Chapitre 8: Je n'ai que nous à vivre ( Calogèro)
Que faut-il pour conquérir le monde? Il faut un chef, doué de charisme, et puissant. Un qui le soit suffisamment pour attirer vers lui le plus possible de disciples. Mais est-ce que cela suffit? L'histoire nous a prouvé à plusieurs reprise que non. Il est essentiel d'être un bon stratège, savoir faire les bons choix et au bon moment. Il était donc temps pour l'apprenti maître du monde de prendre une décision. Il devait remplacer au plus vite son ancien bras droit, Lucius. Il avait besoin d'un sorcier puissant, cruel, connu de préférence. Être secondé d'une célébrité, lui donnerait plus de crédibilité. Cela pourrait même convaincre les plus septique de faire de même.
Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour trouver la perle rare, celle qui correspondait parfaitement à toutes ses attentes et ses besoins. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à se montrer suffisamment assez convaincant pour qu'elle accepte de le voir et de lui parler dans un premier temps, et de le suivre dans un second. Pour cela il fit jouer quelques connaissances, qui connaissaient des gens, qui en connaissaient d'autres, ainsi que beaucoup d'argent et de pot de vin. Finalement, il réussit à entrer en contact avec elle, et pu convenir d'un rendez-vous.
Queudver, avait espéré qu'il pourrait être cette personne. Qu'il remplacerait Lucius, parce qu'il était le plus fidèle et le plus serviable de tous les Mangemorts. Ces qualités ne semblaient pas suffire au seigneur des ténèbres. Ce dont il avait besoin était un allié fiable, et avec un peu de chance, ce serait bientôt le cas. Il convoqua son sbire tôt ce matin là, il voulait le prévenir de son départ.
_Je vais m'absenter pour quelques heures. Ne profites pas de mon absence pour faire n'importe quoi. Je ne tolérerai aucun égard de ta part.
_Oui mon maître. Je ne vous décevrai pas. Où comptez-vous vous rendre?
_Je vais où je veux. Je n'ai pas à te rendre des comptes.
_Vous n'avez tout de même pas l'intention d'aller le voir? Ne faites pas ça, surtout ne faites par ça.
_Pourquoi je ne le devrais pas? Il est puissant, il ne connaît pas la pitié. Il nous le faut, un peu de sang frais ne nous fera pas de mal.
_Mais, moi aussi, je suis puissant et sans pitié. Pourquoi vous ne me laissez pas une chance de vous montrer ce que je sais faire.
_Queudver, tu ne peux pas te comparer avec lui. Toi tu es le bouffon de service, toujours le mot pour rire. Mais pour le reste comme la loyauté, l'intelligence, la puissance, là tu fais défaut. Je te garde plus par pitié. Alors s'il te plait ne me forces pas à me débarrasser de toi.
_On ne sait pas grand chose de lui, sauf qu'il a mauvaise réputation. Il pourrait vous faire du mal.
_Je suis assez grand pour me défendre. Il ne sera pas une menace pour moi. Je n'ai donc aucune raison de le craindre. Je sais parfaitement ce que je fais.
Ce qui n'empêchait pas Queudver de se faire du souci. Mais était-ce parce qu'il avait vraiment peur pour son maître, ou plutôt parce qu'il craignait de ne plus servir à rien, et de subir le même sort que Lucius?
_Maître, permettez-moi d'insister. Managua n'est pas quelqu'un que l'on assujettit facilement. S'il décide de vous suivre, ce sera uniquement dans le but de prendre votre place.
_Je dois prendre le risque
_Il est trop élevé. Je pense qu'une autre personne n'importe la quelle pourrait très bien faire aussi l'affaire.
_Tu me fatigues. Laisse-moi à présent. Je ne te savais pas aussi lâche. Mais de la part de quelqu'un qui a passé douze ans de sa vie sous la forme d'un rat, je ne devrai pas m'attendre de toi une quelconque bravoure.
De peur d'être en retard à son rendez-vous Voldemort arriva avec plus de deux heures d'avance. L'attente était longue, interminable, et cela accentué sa nervosité. Et s'il avait changé d'avis et qu'il ne venait pas, ou qu'il ne trouvait pas les mots pour le convaincre. Cela ne pouvait pas être ça.
Managua arriva enfin, après une demi-heure de retard. Chose qui ne reprocha pas Voldemort. Il ne tenait à vexer son nouvel ami, ni à mourir dans d'atroces souffrances. Le nouveau venu garda une certaine distance, tout en profitant de la pénombre, que lui offrait le sinistre paysage afin de ne pas dévoiler son visage.
_ tu me l'as demandé, dit-il avec mépris, je suis présent. Que me veux-tu?
_Je vous sollicite afin de vous m'accordiez votre aide.
_Mon aide? Vraiment ! Et pourquoi le devrai-je? Que me proposes tu de faire à part tuer des Moldus, des sangs de bourbes, et tous ceux qui sont contre toi? Tu crois que des activités aussi puériles peuvent m'intéresser? J'ai dû entendre que tu étais un sang mêlé. Et je ne parle pas avec des gens comme toi.
_Sachez que je vous suis reconnaissant d'avoir accepté de me voir malgré cela. Je pense qu'il est temps que le monde soit gouverné par ceux qui en sont dignes. Des gens comme vous. Il n'est pas normal de vivre caché à cause de nos différences. Il est temps de leur montrer à tous qui nous sommes, et ce que nous vallons vraiment. Il est temps de conquérir le monde. Mais seul je ne pourrai pas le faire, j'ai besoin de personne telle que vous.
_C'est à dire?
_Des personnes intelligentes et puissantes. C'est bien votre cas?
_Serais-tu en train de douter de moi?
_Non, non, pas du tout.
_Je veux bien reconnaître avoir une attirance pour le pouvoir. Et je suis d'accord avec toi, tu es bien trop faible, pour réussir ton plan tout seul. Non seulement tu n'as pas de bonnes idées, mais en plus tu es incapable de les appliquer. Ce qu'il te faut c'est de faire preuve de subtilité et d'un peu d'astuce aussi.
_C'est pour cela que j'ai tant besoin de vous à mes côtés. Et c'est humblement que je sollicite votre aide.
_Humble, tu peux l'être. N'oublies pas que le sang qui coule dans mes veines est pur. J'appartiens à la plus vieille et la plus puissante famille de sorcier. Alors si jamais j'accepte ton offre, je te demanderais une obéissance sans faille. Tu ne discutes pas mes décisions et que tu m'appelles maître, seigneur, ou mon roi. Ne cherches pas non plus à en savoir plus sur mon passé, ni à connaître mes faiblesses. D'ailleurs je n'en ai aucune.
_Je ferai tout ce que vous me demandez maître.
_Dis-moi, tu ne te servirais pas de moi comment appât pour faire venir Thomas Salinger à toi? J'ai cru comprendre qu'à un moment, tu le voulais dans ton équipe?
_Non, ce n'est pas ça maître Managua.
_Me prendrai-tu pour un imbécile? Je vois clair dans ton jeu. Si j'avais été à ta place, c'est exactement ce que j'aurai fait. Tu sais que je n'aime pas ça. J'ai le sentiment que tu essaies de me manipuler.
_Oui, j'avoue que son aide ne serait pas de trop, mais la votre est tout autant indispensable pour moi.
_Que tu es naïf ! Je suis sûr qu'il préférait mourir plutôt que de te suivre. As-tu oublié ce que tu lui as fait ?
_Cela fait si longtemps. Il ne doit plus y penser.
_C'est ce que tu crois.
_Alors accepteriez-vous mon offre?
Managua resta un long moment silencieux, comme s'il était en train de réfléchir à la proposition, qu'il pesait le contre et le pour.
_ Oui j'accepte. Je suis curieux de voir comment tu vas t'y prendre. En plus je n'ai rien à faire en ce moment, cela va m'occuper un peu.
_Je vous en remercie.
_Cependant j'ai une condition. Tu peux tuer qui tu veux, mais Thomas lui, tu vas me le laisser. C'est à moi, et à moi seulement que doit revenir le privilège de le tuer.
_Je vous assure que personne ne touchera un des ses cheveux, et que vous pourrez en faire tout ce qui vous plaira.
Finalement c'était plus facile qu'il ne le pensait. Managua n'était peut être pas aussi intelligent qu'on le dit. Il était bien naïf de penser pouvoir lui donner des ordres. Voldemort en reçoit de personne, sauf de lui même. C'est la tête haute qu'il retourna dans son repaire. Il venait de faire un grand pas décisif pour l'avenir.
C'est en courant que Hermione rejoignit ses amis dans la grande salle à l'heure du dîner. Elle avait passé toute son après midi, et le début de la soirée à la bibliothèque. Elle avait été bien la seule à avoir envie de travailler malgré le fait que tous les cours de la journée aient été annulé suite aux évènements tragique de la veille.
_Te voilà enfin. Mais où étais-tu cachée. Lui demandèrent ses amis.
_Je n'étais pas cachée. J'ai fait des recherches, beaucoup de recherche.
_Rien ne t'obligeait à le faire. Tu aurais pu rester avec nous chez Hagrid et à discuter.
_Non, cela ne pouvait pas attendre. C'était trop importance, je devais savoir.
Ce qui ne signifié rien, vu que tout était très important et urgent aux yeux de la jeune fille.
_Mais savoir quoi? Arrêtes de nous faire languir et dis nous plutôt sur quoi tu t'es planché et ce que tu as trouvé.
Harry et Ron n'avaient pas spécialement envie de le savoir. Mais ils ne voulaient pas contrarié leur amie, surtout que cela semblait lui tenir particulièrement à cœur.
_Je sais qui est l'ermite. Ca n'a pas été facile, et j'ai dû ouvrir beaucoup de livre, mais j'ai finalement trouvé.
_Le quoi? Demanda Harry.
_L'ermite.
_Bah moi je le sais, répliqua Ron. C'est un acteur français. Mon père en est fan.
_Moi aussi je connais Thierry Lhermitte. Mais ce n'est pas sur lui que j'ai fait des recherche.
_Sur qui? Pas le crustacé quand même?
_Non plus.
_Dans ce cas, je ne vois pas. Mais est-ce que c' est vraiment utile de savoir qui c'est? Je n'en ai pas la moindre idée, cela ne m'empêche de dormir la nuit.
_Ne te moques pas de moi. Si je l'ai fait, c'est parce qu'on doit savoir qui c'est, puisqu'il est ici en ce moment. Il faut qu'on sache si sa présence est une menace pour nous, ou pas.
_Comment sais-tu qu'il est là?
_Parce que Hagrid en a parlé. Ne me dites pas que vous ne l'avez pas entendu le faire?
_Euh sur le coup j'avoue que cela ne m'avait pas marqué avoua Harry. Alors que peux-tu nous dire à son sujet?
_D'après mes sources il s'agirait d'un fondateur qui suite à un évènement tragique, aurait décidé de tout quitter pour vivre pendant un certain temps à l'écart de toute civilisation, comme un sauvage. D'où son surnom, l'ermite. Ce qui est intéressant, c'est que peu de personne ne connaît son véritable nom, ni à quoi il ressemble.
_Parce que pour toi c'est intéressant de ne rien savoir à son sujet? S'interrogea Ron. Tu n'as rien trouvé d'autre à son sujet?
_Non, et pourtant j'ai consulté tous les livres, et tous les journaux disponible. Et c'est intéressant parce c'est mystérieux, et tu sais à quel point j'aime les énigmes.
_Tu n'as pas pensé qu'il n'existait peut-être pas? Qu'il s'agit d'une légende?Comment aurait-il survécu en étant coupé du reste du monde? Lui fit remarquer Harry.
Dans un sens il n'avait pas tort, étant donné le manque d'information à son sujet. Mis à part quelques articles dans les journaux, il n'avait été évoqué nul part ailleurs.
_On peut très bien vivre tout seul, si on est un peu débrouillard. Alors pour moi, il est bien réel, et j'ai bien l'intention de le démasquer. Répliqua Hermione.
_Il n'a peut-être pas envie qu'on vienne l'embêter, tu ne crois pas? Pourquoi tu ne veux pas le laisser tranquille? Lui répondit Ron.
_Je n'ai pas l'intention de l'embêter. Tout ce que je veux savoir c'est son nom, et savoir s'il est un ami, ou un ennemi potentiel.
Pour Hermione il n'y avait aucun doute; le personnage existe puisqu'il avait rendu visite à Hagrid. Ce dernier n'était jusqu'à présent pas victime d'hallucination. Elle allait leur montrer de quoi elle était capable, et que rien n'était impossible du moment où l'on se donnait la peine de travailler.
La grande salle avait pris les couleurs de Serpentard, verte et grise, dans le but de rendre un dernier hommage à feu de Lucius Malefoy, qui avait fait ses études dans cette maison. Pendant le repas Harry ne lâcha pas Draco du regard essayant de communiquer avec lui. Peine perdue, le jeune blond était fermé à toute forme de communication avec qui que ce soit. Être déjà présent ici avait été pour lui un très grand effort, on se doutait bien qu'il ait préféré rester seul.
Son comportement assez étrange fut noté par ses deux meilleurs amis, qui ne comprenaient pas ce qu'il cherchait à faire.
_Harry arrêtes de faire tous ces gestes dans le vide. Tu es ridicule, lui fit remarquer Hermione.
_J'essaie d'attirer son attention et de communiquer avec lui.
_En général, on le fait avec des mots, c'est comme ça que font les gens civilisés.
_Je préfère rester discret.
_Oh, je vois. Et avec qui tu désires tant communiquer aussi subitement ?
_Draco.
_Le Draco Malefoy? Mais pourquoi lui?
_Je crois que je l'aime.
_Tu l'aimes comment? Comme un ami ou un peu plus encore?
_Je ne sais pas trop. J'ai du mal à analyser mes sentiments.
_Que ressens-tu quand tu penses à lui?
_Mon cœur bat plus vite que d'habitude, j'ai envie de le prendre dans mes bras. Son image me hante jour et nuit.
_Ce n'est pas si difficile que ça à analyser. Tu en es amoureux. Et tu ne t'es pas demandé ce qu'il pourrait ressentir pour toi? Il ne partage peut-être pas les mêmes sentiments.
_C'est bien pour ça que j'aimerai entrer en communication avec lui.
_Ce n'est pas comme ça qu'il faut le faire. C'est en privée que ce genre de conversation doit avoir lieu. Dès la fin du repas, tu le rejoins et tu lui demandes un tête-à-tête avec lui.
_Et s'il refuse de me parler?
_Tu seras fixé, et tu pourras passer à autre chose.
Passer à autre chose, comme si c'était facile de faire taire ce genre de sentiments. Mais Hermione avait raison, il devait se montrer honnête et tout dire à Draco. Il l'aurait fait depuis longtemps s'il n'avait pas peur d'en souffrir.
_Qu'est-ce que tu peux lui trouver? Lui demanda Ron. Il est arrogant, prétentieux, et en plus c'est un homme. Tu n'es plus attiré par les filles?
_Ron, s'écria Hermione. Harry a le droit d'aimer qui il veut, même un autre homme. Ce n'est pas parce que toi tu es attiré par les filles que lui aussi doit l'être. Et tu as une petite copine en ce moment?
_Non. Mais c'est parce que je n'aie pas encore trouvé la bonne. Mais ce n'est pas pour ça que je vais me jeter dans les bras d'un homme. Je suis sûr qu'il y a quelque part la femme de ma vie, et pareille pour Harry. Lorsqu'il la trouvera, il comprendra et il ne pensera plus à Draco.
_Pourquoi me juges-tu comme tu le fais actuellement? Lui demanda Harry. Je n'ai pas choisit de l'aimer. Mais c'est comme ça, et on y peut rien.
Ron voulu répondre, mais Hermione lui signe de se taire. Oui personne n'y pouvait rien, et en tant qu'amis ils devaient l'accepter tel qu'il est. Harry serait déjà jugé par bien assez de personne.
Draco quant à lui ne s'était jamais senti aussi seul ce soir. Pourtant il ne l'était pas, tous ceux de sa maison semblaient avec lui. Mais à ses yeux rien ne semblait sincère. La seule personne qui s'était vraiment préoccupée de lui c'était son ex pire ennemi, Harry. Les gestes qu'il venait de faire à son attention, lui prouvaient à quel point il pouvait compter sur lui.
C'est là qu'il fit, ce que personne n'avait fait avant lui. Il se leva et alla directement à la table des Gryffondor, sous le regard stupéfié de tous.
_Harry. Je suis désolé pour ce qui c'est passé ce matin. Je crois que je me suis très mal comporté aujourd'hui. Je n'aurai pas dû te rejeter comme je l'ai fait. Si tu as un peu de temps à me consacrer, on pourrait en discuter un peu tous les deux.
Harry ne savait pas quoi dire. Il ne s'était pas attendu à ce que le Serpentard fasse le premier pas, et encore moins qu'il lui demande de lui pardonner.
_Oui, oui, il a le temps. Répondit Hermione. Tout en forçant son ami à se lever.
Il n'avait pas osé accepter, et fut reconnaissant envers son amie de l'avoir poussé à le faire. Maintenant c'était à lui de faire le deuxième pas. Il espéra qu'il aurait assez de courage pour lui avouer ses sentiments, et il pria pour qu'ils soient partagés.
Les deux adolescents s'isolèrent dans une salle peu fréquentée. Ce qu'ils avaient à ce dire n'avaient pas besoin d'être entendus pas les autres personnes. Ils restèrent un moment silencieux, comme s'ils avaient du mal à trouver les mots. Ce fut Harry qui rompit le silence.
_Comment tu te sens ce soir?
_Pas très bien, j'ai du mal à accepter que je ne le reverrai plus jamais.
_Je suis vraiment désolé pour toi. Tu penses toujours que c'est Thomas qui l'a tué?
_Oui, il n'a pas réussit à me convaincre du contraire. Tout ce qu'il m'a dit n'avait pas l'air vrai. Il m'a pris pour un demeuré avec ses beaux discours. Mais je ne suis pas assez naïf pour le croire sur parole.
_Et tu en as parlé avec le directeur?
_Pas encore. J'ai besoin d'avoir plus de preuve contre lui, il ne doit pas s'en sortir si facilement. Et toi tu le crois toujours innocent.
_Oui. Enfin je l'espère. Je lui ai accordé ma confiance, et j'aimerai ne pas avoir fait une bêtise.
_Tu n'as rien à te reprocher. Si tu as cru à ses bonnes paroles, parce que tu en avais envie. Tu vas essayer de me dissuader de le faire?
_Non. Tu es libre de faire ce que tu veux. Et si cela peut d'aider à te sentir mieux.
_J'espère que tu as raison. J'espère qu'un jour j'arriverai à surmonter mon chagrin. Merci de m'avoir accordé du temps, cela m'a fait du bien de parler un peu avec quelqu'un. Je vais rester ici encore un peu de temps, je n'ai pas envie de retourner dans ma chambre. Rien ne t'oblige à rester avec moi.
Harry n'avait pas envie que la conversation se termine aussi vite, pas tant qu'il ne dise tout ce qu'il avait sur le cœur. Il prit une grosse bouffée d'air, afin de lui donner un peu de courage.
_Draco. J'aurai quelque chose à te dire.
_Vas-y. Je t'écoute.
_Je ne sais pas comment te le dire.
_C'est grave?
_Non, pas du tout. Mais c'est délicat.
_Lance-toi, je suis prêt à tout entendre.
_Je t'aime.
Sur ce le il voulu embrasser le, afin de lui prouver ses dires. Mais ce dernier tourna la tête.
_Écoutes Harry. Je suis désolé, mais je ne pense pas éprouver les mêmes sentiments que toi. Ne m'en veux pas, on reste ami, d'accord.
_Oui, oui. Bien sûr.
_Peux-tu aller me chercher un somnifère. J'aimerai dormir un peu, et j'ai peur de ne pas trouver le sommeil.
_D'accord, je reviens de suite.
Harry attendit d'être sorti de la pièce pour se mettre à pleurer. Pourquoi il avait été aussi bête, qu'est-ce qui lui avait pris de lui dire ça? Au moins il était fixé, il savait que les sentiments qu'il avait pour Draco n'étaient pas partagés. Mais contrairement à ce que lui avait dit Hermione, il ne pourrait pas passer à autre chose. Pas maintenant en tout cas, il avait trop mal pour ça.
Il se mit à courir, passa devant l'infirmerie sans s'y arrêter, et continua sa course. Quand il fut à l'extérieur du château, il se dirigea tout droit devant, afin de mettre le plus de distance possible entre lui et celui qui venait de le rejeter.
Hagrid n'avait pas compris le comportement de Thomas, ni pourquoi il s'était sauvé sans avoir bu sa tasse de thé. Il avait peut-être plus mal qu'il ne l'avait prétendu. Il se rendit donc à l'infirmerie en espérant le voir. Il le trouva assit sur un lit, torse nu avec un bandage sur son bras, celui qu'il avait serré un peu trop fort.
_Pourquoi vous n'êtes pas resté, j'aurais pu faire quelque chose pour votre bras.
_J'étais de trop. Je ne voulais pas vous déranger dans vos retrouvailles avec votre frère.
_J'ai pensé un moment que vous n'aviez plus envie de rester chez moi, que ma maison n'était pas assez bien pour vous.
_Votre maison est très bien, surtout si on l'a compare avec la grotte dans laquelle j'ai vécue.
_Euh, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, je ne voulais pas vous manquer de reste tact.
_Vous ne m'avez pas manqué de respect. On m'a souvent reproché de m'être un peu éloigné des autres pendant un moment. Je suis dans un sens responsable de mon surnom et de la mauvaise image qui va avec.
_Je pense que vous aviez vos raisons de le faire. Ça se voit dans vos yeux, vous avez dû vivre des choses pas très drôles. Je vous ai jugé un peu trop vite, sans vraiment chercher à vous connaître. Si un jour vous avez envie de boire du thé, vous pouvez venir chez moi, vous y serez toujours le bienvenu.
_Ce sera avec un grand plaisir, merci.
_Non, c'est à moi de vous remercier professeur Salinger.
_Je vous en prie. Mais je préférerai que vous m'appeliez Thomas.
_Ce ne serait pas correct que je vous appelle par votre prénom.
_Pourqoi? Ici, je ne suis qu'un simple professeur, tout comme vous. De plus vous êtes le seul à continuer à m'appeler Salinger.
À ce moment Madame Pomfresh arriva. Elle donna à son grand maladroit de patient un médicament pour atténuer la douleur.
_C'est bon, Thomas, je vous libère, lui dit-elle. Mais la prochaine fois vous faites très attention, d'accord?
_Oui, je serai plus attentif, et merci à vous.
Thomas essaya de remettre sa chemise avec un seul bras valide.
_Laissez moi vous aider lui dit Hagrid, qui attrapa le vêtement qu'il remit avec douceur sur le dos de son collègue. Pourquoi vous a t'elle demandé d'être plus attentif? Que lui avez vous dit, pour justifier votre blessure?
_Que j'étais tombé dans les escaliers.
_Vous n'étiez pas obligé de mentir pour me protéger.
_Je ne voulais pas que vous ayez des ennuis par ma faute.
Une fois correctement vêtu Thomas remercia son nouvel ami. Les deux hommes se rendirent ensuite dans la grande salle afin d'y prendre leur dîner. Ils croisèrent Harry sur leur chemin. Ce dernier courra très vite, et apparemment il avait pleuré. Il leur passa devant sans même les remarquer.
_Harry? S'écria Hagrid. Mais où vas-tu?
Aucune réponse à la question, ne fut donné. Le jeune homme n'avait pas entendu la question, il devait être trop loin.
_On fait quoi maintenant?
_J'ai peur qu'il fasse une bêtise. Je vais le suivre au cas ou. Vous Rubéus allez voir le directeur pour le prévenir et demandez lui de 'le' faire revenir. Il saura de qui je veux parler.
_D'accord, professeur …Thomas.
Le professeur Salinger se mit lui aussi à courir pour ne pas perdre son élève de vu, tout en priant que ce dernier ne fasse pas quelque chose d'irréparable.
Les pas de Harry finirent par le conduire, là où il n'aurait jamais dû se rendre. Dans l'endroit le plus dangereux de son école, la forêt interdite. Si elle l'était, ce n'était pas pour rien non plus. C'est parce que les centaures s'y étaient installés, et avaient décidé d'y rester. Les humains n'avaient rien à y faire. Ils n'y étaient même pas tolérés. Harry en avait bien conscience, et il décida de faire demi-tour. Avec un peu de chance, personne n'aurait remarqué sa présence. Il eut le temps de faire deux pas avant qu'une flèche lui frôle dangereusement le visage. Les habitants de la forêt avaient dû sentir son odeur de loin, et ils étaient venus en masse pour le punir. ils ne faisaient jamais de cadeaux aux malotrus qui osaient s'aventurer dans leur territoire. Ils étaient très attachés à cette notion de propriété, peut-être parce qu'ils n'avaient nulle part où aller. Leur apparence ne leur permettait pas non plus de se mêler avec les humains.
_Tu n'as rien à faire ici. Pourquoi es-tu venu chez nous? Lui demanda l'un de leurs.
Le mieux à faire dans ce genre de situation, était de faire profil bas, et de ne pas répondre à la provocation. Bien qu'il eu très envie de sortir sa baguette magique, afin de se protéger. Il eut beaucoup de mal à ne pas le faire.
_Je suis vraiment désolé, leur répondit Harry. Il le fit sur le ton le plus courtois possible, et calment. Je ne voulais pas vous déranger, c'est juste que je me suis perdu. Je m'en vais tout de suite.
_Perdu? Tu ne nous prendrais pas pour des imbéciles. Tu savais parfaitement où tu allais. Tu es venu pour nous espionner. Et ne crois pas que tu vas t'en tirer à si bon compte?
Les centaures ne semblaient d'humeur à discuter. Ce qui n'était pas de bon augure. Et en plus, le plus agressif et cruel de tous, Bane était présent. C'est donc à juste titre que Harry, craignit pour sa vie. Que devait-il faire, sans que la situation ne s'aggrave davantage.
D'autres bruits de pas se firent entendre. Quelqu'un d'autre venait dans leur direction. Et ce quelqu'un n'était pas discret, puisque tout le monde l'entendait bien avant de le voir.
_Il y en a même un autre qui arrive. Décidément ils se croient tous permis.
Harry pensa un instant que cette autre personne, ne pouvait être que Draco. Que ce dernier avait eu des remords, au point de le suivre. C'était la dernière chose qu'il voulait, causer par sa faute la mort de celui qu'il aime le plus. Dans un sens il fut soulagé lorsqu'il identifia le nouveau venu, puisqu'il s'agissait de son professeur de défense contre les forces du mal. Avec lui, il avait une chance infime de s'en sortir. Les centaures seraient peut-être impressionnés par sa présence? Ou pas. Mais ça il ne fallait pas trop y penser.
_Thomas? Dit-il étonné. Mais comment se fait-il que tu sois là? Tu m'as suivi?
_Je crois que le moment est mal choisit pour ce genre de conversation. On en parlera plus tard si tu le veux bien. Le plus important est de partir tout de suite et de retourner au château.
_Oui, oui, tu as raison. Allons-y.
Harry se rapprocha de son professeur, en espérant qu'ils auraient le temps de s'enfuir. Ce qui n'était pas gagné. Ils n'étaient pas loin de la sortie, mais ils couraient moins vite qu'un mi-humain, mi cheval.
_Excusez-moi, hurla Bane. Mais vous n'irez nulle part pour le moment. Vous ne croyez tout de même pas que l'on va vous laisser partir sans vous avoir puni pour votre audace.
_Ce serait pourtant la meilleur chose que vous pourriez faire, répondit le professeur Salinger, un peu trop rapidement, et sans prendre le temps de réfléchir.
_Je vois. Toi aussi, tu te crois supérieur à nous. Tu seras donc le premier à payer le prix de ton insolence.
Quatre flèches furent tirées. La première rata cible en se plantant dans le sol. Les trois autres détruite en vol. Thomas avait bien été obligé de se défendre. Mais en même temps, il devenait une menace vers les centaures. Ces derniers n'eurent pas besoin de se concerter. Tous ceux qui avaient un arc et des flèches se mirent à tirer. Il était beaucoup plus difficile de toutes les supprimer, surtout que Thomas était limité dans ses mouvements, son bras lui faisait mal. Chose qu'il ne montra pas, il n'était pas prudent de mettre un point faible en évidence pendant un combat. Il fit tout ce qu'il pouvait, mais cela ne fut pas suffisant. Il reçu trois flèches directement dans la cuisse droite. Il aurait pu les éviter, mais dans ce cas, elles seraient arrivées sur Harry. Et il était de son devoir en tant que professeur de protéger son élève.
_Tu fais moins le malin maintenant. Bane était content de son coup. Il venait d'affaiblir son ennemi. Ce dernier ne serait plus en étant de se défendre dans pas longtemps. As-tu compris que vous ne sortirez jamais de cette forêt vivant? On compte bien vous tuer lentement, très lentement.
Cette fois ci seul Bane tira. Il était inutile de gâcher des munissions étant donné que leur ennemi était suffisamment assez affaibli pour lancer le moindre sort. La flèche se planta dans le bras gauche de Harry. Il ne pensait pas que cela pouvait faire autant mal. Dire que Thomas en avait trois dans la cuisse, et qu'il arrivait tout de même à rester debout. Il ne semblait pas avoir mal, comme s'il était insensible à la douleur.
_Mince, j'ai raté. C'est le cœur que je visai.
Les centaures trouvèrent cette petite remarque déplacée très marrante.
_Vous n'auriez pas dû faire ça, leur dit Thomas.
_Mais c'est qu'il me menace le gringalet. Il n'oserait pas faire ça tout de même?
_Si, si, j'ose. Je me suis montré un peu trop gentil avec vous.
_Nous aurions dû te tuer plus tôt. Je vais y remédier sans plus attendre.
Il lança sa flèche si vite que Thomas n'eu pas le temps de réagir. Cette fois, il fut touché directement au genou droit. Il s'écroula au sol avec un cri de douleur. Finalement, il n'était pas immunisé.
_Arrêtez, cria Harry, qui avait retrouvé la parole. Comment pouvez-vous vous montrer aussi cruel envers nous.
Puis malgré la douleur qu'il avait à son bras, il se rapprocha de son professeur.
_Thomas lui dit-il, je suis vraiment désolé, tout est ma faute.
_Non Harry, tu n'es pas fautif. C'est moi, j'aurais dû être plus attentif. Tu te sens la force de courir?
_Oui, oui, je crois. Pourquoi?
_Sauves-toi, tu cours tout droit devant toi.
_Mais toi, tu fais quoi?
_J'ai bien peur de devoir rester ici. Je suis incapable de me relever, alors courir, ce n'est pas la peine.
_Je peux t'aider à le faire.
_Ça ne servira à rien. Je ne sens plus ma jambe, et suis bien trop lourd pour toi.
_Alors je reste moi aussi.
_Non Harry. Je suis ton professeur, et cette fois tu m'obéis. Tu retourne au château, et tu dis où je suis à Dumbledore. Je vais essayer de les retenir pendant ce temps.
_Mais ils vont te tuer.
_Je suis encore capable de me défendre. Ne t'inquiètes pas pour moi.
_Jusqu'à présent, c'est toi qui m'a aidé. Cette fois ci, c'est mon tour de le faire.
Bane les trouva tous les deux ridicules, et profondément débiles aussi. C'était à celui qui allait se sacrifier pour que l'autre puisse se sauver. Dans ce cas il allait les tuer tous les deux, et se servir de leur cadavres de message destiné aux autres. Quand on dit que la forêt est interdite, elle est vraiment interdite, surtout pour les humains. Le premier à mourir serait donc le plus arrogant des deux. Il leva son arc, et pointa une flèche en plein sur la tête de l'homme allongé, ce serait facile, il n'était plus en état de se défendre.
_Une dernière chose avant que tu ne meures. Pourrais-tu me dire ton nom? J'aime bien savoir qui je tue.
_Désolé de vous décevoir, mais je n'ai pas envie de me présenter.
_Ah oui. Dans ce cas je vais tirer sur ton petit protégé. Peut être que cela va te délier la langue.
Bane ne perdit pas de temps, il prépara une nouvelle flèche, avant de viser la tête de Harry. Il était bien trop près, et suffisamment assez habile pour ne pas rater sa cible.
_D'accord, d'accord. Je vais le faire, ne tirez pas. Je suis Thomas Salinger.
Les humains sont tellement prévisible. Il suffisait d'en menacer un pour qu'un autre se montre aussi docile qu'un petit chien. Le centaure ne s'était pas attendu à avoir sous son joug une personne aussi prestigieuse. Son tableau de chasse allait contenir le nom d'un haut gradé. Il était donc hors de question de l'épargner. Mais avant, il aimerait en savoir plus, être sûr d'avoir bien entendu.
_Pardon? Tu as bien dit Salinger?
_Oui c'est ça!
_Pourquoi es-tu ici à Poudlard?
_Pour assurer les cours de défense contre les forces du mal.
_Vraiment? On ne le dirait pas, tu n'es même pas capable d'assurer ta sécurité et celle de l'un de tes élèves. Est-ce bien toi, qu'on a surnommé l'ermite?
_Oui, c'est bien moi.
_Je comprends mieux. Tu es resté trop longtemps dans ton trou. Tu n'aurais pas dû le quitter. Je vais me charger de t'y renvoyer, puisque visiblement tu aimes bien vivre sous terre.
C'est à ce moment qu'un autre centaure se manifesta.
_Bane, je me demande si c'est une bonne idée de le tuer.
_Pourquoi pas?
_Si jamais les fondateurs apprenaient ce qu'on a fait à leur chef. Ils risquent de se fâcher.
_À condition qu'ils l'apprennent un jour. Si on cache bien le corps après, personne n'en serait jamais rien.
Bane n'avait pas la moindre conscience de ses gestes. Il voulait punir le fondateur, parce qu'il n'aurait pas dû venir chez eux pour les narguer. Il allait se servir de la flèche qui était dans son arc. Devait-il en tirer plusieurs pour le faire souffrir longtemps, ou une seule pour lui donner le coup de grâce. Il choisit la première option, quitte à tuer autant y prendre un peu de plaisir. Il libéra la flèche qui se désintégra avant d'atteindre l'homme à terre. Il n'eu pas le temps d'en prendre une autre, qu'il se retrouva aveuglé par une forte lumière bleue. Elle venait du fond de la forêt et se rapprochait très rapidement. Une troisième personne venait d'arriver, et vu son aura, c'était une personne en colère. Il était plus prudent de prendre la fuite.
Harry vit lui aussi cette lumière. Il ne comprit pas pourquoi les centaures s'étaient enfuis devant elle. Lui il se sentait étrangement bien, rassuré, soulagé. Il se concentra sur cette lueur, et il cru reconnaître un visage familier. C'était son parrain, Black Sirius. Il était pourtant mort. Il devait halluciné à cause de sa blessure. Il n'eu pas le temps de parler avec le nouveau venu, il venait de perdre connaissance.
À suivre chapitre 9: un jour parfait.
Merci d'avoir lu. Vous avez la parole, si vous désirez me laisser un message.
See you
