Je me sens écrasée. Je n'arrive plus à respirer. J'ai mal, mon corps est si douloureux. Il faut que je respire. J'étouffe. Je cris encore et encore. De l'air. Il me faut de l'air maintenant ! Je panique. L'obscurité m'entoure une nouvelle fois. Je pleurs, cris, hurles. Que quelqu'un m'aide ! J'ai l'impression de bruler vive mais en même temps de me noyer dans une eau glaciale. Ma tête allait exploser. J'ouvris les yeux en me relevant brusquement, criant pour remplir à nouveau mes poumons. J'étais en sueur, le cœur battant la chamade. Je toussais fortement et une main passa dans mes cheveux, m'obligeant à pencher la tête en avant. Je ne pus me retenir et régurgitais le peu que j'avais dans l'estomac.

« Ca va aller ? »

Je secouais la tête. Non, je n'allais vraiment pas bien. Rien que le fait de l'avouer prouvait que ça n'allait pas. J'haletais, le regard bouillant. On me tendit une serviette et j'y essuyais mes lèvres rapidement, un goût horrible en bouche. Je relevais les yeux paniqués. J'étais dans une cellule dont les murs étaient crasseux et court. Je pus compter trois femmes avec moi. L'une d'elle me fit taire en posant une main ferme sur mes lèvres.

« Tais-toi ! Ne crie plus ! »

Elle me faisait bien rire. J'avais le corps en morceau, je ne savais pas où j'étais et encore moins ce qui m'attendait. Une autre femme posa sa main sur mes jambes pour m'empêcher de bouger et je ne pus réprimer un cri de douleur contre les doigts de l'autre femme.

« Elle est vraiment dans un sale état, elle risque de ne pas passer la nuit. »

Ne pas passer la nuit ? Mourir en gros ? Hors de questions ! Je foudroyais la femme ayant dit cette ânerie du regard. Elle pâlit et s'écarta. Je dû attendre plusieurs minutes avant que la femme retire sa main. Je me laissais retomber au sol retenant un cri des plus douloureux.

« Où suis-je ? »

Elles baissèrent les yeux. Certaines tremblaient en retenant leurs larmes. Je décidais de les ignorer. J'avais tellement mal. Un grincement vint torturer mes tympans. Je grimaçais fortement, me tenant le crâne. Des pas se firent entendre et j'entendis les gémissements apeurés de plusieurs femmes. Un homme poisson apparus devant notre cellule et je le reconnus tout de suite malgré mon mal de crâne, c'était celui qui m'avait saisi par le menton. Je n'étais pas en état de me battre mais je n'avais pas non plus envie d'abandonner.

« Le maître veut te voir mais comme tu n'es pas présentable et encore moins capable de te tenir devant lui, petite chanceuse, tu vas avoir droit à des soins. »

Il ricana venant me saisir par le col. Je me retrouvais incapable de faire un geste, les bras coincés dans mon dos. Je lâchais un râle douloureux.

« Vous regretterez ça ! Mes amis vont venir vous mettre la misère ! »

L'homme poisson lâcha un ricanement qui me fit froid dans le dos.

« Il faudrait déjà qu'ils arrivent à nous retrouver et encore, si ton ami est encore vivant.

_ Quoi ?

_ Ton copain qui était avec toi, on l'a tué. »

Son ton fut tranchant, net sans bavure, sans hésitation. Clair, il en était sûr. Je n'arrivais plus à respirer. Olive ! Non, il ne pouvait pas être mort ! C'était impossible. Je n'arrivais même pas à crier. Je me laissais trainer telle une poupée de chiffon tandis que revoyais le sourire d'Olive. Ces platsinfects mais pourtant fait avec détermination. Je le revoyais relever son nez du tableau de bord encore à moitié endormis. Son sérieux et sa vivacité lorsqu'il dirigeait l'équipe. Sa frimousse chaleureuse et ses cheveux châtains toujours en batailles. Son rire qui nous entraînait à faire de même.

« Voilà, soigne-la ! »

Je n'arrivais pas à revenir à la réalité. Quelqu'un m'obligea à m'allonger et je sentis mon corps être palpé et compressé mais je ne ressentais plus rien. Plus rien sauf un vide. Un trou. Comment réagir ? Olive était l'une des personnes les plus gentilles que j'ai connues, il était comme un petit frère pour moi.

« Hey ? »

Je repris le peu de raison qu'il me restait, papillonnant plusieurs fois des yeux. Il était peut-être très bon menteur. Peut-être.

« Hey ? »

Je reportais mon regard sur la femme. C'était une femme-poisson et un frisson me prit en la voyant.

« Où suis-je ? »

Elle sourit et je remarquais alors que j'étais attachée.

« Dans notre repère. Ne t'attend pas à des calmants ou des antidouleurs, petite. Ce serait bien trop luxueux pour une créature faiblarde comme toi. Et évidement ce ne sera que des soins précaires. »

J'écarquillais les yeux, ils ne seraient pas cinglés ? Je tirais sur mes poignets mais dû arrêter sur le champ. Je n'avais pas fait attention à ce qu'ils m'avaient fait durant mon choc et j'aurais dû, ils m'avaient attachée au lit.

« Ne me touchez pas !

_ Il faut bien te garder en vie pour que tu puisses être utile. »

Elle glissa son doigt le long de mon menton avec un sourire des plus effrayants. Je fronçais les sourcils et lui crachais au visage. La réponse que j'eu fut des plus douloureuses puis elle entama les soins. J'hurlais, priant pour qu'elle arrête. Je tirais sur les liens en souhaitant mourir. Je ne pus m'empêcher d'espérer que Law arrive et vienne me sauver avec les autres. Que l'homme-poisson est menti sur Olive. Je sentais la lame couper ma peau, le sang chaud glisser et je fermais les yeux en mordant ma lèvre pour ne plus leur donner la satisfaction de m'entendre crier. Ils se délectaient de mes cris mais leurs sourires s'effacèrent en n'entendant plus ma voix. Ils s'acharnèrent bien plus. Ce n'était plus de la torture, ça avait dépassé ce cap depuis un long moment déjà.

Ils voulaient faire pires et je l'avais bien compris. Cette femme allait maintenir mon corps en vie mais elle avait bien l'intention de me briser psychologiquement avant pour que je devienne docile. Je n'arrivais plus à supporter ça, je fermais les yeux et me laissa tomber dans le néant. Un rayon de soleil franchit l'obscurité, je fus aveuglé par cette clarté soudaine et je fermais un peu mes paupières glissant ma main devant mon visage. L'étreinte disparue dans un coup de vent. La lumière commença à se dissiper et je sentis la douleur envahir mon corps. Je n'avais même pas la force de crier et je subis en silence. Pourtant le vide dans mon cœur s'était élargi. Je pus entrevoir des silhouettes, ces dernières devenant de plus en plus facile à distinguer et détailler. C'étaient les femmes de tout à l'heure et elles me fixaient avec inquiétude.

« Mademoiselle ? »

J'hochais doucement la tête.

« Vous allez mieux ? »

Je déclinais sa demande d'un nouveau signe de tête. Je tentais tout de même de me relever et malgré la douleur je réussis à m'assoir.

« Je veux savoir ce qu'il se passe ici, maintenant ! »

Elles hésitèrent mais celle que je voyais comme la plus âgée pris la parole. Je remarquais alors la naissance de son ventre. Ventre ne pouvant être porté que par des femmes enceintes.

« Nous avons été enlevées il y a plusieurs semaines déjà. Ces hommes-poissons veulent créer une armée. Une armée dont les soldats seraient mi-hommes-poissons mi-humains. Et nous sommes ce qui va servir à la créer. »

J'écarquillais les yeux, à la fois écœurée et incrédule.

« Pourquoi ?!

_ Leur chef, nommé Thakors, a été banni du royaume des hommes-poissons. Il a pris la décision de se venger en détruisant ces derniers mais lorsqu'il a voulut avoir recours aux humains ils se sont retournés contre lui.

_ Il a donc décidé d'asservir notre espèce. » Dis-je d'une voix posée.

« Tout à fait.

_ J'ai dormis combien de temps ?

_ Vous êtes revenus dans la cellule depuis hier mais ça fera une semaine qu'ils vous ont emmenée. Apparemment vous étiez vraiment dans un état critique.

_ J'avais deviné ce détail. »

Je regardais mes bras en relevant mon T-shirt. J'étais recouverte de bandages dont la plupart étaient crasseux et déjà recouvert de rouge et je ne doutais pas une seconde que j'allais avoir droit à une infection. Et pour mon plus grand bonheur, je ne sentais plus ma jambe droite.

« Ils vont me tuer si je ne suis pas en état de porter un enfant, n'est-ce pas ? »

La plus âgée hocha doucement la tête, détournant le regard de son ventre. Je lâchais un grognement, il était hors de question que je subisse ça ! Je réussis à me lever, titubant, ma jambe droite me faisant lâcher un râle douloureux mais je préférais cette douleur à quand je ne sentais rien. Je retiens ma respiration durant un instant. Ces enfoirés m'avaient retiré mes fils en plus. Je collais mon visage au barreau pour pouvoir voir un peu les lieux. Rien de très joyeux, beaucoup de cellule toutes remplis de trois à quatre femmes, certaines déjà bien rondes et toutes les yeux fatigués et rougis par les larmes. Le couloir n'était que très peu éclairé.

« On est où ? Sur une carte, je veux dire.

_ Au milieu de l'océan. »

Je dévisageais la plus jeune, celle qui venait de parler. Alors là, j'étais vraiment dans la merde. Blessée sans armes au milieu de nulle part, j'avais comme un arrière-goût de déjà-vu. Je lâchais un grognement, au moins la dernière fois je n'étais pas dans un tel état.

« Il y a combien de garde ? Comment est cet endroit ? Vous pouvez me faire un plan ? »

Aucune réponse mise à part un silence des plus désagréables. Je lâchais un soupire exaspéré, il allait falloir que je me débrouille toute seule comme une grande mais je n'allais pas laisser ses femmes dans une telle situation tout de même ? Je priais pour qu'il arrive un miracle. Je restais assise dans un coin de la cellule en réfléchissant à des plans qui furent tous abandonnés les uns après les autres à cause de mon manque d'informations. Je grimaçais, j'avais le tournis et mal partout. Bon sang ! J'avais envie d'hurler mais je n'avais pas envie d'attirer les hommes-poissons et me faire remarquer plus qu'auparavant.

Je lâchais de nombreux et longs soupires. Après de longues et pénible heures, des hommes-poissons arrivèrent et distribuèrent les repas, rien de très appétissant. Les femmes n'hésitèrent pas à prendre la nourriture. Un homme-poisson me désigna du doigt et une nouvelle fois je fus saisie et ballotéedans le couloir. Je préférais ne rien dire, mémorisant simplement les pièces mais je dû abandonner la simple idée de pouvoir m'échapper de cet endroit. La salle avait une ouverture au plafond, ouverture m'indiquant que nous étions très loin en-dessous de la surface, que j'étais dans l'océan, au plus profond de l'océan. Je me mordis la lèvre retenant un grognement. Les hommes-poissons me firent pénétrer dans une vaste pièce dont le décor contrastait fortement avec celui des cellules. Les meubles étaient luxueux, la pièce abondamment éclairée par des bougeoirs placés aux murs. Une femme-poisson/requin/renard était assisse sur un énorme trône. Je reconnaissais quelques hommes-poissons à ces côté. Dont celui à qui j'avais coupé une main grâce à mon fils.

« Mes hommes m'ont parlé de toi et j'ai vu ton avis de recherche, Barles D Ivy, dit l'Arachné. Une vraie chance de tomber sur toi. Une femme aussi forte ne peut donner que de bons soldats.

_ Ne rêvez pas, je n'ai pas l'intention de vous donner ce plaisir ! »Criais-je.

« Avec du caractère. Tu es bien courageuse pour un faible humain. Mais crois-moi tu vas bientôt perdre ce courage. Ce serait dommage de perdre un tel spécimen.

_ Je ne me laisserais pas faire !

_ Tu as de la chance, je te réglerais ton compte plus tard. J'ai une visite importante mais compte sur moi pour te soumettre. Drino ! Mais là dans la cellule. Tu sais déjà laquelle.

_ Oui, Thakors-sama. »

Il commençait déjà à me tirer mais Thakors fit un signe de la main et son homme s'arrêtant alors.

« Finalement, je vais montrer ma prise à cet homme, enchaîne là dans un coin. Ça fera un beau bibelot. Et nous pourrons craner un peu. »

Je fus bâillonnée et enchainée dans un coin. Je tirais rapidement sur les chaînes en grimaçant. J'essayais désespérément de faire tomber le bâillon ou de le déchirer mais rien à faire. Je grognais, et finalement décidais de tapoter sur les chaînes avec mes ongles. Bruit fort agaçant à la longue. Tellement agaçant que peu à peu les hommes-poissons se tournèrent vers moi en me foudroyant du regard. L'un d'eux s'approcha de moi et je fus sonner par le coup qu'il me donna.

« Maintenant tu seras bien moins gênante ! »

Il ricana et je réprimais un fou rire préférant faire semblant d'être inconsciente pour écouter toutes leurs paroles.

« Vous étiez tout de même sept pour la capturer et tu me dis que juste avant qu'elle ne perdre conscience, elle en a tué deux?

_ Oui, je crois qu'elle a fait ça dans un réflexe de survie. Elle ne doit même pas s'en rappeler.

_ L'instinct de survie. »

Il ricana. Il était totalement vrai que je n'avais même pas remarqué que j'avais tué deux hommes-poissons. C'était aussi vrai que ce genre de chose m'était déjà arrivé plusieurs fois sans que je ne m'en rende vraiment compte. Pas que je n'ai pas de sentiments ou que prendre une vie ne me gêne pas, c'était juste de l'instinct. J'entendis la porte s'ouvrir, une personne essoufflée entra dans la pièce.

« Il est là.

_ Fait le rentrer. »

Un siège grinça suivit de pas lourd et la porte s'ouvrit de nouveau. Des pas résonnèrent sur le sol et j'estimais à quatre le nombre de nouveaux venus. J'eu soudainement un terrible frisson d'horreur, une sueur froide traversant mon dos. Je me retenais de lever la tête mais j'étais terrifiée. Quelque chose de malsain, une personne sombre venait de pénétrer dans cette pièce. Une personne avec une aura des plus écœurantes, ténébreuses. Une aura que je reconnaissais.

«Mwéhéhé ! »


Donc grand merci à Lisen-chan 3

Petit détail pour Pauline, je suis désolé mais je n'ai pas compris ton dernier review pourrais-tu me le renvoyer ? (répertorié où ?)