Au final, me revoilà ! J'espère vraiment que ça va vous plaire (vraiment !)
8 ans auparavant...
Bellamy était bien grand pour ses 14 ans, bien trop grand et bien trop jeune pour faire les poubelles. Il dévalait la rue menant à chez lui en se moquant éperdument des regards que lui lançaient les passants.
Il ne voulait pas de leur pitié ni de leur moquerie. Il redressa ses épaules et garda la tête haute quand son chemin croisa celui d'un petit groupe de punk, ils lui lancèrent des regards méprisants qui lui disaient clairement "Dégage, tu pollues notre oxygène".
Il continua néanmoins à marcher tout droit gardant bien serré contre lui le butin qu'il avait récolté. Il était tout excité à l'idée de le donner à Octavia, et au visage de sa mère qui allait peut-être enfin s'illuminer. Mais quand il franchit la porte de sa maison, son excitation laissa place à un vide immense dans sa poitrine.
"Maman ?" appela t'il. Il tourna la tête dans plusieurs directions n'ayant toujours aucune réponse. "Octavia ?" demanda t'il alors.
Il continua à traverser la petite maison, marchant de plus en plus vite, son coeur battant de plus en plus fort. Il pénétra dans le séjour et ses yeux s'écarquillèrent. Il laissa tomber le paquet qu'il avait dans les bras dans l'horreur.
Devant lui se trouvait le corps de sa mère, étendu au sol, baignant dans une flaque de sang, un couteau disposé dans sa main.
" Maman !" cria t'il d'une voix étouffée. Il accouru à ses côtés sans se soucier du liquide rouge qui se colla à ses vêtements et l'a prit dans ses bras. Il l'a secoua doucement faisant trembler son corps flasque.
"Réveilles-toi" dit-il en l'a secouant par les épaules de plus en plus fort "Réveilles-toi s'il te plaît !" Il se mit à hurler, ses yeux embués de larmes.
"De l'aide ! Au secours !" cria t'il. Mais personne ne vint. "S'il te plaît..." plaida t'il en prenant dans ses mains son visage. Il caressa avec son pouce la joue de sa mère. Elle était si froide et lui si chaud.
"Ne me laisses pas..." dit-il dans un murmure ignorant ses propres larmes qui dévalaient ses pommettes. Il fixa ses yeux ouverts comme si son regard allait pouvoir percer le sien et la ramener à la vie.
"Tu n'as pas le droit...Tu ne peux pas..." Reprendre son souffle devenait une tâche de plus en plus compliquée, elle ne pouvait pas tout simplement les abandonner, pas lui, pas Octavia...
Octavia ! Son nom eut le même effet qu'une décharge électrique. Il lâcha aussitôt le corps de sa mère et sauta sur ses pieds. "Octavia !" cria t'il. Il balaya la maison du regard, tous les meubles et objets avaient été jetés avec rage au sol.
Des morceaux de verres, de vases étaient éparpillés par terre, si bien que Bellamy dû enjamber des meubles pour traverser la pièce. Son esprit divaguait imaginant le pire.
Faites que non, pensa le garçon.
Il s'écoula de terribles secondes jusqu'à qu'enfin il entende des soupçons de sanglot. Il tourna sur lui-même dans la direction du son, le regard du jeune homme se posa sur une malle au bout du couloir.
Un poids suffocant s'abattit sur sa poitrine et pendant un instant il en oublia de reprendre son souffle. Il accouru jusqu'à la boîte formant l'angle et la déverrouilla avec empressement. Quand il ouvrit le couvercle noir, il découvrit un visage rouge baigné de larme.
"Octavia"
Bellamy attrapa la jeune fille par les épaules et l'attira contre sa poitrine. Il l'a serra fort contre lui, l'a laissant enterrer sa tête dans le creux de son cou. Elle émit un bruit étouffé et il ferma les yeux.
"Ça va... dit-il en emmêlant ses doigts à ses cheveux, tout va bien. Tout est finit"
Son corps se tordait dans ses bras, l'incitant à resserrer son emprise. "Chuuut, tout va bien" Il continua à lui murmurer des paroles douces tout en frottant son dos.
Ses yeux se posèrent sur son poignet, sur l'élastique qu'il avait trouvé quelques instants auparavant enroulé autour de sa main. Il se dégagea de son étreinte et s'obligea à adopter un sourire confiant.
"Regarde ce que j'ai trouvé pour toi" Bellamy attrapa ses cheveux et essaya tant bien que de mal de faire le plus beau chignon possible. "Regardes-moi comme tu es jolie."
Octavia se retourna vers lui et se reblottit dans ses bras.
"Et maman ?" murmura t'elle.
"Elle est partit..., répondit-il en posant sa tête sur la sienne. Mais tout va bien se passer, tu m'entends. Il ne t'arrivera rien, O, je te le promets. Pas tant que je serai dans ce foutu monde"
Ma soeur, ma responsabilité.
Fin du Flash-Back...
Bellamy courait. Il courait entre les arbres, entre les rochers, entre les trous mais sans savoir où. "Octavia !" rugit-il.
Il avait sillonné les environs, suivit les quelques gouttes de sang au sol, mais elle était pourtant, introuvable.
"Octavia" hurla t'il encore. Il plissa les yeux pour apercevoir à travers les rayons de soleil qui l'aveuglaient, mais en vain.
Idiot, il passa ses mains dans ses cheveux dans la frustration et recommença à courir de plus bel.
1 heure auparavant...
Peur, soulagement, joie, puis malaise, tristesse et colère. Clarke se sentait mal. Quand elle avait retrouver Bellamy, elle n'avait pas put s'empêcher de le prendre dans ses bras... Pour aussitôt le regretter amèrement. La gêne totale... Elle s'était dégagée immédiatement, laissant la chaleur se dissiper rapidement entre eux.
Elle avait répété un bon millier de fois qu'elle était désolée, et après cela... Ce petit con s'était muré dans le silence !
Ils avaient ramés toute la nuit avec deux autres personnes. Jasper et Monty il lui semblait. Les deux amis n'échangeaient pas énormément non plus.
C'est ce que ça faisait de frôler de si près la mort. Plus rien n'était pareil, plus rien ne semblait comme avant, plus rien n'avait de sens. Ils voyaient sans regarder, ils entendaient sans écouter, ils parlaient sans ne rien dire.
Et d'autres se muraient dans le silence, pour ne pas y revenir. Bellamy n'avait pas encore immergé de son voyage chez les morts. Son regard brûlant scrutait les horizons, comme si ses yeux allaient percer le ciel pour atteindre l'au-delà.
"Je sais qu'elle n'est pas morte" dit-il après un long, un très long moment de silence. Il fallut quelques secondes à Clarke pour réagir à ses paroles. Elle avait arrêté de penser pour essayer de s'endormir.
Mais quand elle fermait les yeux, c'était toujours la même image qui hantait son esprit. Du sang, de l'eau et une femme. Alors disons plutôt qu'elle somnolait. La voix de Bellamy l'a rétracta dans le vrai monde et l'obligea à se redresser.
"Quoi ?" Quand elle tourna la tête en direction du jeune homme, elle s'adressa plutôt au dos de sa nuque. Celui-ci pivota sur ses fesses pour lui faire face.
"Je ne peux pas t'expliquer comment... Mais je sais qu'Octavia n'est pas morte. Je le sais"
Le vent s'était levé et quelques rayons de soleil commençaient à percer l'obscurité au-dessus de leurs têtes.
"Comment veux-tu que je le sache, Bellamy ?" Elle en avait entendu des phrases du genre... Elle en avait entendu des excuses et des pleurs, alors pourquoi se voiler la face ?
En temps normal, Clarke prenait le temps de ramener à la réalité les personnes aussi désespérées soit-elles avec une bonne tasse de café. Elle leur offraient sa plus grand attention et ses plus belles paroles.
Sauf que cette fois-ci elle n'avait ni de café à sa portée, ni assez d'espoir et de force à former un sourire.
Voilà ce que vous fait la mort... Elle vous prend tout ce que vous avez, tout ce que vous ressentez, tout ce que vous aimez et tout ce que vous étiez. Le monde reste le monde, et l'humain reste l'humain. La Terre ne s'arrêtera pas de tourner pour autant.
Et la vie continue, malgré tout, la nuit viendra toujours après le jour. Hier sera passé, aujourd'hui sera vécu et demain sera à vivre. Et vous continuerez à échapper à cette fatalité, votre manière d'y parvenir s'appellera : survivre.
Mais peut-on vraiment qualifier cet acte d'échappatoire à la mort, quand il s'agit de s'en approcher un peu plus à chaque fois, l'a laissant vous transformer en un monstre qui en fin de compte n'avait commit qu'un seul crime si ce n'était de vouloir vivre.
Le jour se levait peu à peu. Le froid laissant place à une douce brise du matin.
"Les gars !" Une voix stridente brisa le silence entre eux deux. "Il y a quelque chose là-bas ! On dirait... "
Monty porta ses mains devant son visage pour essayer de mieux apercevoir l'horizon.
"Mattez-moi ça !" Jasper s'était levé d'un bond sur le canot manquant de le faire basculer.
"C'est une île ! "
Clarke et Bellamy échangèrent un bref regard et se levèrent à leurs tours. Mais leurs yeux ne portaient pas sur le bout de terre au loin.
Il y avait une boîte, un compartiment noir qui s'approchait d'eux, du sang brillait sur les bords abimés et une couleur rougeâtre se dissipait dans l'eau salée de la mer.
Ils n'avaient pas besoin de tourner la tête pour guetter la réaction de l'autre pour savoir qu'ils pensaient à la même chose. Il y avait des survivants.
Fin du flash-back
Vous êtes vous déjà sentit observer ? Avez vous déjà sentit comme une sensation de froid dans votre dos alors que vous étiez retourné ? Votre sixième sens n'a t'il pas un jour tiré les sonnettes d'alarmes ? La question n'est pas de savoir quand et où... Elle est de savoir par qui.
Un cri de douleur déchira le silence qui planait sur le rivage d'une certaine île dans le pacifique.
"Aller encore un effort !" cria une voix masculine.
"Je ne peux pas; Lincoln !" lui répondit une autre.
"Il va falloir pourtant"
"Bon dieu Lincoln ce n'est pas parce que j'ai la jambe empalée dans un foutu morceau de fer que je ne peux pas te botter cul !"
Les deux silhouettes s'arrêtèrent et Lincoln et Octavia restèrent côte à côte. La jeune femme avait son bras enroulé autour des épaules de l'homme, ils étaient presque arrivés sur la plage quand la jambe d'Octavia lâcha.
Son corps glissa une énième fois au sol et en un éclair les bras forts de Lincoln l'a rattrapèrent.
"Tu ne veux toujours pas de mon aide ?" lui souffla t'il.
La jeune femme grogna et secoua la tête. "Je n'ai pas besoin d'aide. J'ai juste besoin d'une pause"
Le rire de Lincoln raisonna sur l'île mais il reprit aussitôt son sérieux. Il intercepta son poignet et passa ses bras sous sa jambe valide pour la soulever de l'eau.
Octavia poussa un hurlement de douleur et agrippa le cou du jeune homme comme si sa nuque était la seule et unique chose qui l'a maintenait encore en vie.
"Ne refais plus jamais ça !"
Lincoln secoua la tête mais ne dis rien. Il continua son chemin en direction de la plage là où ils s'écroulèrent tous les deux.
Il y a quelques heures auparavant, ils n'auraient jamais cru qu'ils arriveraient si loin. Lincoln avait prit plus de tasse à l'eau de mer qu'aucun autre être humain avait bu jusqu'ici, sa gorge sèche et son cuir chevelu rouge dépourvu de cheveux témoignaient d'une forte déshydrations, pourtant il n'avait été aussi rassasié en ce qui concernait l'eau.
Allongés là sur le sable chaud ils ne pouvaient pas être mieux. Même si leurs valeurs de mieux avaient bien changées en quelques jours. Beaucoup de choses semblaient partir dans ce sens-ci depuis quelques temps.
Après tout, un accident ne laisse jamais personne indemne que ce soit morale ou physique, il y reste toujours une ou deux cicatrices. Deux traces blanches qui vous marquent de vos épreuves, et qui s'efforcent de vous rappeler sans cesse ce que vous voulez la plupart du temps oublier.
Comme on le dit, ne demandez pas à un blessé de remarcher comme hier. Ou un survivant de vous regarder comme il le faisait autrefois.
Lincoln ne pourra jamais regarder son lit comme avant... parce que Dieux sait à quel point il avait envie d'y retourner et de s'y enfuir à l'heure qu'il était ! Une partie de lui voulait que tout soit un rêve ou un cauchemar, qu'il se réveille au plein milieu de la nuit se rendant compte que tout cela n'était que le terrible fruit de son imagination. Même son lieu de travail lui semblait plus accueillant que cette île dont ils ne savaient rien.
Mais rien que l'idée de tourner sa clé dans la serrure de sa maison lui semblait lointaine. Il n'était partit qu'une journée mais ces quelques jours étaient comme devenus une éternité.
Même le sang qui collait à sa main semblait avoir toujours eu sa place sur ses doigts qui autrefois ne cherchaient qu'à survoler des toiles vierges. A la place du rouge sang qui dégoulinait de ses phalanges, y coulait tout un éventail de couleurs aussi sublimes les unes que les autres. Comme il aurait aimé voir du jaune, du vert et du bleu sur ses poings. Il aurait préféré mille fois se tacher de peinture que laisser le sang d'innocent déteindre sur sa chemise blanche.
Ça oui, il aurait préféré n'importe quoi qu'extraire un morceau métallique d'une jambe d'une pauvre jeune fille. Il était un artiste, pas un médecin et surement pas un charcutier.
"Enlève-moi ça" lui cria Octavia dans la douleur à l'égard du morceau qui dépassait de quelques centimètres de sa cuisse.
Lincoln secoua la tête "Je ne peux pas"
"J'étais sûre de ta réponse mais je voulais quand même te poser la question"
Lincoln haussa les sourcils, un sourire au coin.
"Parce que tu penses que je ne peux prendre soin de personne ?"
"Non bien sûr que non c'est juste que..."
"C'est juste que je n'ai pas envie que tu meures" l'a coupa t'il.
En silence, Octavia l'observa se lever du sol, son ombre se coucha sur elle puis elle sentit ses bras sous ses genoux.
Elle avait l'air plutôt petite dans ses bras, tout comme un nourrisson qui était malade. Elle était pâle, frissonnante et il était prêt à parier qu'elle avait de la fièvre. Sa blessure devait s'infecter en plus de cela... Il devait faire quelque chose.
Sans attendre sa réponse il l'a souleva du sol et l'attira contre sa poitrine. Un hurlement de douleur s'échappa de la bouche de la jeune fille qui le frappa faiblement le bras.
"Je t'avais dis de ne pas de refaire ça !" Lincoln haussa les épaules et se mit à marcher en direction de la forêt qui s'étendait devant eux.
Il s'arrêtait de temps en temps pour dégager quelques mèches mouillées de son visage, ses mains s'attardant quelques fois sur son front, ce geste qui rappelait à la jeune femme que son frère était sans doute mort à l'heure qu'il était... Et qu'il ne reviendrait jamais...
Elle laissa Lincoln resserrer sa prise autour d'elle, mais même l'effet de la douleur n'effaça pas l'affreuse pensée de vivre une journée de plus dans ce monde sans le stupide, le maniaque, l'immature mais le drôle et l'attachant qu'était son frère.
Elle avait beau se refaire encore et encore le scénario la fin était inévitable... Néanmoins une partie d'elle ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'elle aurait dû rester à ses côtés et affronter ce qu'ils avaient affronté séparément.
Il ne t'arrivera rien, O, je te le promets. Pas tant que je serai dans ce foutu monde... Octavia réprima un sanglot, et instinctivement sa main droite se posa sur son poignet, là où reposait le petit élastique rouge.
Mais ses doigts se refermèrent dans le vide. "Lincoln" Son coeur s'arrêta de battre, elle aurait juré l'avoir vu encore à son poignet dans le compartiment dans lequel elle était encore prisonnière quelques heures auparavant. Le jeune homme s'interrompit dans sa marche et la contempla d'un regard qui mit à nu toutes ses pensées.
"Ça va ?" Les traits de son visage se plissèrent dans l'inquiétude, ses sourcils froncés s'agitaient comme des chenilles sur son front.
"Mon élastique... Il a dû tomber... Non, non, non, je ne peux pas le perdre, pas lui aussi..." Octavia se mit à s'agiter dans ses bras, faiblement mais activement. Lincoln n'eut aucun mal à la maintenir dans ses bras
"Calme-toi ce n'est qu'un élastique" dit-il d'une voix plus posée
"Ce n'est pas que un élastique, Lincoln, c'est la seule chose qui me reste de mon frère ! Est-ce que tu peux comprendre ça ? La seule chose ! La seule et unique personne que j'aimais dans ce foutu monde ! Et maintenant Paf lui aussi il part !"
Octavia ne faisait que s'échauffer, mais voilà que les larmes commencèrent déjà à affluer.
" Qu'est ce que je vais faire ?" lui demanda t'elle d'une voix lasse.
Qu'est ce qu'ils allaient faire ? Qu'est ce qu'ils allaient devenir ? Ils étaient échoués, quelque part perdu dans une forêt qui s'étendait à perte de vue.
Seuls ? Ils en avaient tout l'air...ou pas...
Un sifflement retentit, à peine audible mais le bruit avait suffit à réveiller les instincts de Lincoln. Etait-il trop tard ? Sans doute, ses yeux demeurèrent rivés sur Octavia mais son regard glissa de la réalité, loin... très loin... La voix de la jeune femme sonnait comme un murmure qui le conduisit dans l'inconscience encore plus.
Qu'est ce qui venait de se passer ? Il l'ignorait. Qui est ce qu'il lui avait fait ça ? Il l'ignorait aussi.
1001001001001001001001001001001001001001001001001001001001001001001001001001
Crac. Bellamy s'arrêta au son. De grosses gouttes de sueur coulaient le long de sa nuque. Il tourna la tête pour écouter et un frisson lui chatouilla le dos. Il fixa son attention sur l'arbre en face de lui.
"Clarke ?" dit-il en s'en approchant d'un pas prudent. "Jasper ?"
Crac. Le jeune homme sauta de nouveau sur ses pieds et se retourna. "C'est pas drôle" dit-il d'une voix un peu plus tendue.
Son souffle était court et la sueur continuait à tremper son dos. Le temps s'allongea de plus en plus. Des simples minutes lui semblaient aussi longues que des années entières.
Si ce n'est pas Clarke, Jasper ou Monty, alors qui est-ce ? Ses pensées commençaient réellement à le trahir. Il en oublia presque un instant de respirer.
Ressaisis-toi Bellamy, c'est ce que tu es devenu ? Un trouillard ? Merde, non !
Ce n'est qu'un oiseau... Il s'engagea dans un sentier vers la rangée d'arbres en face de lui et s'apprêta à descendre une pente de quelques mètres.
Crac. Le même craquement l'interrompit encore. Mais il y avait quelque chose qui clochait, qui s'amuserait à le suivre dans les bois avec une discrétion digne d'un éléphant dans un magasin de porcelaine ?
Il capta une ombre du coin de l'oeil, un petit reflet blond éclairé par le soleil. Il n'avait pas besoin d'en savoir plus. Il s'arrêta en scrutant les bois les bras croisés.
"On fait une promenade dans les bois princesse ?" Cria t'il d'une voix à la fois creuse et forte.
Il tourna sur ses talons et une jeune femme blonde sortit de la zone d'ombre.
"Je ne te suivais pas... Je te cherchais juste" Elle s'épousseta les bras et se retourna en posant ses mains sur ses hanches. Il y avait vraiment quelque chose qui ne collait pas avec cette fille.
"Tu n'as pas le coeur à rester seule ?" Dit-il en injectant le plus de sarcasme possible dans ses paroles.
"J'ai le coeur à faire ce que j'ai envie de faire !" répondit-elle en illustrant ses propos en bougeant ses bras dans des gestes circulaires.
"Et me suivre en fait partit ?" Ils se rapprochèrent l'un de l'autre aveuglement en se toisant telles des bêtes sauvages se départageant un territoire.
"Sûrement pas" Clarke roula des yeux et se détourna de lui en lui tournant le dos.
Bellamy ne trouva donc rien de mieux à faire que de rentrer ses mains dans les poches de son manteau. Il ignorait quoi dire. Alors il ne dit rien. C'était plus simple comme ça. Il se remémora un instant l'arrivée sur l'île...
"Je pensais que tu étais partit" Dit-il
"Désolé de te décevoir." Répondit-elle avec la même voix sarcastique qu'il avait utilisé auparavant. Elle continuait à faire les cent pas devant lui, restant complètement indifférente à leurs proximités.
"Tu ne devrais pas être là ! " Souffla t'il agacé...
Elle haussa les épaules et lâcha un ricanement "Je te retourne la parole"
Bellamy se passa une main dans ses cheveux et expulsa toute l'air dans ses poumons en un long soupir comme il avait si bien l'habitude de faire dans ces moments .
"Est-ce que tu crois que je perds mon temps ?" demanda t'il finalement.
Clarke s'arrêta et le dévisagea d'un oeil méfiant.
"Depuis quand t'intéresses-tu à ce que je pense ?"
Bellamy n'avait pas de temps à perdre. Pourtant il se mit lui aussi à marcher, son impatience et sa frustration grandissante dans sa poitrine. Jusque là, il s'était toujours comporté comme un iceberg, ses états d'âmes enfouies sous la surface, laissant ses émotions au plus profond de son âme. Mais avec cette fille à ses côtés, il sentait qu'il n'allait pas pouvoir les retenir éternellement. Et d'ailleurs... Pourquoi le ferait-il ?
"Octavia, tu l'as pense morte n'est ce pas ?"
"Depuis quand ce que je pense à de l'importance pour toi Bellamy ?"
"Tu vas répondre à ma question à la fin ?!" Il passa sa main sur l'arrête de son nez, essayant de contenir ses nerfs.
"Mais qu'est ce que tu veux que je te dise ?"
"Tout ! Rien... !"
"En fait tu ne sais rien"
"Parce que tu sais mieux que tout le monde peut-être ? Tu es une privilégiée toi ! Née avec une cuillère d'argent dans la bouche !" Ça y est... Ses nerfs commençèrent à craquer.
"Redis-moi ça pour voir ?" Clarke décortiqua froidement chaque mot qui sortait de sa bouche pour y injecter le plus de venin possible.
"Brave princesse !" se moqua le jeune homme en prenant une posture ridicule pour illustrer ses pensées.
"Je ne sais même pas ce qui me retient de te frapper"
"Ne te gêne surtout pas" dit-il se s'approchant d'elle afin que leurs têtes ne soient qu'à quelques centimètres des unes des autres. "Frappes-moi !" Il l'a bouscula en arrière et continua à l'arborer d'un air menaçant.
"Réfléchis une seconde, veux-tu ?!" Si Bellamy n'allait plus tardé à exploser, Clarke quant à elle n'avait plus envie de contenir quoique ce soit. Il fallait qu'elle parle, il fallait qu'elle crie, il fallait qu'elle s'exprime.
"Mais qu'est ce que tu crois ?! Tu penses qu'il te suffit de partir, de courir, de crier Octavia dans toute l'île pour la retrouver ?!" Elle frappa la poitrine du jeune homme pour accentuer ses propos.
"Parce que tu es Bellamy Blake ? Le plus grand, le plus fort, le plus intelligent ?!" Cria t'elle en continuant à écraser son doigt contre son torse.
"Parce qu'il te suffit de claquer des doigts pour avoir ce que tu veux ?"
Elle s'apprêta à retenter l'expérience lorsque Bellamy intercepta son poignet. Il rapprocha son visage du sien, et l'a fixa d'un regard si intense qu'elle ne put détourner les yeux.
"Tu ne sais rien de moi ! Mais tu sais quoi Clarke ? Va te faire foutre !"
Il lâcha son bras tout en ignorant l'effet électrique de sa main sur sa peau et tourna sur ses talons.
"Je n'ai pas besoin de toi, ni de personne, d'ailleurs !" lui balança t'il sans lui laisser le temps de répondre, il prit d'assaut la descente qui s'étendait devant lui.
Mais pour qui se prenait cette fille ? Elle sait au moins qui je suis ? Je suis Bellamy Blake ! Il fracassa son poing contre la base d'un arbre et cria sous l'effet de la douleur. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. La tristesse, la pression, la douleur, la colère... Ce n'était pas un bon mélange.
Il envoya valser la première chose qui se trouva sous sa main le plus loin possible. Le morceau de bois heurta un arbre et retomba à côté d'un tissu... rouge ?
Son regard se rétrécit sur le petit morceau de couleur rougeâtre au sol et une poche d'espoir se forma dans sa poitrine. Et avant même qu'il décide de s'en approcher il savait - Il savait ce que cela signifiait. Ce tissu, Il l'aurait reconnu entre mille, cet élastique n'appartenait qu'à une seule personne dans ce monde. Et il était bel et bien la preuve qu'elle était vivante.
Derrière lui, le feuillage craqua sous le poids de d'autres pas. Et la tension qui avait disparu quelques instant dans ses veines revint aussitôt. Quand cette fille allait-elle le laisser tranquille ?
"Fous le camp !" cria t'il sans même se retourner.
Le feuillage continua à craquer sous des pas. Puis un SHHIIII. Et ensuite, le silence. Une sensation de picotement l'arracha de sa contemplation de l'objet.
"Qu'est ce que..." Il porta sa main à son cou et décolla de sa peau trempée une fléchette. "Mais..." Le monde se mit à tourner autour de lui, le sol ne tenait plus en place sous ses pieds qui cédèrent.
Quand il leva une dernière fois le regard, ses yeux se posèrent sur une jeune femme blonde - Clarke- entourée d'hommes à masques... de crânes ? Et sans qu'il puisse apercevoir leur visage une semelle s'abattit sur son champ de vision et tout devint noir.
~o~o~o~o~
Flash-back
Bip. Bip. Bip. Les gens couraient autour de Clarke, des cris fusaient, le monde se bousculait sous ses yeux.
Les personnes se piétinaient, se poussaient, se frappaient pour accéder aux premières sorties de secours. Certains y parvenaient et d'autres s'écroulaient sous le poids de la panique. C'était comme l'apocalypse, l'instinct de survie prenant le dessus sur l'humanité.
Les alarmes stridentes tiraillaient les oreilles de Clarke, l'eau des arrosoirs automatiques la mouillant de toute part. Elle glissa le long du couloir au sens inverse de la population et essaya de déverrouiller la porte en verre.
"Aller. Aller" s'impatienta t'elle en tapant sa main nerveusement contre le matériau fissuré.
Mot de passe refusé.
"Me laisse pas tomber maintenant" Elle continua à taper une autre combinaison les mains tremblantes.
Clic. L'entrée s'ouvrit en un bruit et Clarke pénétra comme une furie à l'intérieur du laboratoire. Elle saisit une sacoche et l'a remplit du maximum de chose qu'elle trouva à sa disposition. Des compresses, des seringues, des solutions,... Elle n'oublia pas de prendre un masque à oxygène et prit d'assaut la sortie avec une seule idée en tête.
La jeune femme se mit à courir en passant à travers les trous que laissaient les gens dans leurs luttes pour sortir du bâtiment. Les quartiers se vidaient à une vitesse lumière, et des centaines de personnes filaient dans tous les sens qui menaient aux différents sorties.
"Laisser passer les enfants" criait une vieille dame. Mais les gens continuaient à se piétiner et à s'entasser les uns sur les autres. Il n'y avait que leurs peaux qui comptaient. Des hommes, des femmes et parfois même des enfants gisaient au sol, incapable ou trop faible pour se relever après les violents mouvements de panique . Mais Clarke n'avait pas le temps de s'arrêter.
Elle continua à courir, courir, toujours plus vite. Elle descendit les plusieurs étages, elle traversa les différents couloirs éclairés seulement par les lueurs rouges des panneaux d'alertes. Passa une porte, puis en franchit une autre encore, déverrouilla, ouvrit...
Le laboratoire était un dédale de couloirs complexes et sombres mais Clarke y était tellement habituée qu'elle aurait put le faire les yeux fermés.
"Ne rentrez pas à l'intérieur" cria un ouvrier quand la jeune femme fut arrivée au seuil d'un compartiment mit en quarantaine. "Vous allez mourir" retenta l'homme en lui attrapant le bras.
"Si je ne rentre pas. On va tous mourrir !" Clarke s'arracha de l'emprise de l'homme et saisit la bande noire et jaune. Elle pénétra à l'intérieur et referma la porte derrière elle.
Son regard se posa sur les scientifiques qui s'activaient autour d'une sphère au milieu de la pièce. Puis elle se mit aussitôt au travail, elle sortit de son sac le matériel qu'elle avait récolté et le posa bruyamment sur la table en fer.
"Clarke ? Qu'est ce que tu fais ici ?" retentit une voix féminine derrière elle. La jeune femme se retourna et fut brusquement attirée dans une étreinte.
"J'ai trouvé ce que tu m'as demandé maman." Dit elle alors que sa mère caressait doucement ses cheveux.
"C'est bien, dit-elle en posant sa tête sur le dessus de la sienne. On va pouvoir retarder le processus de destruction." Abby recula et écarta deux mèches de son visage "Tu as pris le masque à oxygène que je t'ai demandé ?"
La jeune fille hocha la tête et sortit de sa sacoche l'objet en question.
"Je veux que tu le mettes et sorte le plus vite d'ici d'accord ?" lui dit-elle d'une voix ne laissant transparaître aucune émotion.
"Quoi ?" La voix de Clarke prit une toute autre octave et en seulement quelques secondes, la jeune femme s'était arrachée de l'emprise de sa mère et l'arborai d'un regard incrédule.
" Mais c'est absurde je ne pars pas sans vous ! Non maman tu ne me feras pas ça !" cria t'elle pour couvrir le brouhaha des gens tout autour d'elle.
"C'est trop dangereux, Clarke ! Il est hors de question que tu restes" Abby tenta une nouvelle fois d'attraper les mains de sa fille mais elle se dégagea aussi vite de son emprise.
"Mais je peux aider. Je peux me rendre utile ! Elle hurla en illustrant son point de vue avec de grands gestes des bras. S'il te plaît laisses-moi rester, je veux rester !" Lui plaida t'elle les yeux larmoyants.
"Non Clarke tu ne peux pas sauver tout le monde !" Ses paroles transpercèrent Clarke droit au coeur et l'obligea à faire quelques pas en arrière pour reprendre son souffle. Quand elle reprit la parole ce fut avec une voix cassée et un regard trahit.
"Et je fais quoi ? Je vous abandonne toi et papa et ensuite ? Merci pour tout et en revoir ?"
"Clarke, Abby ferma les yeux et inspira fort, ne m'obliges pas à te faire sortir de la manière forte"
"Il est hors de question que je vous laisse"
"Clarke je t'en prie..." Sa voix s'affaissa, c'était si dur. "Cette chose va exploser, dit-elle en pointant la sphère au milieu de la pièce d'une main tremblante, elle va libérer des gaz si toxiques qu'on en ignore même les conséquences. Il y aura des victimes, beaucoup de victimes. Je ne veux pas que tu en fasse partie. Alors s'il te plaît va t'en"
"Je suis désolé" Clarke croisa les bras et s'appuya contre la table en face d'elle.
"Moi aussi" répondit Abby, elle leva son bras et appela le vigile. " Amenez ma fille à la cellule de sécurité et faites en sorte qu'elle ne revienne pas"
"Quoi ? Mais maman !" La jeune femme recula les yeux écarquillés en regardant un homme barbu s'approcher d'elle. "Ne me touchez pas, cria t'elle à son égard en ramenant son bras contre elle, maman s'il te plaît !"
"Je suis désolé, Clarke, je t'aime" Abby tenta de se rapprocher mais elle recula d'un autre pas. "Ne me déteste pas, mais je dois le faire" Elle continua à avancer et cette fois-ci Clarke ne refit pas d'autres pas en arrière, Abby en profita pour lui planter un baiser sur le front et se retourna.
"Vous pouvez y aller Kane." dit-elle le plus fermement possible.
"Non ! Lâchez-moi !" Clarke recommença à se débattre de plus bel, en marquant de ses griffes et en frappant de ses poings le visage du garde pour l'empêcher de mettre ses bras autour d'elle. "Maman !" cria t'elle "S'il te plaît !". Abby ferma les yeux et s'obligea à marcher droit devant elle sans se retourner.
"Retournes-toi ! Ne me laisses pas !"
Je suis désolé, Clarke mais c'est pour ton bien, pensa la femme.
"Je vous retrouverai ! Je reviendrais !" Hurla Clarke de ses dernières forces avant qu'elle ne se laisse d'épuisement mettre le masque sur son visage.
Elle n'empêcha même pas les larmes coulées, elle se laissa entraîner par le vigile à la sortie du bâtiment jusqu'au souterrain plus loin. Puis il y eut une explosion et puis plus rien.
Fin du flash-back
"Clarke !" "Clarke, réveille-toi !"
Peut-être que si la jeune femme faisait la morte la personne arrêterait de l'appeler. Clarke décida d'observer à travers ses yeux plissés les alentours.
Et il était là, aussi désorienté qu'elle - aussi drogué qu'elle- il n'était qu'à quelques centimètres, tout proche, mais son visage était indistinct dans la pénombre. Mais elle l'entendait souffler, haleter. Si bien que la jeune femme s'efforça de contrôler son souffle, mais le produit qu'on lui avait injecter rendait sa respiration rauque et aussi bruyante qu'une tondeuse à gazon.
Il continua à avancer à tâtons vers elle et Clarke se retrouva piégée à son propre jeu, si elle se levait elle serait démasquée et si elle restait... Elle serait démasquée aussi. C'est ce qui s'appelait avoir l'embarras du choix !
Il s'agenouilla à côté " Clarke" Elle sentit une main froide se pressée contre son front, contre sa gorge certainement à chercher un pouls. Qui pouvait bien lui caresser la joue ?
"Clarke tu as juste besoin de te réveiller" L'homme continua à lui parler d'une voix creuse, il dégageait une odeur qui ressemblait à un mélange de sueur et d'eau salée avec une toute petite touche de parfum masculin.
Elle avait déjà sentit cette odeur, elle en était sûre. Elle avait déjà entendu cette voix. Si seulement elle pouvait juste voir son visage.
Le type continua de parler à son attention, lui murmurant sans cesse le nom Bellamy.
Bon Dieux ! Que sa tête lui faisait mal, elle devait sûrement délirer à cause du produit, elle n'arrivait pas à réfléchir à moins de se brûler plusieurs neurones à la fois.
Durant les plusieurs minutes qui suivirent elle continua à ignorer le fait qu'elle connaissait ce prénom. Il n'y avait pas moyen d'essayer de donner un visage à ce nom à moins de faire face à un terrible mal de tête. Peut-être qu'il serait plus facile d'ouvrir les yeux et de constater par elle-même.
Fais la morte.
Elle sentit sa lèvre inférieure trembler, comme si elle allait fondre en larmes. Ses yeux brûlaient, et elle se mordit la langue pour ne pas laisser éclater un sanglot. Elle se força à ne pas ouvrir les yeux.
"Clarke, tu es une horrible menteuse. Je sais que tu m'entends."
Est ce qu'elle est a ouvert les yeux ? Est-ce qu'elle a même échangé un mot avec l'inconnu ? Elle ne s'en souvenait pas... Tout s'est passé très vite, une porte s'est ouverte et la lumière les a tous aveuglés. Clarke ne voyait plus rien.
Elle cligna des yeux, des clignement de fractions de secondes qui exposaient ses pupilles à d'horribles rayons de soleil qui lui brulèrent la vue. La sensation lui provoqua un choc et tout lui revint. L'accident, les hurlements, les pleurs, les prières... Tout, absolument tout. En passant du visage de Bellamy à celui de l'hôtesse de l'air. Les souvenirs l'accablèrent comme un énorme poids sur les épaules...
Deux mains invisibles l'a soulevèrent du sol et l'a trainèrent à l'extérieur. Dehors, le vent glacé l'agressa comme une lame de couteau, le froid mordant ses joues. Sa gorge lui brûlait, sa bouche était sèche et elle avait l'affreuse sensation de peser une centaine de kilos, au minimum. Comme si son corps entier flanchait sous le poids de la culpabilité, de l'épuisement et du choc.
Elle avait l'impression de se noyer dans un océan de lumière, ses jambes étaient réticentes à avancer si bien que les forces invisibles durent redoubler d'efforts pour l'empêcher de glisser au sol.
Puis enfin, une voix, ou plutôt -sa voix - surgit dans le silence qui l'entourait, elle s'y accrocha pour ne plus la lâcher.
"Clarke ! Mais lâchez-moi bordel !" cria Bellamy.
Elle l'utilisa pour se tirer de ce moment de torpeur et rebattit des paupières. Des ombres apparurent, des ombres gigantesques et des mains s'agrippèrent à elle, l'arrachant du sol et l'a jetant un peu plus loin. Elle trébucha sur plusieurs mètres avant d'être rattrapée par une autre paire bras.
Un sentiment étrange prit possession d'elle, on aurait cru qu'elle était devenue le jouet d'une bande d'animal qui s'amusait à la jeter, à la tripoter et la transporter comme un misérable morceau de plastique. Des bras se refermèrent sur elle et l'a relevèrent droite. Par réflexe, Clarke fléchit les genoux et se laissa s'effondrer au sol.
"Putain, mais qu'est ce que tu fais ? Ce n'est que moi"
"Bellamy ?" Clarke tourna la tête et les bras se resserrèrent autour d'elle pour la relever. " Qu'est ce qui se passe ?" Elle cessa de cligner des yeux et tourna la tête vers le jeune homme. Son visage se dessina vaguement dans sa vision, mais elle y reconnut ses cheveux bouclés, et les traits graves qui s'y dessinaient.
Bellamy baissa les yeux vers elle et demeura silencieux un petit moment. Il pencha sa tête en direction d'un groupe de personnes en face d'eux. " Je ne sais pas ce qu'on fait ici... Mais je pense qu'on ne va pas tarder à le savoir"
Une personne se détacha de la bande et son ombre emplit l'espace qu'elle traversait. Elle était grande, svelte, sa silhouette aussi carrée que si elle avait été taillée dans de la pierre. Ses yeux marrons menaçant les engloutissants tous les deux d'un seul regard. Des tatouages brillaient sur sa peau foncée à la lumière, des cicatrices blanches déchiraient sa peau à divers endroits sur son visage. Quand leurs yeux furent plus habitués au jour, ils virent ses lèvres s'étirées en un sourire qui vous faisait froid dans le dos.
Et c'était sans prêté attention à l'armure que portait la femme. Une longue panoplie légère accompagnée de bottes étincelantes et d'une... épée ?
"Vous savez qui je suis ?" leur demanda t'elle d'une voix profonde.
Ils secouèrent tous les deux la tête synchronisés. Comment pouvaient-t'ils le savoir ?
"Je suis Indra, chef de Tondc" Elle sortit son épée de son glaive et s'amusa à faire quelques mouvements avec, en les ignorant complètement. "Soyons honnête, que voulez-vous ?"
Bellamy renifla derrière elle " Partir me parait bien"
"Je repose ma question autrement. Que nous voulez-vous ?"
Clarke ne détourna pas le regard du sien même si la confusion commençait à s'immiscer de plus en plus dans son esprit.
"Nous, rien... commença t'elle. On veut juste rentrer chez nous" Elle leva ses bras devant-elle en signe de reddition. "Je sais que ça peut paraître fou mais on a eu accident d'avion, et nous sommes les seuls survivants "
Indra sourit ses traits s'étirant sur son visage, ses cicatrices prirent des formes étranges lui donnant l'air d'un animal.
Clarke se mordit la langue pour ne pas détourner le regard, elle ne devait pas avoir l'habitude de rire.
"Vous autres, les hommes de la montagne vous n'êtes vraiment pas original dans vos couvertures" La femme continua à rire froidement pendant quelques instants.
"Vos foutus collègues m'ont également dit la même chose il y a deux heures de cela"
Clarke sentit bondir Bellamy à côté d'elle. "Quels collègues ? Vous voulez dire qu'il y a d'autres survivants ?"
"Attendez, intervint Clarke, quels hommes de la montagne ?"
Alors ils n'étaient pas seuls sur cette île ?
Indra ne répondit pas, elle continua à faucher sa lame dans l'air.
Bellamy s'avança d'un pas et la femme en un éclair lui tendit son arme à la gorge.
"Fais un pas de plus et je t'égorges" Le jeune homme hocha la tête silencieusement alors que Clarke l'attira en arrière avec son bras libre.
"Je ne sais pas qui sont ces hommes, dit-elle, mais nous sommes juste des survivants, nous ne voulons que rentrer chez nous" Sa voix s'éteignit au fur et à mesure qu'elle parlait comme si elle ne croyait pas elle-même à ce qu'elle disait. Après tout, qui le ferait ?
La femme l'a scruta d'un oeil noir "Le problème avec vous, reprit-elle, c'est qu'on peut jamais vous croire"
"Vous voulez savoir ce que je pense de vous ?!" cria Bellamy. Clarke attrapa sa main et y planta ses ongles le plus fort possible. Ce n'était pas le moment d'aggraver les choses en laissant ses impulsivité prendre le dessus.
"Vous nous avez dit qu'il y avait d'autres personnes qui sont venues. Pourrait-on les voir ?"
Indra se remit à rire sèchement et le coeur de Clarke se resserra encore une fois.
"Oh ça oui ! Vous allez les rejoindre. Dans votre cellule."
"Quoi mais dans quelle cellule ? Mais c'est quoi ce bordel ?!" Arme ou pas arme, Bellamy en avait vraiment assez, finit les mensonges ou les choses à moitié dites. Il voulait savoir la vérité une fois pour toute, il s'approcha d'Indra tel un loup enragé.
"Bellamy" l'avertit Clarke. Trop tard, la femme à la peau colorée le frappa du plat de la main sur sa gorge, pile sur sa pomme d'Adam. Il chancela, essayant de ne pas tomber.
Tout un éventail de douleur l'accabla, sa vue se troubla un instant et il redoubla d'effort pour ne pas flancher. Indra n'en avait cependant pas encore terminé avec lui, elle le saisit par les épaules pour lui faire face et le frappa au torse.
"Vous autres, vous ne comprenez toujours pas que franchir notre territoire est un acte de guerre. Je pourrais vous tuer tous les deux."
Elle lui donna un coup dans la poitrine de nouveau. "Vous nous faites pas pour le moindre du monde peur"
Encore d'autres coups sur son torse "La guerre n'a pas encore commencée... Mais elle est proche et vous allez perdre. Je serai la première à vous arrachez la tête sur le champ de bataille..."
Elle continua à le frapper à la poitrine jusqu'à que ses coups brûlent sa peau.
" Nous aimons la mort autant que vous aimez la vie. Rien ne nous arrêtera pas même vous" Elle cracha ses derniers mots au visage du jeune homme et le poussa brutalement par terre. Elle se retourna vers ses hommes et parla d'une langue que Clarke ne comprit pas.
La jeune femme en profita pour se rapprocher de Bellamy et l'aider à se relever. "Tu fais peine à voir" lui souffla t'elle.
Le jeune homme se mit à tousser son visage ruisselant de sueur et de sang. "La ferme !" grogna t'il "Laisse-moi m'en occuper" Il fit un pas en avant mais Clarke le stoppa une main sur son torse.
"Et si l'un des survivants pouvait être ta soeur" Chuchota-elle "Ça peut en valoir la peine"
Indra leur tourna le dos, et ses hommes les empoignèrent tous les deux et les emmenèrent vers une chaumière plus loin. Quand ils franchirent l'entrée, ils furent projetés à l'intérieur et la porte claqua derrière eux.
Et les voilà encore une fois dans le noir ! Enfin, pas totalement, une petite lumière luisait éclairant un peu les alentours. Bellamy ressentit comme une boule dans son estomac, était-ce de l'appréhension ou bien la peur de la déception ?
Ils avancèrent en tâtonnant vers la petite flamme, et elle était là... Elle était là au sol allongée contre un autre homme, il se figea et baissa la tête comme s'il n'y croyait pas. Son regard passa d'Octavia à Lincoln, de son visage strié de saletés et de traces de larmes à sa jambe blessée. Il contempla son nez, ses pommettes et ses joues... C'était bien elle. Il n'y croyait pas, c'était elle !
"Bellamy ?"
Sa bouche s'ouvrit et laissa en suspens la phrase qu'il avait préparé de toute pièce quelques temps plus tôt. Il s'avança ses jambes le portant plus vite que jamais, puis il arriva devant elle.
Octavia ne savait pas non plus quoi dire, pouvait-on encore espérer quant tout était perdu ? Elle pencha légèrement la tête pour mieux apercevoir son visage alors qu'il tripotait nerveusement quelque chose à son poignet.
"J'ai pensé que... Il se frotta le dos de sa nuque mal à l'aise, Je crois que c'est à toi."Ses genoux cédèrent sous son poids et il lui tendit l'élastique qu'elle pensait avoir perdu à jamais.
La jeune fille fronça les sourcils et secoua la tête comme si le garçon devant elle n'était qu'un tour cruel de son imagination. Quand elle rouvrirait les yeux, il ne serait plus là. Pas plus que la jeune femme qu'elle avait rencontré dans son taxi.
Bellamy quant à lui se recula comme s'il avait reçu un coup dans l'estomac. Il referma ses doigts sur le plastique, la boule dans sa gorge toujours présente.
"Octavia, c'est moi" dit-il d'une voix tremblante trahissant tous les sentiments qu'il avait refoulé jusque là.
Il s'en fichait de ce qui l'avait l'air, qu'il était déchiré, avec sans doute des cernes noires abominables qui se dessinaient sous ses paupières. Tant qu'elle le reconnaissait...
"Bellamy ?"
Les mots n'étaient pas quelque chose de bien maitrisé dans la famille, pas plus que montrer des marques d'affections. Néanmoins, Octavia s'arracha des bras de Lincoln et enfouit son visage dans le creux du cou de son frère.
Et là enfin, il put refermer ses bras autour d'elle, enfin il put sentir un soupçon de l'odeur de son shampoing qu'il n'avait cru jamais plus pouvoir savourer. Octavia, sa soeur était vivante et elle était dans ses bras.
Un rire de bonheur, ou bien de soulagement lui secoua les épaules.
~o~o~o~o~o~o
Il aurait aimé rester enlacé durant des heures et des heures mais ils avaient un problème, la jambe d'Octavia était dans un pitoyable état. Elle avait besoin de soin médicaux et son regard se posa directement sur Clarke.
"Tu n'es pas médecin ?"
La jeune femme hocha prudemment la tête, et ses yeux s'écarquillèrent quand elle réalisa ce qu'il lui demandait.
"Oh non non non non... Je ne peux pas faire ça ! Je n'ai jamais hospitalisé des cas de ce genre. Sans outils médicaux en plus, je ne peux rien faire"
"Dans ce cas arrange-toi pour en avoir" Il jette un coup d'oeil vers Octavia qui s'était reblottit contre Lincoln.
"Parce que je dois tout faire maintenant ?" Bellamy ignora sa remarque et chercha du regard quelque chose, n'importe quoi qui pourrait les aider.
Quant à Clarke, elle jeta un rapide coup d'oeil sur la blessure de la jeune fille. Elle écarta les petits pans déchirés de son pantalon et observa la plaie béante. Elle esquissa une grimace, elle tira alors d'un coup sec sur le plus gros morceau de fer et les cris d'Octavia résonnèrent dans la pièce.
Bellamy revint au pas de course avec dans la main un couteau qu'il lui tendit.
"Mais qu'est ce que t'as fais ?"
Clarke lui jette un rapide coup d'oeil et saisit la lame sans dire un mot.
"Je vais faire, ce que je dois faire" Bellamy se tourna vers Clarke et se pencha alors vers elle pour lui murmurer :
"Si tu blesses ma soeur, je t'assure que je te planterai moi-même ton morceau de fer dans le coeur"
La jeune femme s'arrêta dans son mouvement stupéfaite. Toutefois elle arqua un sourcil et lui répondit de la même voix solennelle qu'elle utilisait à l'hôpital:
"Le seul moyen pour que ta soeur arrête de se vider de son sang est que je fasse quelque chose avec ce que tu appelles si bien un morceau de fer. Alors ferme-là et laisse-moi faire mon travail."
Bellamy ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son n'en sortit, alors il décida de la refermer sans ne rien dire.
Il se contenta de regarder la jeune femme s'agenouiller et déplier doucement la jambe d'Octavia qui s'enfonça davantage dans les bras de Lincoln. Les dents du jeune homme grincèrent, qui est ce mec ?
Clarke leva son regard vers l'homme concerné. "Il va falloir que tu la maintienne immobile et quant à toi, dit-elle en s'adressant à Octavia, il va falloir être forte"
Elle saisit le couteau et la jeune fille se crispa quand la lame prit contact avec sa peau.
"Bellamy..." couina Octavia.
Le garçon accouru aux côtés de sa soeur et lui tint la main pour ne plus la lâcher.
"Chuuuut. Ça va aller. Il faut que tu restes calme... " Son regard croisa rapidement celui de Clarke, il était livide, et son corps entier tremblait.
Elle ramena ses yeux sur la blessure s'efforçant de se concentrer ,elle avait la forte impression qu'elle assistait à un moment intime auquel elle n'était pas conviée.
"Je suis là" entendit-elle vaguement. Ses mains tremblaient manquant de faire déraper le couteau, et cette fois-ci quand elle releva son regard, ce fut celui de Lincoln qu'elle croisa. Il hocha la tête doucement et la poussa à continuer. Aller Clarke...
Elle enfonça davantage la lame dans la peau en ignorant le cri de douleur de la jeune fille, plus vite se serait fait, plus vite se serait finit. " Accroches-toi Octavia, j'ai presque terminé".
La douleur était trop forte, elle tiraillait son corps de partout. Sa tête, sa poitrine,... partout. Octavia se tapa la tête contre la poitrine de Lincoln, et hurla comme une bête à l'agonie. Bellamy se retint de couvrir ses oreilles.
D'une certaine façon c'était pire que de la penser morte. Il continua à cramponner sa main, à côté d'elle et jeta un coup d'oeil à Clarke. La jeune femme continuait ainsi, laissant du sang coagulé couler sur sa main droite. A l'entendre hurler ainsi, on aurait cru qu'ils assistaient à son propre assassinat.
Non, ce n'est pas encore terminé, ce n'est que la première partie du chapitre. Parce que j'ai beaucoup pensé à vous (et que j'ai un problème avec mon ordinateur), la deuxième partie est directement publiée. Je tiens à m'excuser pour les fautes d'orthographes que je ne peux pas corriger pour l'instant et aux erreurs de tournures de phrases. J'espère néanmoins que cette partie vous a plu et j'espère que celle qui suit le fera encore plus ! Allez, je vous vois de l'autre côté ;)
