tranquille et moins gardée, il y avait aussi des mécanismes de sécurité qu'elle ne connaissait peut-être pas bien. Il n'y avait rien de garanti!
Elle trouva rapidement tout ce dont elle avait besoin:
De bonnes bottes militaires, noires et lourdes. Une veste tactique qu'elle passa par-dessus son chandail: elle possédait de multiples poches avec des munitions, des pansements multiples, quelques minces cordes et même des barres d'énergie protéinées. Il y avait aussi un petit bandeau noir à porter sur le pourtour de la tête, comportant une puissante lumière pour percer la noirceur, comme celle des mineurs.
Elle trouva une gourde d'eau potable qu'elle passa à son ceinturon.
Elle saisit un P-90 et vérifia le chargeur, amenant un magasin de balles en supplément. Cette arme automatique serait fort utile si jamais elle se retrouvait en face d'une grande quantité d'insectes iratus.
Pour terminer quelques grenades, des vraies mais aussi des assourdissantes.
Fébrile, elle ne cessait d'aller vers la porte et d'écouter tout bruit suspect, également pour vérifier si les deux marines étaient toujours inconscients.
Elle trouva deux autres paires de menottes, mais cette fois-ci ce n'étaient pas des menottes de fantaisie. Elle décida de les passer aux deux hommes, lançant les clés tout au fond de la pièce pour les empêcher de se libérer trop rapidement.
Puis elle trouva du ruban noir gommé et en posa sur la bouche des deux militaires, s'assurant qu'ils respireraient paisiblement, leur voies nasales non obstruées.
Bien. Maintenant, elle était prête pour la troisième partie de son plan. La plus difficile.
Car elle ne savait pas combien de personnes seraient en service dans la salle de contrôle de la porte et surtout...
...elle ne connaissait pas l'adresse de la porte de la planète Iratus et elle devrait forcer le technicien en service à signaler l'adresse de la planète pour la laisser quitter Atlantis et aller au secours du Commandant.
() () () ()
Tiélan avait réussi sans peine à se rendre à la salle de contrôle de la porte.
Elle avait dû en chemin se dissimuler deux fois: la première, d'une patrouille de quatre marines qui venaient en sens inverse.
L'autre fois, de quelques scientifiques semblant apprécier les heures nocturnes pour travailler. Ils déambulaient en riant et plaisantant, se dirigeant vers la cafétéria pour un petit lunch de nuit.
Elle était maintenant cachée derrière une colonne, observant ce qui se déroulait.
La grande pièce possédait deux paliers:
Le plus haut était une salle à moitié entourée de panneaux de verres avec comme mur ces très belles mosaïques au design ancien de couleurs rouille et turquoise, avec un grand vitrail de petites vitres de différentes couleurs, reflétant la lumière du soleil lorsqu'il faisait jour.
Différents panneaux techniques, quelques fauteuils, un grand écran central et des ordinateurs tout au fond étaient le seul décor de la salle de contrôle de la porte.
Il fallait descendre une dizaine de marches tout au plus pour se retrouver dans la très vaste salle de la Porte au second palier de la pièce.
Un grand plancher fait de tuiles de céramique de couleur rouille à motifs géométriques avec tout au fond la Porte d'Atlantis qui trônait, supportée par deux larges piliers de couleur vert d'eau en forme de V inversé.
Tiélan avança précautionneusement. À cette heure, elle fut soulagée de n'apercevoir que deux personnes, toutes les deux installées dans la salle de contrôle. Aucune autre présence en bas sur le plancher où se trouvait la porte même.
Elle observa néanmoins les moindres coins des deux pièces, cherchant à savoir s'il y avait des gardes postés à quelque part.
Personne.
Alors elle reporta son attention sur les deux individus qui parlaient tranquillement devant un des postes de contrôle: il y avait une jeune femme, visage agréable, fin vingtaine, cheveux châtains longs attachés par une queue de cheval. Visiblement la technicienne de surveillance en service de nuit...
L'autre, un jeune soldat portant l'uniforme habituel chez les marines. Plutôt bien baraqué, cheveux noirs coupés ras, beau gosse. Son P-90 installé nonchalamment tout contre sa jambe alors qu'il se penchait vers la fille, il était de toute évidence en train de lui conter fleurette si Tiélan en jugeait par le sourire embarrassé mais espiègle de la technicienne qui gardait le nez baissé sur son tableau de bord, ses joues rougies.
Tiélan s'approcha à pas de loup pour les écouter...
() () ()
- Il faut que tu acceptes qu'on se revoie, Isabelle! disait le soldat Manuel Rodriguez. Oui, la dernière fois j'ai dû annuler notre sortie mais...tu sais bien que ce n'était pas de ma faute! Le Colonel m'a collé une garde de plus, me demandes pas pourquoi! Mais cette fois-ci, j'ai demandé à Collins de me remplacer samedi soir. Il m'en devait une! Alors si la météo ne s'est pas trompé, ils nous annoncent une belle soirée chaude. J'ai prévu un pique-nique sur le pont-sud. Habilles-toi sexy, moi je m'occupe du reste! termina fièrement l'homme.
Isabelle prit le temps de réfléchir. Elle était vivement attirée par le beau Manuel mais visiblement, elle le faisait exprès de le faire languir. C'était un jeu fort intéressant qui l'amusait énormément depuis quelques temps!
Mais toute bonne chose a une fin. Elle finit par acquiescer de la tête avec un petit sourire espiègle. Puis soudain elle claqua des doigts, se rappelant de quelque chose qui l'embêtait visiblement.
- Oui j'aimerais bien Manuel mais...zut! J'ai promis aux filles de venir participer à la partie de cartes du samedi soir. Et je n'ai jamais manqué une seule fois à cet engagement...
- Non, t'es pas sérieuse là? Tu ne peux pas demander à une autre copine de te remplacer pour cette partie de cartes, pour une seule fois!?
Isabelle fronça ses sourcils mais deux petites fossettes adorables se creusèrent dans ses joues lorsqu'elle finit par faire un sourire prometteur au jeune homme qui sourit à son tour, voyant qu'elle allait céder.
- Hummmm Manuel, oui je pense bien pouvoir m'arranger! déclara-t-elle finalement d'un air joyeux.
- Super! Oh ma belle, je te promets qu'on va passer un..-
Peu importe ce que Rodriquez allait promettre.
Il fut interrompu brusquement par un fulgurant éclair bleu et blanc qui le frappa dans le dos alors qu'une forme sombre mais vraiment rapide s'était avancée derrière lui.
Le marine s'écroula, d'abord sur le bord de la console pour ensuite glisser par terre en se retournant sur le dos, son corps ensuite totalement immobile.
Isabelle poussa un petit cri et se leva, hésitant entre courir vers son ami ou rester figée là, apeurée par la forme humaine qui s'avançait très rapidement vers elle.
- Ne bouges pas et ne cries pas! Lèves tes mains en l'air pour que je les vois! gronda d'un ton bas mais ferme et autoritaire la femme qui venait de tirer sur son ami.
() () ()
Tiélan observa la fille alors qu'elle pointait son arme paralysante sur elle.
Celle-ci avait sagement décidé d'obéir et de lever les mains, lançant des coups d'oeil craintifs et inquiets vers le marine étendu par terre. Tiélan, sans quitter la fille des yeux, frappa par deux fois la jambe de l'homme pour s'assurer qu'il était bel et bien inconscient.
La technicienne gémit, ses yeux pleins de larmes.
- Cesses de t'en faire! Ton amoureux est juste évanoui. Il n'a rien de grave, dit Tiélan.
Puis elle vit la femme qui, d'un geste furtif qu'elle avait cru discret, tentait d'atteindre en se penchant légèrement une sorte de bouton d'alerte situé sur le coté de la console. Probablement un signal d'alarme en cas de danger!
Tiélan fut plus rapide. Elle étira vivement et élégamment sa jambe dans un mouvement d'attaque bien exécuté, frappant la main de la fille de son pied. La jeune femme sursauta et se prit la main touchée avec l'autre, la massant en regardant celle qui l'avait attaquée, ses yeux pleins de stupeur et de reproche.
Tiélan marcha vivement vers elle en la menaçant de son arme paralysante, celle dont elle s'était servie pour immobiliser le marine.
- N'essaies plus de faire ça! siffla Tiélan entre ses dents. Maintenant, fit-elle en pesant sur l'épaule de la fille pour la faire s'asseoir, restes tranquillement assise. Tu vas m'écouter et faire tout ce que je te dirai. Ou bien tu le regretteras, crois-moi!
Tiélan espérait faire assez peur à cette fille pour qu'elle obtempère à tous ces ordres. Elle ne lui voulait pas de mal bien sûr, mais elle devait se montrer forte et assez menaçante pour que l'autre soit effrayée et accepte de taper l'adresse qui allait ouvrir le portail et la laisser quitter Atlantis.
Il lui fallait faire vite également. D'autres personnes pouvaient venir ici bientôt. Après tout, elle n'avait aucune idée des heures de relève du personnel!
Ou bien Pedersen ou un des deux soldats de l'armurerie se réveilleraient et pourraient réussir à donner l'alarme...
() () ()
- Vous...vous êtes cette fille! L'adoratrice du wraith, celui que le Colonel a surnommé Todd, balbutia finalement Isabelle, tout à la fois surprise et apeurée.
- Exact. Je suis Tiélan Quinn. Alors ma chère Isabelle, grinça la fille - (Isabelle comprit que cette femme les écoutait elle et Manuel depuis un certain temps avant qu'elle ne les ait attaqués, car elle connaissait son nom!) - tu vas obéir exactement à mes instructions. Et je ne te conseille pas de jouer au plus malin avec moi!
Isabelle observa la worshipper. Il lui semblait pourtant avoir entendu Teyla Emmagan et le Colonel Sheppard parler d'elle en bons termes avec Monsieur Woolsey! Dans leur conversation, ils avaient tous l'air assez convaincus que cette Tiélan Quinn allait s'intégrer aux athosiens habitant le continent, vu que son ancien maître lui avait accordé sa liberté.
Pourtant, la femme avait ce regard fou mais déterminé de celle qui n'entend pas à rire...
Isabelle tenta d'acheter un peu de temps. Elle savait que le remplaçant de Manuel devait se pointer pour le remplacer dans un peu plus de dix minutes.
- Mais...mais qu'est-ce que vous voulez? Je...je croyais que vous étiez des nôtres maintenant? Pourquoi faites-vous cela? Je ne comprends pas. Vous deviez partir demain matin avec Teyla sur le continent. Alors pourquoi...?
- Tu la fermes! Je sais qu'il y a un moyen de rechercher toutes les adresses récentes qui ont servi depuis hier dans un de ces systèmes. Je veux que tu me trouves cette planète, celle où Todd est parti hier matin. La planète d'iratus. Tu sais comment ça fonctionne?
- Je...enfin, je ne suis pas sûre si..-
Tiélan leva son arme. Son visage se ferma encore plus et une lueur sauvage passa dans ses yeux.
- Ne me prends pas pour une imbécile! gronda-t-elle entre ses dents. Tu es technicienne de contrôle de la porte des étoiles. Tu sais sûrement comment retrouver une adresse et comment la composer. Ne me forces pas à te faire du mal!
- Pour...pourquoi voulez-vous que je compose cette adresse? demanda la femme, interloquée. Oh...oh non! Vous...vous voulez aller rejoindre votre maître!? Mais pourquoi? Il va mourir de toute façon!
- Mes raisons. Ne te. Regardes pas! siffla Tiélan. Tu essaies juste de gagner du temps! Mais écoutes-moi bien ma belle...tu ne seras pas la gagnante à ce petit jeu-là...
Sans quitter la technicienne des yeux, Tiélan sortit de son ceinturon l'arme lourde, trouvée sur un des soldats de l'armurerie. Elle abaissa en même temps l'arme paralysante alors qu'elle pointait l'arme plus mortelle sur la femme.
La technicienne nommée Isabelle sursauta de peur, la transpiration commençant à recouvrir son front.
- Maintenant obéis. Trouves tout de suite cette adresse et composes-la.
Mais Isabelle se détendit soudain, un petit sourire narquois retroussant ses lèvres.
- Vous ne me ferez pas de mal, décida-t-elle tout-à-coup dans un sursaut de bravoure. Si ça se trouve, vous allez retrouver votre Maître et lancer ensuite une attaque sur Atlantis, si jamais il guérit! Alors je ne ferai PAS cette adresse, mademoiselle Tiélan. C'est mon devoir de refuser!
Contrariée, Tiélan abaissa légèrement son arme, décidant d'une autre tactique. Ses traits s'adoucirent et sa voix devint apaisante, convaincante:
- Isabelle. Je l'aime. Je sais que tu peux comprendre ça parce que j'ai vu la façon dont vous vous parliez, Manuel et toi. Crois-moi, tout ce que je veux c'est aller retrouver Todd pour lui sauver la vie. Je me fiche d'Atlantis! Et Todd a bien plus de raisons de maintenir son alliance avec vous, plutôt que de vendre votre précieuse cité aux autres wraith!
La femme semblait hésiter. Mais encore une fois elle achetait du temps, croyant que les secours allaient arriver, devina Tiélan. Sa bouche se plissa de mécontentement.
- Tout ce que je veux, c'est le rejoindre. C'est tout ce qui m'intéresse. Rien d'autre! Tu ne risques rien Isabelle. Tu n'as qu'à dire au Colonel que je t'ai menacée, ainsi que ton petit ami. Il ne pourra pas te tenir rigueur de m'avoir laissée traverser la porte pour rejoindre Todd! Allons, fais-vite maintenant, fais l'adresse de cette planète! Je ne vous ferai aucun mal si tu m'obéis tout de suite.
- Non! gronda la femme, bornée, croisant ses bras sur sa poitrine.
«Oh, ça suffit!» se dit Tiélan. Elle leva son arme de poing en l'air et tira un seul coup retentissant. Trop bruyant, mais elle n'avait pas le choix!
«Quelle peste entêtée!» se dit Tiélan.
Isabelle était devenue blanche comme un linge, toute expression têtue et rebelle ayant quitté ses traits.
Alors que de la poussière de plâtre dégringolait de l'endroit du plafond atteint par la balle, Tiélan pointa délibérément son arme sur un des membres inférieurs du marine toujours évanoui.
- C'est assez maintenant. Tu sembles ne pas craindre pour ta propre vie? Soit! Mais je peux tirer dans le genou de ton Manuel. Et si tu refuses toujours, je tirerai dans l'autre. Je crois qu'avec le gros calibre des balles de cette arme, ton petit ami risque d'avoir bien du mal à remarcher un jour, tu ne crois pas? Alors...qu'est-ce que tu décides?
() () ()
«Elle est complètement folle!» se disait Isabelle, sa main recouvrant sa bouche sous le choc. En regardant le visage sombre et la lueur froide et déterminée dans les yeux de Tiélan, la jeune femme comprit qu'elle était tout-à-fait sérieuse. Alors, fini de faire la brave et d'étirer le temps pour attendre les secours.
- D'ac...d'accord! décida-t-elle en se retournant dans son fauteuil en face de la console.
Nerveuse, elle dû s'y reprende à deux reprises pour trouver le fichier des activités d'hier et enfin découvrir la bonne adresse. Elle hésita pourtant...et si?
- Ne fais pas ça, gronda Tiélan. Si tu m'envoies délibérément sur un autre monde, alors je vais composer l'adresse d'un monde appartenant aux wraith et je vais leur donner les coordonnées d'Atlantis. Alors, tu auras une bonne raison de te sentir coupable! Tu aimes ton ami, je le sais. Tu dois alors comprendre ce que je ressens. Je ferais tout pour rejoindre Todd et lui sauver la vie. Même tirer dans les genoux de ton petit copain. Compris? J'espère ne pas avoir à me repéter encore une fois...
Les lèvres de Tiélan Quinn étaient serrées, les jointures de ses doigts blanches, crispées sur la gâchette de l'arme, toujours pointée sur la jambe du marine inconscient. Et elle était plus résolue que jamais, se dit la technicienne.
Isabelle tapa rapidement sur le cadran d'adressage les huits chevrons consistant en l'adresse de la planète Iratus, celle où John Sheppard avait laissé partir le wraith.
Le bruit caractéristique du dernier chevron s'enclenchant et le woooshhh de la poussée d'énergie se firent entendre presque simultanément. Puis l'horizon bleu paisible se fixa au milieu de l'anneau de la Porte, sur le palier d'en bas.
- Voilà...dit Isabelle, dépitée. Vous seriez mieux de partir tout de suite. La relève se pointera dans quelques minutes...
Tiélan ne se le fit pas dire deux fois. Elle marcha de reculon en direction des escaliers, faisant toujours face à la technicienne avec son arme pointée sur elle.
- Tu as pris la bonne décision Isabelle. Maintenant, lorsque tu préviendras John Sheppard, dis-lui bien que je regrette. Je suis reconnaissante ce qu'on a fait pour moi ici, mais ma décision est prise. Je vais rejoindre celui que j'aime...
Tiélan descendit les escaliers, face maintenant à la surface bleue et chatoyante du vortex.
- Ne tentez pas de me suivre. Si jamais Sheppard et les autres partent à notre poursuite, alors je préviendrai les autres ruches aux environs qui se feront un plaisir de faire bon unsage des coordonnées de votre Cité! Laissez-nous tranquille, le Commandant et moi.
Sur ce, la jeune femme disparut par la porte des Étoiles.
() () ()
Une fois l'adoratrice disparue, Isabelle relaxa et courut immédiatement auprès de Manuel Ramirez, toujours évanoui. Sa vie n'était pas en danger, constata-t-elle.
Elle toucha le communicateur à son oreille, appelant le responsable des services de nuit.
Le prochain service de garde arriva en même temps que l'officier responsable de nuit.
- Je réveille le Colonel Sheppard, décida ce dernier après avoir entendu le récit de la technicienne.
() () () ()
- Je vous l'avais dit Sheppard. Cette fille n'est pas fiable, elle est vendue aux wraith! Rien à faire dans son cas, comme dans le cas de tous les adorateurs de ces monstres!
Une fois que John Sheppard eut pris les rapports de la technicienne en service, de son compagnon, des deux marines de garde à l'armurerie ainsi que du Sergent Eirik Pedersen pour connaître le fil des évènements ayant conduit à la fuite de Tiélan, le Colonel décida de réveiller beaucoup plus tôt Richard Woolsey et les autres ce matin-là.
Dans la petite salle de réunion, le directeur d'Atlantis et l'équipe finirent par admettre que Tiélan Quinn les avait bel et bien dupés!
Ah, elle était forte cette fille! Bien formée par Todd et sa vie antérieure de runner.
John Sheppard se tourna vers Ronon Dex qui venait de parler pour encore une fois leur prouver que leur confiance avait été mal placée.
Sheppard était bien d'accord avec lui mais avant qu'il ne réplique, c'est Teyla qui parla:
- L'amour est souvent plus fort que tout. Même plus fort que la liberté, déclara l'athosienne sur un ton un peu rêveur.
- Mais c'est incroyable! C'est complètement stupide de choisir de suivre un wraith sur ce dangereux monde peuplé d'insectes iratus, plutôt que de retrouver une vie décente et sécuritaire et d'enfin être libre! déclara Rodney McKay sur un ton incrédule.
- Que décidez-vous, monsieur Woolsey? demanda Sheppard en se tournant vers le directeur d'Atlantis.
Pensif, Richard Woolsey laissa ses doigts tambouriner sur la table en face de lui.
- Rien, déclara-t-il au bout de quelques secondes sur un ton morne.
- Rien? Mais il faut partir à sa recherche! Elle a menacé notre personnel pour obtenir l'adresse de la porte du monde où vous avez envoyé le wraith! dit Ronon, outré.
- Cependant, elle n'a sérieusement blessé personne, fit remarquer Teyla. Elle a volontairement utilisé une arme paralysante wraith pour les neutraliser, sans leur faire réellement de mal. Elle n'a rien volé de précieux pour Atlantis. Juste des vêtements, de quoi se défendre et se nourrir. Je pense qu'elle a fait son choix et que nous devons le respecter.
Elle leva les yeux sur John Sheppard dont les traits étaient tourmentés. Il en viendrait à pencher pour la décision de Woolsey, elle le savait. Mais dans le moment, c'est bien plus l'orgueil du chef militaire en lui qui était touché! Il s'en voulait sûrement de ne pas avoir deviné et prévu ce que la jeune femme avait en tête...
L'athosienne leva le regard sur Richard Woolsey qui la regarda également sans rien dire. Ils se comprenaient tous deux: nul besoin de poursuivre une femme amoureuse qui n'avait rien fait d'autre que de fuir pour voler au secours de celui qu'elle aimait!
Teyla ne pouvait nier qu'elle était déçue, car elle avait travaillé fort pour que ses compagnons athosiens acceptent d'accueillir auprès d'eux l'ex-adoratrice. Mais un côté d'elle cependant comprenait Tiélan Quinn...
- Je crois que Teyla a bien résumé ma pensée, expliqua enfin le directeur d'Atlantis. Il n'est pas question que je perde des hommes en les laissant s'exposer aux dangers de cette planète pour retrouver une jeune fille qui ne veut que rejoindre son Maître wraith et lui porter secours. Il est déplorable que Tiélan ait préféré mépriser sa liberté pour choisir plutôt ses sentiments envers Todd, mais cette mission n'aurait aucune utilité pour nous et comporterait trop de dangers. Nous avons laissé partir volontairement Todd. Pour Tiélan, elle sait très bien dans quoi elle s'embarque en allant le rejoindre...
- Ouais, dit Rodney en mâchouillant la barre d'énergie qu'il venait de sortir de sa poche. D'après ce que Todd en a dit, le traitement qu'il doit subir là-bas a bien plus de chance d'échouer que de réussir. Il se pourrait donc que Tiélan ne survive pas non plus! termina-t-il d'un ton plus ennuyé que vraiment chagriné.
- J'espère qu'elle s'en sortira...murmura tout bas Teyla, fermant les yeux brièvement.
Elle avait beau se sentir trahie de la décision impulsive de la kélownienne, elle reconnaissait la valeur de cette fille étonnante qui possédait le même don qu'elle et qui n'avait pas eu de chance au début dans sa vie.
Todd représentait probablement le seul havre de sécurité, la seule figure digne d'amour qui avait eu ce poids déterminant dans sa décision. Irrésistible...même en face du grand cadeau de la liberté!
- Elle a totalement gâché sa dernière chance avec nous! déclara durement John Sheppard, visiblement ulcéré. Plus personne ne va lui accorder une autre chance de regagner le monde libre des humains maintenant...
- Content que vous la voyez enfin telle qu'elle est! grinça le satédien entre ses dents. Cela vous a pris du temps, mais elle est maintenant comme tous les wraith...notre ennemie!
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- Deuxième Partie -
«Le courage n'est pas l'absence de peur, mais plutôt la maîtrise de celle-ci». - Anonyme -
«Only the strongest will survive
Lead me to heaven, when we die
I am the shadow on the wall
I'll be the one to save us all
There's nothing left
So save your breath
Lying in wait
(Caught inside this tidal wave)
Your cover's blown
No where to go
Holding your fate
(Loaded I will walk alone)
Fire your guns
It's time to run
Blow me away
(I will stay, in the mess I made)
After the fall
We'll shake it off
Show me the way
Only the strongest will survive
Lead me to heaven, when we die
I am the shadow on the wall
I'll be the one to save us all!»
*Only the Strong will survive* , Breaking Benjamin **
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Sur une planète étrange à l'atmosphère mystérieuse et sinistre, loin dans la galaxie de Pégase...
Une fois que Tiélan Quinn eut passé la porte des étoiles, - sise sur la planète d'iratus - l'anneau des ancêtres se referma derrière elle, la laissant face à l'étrange immobilité des lieux.
Sur Atlantis, il était trois heures trente du matin lorsqu'elle avait quitté mais ici, il devait être dans les quatre heures trente. Car même si la nuit régnait en maîtresse des lieux, quelques lueurs de lumière dans le lointain filtraient à travers le ciel sombre. C'était tout de même définitivement la nuit à en juger par ce ciel rempli d'étoiles au-dessus de la forêt qu'elle aperçut à l'horizon.
La jeune femme resta quelques minutes figée sur place. Un long frisson passa tout le long de sa colonne vertébrale. Pas vraiment à cause du froid - elle se félicitait en ce moment même d'être bien vêtue pour cette expédition!
Non. C'était plutôt l'aura de cet endroit qui sentait mauvais. Très mauvais.
Absolument TOUT sur cette planète lui criait de tourner les talons et de repartir par la voie d'où elle était venue...
L'air frais surchargé d'humidité; les petits bruits stridents de milliers d'insectes qui l'avertissaient qu'elle était sur leur territoire; le sol spongieux sous ses pieds, recouvert d'une mousse verdâtre, cachant peut-être des pièges en-dessous; l'absence totale de vie, si on faisait exception des insectes qui étaient visiblement rois de la place.
Et la forêt sombre et inquiétante qu'elle apercevait, pas très loin à l'horizon.
Mais au lieu de fuir, Tiélan ferma les yeux et lança un tentacule de son esprit. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où se trouvait Todd, alors il lui fallait utiliser le lien de leur connexion pour savoir quelle direction elle devait prendre.
Presque désespérée de ne rien «voir» dans sa tête, la jeune femme trouva tout-à-coup l'esprit du wraith. Mais il était si faible, la vie s'accrochait avec grande difficulté en lui!
Soudain, Tiélan lâcha le sac qu'elle transportait, portant ses deux mains tout contre son crâne: «Oh cette douleur atroce!Nooonnnnn!».
Cela lui prit quelques secondes pour contrôler la douleur qui lui était étrangère, puisqu'elle n'était pas sienne. Pourtant, c'était la seule chose sur laquelle se concentrait le pauvre esprit malade de Todd en ce moment. Il ne pouvait rien ressentir d'autre que l'horrible piqûre des mandibules de la créature iratus qui s'accrochait à son cou, suçant de tout son être sa vie par petites portions....sa vie qui s'écoulait lentement, mais sûrement.
Tiélan finit par contrôler le flux de la douleur et par l'isoler et la rejeter.
«Tiens bon Todd. J'arrive!»
Mais il lui fallait aussi contrôler la vague d'émotions montant en elle, la poussant à courir à la rescousse du Commandant qui souffrait si intensément et cruellement. Et elle ne pouvait pas se laisser envahir par ses sentiments car il lui fallait se montrer efficace et garder son sang-froid.
Précipiter sa mission parce qu'elle ressentait de la compassion pour le wraith n'allait pas lui garantir de le trouver rapidement et de le sauver!
Elle avait des étapes à franchir: il lui fallait bien s'organiser et surtout survivre si elle voulait enfin trouver le wraith et l'arracher aux griffes de la mort.
Tiélan comprit qu'il lui fallait traverser cette forêt sinistre pour trouver enfin le nid d'iratus où se trouvait le Commandant.
Elle vérifia encore une fois si elle avait tout ce qu'il lui fallait et elle prit le petit chemin coupant à travers un champ de foin sauvage, menant vers la forêt.
() () () ()
La reine iratus toujours attachée à son cou, Todd le wraith souffrait continuellement.
Il oscillait entre conscience et inconscience. Il avait roulé sur le dos lorsque l'insecte s'était agrippé à lui, luttant instinctivement pour la déloger de là, même si au départ il lui avait permis de l'attaquer et de se nourrir de lui.
Son arme paralysante lui avait échappé des mains, rebondissant trop loin pour qu'il espère être capable d'aller la chercher dans son état, même en rampant.
Il luttait pour ne pas tomber inconscient car il ne détecterait alors pas le moment où toute vie allait le quitter. Il ne pourrait donc pas essayer d'aller chercher son arme pour paralyser la reine iratus et s'en débarrasser, avant qu'elle ne prenne la toute dernière parcelle de force vitale qu'il lui restait!
Mais parfois, la douleur était si violente et pénible qu'il ne pouvait empêcher les évanouissements entre les périodes de conscience.
«C'est donc ainsi que je vais misérablement mourir! se dit Todd. Loin de mes frères. Loin de cette humaine qui habite continuellement mon cœur...»
C'était trop dur de penser à Tiélan. Alors il éloigna fermement de lui la pensée de son adoratrice. Ou plutôt ex-adoratrice...
Il n'avait qu'à s'étirer un peu le cou et lorgner vers le bas pour voir le gros insecte dodu, son ventre bien rebondi et gorgé de son sang.
Les wraith avaient longtemps étudié ces insectes, faisant partie de leur bagage génétique: ils se nourrissaient de sang humain ou de toute autre créature vivante, mais lentement. Pour ce qui était de se nourrir de force vitale, le procédé était bien plus complexe que chez un wraith...
L'insecte ponctionnait les années mais sans réellement faire vieillir leur proie. Il nourrissait continuellement d'enzyme la créature qu'il attaquait, le gardant en vie le plus longtemps possible.
L'enzyme avait une plus forte qualité de guérison que chez l'individu wraith. Et c'est sur ce traitement inhabituel que comptaient justement tous ces wraith qui avaient permis à une femelle insecte iratus de se nourrir d'eux, pour soigner des infections et blessures mortelles.
Malheureusement, la paralysie finissait par envahir le corps de la proie et une immense faiblesse l'empêchait de se relever et de se débarrasser du corps de l'insecte qui pouvait alors tout bonnement finir le travail, jusqu'à ce qu'il se détache de lui-même du corps désormais vide de tout sang et de toute force vitale.
Todd sentit l'épouvantable douleur revenir, alors que les mandibules de la créature se resserraient autour de sa nuque et que l'insecte bourdonnait de contentement.
Il tenta d'éloigner la vague d'immense souffrance pour rester conscient. Mais alors qu'il poussait un gémissement déchirant, il perdit la bataille et sombra encore une fois dans l'inconscience...
() () () ()
Tiélan avançait à travers la forêt, luttant contre son envie de courir et de voler au secours du Commandant. Son «signal», envoyé par leur connexion d'ADN commun, était de plus en plus faible.
Mais il lui fallait être très prudente.
Depuis qu'elle avait mis le pied dans la forêt tropicale, elle avait décidé d'avancer prudemment et de parcourir périmètre par périmètre. Bien entraînée, elle savait qu'il fallait tester continuellement le plancher de la forêt pour ne pas trébucher sur les racines saillantes couvrant le sol près des arbres étranges et tordus recouverts d'une mousse épaisse qui ne sentait pas très bon.
Il fallait regarder partout: non seulement par devant mais à gauche, à droite, derrière soi et au-dessus de soi, vers le sommet des arbres. Un serpent venimeux pouvait ramper sur le sol et vous piquer, alors que vous ne vous y attendiez pas. Les prédateurs de ce monde ne semblaient pas sortir le jour cependant; mais la prudence était quand même de mise. Du haut des arbres pouvait fondre sur vous un spécimen de la faune de la forêt, mais surtout un de ces insectes iratus qu'elle redoutait tant!
Mais Tiélan était bien vêtue, bien armée et surtout bien entraînée. Son passé de runner l'aidait à identifier rapidement les dangers et à éviter les pièges de la forêt.
Au bout de quelques minutes, elle croisa les premiers spécimens d'iratus dont Todd lui avait parlé en ces termes:
«Il y a deux espèces d'insecte Iratus sur cette planète, Tiélan. La première va laisser un humain tranquille s'il possède de l'ADN commun aux wraith. Mais hélas il y a une espèce plus cruelle, plus territoriale qui se montre très agressive, même envers les autres Iratus de nids différents et qui n'hésite pas à s'attaquer également à un wraith. Avec nos habiletés, notre vitesse et notre force, nous sommes habituellement capables de nous en débarrasser aisément, mais tu ne pourras pas te tenir à distance d'une grande quantité de ces insectes pendant longtemps. Crois-moi, je ne veux pas t'exposer à ce danger et à cette mort horrible!»
Le premier iratus qu'elle vit l'ignora totalement: il passa pourtant à presqu'un mètre de son nez, poursuivant son chemin alors qu'il sautait de branches en branches à travers les arbres de la forêt. Tiélan frémit cependant en le voyant: il était noir, ses écailles de couleur bourgogne et, son poids apparent à celui d'un gros corbeau; sa queue longue et agile l'aidait à s'équilibrer et à s'accrocher aux branches.
Probablement qu'il l'associait à son espèce vu qu'ils partagaient une partie de leur ADN. Elle en conclut que c'était un iratus de l'espèce moins agressive dont Todd avait parlé. Elle se força à rester calme et à l'ignorer également.
Projetant un flegme et une sérénité inébranlable par son «aura», (qu'elle était pourtant loin de ressentir!) la jeune fille se mordit les lèvres et se força à continuer son chemin.
Un peu plus loin, elle entendit les cliquètements inquiétants de ces insectes et devina qu'elle approchait d'un groupe; probablement celui que l'insecte solitaire qu'elle avait croisé quelques minutes plus tôt allait rejoindre...
Elle se cacha derrière le tronc d'un gros arbre et observa le groupe qu'elle aperçut enfin plus loin.
Il devait y avoir plusieurs centaines d'insectes iratus ici. La reine semblait avoir élu domicile dans un arbre énorme et presque mort. Il était immense, s'élevant vers le ciel mais tordu et couvert d'une sorte de champignons blanc, ce qui signifiait qu'il pouvait s'écrouler à tout moment. Néanmoins, les insectes semblaient y avoir élu domicile. Elle n'aperçut pas la reine à l'extérieur, mais elle ressentit son aura en fermant brièvement les yeux. Dehors, tous les insectes mâles s'activaient à transporter différentes choses à l'intérieur: des brindilles, des algues vertes gluantes, de la mousse, celle recouvrant le sol ou les branches des arbres, d'autres insectes différents et plus petits, mais surtout de tout petits animaux ressemblant pour la plupart à des rongeurs ou des oiseaux. Tiélan devina que la communauté aidait à construire les nids d'iratus et à nourrir soit la reine ou sa progéniture.
Il lui fallait maintenant sortir de sa cachette et s'avancer parmi eux, car ces nuées d'insectes qui couvraient le sol se voyaient partout devant elle et même sur les côtés. Elle ne voyait pas d'autre moyen de passer, sauf retourner sur ses pas et tenter de trouver un autre chemin...sans savoir si elle ne rencontrerait pas de nouveau cette masse insectoïde! Et il n'était pas question qu'elle perde un temps précieux alors que Todd avait tant besoin d'elle.
Tiélan inspira profondément, tentant de calmer la peur panique qu'elle ressentait en ce moment.
«Bien fait pour toi, grinça-t-elle doucement. Le Commandant avait raison de ne pas vouloir que tu l'accompagnes ici!»
Mais elle fit taire la petite voix craintive et démoralisante en elle, la repoussant tout au fond.
«Tu as voulu venir ici pour le sauver, pour lui prouver qu'il n'avait pas à décider de ton avenir, que c'est toi qui étais en charge de ta vie! Alors, ravales cette peur et avances!» se morigéna-t-elle.
Encore une fois, Tiélan prit deux ou trois profondes respirations, utilisant son expérience méditative pour projeter devant elle le calme et la confiance nécessaires pour passer parmi ces horreurs d'insectes, sans qu'ils ne l'attaquent ou bien qu'elle ne parte à courir en hurlant d'effroi.
«Le courage n'est pas l'absence de peur, mais plutôt la maîtrise de celle-ci».
C'était un vieux proverbe kélownien, se remémora Tiélan.
Oui elle avait peur, mais elle ne laisserait pas cette peur la gagner totalement. Elle allait se maîtriser et marcher parmi le tapis d'iratus, comme une reine puissante et haltière...
La jeune femme sortit de sa cachette. Elle se raidit en voyant que quelques têtes insectoïdes se tournaient vers elle, agitant leurs mandibules - qui devaient servir également d'organes sensoriels pour l'odeur - et levant leur petite tête aux grands yeux noirs insodables pour l'observer. Mais bientôt les iratus, indifférents à sa présence, retournèrent à leurs tâches.
Tiélan poussa un soupir de soulagement et s'avança parmi la marée noire, un calme olympien régnant sur sa peur. Mais pendant tout ce temps, elle garda son doigt sur la gâchette du P-90, le tenant lâchement à ses côtés mais prête à s'y agripper pour sa vie, si jamais un des insectes lançait un signal pour l'attaquer.
Elle marcha d'un pas régulier mais sans ralentir ni hâter son rythme. Elle se poussait du chemin lorsque un ou des insectes voulaient la contourner, faisant attention pour ne pas écraser ces êtres repoussants. Imperturbable, elle finit enfin par dépasser la communauté d'iratus.
Une fois rendue de l'autre bord la jeune femme s'arrêta et se retourna, observant tout ce tapis noir qu'elle venait de traverser. Elle jeta un œil sur la base du grand tronc d'où sortaient et entraient sans fin les iratus et faillit vomir à cette vue.
Puis elle se hâta de quitter cette scène inquiétante pour s'enfoncer à nouveau dans la forêt, toujours prudente de ne pas céder aux pièges nombreux.
Par deux fois elle faillit tomber dans ces pièges: elle marcha sur un rebord visqueux sur lequel elle faillit glisser, se retenant à temps à une grande liane verdâtre. Devant elle, la couleur de la mousse avait changé pour un vert plus foncé et luisant. En voyant un petit animal courir et s'enfoncer soudain dans la mousse, entendant ensuite les glouglous qui suivirent sa disparition, elle comprit qu'il s'agissait d'un marais ayant toutes les apparences de sables...ou plutôt de mousse spongieuse mouvante.
L'autre fois, elle glissa sur un rocher recouvert de mousse et se retrouva nez-à-nez avec une excavation profonde de l'autre côté dans laquelle elle avait failli trébucher et tomber!
Que ce trou soit naturel ou creusé volontairement pour servir de piège, la jeune femme n'en fut pas certaine jusqu'à ce qu'elle approche du rebord: en soulevant la mousse naturelle le recouvrant, elle découvrit que le trou en effet avait été creusé par une main soit humaine ou un être assez intelligent et rusé pour avoir eu l'intention de poser un piège et d'attraper quelque chose...ou quelqu'un.
Il lui fallait donc être deux fois plus prudente, soupira la jeune femme, devinant qu'elle serait retardée dans sa mission de sauver le wraith.
Elle vérifia encore une fois ses armes: le P90, son arme de poing, l'arme paralysante wraith et les quelques couteaux cachées sur sa personne.
Elle marcha encore une bonne demi-heure en faisant juste des pauses pour boire dans sa gourde ou bien écouter les bruits de la jungle pour en deviner tous les mouvements.
Enfin, le jour se leva complètement une fois que Tiélan fut de l'autre côté.
La jeune femme étira ses muscles fatigués d'avoir toujours été sur le guet.
Encore une fois elle tendit le tentacule de son esprit et trouva celui de Todd:
Il semblait être dans une sorte de demi-sommeil, les battements de son coeur très lents mais...les wraith hibernaient ainsi, se rappela-t-elle. Elle se demanda si son corps n'utilisait pas ce moyen de protection pour épargner son énergie et combattre l'insecte qui était encore accroché à lui?
Coupant le lien, la jeune femme porta son regard au nord et comprit que c'était par là que la caverne des insectes iratus se trouvait.
Elle prit quelques minutes pour laver son visage couvert de sueur en prenant dans le creux de la paume de sa main de l'eau fraîche dans le petit ruisseau qu'elle venait de découvrir. Puis elle mangea une barre d'énergie et décida de continuer son chemin.
Cette fois-ci, il y avait une route de terre dans le large espace devant elle et...
...personne en vue.
Et à peu près rien cependant pour se cacher si jamais quelqu'un ou quelque chose l'apercevait et s'approchait d'elle.
Grimaçant de déplaisir mais n'ayant pas le choix, Tiélan marcha tranquillement sur le chemin poussiéreux, écoutant tout bruit qui pourrait lui signaler une présence non désirée.
Au bout de dix minutes, Tiélan entendit des voix. Elles étaient si proches qu'elle en fut effrayée, regardant partout pour tenter de voir qui parlaient, touchant son arme pour se rassurer. Elle aperçut sur la gauche quelques arbres et surtout des arbustes touffus. S'approchant, elle comprit que c'est l'écho de ce large espace presque vide qui donnait cette illusion de voix plus proches qu'elle ne l'étaient en réalité.
Les voix continuaient à résonner, venant de gauche. Se cachant dans l'arbuste le plus large, Tiélan s'accroupit et tenta de deviner à qui appartenaient ces voix.
C'étaient des voix de gorge, rudes et masculines. Deux, peut-être trois humains devina-t-elle.
Plus elle tendait l'oreille et moins elle comprenait ce que disaient ces hommes, même lorsqu'elle se crut assez proche d'eux pour saisir la conversation.
En fait, elle finit par comprendre que ce n'était pas une conversation «normale», encore moins une forme de langage claire et concise!
Jetant un œil à travers les branches du buisson, Tiélan aperçut la forme de vie humanoïde dont Todd lui avait parlé:
Il y avait un feu de camp au centre d'un petit espace entouré de buissons bas. Une de ces créatures était en train de l'alimenter, accroupi sur ses genoux: il s'agissait de ces êtres peu évolués qui vivaient sur la planète iratus, comprit la jeune femme.
Un autre était debout, parlant ou plutôt grognant haut et fort alors que l'autre continuait à travailler silencieusement, levant de temps à autre un regard rêche et désapprobateur sur l'autre. Parfois il répliquait, mais d'une voix basse et unie.
Leur «langage» ressemblait plus à des borborygmes, des sons parfois bas et longs mais le plus souvent courts et bruyants.
Ils étaient assez peu vêtus; des peaux de bêtes les recouvraient, laissant leur torse très poilu presque nu. Leurs pieds étaient chaussés d'une sorte de sandale de cuir et de fourrure.
Mais c'était l'apparence plutôt primitive, sauvage et animale de ces humamoïdes qui captiva l'attention deTiélan.
Ces «hommes» ressemblaient à un croisement entre un grand singe et un humain. Leur crâne était différent, plus écrasé avec des arcades sourcillières proéminentes. Tellement de poils recouvrant leur visage qu'on apercevait à peine un nez fort et épaté et des lèvres épaisses, retroussées sur des dents vilaines et pointues.
Les yeux étaient enfoncés et noirs. Tous leurs gestes et leur façon de se comporter ressemblaient énormément aux manières et attitudes des humains.
À part le fait qu'ils ne redressaient jamais totalement leur dos droit lorsqu'ils étaient debout, ils se tenaient plutôt légèrement courbés, accroupis.
À un certain moment, celui qui s'occupait du feu sembla sortir de ses gonds et se leva brusquement, projetant devant lui un des rondins qu'il avait eu l'intention probablement de placer dans le feu. L'autre sursauta et poussa un cri strident, réussissant à éviter le projectile. Il agita ensuite ses bras en l'air puis ferma les poings et les montra à l'autre. La «dispute» progressait, comprit Tiélan qui vit les deux humanoïdes en colère se jauger puis s'approcher prudemment l'un de l'autre dans un spectacle de parade virile, cherchant une ouverture pour attaquer l'autre.
Le plus grand, celui qui était debout et parlait le plus, s'avança soudain et tomba à bras raccourcis sur celui qui s'occupait du feu de camp.
Les coups se mirent à pleuvoir; les deux créatures s'éloignèrent une minute l'une de l'autre pour aller quérir chacun une branche de bois épaisse et revenir vers l'autre avec l'intention de l'attaquer de plus belle.
Tiélan ne savait pas le motif de la dispute et ne voulait pas le savoir...
Se détournant du spectacle, elle vit plus loin à l'horizon de la fumée s'élever d'un petit amoncellement de ce qui ressemblaient à des huttes, pourvues de longues et minces cheminées. Elle devina que le village n'était pas loin.
Alors que les créatures délaissaient les branches pour se saisir de roches, poussant des cris hystériques de macaques, la jeune femme se dit qu'elle devrait plus tard concocter un plan pour capturer au moins deux de ces créatures.
Le Commandant aurait faim. Très faim. Et elle ne tenait pas du tout à ce que son esprit malade et incohérent ne distingue pas bien qui elle était et qu'il l'attaque pour se nourrir de toute urgence...
C'est donc elle qui devrait partir à la chasse pour lui. Le nourrir, jusqu'à ce qu'il soit suffisamment remis et fort pour aller quérir plus de nourriture par lui-même.
Car elle se doutait bien qu'il devrait consommer bien plus d'humains que juste deux ou trois pour guérir totalement.
() () () ()
Il était temps de continuer à avancer.
La jeune femme quitta le village, laissant derrière elle les deux humanoïdes qui avaient fini par se calmer et s'absorber de nouveau dans les soins du feu de camp.
Le chemin poussiéreux dévia et derrière une petite aspérité rocheuse, Tiélan vit la ligne d'une autre forêt, sombre et aux arbres tordus, leur silhouette fantasmagorique.
Plus elle approchait, plus elle constatait que cet endroit avait souffert d'un grand feu de forêt...peut-être une ou deux semaines auparavant, d'après elle.
Aucune végétation à part une mousse qui avait roussi sur le sol. Les arbres étaient soient presque en cendre ou bien si instables qu'elle les évita le plus possible en restant au centre sur un semblant de chemin, craignant que quelques branches ne lui tombent dessus; il y en avait déjà une bonne quantité sur le sol, soit arrachées par le vent ou ayant cédé à leur fragilité.
Elle enjamba de gros troncs d'arbres noircis. Il faisait plus noir ici, même si le jour était levé. Probablement à cause de cette brume inquiétante, née des cendres qui s'élevaient parfois du élan toussa un peu, décidant de placer sur sa bouche et autour de son cou un foulard qu'elle trouva dans la veste tactique.
Il n'y avait aucune vie ici. Normal, à cause du feu. Les insectes et les animaux reviendraient plus tard...
Tiélan ferma les yeux et encore une fois étendit le tentacule de son esprit pour avoir une meilleure idée d'où se trouvait Todd. Ses battements de cœur étaient lents, mais réguliers. Ils n'avaient pas baissé depuis la dernière fois.
Quelque chose lui murmura où se trouvait la cave où le Commandant gisait...entouré de miasmes noirâtres et grouillantes. Il semblait y en avoir des milliers!
Elle sursauta en ouvrant les yeux, à la fois rassurée et angoissée.
Contente de voir que leur connection fonctionnait bien et qu'il était encore en vie. Mais anxieuse d'avoir eu cette brève vision qui lui donnait le frisson!
Ohhhh cette image, claire comme si elle se trouvait déjà dans cette caverne sinistre! pensa la jeune fille.
Parfois comme en ce moment, elle aurait tout donné pour ne pas avoir ce lien avec le wraith.
Tiélan avala durement et continua à avancer.
«Comment vais-je faire pour passer à travers ces milliers d'iratus et parvenir jusqu'à lui sans me faire attaquer?» se demanda Tiélan.
Elle n'avait peut-être pas été assez prudente et concentrée, car il n'y eut seulement qu'un petit sifflement étrange comme signe d'avertissement de ce qui se passa ensuite.
Tombant d'elle ne savait trop où, quelque chose atterrit lourdement sur son épaule élan sursauta et hurla.
Le cliquètement maintenant familier et une intrusion subite et inattendue dans son esprit la paralysèrent d'abord lorsqu'elle réalisa en une nanoseconde ce qui avait atterrit sur son épaule, essayant d'atteindre son cou!
La jeune femme se mit à danser une sorte de sarabande incohérente et frénétique, muée par la peur, tentant d'attraper la chose et de s'en débarrasser.
Mais en vain. L'iratus siffla dangereusement tout contre son oreille et elle ressentit comme un souffle froid alors qu'il allait planter ses mandibules dans son cou.
Puis elle eut une idée soudaine.
Elle se força à s'immobiliser totalement, comme si elle «cédait» à la créature malgré sa peur immense et son instinct de survie qui lui criaient de fuir, de se mettre à courir en hurlant, l'insecte toujours accroché à son cou.
Elle leva tranquillement ses deux mains vers le rebord du foulard où les pattes arrières de l'insecte s'étaient posées. Enroulant en un mouvement sec et rapide le corps de la bête dans le foulard elle réussit à le recouvrir, l'envelopper gauchement mais assez pour le projeter très loin. Sans attendre, Tiélan prit ensuite le P-90 et tira une volée de balles, si frénétique que cela lui prit plusieurs secondes avant de réaliser que l'iratus était en mille morceaux et qu'elle pouvait cesser de tirer sur la chose morte, de toute évidence...
Elle resta quelques secondes de plus sans bouger et s'approcha en hésitant, fixant les restes de l'insecte avec un grand frisson de peur rétrospective et de dégoût.
- Je n'ai pas été assez prudente et concentrée, murmura-t-elle.
Elle écouta ensuite les bruits tout autour de la forêt, tout autant pour capter d'autres bruits d'insectes et aussi pour s'assurer que le tir lourd et saccadé de son arme n'avait pas alerté les humanoïdes du village.
«Tu as eu de la chance cette fois-ci, se réprimandaTiélan. Maintenant ne fais plus l'idiote et garde le focus sur cette cave, sur Todd. Garde l'oeil ouvert. C'est grâce au foulard que tu as pu t'en sortir, sinon tu serais en train de te tordre de douleur sur le sol alors que cet iratus te viderait!»
Encore cinq minutes de marche où elle se força à ralentir le pas, à éviter tous les arbres susceptibles d'abriter les insectes iratus.
Puis soudain, elle sut.
Un autre amoncellement de rochers au sortir de la forêt. Et au prochain tournant, tout au bout, une caverne dont l'entrée était basse et sombre.
C'est là qu'il se trouve.
Avec précaution, Tiélan avança et examina le sol et les alentours de la bouche d'entrée. Comme dans toutes les caves de ce genre, un petit courant d'air apportait une odeur fraîche et humide, mais rance et donnant même envie de vomir.
La peur encore une fois la saisit. Le doute l'habita.
Elle aurait dut supplier Sheppard de l'accompagner ici avec quelques hommes, le convaincre d'aller aider leur allié wraith à s'éloigner des griffes de la mort, lui donner le temps de guérir! Mais cela aurait pris bien trop de temps et elle se doutait bien que la nature irascible du Colonel Sheppard lui aurait refusé cette aide.
De toute évidence, l'iratus qui lui était tombé dessus dans la forêt de cendres noires était de la race la plus sauvage et agressive. Il ne s'était pas préoccupé de son ADN wraith...
Tiélan prit quelques inspirations et expirations pour se calmer. Elle ferma les yeux et se laissa guider en répétant doucement son mantra, du temps qu'elle était prêtresse sur Kélowna. Si elle entrait dans cet état, les iratus sentiraient tout de suite sa peur et elle ne survivrait pas!
Il lui fallait appeler en elle la façon d'agir d'une reine wraith. Le port de tête, la confiance, la résolution de la créature dont elle avait parfaitement joué le rôle pour Todd.
Elle sortit le petit bandeau qu'elle fixa sur son front, allumant la lumière; elle savait qu'il faisait sûrement noir comme la nuit là-dedans.
Elle entra ensuite résolument dans la cave.
Au début elle ne «ressentit» pas la présence des insectes. Ils devaient se tenir plus loin...
En fait elle dut marcher un bon cinq minutes sur un sol plutôt visqueux; aucun iratus ne s'avança vers elle ni ne tenta de lui sauter dessus du plafond, aussi noir que le sol et les murs.
Puis les bruissements des ailes et les cliquètements des pattes et des mandibules des insectes se firent entendre au loin, devenant rapidement un bourdonnement dérangeant et constant dans ses oreilles.
Son cœur battait fort, rempli d'appréhension. Elle se rappela le tapis noir de la nuée d'insectes dans la forêt; là-bas, ils étaient de l'espèce non agressive. Mais ici? C'était une espèce plus belliqueuse et combative, se rappela-t-elle.
Et puis soudain, derrière un amoncellement de rochers recouverts d'une sorte de dépôt calcaire plus pâle et luisant que le reste de la caverne, elle les vit...
Une pièce très haute de plafond, de longs fils soyeux et gluants qui pendaient du plafond. Les sacs contenant la progéniture, devina-t-elle. Quelques ouvriers iratus glissaient habilement sur les fils, se dirigeant vers les œufs contenus à l'intérieur de ces sacs, fort probablement pour les nourrir.
Elle leva la tête pour les observer. Des poches longues et oblongues, jaunâtres et plutôt dégoûtantes d'où s'échappait une odeur écoeurante mais surtout la vie, des milliers de petites vies ne demandant qu'à éclore.
Et sur le sol s'agitait une marée noire et grouillante. Tous ces insectes, pour la plupart du gabarit d'un gros chat, s'activant et se promenant sur le plancher de la caverne, s'absorbant dans chacune des tâches qui leur étaient assignés.
Malgré elle, Tiélan se mit à trembler. C'était bien pire que là-bas dans la forêt!
«Concentres-toi! tenta de se calmer et de se motiver Tiélan. Tu es une reine. Tu dois maîtriser ta peur.»
Elle ferma les yeux et lança encore une fois le tentacule, son esprit rejoignant celui de Todd.
Le wraith était inconscient. La reine iratus était toujours attachée à sa gorge.
Son cœur battait encore. Faiblement, mais régulièrement. Il était cependant au-delà de la douleur et cela inquiéta la jeune femme.
Il n'y avait pas de temps à perdre si elle voulait sauver celui qu'elle aimait!
Elle pensa d'abord lancer une des grenades accrochées à sa veste tactique pour détruire une grosse partie de la meute d'insectes. Mais elle ferait bien trop de dommages et comme elle était dans une cave, le plafond risquait de s'effondrer, tuant non seulement les iratus mais également elle et Todd en même temps.
Elle avait aussi dans le lot quelques grenades assourdissantes mais...comment savoir si elles auraient un effet sur l'ouïe peut-être bien différente de ces insectes, comparée à celle des humains? Et s'il y avait un effet, les insectes reculeraient mais...de combien de temps disposerait-elle pour accomplir sa mission avant que les iratus ne reviennent vers elle, plus enragés que jamais?
D'autant plus qu'elle ne trouvait aucun bouchon pour protéger ses oreilles.
L'idéal aurait été un lance-flammes, chose qu'elle n'avait pas trouvé dans l'armurerie d'Atlantis.
Tirer avec le P-90 était également exclu. Le bruit infernal produit alerterait le reste des autres groupes d'iratus qui devaient sûrement se nicher autre part dans cette longue caverne et qui accourraient pour sauver leur reine.
Quant à son arme paralysante, elle ne pourrait toucher qu'un seul individu à la fois et le reste des autres insectes allaient ensuite s'en prendre à elle!
«Je n'ai pas d'autre solution que de marcher résolument parmi eux, comprit Tiélan. Comme je l'ai fais dans la forêt!».
Poussant un soupir, la jeune fille ferma les yeux, inspirant et expirant longuement. Calmant sa frayeur.
Puis elle rappela en elle la reine qui avait très brièvement régné sur les wraith de Todd, lors de leur mission ensemble sur la ruche de la Première.
- Je suis la plus forte, marmonna-t-elle. Je leur suis mentalement supérieure. Je vais réussir, décida-t-elle en commençant à s'avancer dans la pièce, lentement mais d'un pas ferme et délibéré.
Mentalement, elle tentait de répandre son ADN wraith, sa propre empreinte, ses phéromones, tout en restant la moins menaçante possible, dégageant de la sérénité et de l'autorité.
C'était difficile car en même temps, elle ne pouvait laisser tomber ses barrières parce qu'elle savait bien que la reine iratus, quoique absorbée par sa tâche de finir de drainer la vie du Commandant, finirait par sentir sa présence.
Et comme elle était femelle et reine, elle serait considérée aussitôt comme une intruse, une menace très sérieuse. La reine lancerait alors ses troupes contre elle.
Alors Tiélan se mit à monter fermement un mur dans sa tête. Le genre de mur qui empêche une autre reine de s'introduire dans votre esprit...
Ce ne fut cependant pas la partie la plus difficile. Ce qui était dur, c'était de gérer les deux: empêcher la reine d'entrer dans sa tête et de comprendre qu'elle s'en allait la tuer. En même temps, elle devait dégager une autorité royale et impitoyable pour que les mâles iratus qui protégeaient la reine ne l'approchent pas!
Elle sentit enfin que les iratus s'écartaient d'elle. Ils semblaient juste légèrement impatients d'avoir à dévier de leur chemin, sans plus.
Mais ils la laissaient tranquille, calmés semblait-il par les phéromones de «la reine» Tiélan.
Mais rien n'était encore gagné. Tiélan continua son avance et tout au fond de la seconde pièce, elle sentit plus que jamais la présence de Todd...et de la reine insecte.
Son cœur manqua littéralement d'un battement lorsque le wraith reprit conscience. Elle décida de ne pas l'alerter tout de suite de sa présence car elle craignait que la reine, succionnant toujours sa force vitale, ne la «sente» également.
Cependant, les émotions et les sensations diverses du Commandant lui parvinrent, comme s'il revivait ce qu'il avait ressenti lors de l'attaque de la reine:
«Cris. Douleurs. Tortures. Peur. Mal. Puis la guérison: le retour à sa vraie nature de wraith. Faim. Une faim immense, dévorante. Une solitude, désespérante. Il fallait qu'il se lève, qu'il réussisse à arracher la femelle iratus de son cou! Qu'il rampe vers la liberté. Mais impossible. Il était si faible...trop faible. Mal. Faim. Froid. La mort est proche. Est-ce ainsi que les humains se sentaient lorsqu'un wraith s'en prenait à l'un d'eux? Alors, c'était tout-à-fait ignoble comme fin! Pourtant, son espèce devait se nourrir ainsi pour survivre. Tout être vivant doit manger pour vivre...
Je vais me redresser. Je vais me libérer. Rien ne m'en empêchera! Je vaincrai.
Non. L'arme, je ne l'ai plus. Je l'ai perdu plus tôt. Alors c'est fini! Plus rien d'autre à faire que d'attendre la mort...»
Elle aurait tellement voulu le rasséréner, lui dire de s'accrocher, de tenir bon! Mais instinctivement, Tiélan savait que de communiquer mentalement avec Todd réveillerait l'instinct de tueuse de la reine iratus et qu'elle n'aurait qu'un simple signal mental à donner pour qu'un trop grand nombre de ces insectes n'envahissent cette section pour venir la défendre.
Ça en serait fini d'elle et de Todd également.
Elle s'avança prudemment, ne quittant pas des yeux la femelle iratus toujours accrochée à la nuque du Commandant. Un seul coup d'oeil sur le visage gris comme de la cendre de Todd, sur ses traits tordus par la souffrance. Mais ses yeux revinrent tout de suite sur le corps de l'insecte, gorgé amplement du sang et de la force vitale de sa victime.
«Il ne faut pas que je me laisse distraire par la détresse de Todd!», se dit Tiélan, fixant résolument la carapace noire et luisante de la reine.
Puis elle comprit que le seul moyen d'arracher cette horreur de son cou était d'utiliser l'arme paralysante. Oui, elle allait paralyser également Todd en même temps; il était déjà très faible mais tirer sur lui avec son arme de poing allait faire du bruitet alerter les autres...et il y avait le risque également de blesser le wraith!
Tiélan sortit son arme paralysante wraith et s'avança tranquillement, faisant le moins de bruit possible. Surprenamment, la reine était tellement absorbée par l'extase de la nourriture qu'elle consommait qu'elle ne réalisa même pas qu'il y avait une présence toute proche d'elle et de sa proie.
Tiélan visa. Tira. Une fois.
Un silence écrasant suivit l'éclair bleu qui paralysa la reine iratus.
Plusieurs secondes passèrent alors que la jeune femme attendait, se demandant si elle ne devait pas tirer une seconde fois? Todd s'était évanoui, touché également par le tir.
Mais le maudit insecte ne voulait pas relâcher ses mandicules autour de son cou! Et tirer encore allait davantage affaiblir le Commandant.
Sondant l'esprit primitif de la créature, Tiélan réalisa qu'elle était inconsciente, vaincue. Sauf que d'instinct, elle continuait à s'accrocher au wraith...
Remettant son arme dans son ceinturon, Tiélan tapa du pied et soupira, excédé.
«Oh non. Il va falloir que je l'arrache moi-même de son cou. Que je touche à cette...cette chose. Beurk!»
Elle en avait déjà eu assez lorsqu'elle s'était faite attaquer dans la forêt.
Dégoûtée, elle réalisait pourtant qu'elle n'avait pas le choix!
Tiélan s'avança lentement, son arme paralysante toujours pointée sur l'insecte, au cas où elle ne soit pas encore assez paralysée. Elle se pencha, déposa l'arme à ses côtés et affermissant sa résolution, la jeune femme agrippa avec ses deux mains la carapace dure de chaque côté, tirant d'abord légèrement pour s'assurer que la chair du cou de Todd ne viendrait pas en même temps lorsqu'elle tirerait d'un coup dur et sec pour détacher l'insecte de sa personne.
Totalement inconsciente, la reine finit par détacher un à un les crochets de ses mandibules et lorsque Tiélan vit que le corps engourdi se relaxait, elle tira d'un coup bref et sec, soulevant l'insecte et le tirant le plus vite possible au bout de ses bras, le projetant très loin de sa victime.
Une sorte de long soupir suivi d'un gargouillis jaillit de la gorge en sang de Todd. Le wraith semblait sortir de l'inconscience.
Mais Tiélan devait faire quelque chose d'indispensable avant de s'assurer de son bien-être.
Elle marcha précautionneusement jusqu'au corps de l'iratus femelle, se pencha et sortit de son étui sa petite arme de poing. L'insecte gisait, ses pattes et ses mandibules en l'air. Tiélan posa le canon de son arme contre son abdomen et tira deux coups rapprochés, puis elle lui mit une balle dans la tête.
Elle écouta alors le silence autour d'elle, toute son ouïe et sa connexion wraith à leur maximum...espérant fortement que la reine n'avait pas eu le temps d'envoyer un signal pour que ses frères iratus viennent à son secours!
Rien.
Jetant un dernier regard soulagé sur les restes de l'insecte, Tiélan ne perdit plus de temps et se hâta de rejoindre le Commandant.
)( )( )( )(
Todd aperçut une ombre se diriger vers lui...
Il se sentait si frêle, si fatigué! Il était incapable de réfléchir avec cohérence, même incapable d'étirer son esprit pour capter l'identité de cette présence silencieuse, debout à ses côtés.
Il ne savait qu'une seule chose: il ne ressentait plus le poids de la reine iratus accrochée à son cou! Plus aucune douleur, mais une immense faiblesse cependant.
- Todd...
Une voix très familière avait murmuré le surnom dont un des humains d'Atlantis l'avait affublé.
Le wraith plissa ses yeux puis força ses paupières à s'ouvrir pour mieux la voir.
C'était une illusion, se dit-il d'abord. Son esprit lui jouait des tours...
Il poussa un sifflement dérisoire:
«Elle ne peut pas être là! Non, ce n'est pas elle. Je lui ai donné sa liberté. Je lui ai ordonné de ne pas me suivre.»
Mais alors qu'il refermait ses yeux et les rouvrait à nouveau, force lui fut d'admettre que la jeune humaine était bel et bien là, s'approchant doucement pour ensuite se pencher et s'accroupir sur ses chevilles, se distançant cependant avec précaution du corps immobile et affalé du wraith.
- Todd, répéta plus fermement la voix de Tiélan Quinn. Tu m'entends? Comment te sens-tu?
- Tié..lannn?
Il l'avait reconnue. Sa voix était faible, râpeuse. Elle n'avait plus rien de la voix de stentor autoritaire et double-ton du Commandant.
Mais en plongeant dans son esprit, Tiélan put se rendre compte que malgré la fragilité actuelle de sa condition, Todd était redevenu lui-même.
C'est-à-dire un wraith qui pouvait se nourrir de force vitale humaine. Il lui fallait donc se montrer extrêmement prudente. Il ne semblait pas encore totalement en contrôle de lui-même mais comme elle était sa source de nourriture, elle se devait de demeurer calme et réservée.
Les bras du wraith étaient étalés de chaque côté de son corps, les paumes de ses mains ouvertes. Il lui suffit donc d'observer la paume de sa main droite pour voir que la fente nourricière était bel et bien de retour...et prête à entrer en action à n'importe quel moment.
- Tout va bien. J'ai tué la créature, dit la jeune femme. Et maintenant, je vais te soigner.
La blessure à son cou saignait. Oh, pas beaucoup mais elle s'obstinait à ne pas vouloir se refermer d'elle-même. Tiélan comprit que son corps n'était pas encore assez fort, pas encore au pic de sa performance habituelle.
Elle s'activa, cherchant parmi les poches nombreuses de sa veste tactique de quoi lui faire un bandage.
Alors qu'elle sortait ce qu'il lui fallait, elle entendit un grondement mécontent monter de la gorge encore haletante du Commandant.
- Que fais-tu là humaine!? Ne t'avais-je...pas ordonné...de...de ne pas...me suivre!?
Tiélan ne répondit rien. Elle avait anticipé qu'il serait mécontent, même fortement en colère. Pourtant, elle préférait cette réaction plutôt que de n'avoir retrouvé de lui qu'un cadavre!
- Laisses-moi prendre soin de toi...dit-elle d'une voix douce et apaisante.
Elle s'approcha, déposant le sac de bandages et de pansements divers près de la tête de Todd, avançant sa main dans le but de l'aider. Mais d'abord, elle voulu caresser la crinière échevelé du wraith...
Todd ne semblait pas réaliser que la jeune fille l'avait tutoyé. En fait, sa colère monta de plus en plus car il réalisait que non seulement elle lui avait désobéi, mais en plus elle faisait preuve envers lui de pitié, de compassion!
- Sors tout de suite...! siffla le wraith qui avait retrouvé apparement assez de fermeté et d'autorité dans sa voix.
Il ne voulait pas qu'elle le voit diminué et souffrir ainsi! réalisa Tiélan. Pourtant, il faudrait bien qu'il la laisse lui administrer les premiers soins car il était encore trop faible...
- Je ne veux que t'aider, murmura-t-elle.
- JE T'AI ORDONNÉ DE SORTIR!
Puis plus tranquillement:
- Reviens plus tard. Je te ferai signe...
Tiélan en avait assez des ordres, mais elle décida qu'il valait mieux ne pas discuter pour le moment. Elle devait le laisser seul pour qu'il reprenne des forces, ainsi que sa dignité.
Elle se leva et s'éloigna, laissant aux côtés du Commandant le petit kit de premiers soins.
Elle refit le chemin en sens inverse. Heureusement les iratus, toujours affairés à nourrir les petits de la reine, l'ignorèrent totalement.
() () ()
«Todd est tiré d'affaire je crois, mais je sens sa faim. En fait, il est très affamé vu que cela fait très longtemps qu'il ne s'est nourri, selon la manière traditionnelle wraith. Il ne pourra probablement pas se réfréner d'attaquer la première personne humaine qu'il rencontrera, alors je dois rester vigilante. Il m'aime, mais ses instincts de base pourraient vouloir faire de moi sa proie!»
Tiélan réfléchissait froidement, assise sur un rocher situé non loin de la bouche de la caverne.
«Il est extrêmement faible. Il n'aura pas la force de chasser. C'est donc moi qui devrai le faire pour lui. Il faut que je capture au moins deux de ces créatures du village; que je les attire jusqu'ici, les attache et ensuite les sécurise en attendant de servir de repas au Commandant», décida-t-elle.
«Hummm plus facile à dire qu'à faire!» se dit-elle, pensive.
Pourtant, elle avait réussi le plus périlleux en s'infiltrant dans cette cave d'iratus et en parvenant à rejoindre le wraith, arrachant de son cou la reine pour ensuite la faire sauter en pièces.
Qu'est-ce qui pourrait pousser ce genre de créatures mi-homme mi-singe à la suivre jusqu'ici? Elle pouvait s'en prendre à deux individus solitaires, sans alerter évidemment le reste du village...
Une idée se fit alors un chemin dans sa tête.
«Oh...oui, c'est possible. C'est faisable!» décida-t-elle soudain après avoir improvisé un plan.
Soudain, l'esprit du Commandant interrompit le fil de ses pensées. Tiélan ferma les yeux et écouta.
Elle le sentait encore très faible physiquement, mais tout son esprit était bel et bien présent, lui indiquant de revenir vers lui.
Tiélan aimait profondément Todd et elle savait qu'il ressentait la même chose pour elle.
Cependant, elle n'était pas stupide. Elle prépara donc son arme paralysante, vérifiant qu'il restait suffisamment d'énergie pour paralyser le wraith au cas où sa faim serait si immense qu'il ne pourrait se refréner de ne voir en elle qu'une proie humaine pour étancher la souffrance de sa faim.
Elle se leva et passa l'entrée de la caverne, ouvrant la lumière du bandeau sur sa tête pour percer les ombres au fur et à mesure qu'elle s'avançait prudemment.
Elle vit alors Todd. Le wraith marchait lentement...
Son pas était hésitant et il devait courber sa très grande taille pour que sa tête ne se heurte pas au plafond de cette partie basse de la caverne.
Elle remarqua que Todd s'était fait tant bien que mal un pansement sur le cou avec le kit de secours qu'elle lui avait laissé. Il était cependant encore taché de sang.
Todd haletait; son expression était indéchiffrable alors qu'il fixait la jeune femme.
Tiélan lui fit un sourire hésitant. Elle aurait tant voulu lui sauter dans les bras!
Mais son instinct et sa prudence lui commandèrent de rester à distance alors qu'elle touchait l'étui contenant l'arme paralysante, s'assurant que Todd voit bien son geste.
- Oui, c'est sage de ta part de rester éloignée de moi, dit alors Todd d'une voix basse et râpeuse, presque un murmure.
Il s'était arrêté de marcher vers elle, comme s'il ne se faisait pas confiance à lui-même.
Il y eut un silence lourd. Tant de questions que Todd voulait lui poser, tant d'amour dans le regard de cette jeune fille qu'il aimait plus que tout!
Mais il avait d'abord besoin de régler un problème urgent, primordial: la faim qui le torturait en ce moment.
- Je dois aller chasser, laissa-t-il tomber d'un ton las. Après, nous devrons parler, toi et moi...
Tiélan ne put s'empêcher un reniflement moqueur:
- Chasser!? Avec tout le respect que j'ai pour toi Todd, tu n'es pas en mesure de chasser! Une seule de ces créatures n'aura aucun problème à prendre le dessus sur toi, vu ton état! Non, c'est moi qui vais chasser. Je repars vers le village pour attirer ici au moins deux de ces humanoïdes. Restes dans les ombres et tu en sortiras au moment opportun. J'espère faire vite et ne pas trop te faire attendre...fais-moi confiance!
Todd n'en revenait pas de l'attitude assurée et surtout autoritaire de Tiélan. Et encore ce tutoiement qu'elle utilisait sans vergogne!
Néanmoins, elle avait tout-à-fait raison. Mettant son orgueil de côté, Todd hocha simplement de la tête, poussant tout de même un grognement mécontent et réticent, un peu humilié. Il retourna dans les ombres de la caverne. Il n'avait pas le choix!
Il vit Tiélan se débarrasser de la veste tactique et du chandail en-dessous, apparaissant dans le simple appareil d'un pantalon noir serré et d'un haut noir et décolleté. Elle tira encore plus sur ce dernier pour exposer avantageusement ses seins qui brillaient d'une légère transpiration.
Tous les mâles étaient pareils, qu'ils s'agissent d'aliens, d'humains ou même de ces semblants d'humains. Todd se fit cette réflexion avec un petit rire narquois. En voyant cette belle fille attirante, ils ressentiraient le désir de la prendre et leur nature sauvage et instinctuelle ferait le reste!
Tiélan cacha le reste de ses vêtements derrière le rocher ainsi que l'encombrant P-90; il ne fallait pas qu'elle apparaisse trop agressive ou menaçante si elle voulait que son plan fonctionne. Elle se contenta donc de cacher l'arme paralysante dans son ceinturon, mais derrière elle.
Elle se mit à marcher tout le long du chemin menant vers la périphérie du village; elle n'espérait pas que les deux humaoïdes seraient encore en train de discuter près du feu, mais elle était sûre que d'autres créatures allaient s'aventurer à un moment sur le chemin. Soit pour aller chasser ou bien retrouver peu importe quelle proie s'était fait prendre dans leurs pièges...
...et ils ne se doutaient pas que c'est eux qui seraient la proie de la jeune femme.
() () ()
Cela ne prit pas de temps.
Dix minutes à peine et Tiélan reprenait son poste d'observation dans les buissons, près du petit chemin. Le feu de camp était mort, quoique des cendres incandescentes s'en élevaient toujours. Mais personne aux alentours.
Elle s'approcha un peu plus, évitant pourtant de prendre la rue principale menant au centre du village de huttes.
Puis elle entendit encore une fois des voix masculines.
Elle gagna l'abri d'un arbre grand et large, observant les nouveaux arrivants qui s'éloignaient du village.
Deux humanoïdes...des mâles. L'un était celui qui s'occupait auparavant du feu de camp. L'autre était un nouveau, plus jeune, peut-être le fils ou le frère de l'autre. Chacun portait comme arme une sorte de lance ou plutôt un javelot, visiblement fait pour la chasse.
La jeune femme les laissa passer devant sa cachette et se mit à les suivre, utilisant pour se dissimuler sans se faire voir ses anciennes tactiques de runner.
Elle avait vu juste. Ils se dirigeaient vers la forêt, probablement pour aller voir s'ils avaient fait des prises avec leurs pièges.
«Hummm, il faut que je les entraîne en sens inverse. La forêt est trop loin de la caverne. Je dois les appâter. Mais une course trop longue et compliquée va finir par les rebuter et ils vont laisser tomber.»
Elle comprit qu'il lui fallait agir tout de suite, sans attendre.
La jeune femme s'arrêta alors que les deux mâles se trouvaient à peine à quelques mètres en avant d'elle. Elle se planta résolument au milieu du chemin.
- HÉ! VOUS DEUX! VENEZ VOIR PAR ICI! cria Tiélan en agitant ses bras pour s'assurer d'attirer leur attention.
Les deux individus se retournèrent d'un seul bloc, pointant d'instinct le bout de leur javelot vers elle. Ils semblèrent très surpris de voir une femelle, et plutôt différente de celles de leur tribu! Le plus jeune abaissa son javelot en hésitant, la regardant de la tête aux pieds en la fixant, bouche béante. Le plus vieux resta dans la même position, semblant plus circonspect de cette apparition bizarre...
«Hummmm...ils vont avoir besoin d'un peu d'encouragement!» se dit Tiélan, agacée.
Elle fit soudain un très grand sourire au plus jeune des deux. Il avait l'air assez naïf pour croire qu'elle le voulait vraiment!
Elle se mit ensuite à tournoyer lentement sur elle-même, mains sur les hanches, petit derrière rebondi bien mis en évidence, le faisant même frétiller comme une femelle en chaleur. Prenant la pause la plus subjective qu'elle connaissait. Ça en était même abject, tant elle avait l'air d'une femelle en rut prête à tout pour être baisée!
Le jeune mâle n'arrêtait pas de la reluquer sans arrêt. Le plus vieux le frappa du bout inoffensif de son javelot sur le bras, comme pour le ramener à la prudence. Comme pour lui dire que c'était trop beau pour être vrai...
S'en suivit un échange guttural de grognements dont Tiélan ne comprit évidemment rien. Le plus vieux semblait conseiller à l'autre la prudence, mais le plus jeune essayait visiblement de le convaincre que cette femelle en chaleur était une occasion inespérée!
- ALLEZ ALLEZ, LES GARS! VENEZ VOUS AMUSER AVEC MOI! dit alors la jeune femme en réitérant ses mouvements suggestifs.
Ils ne comprendraient sûrement pas son langage, mais le ton érotique et suggestif qu'elle utilisait, ça, aucun mâle ne pouvait en ignorer la signification. Elle eut un peu peur lorsque les deux mâles se regardèrent l'un l'autre, poussant des grognements et des barrissements étranges, ce qui semblait être la seule forme de langage qu'ils pratiquaient et comprenaient.
Allaient-ils venir jusqu'à elle ou bien se demandaient-ils s'il ne serait pas plus sage d'aller jusqu'au village alerter les autres de la présence de cette étrange femelle?
«Allez...! grinça Tiélan entre ses dents, sur le bord de la crise de nerfs. Venez donc, vous ne savez pas ce que vous êtes en train de manquer!»
Soudain la discussion des deux mâles redevint une autre altercation: ils semblaient maintenant s'engueuler, à savoir qui avait vu ce «petit cadeau inattendu» le premier ou bien qui avait prédécence sur l'autre pour aller le chercher.
Tiélan n'arrêtait pas de leur faire de grands signes en mettant bien en évidence ses seins et ses longues jambes, un grand sourire sur le bord de la grimace, tant elle était exaspérée de voir leur hésitation à prendre une décision.
Puis tout se régla vite. Les deux mâles laissèrent tomber leur javelot et se mirent à avancer vers la femelle, leurs yeux exorbités et leur bouche grande ouverte – il en coulait presque de la bave!
Tiélan partit d'un grand éclat de rire joyeux mais sarcastique, mettant autant de promesses lascives qu'elle le put dans son gloussement espiègle, comprenant qu'ils allaient la poursuivre enfin.
Elle se mit à courir...
Une runner, c'est ce qu'elle était.
Et ces deux lourdauds n'étaient sûrement pas aussi rapides et intelligents que les wraith qui l'avaient si souvent poursuivie et de plus en plus difficilement attrapée, au fur et à mesure que ses habiletés de runner s'aiguisaient avec les années.
Elle serait capable de les manoeuvrer et de les tromper, de prendre de la vitesse ou bien de ralentir au besoin. Mais elle arriverait à les diriger subtilement vers la caverne.
Elle entendait derrière elle les cris excités des deux mâles qui se provoquaient l'un l'autre, probablement pour avertir leur adversaire de celui qui était le meilleur à ce petit jeu-là et qui allait se gagner le premier les faveurs de cette femelle!
Elle riait, ne s'arrêtant de courir à l'occasion que pour se dissimuler et observer si ses deux «proies» se dirigeaient bel et bien où elle les voulait.
Ils ne comprenaient rien de sa langue, elle le voyait bien! Elle ne comprenait pas plus leur langage mais Tiélan ne cessait néanmoins de les provoquer de sa voix sensuelle en leur suggérant mille délices, s'ils continuaient à la poursuivre.
Mais leur désir pour elle était toujours vif, car ils ne ralentirent pas leurs efforts pour l'attraper.
Soudain, le plus vieux des deux mâles stoppa, poussant un cri d'avertissement. Le plus jeune qui le précédait depuis quelques secondes s'arrêta et se retourna. Le plus vieux lui pointa quelque chose de son bras.
La caverne était en vue, un peu plus loin sur le chemin...
«Merde!» comprit Tiélan. Bien sûr que ces humanoïdes connaissaient cet endroit! Et ils ne risqueraient pas d'entrer dans cet endroit infesté d'insectes iratus...
Devait-elle alors dévier de la route, retourner vers la forêt en les entraînant, courant le plus vite possible pour se dissimuler, les attendre, les paralyser à tour de rôle? Ce n'était pas un plan B bien efficace car elle devrait ensuite traîner ces deux poids lourds vers la caverne, Todd étant trop faible pour faire tout ce chemin.
Non, il fallait qu'elle les convainque de s'approcher quand même, qu'elle n'allait pas réellement entrer dans la caverne, qu'il n'y avait aucun danger.
En toute hâte, Tiélan enleva le haut noir qu'elle portait, ses beaux seins rebondissants apparaissant dans toute leur splendeur.
Un long regard langoureux vers le plus jeune mâle...elle s'étendit ensuite dans le buisson tout à côté de la bouche de la caverne.
Le jeune mâle en rut poussa une exclamation victorieuse, se mettant à courir pour faire les quelques pas le séparant de sa future source de plaisir...
Le plus vieux le suivit plus lentement et prudemment, mais tout de même assez alléché. Se disant fort probablement qu'il observerait ces deux-là avant de prendre cette femelle à son tour.
Une fois l'humanoïde tout près d'elle, debout et l'observant avec un sourire plein de dents, Tiélan eut pendant une demi-seconde un sentiment de culpabilité.
Ils ne ressemblaient que bien peu à des hommes, se dit-elle. Mais c'était tout de même des êtres vivants. Et elle allait les sacrifier à la faim d'un wraith...
Tiélan avait déjà tué pour se défendre, mais jamais pour nourrir un wraith, même celui qu'elle aimait. Et elle savait bien qu'elle les envoyait à leur mort, aussi sûrement que si elle avait planté elle-même un poignard dans leur cœur.
Elle repoussa résolument cette pensée qui la remplissait de honte, décidant que la vie de Todd le valait bien. Elle sourit d'une manière angélique au mâle, tout en lui ouvrant ses bras.
Le jeune mâle se pencha.
Au dernier moment, Tiélan replia une de ses jambes tout contre son ventre et la projeta comme un ressort avec le plus de force possible.
Son pied, dur comme de la roche, frappa l'entrejambe de la créature qui perdit à la fois toute envie sexuelle et son équilibre, tombant devant en poussant un hurlement pathétique. Tiélan se poussa du chemin alors que le jeune mâle atterrissait sur le ventre entre les branchages du buisson. Elle l'entendit se lamenter. Mais ce qui pressait maintenant était de neutraliser l'autre!
Elle se releva comme un ressort encore une fois, sortant de derrière son dos l'arme wraith.
Le plus vieux des deux mâles était d'abord demeuré figé sur place, son cerveau commençant à peine à réaliser ce qui venait de se passer. Puis il rugit soudain, se précipitant vers elle avec un grand cri rageur, ses deux gros bras musclés projetés pour saisir cette maudite femelle!
Mais la jeune femme fut la plus rapide.
L'éclair bleu de l'arme paralysante le frappa directement au ventre. Ses yeux grands ouverts de surprise, il tomba sur son abdomen sur le sol.
Tiélan ne perdit pas de temps et prenant une des cordes accrochées à son pantalon, elle retourna vers le premier pour commencer à l'attacher comme un saucisson.
La créature la regarda avec un pur regard de haine, poussant quelques grognements d'insultes et d'indignation.
Elle revint ensuite vers celui qu'elle avait paralysé, le retournant sur le dos en s'aidant du bout de sa botte.
- Eh bien eh bien! se moqua la jeune fille. Un mâle reste toujours un mâle, peu importe sa provenance et sa race!
Mais le mâle, pas tout-à-fait paralysé, la regarda entre ses paupières lourdes, un mépris obstiné se lisant sur sa figure animale mais remarquablement expressive malgré tout.
Tiélan retourna remettre le haut de son t-shirt.
Il était temps d'aller prévenir Todd que le repas était servi.
() () ()
Lorsque le Commandant sortit des ombres de la caverne pour se diriger vers les deux «prises» de Tiélan, la jeune femme put voir que les ombrages sous les yeux du wraith, la pâleur de ses traits et la crispation de sa mâchoire s'étaient accentuées, trahissant l'état de souffrance et la faiblesse du wraith.
Elle pouvait sentir sa faim dévorante, la brûlure de tout son être!
Même si Todd était loin d'être en forme, les deux humanoïdes furent frappés de terreur, comprenant tout de suite le sort imminent qui les attendait. Un wraith même affaibli, - un wraith comme Todd surtout - était encore très impressionnant et terrifiant!
Bien sûr, les créatures de cette planète connaissaient bien l'existence des wraith, ayant déjà reçu leur «visite» lors de cueillettes.
Les deux mâles se mirent à se débattre furieusement, tentant de se libérer de leurs liens. Peine perdue, Tiélan les avait bien attachés!
Le plus jeune commença une série de cris terrifiés et de gémissements pitoyables en apercevant le wraith qui s'avançait lentement vers lui comme le prédateur vorace qu'il était.
Les yeux agrandis de peur, il tourna un regard d'incompréhension totale vers la jeune femme dont il avait cru pouvoir se gaver de plaisirs charnels alors que plus tôt, il ignorait le danger imminent qui les guettait, lui et l'autre mâle.
Soudain honteuse sous le regard implorant et plein de détresse de la créature face à sa trahison, cherchant visiblement l'aide de l'humaine, Tiélan baissa les yeux en murmurant un «je suis désolée, pardonnez-moi...» qu'il ne put comprendre.
Elle détourna les yeux, préférant ne pas être témoin de ce qui allait suivre.
Le plus vieux mâle avait le visage blême de terreur mais lorsqu'elle jeta un œil sur lui, c'est de la haine pure et de la défiance qu'elle put lire dans ses yeux noirs enfoncés.
Tiélan regagna vivement l'endroit où elle avait laissé ses armes et le reste de ses vêtements.
Les premiers cris de la première créature l'atteignirent lorsqu'elle s'habilla en toute hâte du chandail gris et de la veste tactique, ses mains tremblant légèrement.
Elle avala durement, tentant d'empêcher ses larmes de honte de couler.
«Tu n'as que toi à blâmer, se morigéna-t-elle. Tu savais que Todd, s'il guérissait, serait exactement le prédateur qu'il était avant de prendre le traitement, qu'il retournerait à son ancienne façon de se nourrir de force vitale. C'est ton choix ma fille, alors assumes!»
Lorsque Todd «vida» le second des deux humanoïdes, les cris de ce dernier lui parvinrent alors qu'elle tentait, malgré ses mains encore tremblantes, de faire un semblant de tresse de sa longue chevelure un peu en désordre.
Heureusement, les cris cessèrent assez tôt. Todd avait eu au moins la décence de faire vite et d'épargner aux deux mâles une mort lente qui n'en finissait plus!
Obstinée, elle resta dos à lui même lorsqu'elle l'entendit s'avancer vers elle pour enfin poser une main sur son épaule.
Tiélan reprit contenance vivement avant de se retourner vers le wraith.
Todd était sublime. Sa silhouette était haute et fière, bien moins décharnée qu'auparavant dans l'uniforme de cuir noir.
Son teint, l'éclat de ses yeux, son port de tête altier, toute sa personne était exactement comme il était il y a un an, bien avant que Todd et ses wraith ne prennent ce traitement génique qui avait fini par les rendre si malades.
Toute honte et toute peur disparurent des yeux de Tiélan.
Todd la regarda longuement, intensément et gravement avant de prendre son visage entre ses grandes mains et de plaquer ses lèvres sur celles de la jeune femme.
Ils échangèrent un long baiser, bien plus empreint d'une tendresse nostalgique que de véritable désir.
Tiélan oublia tout, se sentant fondre dans ses bras...
Enfin, elle retrouvait celui qu'elle aimait!
~~o~~ ~~o~~ ~~o~
- Dis-moi maintenant. Pourquoi m'as-tu désobéi Tiélan, alors que je t'ai ordonné de ne pas me suivre? Je t'ai donné la meilleure preuve d'amour qui soit: ta liberté. Il n'y a habituellement que la répudiation ou la mort qui sépare un maître wraith de son adoratrice...
Tiélan regarda Todd en silence pendant au moins une bonne minute.
Il y avait du reproche, du chagrin, de l'incompréhension dans la voix et l'esprit du wraith. Mais aucune colère réelle.
Un sourire lent et sagace étira ses belles lèvres.
Elle planta son regard plein d'amour, de détermination et même d'un peu de rébellion dans celui de Todd:
- Je suis peut-être complètement folle, Todd. Mais je t'aime aussi. Assez pour décider que je ne peux pas vivre sans toi. Tu m'as laissé seule sur Atlantis avec ma liberté, oui mais...après le choc de ton départ, j'ai été émerveillée de ce cadeau. Sauf que...j'ai compris que si tu avais le droit de prendre des décisions pour toi...alors moi aussi je le peux!
- Hummmm...fit le wraith, hochant la tête en tirant sur sa petite barbiche, perplexe. Alors où est donc toute cette belle croyance en cet Univers qui devait te montrer ta voie...?
Tiélan ignora l'humour un peu moqueur dans la voix du wraith.
- On s'en fiche de l'Univers. C'est MOI qui décide de MA vie. Et c'est avec TOI que je désires la passer. Être libre oui, c'est séduisant mais...j'ai compris sur Orodon que j'avais fini par devenir malheureuse sans toi. Et...je ne pouvais pas supporter que tu meures, sans que j'essaie au moins de te sauver!
- Brave Tiélan...ma douce et dévouée Tiélannnn...comprends-tu au moins toutes les conséquences de ta décision?
- Oui. J'ai réfléchi cette nuit-là. Puis j'ai planifié ma fuite d'Atlantis. Je sais qu'il n'y a pas de retour en arrière. Je comprends...toutes les conséquences, fit la jeune femme en jetant un regard réticent en direction des deux cadavres secs et blanchis des créatures qui avaient servies de repas au wraith.
Mais se rappelant les cris horribles des deux humanoïdes, Tiélan baissa les yeux vers le sol, mordillant ses lèvres, visiblement tourmentée.
Elle avait beau comprendre toutes les implications de sa décision, il y avait tout de même des choses qu'elle n'aimait pas...qu'elle abhorrait même.
Todd prit entre deux de ses longs doigts effilés le menton de son amoureuse humaine, levant son visage vers lui pour la forcer à le regarder.
Deux yeux pervenches rencontrèrent le regard vif et impressionnant des deux grands yeux verts-dorés du wraith.
- On dirait bien que nous sommes enchaînés l'un à l'autre...jusqu'à ce que la mort nous sépare! déclara gravement Todd.
- Eh oui! grinça Tiélan, plus narquoise que lui. Tu n'as pas le choix, tu ne pourras plus te débarrasser de moi maintenant...
Les yeux de la jeune femme avait cette lueur folle et déterminée, pleine d'amour et de dévotion envers le wraith. Pourtant, Todd comprit tout de suite que quelque chose de crucial avait changé en elle et entre eux.
Tiélan n'accepterait plus de lui être soumise, d'être traitée en esclave et de ne pas être consultée, lorsque ses décisions les concerneraient tous les deux.
- Je suis en effet «pris» avec toi! dit Todd avec un demi-sourire. Et vois-tu, j'en suis fort heureux.
Tiélan lança ses deux bras autour des épaules du Commandant et se lova tout contre sa large poitrine, nichant sa tête au creux de son épaule.
- Et maintenant...on fait quoi, Todd? Tu dois avoir un plan, oui?
Todd se recula et prit le petit visage de Tiélan entre ses mains. Il se mit à rire franchement.
- Tu me connais si bien. Ceci est...troublant même!
Tiélan pouffa de rire.
- Oui en effet, j'ai...un plan, reprit le wraith. Quelques plans même. Comme je l'ai toujours fait lorsque je perdais ma ruche, mes frères wraith, je vais me chercher un nouveau foyer, un nouvel équipage. Et remonter dans la hiérarchie, jusqu'à redevenir le Chef d'une alliance...
- Nous.
- ….?
- Nous allons chercher un nouveau foyer. Je suis là désormais, lui rappela la jeune femme après son interrogation muette. Je fais désormais partie de ton futur, donc de tes plans. Nous sommes encore plus forts ensemble...nous allons survivre.
- Bien sûr! Mais dis-moi petite humaine, j'ai une autre question: depuis quand nous...tutoyons-nous?
Tiélan ne ressentit pas plus de colère de la part du Commandant qu'auparavant. Si ce n'est une légère irritation à cause de cette nouvelle impertinence de sa part!
Elle éclata d'un petit rire espiègle, presque diabolique.
- Depuis que tu m'as offert ma liberté en gage d'amour profond! Alors, nous sommes deux êtres égaux. J'ai tout autant de respect pour toi qu'auparavant mais je ne me sens pas supérieure, ni inférieure à toi. Alors, nous devrons repenser à notre relation. Oh bien sûr en présence d'autres wraith, je jouerai le jeu, je ne suis pas stupide assez pour risquer nos deux vies! Je ne vais jamais miner ton autorité. Mais c'est fini pour moi de jouer les worshippers!
Todd pencha sa tête de côté, scrutant bien le visage obstiné et l'esprit décidé de son amoureuse.
Certes, il en aurait eu long à dire sur ce genre de relation délicate entre wraith et humaine qu'elle revendiquait, mais il est vrai qu'il ne la voyait plus du tout comme une simple adoratrice et qu'elle était tellement plus pour lui maintenant! Plus que jamais même...
Le wraith acquiesça de la tête et pour toute réponse, il l'embrassa plus longuement et passionnément que la première fois.
À bout de souffle, sachant qu'ils n'avaient pas le temps pour de plus longs attouchements, Todd et Tiélan se séparèrent.
La jeune femme tourna les yeux avec réticence vers le deux corps que Todd avaient consommé.
- Tu as encore faim?
- Ma faim est rassasiée oui, mais je dois réparer tous les dommages internes causés par la morsure de la reine iratus. Je sens que la guérison n'est pas tout-à-fait complète. Je vais donc me rendre au village et chasser.
Tiélan hocha de la tête.
- Je vais t'attendre.
- Oui. Tu ferais bien d'enterrer les corps, ordonna tout-à-coupTodd. Je ne crois pas qu'il serait prudent de les laisser ainsi! Les habitants du village pourraient les trouver et croire qu'il y aura bientôt une cueillette...
Le visage de la jeune femme s'assombrit. Elle carra sa mâchoire.
- Oh non. Dit-elle alors d'une voix sèche et mordante. Je peux chasser pour toi si nécessaire mais...pas question que je ramasses les dégâts! TU te chargeras de faire disparaître les corps de ceux que tu consommes.
Todd la regarda, une surprise totale sur ses traits. Puis sa tête recula et le wraith éclata d'un grand rire amusé, lui lançant ce regard unique de renard rusé qu'il avait parfois:
- Je vois! fit Todd, une fois qu'il se fut calmé. Je comprends tout-à-fait. Je m'occuperai donc des «dégâts» à mon retour. Ensuite, nous élaborerons plus au sujet de mon...de notre plan.
Un dernier sourire malicieux traversa les traits de Todd puis le wraith tourna les talons, marchant d'un pas rapide et félin vers le village.
Une fois qu'il fut loin, tout au bout du chemin, Tiélan ne put se réfréner d'une petite danse de la victoire.
Elle savait que les choses ne seraient pas aussi faciles. Todd devrait travailler fort pour rebâtir sa vie, se faire une place sur une ruche et ensuite faire son chemin et reprendre les rênes du pouvoir.
Ce serait dur pour elle également, mais elle savait dorénavant que Todd la voyait en égale et la traiterait ainsi, même si en présence d'autres elle n'aurait d'autre choix que de jouer le jeu de la soumission.
Et elle sut tout au fond de son cœur qu'elle était capable de tout pour celui qu'elle aimait...
...et qu'elle avait fait le bon choix en venant sauver Todd.
* à suivre!*
N/A: Alors, dites-moi ce que vous en pensez?
Chapitre surprenant sûrement pour plusieurs d'entre vous chers lecteurs! Non mais quelle «idiote» que cette fille qui refuse sa liberté pour l'amour d'un wraith!? ;o)
Pourtant, vous savez déjà que Todd sans Tiélan...et Tiélan sans Todd, c'est virtuellement impossible!
En attendant vos reviews, je vous dis à la prochaine. Le prochain chapitre tournera en majorité autour de nos deux survivants. Comment Todd compte-t-il reconstruire sa vie et son alliance en y intégrant son humaine qui est plus rebelle que jamais et qui ne sera plus la worshipper que l'on a connu?
* Traduction en français de «Get to you», de James Morrisson:
«Si près de minuit
Sous les lampadaires
Laissant derrière ce dont je n'ai pas besoin...
Je marche comme une aveugle
Et mes yeux sont ouverts
Et tu es le seul endroit pour moi
Veux-tu m'attendre juste encore un peu?
S'il-te-plaît ne m'abandonnes pas ce soir...
Parce que je suis en chemin
Je chasserai le jour,
Oui je vais continuer à courir toute la nuit
Je ne me reposerai pas, même pour reprendre mon souffle
Je vais courir à chaque feu rouge
Pour aller te trouver,
Non, je viens te chercher!
J'ai dépassé la queue des lumières,
Me dirigeant vers l'horizon
En espérant que ta foi en moi ne changera pas!
Je les vois apparaître,
Les fissures dans la chaussée.
Parce que je suis en chemin
Je chasserai le jour,
Oui je vais continuer à courir toute la nuit
Je ne me reposerai pas, même pour reprendre mon souffle
Je vais courir à chaque feu rouge
Pour aller te trouver,
Je viens te chercher!»
** Traduction de «Only the Strong will survive!», de Breaking Benjamin:
«Seulement les forts survivront»:
«Seulement les forts survivront,
Mènes-moi vers les cieux quand nous mourrons.
Je suis l'ombre sur le mur,
Je serai celui qui nous sauvera tous.
Il n'y a rien qui reste,
Ne gâches pas ton souffle,
Restes dans l'attente,
(Pris dans ce raz-de-marée)...
Ta couverture a éclaté,
Nul part où aller!
Accroches-toi à ton sort,
Chargé, je vais marcher seul...
Tires de ton feu,
Il est temps de courir,
Fais-moi éclater,
(Je vais rester avec tout le dégât que j'ai fait)
Après la chute,
Nous allons nous secouer.
Montres-moi le chemin!
Seulement les forts survivront,
Mènes-moi vers les cieux quand nous mourrons.
Je suis l'ombre sur le mur,
Je serai celui qui nous sauvera tous!»
