« Mwéhéhé, Ivy-chan. Tu es à croquer.

_ Je ne suis pas à manger.

_ C'est une expression, pour dire que tu es adorable.

_ Je ne veux pas être adorable.

_C'est ce qui fait que tu l'es, Ivy-chan. Tu deviendras certainement une très belle femme. »

Je le regardais, un peu étonnée par ses propos. Je ne voyais vraiment pas ce qu'il y avait de bien à être adulte. Je fis une petite moue en essuyant ma joue d'un revers de main, laissant une magnifique trace de boue sur celle-ci. Doflamingo sourit.

« Mwéhéhé, je viendrais te capturer quand tu seras grande. »

Je souris un peu.

« Je me laisserais pas attraper par les garçons. »

Je lui tirais gentiment la langue avant d'aller aider maman. Mon père entra et ils allèrent dans son bureau. Je sortis ensuite pour jouer un peu, allant marcher pieds nus dans l'herbe fraîche.

« Law ! »

Il releva doucement les yeux de son livre tandis que je m'accoudais à sa fenêtre, mes pieds quittant le sol.

« Tu viens jouer ?

_ Non. »

Je grimaçais, ce qu'il pouvait être froid quelques fois ! D'ailleurs il l'était tout le temps. Je lui tirais la langue et redescendis. Qu'est-ce que je m'ennuyais aujourd'hui. Même grand frère Vergo était occupé. Les enfants du village étaient entrain de se préparer pour la fête de ce soir. Je lâchais un soupir et donna un coup de pied dans un petit caillou.

«Je m'ennuis ! »

Je rentrais dans la maison, maman préparait des gâteaux, Nana jouais avec notre petit frère. Je restais quelques minutes avant de partir vers le bureau de papa. J'avais pris quelques gâteaux pour donner un alibi à ma présence. Je toquais plusieurs fois à la porte avant d'avoir une réponse puis je rentrais avec les gâteaux et les posais sur le bureau.

« Je n'ai pas le temps pour le moment Ivy, je jouerais avec toi plus tard, d'accord ? »

Je baissais les yeux un peu déçue mais la voix de Doflamingo raviva mes espoirs.

« Moi ça ne me dérange pas et puis se sera drôle. »

Je souris venant me jeter dans ses bras. Je dois avouer que les premiers jours, je n'avais pas été très à l'aise en sa présence mais finalement il était très amusant. Je fourrais mon visage dans son manteau en plumes. Il riait un peu. Papa dû s'absenter quelques instants.

« Dis Do-san ? Pourquoi tu as toujours des lunettes ?

_ Parce que c'est classe.

_ Ils sont comment tes yeux ? »

Je tenais les branches de ses lunettes entre mes doigts mais il saisit mes poignets doucement.

« Ça Ivy, Il n'y a qu'une seule personne qui a mon autorisation pour faire ça.

_ Ah bon ? Je n'ai pas le droit ?

_ Bon, alors tu seras cette personne. »

Je souris heureuse de pouvoir regarder. Je relevais doucement les lunettes, remplis de curiosité.

.*.*.*.*.*.

« Donquixote-sama. C'est une joie de vous rencontrer enfin. »

Je reviens à l'instant présent, bougeant faiblement. L'homme-poisson à côté de moi me jeta un coup d'œil. Je serais les dents. Je venais de me souvenir et c'était comme une grande claque dans mon esprit. Law savait tout depuis le début mais il n'avait rien dit ! Je lui infligerais la gifle du siècle à celui-là !

« Mwéhéhé, c'est un plaisir. Un plaisir. Je suis intrigué par votre offre et comme je m'ennuyais, je me suis dit que ce serait drôle de venir jeter un coup d'œil. Mwéhéhé.

_ J'espère que vous ne serez pas déçus. »

Thakors parlait avec précaution, il savait parfaitement à qui il parlait. Un homme malade, malade de folie. J'entendis un siège bouger et quelqu'un s'y assoir, le choc des pieds contre le bois et un grincement signe que la chaise avait été balancée sur deux pieds.

« Alors qu'est-ce que tu voulais me montrer ?

_ Mon armée. J'aimerais vendre quelques-uns de mes soldats dans ton marché d'esclave.

_ Pourquoi je ferais ça ?

_ Je pense qu'une nouvelle espèce sur le marché pourrait intéresser beaucoup de monde. Et donc rapporter beaucoup d'argent.

_ Hmph, une sirène vaudrait plus que les loques que tu me proposes.

_ Ce n'est pas l'un des prototypes ça. C'est juste une petite rebelle qui refuse de se soumettre. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'elle ne se laisse faire.

_ Oh ?

_ Nous ne laissons pas les rebelles vivres mais si elle donne une telle combativité aux soldats qu'elle donnera autant la laisser vivre. Ce serait dommage de perdre un tel spécimen. »

Ils continuèrent à parler mais je ne réussis pas à garder conscience.

.*.*.*.*.*.

« Bah, ils sont très bien tes yeux.

_ Je te l'ai dit Ivy, ça fait classe et puis ça apporte une touche de mystère.

_ Pourquoi une touche de mystère ?

_ T'es trop jeune pour comprendre. »

Il baissa ses lunettes pour cacher ses yeux de nouveau.

« Il ne faudra le dire à personne.

_ D'accords ! »

Je souris. J'étais inconsciente du danger que représentais cet homme. Remplis d'innocence. Mon père arriva après plusieurs minutes et me demanda de quitter la pièce. Je fis une moue déçue mais obéis. Je n'avais pas envie d'entendre leurs discutions d'adulte.

.*.*.*.*.*.

« Pardon ? »

Je sentais mes chaînes se relâcher.

« Cette femme est Barles D Ivy. Dit l'Arachné. Une sacrée prise.

_ Comment avez-vous fait pour l'avoir ?

_ Elle était déjà dans un sale état quand nous l'avons trouvé. Nous n'avons eu qu'à finir le travail. »

Le ton du shichibukai avait beaucoup changé. C'était plus sombre et sans aucune note d'amusement. Je me sentis soulevée et traînée. Je fus à nouveau prise de vertiges et fronçais les sourcils en secouant très légèrement la tête. Pas questions de sombrer cette fois ! Je lâchais un petit grognement.

« Ah, elle reprend conscience. Dépêchez-vous. Je ne veux pas d'elle dans mes pattes. Donc Donquixo… Donquixote-sama ? »

J'avais entendus le raclement d'une chaise et des pas qui se rapprochaient. Un coup fut donner à l'arrière de mon crâne pour me refaire perdre conscience mais à part me désorienter il ne fit rien d'autre. Les bras qui maintenaient se serrèrent fortement. Je soulevais doucement mes paupières. Les hommes-poissons qui me tenaient avaient reculés d'un pas. Ils tremblaient. Les pas se stoppèrent. Je secouais un peu la tête avant de grimacer, je n'aurais pas dû la secouer si fort. Maintenant j'avais l'impression que mon cerveau s'amusait à sauter dans mon crâne.

« Ivy-chan. »

J'écarquillais les yeux un instant avant de relever la tête. Il était là, devant moi. A quelques pas à peine mais j'étais incapable de faire un geste, je ne pouvais que le fixer. Je grimaçais, mon œil gauche me brûlait. Mais étrangement j'avais l'impression de mieux voir. De voir tout simplement. Ma vue d'abords brouillée ce fit de plus en plus nette.

« Je me souviens… »

Il était plus grand que dans mes souvenirs. Plus imposant mais son aura, elle, n'avait pas changée d'un pouce.

« Donquixote Doflammingo. »

Il restait silencieux et son silence remplit la pièce. Il ne souriait pas, non il avait même l'air en colère.

« Monsieur Donquixote ? Notre aff.. »

Le blond le stoppa d'un signe de main.

« Combien ? Pour elle. »

Je fronçais les sourcils, il me prenait pour quoi ? De la marchandise !?

« Elle n'est pas à vendre. Mettez là dans sa cellule ! »

Les deux hommes-poissons me tirèrent, je n'avais même pas la force de me débattre. Je n'avais même plus de sensations dans mes jambes. La porte se ferma dans un grand bruit. Je portais mon regard à gauche, j'avais dû mal à réaliser que j'arrivais à voir de ce coté. Mon regard fut capté par une personne que je connaissais déjà. Grand-frère Vergo. Sa bouche s'entrouvris un peu lorsqu'il me vit, il avait un morceau de pudding collé aux coins des lèvres. Je grimaçais à nouveau, l'homme-poisson m'ayant forcé à me tenir sur mes jambes. J'eu l'impression de me faire électrocuter sur place. Je retiens un gémissement de justesse.

« Bande de cons ! »

J'eu le droit à un regard noir et un sourire sadique. Ils s'éloignèrent des pirates et nous entrâmes à nouveau dans les sombres couloirs. On passa devant les femmes et certaines tournèrent leurs regards vers moi. Les pauvres, et dire que je ne pouvais rien faire pour elles. On passa les cellules et les couloirs devinrent plus sombre, je voyais à peine devant moi. Ils s'arrêtèrent et me jetèrent au sol. J'entendis l'un d'eux se craquer les doigts.

« On va t'apprendre ta place en attendant Thakors-sama. »

Je n'eus même pas le temps de me relever que les premiers coups tombèrent. J'eu le souffle coupé mais ne lâchais pas un seul cri. Je sentais mon corps déjà bien fragile le devenir encore plus. Mais je me préparais déjà à attaquer. Ils s'arrêtèrent pendant sept secondes, je n'hésitais pas et donnais un coup de genoux dans le menton du premier. Coup que je regrettais amèrement. Je lâchai un grognement avant que deux bras me saisissent. Le deuxième gaillard me tenait fermement. L'homme-poisson que j'avais frappé se tenait la mâchoire et il me fusilla du regard.

« Tu vas voir ! »

J'attendais déjà le coup, fermant les yeux d'appréhension, mais à la place j'entendis le déchirement d'un vêtement et je sentis un froidglacial sur ma peau. J'écarquillais les yeux de surprise. Mais ?! Qu'est-ce qu'il fait ?! Il a déchiré mes vêtements ?! L'autre resserra sa prise sur mes bras. Que… ?!

« NE ME TOUCHE PAS SALE PORC ! »

J'avais hurlé. Il remonta sa main le long de ma cuisse. Je n'hésitais pas à battre des jambes, l'une d'elle trouva sa place sur le nez de l'homme-poisson en face de moi et il me donna un puissant coup dans l'estomac en représailles. A ce moment, un applaudissement se fit entendre. Nous stoppâmes tous nos mouvements tandis que mon regard dériva vers l'origine du bruit.

« Mwéhéhé ! Ivy-chan, je vois que tu es toujours aussi indomptable. »

Les deux hommes-poissons se disloquèrent et je tombais au sol brutalement, lâchant une plainte douloureuse. Je vis plusieurs personness'approcher et je reculais cachant mon corps avec le reste de la combinaison. Déjà que lorsque je me suis réveillée il n'y avait plus aucune preuve du fait que ce soit une combinaison de l'équipage des Heart Pirate autant maintenant… qui pourrait dire que c'était une combinaison ? Je reculais en me collant contre le mur. Le blond entra dans la cellule.

« Ivy-chan, tu as peur de moi ?

_ Vous avez tué ma famille. » Dis-je calmement.

« Tu me tutoyais par le passé. »

Je fronçais les sourcils avant de grimacer en me tenant le ventre. Je ne pus me retenir et vomis pas mal de sang. Je grimaçais, j'aurais préféré faire ça devant Law plutôt que devant cet homme-là ! Il se rapprochait de moi d'ailleurs. Vergo était là lui aussi. J'essuyais ma bouche d'un revers de main et le foudroyais du regard.

« Ne me touchez pas ! »

Au point où j'en étais. Je n'avais aucune chance de le battre, j'étais trop faible. Je mourrais si j'essayais de le tuer, je suis même certaine de ne pas pouvoir lui infliger ne serait-ce qu'une égratignure. Je n'étais pas de taille. Je le savais, tout comme lui. C'est pour ça qu'il gardait son sourire sur le visage. Il s'accroupit devant moi retirant ses lunettes, dos à son équipage de façon à ce que je sois la seule à pouvoir voir ses yeux.

« Ivy-chan, tu as vraiment bien grandi. Tu es devenu une femme. »

Je reculais un peu plus, malheureusement, le mur glacé entra en contact avec mon dos. Je réprimais un frisson.

« C'est normal, ça s'appelle la croissance.

_ Tu as aussi gardé ton caractère. Je suis assez satisfait de ce que j'ai devant moi. »

Je fronçais un peu plus les sourcils. Il s'avança un peu plus.

« Je vais te capturer comme je te l'ai promis, Ivy-chan.

_ Je ne me laisserais pas prendre !»

Il tendit sa main et je n'hésitais pas une seconde. Je me glissais sur le côté l'évitant habillement et je courus vers les pirates de Donquixote. Je n'avais plus mes fils mais je pouvais comme même me débrouiller. Malheureusement, j'avais complètement oublié un détail. Détail qui, à l'époque m'avait fait souvent rire.

« Allons, allons. Ivy-chan. Je ne te laisserais pas t'enfuir ainsi. »

Un arrière-goût de déjà vu passa par mon esprit lorsque je sentis un coup sec dans ma nuque.

.*.*.*.*.*.

« Pourquoi …. ? Pourquoi vous les avez tués … ?

_ Parce qu'il me dérangeait Ivy-chan.

_ Vous avez tué Nana et mon petit frère ! Ce n'était que des bébés ! »

Doflamingo s'approchais de moi, j'avais l'œil droit hors-jeu. Ces doigts se saisirent de mon menton.

« Ivy-chan. Tu as mon autorisation alors je vais te laisser vivre.

_ Je vous déteste ! Je vous déteste ! Papa, Maman, Nana et Nicolas ! Ils avaient rien fait !

_ Ils contrariaient mes plans. »

Je détournais les yeux et regardait Law. Il avait les yeux cachés par son chapeau. Il releva finalement la tête.

« Grand-frère Doflamingo ?

_ Oui ?

_ Tu vas tuer Ivy ?

_ Non, pas elle. »

Il relâcha mon menton. Je n'arrivais plus à retenir mes larmes, fixant Doflamingo. Je voulais oublier. Je ne voulais plus voir en boucle ma mère se faire égorger vif ni mon père mourir de cette manière encore et encore. Je voulais oublier. Doflamingo était toujours dos à moi, je ne sais ce qu'il m'a prit mais je me saisis d'un morceau de verre et l'enfonçais profondément dans son manteau. Le blond fut surpris puis m'envoya à l'autre bout de la pièce. Ma vue se brouillais, je n'arrivais plus à voir correctement. Comme si le néant et les ténèbres venaient m'entourer. La shichibukai ne souriait plus, il fit un pas vers moi mais le mur derrière moi se brisa dans un éclat de lave et un bras en jaillit au-dessus de moi.

« Ça suffit Donquixote ! Je ne te laisserais pas faire plus de mal à cette enfant. »

Je n'arrivais plus à penser correctement. Je ne voyais plus rien maintenant. Je me sentis soulevée par un bras ferme et protecteur et Doflamingo se mit à applaudir.

« Et voici l'entrée du héros. Akainu. Quel plaisir de te voir. Quoique tu es très en retard.

_ Tu as fait assez de dégâts, je ne te laisserais pas prendre cette enfant.

_Mwéhéhé ! Allez, on s'en va. J'ai fait assez joujou ici pour aujourd'hui. »

Des craquements se firent entendre et les ricanements s'éloignèrent. Mais j'entendis sa voix.

« Je viendrais te capturer un jour, Ivy-chan ! C'est une promesse. Mwéhéhé»

Une main chaude se posa sur mes cheveux. Elle se voulait rassurante.

« Je m'excuse, oublie tout ça.

_ Je les vengerais.

_ Oublie, gamine. Oublie tout ça. »

Un nuage noir. Je me sentais tomber. Je devais oublier. Oui. Oublier. Juste oublier.


Merci merci merci Lisen-chan.