Chapitre 5: Si seulement je pouvais lui manquer
La première nuit est toujours la plus dure. Les plus faibles craquent rapidement. Ils pleurent, réclament leur mère, supplient de les laisser sortir, en vain. Ceux là vont rapidement devenir la cible de tous les autres, des forts, de ceux qui ne montrent aucun signe de faiblesse. Ces derniers s'en amusent, en rigolent, les poussent dans leur dernier retranchement, remuent le couteau dans la plait. La vie en prison n'est pas comparable à une colonie de vacances. C'est un monde sans pitié, de violence, confiné dans un espace réduit. La privation de liberté n'est qu'un aspect parmi tant d'autre, et pas forcément le plus difficile à vivre. Il y est presque impossible de garder un peu d'intimité, la pudeur n'a plus sa place ici. En plus il y a une certaine promiscuité du à un manque flagrant de place, les repas peu copieux et pré-maché, prédigéré, sans oublier les barrages fréquentes entre les détenus. Lucius Malefoy n'avait pas l'intention de faire parti des victimes. Il en était hors de question. Il n'accepterait de recevoir des ordres de personne, pas qu'il qu'on ne pourrait s'en prendre à son intégrité physique, psychique, mentale. Dès le début de son séjour il ne montra aucune faille, ni défaillance. Son attitude, son arrogance, son assurance, ont fait de lui une personne à craindre. Et les autres avaient donc de bonnes raisons d'avoir peur de lui. Cette idée lui plaisait. Il se sentait important et il l'était.
Ce qui ne l'empêchait pas d'attendre que son maître lui vienne en aide. Qu'il le fasse sortir rapidement d'ici. Pas un moment il ne douta, il était sûr de s'évader un jour. Il ne pouvait pas rester enfermé, car il était d'aucune aide envers Celui Dont On Ne Doit Pas Dire Le Nom. Lui seul était assez malin et fort, pour donner à son clan la victoire finale. Sa situation n'avança pas, puisque deux mois après son arrivé, il était toujours présent. Pourtant, il continuait à y croire. Pas un instant il ne doutait de la parole de Voldemort. Un jour, il serait de retour à la vie. Libre de se venger de ceux qu'ils l'ont fait enfermer. Quant à son fils, il lui réservera une surprise. Il allait lui faire regretter de lui avoir tourné le dos, et d'avoir voulut jeter la honte sur sa si honorable famille.
Le jour J arriva enfin. L'évasion fut spectaculaire et à la hauteur de ses espérances. Sa libération allait bientôt faire couler beaucoup d'encre. Tremblez pauvre imbécile qui avait osé vous mettre à travers de mon chemin. Je serais sans pitié. Et sur ce point, on pouvait lui faire confiance.
Une fois dehors, il fut conduit chez son maître. Ce dernier avait certes un peu tardé, mais il avait tenu sa promesse, et réussit avec une facilité déconcertante. Afin de prouver sa gratitude, et son humilité, envers celui dont il devait tout, il se mit à genoux face à lui. Il espérait en secret reprendre la place qui était la sienne. Aucun autre ne la méritait, ne pouvait prétendre à la place du chef des armés, d'être le bras droit du chef inconstatable.
_Allons mon ami, relève-toi.
Le cœur de Lucius battait de plus en plus vite tellement qu'il était heureux. Voldemort le traita comme son égale. Rien n'aurait pu lui faire plus faire plaisir.
_Je vous remercie maître, dit-il.
_Tu peux, tu peux. J'ai du prendre de gros risque pour toi. J'espère que cela en vaut vraiment la peine.
_Je ferais tout pour vous le prouver. Demander et je ferais tout ce que vous voulez. Vous pouvez me faire confiance.
_J'y compte bien. Mais n'oublies pas le sort que je réserve à ceux qui ne se montrent pas à la hauteur.
Aucune chance que cela lui arrive. Comment ne pas s'en souvenir? Le moindre faux pas, était immédiatement et sévèrement puni, pour l'exemple. Il avait même assisté à une exécution. Il eu beaucoup du mal à s'en remettre et en avait perdu le sommeil pendant un temps. Il ferait donc tout pour ne jamais vivre ça, pour ne pas mourir dans d'atroce souffrance.
_Aucun risque mon bon maître. Comment vous puis-je vous prouver ma gratitude?
_Donne-moi ton fils.
_Draco?
_Oui Draco. À moins que tu en aies d'autres enfants dont tu m'aurais cachés l'existence?
_Oui.. Non non, mon maître. Je n'ai qu'un seul fils.
_Ta première mission est simple. Tu vas devoir le chercher dans son école. Ensuite tu me le ramène directement. Il est temps de reprendre son éducation en main, et lui faire oublier toutes les sottises que Dumbledore lui a mises en tête. Surtout qu'il est le l'un des plus prometteur de sa génération. Fais très attention, il se peut qu'il se montre bien meilleur que toi, et qu'il prenne ta place à mes côtés.
_Vous lui faites un si grand honneur maître. Mais s'il refuse de me suivre, que dois-je faire?
_Aurait-il une raison de le faire? Qui pourrait refuser une telle opportunité?
_Dumbledore a une très mauvaise influence sur lui. Il ne doit plus savoir où il en est, depuis que je ne suis pas là pour m'occuper de lui. Il pourrait avoir des doutes sur notre bien-fondé.
_C'est donc une raison supplémentaire pour le faire sortir rapidement de ce milieu malsain. À toi de trouver les arguments pour qu'il te suive bien gentiment.
_Et si je ne les trouve pas?
_Alors tu devras le tuer. Soit-il est avec nous et il vit. S'il n'est pas avec nous, c'est qu'il est contre nous, alors il doit mourir. Il est hors de question qu'il puisse se retrouver dans l'armée de l'ennemi.
_Le tuer? Il est encore si jeune. Comment pourrais-je?
_Cela ne t'a jamais posé de problème dans le passé. Maintenant à toi de te montrer assez convaincant pour qu'il te suive de son plein grès. Cela ne doit pas être si difficile que ça.
_Oui.
_Le feras-tu?
_Oui. Vos désirs sont mes ordres.
Voldemort avait de grand projet envers son nouveau disciple, le jeune Draco Malefoy. Ce dernier était parfait, tant par son sang, un des plus pure au monde, que par son intelligence, et sa maîtrise de ses pouvoirs. L'échec n'est pas envisageable. Le rôle de Lucius se limitait à ramener son fils. C'est uniquement pour cette raison qu'il l'avait fait sortir de prison. Une fois que le vrai successeur sera opérationnel, le père serait de plus aucune utilité, et il devra disparaître de la surface de la terre. Il aurait le même sort s'il échouait. La seule différence était comment il allait mourir. Rapidement sans souffrance, ou lentement dans la douleur. Dans l'absolu, le premier choix était le mieux.
L'évasion de Lucius Malefoy fut connue dès le lendemain. Les journaux en firent leurs choux gras, et tous en faisaient leur première page. Quiconque aurait vu la photo et le titre de l'article, n'avait pas besoin de le lire pour savoir de quoi il s'agissait, ainsi que des conséquences que cela allaient avoir. L'interprétation était par contre différente, selon que l'on se place du côté du seigneur des ténèbres ou celui de Harry Potter. Draco quant à lui se réfugia dans le déni. Non cela ne se pouvait pas, il était en plein cauchemar et se réveillera dans peu de temps. Les paroles de ses soi disant ami, l'aidèrent à le faire plus tôt.
_Draco. C'est une super nouvelle. Tu dois être content ?
_De quoi me parles-tu?
_Mais de ton père voyons.
_Mon père?
_Oui, Il n'est emprisonné.
_Comment ça? Il ne devait pas rester en prison pour vingt ans? Il aurait été libéré plus tôt que prévu.
_Mais si tu le sais. Tu veux me faire marcher.
Il est pourtant rare d'avoir une réduction de peine aussi tôt. Cela n'était jamais arrivé après une période aussi courte de deux mois. Draco était effectivement au courant, il espérait juste avoir mal lu, ou que les journaux se trompent. Ce n'était ni l'un, ni l'autre.
_ Oui, c'est tout à fait ça. Bien sûr que je le savais. Répondit-il sans aucun enthousiasme visible. Par Merlin je suis foutu, pensa t'il.
Il avait bien raison de ne pas être rassuré par cette nouvelle. Un jour ou un autre il devra tenir tête une fois de plus à son père. En aurait-il de nouveau de courage de le faire?
_Cela fait déjà deux jours. Il est entré en contact avec toi?
_Pas encore.
_Tu dois être content. Moi je le serais dans ton cas.
_Tu ne peux pas t'imaginer à quel point je suis heureux. Mais en plus il remue le couteau dans la plaie. Que vais-je faire quand il va venir me chercher
_Draco tu n'as pas l'air bien tout d'un coup. Ça va aller?S'inquiéta Goyle.
_Oui, oui. Je vais bien. Je dois avoir un peu faim.
_Ce n'est pas étonnant. Tu n'as encore rien mangé ce matin.
Comment aurait-il pu toucher son assiette? Il avait perdu son appétit. Cela était du à une boule qu'il lui restait sur l'estomac. Il avait aussi des nausées, respirant avec la plus grande difficulté. Le mieux pour avoir la paix et de ne pas mettre la puce à l'oreille à ses soi disant ami, il fit semblant de s'alimenter.
_Ne t'inquiètes pas tu ne risques rien. On te protégera, nous.
_Merci mes amis. Je savais que je pouvais compter sur vous.
Mais sa joie fut de courte durée quand il s'aperçut que ce n'était pas de son père qu'il serait protéger. Il venait de regarder son emploi du temps. Le retour à la réalité fut douloureux. Son premier cours de la journée, était soins aux créatures magiques. Et dans ce cours, il y avait eu beaucoup de blessé dans les élèves, et par chance pas encore de mort. Mais cela pouvait changer rapidement. Mais qui avait eu l'idée de donné un poste avec autant de responsabilité à un simple garde forêt? Hagrid était un peu leur idiot, en plus il était inconscient du mal qu'il faisait aux autres. La protection si gentiment proposé, était sûrement contre une des nouvelles trouvailles aussi dangereuses et farfelues que le professeur aurait eues. Dire qu'il avait cru un moment que ses soit disant amis avait compris ses craintes. Réagit bon sang. Ils n'ont jamais été tes amis. Finalement père avait raison. Sans rien dire, il se leva soudainement de sa chaise, puis il quitta sa table en courant, sans adresser un mot, ni une parole, à ses camarades.
Depuis sa place, à la table des Gryffondor Harry avait remarqué l'étrange comportement de Draco. Il a même cru le voir pleurer en sortant de la grande salle. C'était la première fois qu'il le voyait avec des larmes aux yeux. Il ne s'était pas attendu à ce que son pire ennemi puisse ressentir ce genre d'émotion. Cela le rendait presque humain.
_Harry? Ici la terre. Tu peux revenir avec nous, lui fit remarquer Hermione.
_Pourquoi me dis-tu ça?
_Je ne sais pas. Peu être parce que tu n'as pas lâché Draco du regard depuis que tu es arrivé. En plus tu nous ignores et tu ne nous as pas adressé la parole.
_Non. C'est juste que je suis surpris de le voir pleurer. Ça me fait de la peine de voir que personne ne fait rien pour lui. Je devrais peut-être allait le voir.
_Qu'est-ce que ça peut te faire?
_Rien. C'est juste que je n'aime pas le voir dans cet état.
_Ce n'est pas mon cas, s'indigna Ron. Moi, c'est tous les jours que j'aimerai le voir comme ça. Tu n'as aucune raison d'avoir pitié de lui. Ce qu'il lui arrive, il l'a bien cherché, non? Après tout le mal qu'il a fait aux autres.
_Qui es-tu pour te permettre de le juger? Tu penses vraiment être mieux que lui, pourtant tu te comporte en ce moment, de la même façon que lui.
_Pourquoi prends-tu sa défense?
Dire qu'il n'y a pas si longtemps que ça, Harry aurait été le premier à se moquer ouvertement de son pire ennemi.
_Parce qu'il est malheureux, et que personne ne s'en préoccupe et ne fait rien pour lui venir en aide.
_Ce n'est pas une raison. Ce n'est pas à toi de le faire.
_Et si j'en ai tout de même envie?
_Tu ne devrais pas. Il n'est pas ton ami.
_Je ne risque pas de l'oublier, après ce qu'il a dit pendant le cours de défense contre les forces du mal. Je ne cherche pas son amitié, juste à lui venir en aide. Rien de plus.
_ À t'écouter parler, on pourrait croire que tu l'aimes.
_Moi? L'aimer? Tu dis n'importe quoi. On n'est jamais d'accord. On se dispute tout le temps.
_Jeux amoureux.
_Mais…non…pas du tout.
_Tu me rassures. Ce serait vraiment naturel.
_Comme ça, pas naturel? C'est quoi le problème?
_Le problème?C'est être attiré par quelqu'un du même sexe que soi. Je n'ose même pas imaginer. Un homme nu dans le lit d'un autre homme nu lui aussi, et qui jouent à la bête à deux dos. Intéresses toi aux filles, Cho par exemple. C'est une gentille fille et en plus elle est belle.
_C'est plus normal que je me retrouve nu dans le lit, avec une fille nue elle aussi, et on peut même jouer à la bête à deux dos. C'est ça la normalité pour toi?
_C'est normal pour tout le monde. C'est bien comme ça qu'on fait les enfants?
_Pour le moment, je ne veux pas d'enfant. Et puis je ne peux plus sortir avec Cho. On est trop différent, et je ne peux pas pardonner à son amie de nous avoir trahit.
_Je pense que vous étiez fait l'un pour l'autre.
_Pas moi. C'était juste une passade, elle ne m'a jamais vraiment aimé non plus. Pourquoi tu ne sors pas avec elle toi ?
_Tu n'as rien fait non plus pour qu'elle t'aime. Je suis sûr que si tu fais des efforts, tu pourrais la reconquérir.
Ron était gentil, mais il n'avait pas à se mêler de ses affaires de cœur. Bon d'accord, il ne savait plus où il en était. Il ne savait pas comment interpréter les sentiments étranges qu'il avait envers Draco. Et sur ce plan Ron ne l'aidait pas vraiment. Il écourta son petit déjeuner, il avait assez mangé ce matin. Il se leva et quitta précipitamment la grande salle.
_Harry, pourquoi tu pars? J'ai dis quelque chose de mal?
_Ce que tu peux être empoté, mon pauvre Ron s'exclama Hermione. Tu sais bien pourquoi il a rompu avec Cho. Il ne se passera plus rien entre c'est deux là. Laisse-lui le temps de faire le point dans sa vie sentimentale. Il a peut-être besoin de faire de nouvelles expériences.
_Coucher avec un homme? Pour toi se serait une nouvelle expérience?
_Si cela peut le rendre heureux, pourquoi pas. Tu ne penses pas qu'il ne mérite pas un peu de bonheur après tout ce qu'il a vécu ?
_Si, mais pas de cette façon.
En sortant de la salle, Draco entra en collision avec Dumbledore.
_Draco? Fais un peu attention où tu vas.
_Veuillez m'excuser monsieur le directeur.
_Ce n'est pas bien grave. Tu n'as pas l'air dans ton assiette ce matin.
_Je vais pourtant très bien.
_J'ai pourtant eu l'impression que tu pleurais. J'ai dû me tromper.
_J'ai attrapé une poussière dans l'œil.
Draco espérait être assez convaincant pour que le vieil homme le laisse tranquille.
_Tu as appris pour ton père. Tu crains qu'il vienne s'en prendre à toi?
_Mon père ne me fera jamais de mal. Je n'ai pas à avoir peur de lui.
_Ce n'est pas ce que me dit ton corps. Tu es effrayé. C'est normal, il ne recule devant rien pour satisfaire ses ambitions.
_De toute façon, vous ne pourrez rien faire pour moi. Vous consacrez tout votre temps libre à protéger ce Potter.
_Certes j'admets que mon emploi du temps est très chargé. Mais je pourrais me libérer un peu pour toi. À moins que tu préfères que ce soit le professeur Rogue qui assume ta protection. Tu t'entends bien avec lui.
_Je suis assez grand pour me débrouiller tout seul. Je n'ai besoin de personne pour assurer ma protection.
_Tu ne l'es peut-être pas assez pour affronter ton père. Tu es bien placé pour savoir combien il est puissant.
_Oui. Et je pense n'avoir pas besoin d'aide, de qui que ce soit.
_D'accord, je n'insiste pas. Tu as l'air sûr de toi, et c'est ton droit de refuser. Saches cependant, que si tu changes d'avis, tu pourras venir me voir.
_Je ne changerai pas d'avis. Mais pourquoi je ne peux pas lui dire oui. Pourquoi je n'arrive pas à lui demander de l'aide ? Il devrait me forcer à accepter, mais non il accepte,… mais… non il s'en va.
Draco se retrouva de nouveau seul au seuil de la porte. Il était toujours seul de toute façon, même lorsqu'il était avec les autres. Cela ne changerait pas, comme si tout était fait pour que cela ne change jamais.
_Les enfants, écoutez moins bien attentivement, ce que je vais vous dire est d'une extrême importance. Si vous ne le faites pas, vous risquez de recevoir des grosses blessures…
Malgré l'importance des propos d'Hagrid, Harry ne l'écoutait pas. Déjà parce qu'il disait toujours la même chose au début de tous ses cours, et aussi parce qu'il était trop occupé à chercher Draco parmi les autres. Pourquoi n'était il pas venu? Où pouvait-il être en ce moment ? Il n'était pas le seul à se poser cette question. Grabbe, Goyle et Parkinson aussi, puisqu'ils ne parlaient que de ça. Cette conversation semblait plus intéressante que le bla bla discontinue de son professeur. Discrètement, il se rapprocha afin de ne rater aucune miette. Peut-être apprendrait-il quelque chose.
_Draco n'est toujours pas là. Vous devez bien savoir pourquoi, vous étiez avec lui pendant le petit déjeuner, demanda la jeune fille aux deux garçons.
_Non, il ne nous a rien dit. Je pense qu'il a eu peur d'être de nouveau agressé par une créature bizarre et dangereuse, lui répondit Crabbe.
Tous les trois jetèrent un regard sur ladite créature. Oui, il y avait de quoi avoir peur. Elle était moche, et avait, pour ne rien arranger, un air des plus menaçant.
_En tout cas, il est très content que son père ne soit plus en prison. Il va enfin avoir la chance de se faire initier et de devenir un mangemort. J'aimerais moi aussi me faire repérer par le maître, tout comme lui.
_Faut pas rêver les garçons, répliqua Parkinson. Comparé à lui, on n'est pas grand chose. Et ne parlez pas si fort que ça, on pourrait nous entendre.
_Pourquoi? Personne ne fait attention à nous. Le voilà.
Heureusement pour Harry qu'il savait se montrer discret pour écouter ce qu'il ne devait pas entendre. À force de le faire, il avait appris à le maîtriser. Son regard alla jusqu'à Draco qui s'avançait vers eux. Il était accompagné de Thomas. Mais que faisait-il ici? Il n'avait pas lui aussi un cours à donner. Rien d'étonnant qu'il soit en retard, s'il passait son temps à se promener dans le parc.
Hagrid se retourna. Le dernier élève de sa classe daigna à les honorer de sa présence.
_Tu es très en retard. Je vais devoir te punir pour t'apprendre la ponctualité. Vingt points de moins et une retenue de deux heures.
Il n'aimait pas les Serpentard. Alors s'il pouvait les pénaliser, il le ferait. C'est pour cela qu'il était beaucoup plus sévère avec eux qu'avec n'importe quel autre élève.
_Bonjour professeur Hagrid, s'exclama Thomas. Je crois qu'on n'a pas eu le temps de se présenter.
_Ne vous donnez pas la peine. Je sais déjà qui vous êtes. Je n'ai pas envie d'en savoir plus. Ce que je sais c'est que vous n'auriez jamais dû quitter votre bureau.
_Faisons une impasse sur les présentations puisque vous me connaissez déjà. Je vais vous demander d'excuser le retard de Draco. J'avais à lui parler, et cela à prit plus de temps que je ne le pensais.
_Si c'est votre faute, c'est différent. Faut dire que vous excellez dans le retard.
_Que seriez-vous en train d'insinuer?
_Rien. Mais rien du tout.
_Puisque ce mal entendu est dissipé, je vais vous demander de ne pas lui retirer de point, ni de lui donner de retenu.
_Vous vous croyez tout permis parce que vous, vous avez eu la chance de naître dans une famille riche. Je ne suis pas dupe et pas aussi facile à manier que le directeur.
_Je ne pensais pas que vous me connaissiez si mal. Mais je vous prie de ne pas punir à cause de moi.
_Sur ce point je suis d'accord. Je ne vais pas le punir. Vous savez pourquoi? Parce que je vaux mieux que vous moi.
_Je vous remercie. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, je vous laisse faire votre cours. Au revoir.
_C'est ça au-revoir! Et ne revenez plus jamais me déranger.
Quelle mouche avait pu piquer Hagrid pour qu'il se montre aussi agressif envers un de ses collègues? Un collègue qu'il avait rencontré il y a peu de temps, ce qui ne l'empêchait pas d'en savoir beaucoup à son sujet. Quant à Thomas, il agissait comme si de rien n'était, comme s'il n'avait pas entendu les dernières paroles d'Hagrid. Pourtant il n'était pas si long, il avait dû les entendre.
Hermione le regarda partir, avec des étoiles dans les yeux. Il a le plus beau cul du monde. Elle n'était pas la seule à le penser.
_Monsieur Malefoy, vous ferez mieux de surveiller vos fréquentations à l'avenir. Je vais vous demander de vous mettre en binôme avec Harry.
Harry allait saisir la chance de se retrouver avec le blond pour lui parler un peu. Mais pas du contenu du cours, puisqu'il ne savait pas de quoi il s'agissait.
_Tu vas bien Malefoy? lui demanda t-il.
_Pourquoi tu me demandes ça Potter ?
_Je t'ai vu pleurer ce matin.
_Tu te préoccupes de moi maintenant? Et saches que je ne pleure jamais.
_Arrêtes de faire semblant. Je sais pour ton père.
_Tu ne sais rien du tout.
_Je sais qu'il s'est enfui de prison.
_C'est bien, tu sais donc lire. Mais ce n'est pas un scoop son évasion à fait la une de tous les journaux.
_Je sais aussi que tu le crains. Tu as peur qu'il vienne. Je peux t'aider.
_Non, personne ne peut m'aider, et sûrement pas toi. Il est trop puissant, tu ne pourras rien faire contre lui. Puisque tu veux tout savoir il veut faire de moi un mangemort, si je refuse il me tue.
_Et toi le veux-tu?
_Cela a t-il vraiment une importance?
_Bien sûr. Il s'agit de ta vie. Personne ne devrait t'obliger à faire ce que tu ne veux pas. Tu devrais en parler à Dumbledore.
_Il ne pourra pas me protéger de lui.
_Je vois. Monsieur préfère baisser les bras et se laisser tuer par son père, plutôt que de demander du secours. A quoi te servira ton orgueil si tu es mort?
_À qui cela fera-t-il de la peine? Contrairement à toi personne ne n'aime.
_À moi.
_Quoi?
_Moi j'aurai de la peine. Laisse-moi d'aider.
_Tu ne comprends vraiment rien à rien. Maintenant laisse-moi tranquille, et ne fait pas semblant de te préoccuper de mon sort.
Sur ce Draco parti du cours en courant, les larmes aux yeux. Mon père a raison je n'ai pas les qualités pour me faire des amis. Il me propose son aide et son amitié et pour le punir de m'avoir rejeté je lui dis des méchancetés. Et puis ça me servira à quoi de devenir ami avec Potter. Pour qu'il ait de la peine quand je serais mort. Dire que c'est mon pire ennemi qui se fait du souci pour moi.
À bout de souffle il s'arrêta de courir. À ce moment il entendit quelqu'un venir dans sa direction.
_Draco, je…
_Fiches moi la paix Potter.
_Potter? Mais pourquoi m'appelles-tu Potter?
En se retournant, Draco s'aperçut que ce n'était pas Harry qui était derrière lui.
À suivre chapitre 6: Fais comme tu veux.
Vous avez la parole si vous avez quelque chose à me dire.
Merci d'avoir lu ce chapitre
See you
