« Ivy-san, tu dois manger. Un repas tout les deux jours n'est pas assez. »
Je l'ignorais royalement en me resserrant contre le mur. Un mois. Depuis un mois maintenant, j'étais coincée dans cette pièce. J'avais essayé de m'enfuir un nombre incalculable de fois. D'ailleurs ces tentatives avaient bien fait rire les hommes de Donquixote. J'avais réussi à assommé la femme nommée Baby5 mais après avoir descendu à peine quelques marches, un rire s'était fait entendre et je fis un demi-tour contre ma volonté. Je n'avais même pas réussis à faire des fils pourtant dieu sait combien de robes j'ai massacré pour les faire. Doflmingo les a trouvés après que Vergo lui ait dit de quelle manière je me battais. Il fouilla toute la pièce et trouva ce qu'il cherchait. Vergo avait largement baissé dans mon estime, une fois de plus.Évidement, depuis j'avais recommencée à fabriquer des fils mais cette fois avec bien plus de discrétions. J'avais tout essayé, débordant d'imagination. D'ailleurs quelques fois je m'étais surprise moi-même ! Mais la liste serait vraiment trop longue. La seule chose que je n'avais pas encore essayé c'était de sauter par la fenêtre sans rien mais vu la distance avec le sol, j'étais assez sceptique et retissant. Doflamingo avait l'habitude de venir le soir et je me levais toujours après son départ.
Je laissais un nouveau soupir glisser entre mes lèvres, posant mes yeux sur mes bras. C'est vrai que j'avais beaucoup maigrie. Trop peut-être. J'avais réussis à me couper les cheveux courts, un peu n'importe comment et le shichibukai avait perdu son sourire ce jour-là. Mais au lieu de se mettre en colère, il avait simplement pris une mèche qui trainait pour la nouer autour de son poignet. Il était partit, pour mon plus grand bonheur, depuis une semaine. Je ne voulais même pas imaginer ce qu'il faisait.
« Ivy-san ? »
Je jouais avec une mèche de mes cheveux. Je n'avais plus de bandage et mon corps avait complètement cicatrisé. Une main se posa sur mon épaule et je l'écartai sèchement. Baby5 fronça les sourcils en me soufflant au visage un nuage de nicotine.
« Laissez- moi partir.
_ C'est impossible et tu le sais. Doflamingo va être un peu plus ferme maintenant, Ivy-san. En tout cas, je vais lui demander de te forcer à manger. Il rentre ce soir donc soit sage d'ici là. »
Elle sortit de la pièce laissant le plateau-repas sur la table. Je n'avais pas mangé hier donc j'avais faim. Je m'installais donc en commençant doucement le triste repas. Il n'y avait pas à dire, je déprimais. J'avais envie de les revoir. Deen, Bepo, Penguin, Shachi, Olive s'il était encore vivant, et Law… Je regardais l'assiette encore bien remplie. Je l'avais à peine touchée mais l'appétit m'avait quitté. Je me triturais encore les méninges pour trouver un moyen de m'en sortir. Finalement la journée passa, encore une. Je maudissais ma faiblesse. A cause de moi ma famille était morte, puis Olive et ces pauvres femmes aussi. Je partais vers la fenêtre mais mon corps se stoppait alors. Je n'arrivais plus à bouger.
« Ivy-chan. Mes camarades m'ont appris que tu n'avais pas arrêté d'essayer de t'enfuir. Que tu avais arrêtée de te nourrir correctement aussi. »
Je ne disais rien, de toute façon, je n'en pouvais plus. Mes nerfs commençaient sérieusement à lâcher.
« Je vais profiter de ma présence ici pour te remettre dans un meilleur état. »
Il rentra dans ma chambre, quittant le rebord de ma fenêtre. Il s'approcha, prenant mon menton entre ses doigts. Il ne souriait plus, il était en colère, je le sentais dans son aura. Ses yeux découverts me fixaient avec intensité.
« Je vais te remettre dans le droit chemin, Ivy-chan. »
Une nouvelle semaine s'écoula. Doflamingo venait au repas et me forçait à manger grâce à son pouvoir. Je devais reconnaître que je me sentais un peu mieux, même beaucoup. Évidement le blond était bien plus présent. Il vérifiait quelques fois si je ne faisais pas de bêtises grâce à son pouvoir. J'arrivais même à sentir quand maintenant. Comme l'ennui était toujours présent, il avait finis par m'emmener des livres, le journal et de quoi écrire. Dans un réflexe je répertoriais toutes les informations que j'avais sur les pirates. J'avais cachée tout ça, après tout et malgré mon emprisonnement, je faisais partie des Hearth Pirates. Donc Doflamingo croyais que je ne faisais que du dessin alors que j'avais caché mes écrits sous le matelas. Grâce au journal, je pus apprendre que l'équipage avait continué, Law avait massacré apparemment bon nombre de personne sur son passage. J'étais assez contente de pouvoir prendre de ses nouvelles.
« Qu'est-ce qui te fait sourire Ivy-chan ? »
Je relevais les yeux, il était là, comme à son habitude sur le rebord de la fenêtre. Je me mis à lire l'article précédent celui de Law.
« Monkey D Luffy. Ce nom désormais ce fait entendre partout. Ce jeune rookie, quoi que jeune, vient de se démarqué, lui et son équipage, en déclarant la guerre à la marine lors d'un assaut sur Enies Lobbies. Sa mise à prix dépasse maintenant les 300millions de Berry. A ces côté, se tient désormais les criminels nommé ci : Roronoa Zorro, le chasseur de prime à 120millions de Berry, l'enfant démon Nico Robin, 80millions de Berry, Sanji les jambes noires à 77millions de Berry, Franky le cyborg à 44millions de Berry, le snipper Sogeking avec la prime de 30millions de Berry, la chatte voleuse Nami à 16millions de Berry et leur mascotte Chopper le fou de barbe à papa pour 50Berry. Soit un équipage valant au totale 667millions et 50Berry. »
Je sentais son corps passer au-dessus de moi pour saisir le journal. Il n'avait pas son sourire et semblait réfléchir. Finalement il lâcha un rire sombre. Je voulus me lever mais il posa sa main sur mon épaule pour m'en empêcher. Je me sentis soudainement nerveuse. Ses doigts glissaient sur mon épaule et remontaient le long de celle-ci jusqu'à ma nuque. J'avais remarqué que la nuit, il s'amusait à glisser ses doigts sur ma peau. Ça me mettait vraiment mal à l'aise. Après tout, il restait un homme. Pire, un homme fou.
« Je suis fatiguée, je voudrais me coucher.
_ Va, je ne t'en empêche pas. »
Il relâcha mon épaule, s'écartant pour me laisser passer. Je partis m'allonger sur le lit gardant les draps serrés contre moi.
« Tu sais Ivy, j'ai toujours gardé un œil sur toi après l'incident. »
Je ne me sentais vraiment pas bien, j'avais un très mauvais pressentiment.
« Akainu a essayé de brouiller les pistes et il m'a empêché d'avoir un bon nombre d'informations. J'ai quand même appris que tu avais perdu tous les souvenirs de notre présence sur l'île ou encore de cette nuit. »
J'avais du mal à respirer. Je commençais à avoir peur.
« J'ai été très étonné de voir ton avis de recherche la première fois, encore plus en voyant qu'Akainu l'avait lui-même déclaré. Mais ce qui m'a encore plus étonné, c'est qu'étrangement une personne passait sur l'île où tu te trouvais et que c'est cette personne qui t'a recueillis. »
Il parle de Law ? Je fronçais les sourcils.
« Ne mens pas, la combinaison que tu portais lorsque l'on t'a trouvée t'as trahis, l'un des Joly Rogers était intact.
_ Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça. Je ne me souvenais même pas de lui avant de me retrouver une nouvelle fois face à vous.
_ Ce qu'il y a, c'est que tu lui as fait confiance et que je suis sûr que tu as recommencé à l'apprécier. Comme lorsque vous étiez enfants et que vous disparaissiez pendent des heures.
_ Mais comme vous l'avez dit, nous n'étions que des enfants.
_ Oui, mais maintenant vous êtes des adultes. »
Je me relevais un peu pour le regarder, je n'arrivais pas à saisir où il voulait en venir, ou plutôt je ne voulais pas. Il était juste en face de moi et son sourire avait disparu. Il saisit de nouveau mon menton entre ses doigts et il s'approcha, son manteau le rendant bien plus imposant.
« Je t'ai donné mon autorisation Ivy, tu es la seule à avoir le droit de regarder mes yeux. J'ai été touché par ton innocence enfantine et ton caractère déjà bien trempé à l'époque.
_ Je ne comprends pas.
_ Si, tu comprends très bien. »
Je compris à cet instant, durant cette nuit, à qu'elle point j'étais vulnérable et faible. Je ne réussis pas à dormir. Le matin arriva finalement et Doflamingo repartis tranquillement un grand sourire accroché à ses lèvres. Je tremblais comme une feuille après son départ, je me sentais mal, salie. J'avais mal aux hanches. Je devais partir. Je devais m'enfuir. Tout de suite. Je m'enfermais dans la salle d'eau et frottais mon corps pour effacer sa trace. Ma peau devenait rouge à force mais je continuais, je voulais l'effacer. Cet homme était un démon. Un malade. Je n'arrivais pas à retenir mes larmes. Je tremblais comme une feuille. S'il faisait la même chose toutes les nuits, je risque de devenir folle.
Un coup se fit entendre et Baby5 rentra dans la chambre.
« Salut, je t'importe ton petit déjeuné. Ah, le jeune maître va s'absenter jusqu'à demain, il a une réunion du conseil.
_ Sors ! »
Elle le fit. Je griffais ma peau. J'avais l'impression de sentir ses mains passer dessus. Je grimaçais et lançais le plateau plus loin. Si Joker n'était réellement plus là alors je devais tenter ma chance. Il allait falloir que j'effectue la seule chose que je n'avais pas encore faite. Sauter. J'essayais de garder mon calme toute la journée mais j'étais hantée par cette nuit. Avec difficulté je retenais mes larmes. Baby5 revient deux autres fois. Je ne mangeais que le repas du soir mais celui-ci ne resta pas longtemps dans mon estomac.
J'attendis patiemment que la nuit soit plus avancée. Les hommes de Donquixote étaient en pleine fête et les gardes bien moins en alerte. La plupart s'était endormis, grisés par l'alcool. Je me mis sur le rebord de la fenêtre. Je n'avais que sept mètres de fils. Ce qui signifiait que je tomberais forcement d'au moins trois mètres. J'avais pris avec moi le peu de chose qui pouvait m'être utile. Après une dernière grande inspiration, je sautai. C'était simple, soit je me loupais et mourrait, soit je réussissais et j'avais une chance de m'en sortir. Mais si je réussissais et que je me faisais attraper, je n'aurais sans doute plus aucune autre chance.
Je réussis à me tenir grâce à mes fils. Ils craquèrent comme je m'y attendais mais ils ralentir ma chute de façon à ce que je puisse atterrir souplement sans faire plus de bruit que la musique. Quelques-uns des hommes bougèrent mais sans plus. Je lâchais un soupire, soulagée, je devais garder ma concentration. Je grimaçais en sentant une douleur à ma cheville. Surmontant la douleur comme lorsque j'étais marine, je commençais à avancer prudemment. Cette fois pas question de gaffer. Je réussis à arriver dans un angle calme. L'avantage avec toutes les tentatives que j'avais eu, c'était que maintenant je connaissais un peu plus le terrain. Après plusieurs minutes, je réussis à descendre le long du mur, j'avais les genoux dans un état lamentable et c'est avec soulagement que je sentis la terre sous mes pieds.
J'avais eu beaucoup de chance, énormément même ! Et je le savais. Je plongeais dans la forêt tropicale qui entourait cette demeure, refuge de cinglés et je m'en m'éloignais. Encore et encore. Je me fichais des branches qui fouettaient mon visage ou encore des pierres qui écorchaient mes pieds. Le son des vagues. Je l'entendais, un sourire illuminant mon visage. La mer.
« Oui ! »
Je ne pus m'empêcher de sourire. J'étais devant la mer. Mais je perdis bien vite mon sourire car je n'avais aucun moyen de partir de cette île. Un détail qui m'avait complètement échappé. Je me laissais tomber à genoux. Alors finalement, j'étais coincée ici? Je me mordis la lèvre et cognais rageusement dans le sable.
« Merde ! »
Il ne fallait pas que je désespère aussi vite. Je refusais de repasser une nuit comme hier. Inconcevable. Je fixais l'horizon. Pas d'île en vue, enfin, si. Juste un point petit noir et peut-être même pas une île. Qui ne tente rien n'a rien. Tant pis pour ce que j'avais écrit, de toute façon, j'avais tout en tête. Je plongeais dans l'eau et commençais à nager le plus vite possible. Maintenant ce n'étais plus qu'une question de temps avant qu'Il ne revienne sur l'île et découvre ma disparition. L'eau était agréable au début mais plus j'avançais plus elle devenait froide. Je ne me décourageais pas et continuais. Je voyais le point s'agrandir. C'était bien une île. Hivernal. Comme quoi ces mers étaient bien étranges.
Je ne pus m'empêcher de sourire en me rapprochant. Il allait falloir que j'aille à Shambody. Law serait forcément obligé d'y passer pour entrer dans le nouveau monde. Et il allait me devoir beaucoup d'explications. Énormément d'excuses aussi. Je commençais à manquer de force. Je regrettais alors amèrement les repas que j'avais jetés. J'aurais dû prendre plus de force. Je commençais à nager avec moins de vigueur. Dans un dernier et pénible effort, je réussis à atteindre un rocher près de l'île. J'étais frigorifié. Le bout de mes doigts avait bleui. Je repris mon souffle pendant un instant avant de faire la dernière longueur me séparant de l'île. C'est avec un énorme soulagement que je pus enfin poser un pied à terre. Tremblante de froid certes, mais heureuse d'avoir réussis. Le soleil s'était levé depuis un bon moment déjà mais il avait du mal à passer à travers les épais nuages. Je pus voir un port et un petit village mais je remarquais bien assez vite que ce village n'en était pas un. C'était une sorte de village-usine. Avec un bateau au port. Je souris en voyant un homme venir par ici.
Ce fut facile de le désarmer et de lui voler ses vêtements. Je m'excusais sincèrement mais le laissais sur place puis je me mélangeais aux ouvriers. L'avantage de cette tenue, c'est qu'on ne pouvait pas voir mon visage ou mes cheveux. Avec discrétion, je réussis à monter à bord du bateau. Bateau qui partit environ une heure après.
Je regardais l'horizon avec satisfaction. Dressrosa n'était plus qu'un point noir qui s'éloignait. Je ne baissais pas ma garde pour autant. Ce bateau portait l'emblème du Joker après tout. Dés nous arriverons à une île pour le ravitaillement, je partirais et m'incrusterais sur un autre bateau. Pour le moment rien n'étais encore joué. Doflamingo pouvait encore retrouver ma trace.
Merci encore à Lisen-chan.
