Chapitre 16: Je t'emmène où je t'aime ( Calogéro)

Certains attendaient avec impatience le mois de décembre. Pourquoi? Les jours étaient relativement courts, le soleil presque invisible, et en plus il faisait froid. C'était aussi la magie des fêtes de fin d'année. Les décorations dans les vitrines des magasins, la bonne humeur, les joies du sport d'hiver, les batailles de boules de neige. Le jour de Noël, on prenait plaisir à réunir toute la famille, passant un bon moment avec tous ceux qu'on aime. Les repas étaient un peu plus long que d'habitude, mais ce n'était pas grave, on était pas pressé. Et puis il y avait les cadeaux que l'on offrait, ceux que l'on recevait.

On aimerait que tout se passe bien ce jour là. Que rien ne puisse gâcher cette fête, que l'on attend avec la plus grande impatience. Mais est-ce vraiment toujours le cas à chaque fois? On a beau tout faire pour que tout se passe bien, il arrive que tout parte en eau de boudin, en cacahuète. Les disputes, les rancunes, les non dits, peuvent s'incruster ce jour-là. Plus il y a d'invités, et plus il y a de chance que cela arrive. Revenir à une situation normale devient difficile, voir impossible. Vous seriez étonné d'apprendre le nombre de fois où cela se termine mal. Les chiffres ne seront pas communiqués, afin de garder l'esprit de Noël intacte. Mais on peut néanmoins, parler d'une de ces fêtes. Les faits se sont déroulés un 25 décembre, dans la maison d'un certain Harry Potter.

Tout commença vers dix heures du matin. Fred et George avaient décidé de participer à leur façon, en mettant un peu d'ambiance, selon leur dire. Pour cela rien de plus simple. Ils reprenaient, avec le plus grand des sérieux, tous les chants de noël qu'ils connaissaient. Rien de bien méchant à priori. Sauf que toutes les paroles étaient déformées, et que les petites comptines n'avaient plus rien de mignon. C'était insultant, et l'esprit de Noël venait de se faire assassiner, rien que ça. Personne à part eux deux, étaient sensibles à ce genre d'humour. Plus particulièrement ceux qui s'étaient donnés du mal pour tout préparer, et qui trouvaient injuste que ces deux là ne le fassent pas. Ce qui ne les découragea en rien, jusqu'à ce que leur mère intervienne. Le regard qu'elle leur lança leur suffit. Ils avaient été peut-être trop loin, et ils risquaient de recevoir la correction qu'ils méritaient. Il était hors de question de se faire punir un jour de Noël. Le mieux était de prendre la fuite, la maison était bien assez grande pour cela. Ils avaient en plus l'avantage de courir plus vite que leur mère. Dans le doute, ils décidèrent de la ralentir un peu, en semant quelques obstacles. Le beau sapin que Harry, Draco et Ron, avait décoré avec soin, se retrouva couché au sol. Les décorations, boules, guirlandes, furent piétinés. La belle nappe que Hermione avait repassée avec soin, fut jetée comme un vieux mouchoir, au visage de leur poursuivante. Quand à la belle crèche qu'avait confectionnée Bill et Charlie, servait à présent de cale porte, empêchant qui que ce soit de sortir de la salle à manger. Ce qui laisserait aux deux fauteurs de troubles, le temps de se mettre à l'abri.

Les autres volontaires, se trouvaient dans la cuisine. Il fallait bien que quelqu'un se dévoue, afin qu'ils puissent se restaurer. Le problème est qu'il ne suffit pas de vouloir être un cordon bleu, pour le devenir, même avec la plus grande volonté du monde. La cuisine est tout en art, qui ne s'apprend pas en lisant des livres, mais sur le tas. Ce qui devait arriver, arriva. La viande, fut mise directement dans le four, sans préchauffage au préalable, et y resta bien trop longtemps, puisqu'elle en sortit carbonisé. Les légumes ne furent pas épargnés, en plus d'être très mal coupés, ils furent trop assaisonnées, brefs ils étaient immangeable. Quand au désert un gâteau, fut tout simplement renversé sur le sol, avant la cuisson. En résumé, il s'agissait d'un repas complètement raté.

Midi sonna, c'était en théorie l'heure où on commençait à avoir faim. Il était temps de passer à table. Ce qui dans ce cas, n'aurait servi à rien puisqu'il n'y avait rien à manger. Et puis il y avait du ménage à faire, afin de réparer les bêtises qu'avaient faites les jumeaux diaboliques. Ces derniers n'avaient pas été très loin, ils furent rapidement trouvés par leur père, et ramenés dans le salon par la peau du cou. Ils reçurent, comme présent, un balais, une serpillière et un seau d'eau. C'étaient leurs bêtises, c'étaient donc à eux de faire le ménage. En théorie personne ne devait les aider, mais cela aurait pris beaucoup trop de temps de remettre le salon en ordre. Les garçons s'occupèrent de remettre la table, de redresser le pauvre sapin, qui avait perdu la moitié de ses épines dans la chute. Il ne restait plus qu'à préparer de nouveau le déjeuner, avec le peu de vivre qu'il leur restait. Natacha, se dévoua, et fit un plat à la hauteur de ses talents culinaires. Ce serait des pâtes au beurre, avec une tranche de jambon, ou de blanc de poulet. Et en dessert, ils devraient se contenter de quelques biscuit sec. Cela ne ressemblait plus à un menu de Noël. Mais est-ce le plus important? Ce qui devait l'être était de partager un repas tous ensemble et de passer un bon moment.

Mais l'envie de la faire la fête semblait avoir quitté le navire. Le fait d'être assis devant des assiettes vide, y était pour beaucoup. Ils attendaient avec impatience la fin de la cuisson des pâtes. Dix minutes, ce n'est pas très long, sauf quand on a vraiment très faim. C'est pile à ce moment qu'arriva un invité plus qu'improbable, et pas vraiment attendu non plus.

_Désolé du retard. Il nous a fallu un de temps que prévu pour nous préparer.

Harry reconnu immédiatement le timbre de voix si particulier de son professeur Rogue. Il ne l'avait pourtant pas invité personnellement. Il n'aurait donc pas dû venir, et pourtant il était là. Chose encore plus étrange, il parlait de lui au pluriel. Pourquoi utiliser ce « nous » alors qu'il était seul? Et pourquoi avait-il pris du temps pour se préparer? Ce n'était pourtant pas son style de prendre soin de sa tenue. Au contraire, il portait toujours les mêmes vêtements noirs.

_Je suis vraiment désolé de t'avoir retardé. Tu n'étais pas obligé de m'attendre, tu aurais pu partir avant moi.

_Et tu serais venu comment? Tu aurais trouvé le chemin tout seul?

_J'ai bien réussi à le faire une fois. Il n'y a donc aucune raison que je ne puisse pas le refaire.

_Bien sûr que non. Tu te serais perdu, et tu aurais passé la journée à errer comme une âme en peine dans la ville.

_C'est très joli, ce que tu viens de dire. Tu as pensé à faire de la poésie?

_C'est ça moque toi de moi. Mais moi au moins, j'ai le sens de l'orientation.

Severus n'avait pas perdu la boule, c'était rassurant. Il ne parlait pas non plus tout seul, il était venu avec une autre personne. Harry reconnu immédiatement la voix de Thomas, il en eut plus lorsqu'il le vit. Il avait fait un effort dans le choix de ses vêtements, ils étaient un peu plus soignés que ceux qu'il portait tous le jours. Il avait même pris la peine de bien se coiffer. Cela expliqué pourquoi il n'arrivait que maintenant, cela avait du lui prendre du temps. Quant à Severus, il n'avait pas fait le moindre effort, il était venu avec ses habits habituels.

_Visiblement monsieur a mis trop de temps. Regarde il n'y a plus rien à manger, on est arrivé trop tard. Dire que je n'ai rien avalé ce matin, et j'ai très faim.

Severus ne se doutait pas qu'il n'était pas le seul dans ce cas. Les apparences étaient trompeuses.

_Bonjour, professeur Rogue, Thomas. Répondit Harry. Je suis content que vous ayez pu venir. Installez-vous, le repas ne va plus tarder à être prêt.

_Comment ça, ça va être prêt? Vous n'auriez pas pu vous y prendre plus tôt? Lui répondit Severus, indigné par tant de laisser aller.

_On a eu un,… un léger contre temps.

Harry donna peu d'explication, sur ce qui venait de se passer. Il n'avait pas envie de se justifier, surtout que cela risquait d'être un peu long de tout raconter.

_C'est le duo infernal qui est responsable de ce fiasco, dit Severus.

_Non, non. S'indignèrent les deux nommés. Nous on a juste détruit toutes les décorations.

_Il n'y a pas de quoi d'être fier.

Réponse collective qui venait droit du cœur. Fred et George s'en excusèrent une fois de plus, tout en se doutant que leurs parents, le ressortiraient plus d'une fois, contre eux. Oui ils n'y avait pas de quoi être fier.

Natacha, fut troublée par l'arrivée de ses deux collègues. Au point d'en oublier la casserole, et les nouilles, qui étaient toujours sur la plaque de cuisson. Elle se précipita dans la cuisine, en espérant ne pas avoir trop attendu. Le moins que l'on puisse dire était que les pâtes étaient cuites, même un peu trop, puisqu'elles étaient même collées les unes sur les autres, formant un gâteau de nouilles. Tant pis, il faudra faire avec, parce qu'elle n'avait pas l'intention de recommencer. Personne à part son frère ne lui fit de remarque. Remus lui fit remarquer qu'elle n'était pas encore bonne à marier, et qu'elle finirait vieille fille, puisqu'elle n'était pas capable de faire un plat simple. Molly prit sa défense, solidarité féminine oblige. Elle lui proposa même de lui donner quelques conseil. Cela eut pour effet de la faire rougir, et d'avoir une irrésistible envie de se cacher sous la table. Finalement, ce n'était pas si mauvais que ça, si on en oublié la présentation. C'était juste un peu fade, chacun rajouta un peu de sel, le plus discrètement possible, afin de ne pas vexer la cuisinière.

Percy était présent lui aussi Il n'avait plus aucune raison de mentir à sa famille, et il put leur expliquer ce qu'il avait vraiment fait ces derniers mois. C'est révélations surprirent ses parents, et lui valurent le respect de Fred et George. Ils ne s'étaient jamais attendu que le plus respectueux du règlement, de leur fratrie, puisse jouer double jeu, et aussi longtemps sans se faire prendre. Il n'étaient pas les seuls, à saluer son courage. Maugrey fut l'un de cela.

_Vous avez pris beaucoup de risques, jeune homme, lui dit-il. Et ceux qui pour qui vous l'avez fait, en ont-ils fait autant?Bien sûr que non. Les fondateurs, n'ont pas une once de courage, et tout ce qu'ils savent faire, c'est de donner des ordres, en restant bien sagement à l'abri dans leur grand bureau. C'est pitoyable.

_Je ne vous permets pas de dire ça! Lui répondit Remus, qui s'était incrusté, sans rien demander, dans la conversation des autres.

_Et moi je ne vous permets pas non plus de m'interdire de dire la vérité. Vous le savez aussi bien que moi. Qu'ont ils fait lorsque le jeune Potter a annoncé le retour du seigneur des ténèbres? Je vais vous le dire, rien du tout, aucun n'a réagit, ni fait quelque chose.

_Avez-vous oublié que ma sœur Natacha, a quitté temporairement son travail à L'O.M.S, pour nous aider?

_Je ne voudrais pas me montrer irrespectueux envers votre sœur. Je me demande quand même pourquoi elle a mis autant de temps pour réagir.

Ce n'était pas correct de sa part de s'attaquer de la sorte à Natacha. Le fait qu'elle soit là , ne semblait même pas le gêner, ni l'empêcher de dire du mal d'elle. Elle ne s'était pas attendu à subir ce genre de critique, et encore moins à devoir se justifier.

_Mais ce que je venais d'être engagée à L'O.M.S, et je ne pouvais pas prendre le risque de prendre mon travail. Je devais attendre un peu, avant de demander des congés.

_Tu n'as pas besoin de te justifier ma grande, lui répondit son frère pour la rassurer. Le plus important c'est ce que tu as fait pour nous aider. C'est grâce à ton intervention auprès de Fudge que les choses ont commencé à tourner à notre avantage. Pouvez-vous en dire autant Maugrey?

_D'accord, d'accord vous avez raison sur ce point. Mais reconnaissez qu'elle est la seule. Les autres quant à eux n'ont pas bougé. Ils se sont contentés de planter leur tête dans le sable, comme les autruches.

_Les autruches ne cachent pas leur tête dans le sable. Pourquoi vous ne les aimez pas ?

_Pourquoi voulez-vous que je n'aime pas les autruches. Ce sont de très jolis oiseaux qui ne savent pas voler. Ce n'est pas une raison pour ne pas les aimer, ce n'est pas de leur faute.

_Je ne parlais pas des autruches, mais des fondateurs. Pourquoi est-ce que vous ne les appréciez pas?

_Parce qu'il y en a qui les aime? Personne, à ma connaissance en tout cas.

Les adolescents auraient aimé passer un réveillon de Noël tranquille, sans que personne ne se disputent pour des broutilles. Cela avait déjà mal commencé, et ils avaient espéré que cela finisse mieux. Ce genre de conversations n'avaient tout simplement pas sa place, ce n'étaient pas le meilleur moment, ni l'endroit pour évoquer ce genre de chose. Ils assistèrent impuissant à la joute verbale qui opposait deux de leur ex professeur de défense contre les forces du mal. Ces deux là, ne s'étaient jamais disputés, par en leur présence jusqu'à présent. Ils semblaient bien amers, et chacun semblait persuadé d'avoir la vérité absolu, rien que ça. Le quels des deux allaient avoir le dernier mot? Remus Lupin, ou Alastor Maugrey? Ce dernier s'aperçut que ses anciens élèves écoutaient d'une oreille, un peu trop distraire à son goût. Ils devaient être plus attentifs et être prévenus. C'était son devoir d'aîné de le faire, instruire les plus jeunes, leur ouvrir les yeux sur certaines choses, dont on ne leur parlait presque jamais.

_Les enfants, vous n'avez pas idées de ce que certains d'entre eux ont pu faire pour accéder au pouvoir. Je vais vous le dire, moi, vous devez savoir que….

_Alastor! Dumbledore, lui coupa ouvertement la parole. Il ne pouvait pas laisser l'auror continuer son discours. Je vais vous demander de parler d'autre chose.

_Et pourquoi je vous prie? Ils sont bien assez grands pour entendre ce que j'ai à leur dire. Cessez de les surprotéger.

_Sachez qu'il y a un temps pour tout, y compris pour partager un bon moment, autour d'un repas. Je reconnais que certains fondateurs n'ont pas eu un comportement exemplaire dans le passé. Mais ce n'est pas une raison pour tous les mettre dans le même panier. La plupart, font un travail exemplaire, et ils n'ont rien à se reprocher.

_Rien à se reprocher? Vous savez tout comme moi, à quel point ils peuvent être lâches. Ils se cachent derrière leurs titres, et passent la journée à se regarder le nombril. C'est pour cela qu'ils n'ont rien fait pour empêcher, Celui Dont On Ne Doit Pas Dire Le Nom, d'accéder au pouvoir. Ils l'ont laissé faire tout ce qu'il voulait. Et qu'ont ils fait l'année dernière, lorsqu'il est revenu ?Rien du tout! Le pire dans toute cette histoire, c'est que c'était prévisible. Parce que leur chef actuel, Paul, non c'est Samuel, ah non c'est Richard Salinger. Le plus important c'est qu'il est un descendant direct de Serpentard. Il est donc tout à fait possible qu'il partage les même idées que son ancêtre, et qu'il soit venu en aide à Vous Savez Qui. Ce qui expliquerait pourquoi il aurait quitté son travail sans rien dire à personne, et qu'il ne donne plus signe de vie. Vous trouvez cela normal vous? Pas moi, et je ….

Maugrey fut un nouvelle fois coupé dans son discours. Mais cette fois-ci c'était par Severus.

_JE NE VOUS PERMETS PAS DE DIRE AUTANT DE MAL DE THOMAS. VOUS NE SAVEZ RIEN DE LUI, NI DE TOUT CE QU'IL LES RISQUE QU' IL PREND POUR NOUS AIDER.

Maugrey sursauta, c'était la première fois qu'il voyait le maître des potions sortir ainsi de ses gonds.

_Thomas? Ah oui maintenant que vous me le dites, vous avez raison, c'est Thomas Salinger. Et je ne dis que la vérité à son sujet rien de plus. J'aimerais tant l'avoir en face de moi, je pourrais lui dire tout ce que je pense de lui.

Il ne comprenait pas pourquoi Severus défendait cet homme. Ce n'était pas son genre, lui qui était solitaire et qui n'avait aucun ami, ni même de simple copain. De plus le maître des potions, n'était pas le seul à le regarder froidement. Son voisin de droite, en faisait autant. Qui était-il? Il ne l'avait jamais vu avant, il ne lui donc avait fait aucun tord. Il n'avait donc aucune raison de se montrer aussi hostile envers lui.

_Monsieur, lui dit-il. Je pourquoi vous me fixez de cette façon? Vous pourrez avoir la correction de vous présenter, ce serait la moindre des politesses de le faire.

_Je suis le « nouveau » professeur de défense contre les forces du mal.

_C'est donc vous qui avez repris ce poste ? C'est marrant, je vous imaginais un peu plus vieux. C'est courageux de votre part, d'avoir accepter de prendre cette place. Pouvez-vous au moins me dire votre nom, pour que je saches qui je dois remercier.

_Paul, Samuel, Richard, Thomas, l'ermite, le lâche, le sauvage. Vous avez le choix, prenez celui qui vous préférez, personnellement je m'en moque.

_Vous me faites une blague, c'est ça?

_Pas du tout. Parce que si cela avait été le cas, je vous aurais parlé de l'histoire du nain, de l'elfe et du hobbit, qui entrent dans un café. Si vous profitiez de ma présence, pour me dire ce que vous pensez de moi? Je vous écoute. Je tiens, tout de même, à préciser que je ne me suis pas enfui de mon travail, sans prévenir personne.

_Comment voulez-vous que je le sache? Surtout que ce n'est la première fois que vous disparaissez.

_Vous vous êtes demandé pourquoi? J'avais peut-être de bonnes raisons de le faire?

_J'avoue ne pas m'être posé la question.

_Cela ne vous a pas empêché de me juger, sans chercher à me comprendre. C'est tellement plus facile d'écouter toutes ces rumeurs, et de les répéter bêtement.

_Tout ne doit pas être faut à votre sujet. Pour preuve, vous ne m'avez pas arrêté. Vous n'avez rien fait pour vous défendre.

_Je tiens à connaître ce qui peut être dire dans mon dos. Savoir ce que vous pensez vraiment de moi. Je ne m'attendais pas à autant de mépris de votre part. Oui je sais Albus, vous allez me dire que ce n'est ni le lieu, ni le moment pour ça. Mais je demande à avoir le droit de répondre. C'est à cause de gens comme lui que j'ai éprouvé le besoin de m'isoler un peu, et que je regrette d'être revenu à la civilisation.

Bien que Thomas ait toutes les raisons d'être en colère, il n'avait pourtant pas haussé le ton. Il donnait l'impression d'être triste, peiné, voir fatigué d'entendre toutes ses horreurs à son sujet. C'est aussi pour cela que Dumbledore le laissa s'exprimer, afin de lui laisser l'occasion de s'expliquer.

_Puis-je les connaître vos raisons?

_Non, désolé. Ce ne sont pas vos affaires.

Il y avait comme du gaz dans l'eau. Cela pouvait exploser à tout moment. Le mieux était d'orienter la conversation sur un autre sujet. Ce que fit Molly, en espérant que cela ferait retomber toute cette tension.

_Monsieur Salinger, excusez-moi. Mais il me semble que je vous ai déjà vu? C'était bien vous qui avez ramené Harry ici, après sa fuite de chez son oncle?

_Oui, c'était moi. Je ne pensais pas que vous vous souviendriez de moi. Vous pouvez m'appeler par mon prénom.

_Vous savez Thomas, je n'oublie jamais un visage. Surtout un aussi sympathique comme le votre. Pourquoi vous n'êtes pas venu avec votre épouse?

_Mon épouse? Mais, je ne suis pas marié.

_Vous portez pourtant, une alliance. C'est bien la preuve que l'êtes, non?

_Ce n'est pourtant pas le cas.

_Alors pourquoi en porter vous une?

Sans le savoir Molly avait touché là où cela faisait le plus mal. Thomas en perdit son sourire, son visage se referma, se figea, ne refléta qu'une immense tristesse. Pourtant ses yeux restèrent sec. Sa pudeur lui interdisait de pleurer en publique. Il se leva brusquement de table, comme s'il avait envie de partir avant la fin du repas.

_Thomas, s'exclama Harry. Je suis désolé pour ce qui c'est passé. Mais si tu ne veux pas rester avec nous, je comprendrais.

_Je n'ai pas l'intention de m'en aller. Je dois me rendre aux toilettes. Tu peux me dire où elle se trouve?

_Oui, c'est tout au bout du couloir, sur ta droite. C'est écrit dessus, tu ne devrais pas avoir trop de mal pour les trouver.

_J'ai dit quelque chose de mal ? S'étonna Molly. Si vous ne voulez pas que l'on sache que vous êtes marié, il ne fallait pas garder votre alliance.

_Vous vous mêlez toujours des affaires des autres?

_ Je ne suis pas aveugle, j'ai bien vu la façon dont Natacha vous regarde depuis le début du repas. Si vous étiez un gentleman, vous lui aurez dit la vérité. Pourquoi ne l'avez pas fait?

Effectivement Natacha avait beaucoup regardé son collègue de la soirée, étant donné qu'elle était placé à sa droite. Elle avait tout fait, pour être la plus discrète possible, et ne pensait pas que quelqu'un fasse attention. Elle se sentie gênée pour avoir été prise en « flagrant délit ». Elle n'était pas la seule dans ce cas. Thomas aussi, surtout parce que lui, il n'avait rien remarqué. Il n'avait pas pensé qu'une femme puise être attiré par lui, il n'avait rien faire dans ce sens. Et s'il n'avait rien dit, c'est parce qu'il s'agissait de sa vie privée. Il ne voulait pas l'étaler devant des personnes qu'il ne connaissait que, depuis quelques heures tout au plus.

_Je suis veuf, c'est ça la vérité. Si j'ai toujours mon alliance, c'est juste parce que c'est la dernière chose qu'il me reste de la femme.

Il en avait assez dit, il ne voulait pas entrer dans les détails. Il quitta la pièce rapidement, ne laissant pas à son interlocutrice le temps de lui répondre, ou de lui poser d'autre question.

_Je suis désolée, je ne pouvais pas le savoir.

Molly n'avait pas voulu se montrer trop indiscrète. Si elle avait posé la question, c'était pour protéger Natacha, et s'assurer qu'elle ne se fasse trop d'illusion, en fantasmant sur un homme marié.

Quant à Maugrey, il savait à présent pourquoi celui qu'on surnommé l'ermite, avait éprouvé le besoin de s'isoler pendant un moment. La façon dont il en avait parlé, prouvait qu'il ne s'était pas remis de son deuil, et qu'il en souffrait toujours.

C'est dans le plus grand silence, qu'ils finirent leur assiette. Plus personne n'osait parler, de peur de dire quelque chose de travers sans le vouloir. Le seul à ne pas manger, était Harry. Il semblait inquiet, craignant sans doute que son professeur ne soit reparti, sur un coup de tête, sans rien dire à personne. Molly se sentait encore plus coupable, elle ne voulait pas faire de la peine à ce jeune homme, ni à Harry qu'elle aimait comme si il était l'un de ses enfants. Elle se leva, s'excusa de quitter la table, et sorti de la pièce à son tour.

C'est dans la cuisine, qu'elle trouva Thomas. Ce dernier était assit sur une chaise, à regarder le sol. Il devait avoir un peu honte de sa conduite, et n'osait pas revenir dans le salon. Elle pouvait le comprendre. C'est pour cela qu'elle s'installa à ses cotés, se contentant de le regarder avec tendresse. Elle posa une main amicale et rassurante sur l'épaule, l'invitant à extérioriser son chagrin au lieu de le garder pour lui. C'est ce qu'il fit en lui parlant de sa femme, et des raison de sa mort. C'était la première fois qu'il se confiait de la sorte. Molly trouva les mots justes, ceux qu'il fallait dire en de telles circonstances. Puis elle lui proposa de retourner au salon, afin de manger le désert, quelques biscuits secs accompagnés d'un bon café.

La première chose que fit Thomas, une fois de retour dans le salon, fut de leur demander de bien vouloir lui pardonner. Il s'était laissé emporter par ses émotions. Personne ne lui aurait demandé de le faire, mais ils apprécièrent qu'il le fasse. C'était humain de s'emporter de temps en temps, surtout quand on avait de bonnes raisons de le faire. Natacha aussi fut contente de le revoir. Pendant un moment, elle s'était sentie impressionnée par le prestige de son collègue. Elle avait même pensé qu'il était froid, insensible. Elle s'était trompée à son sujet, il était capable d'avoir des sentiments. Il pouvait s'enflammer rapidement et s'en excuser après. Elle lui posa sa main sur son bras, lui demandant comment il allait. Question des plus simples il est vrai, mais qu'on ne pose pas toujours. Thomas ne fuit pas son contact, lui répondit simplement, et lui fit un petit sourire, triste, mais un sourire quand même.

Ce fut le dernier accident de la journée. Le reste du repas se finit dans une bonne ambiance. Il y eut même quelques blagues, des farces, et beaucoup de fou rire. Fred et George en profitèrent pour faire plus ample connaissance avec les nouveaux professeurs de Poudlard. Ils regrettaient presque de ne plus être en âge de faire des études, ils auraient bien aimé les avoir en tant que professeur. Ils trouvaient même que Thomas pouvait être cool, malgré qu'il soit un fondateur, et relativement âgé.

C'est avec beaucoup de regret que tout ce petit monde se sépara. Il se faisait tard, le soleil était couché depuis longtemps. Certains devraient en faire autant, car tous n'avaient pas la chance d'être en vacances. Harry préféra n'inviter personne à dormir, malgré le fait qu'il y avait bien assez de place pour cela. Non ce n'était pas par égoïsme, ou juste un peu. C'est qu'il tenait à passer un peu de temps seul en compagnie de Draco. Il proposa tout de même à Thomas de rester pour la nuit. C'était lui qui habitait le plus loin, et qui aurait eu le plus de difficulté pour rentrer chez lui.

_J'ai préparé une chambre si tu veux rester cette nuit.

_Merci, c'est gentil. Mais Severus habite pas loin, et il m'a invité à passer la nuit chez lui.

C'est au moment où il devait dire au revoir qu'il se souvint qu'il avait un cadeau à lui donner. Il lui demanda de patienter un peu, il avait quelque chose à lui donner. Thomas ne s'attendait pas à recevoir un cadeau. Il était venu pour passer une bonne journée, pas pour recevoir quelque chose en retour. Le quelque chose en question, était la photo qu'il avait mis dans son bureau. Celle qui croyait définitivement perdu, après qu'un certain Roberts ait mis toutes ses affaires à la poubelle.

_J'aurais pu te la rendre plus tard, mais je tenais à changer le cadre. Celui d'origine était cassé, et j'ai eu du mal à en trouver un autre.

_Tu n'étais pas obligé de te donner autant de mal. Mais j'apprécie ce que tu as fait, et je te remercie.

_Eh oh. Faut y aller Thomas, j'ai sommeil moi, se plaignit Severus, tout en faisant semblant de bayer.

_Oui, oui, on y va. Pardon Severus. On se revoit à la rentrée les enfants.

_À l'année prochaine, lui répondirent Harry et Draco, avant de refermer la porte, et de tourner le verrou, afin que personne ne puisse revenir.


Une fois seuls les deux amants allèrent dans leur chambre. Ce serait la première fois qu'ils se retrouvaient seuls tous les deux, sans personne pour les déranger. Ce moment là, ils l'attendaient autant qu'ils le redoutaient. Ils devaient aller au delà de leur peur et de leur pudeur. S'abandonner totalement à l'autre, et se laisser faire. C'était leur première fois à tous les deux, ils s'attendaient à partager un moment magique, ce fut tout le contraire, catastrophique.

Ils y avaient pourtant mis beaucoup de bonne volonté, de cœur à l'ouvrage. Ce qui ne les empêcha de faire quelques maladresses. Leurs gestes étaient d'une grande fébrilité. Les baisers qu'ils s'échangèrent ne procurèrent aucune sensation, aucune émotion. Ils passèrent à la vitesse supérieur, la découverte du corps de l'autre, les caresses sensuelles déclencha une augmentation du désir. Ce ne fut cependant pas suffisant, ils ne furent pas en mesure de concrétiser leur envie, et tout retomba à plat, comme un soufflet raté, sorti trop tôt du four. Ils venaient de vivre leur premier échec, leur première déception.

Draco se confondu en excuse, il n'avait pas assuré son rôle. Harry ne pouvait pas lui en vouloir, il avait fait ce qu'il avait pu. Il lui promit de lui laisser, un peu plus tard, une autre chance de faire ses preuves. Il était un peu déçu, mais préféra le garder pour lui, il ne voulait pas mettre trop de pression sur les épaules de son compagnon. Il ferma ensuite les yeux, dans l'espoir de dormir un peu. La journée avait longue, et il avait bien besoin de récupérer. Une fois de plus ses rêves furent assez sombre, dramatique mêlant l'ombre et la poussière, l'horizon et la terre, l'enfer et la lumière. C'était la destruction, la désolation, le tout en gris et noir, comme si les couleurs n'avaient jamais existé. Il n'avait aucun contrôle des évènements, regardant ses proches tomber les uns après les autres.

Il s'en voulut d'être aussi faible et de ne pas avoir réussi, une fois de plus, à fermer son esprit. Il en avait assez d'être à la Mercie de ce Voldemort. Il mettrait son orgueil de coté, et il retournerait voir Severus pour le supplier de le venir en aide. Il était prêt à consacrer tout son temps libre, afin d'être plus fort.


Le silence était pensant, l'absence de bruit était stressante. Cela rappelait à Voldemort à quel point il était seul. Lui aussi n'était pas d'humeur à festoyer. Alexandre, alias Managua, qui était aussi un de ses cousins, lui avait tout pris. Il avait tout perdu, son statut, ses disciples, sa fierté. S'il ne faisait rien, on finirait même par en oublier son nom.

Vengeance, tout son être la réclamait. Alexandre devait recevoir la punition qu'il méritait, il devait souffrir mille morts, avant de rendre son dernier souffle. Voldemort l'aurait bien fait lui-même, s'il avait été assez fort pour cela. Qui pouvait l'être assez pour lui rendre service? Pas un de ses anciens « amis». Ces derniers étaient bien trop lâches, et ne se rebelleraient contre leur nouveau maître. Il ne lui restait plus que son homme de main. Un homme que personne n'avait vraiment vu, dont personne ne connaissait l'existence. Un fantôme. C'était le meilleur choix, on ne peut pas se méfier d'une personne qui n'a pas d'identité.

Qu'allait-il faire après? Allait-il épargner les Mangemort? Les torturer pour leur apprendre le prix de la trahison? Leur pardonner ou les tuer? Profitez, amusez vous mes petites souris, le chat ne va pas tarder à revenir et allait sûrement en croquer quelques-unes unes, pour l'exemple. Ensuite il pourrait reformer les rangs de sa nouvelle armée.

Plus personne ne pourrait douter de lui. Il serait enfin le maître incontesté et inconstatable de la magie. Tous s'inclineront devant lui, tous lui obéiront quel que soit ses ordres. Dans ses rêves, il se voyait tout vêtu de blanc, être l'égal du Dieu de la guerre, Arès ou Mars, selon les croyances grecques ou romaine. Il réserverait à son autre cousin, l'imprévisible Thomas, un sort bien pire que la mort. Il en ferait son esclave personnel, à qui il pourrait demander de faire tout et n'importe quoi, tout le temps et n'importe quand. Thomas fais-ci, fais-ça, va me chercher tel chose, ne me regarde pas de cette façon. On verra bien qui aura le dernier mot.


Des moutons, ce ne sont que des vulgaires bovidés. Alexandre se demandait ce qu'il pouvait bien faire avec ces gens. Ils ne brillaient pas par leur intelligence, ils seraient tout juste capables d'éclairer un village de lilliputien à conditions que ces derniers aient des couvres feux de vingt heures par jour, et des mesures drastiques d'économie d'énergie. Ils n'étaient pas non plus des plus fidèles, sinon ils n'auraient pas changé de camp aussi rapidement. Et en plus ils n'avaient pas la moindre conversation. Enfin presque, ils pouvaient parler pendant des heures de leur exploit de criminel sans jamais, mais jamais être intéressant.

Qu'est-ce que je fais ici, avec une telle bande de bras et de jambes cassés?. Mais il était bien obligé de les supporter pour encore un peu de temps. Il devait les garder à ses côtés. Les manipuler, leur nettoyer le cerveau, ou la masse inerte qu'ils avaient dans le crâne, pour les plus bêtes. Il pourrait les rendre inoffensif, incapable de réfléchir par eux-même, voir se rebeller. Voldemort n'était pas de leur, et étrangement personne semblait l'avoir remarqué, ou personne ne s'en soucié.

_Alors mes amis, vous vous amusez bien?

Vu les efforts qu'il avait fait pour cette fête, le prix qu'il avait mis dans les boissons et la nourriture. Il était en droit d'attendre de ses invités qu'ils apprécient cette fête. Il fit semblant d'écouter les réponses, les compliments. Tout ceci était d'un tel ennui. Ils était si pitoyable de ramper devant lui. Il n'avait jamais aimé ceux qui lui obéissait aveuglement, et qui était toujours d'accord avec lui, quoi qu'il puisse dire. Il préférait de loin, qu'on lui tienne tête, ceux osaient le contredire, ceux qui n'avaient pas peur de lui. Cela ne lui était arrivé qu'une seule fois dans le passé.

À suivre chapitre 17: Je vis où tu m'as laissé

Vous avez la possibilité de me laisser un message si vous le voulez.

J'espère que vous avez passé un bon moment, et merci de suivre cette histoire.

See you