Chapitre 19: Danser encore ( Calogero)
Harry et Hermione marchaient dans les couloirs déserts de leur collège. Rien d'inhabituel, il était logique que des étudiants se déplacent de cette façon. Pourtant, ils n'avaient rien à y faire, vu l'heure. Il était dix-neuf heures, et leur place était dans le réfectoire en compagnie de leurs camarades de classe. S'ils étaient là, c'était à cause de Harry. Quelque chose le tracassait, il avait passé la journée à ne penser qu'à ça. C' était une obsession, il devait aller au bout des choses. Hermione ne partageait pas les inquiétudes de son ami. Si elle était là elle aussi, c'était pour l'arrêter dans sa folie, lui faire reprendre raison, avant qu'il ne fasse une bêtise.
_Harry. Je pense que tu ne devrais pas le faire. Lui avait elle dit, dans le vide, à plusieurs reprises.
_Pourquoi ?
_Parce que ça ne se fait pas. C'est mal.
_Mais je veux savoir.
Il était sourd aux arguments de son amie. Il savait parfaitement que ce qu'il avait l'intention de faire, n'était pas bien, mais c'était plus fort que lui.
_Ce n'est pas une raison. Tu ne devrais pas profiter de son absence pour lui voler son courrier.
_Je n'ai pas l'intention de lui voler quoi que ce soit. Je veux juste lire la lettre qu'il a reçu ce matin, c'est différent.
_Pour moi, c'est exactement la même chose. Et puis ça ne se fait pas de lire la correspondance privée des autres.
_Je n'ai pas vraiment le choix. Que pourrais-je faire d'autre ?
_Lui parler directement, au lieu d'aller fouiller dans ses affaires.
_J'ai essayé, c'est même la première chose que j'ai faite. Mais il n'a pas voulu répondre à mes questions.
_Peut-être parce que cela ne te regarde pas.
_Peut-être parce qu'il n'a pas osé m'en parler.
_Ce n'est pas une excuse valable. Tu ne dois pas te mêler de sa vie privée.
_C'est pour son bien que je le fais.
_Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre!
_As-tu au moins, vu la tête qu'il a faite après avoir lu sa lettre ?
_Non, je n'ai pas fait attention.
_Moi si. Je ne l'ai jamais vu aussi déprimé. Il doit avoir des problèmes. Je veux, et peux l'aider. Peu importe ce que tu peux en penser, je le ferai.
_Il est bien assez grand pour les régler lui-même, ses problèmes ? Si il avait besoin d'aide, il te l'aurait demandé, non ?
_Tu le connais. Il n'est du genre à se confier que lorsque quelque chose ne va pas.
_Mais pourquoi tu tiens autant à avoir raison ? Tu ferais mieux de renoncer maintenant. Allez viens, allons manger, j'ai très faim. Pas toi ?
_Ça va me prendre cinq minutes, pas plus. J'aimerais que tu le retiennes si jamais il revient dans sa chambre. Tu peux faire ça ?
_Comment veux-tu que je le fasse ?
_Je ne sais pas. Tu peux lui poser des questions sur quelque chose que tu n'as pas compris pendant son cours par exemple.
_Mais je n'ai aucune question à lui poser, j'ai tout compris.
_Dans ce cas, tu lui parles de la pluie, du beau temps. Fais preuve d'imagination, tu trouveras bien à le retenir quelques secondes.
Ils arrivèrent devant la chambre dans laquelle Harry voulait entrer. Elle appartenait à son professeur de défense contre les forces du mal. Ce dernier avait reçu du courrier ce matin, et c'était la première fois que cela lui arrivait. Il avait quitté la grande salle peu de temps après avoir eu connaissance du contenu de sa missive. Il n'avait rien dit, il ne regarda personne, et il ne dit pas un mot lorsque Harry lui avait demandé comment il allait. Cette réaction ne pouvait signifier qu'une seule chose, il n'avait pas reçu de bonnes nouvelles. Le tout était de savoir à quel point elles étaient mauvaises, ses nouvelles.
Harry ne fit face à aucune résistance. Il se contenta de tourner la poignée. La porte n'avait pas été fermée à clef, elle n'était pas sous la protection d'un sortilège, et aucun tableau n'en protégeait l'accès. Le professeur de défense contre les forces du mal aurait dû se montrer plus méfiant, et ne pas laisser libre accès à sa chambre. Dans un sens, cela lui facilitait la tâche. La pièce était bien rangée, ce qui lui permit de ne pas à avoir à fouiller. Ce qu'il cherchait se trouvait juste devant lui, posé simplement sur la table de chevet. Il ne lui restait plus qu'à se saisir de la lettre, et de la lire. Il fit bien attention à ne pas s'asseoir sur le lit, afin de ne pas laisser une trace de son passage.
Mon cher Thomas.
Harry Potter est à moi, au cas où tu l'aurais oublié. Tu ne dois en aucun cas le protéger de mes attaques, tu dois me laisser en faire ce que je veux. Pourquoi passes-tu ton temps à t'interposer entre nous ? Tu sais pourtant que je n'aime pas être contrarié.
Je vais te demander de ne plus te mêler de mes affaires, et de ne plus lui donner le moindre cours d'occlumancie. Parce que je peux moi aussi te voler un être cher. Penses à ton cher frère Alexandre, sa vie est entre tes mains. Si tu veux qu'il reste en vie, tu sais ce qu'il te reste à faire, et surtout à ne plus faire.
Je tiens à te signaler que je suis capable de le tuer, car j'ai retrouvé tous mes pouvoirs. Ne prends pas ma menace à la légère.
Je te laisse un peu de temps pour prendre ta décision, et j'espère pour toi, que tu prendras la bonne.
Ton cousin qui t'aime Tom Elvis Jedusor
Ps: tu as un peu maigri ces derniers temps. Tu devrais te nourrir plus correctement.
Harry relut le message plusieurs fois afin d'être bien sûr d'avoir tout compris. Tout était clair à présent, il comprenait l'inquiétude de Thomas, Voldemort lui demandait de choisir entre son élève et son frère. Il ne fut pas surpris, le seigneur des ténèbres était assez immonde et cruel pour faire ce genre de chantage. Il replia la lettre, et la remit exactement au même endroit, afin que son professeur ne sache pas que quelqu'un avait pris connaissance de son courier. Il était temps de quitter les lieux, il y était resté trop longtemps. Il n'eut pas le temps de sortir, il se retrouva en bien mauvaise position, et se retrouva face à face avec le propriétaire de la chambre. Ce dernier n'était pas spécialement en colère contre lui. Il était peiné par son culot, et le fait qu'il ait profité de son absence pour venir dans sa chambre.
_Harry, s'exclama t'il. Mais que fais-tu ici ?
_Rien du tout.
_Rien ? Dans ce cas pourquoi es-tu entré dans ma chambre ?
_Je te cherchais, j'avais quelque chose à te dire.
_Tu n'avais pas besoin de me chercher, j'étais dans la grande salle avec tous les autres. Je vais te demander de partir, j'ai besoin d'un peu d'intimité.
_Accorde-moi cinq petites minutes et après je te laisse tranquille.
_Cela ne peut pas attendre un peu ? Tu pourras me dire tout ce que tu veux lors de ton prochain cours d'occlumancie de demain soir.
_Non. J'ai quelque chose d'autre de prévu, et je ne vais pas pouvoir me libérer.
_C'est dommage. Dans ce cas, viens après-demain.
_Je ne serai pas disponible non plus.
_Tu me sembles fort occupé. Tu n'es pas le seul dans ce cas. J'ai aussi des tas de choses à faire, ce qui ne m'empêche pas de prendre de mon temps personnel pour te donner des cours supplémentaires.
_Je te remercie de l'avoir fait. Mais je pense ne plus en avoir besoin.
_Pardon ? De quoi tu n'as plus besoin ?
_De cours d'occlumancie.
_Pourquoi ? J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?
_Non, non, ce n'est pas ça. Tu n'as rien à te reprocher, tu n'as rien fait de mal.
_Et pourtant tu ne veux plus de mon aide. Dis-moi la véritable raison.
_C'est parce que j'ai lu ton courrier.
_Tu as fait quoi ?
_J'ai lu la lettre que tu as reçu ce matin. Celle que Voldemort t'a envoyée.
_C'est parce que j'ai refusé de t'en parler que tu as fait ça ?
_Oui. Je suis vraiment désolé, mais je devais le faire.
_Faire quoi ? Lire ma correspondance privée ?
_Non, c'était pour te venir en aide. Tu n'as plus besoin d'affronter tes problèmes tout seul. Je suis là, et si je peux faire quelque chose pour toi, je le ferai.
_Oui, tu as raison, j'aurais dû le faire, c'est juste que je ne savais pas comment te le dire, sans passer pour un égoïste qui ne pense qu'à lui.
_Je ne veux plus être le jouet de Voldemort. Mais pas à n'importe quel prix, et encore moins au détriment de la vie d'un homme, surtout s'il s'agit de ton frère.
_Tu es vraiment sûr de toi ? Tu es vraiment d'accord pour arrêter les cours ?
_Oui. Le mieux pour le moment, c'est de lui faire croire que tu lui obéis. Cela te laissera le temps d'avertir ton frère, afin qu'il puisse se mettre à l'abri.
_J'ai bien peur qu'il ne veuille pas m'écouter.
_Mais pourquoi ?
_Je préférerais ne pas en parler avec toi.
_Oui, je comprends. Tu n'as pas à tout me dire non plus. Mais envoie-lui un courrier, il doit savoir ce qu'il risque.
_Je vais y réfléchir. Est-ce que tu peux me laisser à présent ? Je ne me sens pas très bien.
_Oui bien sûr.
_Merci.
Harry sortit de la chambre, laissant son professeur seul. Il avait eu raison de tant insister pour connaître la vérité. Parce que à présent, il savait exactement ce qu'il avait à faire. Il s'excusa auprès de Hermione, il n'allait pas venir avec elle dans la grande salle. Il savait que Voldemort ne tiendrait pas sa promesse, et que Alexandre était en danger. Il devait donc en parler avec la seule personne capable de faire quelque chose.
Invisible, Voldemort était complètement invisible. Plus personne ne faisait attention à lui, ne se préoccupait de lui. Pour la première fois de sa vie, il était content de ne plus être le centre d'intérêt. Cela lui permettrait de préparer sa vengeance dans la plus grande des discrétions. Il se rendait à toutes les réunions, et espionnait tranquillement les Mangemorts présents.
Il avait le sourire aux lèvres, car il était content. Son abruti de cousin avait accepté son chantage, ce qui était naïf de sa part. Managua devait donc être épargné. Mais Voldemort n'avait pas l'intention de tenir sa promesse. Il allait charger son homme de main de mettre un terme définitif au jour de celui qui avait osé lui voler sa place. Il espérait bien que Thomas ne se remette pas de la perte de son frère, et qu'il ne soit plus capable de faire quoi que ce soit. Dumbledore se verrait privé de l'un de ses meilleurs éléments.
On aurait à nouveau peur de lui, plus personne n'oserait prononcer son nom. Il serait de nouveau le seigneur des ténèbres. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire, afin d'entrer à tout jamais dans l'histoire. Tuer Harry Potter. Ce qui ne devrait pas lui poser trop de problèmes, étant donné que plus personne, ou presque, ne serait en mesure d'assurer sa protection. Il s'y voyait déjà. Il commencerait par l'Angleterre, puis la Grande Bretagne, l'Europe, et pourquoi pas le monde entier. On se prosternera devant lui, on obéira à tous ses caprices. Il ne serait plus obligé de vivre dans un trou à rat, il se devait d'avoir une habitation à la hauteur de son rang de maître du monde. Son train de vie changerait du tout au tout, il aurait des vêtements neufs fait sur mesure. Il aurait à sa disposition autant d'esclaves afin qu'il ne fasse plus rien d'autre que de terroriser les autres, afin de rester en haut « de la chaîne alimentaire ».
Mais ce qui lui ferait le plus plaisir, serait d'avoir sous ses ordres, son imprévisible cousin Thomas, totalement soumis. Il ne porterait comme vêtement qu'une simple taie d'oreiller, afin de lui rappeler sa condition de sous-homme. Il serait contraint de satisfaire tous ses petits caprices. De temps en temps, il le torturerait un peu, afin de lui rappeler qui était le chef. Il jouerait un peu avec lui, ne lui accorderait aucun repos, et encore moins la délivrance dans la mort. Il lui en voulait assez pour ne plus lui accorder cette faveur, il devait payer pour s'être rebellé contre sa vraie famille, et pour avoir pactisé avec les moldus. Il s'en servirait comme d'un exemple à ne pas suivre.
Harry se rendit immédiatement dans le bureau du professeur Dumbledore. Il espérait qu'il y soit encore, malgré l'heure tardive. Ce qu'il avait à lui dire ne pouvait pas attendre le lendemain matin, il serait peut-être trop tard. Il prit son courage à deux mains, et marcha aussi vite que ses jambes le lui permettaient de faire. Dire qu'il faisait tout ça pour quelqu'un qu'il connaissait à peine, étant donné qu'il ne l'avait vu qu'une seule fois. Il n'avait donc aucune raison d'aller déranger un homme aussi occupé que le directeur de son école. S'il le faisait c'était parce qu'il s'agissait du frère de Thomas, et aussi parce qu'il avait pris d'énormes risques en se faisant passer pour un Mangemort, et qu'il était hors de question qu'il ne fasse rien pour l'aider en retour.
L'accueil qu'il reçut ne fut pas des plus chaleureux, et pour cause, puisqu'il ne s'était même pas donné la peine de frapper à la porte, et qu'il était entré tout naturellement. Au moins, le vieil homme n'était pas encore allé se coucher.
_Harry, cria ce dernier, outré par autant de culot de la part de l'un de ses élèves. Tu ne sais donc pas qu'il faut frapper aux portes avant d'entrer dans une pièce ?
_Si, je le sais.
_Pourquoi ne pas l'avoir fait ?
_Je suis désolé de ne pas l'avoir fait. Mais il était urgent que je vous parle.
_Je ne suis pas à ta disposition. Je ne peux pas me libérer à chaque fois que tu as envie de parler de quelque chose. J'ai beaucoup de travail ce soir, et toi tu as tes devoirs à faire. Reviens me voir demain matin, avant le début des cours.
_Voldemort va tuer Alexandre Salinger, répliqua Harry.
Il n'avait pas prévu de le dire de cette façon, mais il n'avait plus le choix. Il était hors de question qu'il attende le lendemain.
_Pardon ? ! Pourquoi Voldemort ferait-il cela ?
_Parce ce qu'il sait que Alexandre est le frère de Thomas.
_C'est impossible, il ne peut pas être au courant.
_Pourtant c'est bien le cas. Il va le faire parce qu'il veut se venger de Thomas. Il l'a déjà fait dans le passé.
_Tu t'inquiètes pour rien, tu sais bien que Voldemort n'a plus de pouvoir. Et comment tu sais ça, toi ?
Harry dut lui avouer ce qu'il avait fait peu de temps avant. Il lui cita de mémoire la lettre que son professeur avait reçue.
_ Thomas a dû le prévenir du danger. Tu t'es fait du souci pour rien.
_Oui, il l'a fait. Mais j'ai peur que Alexandre ne tienne pas compte de ses avertissements.
_Il va le faire, il n'a aucune raison d'ignorer son frère.
_Si, depuis qu'ils sont en froid.
Dumbledore avait oublié que les jumeaux s'étaient disputés, et ce à cause de lui. Il avait pensé qu'ils allaient se réconcilier rapidement, malheureusement ce n'était pas le cas. Si seulement il n'avait pas fait l'erreur de dénoncer son ami, rien de tout cela ne se serait passé. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire. Il se leva de sa chaise, attrapa sa baguette magique.
_Tu n'aurais pas pu commencer par ça ? Effectivement, tu as raison, c'est très grave. Je me charge d'avertir Alexandre. Toi, tu ne parles de tout cela à personne, d'accord ?
_Même pas à Thomas ?
_Oui. Je ne veux pas lui donner de faux espoirs. Tu comprends ?
_Oui monsieur le directeur.
_C'est bien. Dépêche-toi de retourner avec tes camarades dans ta chambre. Il ne faut pas que quelqu'un se doute de quelque chose.
Harry retourna donc dans son dortoir, il avait fait tout ce qu'il pouvait. Il ne lui restait plus qu'à prier pour que Dumbledore arrive à temps. Cette nuit là, il fut incapable de trouver le sommeil.
_HARRY, est-ce que tu es prêt ? On peut y aller ?
_Non. Laisse-moi cinq petites minutes.
_Encore! C'est exactement ce que tu m'as dit il y a plus de dix minutes. Tu ne peux pas te dépêcher un peu ?
_Je ne tiens pas à y aller, habillé comme un sac.
_Et moi, je tiens à manger ce soir. Et cela risque de ne pas m'arriver.
_Je suis sûr qu'il restera bien quelque chose à grignoter. C'est bon je suis prêt. On peut y aller.
_Tu ne vas changer d'avis, et retourner te changer ?
_Oui. Pourquoi ça ne me va pas ?
_Si, si, tu es très beau.
La dernière chose dont Ron avait envie était que son ami décide de changer de tenue. Il était affamé et il avait attendu trop longtemps pour satisfaire son appétit. Il jeta un coup d'œil au costume choisi par son ami. Il l'avait bien choisi, la couleur était en harmonie avec la couleur de ses yeux. Il avait presque honte de ses vêtements, qui venaient tout droit de la boutique d'un fripier.
Les deux Gryffondor furent rejoints par Draco sur le chemin de la grande salle. Ce dernier avait lui aussi choisi sa tenue avec beaucoup de goût, et encore plus d'argent. Il se dégageait de lui une grande force de caractère et beaucoup de charme. Ron les enviait d'avoir été tant gâtés par la nature. Lui, il n'avait ni le physique, ni le compte en banque, de ses amis. Il chassa ses vilaines idées de sa tête, ce n'était la faute de personne.
Le repas fut servi peu de temps après leur arrivée dans la grande salle et ce, pour le plus grand bonheur de Ron. Il était assuré de ne pas mourir de faim ce soir-là. Il n'eut pas besoin de le prier, ni de lui souhaiter un bon appétit. Il se servit rapidement et mangea avec le plus grand des plaisirs. Le dernier arrivé était Thomas, ce n'était pas étonnant de sa part. Son retard était principalement dû à son manque total de sens de l'orientation, et non dû au temps qu'il avait consacré pour se préparer. Certes il avait fait un effort au sujet de sa tenue. Ce qu'il portait était simple, chic et de bon goût. Par contre, il n'avait rien fait pour cacher ses premiers cheveux blancs. Il n'avait pas recherché à camoufler les petites rides qu'il avait autour des yeux. Elles semblaient même être apparues soudainement en une seule nuit. C'était comme si il venait de vieillir de dix ans, en seulement quelques jours. Ses petites imperfections devraient avoir des conséquences négatives sur son physique. Mais il était de ceux qui s'embellissaient avec le temps, cela lui donnait un charme supplémentaire.
Harry se réjouit de le voir venir à cette petite fête, organisée par le professeur Severus lui-même. Confier ce genre de fête à quelqu'un d'aussi rigide que lui, il n'y avait que Dumbledore pour avoir des idées aussi loufoques. La décoration était bien trop simple, et certaines mauvaises langues auraient appuyé sur l'absence totale de décoration. Il n'avait fait aucun effort, il n'avait pas fait non plus preuve d'originalité. On pourrait croire que tout ceci avait été organisé à la dernière minute, et qu'il l'avait fait sous la contrainte. Au moins le menu était correct, le fait que ce ne soit pas le chef de cérémonie qui était en cuisine y était pour beaucoup. La qualité des mets releva un peu le niveau.
L'ambiance de la soirée, serait assurée par le groupe « Les frères U.S.B. ». Il était composé de cinq garçons, qui ne devaient pas avoir plus de vingt ans. Ils étaient différents les uns des autres, il n'y avait aucune ressemblance physique, il n'y avait donc aucun lien familial entre eux. Le nom du groupe était injustifié. Il fallait espérer que leur présence en ces lieux le soit . Personne ne se montra particulièrement enthousiaste à l'idée d'entendre des parfaits inconnus chanter toute la soirée. Normalement, ils devaient chanter mieux que Neville, ce qui ne serait pas un exploit non plus, vu la piètre qualité de sa seule et unique prestation.
Les membres du groupe débutèrent leur première chanson, malgré le fait que personne ne faisait attention à eux. Ils firent comme si ce n'étaient pas le cas, et puis ils étaient payés pour ça. La musique était des plus « classique », les paroles étaient simple et un peu passent partout. Ils avaient au moins assez de talent pour chanter juste. Les premiers à oser s'aventurer sur la piste de danse, étaient Harry et Draco. Petit à petit les autres couples les rejoignirent, jusqu'à ce qu'il ne reste plus de deux personnes assises sur leurs chaises. La première était Pansy Parkinson. Elle s'était pourtant donnée beaucoup de mal pour l'élaboration de sa tenue. Elle avait même pris le temps de se coiffer et de se maquiller un peu. Le résultat n'était pas à la hauteur de ses espérances, puisque aucun garçon ne s'était retourné sur elle, et par extension personne ne l'avait invité à danser avec lui. La jeune fille fixa du regard la deuxième personne qui ne dansait pas. Il s'agissait de Thomas, et dans un sens elle était contente qu'il se trouve dans la même situation qu'elle. Il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il se retrouve seul. Qui aurait envie de danser avec un handicapé? Il était fort probable qu'il ne bouge pas de sa chaise, de toute la soirée et qu'il fasse tapisserie toute la soirée. Le fait d'avoir mis un beau costume n'y changerait rien.
Hagrid, s'ennuyait tout seul dans sa cabane. Il n'avait pas prévu de se rendre à la petite fête, étant donné qu'il ne trouverait aucune cavalière de sa stature. Il décida tout de même de s'y rendre, afin de profiter de l'ambiance et d'écouter un peu de musique. Il alla saluer son collègue qui semblait solitaire lui aussi.
_Bonsoir Thomas, lui dit-il. Avant de lui serrer la main, et de prendre place sur la chaise la plus proche.
_Bonsoir Hagrid.
_Je suis étonné de te voir assit. Tu n'as pas envie de danser avec les autres?
_J'aimerais bien, mais je n'ai personne avec qui le faire.
_Tu ne devrais pas attendre qu'une jeune fille vienne te le demander. Tu peux prendre les devant et aller leur poser la question. C'est souvent au garçon de faire le premier pas. Enfin c'était comme ça pendant ma jeunesse. Les choses sont peut être différentes à présent.
_Je l'ai fait. Mais elle a préféré m'ignorer. Elle est partie avec un autre. Un qui peut danser normalement.
_Ce n'est pas très gentil de sa part. Mais rien de t'empêche d'en inviter une autre.
_Effectivement, mais c'était avec elle, avec qui j'avais envie de le faire.
_Et qui est l'heureuse élue?
_Natacha Lupin.
_La sœur de Remus. Tu n'as pas choisit la plus facile. Elle a beaucoup de caractère la petite.
_Je sais. Mais j'avais cru comprendre que je ne lui était pas indifférent.
_Parce que toi, tu l'aimes?
_Oui. Je ne pensais pas qu'un jour je puisse aimer de nouveau.
_Je suis vraiment désolé pour toi.
_Merci.
_J'aurais bien aimé t'aider, mais je ne suis pas un expert dans la séduction.
_Ce n'est pas grave. Et puis rien ne l'oblige à m'aimer elle aussi en retour.
Hagrid se sentait impuissant, puisqu'il ne pouvait pas aider son ami. Thomas quand à lui était un peu triste, de s'être fait jeté de cette façon. Dire qu'il se sentait enfin, prêt à tourner la page, à refaire sa vie avec une nouvelle femme, voir fonder une nouvelle famille. De toute évidence, ce ne serait pas avec Natacha. Dire qu'il y avait cru un moment. Le retour à la réalité avait un goût bien amère.
Puis il y eut un entracte. Les chanteurs, tout comme les danseurs, avaient besoin d'une petite pause, et de boire un peu. Pansy n'en avait pas l'utilité étant donné qu'elle avait passé sa soirée à ne rien faire. Elle avait mis tout ce temps libre à réfléchir. Elle avait trouvé comment se venger de Thomas. Elle profiterait de sa présence au bal, afin de s'introduire en douce dans sa chambre. Une fois là-bas, elle n'aurait plus qu'à se dévêtir, de s'installer dans son lit, et d'attendre qu'il fasse de même. À ce moment, elle pourrait se montrer. Il n'aurait que deux choix à sa disposition, soit il acceptait, enfin, de faire tout ce qu'elle voulait, soit elle crierait et l'accuserait de lui avoir demandé des faveurs d'ordre sexuelles. Il était évident qu'il prendrait la première option, à moins de vouloir se faire accuser de pédophilie, de se faire renvoyer de son travail et d'avoir des tas ennuis à cause d'elle. Cela lui servirait de leçon, et il n'était pas à plaindre, il l'avait bien cherché aussi. Il n'aurait jamais dû lui demander de faire le ménage.
La musique pu reprendre une fois que tout le monde avait repris des forces. Il y avait toujours deux qui ne dansaient pas, Hagrid et Thomas. Ces deux là continuaient leur conversation, tout en s'abreuvant de temps en temps, parler donnait soif, c'est bien connu. Ce qu'ils avaient dans leur verre n'était pas un simple jus de fruit. Il s'agissait d'une boisson un peu plus alcoolisée, que Hagrid avait pris le soin de prendre avant de quitter sa demeure. Du coup, ils parlaient un peu plus fort, raient d'une façon peu discrète. Ils se comportaient comme des piliers de bistrots, comportement peu digne de leur rang de professeur. Ils ne montraient pas un bel exemple pour la jeunesse. Quelqu'un devait leur dire, et ce quelqu'un était Natacha. Elle ne pouvait pas le laisser continuer, sans intervenir, et leur demander de cesser immédiatement, ou de quitter les lieux.
_En voilà des manières, messieurs, leur dit-elle sur un ton méprisant. Vous ne savez pas qu'il ne faut pas boire de cette façon en publique? Surtout lorsqu'il y a des enfants.
Elle n'avait pas complètement tord, mais elle aurait pu le dire d'une façon moins brute. Pour la seconde fois de la soirée, Thomas se sentait gêné. Il n'avait pas pensé à ça, tout ce qu'il voulait c'était de passer un bon moment, et oublier la femme qu'il aimait malgré lui. Pourquoi s'acharnait-elle de cette façon sur lui? Pourquoi ne lui adressait-elle la parole que pour lui faire la morale? Il garda le silence, n'osant se défendre et dire certaines choses, qu'il regretterait aussitôt. Il s'était bien trompé à son égard, et il avait perdu toute chance de la conquérir. Elle devait éprouver pour lui que du mépris. Hagrid, n'avait quant à lui, aucune raison de ne pas le faire.
_Où est le problème? Demanda t -il. Mon ami et moi, on profite de la fête, et on fait honneur aux bonnes choses de la vie.
_Vous en avez visiblement trop profiter. Vous dérangez tout le monde en parlant aussi fort. Je vais vous demander de vous montrer un peu plus discret, si vous souhaitez rester ici.
_Vous êtes la première personne à venir se plaindre. Si on dérangeait tant que ça, d'autre personne serait venue se plaindre elle aussi, vous ne croyez pas? Vous êtes peut-être un peu trop rigide mademoiselle. Je me demande bien ce que Thomas vous a trouvé, et comment il a fait pour tomber amoureux de vous.
Natacha ne s'était pas attendue à ce que son collègue puisse l'aimer. Mais est-ce vrai? Avait-il vraiment des sentiments envers elle? Cela expliquerait pas mal de chose, et sa grande timidité envers elle.
_Vous n'aimez? Lui demanda t-elle, un peu brutalement.
_Oui.
La réponse avait le mérite d'être claire, courte et précise.
_Pourquoi ne pas me l'avoir dit?
_J'ai bien essayé, mais vous ne sembliez pas disposez à m'écouter.
_Vous n'aviez eu aucun mal à vous confier à votre ami.
_Je n'avais pas l'intention de le faire, c'est venu tout seul, dans la conversation.
_C'est fou ce que vous pouvez en dire sans le faire exprès.
_Je ne vois pas de quoi vous parlez.
_Vous vous êtes bien vanté de pouvoir vous transformer en dragon, devant au moins, l'un de vos élèves. Pourquoi l'avez vous fait, alors que c'est faux. Vous êtes à ce point en manque de reconnaissance?
_Je suis désolé, mais je n'ai rien fait de tel.
_C'est bien ce que je pensais, vous ne savez pas le faire.
_Si, si, je suis parfaitement capable de le faire. C'est juste que ce n'est pas moi qui l'aie dit.
_Qui d'autre que vous aurez un intérêt à le faire?
_Personne.
_Je n'ai pas une grande estime pour ceux qui se croient supérieur aux autres. Si vous voulez avoir une chance de me séduire, il va vous falloir vous montrer plus humble.
_Pourquoi faire? Vous préférez sans doute sortir avec un homme normal, pas avec un handicapé, tel que moi. Lui répondit Thomas sur le même ton.
Pour Natacha, l'handicap de son collègue n'avait jamais été un problème. Elle ne comprenait pas qu'il s'en serve comme d'une excuse, ou un prétexte pour se faire plaindre.
_Je me moque bien de votre handicap physique. C'est votre sentiment de supériorité que je ne peux pas supporter.
Tout avait été dit. Il était inutile d'en entendre plus. Il savait ce que Natacha lui reprochait et pourquoi elle était aussi distante ces derniers temps. Il n'avait pourtant pas l'impression d'avoir eu ce genre d'attitude. Il n'avait jamais voulu ce vanter de tel ou tel chose devant les autres. Au moins il était fixé, les sentiments qu'il éprouvait, n'étaient pas partagés. Dire qu'il avait fait l'effort de sortir de sa chambre pour venir à ce bal. Il l'avait fait dans l'unique but de se changer les idées, et au lieu de cela il se faisait insulter. Trop, c'est trop. Il était temps pour lui de regagner la tranquillité et le silence, il avait assez entendu de musique pour la soirée. Il se releva tout seul de sa chaise, il était hors de question qu'il ne demande de l'aide pour cela.
_Vous avez sans doute raison, mademoiselle Lupin. Ne vous en faites pas, j'ai bien retenu ma leçon. Je ne viendrais plus vous déranger.
Mais avant de partir, il prit de le temps de saluer son ami Hagrid. Il le remercia aussi de lui avoir tenu compagnie, tout en lui demandant de l'excuser à cause de son départ anticipé. Natacha ne s'était pas attendu à ce qu'il réagisse de cette façon. Elle n'avait pas voulu le blesser, ses propos avaient dépassé, ses pensées. Elle ne mit pas longtemps pour le rattraper, vu qu'il ne marchait pas vite.
_Vous pouvez rester. Vous ne me dérangez pas.
C'est avec beaucoup de douceur et de gentillesse qu'elle posa une main sur son bras.
_J'ai été un peu dur avec vous. C'est parce que je ne supportait pas d'être ignorée, alors que j'ai tout fait pour.
Elle posa sa main libre sur le coin de son œil.
_Je n'avais pas remarqué que vous aviez de petites rides ici.
_C'est que je suis…
Natacha posa son index sur ses lèvres pour le faire taire.
_S'il vous plait, vous n'avez pas à vous justifier pour cela. Je me suis peut-être trompée à votre sujet. Vous êtes peut-être moins superficiel que je croyais, puisque vous n'avez pas cherché à les cacher. Je veux bien danser avec vous, si vous voulez toujours de moi comme cavalière.
Finalement Thomas n'était pas un si bon danseur que ça. Il faisait pourtant de gros efforts pour ne pas marcher sur les pieds de sa partenaire, et pour ne pas perdre l'équilibre à cause de sa canne. Il s'arrêta juste après la seconde danse, estimant qu'il était temps de s'arrêter.
_Ne dites pas de bêtises. Vous n'êtes pas si mauvais que ça.
_Vous me flattez, je…
Une fois de plus, Natacha l'empêcha de finir sa phrase. Mais cette fois-ci, elle ne le fit pas avec un doigt. Elle posa délicatement ses lèvres sur celle du jeune homme. Au moins il savait embrasser.
Harry, quant à lui, n'avait pas arrêté de toute la soirée. Il avait besoin de se reposer les jambes, et en plus il était assoiffé. Draco en parfait chevalier servant, lui proposa d'aller lui chercher un jus de fruit bien frais. Il fut accueilli d'une étrange façon à son retour.
_Ce n'est pas trop tôt, dit Harry.
_Je suis parti i peine dix minutes. Tu n'avais qu'à y aller toi même si tu étais si pressé que ça.
Draco n'aurait pas dû revenir aussi vite, étant donné qu'il y avait la queue devant les boissons fraîches. Ce que Harry avait dit, ne lui était donc pas destiné, il n'avait aucune raison de se vexer. Ce dernier fut pris, bien malgré lui, d'un fou rire incontrôlable.
_J'ai dit quelque chose de si drôle, demanda le blond vexé.
_Non, non. Je te suis même très reconnaissant d'avoir bien voulu me ramener de quoi boire. Regarde plutôt derrière toi, tu comprendras pourquoi j'ai dit que ce n'était pas trop tôt.
Il ne comprit ce que son amant voulait dire qu'après s'être retourné. Il vit Natacha et Thomas qui s'embrassaient encore.
_Tu as raison, ce n'est pas trop tôt. Je suis content qu'il se soit enfin décidé à lui avouer ses sentiments.
_Parce que tu t'en doutais?
_Bien sûr. Pas toi?
_Je n'avais pas fait vraiment attention. En tout cas, ils forment un joli couple. J'espère que tout va bien se passer entre eux.
_Moi aussi.
Toutes les bonnes choses ont une fin, ce fut également le cas pour le bal de ce soir. Il devait se terminer à une heure décente, comme l'avait prévu celui qui avait tout préparé, le professeur Rogue. Il état hors de question de déroger à la règle et de se coucher à pas d'heure. Les étudiants n'avaient pas d'autre choix que de retourner dans leur chambre, afin de faire croire qu'ils allaient y dormir. Thomas fit de même en proposant de raccompagner Natacha jusqu'à sa chambre, bien qu'il n'ait plus vraiment sommeil. Il avait l'intention d'y faire autre chose, et d'y passer le reste de la nuit.
Pansy n'avait pas bougé, elle était toujours cachée dans le lit de son professeur. Pourquoi mettait-il tant de temps pour venir? Elle finit par s'endormir, la fatigue et l'ennuie avaient eu raison d'elle. Elle ne s'aperçut pas que quelqu'un l'avait rejoint, et s'était couché à ses cotés. Ce n'est que le lendemain à son réveille, qu'elle se rendit compte qu'elle n'était plus seule dans le lit. Plusieurs détails semblaient pourtant la préoccuper. Le professeur de défense contre les forces du mal avait beaucoup grandit, il avait aussi grossit, et il était plus velu qu'elle ne le pensait.
Elle sortit rapidement du lit, une fois qu'elle eu identifié la personne qui avait passé la nuit à ses côtés. Il s'agissait de Hagrid. Mais que faisait-il ici? Ce n'était pas chambre. Sa présence en ces lieux, était dû au fait qu'il avait beaucoup trop bu, et qu'il n'était plus en état de retourner dans sa cabane. Il avait donc demander à son ami Thomas, l'autorisation d'aller dans sa chambre. Ce dernier n'avait aucune raison de lui dire non, étant donné qu'il n'avait pas l'intention de s'en servir cette nuit.
Ce mauvais tour qu'elle avait préparé, afin de se venger, c'était retourné contre elle. Elle avait passé une partie de la nuit, nue, à côté du professeur lourd dingue. Au moins il avait gardé ses sous-vêtements.
Elle se rhabilla rapidement. Puis sortit de la chambre, en courant, les larmes aux yeux, tout en espérant que le géant avait été trop saoul pour avoir remarqué quoi que ce soit.
À suivre chapitre 20: Une dernière chance.
Je remercie tous ceux qui ont pris un peu de leur temps pour lire cette histoire. J'espère, sincèrement, que vous avez bien aimé.
Vous avez la possibilité de me laisser un message, si vous avez quelque chose à me dire, que ce soit en bien, ou en mal. Mais rien, ni personne ne vous oblige à le faire.
See you….
