Je gardais le visage baissé. Je n'avais pas pensé à une telle chose.

« Mettez ces caisses à la cale ! »

Je suivais les autres en espérant qu'elle ne me remarquerait pas. Monnet. Je l'avais vu plusieurs fois de la fenêtre de ma tour. Je m'enfonçais dans le bateau, suivant les autres. Les caisses que nous portions étaient vraiment lourdes et un bruit de verre se faisait entendre. Les hommes devant moi stoppèrent et posèrent leurs caisses et je suivis le mouvement. Ils commençaient à repartir mais pour ma part je partis chercher un coin tranquille où je pourrais me planquer en cas de problème ou juste pour ne pas croiser les autres passagers. Je me laissais retomber contre l'une des parois en lâchant un soupire. L'adrénaline retombait et je commençais à reprendre contact avec la réalité. Je restais là plusieurs minutes, faisant quelques signes aux hommes qui passaient pour qu'ils ne s'interrogent pas.

La première journée défila doucement et j'avais réussis à ne pas attirer l'attention, j'avais même réussis à prendre place à la cafétéria et au dortoir. Malheureusement pour moi, ma nuit fut agitée par des cauchemars. Doflamingo venait maintenant hanter mes nuits. La semaine suivante fut bien plus mouvementée. J'étais sur le pont, Monnet dans mon dos à lancer des instructions à droite, à gauche. J'avais réussis à berner deux trois hommes en me faisant passer moi-même pour un garçon. Avec mes cheveux, que j'avais recoupé une nouvelle fois très court et de la suie sur le visage, rien de plus facile. J'avais un peu modifiée ma voix pour la rendre plus grave et j'avais emprunté à Deen son nom. J'entendis l'escargophone de Monnet sonner et elle décrocha rapidement.

« Jeune maître ? »

J'ai retenus ma respiration un instant.

« Y'a-t-il un problème jeune maître ?

_ Je voulais savoir si le départ c'était bien passé.

_ Oui, jeune maître. Il n'y a eu aucun problème. »

Il y eu un silence. Puis il reprit la parole.

« J'aimerais que tu vérifies quelques chose pour moi et que tu m'appelle s'il y a confirmation. Je t'expliquerais quand tu seras dans un endroit plus calme. »

Monnet alla s'enfermer dans son bureau et je me mordis légèrement la lèvre. Il était revenu, j'en étais certaine ! Je restais plusieurs minutes au même endroit avant de descendre à la cale et d'aider les autres. Il n'y eu plus de trace de Monnet pour le reste de la journée. Entre temps j'avais fait un tour à l'infirmerie où j'avais récupéré des bandages pour bander ma poitrine. Lorsque la nuit fut de nouveau là, je rejoignis le dortoir et passa devant la porte de chambre de Monnet qui était entrouverte. J'entendais toujours une voix venant de l'escargophone mais je ne voulais pas en savoir plus.

De toute façon, la prochaine île n'étais peut-être pas si loin que ça. Je repris mon chemin vers le dortoir et m'enfonçais dans mes draps. A chaque fois que je désirais dormir le visage de Doflamingo apparaissait, accompagné de son rire. Je glissais mes mains sur mes oreilles et fermais les yeux dans une vaine tentative pour les faire disparaitre. Des rires se firent entendre, des hommes entraient à leur tour dans le dortoir.

« Apparemment Donquixote va venir demain, c'est génial. J'espère qu'aucun de nous ne sera tué par un de ces caprices. »

Je me relevais.

« Qu'est-ce que vous dîtes ?

_ Oi, oui. Monnet l'a dit tout à l'heure lorsqu'on mangeait. Tu n'étais pas là d'ailleurs.

_ Pas très faim. Alors comment ça, Donquixote viens ?

_ Apparemment il voudrait parler avec Monnet et reprendre quelque chose qu'il aurait peut-être perdu ici.

_ Ah ?

_ Oui, comme quoi, même les plus forts peuvent perdre des trucs. »

Ils rirent et je fis de même pour la forme. Ils se séparèrent tous pour aller se coucher et je retournais moi-même sous la couette. Merde, il allait venir. J'allais devoir me faire plus que discrète. Un miracle ! Il me fallait un miracle ! A entente les ronflements qui s'élevaient, je compris qu'ils étaient tous entrain de dormir. Je ne voulais pas retourner là-bas, bon sang ! Surtout que s'il me trouvait, je devinais aisément la « punitions» qu'il pourrait m'infliger. Je grimaçais, effaçant ces horribles souvenirs en secouant la tête. Non, je devais garder un seul objectif en tête pour le moment : infliger une bonne raclée à Law ! Avec nostalgie je repensais au brun mais l'autre venait rapidement me terroriser. Il n'était pas encore présent sur le bateau, je ne sentais aucune présence de son pouvoir comme il faisait dans la tour.

Je continuais à chercher une stratégie quand je le sentis arriver. Cette présence qui venait doucement s'imposer sur le bateau... Je retiens difficilement un tremblement et respira un grand coup. Je n'avais même pas entendus de bateau s'approcher. Comment avait-il fait pour arriver ici aussi rapidement ? Surtout garder mon calme et faire semblant de dormir. Je caressais la pointe de mes cheveux, j'avais dû pas mal changer maintenant, en tous cas j'étais peu reconnaissable. J'avais pris la décision de travailler au moteur et mes mains étaient salies par le charbon et les résidus d'huile. Tous mes ongles étaient ras et quelques un bien cassés. J'avais un teint un peu plus foncé dû à la proximité du feu et à la saleté et mes cheveux étaient maintenant plus proches du châtain que du blond.

La seule chose qui pourrait me trahir, se serait mon comportement. Même si je me faisais discrète, il risquait de voir quelque chose de suspect et de comprendre. Je me mordis la lèvre et m'enfonçais un peu plus dans le lit, attendant que les dernières heures me séparant du jour s'égrainent.

« Allez les gars ! Debout, le patron est arrivé cette nuit ! La prochaine île est en vue et on va avoir besoin de plus de monde aux moteur donc les mécanos vos petit-déjeuner seront sur les charbons ! »

Je me levais, le voilà mon miracle ! Deen, je te bénis pour m'avoir forcée à aider aux moteurs et à apprendre les rudiments de la mécanique. Je glissais un bandana sur ma tête, avec ça en plus il n'y a rien à dire d'autre que j'étais sans doute la fille la plus crasseuse de la terre. Je suivis les autres mécaniciens tranquillement, les mains enfoncées au plus profond de mes poches. Comme promis, les repas étaient là. Même si j'avais toujours autant de mal à manger, je me forçais à finir cette nourriture infecte. Faire le contraire de tout ce que j'avais fait lorsque j'étais enfermée dans cette tour.

« Oi Deen ! T'as bientôt fini ? On a besoin d'aide là ! »

J'engloutis le dernier morceau sous l'œil amusé des mécanos.

« Fait gaffe ! Tu risques de gerber à manger aussi vite. »

Je ris à ses propos, disant simplement que si ça arrivait je m'en remettrais On commença à travailler et la sueur vint rapidement recouvrir ma peau. Il faisait aussi chaud que dans le sous-marin des Heart Pirate ici. Je souris un peu et m'activais un peu plus à la tâche. Le repas du midi finit par arriver et je l'avalais tout aussi rapidement que le petit déjeuné puis repris le travail avec les autres. Mais à peine quelques minutes après, je fus prise d'une violente envie de vomir. Le plus vieux mécano ricana en me voyant lutter pour ne rien rendre.

« Mwéhéhé ! On dirait que nos mécaniciens sont assez joviaux. »

J'eu un frisson de pure terreur en entendant cette voix. Doflamingo se tenait accoudé sur la rampe, Monnet à ses côtés.

« Pour votre service monsieur ! »Répondit le vieux mécanicien.

Il rit d'une voix forte en me frappant le dos violemment et je ne pus retenir ce qui suivit. Le chef s'écarta de moi dans une grimace dégoûtée et un rire moqueur.

« Bah alors tu vois ! A avaler tes repas en deux secondes. »

Je fis une grimace contrariée et hochais la tête en retenant le reste. Mais lui en décida autrement.

« Allez ! Laisse tout partir tu te sentiras plus léger après ! »

Il frappa une nouvelle fois mon dos et je dû obéir aux lois de la nature. Je m'essuyais la bouche avec mon T-shirt.

« Monstre. »Lui dis-je de façon plaisante.

Bon si je ne voulais pas me faire remarquer, c'était grillé. J'attendais à tout instant à sentir le poids du shichibukai s'abattre sur moi mais un rire franchit juste ses lèvres et il partit avec Monnet.

« Il a l'air en forme, quoi qu'un peu préoccupé. »

Je me tournais vers le vieux. Il haussa des épaules en me demandant de nettoyer, ce que je fis. J'avais un arrière-goût peu engageant et une haleine de chacal du coup. Lorsque la pause fut annoncée je me rendis dans la salle d'eau pour me rincer la bouche et me laver les dents en même temps. La porte grinça derrière moi, laissant entrer Monnet. Elle me sourit et je lui répondis d'un signe de tête.

« Alors Deen, tu vas mieux ?

_ Yep. Désolé pour le spectacle. Maintenant je faire gaffe en avalant mes repas, quoi que… non même pas. »

Elle rit et j'essuyais ma bouche grâce au torchon. Je voyais son reflet dans le miroir me regarder ce qui me mettais mal à l'aise. Aurait-elle un doute sur moi ?

« Un problème, Monnet-sama ?

_ Ah ? Oh, non absolument aucun. »

J'haussais les sourcils un court instant avant d'hausser les épaules et de repartir vers les moteurs. Je sentis alors cette oppression caractéristique qui signifiait que Doflamingo utilisait son pouvoir. Il continua le reste de la journée, patient, attendant que sa proie se trahisse toute seule, attendant que je fasse une erreur. Le vieux nous invita à remonter pour manger et on se rendit tous au réfectoire. La salle était bondée, comme chaque soir, l'équipe de nuit venant prendre son petit déjeuné et nous, l'équipe de jour, prendre le diner. Donquixote était aussi présent avec Monnet. Ils parlaient. Je m'assis tranquillement à ma place. Le vieux à côté et un mec dénommé Gorin en face. Ce dernier m'interpella. Les regards dévièrent sur nous, bon sang, la discrétion est complètement grillée.

« Deen, on fait un concours de celui qui mange le plus vite possible ?

_ Je gagne quoi ?

_ Hm … mon petit déjeuné de demain et moi le tiens si tu perds.

_ Tenu. »

Le vieux ricana et donna le signal. Le « combat » commença alors. Victorieuse je gobai le dernier morceau, plantant ma fourchette dans la table.

« Gagné ! »

Je me tenais fièrement devant Gorin, ce dernier était abattu mais il avoua sa défaite avec honneur. Je souris puis me stoppais dans mon élan, calmée par un haut-le-cœur. Le vieux ricana prêt à me frapper une nouvelle fois dans le dos. Je l'en empêchait, préférant me barrer pendant que je le pouvais encore.

Ce qu'il se passa ensuite peut se passer de mots. Je sortis après m'être rincée la bouche, encore barbouillée comme il n'y a pas. Je devais avoir mangé quelques choses de pas très frais. Ou le simple fait de manger autant alors qu'il y a peu je ne mangeais rien, faisait que mon organisme avait du mal à garder les aliments. Et je penchais plutôt pour la deuxième option. Je secouais légèrement la tête et soudainement me trouva plaquer au mur par une main.

« Bonsoir Ivy-chan. »

J'écarquillais les yeux, ne pouvant m'empêcher de pâlir.

« Je dois avouer que j'ai presque été pris par ton déguisement. Tu es méconnaissable. »

Comment ? Comment avait-il put savoir ?

« Vu ton expression, tu dois te demander comment j'ai fait ? »Il rit. « Le nom de « Deen » n'était pas sur le registre et à chaque fois que j'utilisais mon pouvoir, tu t'arrêtais pendant quatre secondes exactement. »

Je ne pus m'empêcher de trembler légèrement. Non, je ne voulais pas repartir là-bas !

« J'ai été vraiment déçus de ne pas te trouver dans la tour à mon retour Ivy-chan. J'ai même été blessé. Mais maintenant que je t'ai retrouvé, je vais m'arranger pour que tu comprennes que tu n'appartiens qu'à moi… et à moi seul. »

Il me traina jusqu'à sa cabine, me faisant avancer grâce à son pouvoir. Il me fit entrer, son sourire ayant déserté son visage. Il ferma la porte derrière moi et la verrouilla. Ses bras passèrent autour de mon visage, venant se blottir contre mon cou.

« Ivy-chan, tu es à moi. »

Comment faire lorsque l'on est prisonnière ? Que jusqu'au plus profond de son être, on se sent brisé ? Que l'on est enchaîné par la honte et la rancœur ? Comment renouer avec le monde extérieur ? Comment redevenir ce que l'on était à l'origine ? Comment faire pour simplement vivre de nouveau ? Comment faire pour regarder les personnes qui nous font face ?

.*.*.*. Deux mois plus tard .*.*.*.

« Barles D Ivy. »

Je me tenais devant cet homme, les yeux écarquillés. Bartholomew Kuma ! Cet homme était devant moi, son livre contre sa poitrine. Il était apparu si soudainement.

« Je viens de la part d'Akainu. »

J'écarquillais un peu plus les yeux. Comment ça ? C'était impossible, comment avait il sut que j'étais ici ?

« Barles D Ivy, désires-tu retrouver ta liberté ? »

Il devait sans doute se moquer de moi mais je ne pus répondre qu'une chose.

« Oui. »

Il sortit quelques choses de sa poche.

« Akainu s'excuse d'avoir mis autant de temps à te les rendre et de ne pas avoir pu empêcher cet homme de te capturer. »

J'eu un frisson, une larme roulant sur ma joue et je saisis l'objet qu'il me tendait. Mes fils ! Ceux que j'avais dû laisser derrière moi lors de mon premier jour de fuite, il y a si longtemps maintenant ! Je les serrais contre ma poitrine. Ces fils n'étaient pas comme ceux que j'avais fabriqués avec les Heart Pirate. Ses fils était plus que de l'acier, ces fils pouvaient neutraliser les utilisateurs de fruit du démon, ces fils étaient faits avec du granit marin. Je souris en essuyant ma joue d'un revers de la main.

« Merci. »

Il n'exprimait aucunes émotions. Je souris un peu plus, retenant mes larmes.

« Je vais pouvoir partir d'ici ? Vraiment ?

_ Oui. »

Je souris un peu plus, un frisson traversant tout mon être. Ces quartes derniers mois avaient été les pires de toute mon existence. Après que Doflamingo m'ait retrouvé, je ne tentais plus de m'échapper. Il m'avait brisée. J'étais terrifiée, ne voulant plus subir sa « punition ». J'en avais même oublié ma colère contre Law.

« La prochaine fois, nous serons ennemis.

_ Bien, merci infiniment.

_ Si tu pouvais voyager, Bales D Ivy, où irais-tu ?»

Kuma leva sa main et je me sentis partir dans un nuage de fumée. J'étais libre. Enfin.

.*.*.*.Shabondy.*.*.*.

J'ouvris doucement les yeux. Il faisait bon ici et une douce odeur de café embaumait la pièce avec une odeur de cigarette pour mon plus grand malheur. Je fronçais un peu les sourcils.

« Oh, tu es réveillée petite ? »

Une voix de femme. Je me relevais regardant autour de moi. J'étais dans une chambre, une femme était accoudée à la porte, celle-ci débouchant apparemment dans un café. Je regardais la femme et elle me sourit. Je glissais mes mains sur mes joues pour les pincer. Mal. Ce n'était pas un rêve. Je ne pus retenir mes larmes et souris de bonheur. J'étais enfin libre ! La femme vint frotter mon dos avec la douceur d'une mère.

« C'est fini, ça va aller. »

J'acquiesçais. Oh oui, c'était enfin fini. Je n'étais plus coincée entre les griffes de cet homme. Je n'arrivais pas à arrêter de pleurer. C'était fini, j'allais pouvoir retrouver mes amis. J'allais pouvoir mettre la raclée que j'avais promise à Law. J'allais pouvoir vivre à nouveau.


Encore un grand merci à Lisen-chan.

Je remeercie aussi ceux qui lisent mes fictions et vous souhaite tous une bonne année 2013.