Chapitre 9: Un jour parfait. ( Calogéro)
Un cauchemar, ce n'est pas seulement un mauvais rêve. Il laisse au réveil des sensations étranges, dérangeantes, qui peuvent subsister après leur fin. Il semble si réel, si réaliste, qu'il dérange ceux qui l'ont vécu. Harry avait une sensibilité élevé à ce genre de songe, bien plus que la moyenne. C'est pour cela qu'il ressentit un fort soulagement, lorsqu'il se rendit compte qu'il était installé bien confortablement dans son lit. Rien n'était vrai, cela n'avait été issu de son imagination. Draco ne l'avait pas rejeté,
il n'était pas passé à deux doigts de la mort dans la forêt interdite. Jamais il n'avait été aussi content d'être dans son lit. Puis il sentir une forte douleur au niveau de son bras gauche. Il n'avait aucune raison d'avoir mal, puisqu'il n'avait pas reçu de flèche. Il ouvrit les yeux, et ce qu'il vit ne lui fit pas plaisir. Il reconnut la décoration austère et aseptisée de l'infirmerie. Cela faisait de lui, l'élève qui y avait passé le plus de temps. Alors, tout était vrai. Une voix familière le fit sursauter.
_Bon retour parmi nous mon enfant.
C'était Dumbledore qui venait de lui parler. Une fois de plus il était resté à son chevet. C'était gentil de sa part de prendre autant soi de sa santé. Enfin cela l'aurait été, si ce dernier n'était pas un peu intéressé. Car oui il l'était puisqu'il allait se servir de lui pour tuer Voldemort. Comme si personne d'autre que lui ne pouvait le faire. Harry ne pensait pas, fort heureusement pour lui à tout cela. Il était juste content de ne pas être seul, et d'avoir avec un peu de chance des réponses à ses questions.
_Je suis là depuis combien de temps?
_Une douzaine d'heures. Comment te sens-tu?
_Pas très bien, et très fatigué aussi.
_C'est normal puisque qu'on t'a donné un somnifère, pour que tu n'aies pas trop mal. As-tu des souvenirs de ce qui s'est passé?
_C'est confus dans ma tête. J'étais dans la forêt interdite avec Thomas lorsqu'on s'est fait agresser sauvagement par plusieurs centaures qui nous ont tirés dessus.
_Tu as eu beaucoup de chance de t'en être si bien sorti.
_Et Thomas? Lui aussi il s'en ai sorti?
_Il a eu un peu moins de chance que toi, ses blessures sont plus graves que les tiennes, mais sa vie n'est pas en danger.
_Tant mieux. Sirius était là lui aussi. C'est bien lui qui nous a sauvé la vie.
_Non, il ne pouvait pas s'y trouver. Tu as été victime d'une hallucination, ce qui est normal, vu que tu as subi un grand choc.
_Je n'ai pas halluciné, je l'ai bien vu. Pourquoi n'est-il pas avec vous à mon chevet? Pourquoi il n'est plus là maintenant?
_Vous n'étiez que deux dans la forêt. Il n'y avait pas d'autre personne.
_Il y avait forcement quelqu'un d'autre. Je n'ai pas pu sortir tout seul de la forêt. Thomas était incapable de marcher, il n'a pas pu me porter jusqu'ici. C'est donc une autre personne qui l'a fait, et cela ne peut être que Sirius. Maintenant vous me dites où il est.
Dumbledore s'enfonça dans le silence. Il ne savait plus quoi dire. Il se sentait comme au pied du mur. C'est à ce moment qu'un homme arriva dans le champ de vision de Harry.
_C'est bon. Inutile de lui mentir puisqu'il se souvient de tout.
L'homme en question était grand, brun, barbu. C'était bien son parrain Black Sirius, en chair et en os, et tout ce qui est de plus vivant.
_Sirius? Mais tu es vivant? Pourquoi tu m'as fait croire que tu étais mort? J'ai pleuré devant une tombe vide à cause de toi, hurla l'adolescent. Je te déteste, je ne veux plus jamais te revoir.
_Harry, ce que tu me dis est méchant. Tu ne le penses pas?
_C'est pourtant bien le cas.
Sirius ne tint pas compte des propos de son filleul. Il n'était pas utile d'être un expert en langage corporel pour se rendre compte que Harry n'était pas sincère. Il semblait plutôt très heureux de le revoir, de pouvoir lui parler de nouveau. Sirius s'approcha de lui, et le prit tendrement dans ses bras. Harry se laissa aller. Il pleura sur son épaule, tout en lui donnant des petits coups de poing sur la poitrine. Il avait besoin de faire sortir sa colère, il devait se défouler et tout faire sortir. Il finit par se calmer et par cesser de frapper.
_Je suis désolé Harry. J'aurais aimé pouvoir te le dire avant, mais ce n'était pas possible.
_Pourquoi? Qu'est-ce qui t'as empêché de le faire? Pourquoi tu ne m'as pas laissé un message pour me dire que tu n'étais pas mort?
_Je ne pouvais pas le faire?
_Pourquoi?
_Parce que je suis vraiment mort, pendant un certain temps.
_Mais, je peux te voir, te parler, même te toucher. C'est que tu es vivant, non?
_C'est un peu complexe que ça. Peu après ma mort, je me suis réveillé dans une pièce étrange et très lumineuse. Je sentais mon corps, et je ne comprenais pas ce qui m'était arrivé. Et puis on m'a expliqué qu'on m'avait offert à moi une deuxième chance. J'avais eu le privilège de ressusciter, parce que j'avais toujours était bon de mon vivant, et que je n'avais pas hésiter une seconde pour te sauver la vie. Je suis à présent un être de lumière, une espèce d'ange gardien qui a en plus le pouvoir de la guérison.
_Tu es comme léo dans la série Charmed?
_Oui, on peut dire ça.
_Tu n'as donc plus aucune raison de te cacher, non ?
_Malheuresement non. Le ministre Fudge continue de me chercher, et il se donne beaucoup de mal, et en plus il bénéficie de nombreux complices qui sont a l'affût.
_Mais pourquoi ? Tu as bien été innocenté.
_Pas officiellement. C'est au ministre de la magie que revient la tâche de casser le verdict de mon procès. Tu le connais, il ne le fera pas. Il ne va jamais admettre qu'il ait pu faire une erreur. La seule chose qu'il veut c'est marquer des points, afin d'être de nouveau élu lors des prochaines élections.
_Je vois. Mais ici tu ne risques rien. Tu vas pouvoir rester un peu avec moi. Harry en avait les larmes aux yeux. Tu m'as tellement manqué.
_Toi aussi Harry. Je suis content de te revoir enfin, cela a été tellement dur de vivre si loin de toi.
Les joyeuses retrouvailles étaient émouvantes, à condition d'avoir un cœur et de faire preuve d'empathie. La personne qui venait de pénétrer les lieux n'était ni amicale, ni sympathique. On ne voulait pas d'elle ici, ce qui ne l'empêcha pas de sourire de toutes ses dents. Il s'agissait de Cornellius Fudge. Ce dernier fidèle à lui même, il était toujours aussi imbu de sa personne, se prenant pour le centre du monde.
_AH! VOUS ÊTES BIEN VIVANT COMME JE LE PENSAIS, Hurla t-il. MONSIEUR BLACK SIRIUS VOUS ÊTES EN ÉTAT D'ARRESTATION !
Tous furent très surpris de voir le ministre arriver aussi vite à Poudlard. Comment avait-il su ce qu'il c'était passé, et venir aussi vite? Pas de doute, il avait des espions sur place, qui avaient dû le prévenir.
_Cornelius, s'indigna Dumbledore. Dois-je vous rappeler que vous êtes dans une infirmerie ici? C'est un lieu de calme et de repos. Je vous prierai de ne pas crier. De plus Sirius étant un être de lumière, il est sous la responsabilité des fondateurs, et plus de la votre.
_Un être de lumière vraiment? Me prendriez-vous pour un imbécile?
_Pourquoi, c'est ce que vous voulez?
_Parce qu'il ne peut pas devenir un être de lumière. Il ne le mérite pas, il n'a rien fait pour, ce n'est pas juste.
_Corneluis, on n'est pas dans une cour de maternelle. Si les fondateurs l'on jugé digne de l'être, c'est qu'il l'était. Qui êtes-vous pour les juger sur ce point?
_En attendant, ils ne sont pas là. Ils ne peuvent donc pas m'empêcher de faire tout ce que je veux. Et c'est exactement ce que je compte bien faire. Le temps qu'ils s'en aperçoivent, il sera trop tard. Je serai loin avec Sirius. Il retourna dans sa prison, dans une d'où il ne pourra pas s'évader. Il y sera étroitement surveillé jour et nuit.
_Et pourtant c'est bien le cas. Nous avons dans notre établissement un fondateur.
Fudge regarda autour de lui. Il explora la pièce du regard. Pour le moment il n'y avait que quatre personnes dans la pièce. Lui ,Harry, Sirius et Dumbledore. Il fouina en jetant un coup d'œil sous tous le lits, fouilla les armoires, il ouvrit même les tiroirs.
_Je peux savoir ce que vous cherchez, Cornelius, lui demanda Dumbledore.
_Natacha Lupin. C'est bien d'elle que vous me parlez? Il me semble qu'elle ne soit pas avec nous en ce moment. Et puis j'ai bien peur que sa présence ne change quelque chose. Parce qu'elle n'est pas assez gradé pour cela, et elle ne travail pas non plus à la section des être de lumière. Il est donc parfaitement inutile de lui demander de venir nous rejoindre.
_La sœur de Remus serait donc un fondateur? Je ne le savais pas.
_Vous vous foutez de moi? Vous allez me faire croire que vous ne vous êtes pas un peu renseigné à son sujet avant de l'engager. Vous ne seriez pas en train de m'embrouiller? Il n'y a aucun responsable ici, tout ce que vous voulez c'est gagner un peu de temps. Sachez que le mien est précieux, j'ai beaucoup de travail moi.
Du travail, il n'en avait pas tant que ça. Tout ce qu'il voulait s'était rentrer chez lui de bonnes heures, afin ne pas rater son émission favorite à la télévision. Chose qu'il n'avouera jamais en publique, et pour cause, si on savait les « débilités » qu'il regardait avec assiduité, on se serait moqué de lui. Et personne n'avait le droit de le faire. Il était le ministre de la magie tout de même. Mais il était hors de question qu'il parte, sans son « petit cadeau ». Il attrapa violemment Sirius par le bras, et le força à le suivre. C'est à peine s'il fit attention à Harry, qui le suppliait en pleurs, tout en lui demandant de ne pas lui prendre son parrain.
_Harry, mais comment peux-tu avoir pitié de lui? C'est lui le responsable de la mort de tes parents. Cela ne compte pas pour toi? C'est un dangereux criminel. Il est de mon devoir, en tant que ministre de la magie, de tout faire afin de l'empêcher de nuire de nouveau. Un jour tu comprendras, et ce jour là tu me remercieras de l'avoir fait.
Dumbledore décida d'intervenir. Il devait gagner le plus de temps possible. Car la personne qu'il attendait ne marchait pas très vite non plus.
_Cornelius, vous savez parfaitement que si Sirius avait été coupable de quoi que ce soit, il n'aurait pas pu devenir un être de lumière.
_Mais je ne demande qu'à vous croire. Mais vous devrez me donner une preuve de son innocence. Vous en avez bien une au moins?
Oui, Fudge était cruel. Il se doutait bien que le directeur ne pouvait lui sortir une quelconque preuve de son chapeau.
_J'ai bien peur de ne pas pouvoir le faire dans l'immédiat.
_Comme c'est dommage. Répliqua t-il ironiquement, avec le sourire aux lèvres. Il n'était absolument pas contrarié, mais ravi. Il est donc coupable, jusqu'à que son innocence soit établie. En attendant ce jour, et je doute fort qu'il vienne, il devra retourner en prison. Ma décision est irrévocable.
Trop, c'est trop. Harry ne pouvait pas rester bien gentiment allongé dans son lit, et ne rien faire pour secourir celui qui lui avait sauvé la vie dans la forêt interdite. Il se leva difficilement, tout en criant « non », le plus fort possible. Il attrapa Sirius par son autre bras, pensant naïvement avoir assez de force. Mais face à un adulte en bonne santé, il ne fit pas le poids. Fudge n'eu aucun mal à le faire lâcher, il n'en eut pas plus pour le projeter contre un mur. Puis il reprit son chemin gaiement, avec son trophée de guerre. Il riait même, d'un rire sans joie, sadique qui glace le sang. Comment pouvait-on être aussi cruel envers les autres? Il arriva rapidement devant la porte. Il actionna la poignet, mais il ne se passa rien. C'était comme si elle était verrouillé, ou qu'elle fut animée de sa propre volonté, et qu'elle lui refusait le droit de sortir. Il n'était pas homme à se laisser impressionner par un simple bout de bois.
_Alohomora, s'écria t'il, en colère.
Normalement les portes s'ouvraient après une telle incantation. Ce ne fut pas le cas, puisqu'elle resta fermée. C'était bien la première fois qu'un vulgaire objet inanimé se rebellait contre son autorité.
_Mais tu vas t'ouvrir, saleté de porte.
Comme si les grossièretés pouvaient lui venir en aide. Il poussa de toute ses forces, il tira. Rien à faire.
_Vous comptez faire obstruction à ma justice Dumbledore? Si la porte n'est pas ouverte dans la minute, je vous considérerai comme son complice, et vous serez, vous aussi en état d'arrestation.
_Ce n'est pas le professeur Dumbledore lui qui retient la porte, dit une voix qu'il ne connaissait pas. C'est moi ! Je ne vois aucune objection à ce que vous nous quittiez, par contre Sirius lui, il reste. Je me ferai un plaisir d'ouvrir la porte, dès que vous l'aurez lâché, et qu'il nous aura rejoint, pas avant.
Alors comme ça, il y avait une cinquième personne dans la pièce. Pourquoi ne l'avait-il pas vu avant? Bon ce n'était pas si important que ça. Ce qui l'était par contre, c'était qu'on lui donne des ordres, et qu'en plus on lui tenait tête. Il devait savoir qui était assez stupide et irresponsable, pour faire une telle bêtise. Il se tourna et ses yeux se posèrent sur une personne insignifiante, ou presque. C'était un jeune homme brun, il le jaugea de la tête au pied. Il ne représentait aucun danger, et en plus il ne semblait pas tenir tout seul sur ses jambes, il était obligé de se tenir sur une béquille pour ça. C'est un comble tout de même. C'était un vulgaire handicapé qui lui parlait aussi mal. Cela ne devrait pas trop difficile de se débarrasser de cet intrus.
_Mais qui êtes-vous? Demanda t'il en colère.
_Le professeur Thomas Salinger, Fudge.
_C'est donc vous le nouveau professeur de défense contre les forces du mal? C'est marrant, je vous pensais plus vieux, plus gros, et plus sage aussi. Et en plus vous n'avez pas vraiment la tête de l'emploi. Sachez donc, que je ne suis pas Fudge tout court, je suis surtout le ministre de la magie. Et on ne nome pas quelqu'un de mon rang uniquement par son nom. On doit m'appeler sous le titre de Fudge le très estimé ministre de la magie. Rentez-le si vous le pouvez. Et utilisez-le à chaque fois que vous vous adressez à moi. Le protocole est un peu trop souvent oublié à mon goût. Dois je vous rappeler que vous devez le respect à vos supérieurs hiérarchique?
_Je suis totalement d'accord avec vous. Les traditions se perdent de plus en plus. Mais maltraiter un élève est, de mon humble avis, un acte plus odieux. Bien plus que de ne pas vous avoir appelé comme le veut une tradition vieille de plus de mille ans, le très je sais plus quoi Fudge. Désolé je n'ai pas retenu votre appellation officielle.
_Ne me cherchez pas Salinger.
_Sinon quoi? Vous allez aussi me menacer de me jeter en prison?
_Un petit séjour en prison pourra vous faire du bien.
_Et pour quel motif, je vous prie.
_Insubordination envers un représentant de la force.
_Rien que ça ? Soyez sérieux, ce n'est pas crédible, et vous le savez. Cessez de faire perdre du temps à tout le monde voulez-vous, et lâchez Sirius.
_Vous n'avez aucun ordre à me donner. Et je peux, si je le veux vous retirer votre poste de professeur, et pas que pour cette école. On verra si vous avez toujours envie de vous moquer de moi lorsque vous serez au chômage.
_Selon le texte 36bc, ligne 45, seul la personne qui a attribué son poste à une autre, à le pouvoir de la renvoyer, s'il estime qu'elle ne fait pas correctement son travail, ou s'il la juge trop dangereuse, notamment pour la sécurité de ses élèves, lorsqu'il s'agit d'un professeur. C'est donc le professeur Dumbledore qui a le pouvoir de le faire. Et à mon avis, il ne le fera pas. N'est-ce pas Albus?
_Effectivement. Et je n'ai pas l'intention de le faire. Je ne suis pas assez fou pour cela.
_Mais c'est qu'il a bien appris sa leçon, c'est bien. Vous devez donc connaître un autre texte de loi. Celui qui précise que seul un fondateur de classe A, peut se soustraire de mon autorité. Cela ne doit pas être votre cas.
_Je suis pourtant classé A 01.
Ce professeur ne doutait de rien. En plus il avait le culot de s'abstraire le rang le plus élevé des fondateurs. Fudge ne put s'empêcher de rire. Ce Salinger à un humour particulier, limite pince sans rire. Lui il savait bien qu'il ne pouvait pas être fondateur. La dernière fois qu'il avait regardé le nom de leur chef, il en avait trouvé un autre. Ce qui à ce moment précis était vrai, mais depuis il s'était passé plus de dix ans, et les choses avaient beaucoup changés.
_Je suis désolé, mais j'ai beaucoup de mal à vous croire. Si vous étiez celui que vous prétendez, je le serais tout de même.
_j'ai pourtant ouïe dire que vous ne vous préoccupez pas trop de ce genre de chose. La preuve, vous ne saviez même pas que Natacha Lupin était un fondateur elle aussi, et qu'elle avait été obligé de vous le prouver.
D'accord, c'est un coup bas, mais Fudge l'avait bien cherché aussi.
_N'essayez pas de noyer le poisson. Si vous étiez vraiment ce que prétendez l'être, vous ne seriez pas là.
_Il a pourtant raison, lui fit remarquer Harry. Qui se fit rapidement remettre à sa place.
_Ce n'est pas bien de mentir.
_Mais je ne mens pas, c'est vrai. Donc cela ne serait pas vous, qui ne respectez pas le protocole? Vous avez pourtant affaire à l'un de vos supérieurs hiérarchique.
_Mais qui a put te mettre ce genre d'idée dans la tête? Vous Salinger? C'est vous qui lui avait lavé le cerveau pour lui faire gober n'importe quoi?
_Non, il n'a rien fait de tout ça. Harry ne supportait l'envie de Fudge d'avoir le dernier mot, et de vouloir avoir raison, même lorsqu'il avait tord. C'est l'ermite, que vous avez en face de vous. Ce nom doit vous dire quelque chose?
_Bien sûr tout le monde à déjà entendu parler de lui. Aux dernières nouvelles, il vivait toujours sous terre.
_Il est vrai que j'ai passé beaucoup de temps dans une grotte. Et puis un jour, je suis sorti de mon trou. Il y a bien longtemps. Si vous aviez pris la peine de vous renseigner un peu, vous le sauriez déjà.
Fudge leva les yeux aux ciels comme pour réfléchir. Quel chance avait-il qu'il lui dise la vérité. Que risquait-il s'il n'obéissait pas à un ordre venant de la personne la plus importante de leur monde? Il risquait gros s'il s'en prenait effectivement à l'ermite. Le mieux était donc d'abandonner et de revenir plus tard avec des preuves.
_D'accord, je vous accorde le bénéfice du doute. Je vais aller consulter les archives. Alors faites bien attention, si vous m'avez menti, je vous conduirai personnellement en prison.
Fudge lâcha le bras de sa proie, et la laissa partir rejoindre Harry et Dumbledore. Thomas tenu sa promesse, et il brisa le sort, ce qui permettrait au ministre de la magie de s'en aller. Peu après il vacilla sur ses jambes, il avait dû se servir de ces dernières forces. Une chance que le ministre ait cédé aussi vite, il n'aurait pas pu tenir plus longtemps. Dumbledore eut la présence d'esprit de le retenir avant qu'il ne chute sur le sol, et l'aida à s'asseoir sur le lit le plus proche. Harry quant à lui, il se fit aider par Sirius pour retourner dans son lit. Il jeta par la suite un regard interrogateur sur son professeur.
_Comment va ta jambe? J'ai l'impression que quelque chose ne va pas bien.
_Elle va très bien.
Ce qui était totalement faux. Puisqu'il lui avait fallu plus de cinq minutes pour se rendre de l'autre coté de l'infirmerie, trajet qui se fait normalement en moins d'une minute, et en marchant lentement.
_Je vois que tu as du mal à marcher. En plus tu boites. C'est ma faute, je suis vraiment désolé.
_Pas moi. Tu sais bien que je n'avais pas le choix. Si je ne l'avais pas fait, tu serais mort.
_Oui… Mais…
_Pas de mais Harry.
_Quand pourras-tu remarcher normalement?
_Jamais. Je boiterai toute ma vie.
_On ne peut vraiment rien faire? Il existe bien une potion, une crème. Sirius tu m'a bien dis que tu avais le pouvoir de guérir? Tu peux donc faire quelque chose.
_Si j'avais pu agir plutôt oui. Mais il a refusé que je le soigne. Il m'a même ordonné de te soigner avant lui. Quand il a accepté mon aide, c'était déjà trop tard.
Harry n'avait pas besoin de ça, il allait se sentir encore plus coupable. Si seulement il avait réfléchit un peu avant de se mettre à courir. À présent il était trop tard pour les remords ou les regrets. Il se demanda ce qu'il pourrait bien dire pour sa défense. Ce n'était pas si facile que ça, et il ne put trouver les mots justes.
_Ça va Harry? Lui demanda Sirius. Pourquoi tu fais cette tête?
_C'est sûrement parce que je me sens pas très bien.
_C'est normal après ce que tu viens de vivre. Tu devrais te reposer un peu.
_Et toi? Que vas-tu faire?
_Il est plus prudent pour moi de rester ici pendant un moment. Fudge va probablement mettre des sentinelles autour de l'école, afin que je ne puisse pas lui échapper une fois de plus. Ici au moins je suis en sécurité. Dors à présent, tu n'as plus à te faire du souci pour moi.
Sirius borda Harry dans son lit. Ce dernier s'endormit rapidement. Puis il s'intéressa au second blessé qui était toujours assit sur le bord d'un lit.
Sirius s'approcha ensuite de Thomas.
_Toi aussi tu devrais te reposer un peu. Cela ne te fera pas de mal.
_C'est inutile je n'ai pas sommeil. Et puis j'ai du travail, je dois préparer mes cours de la semaine prochaine.
_Cela peut attendre. Tu as encore besoin de soins. Il ne faudrait pas que ta blessure s'infecte et qu'on soit obligé te de couper la jambe. Et je suppose que tu aimerais la garder.
_Bien sûr. Mais ses soins je préférerais qu'ils soient fait dans ma chambre et pas ici.
Sirius aurait dû se fâcher face à un tel comportement irresponsable. Le professeur Salinger était bien trop vieux pour faire un caprice de gamin. S'il ne l'avait pas fait, c'était parce qu'il vit dans ses yeux une certaine tristesse. Il n'insista pas, après tout il était assez grand, pour prendre des décisions.
_D'accord. Mais il est hors de question que tu y ailles tout seul et que tu marches pour y retourner. Je te reconduit et je vais te laisser de quoi désinfecter ta plaie. Et tu attends demain pour travailler. Tu dois te reposer, et tu ne fais rien d'autre.
Le silence, c'est fou comme il peut être pensant et ennuyant, surtout quand on est seul et qu'on attend depuis un certain temps. Une heure, peut-être même plus, difficile de se rende compte du temps qui passe lorsqu'on a aucun repère. Pourquoi Harry ne revenait-il toujours pas? Lui faisait-il la tête suite à leur divergence d'opinion sur le professeur Salinger? ou parce qu'il l'avait rejeté?Les deux?
Il sentit comme une douleur au niveau de la poitrine, mais ce n'était pas dû à la peur, ou la fièvre. Alors quoi? L'amour? Ce serait donc ce que l'on pouvait ressentir lorsqu'on éprouvait des sentiments forts pour quelqu'un? Oui c'était bien de l'amour qu'il ressentait envers Harry. Un amour fort, un amour qu'il n'avait jamais pensé éprouver. Mais à cause de sa maladresse, il avait peut-être perdu toutes ses chances de le concrétiser un jour.
Il finit par se dire, que d'attendre ici dans cette pièce ne servait plus à rien, Harry n'avait jamais eu l'intention de revenir vers lui. Il retourna directement dans sa chambre. Le soleil allait se lever. Il n'avait pas pensé qu'il aurait passé presque toute la nuit tout seul dans cette pièce lugubre. Malgré sa nuit blanche, il eut bien du mal à trouver le sommeil.
Il se rendit à l'infirmerie pour y demander un petit médicament miracle, le somnifère. L'infirmière ne lui refusait jamais de lui donner ce genre de cachet, du moment où il savait se montrer discret.
Quelqu'un dormait dans un lit lorsqu'il entra. Il ne savait qui cela pouvait être, et il n'avait pas envie de le savoir non plus. La présence de cette personne était dérangeante, il aurait du mal à demander un médicament de confort devant un témoin. Tant pis se dit-il, je vais devoir m'en passer. Il appuya sur la poignée de la porte lorsqu'il entendit la voix de madame Pomfresh.
_Vous êtes réveillez monsieur Potter. Comment va votre bras, il vous faire encore mal?
_Bonjour madame Pomfresh. Je n'ai plus mal. Je peux sortir?
_Pas avant d'avoir prit un bon et copieux repas. Je reviens dans cinq minutes avec votre petit déjeuner. Vous attendez dans votre lit, et je vous interdis de vous lever.
Draco fit demi-tour. Voilà pourquoi Harry n'était pas revenu vers lui, il avait du faire un malaise, ou avoir un accident. Il devait en savoir plus, c'est pour cela qu'il alla lui parler.
_Harry. Mais que fais-tu ici?
_Bonjour Draco. Je suis désolé de t'avoir fait attendre aussi longtemps. J'ai fait une chute dans les escaliers, et je me suis fait mal à mon bras. J'ai dû passer la nuit ici, madame Pomfresh a préféré me garder en observation.
_C'est moi qui le suis. C'est à cause de moi, si je ne t'avais pas demandé d'aller me chercher un médicament.
_Non, s'écria l'infirmière qui revenait avec un plateau repas. Il n'est pas tombé dans les escaliers. Il a reçu une flèche dans le bras, et les escaliers n'ont pas de bras. Ils ne peuvent donc pas lancer ce genre de projectile.
Elle posa le plateau sur la table de chevet de son jeune patient, et repartit en rallant.
Ils sont pas croyables avec leurs escaliers. A chaque fois qu'ils se blessent c'est parce qu'ils y sont tombés. On me prend vraiment pour une pomme, ce n'est pas si dangereux que ça les escaliers. Elle dit d'autre chose après, mais comme elle était trop loin, il était impossible de comprendre. On pouvait tout de même deviner que le reste était du même acabit.
_Tu peux me dire comment tu l'a reçu cette flèche?
_Je n'ai pas envie de t'en parler.
_Tu m'en veux pour ce que je t'ai dit?
_De ça non plus, je n'ai pas envie d'en parler.
_Mais, je voudrai te dire que …
_Je ne veux pas entendre tes excuses. N'en parlons plus.
_Je peux au moins rester avec toi?
_Ce n'est pas nécessaire. Je mange et je vais en cours après.
_Mais on est samedi, on n'a pas cours aujourd'hui.
_Ah bon? Tu es sûr? Ah oui c'est vrai.
_Dans ce cas, on peut passer la journée ensemble.
_Non, on ne peut pas. Je vais être occupé, j'ai des tas de choses à faire.
Draco comprit qu'il était de trop, que Harry lui en voulait beaucoup, suffisamment pour en oublier les sentiments qu'il prétendait avoir à son sujet.
Harry n'avait pas pensé un seul mot. Il était en colère, et avait voulu que Draco ait mal, et se rende compte ce que cela fait de se faire rejeter. Il aurait pu passer sa journée avec lui, il n'avait pas tant de chose à faire. Juste parler un peu avec Sirius, et prendre des nouvelles de Thomas, qui n'avait pas passé la nuit à l'infirmerie.
Harry passa sa matinée en compagnie de Sirius. Il avait tant de choses à dire à son parrain. Il s'était passé aussi beaucoup d'événements ces derniers temps. Cela lui fit beaucoup de bien de parler avec quelqu'un qui ne le jugeait et qui savait écouter.
Il retourna ensuite dans la salle commune de sa maison. Il était un peu déçu ne pas avoir pu prendre des nouvelles de son professeur de défense contre les forces du mal. Sirius lui avait déconseillé de le faire, lui expliquant que ce dernier n'avait peut-être pas pris le fait qu'il devrait boiter tout le reste de sa vie, aussi bien qu'il ne lui avait faire croire sur le moment. Cela expliquait pourquoi il avait refusé de rester à l'infirmerie, à cause de sa grande pudeur, et cela pouvait aussi expliquer qu'il préférait s'isoler des autres, plutôt que de montrer son chagrin en public.
Hermione et Ron se précipitèrent vers leur ami, et lui demandèrent de ses nouvelles. Il leur raconta, en détail tout ce qui s'était passé, sa conversation avec Draco, sa fuite dans la forêt, sans oublier le retour inattendu de Sirius.
_Rien de tout cela ne se serait passé, si je ne t'avais pas poussé à parler avec Draco de tes sentiments. Si tu savais comme je peux m'en vouloir, lui avoua Hermione, la tête basse.
_Tu n'as pas de raison, répliqua Ron. Maintenant il sait que ce crétin de Draco n'éprouve aucun sentiment pour lui. Il va pouvoir passer à autre chose. Pour moi, c'est bien.
_Tu trouves aussi bien que Harry a failli se faire tuer dans la forêt et que Thomas ai été blessé en voulant le sauver?
_Euh, pas ça. Ça c'est vraiment triste. Excuse-moi Harry, je n'aurais pas dû te dire ça.
_Ce n'est pas grave. Dans un sens tu as raison, Draco est un vrai crétin.
Harry répéta un peu trop souvent cette phrase, comme s'il voulait se convaincre de sa véracité, tout en refusant de passer à autre chose. Il fallait faire quelque chose pour l'aider, pour lui changer les idées.
_Dites les gars, reprit Hermione, et si on se faisait une petite fête, tous ensembles. Mais uniquement sur invitation, pour ne pas être avec ceux et celles qu'on aime pas trop?
_Oui peut-être, dit Harry sans enthousiasme.
_On mangera que des trucs qu'on aime. Des bonbons, du chocolat, des glaces. Ça ne te fait pas envie?
_Et des gâteaux? Demanda Ron, il y aura des gâteaux?
_Oui, autant que tu veux.
_Super, ça commence quand?
_Laisse-moi quand même un peu de temps, pour tout organiser.
Une bonne organisation, beaucoup de bonne volonté, un travail d'équipe. Avec tout ça on peut faire une bonne fête. Hermione avait toutes ces qualités, et même plus. Elle savait ce qu'il fallait faire, quand, où, par qui, et comment. En quelques heures, elle avait réussi l'exploit de faire d'une soirée improvisée en une soirée presque parfaite.
La décoration de la salle était sombre et élégante. Le buffet était composé de mets de toutes sortes, en grandes quantités, afin de combler tous les gourmands, les gourmets, et les deux. Les invitations avaient été distribuées avec parcimonie, de façon à éviter les piques assiettes non désirés.
Le seul point faible, était la musique. Impossible de faire venir un groupe en s'y prenant à la dernière minute. Que cela ne tienne, certains c'étaient portés volontaires pour assuré l'ambiance. Un petit groupe de musicien amateur, dont le leader était Neville, et qui répondait au nom des plus bizarres de malheureux biscuit.
Tout fut prêt à l'arrivée des invités. Harry n'en croyait pas ses yeux, Hermione avait mis les petits plats dans les grands pour lui rendre le sourire. Et c'est exactement ce qu'il avait. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi heureux. Le fait que les musiciens jouaient affreusement mal, et que le chanteur n'avait pas une voix de rossignol. Tous ceux qui avaient été invités avaient répondu présent, les élèves, comme le corps enseignants. Il ne manquait qu'une seule personne. Une personne qui au même titre que Harry aurait bien eu besoin de se changer un peu les idées. Il décida d'aller le chercher. Avant de partir, il s'excusa auprès de ses amis, tout en leur promettant de revenir très vite.
Thomas était aussi à son bureau. Il y était resté toute la journée, se demandant comment allait être sa nouvelle vie, maintenant qu'il ne pourrait plus remarcher normalement. Son genou était encore un peu douloureux. Son regard vide était fixé sur la petite fiole qui se trouvait devant lui. C'était une potion que Severus lui avait fait, afin de soulager ses douleurs. La couleur de la mixture, il est vrai, ne donnait pas envie de la boire, l'odeur c'était bien pire. Ne cherchez pas à connaître le contenu de la potion, vous risquerez de ne pas aimer la réponse, et de regretter d'avoir poser la question.
Des bruits brisèrent le silence dans lequel il se trouvait. On frappait à la porte.
_Entrez.
Harry entra et fut soulagé de voir son professeur avec son fameux sourire, il avait l'air d'aller bien.
_Bonsoir Thomas. Comment tu te sens?
_Bonsoir Harry. Ça peut aller, j'ai moins mal. Merci de t'en soucier. Et toi ça va?
_Oui ça va on ne peut mieux. Dis tu as quelque chose de prévu pour ce soir?
_Non rien de spécial, pourquoi?
_Avec des amis on a préparé une petite fête, et on se demandait si tu voulais y aller.
_C'est vraiment très gentil de votre part. Mais j'ai peur de ne pas me sentir à ma place.
_Tu n'as rien à craindre sur ce point. Personne ne va te mettre à l'écart. Et ça te feras un peu de bien de sortir un peu de ton bureau.
_C'est vrai. Je vais essayer de passer.
_Tu verras, tu ne regretteras pas de faire le déplacement.
Avant de partir Harry lui donna son invitation, sans cela il ne pourrait pas trouver la salle où avait eu la fête, et ne pourrait pas y entrer non plus.
Thomas se décida à boire sa potion. Elle n'avait pas un goût si désagréable que ça finalement, mais pas agréable non plus. Il renversa un peu sur son pantalon. Comme il ne voulait pas garder des vêtements sales il se changea. Ensuite il sortit prendre l'air et aussi pour se rendre à la petite fête. Cela ne pouvait pas lui faire du mal de se sociabiliser un peu.
À suivre chapitre 10: Devant toi.
Merci d'avoir lu. Si vous avez quelque chose à me dire, vous avez la parole dans les "critiques" ou revieuws.
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