Grand Line. Après l'arrivée des chapeaux de paille à Alabasta.


Je devais courir et vite. Je gardais contre moi le précieux objet. J'avais une nouvelle fois réussis à dérober un objet précieux que j'allais pouvoir revendre très cher. Un sourire triomphant glissait sur mes lèvres. Bon d'accord, j'avais les marines à mes trousses mais au moins j'avais réussis !

« Elle est là ! »

Mince, vite. Je rentrais dans le premier bar en vue et me colla au premier venu pour me cacher.

«Désolée, c'est juste pour quelques minutes. »

Les marines rentrèrent et je rabattis mes cheveux sur mon visage, planquant le sachet compromettant dans ma besace. Je m'appuyais sur l'épaule de la personne qui devait être bien trop surprise pour réagir. Les marines firent le tour du bar et partirent sans me voir, je souris victorieuse. Bon deuxième étape, me glisser dans un navire marchand et le dépouiller.

« Merci. »

Je me relevais rapidement pour partir mais un bras avait malheureusement saisi le miens. Je me tournais vers la personne en question. Un blond au masque.

« Et si tu rendais sa bourse à notre capitaine ? »

Je fus estomaquée mais je tentais de jouer l'innocence.

« Mais je n'ai rien pris.

_ Ben voyons et les marines ils étaient là pour la princesse d'Alabasta.

_ Je ne l'ai jamais vu donc je ne peux pas dire si elle est présente ou non. »

Il devait me fixer à travers son masque, enfin je l'imaginais. Le silence devenant pesant, je lâchais un soupire et sortis la-dites bourse que je lançais au rouquin derrière lui. Il ricana.

« Killer, tue-la. »

Je sentis une lame effleurer ma joue et effectua un salto arrière. Je n'attendis pas une seconde attaque pour prendre la poudre d'escampette mais je pris le temps de sourire à ces hommes. Ils avaient l'air amusants quoique le roux un peu cinglé. Je courus à travers les rues pavées et arriva rapidement au port. Bon, je passais en revu les bateaux. Il n'y en avait qu'un qui battait pavillon noir. Pas besoin d'être un génie pour comprendre que c'était celui des hommes de tout à l'heure.

Je me glissais dans un navire sur le côté, c'était facile de me faire passer pour l'un des employés. Ils n'y virent que du feu. Bon, je dois avouer que me faire passer pour un mec était chose aisée pour moi avec ma poitrine quasi-inexistante. Je retirais la perruque brune de mon crâne, camouflant mes longs cheveux blancs sous un bandana. Je rangeais la touffe brune dans mon sac, elle pouvait encore m'être utile. Mes doigts glissèrent sur le bois. Je sentais l'air marin chargé d'embruns sur mon visage mais pourtant mes yeux, eux, se perdaient dans le ciel. J'aimerais tant pouvoir glisser à travers les nuages.

Plusieurs jours défilèrent et malheureusement pour ces marchands nous n'étions pas les seuls à passer par cette voie. Je reconnus le bateau de pirate qui était au port et vit le rouquin du bar qui était appuyé d'un pied sur la proue. Aïe, il valait mieux que je m'esquive dans un coin. J'étais un as pour chiper les objets précieux et m'enfuir ensuite mais pour combattre je n'avais aucune chance. Je lâchais un petit grognement et courus vers la salle des coffres. Bon d'accord, je savais aussi tuer mais il ne fallait pas me demander la lune, ce rouquin et l'autre blond étaient des hommes dangereux, j'en étais certaine, ma main à couper.

Il y avait un homme barbu et au ventre imposant devant le coffre. Chacun de ses doigts portaient une bague en or avec des pierres précieuses. Un collier, une ceinture et des bracelets en or étaient présents au-dessus de ses vêtements. Vêtements fait avec un tissu aussi précieux que ses bijoux. Porc. C'est le mot qui me vint à l'esprit en voyant cet homme, un porc. J'avais déjà fait ma petite enquête, apparemment il ne payait même pas ses employés. Je souris.

« Toi ! Protège-moi ! Je te paierais mais tue ses pirates. »

La porte s'ouvrit derrière moi, enfin, explosa serait le terme le plus juste. Je reculais mais le porc m'attrapa et me plaça devant lui tel un bouclier vivant. Il tremblait et puait la sueur. Je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel. Il était pitoyable !

« Oh, il a un garde du corps. Quel homme avisé, on va voir s'il en vaut la peine. »

Je fixais le rouquin incrédule, moi ? Le tuer lui ? Non mais ça ne va pas !

« Oh ! Ne m'impliquez pas dans vos histoires, je ne protégerais pas un cochon braillard comme lui, en plus je ne suis même pas payée. »

Je me mis sur le côté et contourna le porc pour arriver devant le coffre pour commencer à m'occuper d'un des nombreux cadenas. J'entendis un cri terrifié suivit d'un couinement sanglant derrière moi, du sang vint tâcher le mur. Je ne fis pas vraiment attention à tout ça. Un bras vint se plaquer juste devant moi et je sursautais légèrement.

« Hey ! Je fais mon travail ! merci de ne pas me déranger.

_ Je vais te tuer toi.

_ Bien mais je vous préviens que vous allez galérer ensuite. C'est un coffre de compétition ça, le must du must.

_ Tu essais juste de gagner du temps.

_ Comme vous voulez. »

Je me levais et m'écartais, lui laissant le loisir de se défouler sur la boite. Il tendit sa main mais le coffre ne bougea pas d'un pouce et je me permis une petite moue moqueuse.

« Un problème ? »

Un couteau passa juste sous mon oreille en laissant une entaille sur mon cou. Je compris que ce rouquin avait mangé un fruit du démon et qu'il pouvait faire voler les objets métalliques. Pratique. Arg mais je pense à quoi ? Il pourrait me tuer quand il le voulait et je n'avais pas envie de finir en gruyère ! Je lâchai un soupir en le laissant s'acharner sur le coffre, le blond prenant le relai à son tour. Deux des hommes de leur équipage m'avait saisi par les bras pour m'empêcher de m'enfuir.

« 'Tain ! »

Le rouquin me lança un regard furieux, je levais les mains en signe de paix.

« Je vous l'avais dit, c'est un coffre de compète. Granite marin, même pour le cadenas et renforcement en acier mais à l'intérieur. Quant à la clé il doit la cacher dans un endroit bien camouflé donc ça prendrais bien trop de temps à fouiller plutôt que de me laisser faire.

_ Mais t'es qui toi ?

_ Eden, voleuse.

_ Eh, t'es la brunette de l'autre jour ! »

Je regardais le blond, il avait pris ma besace lorsque les deux autres m'avait saisi. Dans sa main, ma perruque.

« Affirmatif. »

Le rouquin s'approcha de moi, l'air menaçant.

« Et tu confirmes sans aucune crainte ?

_ Eh bien de toute façon, le démentir ne servirait à rien et sans moi vous ne pouvez pas ouvrir le coffre.

_ On peut te tuer après.

_ Certes ! mais je compte sur votre sympathie pour éviter ça, ce ne serait pas très bon pour moi.

_ Effectivement, mais nous sommes des pirates.

_ Et moi je suis une voleuse, je peux vous dépouiller sans que vous ne le sachiez. »

Il fronça les sourcils. Bon sang, il était déjà flippant au naturel mais maintenant c'était pire. J'hésitais fortement à sourire mais finalement le fis.

« Je peux savoir pourquoi tu souris ?

_J'essaie de gagner du temps pour trouver un plan et m'enfuir sans une égratignure et avec le butin de préférence.

_ Kidd. »

Le rouquin se détourna de moi pour reporter son attention sur son second. Il tenait l'objet que j'avais dérobé à Alabasta. Le diadème en cristal de la première reine de Teena Geena.

« Tiens, tiens, tiens. Je ne m'étonne plus de leur crise de panique lors de notre départ. Donc c'est à cause de toi que nous avons était ralentis.

_ Merci de laisser ça dans ma besace, cette relique peut être vendue à prix d'or sur le marché noir !

_ Ah, alors nous allons garder ça.

_ Hey ! J'ai faillis finir au bout d'une corde pour ça !

_ Et nous on a perdu deux jours à cause de ton vol.

_ Ouais, mais vous êtes là.

_ Rappel moi pourquoi je ne t'ai pas encore tué ?

_ Le coffre, là. » Je le lui montrais d'un signe de tête. « Il fait déco tu crois ? »

Il lâcha un grognement et ces hommes me lâchèrent.

« Je verrais pour ton sort après que tu es ouvert ce coffre.

_ Bien, m'sieur. »

Il me dévisagea un instant avant de lâcher un soupire. Je repris ce que j'avais commencé et après plusieurs minutes assez pénible, vu les commentaires de l'autre, le cadenas céda. Je l'écartais et m'attaquais à la serrure. Plus difficile cette fois ci.

« Tu te grouille !

_ Je fais ce que je peux ! La marine n'est pas non plus juste à côté et il n'y a pas le feu. »

Il lâcha un nouveau grognement. Rah voilà que maintenant il se mettait à tapoter des doigts provoquant un bruit des plus agaçants. Je lâchai un long soupir et finalement sentis le déclic. Je souris, maintenant que le coffre était ouvert il allait falloir que je ruse. Bon ! sauter par la fenêtre ? Pas mon trippe. Je sentis une main se poser sur mon épaule et je fus écartée par le rouquin.

« Bah voilà quand tu veux. »

Je réfléchissais à toute vitesse, il fallait que je parte rapidement, le blond avait déjà sorti ses lames. Je donnais un coup dans le nez du premier homme et saisis ma besace. Pour le deuxième, je fus moins délicate. Il se retrouva à terre, plié en deux. Je n'attendis que les deux autres réagissent pour m'enfuir et je traversais les couloirs rapidement. Un des pirates s'interposa et je me glissais habilement entre ses jambes pour pouvoir continuer mon chemin. Hors de question que je meurs ici !

Je me sentis alors tirée en arrière. Merde ! Le rouquin ! Il utilisait son pouvoir et moi j'avais plein de métal dans ma besace mais je ne vais pas la lui laisser comme même ! Evidement je n'allais pas pouvoir lutter longtemps. Je lâchai un grognement. Merde ! Je faisais face au rouquin.

« Bien alors comme ça tu voulais nous faire faux bon alors que je ne t'ai même pas encore réglé ton compte. »

Je retiens un commentaire et une grimace. Il me retira mon bandana et mes cheveux dégringolèrent jusqu'au creux de mes reins. Un sourire apparut sur ses lèvres.

« Alors, en premier lieu tu as retardé notre voyage de deux jours. Tu m'as défié à plusieurs reprise et tu viens d'esquinter deux de mes hommes, dont un sévèrement. »

Je levais les yeux au ciel, il allait s'en remettre.

« Et tu t'es enfui. Mais tu as aussi ouvert ce fichu coffre et donc nous as permis d'avoir une fortune assez conséquente. »

Au moins il se rappelle de ça. Je fis une petite moue en voyant son sourire.

« T'es quand même une femme. Même si ça ne se voit pas trop.

_ Je t'ai rendu ta bourse.

_ Parce que Killer t'a vue.

_ Certes. Mais je l'ai comme même rendu. »

Il ricana. Bon au moins je suis distrayante. Je regardais le blond sur le côté l'interrogeant du regard. Pas que j'étais pressée mais il fallait que je parte.

« Prenez tout ce qu'elle a de valeur sur elle. »

Quoi ? J'écarquillais les yeux en mordant le bras qui avait saisi ma besace.

« Touche pas ça connard ! »

J'essayais de les empêcher de prendre mon argent.

« J'en ai besoin !

_ Nous aussi. Mais nous on est des pirates, toi tu n'es qu'une voleuse donc au moins cet argent pourra nous être utile. A toi je ne vois pas trop, à part pour ton propre égo.

_ Hey ! Ce fric n'est pas pour moi !

_ Oh, tu travail donc pour quelqu'un.

_ Bien sûr que non ! Je suis indépendante ! »

Ils avaient sorti toute ma bourse, certains commençaient déjà à compter. Je tirais pour qu'il me lâche.

« Mais ôtez vos pâtes de là !

_ Calme toi, tu réussiras à voler une somme plus élevée en un rien de temps.

_ Où est le reste ? »

Le blond avait des billets dans sa main, son masque tourné vers moi.

« Je vous demande pardon ?

_ Normalement les voleurs on beaucoup plus alors je te demande où est le reste. »

Perspicace ce mec.

« C'est tout ce que j'ai. »

Une gifle cuisante, douloureuse. Le rouquin n'y était pas allé de main morte. Je le foudroyais du regard.

« J'ai dit la vérité ! Je n'ai rien de plus ! Vous m'auriez capturée il y a deux semaines alors, ouais, il y aurait eu plus mais là non. »

Un poing cette fois-ci. Je grimaçais et crachais un peu de sang. Je relevais les yeux et vit que le roux avait une flamme de folie qui brillait dans ses yeux.

« Alors il est où le fric ?

_ A South Blue. »

Son sourire disparut et il saisit mes cheveux pour me forcer à le regarder.

« South Blue.

_ Ouais, je te l'ai dit, cet argent n'est pas que pour moi. »

Une nouvelle gifle, il prit son couteau.

« Bon, même si je suis un pirate, j'ai pour principe de ne pas tuer les femmes qui ne représente pas un danger. Et je suis dans un bon jour alors soit heureuse. Je ne vais garder que ça. »

Je fermais les yeux en sentant la lame gelée du poignard sur la peau de ma nuque. J'allais mourir. Tch, mourir ainsi, c'était honteux. J'aurais dû pouvoir leur envoyer plus. Je serrais la mâchoire. Merde ! J'entendis le bruit d'une lame tranchant quelque chose. Un poids se retira de mes épaules. J'ouvris les yeux avec surprise.

« Je garde ça comme un avertissement, la prochaine fois je te tue. »

Les pirates se retirèrent. Je me laissais tomber sur le sol, tremblante. Bon sang, j'étais certaine que j'allais mourir. Que je ne pourrais plus les revoir. J'entendais les ricanements des pirates. Je me relevais et allait au bastingage. Attend, il avait coupé mes cheveux ?! Mes cheveux !

« JE TE JURE QUE JE LES RECUPERERAIS ! »

Il ricana me faisant un signe de la main, main qui tenait mes précieux cheveux. Je rageais ! Il m'avait bien eu, en plus son second ne s'était pas gêné pour prendre tout le contenu de valeur dans ma besace. Je ne pus m'empêcher de les insulter dans ma langue maternelle. Je savais très bien qu'ils entendraient.

« Stronzo! Ti troverò e mi prendo il mio bottino ei miei capelli! Redhead stronzi! Ti farò pagare! Vi pentirete la tua mossa! »

Je me renfrognais et pris une grande inspiration. Merde et je fais comment maintenant ? Je me retournais vers le pont où il ne restait que deux hommes en tout pour un bateau aussi grand. Le salopard ! Je me renfrognais un peu plus.

Il nous fallut beaucoup de temps pour gagner une île. J'avais dépouillé quelques personnes et avait foncée acheter du papier à lettre. Je dénichais un café pas trop fréquenté et m'y installa.

« Salut, les garçons.

Je suis désolée, cette fois il y aura moins d'argent, j'ai eu quelques imprévus.

Rien de grave ne vous inquiétez pas les gars.

La prochaine fois je vous enverrais un peu plus.

Je vais toujours aussi bien et plus j'avance sur GrandLine plus j'ai envie de vous revoir.

Julius je compte sur toi pour que l'argent ne tombe pas entre les mains de papa.

David surveille bien Félix et Ruth.

Ces deux là sont imprévisibles.

N'hésite pas à t'imposer si besoin est, Fyn.

Veillez bien les uns sur les autres.

Pas de bêtises.

J'essaierais de vous donner des nouvelles rapidement.

Votre sœur. »

Je partis dans l'agence des oiseaux postaux. J'espère que la lettre arrivera rapidement et que papa ne trouvera pas l'argent. Sinon il le dépenserait dans l'alcool. Je n'avais pas menti à l'autre. Cet argent n'était pas pour moi mais pour mes petits frères. J'étais l'ainée d'une famille de six enfants et ma mère était partie après la naissance de mon dernier petit frère. Mon père était un ivrogne fini. L'ainé de mes frères avait à peine douze ans et le plus jeune, trois ans. J'avais appris à voler très jeune, après tout à part s'écrouler sur le lit mon père ne savait rien faire.

Puis j'étais parti sur GrandLine pour trouver plus d'argent car plus mes frères grandissaient plus les besoin étaient importants. Bon au moins ce n'était pas des filles. Ils pouvaient donc se contenter d'un minimum. Je déposais la lettre. Je leur avais fait une promesse.

Je trouverais un endroit où l'argent ne sera plus une inquiétude.