Bonsoir troupe! Voici un chapitre dont le titre peut très bien être associé à nos 4 personnages principaux ;)
Bonne lecture!
P.S. Je viens de réalialiser que les séparations que j'avais mises entre les points de vue des personnages ne se transferraient pas automatiquement du document original word jusqu'au site! Je m'en excuse (ça coupe beaucoup trop drastiquement sans les séparations! :o ) et j'ai corrigé la situation pour les chapitres précédants également ;)
Le fichu traversier s'arrêta enfin. «Il était temps», grommela Laxus avant de s'empresser d'y descendre pour de multiples raisons. La première : il détestait attendre. La deuxième, et ça il n'oserait jamais l'avouer à quiconque : il avait le mal des transports. C'était moins sévère que cet imbécile heureux de Natsu et il s'en tirait bien lorsqu'il conduisait, mais à bord du traversier, il commençait sérieusement à vouloir frapper quelque chose… comme si ce n'était pas déjà le cas. Et finalement, il ne voulait pas s'arrêter. Le fait d'être immobile était propice à la réflexion. C'était la dernière chose dont le jeune homme avait envie pour le moment. Dans les quelques quinze minutes qu'avait duré le trajet, un série de souvenirs avait déjà commencée à le rattraper.
Bien évidemment, ces souvenirs n'étaient pas glorieux. Soit ils étaient directement liés au moment où on lui avait arraché son père, soit ils concernaient un des rares moments qu'il avait passé avec son père lui-même. Ces derniers n'étaient pas très nombreux, et Laxus ne savait pas exactement pourquoi il avait tant été affecté par la disparition de celui qui ne lui avait accordé que trop peu de temps. Cependant, il ne pouvait pas s'en empêcher. Après tout, c'était grâce à Ivan que Laxus était devenu un homme solide, fort, qui pouvait compter sur lui-même. S'il n'avait besoin de personne, c'était grâce à son père. Les autres n'étaient qu'une source de déception de toute façon. Freed, Bixslow et Evergreen était les seuls qu'il arrivait à supporter dans son entourage et c'était amplement suffisant
Le jeune homme mit pied à terre aussitôt que la passerelle fut installée et marcha d'un pas décidé vers la prison où l'on détenait Ivan Dreyar. Personne ne voulait lui fournir les réponses à ses questions? Soit. Il les trouverait lui-même, et ce, aujourd'hui. Contournant l'impressionnante masse de touristes, à son plus grand agacement, il franchit lentement, mais surement la distance qui le séparait de la prison de Crocus. Il entra sans dissimuler sa mauvaise humeur et se dirigea directement vers l'accueil. Un gars qui n'occupait visiblement pas son poste depuis longtemps l'accueilli nerveusement. Avec sa carrure, ses traits durs, sa cicatrice et son air mauvais, Laxus pouvait facilement passer pour un des criminels détenus entre ces murs.
- Je peux vous aider Monsieur? Dit le réceptionniste hésitant.
- Je veux voir Ivan Dreyar, aboya Laxus sans prendre la peine d'être courtois ni même civilisé.
L'employé se mit à pianoter sur son clavier d'ordinateur sans demander son reste pour ce qui sembla une éternité à Laxus. Laissant tomber un soupir d'agacement, Laxus scruta les alentours. Ce pouvait-il vraiment que son père soit ici-même? Qu'il puisse le voir? Son attention se reporta sur le gars à l'accueil lorsqu'il ne l'entendit plus frapper bruyamment sur ses touches. Il fixait plutôt son écran avec de grands yeux, se leva, et se dirigea d'un pas rapide vers l'arrière.
- Hey! Où tu vas? Lui cria Laxus sans qu'il ne se retourne.
Il revint quelques minutes plus tard à la suite d'un homme dans la quarantaine, au rang clairement plus élevé que le premier.
- Vous êtes ici pour Ivan Dreyar? Lui demanda-t-il d'une voix grave sans émotion.
- C'est ce que j'ai demandé à l'autre, gronda-t-il en pointant le plus jeune du regard.
- Et à qui ais-je l'honneur?
- Je peux savoir ce qui cloche avec ma demande au point qu'il s'enfuit celui-là? S'impatienta Laxus.
- Monsieur, j'ai besoin de votre coopération.
- Laxus Dreyar, se résigna-t-il sachant très bien que, malgré le ton neutre de l'officier, on allait définitivement rejeter sa requête s'il continuait ainsi.
- Vous êtes son fils?
- Ouais.
- Venez avec moi, Monsieur Dreyar. J'ai à vous parler.
Retenant l'envie de lui crier qu'il pouvait lui parler ici, Laxus le suivi dans un petit bureau isolé et pris place avant même que l'homme ne lui propose.
- Alors, ne put-il s'empêcher de dire, encourageant l'officier à parler.
- Ivan Dreyar a bel et bien été incarcéré ici il y a six ans.
- Je veux le voir!
L'homme lui jeta un regard embarrassé, première émotion qu'il affichait depuis sa rencontre avec Laxus.
- Il s'est évadé de prison depuis plus d'un an. Personne n'a jamais pu le retracer.
Devant l'air bouche bée du jeune homme qui n'était visiblement pas du genre à avoir la langue dans sa poche, il ajouta.
- Je suis désolé. Nous avons contacté son père, Makarov Dreyar, pour l'informer de l'évasion, mais nous ne savions pas que sa famille n'était pas au courant.
Laxus se leva, sans rien ajouter, fit quelques pas puis se retourna.
- Pourquoi il était en prison, demanda-t-il.
- Coupable sur plusieurs accusations de trafic de stupéfiants, ainsi que d'un meurtre.
Le sang quitta quelque peu le visage du jeune homme. Meurtre? Son père était loin d'être la personne la plus aimante, mais de là à tuer quelqu'un? Non… Peut-être? La colère le quitta remplacée par le pire des sentiments, la tristesse. Sentant les larmes lui monter aux yeux, Laxus se maudit lui-même pour sa lâcheté. Son père l'avait élevé de sorte à ce qu'il ne devienne jamais une mauviette, pas question qu'il en devienne une maintenant.
Après avoir fait quelque chose des rares ingrédients qui se trouvaient dans le frigo de la crevette, Gajeel se mit à fouiller dans les armoires à la recherche d'assiettes.
- T'es vraiment pas gêné, entendit-il bouder depuis la table.
Le jeune homme ne put s'empêcher de rire de l'air résigné qu'elle affichait, assise les bras croisés.
- J'ai besoin d'assiettes!
- Tu pourrais demander…
- Trop long… Je peux mettre ta portion direct sur la table si tu veux, rit-il en faisant mine de verser la nourriture devant elle.
- Pffff, comme si t'étais assez crétin pour….NON! s'écria Levy alors qu'il allait verser les pâtes sur le napperon.
- Gihi, panique pas, petite crevette, j'ai trouvé les assiettes.
- C'est le pire surnom que j'ai eu de ma vie.
- On t'appelle comment d'habitude? Petite fille?
Elle se leva d'un bond, se dirigeant vers sa chambre, ignorant le fait qu'il était encore dans sa maison. Merde, se dit-il. Levant les yeux au ciel, il rejeta avec difficulté l'attrayante idée de l'ignorer et de manger seul.
- Attend! Laissa-t-il tomber, la rattrapant en deux enjambées et la retenant par le poignet.
Un regard noisette se retourna sur lui, empli de questions. Lui aussi s'en posait d'ailleurs. Pourquoi l'avait-il retenue? Sa prochaine phrase, quittant ses lèvres à son insu, le surprit encore plus.
- C'est quoi ton vrai surnom?
La jeune femme aux cheveux bleus le dévisagea un instant, incertaine de la conduite à prendre et soupira.
- Lev.
Ils se dévisagèrent un moment encore puis il lui lâcha le bras.
- Allez vient, ça va être froid.
Elle obtempéra. Gajeel ne put s'empêcher de sourire en voyant son visage s'illuminer alors qu'elle goûtait le repas.
- Ça te plait crevette?
Levy lui rejeta un regard meurtrier à l'entente du surnom, mais choisit de l'ignorer et répondit à la question.
- J'arrive pas à croire qu'un idiot comme toi ait pu faire quelque chose d'aussi génial avec ce que j'avais dans le frigo.
Bien que satisfait du compliment, il ne put s'empêcher de rétorquer.
- T'es qui pour me traiter d'idiot?
- Une crevette apparemment.
- Gihi, t'es vraiment têtue toi! Je vais peut-être finir par trouver ta présence agréable, rit-il.
- Et c'est moi qui suis têtue! S'emporta-t-elle déclenchant une nouvelle série de son rire si particulier.
Mira suivit Laxus jusqu'à l'entrée d'une immense bâtisse. Il ne lui fallut qu'un instant pour réaliser que c'était une prison. «Que fais-tu ici Laxus», s'inquiéta-t-elle. Elle mourait d'envie de le suivre à l'intérieur, mais elle se ferait à coup sûr repérer. Se résignant, elle attendit à l'extérieur pour ce qui lui semblait une éternité, refoulant constamment l'envie de passer la porte. Puis il sorti. Il semblait déstabilisé, triste, pire encore que sur le traversier. Lorsqu'elle perçut les larmes qu'il affichait au coin des yeux, elle eut un serrement au cœur. Bien qu'elle ne le connaisse pas vraiment, ça lui fendait le cœur de voir un homme aussi solide dans un tel état.
- Laxus…
Son nom s'échappa de ses lèvres sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle se maudit pour attirer l'attention sur elle d'une manière aussi stupide. Mais le mal était fait et, dès que les yeux du jeune homme se posèrent sur elle, Mira vit la tristesse se convertir en colère.
- Qu'est-ce que tu fais là! Beugla-t-il.
- Laxus, je…
- C'est le vieux qui t'as envoyé c'est ça?
Son hésitation confirma les soupçons du jeune homme.
- Il l'a fait parce qu'il est inquiet. On est inquiets, se reprit-elle.
- Mêle toi de tes affaires Mirajane.
- Écoute-moi…
- Non toi écoute moi, la coupa-t-il de nouveau, sa colère mettant de la force dans sa voix. J'ai besoin de personne, particulièrement pas d'une réceptionniste au service d'un vieux menteur.
Sur cette dernière phrase, il la laissa en plan. «Je suis désolée Laxus, mais si tu crois que tu vas vivre tes problèmes seul, tu rêves», pensa-t-elle. «Moi aussi je sais être têtue».
Et voilà! Dites-moi ce que vous en pensez!
