Chapitre 24: Tu es fait pour voler ( Calogèro)

_Tom Elvis Jedusor, ….

_Voldemort. Je suis Voldemort.

Il était hors de question pour le seigneur des ténèbres de se faire appeler autrement que par le nom qu'il s'était choisi, surtout que son vrai, il ne l'avait jamais aimé, et que ce dernier n'avait jamais inspiré la crainte chez les autres. Sa réclamation ne fut, malheureusement pas pour lui, prise en compte. C'était comme si le nom Voldemort n'avait jamais hésité, que tout le monde, sauf celui qui l'avait porté, l'avait oublié. Après tout le mal qu'il s'était donné dans le but de rester à jamais graver dans les mémoires, c'était un coup difficile à encaisser. Mais sa descente aux enfers ne s'arrêta pas là, au contraire elle ne faisait que commencer.

_Je ne me souviens pas vous avoir autorisé à parler. Vous ne le ferez que lorsque je vous le demanderai, pas avant. Où en étais-je? Ah oui. Tom Elvis Jedusor, vous avez été reconnu coupable de toutes les charges retenues contre vous. Vous auriez, sans nulle doute, mérité la peine de mort, pour toutes les atrocités aux quelles vous avez participé.

Pendant un moment, il avait pensé échapper à toute forme de punition. Non, par clémence de la cour. Ses crimes étaient bien trop atroce pour cela. Évoquer son enfance malheureuse, ne serait pas une excuse suffisante. Il n'avait pas été le seul dans ce cas, et peu avait aussi mal tourné que lui par la suite. Aux yeux de la justice, qui n'était pas si aveugle que ça, cela ne pouvait pas être considéré comme des circonstances atténuantes. C'est sur l'aide, de ses amis, de ses sbires, qu'il comptait. A tord, puisque aucun d'entre eux ne firent quoi que ce soit pour lui venir en aide.

Le fait d'avoir toujours étaient traités avec le plus grand des mépris, humiliés, rabaissés, y était pour beaucoup. Ils n'avaient pas envie de se sacrifiés pour quelqu'un qui ne les avait jamais respectés, contrairement à un certain Managua. Avec lui, tout avait été différent. Non seulement, il n'avait jamais eu besoin de leur hurler dessus, de les menacer, de les torturer. Sous son règne, certes éphémère, il n'y avait eu aucune perte humaine dans leur camp. Mais plus encore, il se souvenait du nom de chacun, et avait toujours un mot gentil à leur égard, prouvant qu'il s'intéressait vraiment à eux. Comme, comment va ta femme, tes enfants.

Ils lui en étaient tellement reconnaissant, qu'ils ne semblaient pas lui en vouloir, de les avoir plus ou moins trahi, et d'avoir fait semblant d'avoir été l'un des leurs pendant un moment. La majorité d'entre eux, se contèrent d'accabler Voldemort. Il les avait obligés à lui obéir, ce qui était vrai pour certains. Ils nièrent toute implication d'Alexandre Salinger dans l'histoire, affirmant même ne l'avoir jamais vu avant ce jour. Seuls les Mangemort les plus fidèles, à savoir Bellatrix Lestrange, Crabbe et Goyle, lui restèrent fidèle. Ceux là affirmèrent haut et fort que la vrai tête pensante était Managua. Il les avait forcés à faire ce qu'il voulait, quand il le voulait, le tout en restant dans l'ombre.

Ce fut la seule et unique consolation qu'il eut lors de son procès. Il espérait ainsi, que son traite de cousin tombe avec lui. Dans un sens, il était pire que son frère Thomas, ce dernier n'avait jamais fait semblant d'être de son coté. Sur ce point, il avait au moins eu le mérite d'avoir été honnête. Il ne l'avait jamais aimé et ne s'en était jamais caché non plus. L'arrivée du ministre de la magie, Christian Ngamv, mit un terme définitif aux espoir de Tom Jedusor. Pour lui le témoignage de seulement, trois Mangemorts, n'avait aucune importance. Ces deniers n'avaient aucune crédibilité, n'oublions pas qu'il s'agit de criminels. Ils espéraient sûrement obtenir une certaine clémence, et avec un peu de chance avoir une peine réduite. Ils n'eurent pas cette chance. Toutes personnes qui seraient reconnues comme avoir été une menace pour la société, devait recevoir une punition à la hauteur de leur crime. Les plus impliqués, leur chef y comprit, furent condamnés à perpétuités, sans aucune possibilité de libération, et à l'enferment dans leur cellule de vingt quatre heures sur vingt quatre. Les autres, ceux qui éprouvaient des regrets et des remords, se virent privés de leur pouvoir. Ils seraient contraint de vivre comme les moldus. Ils seraient mis à l'épreuve, dans le but de prouver leur bonne volonté, et de tout faire afin d'aider ceux qu'ils avaient blessés. Aucun ne s'en plaint, trop heureux d'échapper à la case prison. Ils firent même tout leur possible pour oublier leur triste passé, et se faire pardonner. Pour la majorité d'entre eux, y arrivèrent, et plus personne n'entendit parler d'eux.

Le seul à sortir blanchi de toute accusation fut Alexandre Salinger. Il était le seul à avoir gardé tout ses pouvoirs, il n'avait aucune raison de lui retirer. Il quitta le tribunal, libre, et en compagnie du ministre, ce dernier tenait à connaître la vérité.

_Je vais vous poser une question. J'aimerais que vous y répondiez en toute franchise. Avaient-ils raison? Avez-vous été l'un des leurs?

_Vous ne demandez si j'ai été effectivement un mangemort? Dans ce cas, la réponse est oui.

Alexandre aurait pu mentir, mais à quoi bon? Il lui devait son salut, la moindre des choses, était d'être honnête envers lui.

_Pourquoi l'avoir nié? Vous risquiez gros. Que se serait-il passé, si je n'étais pas intervenu? Cela vous aurait au moins accordé la clémence du jury.

_Parce que personne ne m'avait demandé de le faire. Et avec un passé aussi trouble que le mien, personne ne m'aurait cru. Il était préférable que je ne dise rien à ce sujet.

_Vous avez pris d'énorme risques. C'est un peu grâce à vous que Voldemort a finit par faite la faute de trop, et qu'il a perdu. Mais comme vous ne voulez pas le reconnaître, je ne pourrai pas vous récompenser. Pire encore, personne ne saura jamais ce que vous avez fait.

_Le plus important, est que moi je le sache. Quant à une quelque recommence, je n'en ai pas vraiment besoin. Si vous tenez à le faire, offrez l'ordre de merlin, à Harry Potter, et à mon frère. Ce sont eux qui ont pris le plus de risque et qui ont tout fait. Tout ce que je vous demande pour ma part, c'est de garder pour vous ce que je viens de vous confier.

_Ah bon? Vous m'aviez confié quelque chose? Je n'ai rien entendu.

Le ministre tient sa promesse. Il réussit même à effacé le nom d'Alexandre dans le compte rendu du procès, afin que personne ne puisse le découvrir un jour.


Il avait toujours fait, tout ce que l'on attendait de lui. Il ne s'était jamais posé de question, et n'avait jamais cherché à le remettre en cause, pas une seule fois. Il était temps qu'il pense, égoïstement à lui, qu'il vive sa vie pour lui-même et non pour les autres. Pouvait-il le faire tout en gardant son poste de professeur à Poudlard? Aurait-il le temps de faire les deux? Non, il ne le pouvait pas. Il devait faire un choix, ce serait l'un ou l'autre. Personne ne pouvait prendre la décision à sa place, et il était assez grand pour le faire lui même. Il ne savait plus où il en était. Les derniers évènements, l'avait forcés à voir les choses autrement. Il avait énormément changé, sans même s'en rendre compte. À présent, il n'avait plus peur d'être lui même, l'avenir ne le terrifiait plus, enfin plus comme avant. Il se rendit compte que ce n'était pas si difficile que cela que de prendre une décision. Il allait donner sa démission, sans attendre la fin de l'année scolaire. Il n'avait plus rien à y faire à présent, sa présence n'était plus indispensable. Il envisagea même de vivre heureux, en compagnie de la personne qu'il aimait le plus au monde. Maintenant, il lui restait à convaincre son supérieur hiérarchique direct, le professeur Dumbledore. Ce qui n'allait pas être si facile que ça, étant donné que l'année scolaire n'était pas encore terminée. Il serait difficile, voir impossible de trouver un remplaçant. Tant pis, il n'allait pas se forcer à rester pour si peu. Cela ne l'empêcha pas d'avoir beaucoup de mal à trouver les bons arguments, afin qu'il puisse tout quitter, sans se sentir coupable. Il eut tant de mal à trouver les bons mots, que son interlocuteur, ne comprit pas ses véritables motivations.

_C'est vraiment ce que vous voulez?

_Oui.

_Vous avez bien pris le temps d'y réfléchir?

_Bien sûr. Je n'ai pas pris cette décision sur un coup de tête.

_Mais pourquoi?

_Vous n'avez plus vraiment besoin de moi.

_Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.

_Ne faites pas semblant. Voldemort a été mis définitivement hors état de nuire. Je n'ai donc plus aucune raison de rester.

_Si vous en avez au moins une. Enseigner. Poudlard n'a pas été crée que dans le but de détruire les méchants de service. C'est pour que nos jeunes enfants apprennent à se servir de leur pouvoir, afin d'acquérir par la suite un travail, à la mesure de leurs capacités.

_Vous pouvez demander à une autre personne de me remplacer. Je ne suis pas irremplaçable tout de même. Personne ne l'est.

_Certes. Mais je vais avoir beaucoup de mal à en trouver un, qui ait les mêmes qualités que vous.

_Je ne pense pas que cela soit si difficile que ça. Vous ne seriez pas en train de vous moquer de moi?

_Mais pas du tout. Vous êtes, même, l'un des meilleurs, non le meilleur dans cette discipline.

_Vraiment?

_Puisque je le vous dis.

_N'imaginez pas que je vais rester, uniquement parce que vous m'avez fait un compliment.

Les flatteries, n'avaient visiblement, servies à rien. Le professeur était très motivé, et il n'avait pas l'intention de se laisser influencer. Il avait pris sa décision. Il n'avait pas l'intention de faire marche arrière.

_Loin de moi, cette idée.

_Vous n'avez pourtant bien dit que je pouvais partir quand je le voulais, le jour où vous m'avez engagé?

Effectivement, il l'avait bien fait. Dans le cas contraire, il n'aurait pas accepter de travailler à Poudlard. Il tenait à rester libre de s'en aller, lorsqu'il le jugerait nécessaire. Le professeur Dumbledore n'avait pas pensé, qu'un jour, cela se retournerait contre lui. Il aurait pu nier, et faire semblant de ne pas s'en souvenir. Il ferait preuve de mauvaise foi.

_Oui, effectivement, c'est bien ce que j'ai dit.

_Vous ne comptez tout de même pas me retenir ici, contre mon grès ? N'est ce pas?

_Bien sûr que non. Avez-vous une lettre à me donner?

_Ma parole ne vous suffit pas?

_Je suis désolé, mais c'est la procédure. Je dois avoir une trace écrite de votre demande. Revenez lorsque vous serez en mesure de me procurer ce document.

Il n'eut pas besoin de revenir, étant donné qu'il n'avait pas fait le déplacement les mains vides. Sa lettre était des plus courte, claire, et concise. Le motif de son départ, n'y était même pas mentionné. Rien ne l'obligeait à le faire, certes, mais il était tout de même préférable de l'indiquer.

_Vous n'avez peur de vous ennuyer?

_Cela ne sera pas le cas. J'ai de nombreux projets inaboutis, que je compte bien réaliser.

_Et vous ne pouvez pas le faire en restant ici?

_Non, c'est impossible, je regrette.

_Qu'avez-vous l'intention de faire pour que cela vous empêche de combiner les deux?

_Me marier.

Se marier et vivre en couple, n'était pas forcement incompatible. Beaucoup de professeur étaient mariés, sans que cela ne nuise à leur travail, ou leur vie de famille. Sur ce point Poudlard, était légèrement différent. Sa situation géographique, et le fait qu'on soit, plus ou moins, tenu d'y rester dix mois par an, compliquait un peu les choses. Ceci expliquait, en partie, pourquoi jusqu'à présent, tous les professeurs qui y étaient, étaient tous célibataires. Le professeur Dumbledore, n'avait pas dérogé à la règle. Il n'avait jamais eu de compagne, ni fondé de famille. C'était son choix, et il n'avait pas à l'imposer aux autres.

_L'aimez-vous?

_Bien plus que vous ne pouvez l'imaginer.

_Avez-vous déjà fait votre demande?

_Oui.

_Quelle a été sa réponse?

_Oui.

_Je vois. C'est une bonne nouvelle, et je suis très content pour vous deux.

_Merci. Pouvons-nous compter sur votre présence ce jour là?

_Bien sûr. Je tiens à être présent, le jour du mariage de l'un de mes filleuls. Avez déjà convenu d'une date?

_Oui, c'est prévu pour le premier samedi de juillet. Je vous ferais parvenir une invitation. J'ai beaucoup de choses à faire, c'est pour cela que demain sera ma dernière journée de travail.

Le soulagement du directeur, fut d'une courte durée. Il crut un moment, que son professeur partirait que quelques jours avant. Qu'il aurait un peu de temps devant lui, afin de passer une annonce, et recevoir tous les candidats potentiels. Le choc fut difficile à encaisser.

_Pardon? Vous partez quand?

_Demain soir.

_Vous êtes conscient du pétrin dans lequel vous me mettez? Je suis dans une situation délicate. Les parents de nos élèves, nous paient afin que vous offrons à leurs enfants, la meilleur éducation possible.

_Cela sera toujours le cas après mon départ.

_Pas avec un professeur de moins. J'en ai bien peur.

_Cela ne sera pas le cas, si vous lui demandez de me remplacer. Je pense qu'il sera content d'avoir un travail.

_À qui dois-je le demander, selon vous?

_ À Sirius Black. Il ne fait pas grand chose, depuis qu'il vit ici. Cela lui donnera un peu d'occupation.

_Vous pensez qu'il en a les compétences pour vous remplacer?

_Il ne sera pas, certes, aussi bon que moins. Mais je pense qu'il est le plus qualifier pour me succéder.

_D'accord. Je vous autorisai à partir, dès qu'il m'aura donné son consentement.

_Je vous remercie. Une dernière chose, j'aimerais que vous ne disiez à personne, que je m'en vais. Je tiens à le faire personnellement.

_Bien entendu. Et puis ce n'est pas non plus à moi de le faire.

Sirius, quant à lui, n'avait aucune raison de refuser ce travail qu'il lui était, si généreusement offert. D'une part parce qu'il avait besoin d'argent, le fait d'être un être de lumière ne le dispensait pas d'avoir des besoins, comme se nourrir, se vêtir. Mais ne plus, il ne savait pas trop quoi faire de tout le temps libre qu'il disposait. Au début, il n'avait pas rien fait dans le but de se retrouver enseignant. Il avait pensé ne pas être fait pour cela, ne pas avoir la patience nécessaire. Il se rendit rapidement compte, en réalisant quelques cours en dépannage, que ce n'était pas si mal que cela. Que cela pouvait même être extrêmement gratifiant, lorsqu'il voyait les progrès que ses élèves faisaient, grâce à lui.

À présent, le professeur Dumbledore, n'avait plus aucune raison de refuser la démission de l'un de ses professeurs. Ce dernier pourrait partir le soir même, s'il le voulait. Il décida de passer sa dernière journée à Poudlard, de la façon la plus normale possible. Il joua son jeu à la perfection, se montrant fidèle au lui même. Il ne changea aucune de ses habitudes, afin que personne ne puisse envisager, ne serait-ce l'espace d'un instant, qu'il ne serait plus là le lendemain. Il était tellement impatient d'en finir, qu'il avait l'impression que le temps s'était ralenti, voir qu'il s'était arrêté. Ce qui était impossible, le temps ne pouvait pas se geler de cette façon. Il se demanda comment l'annoncer. Les discours, parler en publique, n'avait jamais été sa tasse de thé. Mais cette fois-ci, il devait faire un effort. Il ne pouvait pas s'en aller, comme un voleur, sans rien dire à personne. Ce ne serait pas correct de sa part. il essaya de noter sur papier, tout ce qui lui passait par la tête, tout en espérant trouver les bons mots. Ces derniers restèrent bloqués quelque part dans sa tête, sans jamais en sortir. Il resta devant une page blanche, se montrant parfaitement incapable d'écrire quoi que ce soit. Tant pis, il n'avait plus assez de temps. Le dîner allait bientôt être servi, et il devait faire ses bagages. Il délaissa sa feuille, qui était toujours blanche, afin de se préparer, et se rendre dans la grande salle. Il serait contraint d'improviser, il espérait y arriver sans bégayer ni perdre ses moyens.

Pour la première fois de sa vie il avait le tract. Il avait certes l'habitude de parler devant ses élèves, mais il s'agissait d'un nombre relativement restreint d'individu. Cette fois ci, ce serait différent, il devait le faire devant tout le monde. C'est avec une boulle au ventre, qu'il prit place à coté de son seul et unique ami. Il espérait que ce dernier puisse lui venir en aide, si jamais il se retrouvait à court de mot. Il regarda autour de lui, tout en prenant conscience qu'il ne reviendrait plus jamais, qu'il ne prendrait plus aucun de ses repas ici. Cela lui manquerait-il? Sa nouvelle vie serait-elle meilleur que son ancienne, lui apporterait elle le bonheur dont il avait si cruellement manqué? Il devrait attendre afin d'obtenir une réponse à toutes ces questions.

Le moment tant espéré et attendu, arriva enfin. Tout le monde avait pris place autour de leur table respectifs, n'attendant plus que l'arriver des plats, afin de se rassasier. Normalement, cela se faisait instantanément. Pas ce soir. Pourquoi? Le plus impatient de tous était Ron. Ce qui était, le plus souvent le cas, lors de tous les repas de la journée. Il avait toujours faim, et son seul désir était de se restaurer, en mangeant et en buvant aussi. C'est désespérément qu'il regarda son assiette aussi vide que les plats se trouvant sur la table. N'importe quel aliment ferait l'affaire, du moment qu'il était comestible. Il n'était pas très difficile, puisqu'il aimait tout, sauf les brocolis, et encore avec du beurre et du fromage, ce n'était pas si mauvais que ça. D'habitude les elfes de maison étaient rapide lorsqu'ils servaient, ils l'étaient au point, qu'il était impossible de les voir en action. Quelque chose, ou quelqu'un aurait-il eu la mauvaise idée de les retarder dans leur travail? Mais qui et pourquoi? Il sursauta lorsqu'il entendit quelqu'un frapper son verre avec sa fourchette. Ce qui n'avait pas été fait, dans le but de réclamer le repas, ou de se plaindre d'un service trop long. Non, c'était juste pour attirer l'attention sur lui, et demander le silence. Il releva la tête, et soupira, étant donné que c'était le directeur de son école. Il était impossible de ne pas l'écouter. Qu'avait-il à leur dire pour que cela ne puisse pas attendre la fin du dîner par exemple?

_Je vous remercie de m'accorder un peu de votre attention. J'ai une mauvaise nouvelle à vous communiquer. Il se trouve que l'un de vos professeurs va nous quitter ce soir. Je précise que je ne l'ai pas renvoyé. Il l'a fait de son plein grès, en me donnant sa lettre de démission. Bien que ce fut difficile pour moi, j'ai accepté sa décision. Je vais lui laisser la parole, afin qu'il puisse faire par lui même ses adieux. À partir de demain, tous ses cours seront assurés par le professeur Black.

Tous les regards se tournèrent directement et spontanément sur Thomas. Pourquoi lui? Peut-être parce qu'il l'avait déjà essayé de le faire dans le passé. Il savait pourtant à quel point il comptait pour ses élèves, et à quel point ils tenaient à ce qu'il reste. Le problème était qu'il avait pris le poste maudit. Personne ne l'avait gardé plus d'une année, et ce depuis sa création. Il n'avait pas visiblement envie de briser la tradition. Mais pire encore, il s'était comporté normalement dans la journée, sans rien dire à personne. Et ça, cela ne se fait pas, lorsqu'on a un peu d'éducation et de savoir vivre. Et puis, il aurait pu faire l'effort de rester jusqu'aux grandes vacances, il ne restait que deux mois. Sur ce point, il serait le première à le faire. Pensait-il vraiment ne plus avoir sa place? Le plus grand méchant, Voldemort, était en prison depuis deux mois, et normalement il devait y rester jusqu'à la fin de ses jours. Non, cela n'avait pas de sens, il n'aurait pas attendu tout ce temps. Il en avait peut-être assez de n'être qu'un simple professeur, avec tous les diplômes qu'il avait. Après son véritable métier, au sein de L' Organisation Mondial de la Sorcellerie était plus prestigieux, et surtout mieux payé.

Ron, pour la première fois de sa vie, n'avait plus faim. Ce qu'il attendait, c'était des explications. Thomas ne pouvait pas les abandonner, les laisser livrés à eux même, sans leur donner ses raisons, et de bonnes de préférence. Il était extrêmement déçu, peiné et aussi en colère. Dire qu'il n'y a pas si longtemps, il ne lui faisait pas confiance et aurait content de le voir dégager. Il l'avait trouvé distant, secret, limite arrogant. Il savait à présent, qu'il le connaissait un peu mieux, que tout ceci était faux. Qu'il n'avait pas la grosse tête, qu'il était un bon professeur, un chanteur à ses heures perdues. Bref quelqu'un sur qui ont pouvait compter.

Il n'était pas le seul à le penser. Harry, quant à lui, ressentait à peu près la même chose, mais en plus fort. Il était bien plus proche de ce professeur que n'importe quels autres élèves. Ce qui était normale, après toutes les aventures qu'ils avaient partagées, et toutes les difficultés qu'ils avaient surmontées ensemble. Il était à ses yeux, comme un ami, un grand frère, à qui on pouvait se confier, et qui ne jugeait jamais. Il était, sans nulle doute, le plus triste présent. Sa seule consolation, était que c'était son parrain qui allait être son nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Ce qui était des plus logique, il avait assuré l'intérim à plusieurs reprises, et s'en était sorti sans trop de dommage. Cela avait aussi pour mérite, de leur éviter de se retrouver avec un nouveau professeur étrange, pire encore un comme Maurice Robert.

Thomas, quand à lui, avait bien du mal à comprendre pourquoi, il était le centre d'attention de tout le monde, ou presque. Il ne bougea pas de sa chaise, ne se leva pas non plus. Il n'avait pas à le faire, étant donné que ce n'était pas lui qui avait donné sa démission. Ce n'est pas moi, essaya t-il de dire, le plus discrètement possible. Il ignorait même qui l'avait fait. Il sursauta lorsqu'il entendit son voisin de droite, le professeur Rogue se racler la george. Il s'était même levé. C'était donc lui qui partait? Il avait gardé l'information secrète, il n'en avait même pas parlé avec son meilleur ami. Personne ne s'y était attendu. Personne n'avait visiblement envie de l'écouter, hormis ceux de sa maison, les Serpentard. Pour eux, c'était différent, il était leur directeur, leur model à suivre, leur maître à penser. Il était aussi l'un des rares professeurs à toujours leur donner raison, à prendre leur défense. Qui le fera maintenant?

_Je suppose que l'annonce de mon départ va en réjouir plus d'un.

Effectivement, pour tous les autres élèves, il s'agissait d'une bonne nouvelle. Ils en avaient assez de ses façons tyrannique d'enseigner, de son manque total d'empathie, de sa mauvaise humeur constante, et de ses cheveux gras.

_Je me suis pourtant efforcé à vous enseigner les rudiments des potions. Continua t-il, tout naturellement, ignorant les sourires discret sur les lèvres de certains. Certes, j'étais un peu sévère avec vous- Sévère était un euphémisme bien loin de la réalité- . Je n'avais pas l'intention de vous rabaisser par pure méchanceté. Je voulais juste vous pousser afin que vous puissez donner le meilleur de vous même, que vous utilisiez au mieux vos capacités. Il n'y a rien de plus compliqué et de plus dangereux, que de manipuler certains substances. Je ne voulais que vous courriez le moindre risque pendant mes cours, et que vous blessiez. Sur ce point, il avait réussit, puisqu' il n'y eu aucun incident, ou accident, lors de ses cours, d'autres professeurs ne pouvaient pas en dire autant. Je reconnaît n'avoir rien fait pour me faire aimer, voir apprécier. Il est trop tard à présent, pour y remédier. Je tiens à ce que vous sachiez que j'ai pris du plaisir à vous voir chaque jours à mes cours, même si je ne l'ai pas montré. Pour conclure, je vais, vous souhaiter à tous, bon courage pour la suite de vos études. Je remercie ceux et celles, qui ont eu la courtoisie de m'écouter.

Il s'était attendu à ce que certains ne l'écoute pas, mais il n'avait pas pensé qu'ils seraient aussi nombreux. Le seul non Serpentard à l'avoir fait était Harry Potter. Il était aussi celui qui avait le plus de raison de ne pas le faire, à le détester. Quand aux autres, ils firent tout autre chose, et ne se donnèrent même pas la peine de faire semblant. Certains avaient même poussé leur impolitesse en parlant en même temps. Severus, bien que vexé, cacha tant bien que mal la déception qui était la sienne. Demain il aura tout oublié, et le sera aussi. Pus personne ne parlerait de lui, comme s'il n'avait jamais enseigné ici. Pourtant, il était, et restera sans nulle doute, le meilleur maître en potions. Il les connaissait toutes. Il pouvait les réaliser sans regarder les recettes et sans jamais se tromper. Ce qui avait joué en sa défaveur avait été sa franchisse, sa froideur, et son manque de patience. Cette dernière qualité ne ferait pas défaut à son remplaçant, Sirius Black.

Severus regretta d'avoir fait ses adieux en publique. Il aurait dû partir sans rien dire. Cela lui aurait évité de faire face à un telle indifférence de la part de ses élèves. Il ne manquerait à personne, et il serait vite oublié. Quant à son remplaçant, Sirius, il serait sans nulle doute beaucoup plus apprécié que lui. Mais ce n'est pas cela qui lui fit le plus de peine, c'était le sourire triste qu'avait son meilleur ami Thomas. Il était bien le seul à éprouver de la peine.

_J'espère que tu ne pars pas à cause de moi.

_Non. Tu n'as rien fait de mal.

_Je lui ai quand même demandé au professeur Dumbledore de me donner le poste de professeur de défense contre les forces du mal. Je n'aurais peut-être pas dû le faire.

_Il ne me l'aurait jamais donné de toute façon. Si cela n'avait pas été toi, cela aurait été quelqu'un d'autre. Tu n'as rien à te reprocher. Je suis même content que tu l'as fait, et d'avoir pu passer cette année avec un ami comme collègue.

_Cela ne t'empêche pas de me laisse tomber avant la fin de cours. Tu ne pouvais pas attendre encore un peu?

_Je voulais déjà le faire, juste après le procès, et l'acquittement de ton frère.

_Cela fait deux moi. Tu n'as pu trouver cinq petites minutes pour m'en parler avant?

_Je voulais attendre d'être sûr, et d'avoir l'accord avant de l'annoncer.

_Quand l'as-tu eu?

_Hier soir. Je suis désolé, je ne savais pas comment te le dire.

_Que comptes-tu faire une fois dehors?

_Pour commencer, je vais m'installer chez ton frère.

_Vous êtes remis ensemble?

_Oui. C'est pour cela que je dois partir.

_Je comprends. Je suis vraiment content pour vous deux. Cela fait combien de temps?

_Deux mois.

_Ça aussi, tu ne savais pas comment me le dire?

_J'ai préféré attendre. Je voulais être sûr des sentiments qu'il a pour moi, et que ce n'était pas une simple passade.

_Je suppose que ce n'est pas le cas puisque tu vas t'installer chez lui.

_Oui, puisqu'on va se marier en juillet.

L'affamé Ron avait subitement retrouvé son appétit, dès qu'il su que le professeur qui s'en allait le lendemain, était celui des potions. Bon débarras, se dit-il. Il ne pouvait pas le dire à haute voix, cela ne serait pas correct. Il n'était sûrement pas le seul dans ce cas. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour finir son assiette. Il mangeait très vite, surtout quand le plat était bon, et ce soir c'était le cas. Harry quant à lui, n'avait pas encore touché à son repas. Il n'avait pas non plus ouvert la bouche depuis le début du dîner, restant étrangement silencieux. Il n'avait donc aucune raison de jeûner, puisqu'il ne parlait pas.

_Tout va bien? lui demanda Ron, inquiet pour son ami.

_Oui, oui.

_Pourquoi tu ne manges pas?

_Je n'ai pas très faim.

_Tu devrais goûter, c'est super bon.

_Non, ça ne me dit rien.

_C'est dommage, ça risque de finir à la poubelle. Et ma mère m'a toujours dit que ce n'était pas bien de jeter de la nourriture.

Ron n'écoutait sa mère que lorsque cela l'arrangeait, et lorsque cela lui permettait de demander d'une façon détournée de finir les assiettes des autres. Harry aurait dû le comprendre et lui proposer de lui donner son plat. Il ne le fit pas, il semblait préoccupé par autre chose.

_Je me demande si on n'a pas mal agit.

_À propos de quoi?

_Du départ du professeur Rogue. Personne n'a rien fait.

_Qu'est-ce qu'on aurait pu faire?

_Je ne sais pas. Quelque chose pour lui dire qu'il allait nous manquer par exemple.

_Pas à moi, en tout cas. La seule chose que j'ai envie de faire, c'est de danser la macaréna, debout sur la table. Pas toi?

_Ce n'est pas de cette façon, qu'on lui remontera le moral.

_Lui remonter le moral? Il ne manquerait plus que ça, après tout ce qu'il a nous à fait subir pendant ses cours.

_Ce n'est pas une raison. Tu as écouté ce qu'il a dit?

_Non. Pourquoi? J'aurais dû?

Harry décida de faire quelque chose. Il ne pouvait pas reprocher de n'avoir rien fait, alors que lui aussi n'avait pas réagit. Certes, le professeur Rogue n'avait jamais été son professeur préféré, mais ce dernier n'avait jamais manqué à ses devoirs, alors même qu'il était frustré de ne jamais avoir pu avoir le travail qu'il voulait vraiment. Il se rendait chaque jours en classe, tout en essayant de cacher sa déception. Cela ne devait pas être évident de faire semblant. Il fit, ce qu'aucun élève n'avait fait jusqu'à présent. Il frappa son verre avec sa fourchette, afin d'attirer l'attention des autres. Il l'obtenu relativement rapidement. Son nouveau statut de héros, y était pour beaucoup. Il se leva, attrapa son verre et le dirigea vers son ancien professeur de potion. Il se demanda si finalement, c'était une bonne idée. Il était trop tard pour faire marche arrière. Il devait continuer, si il ne voulait pas devenir la risée de son école.

_Je porte un toast au meilleur professeur de potion, que Poudlard ait connu. Professeur Rogue, j'espère que vous trouverez le bonheur dans votre nouvelle vie.

Un Gryffondor venait de rendre hommage, à l'un des ses pires ennemis à Poudlard, un Serpentard. Cela alla même plus loin puisqu'il fixa tout le monde du regard, les invitant à faire de même. Son regard fut suffisamment convaincant pour que certains se lèvent aussi, entraînant les autres dans leurs élans, par effet de mimétisme. Ce n'était pas grand chose, mais cela suffit à donner le sourire à Severus. Comme quoi il en était parfaitement capable.

C'est le cœur plus léger que Severus quitta le lieux, qui fut son deuxième domicile, pendant plusieurs années. Il n'aurait plus besoin de se lever chaque jour, de préparer ses cours, de corriger des copies. Sa vie serait différente à présent. Il ne restait plus qu'à lui de tout faire pour être enfin heureux. Avant de partir, il remercia le professeur Dumbledore, pour ce qu'il avait fait pour lui. Il ne dit pas au revoir aux autres, il n'avait pas l'intention de les revoir un jour. Sauf un bien sûr son seul ami. Mais uniquement parce que ce dernier avait insisté pour l'accompagner jusqu'à la grille. Il lui était impossible de lui refuser. C'est d'un pas lent, qu'ils marchèrent sous un ciel remplis d'étoiles. Elles éclairaient leur chemin, afin qu'ils ne puissent buter sur aucun obstacle. Ils ne dirent rien pendant le trajet, ils n'avaient pas besoin de mot pour se comprendre. Ce n'est qu'une fois arrivés à destination, qu'ils retrouvèrent l'usage de la parole.

_Tu vas beaucoup me manquer, lui dit Thomas.

Puis il lui fit une accolade amicale. Severus se laissa faire, bien qu'il ne soit pas d'une nature tactile.

_Toi aussi.

_On va se revoir dans deux mois.

_Pour me mariage.

_Oui, et après. Je comptais venir taper l'inscrite et m'installer avec vous. A moins que tu n'aies pas envie de m'avoir sur le dos.

_Pourquoi? Tu ne peux plus retourner dans ta grotte? Elle a été relouée?

_Tu sais très bien que je ne vis plus dans une grotte.

_Je sais. Ne t'en fais pas, on devrait tenir à trois. Il faudra juste faire quelque travaux, avant que tu emménages.

_Des travaux pour faire quoi?

_Pour installer quelques panneaux. Ils te permettront de t'orienter, et éviter que tu te perdre.

_Tu ne serais pas en train de te moquer de moi, par hasard?

_Non, n'oublie pas que ton frère vit dans un manoir, relativement assez grand. Il en faudra, je suppose que ta jolie fiancée viendra elle aussi.

_Je ne sais pas, on n'est pas vraiment fiancé.

_Crois-moi, cela ne devrait plus tarder.

_Professeur, Rogue, attendez, ne partez pas tout de suite.

Severus se retourna, pour voir l'un de ses anciens élèves venir vers lui en courant. Et pas des moindres, l'un des plus mauvais, en potion, et aussi l'un des moins assidus. C'est pour cela qu'il fut très étonné de le voir lui plutôt qu'un autre.

_Monsieur Potter. Je peux savoir pourquoi vous êtes ici, à une heure aussi tardive? Dois-je vous rappeler que demain vous avez cours, et que vous devriez déjà être dans votre lit?

_Je croyais que vous n'étiez plus professeur?

_C'est exact. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas aller se coucher tôt.

_Je ne pouvais pas y aller, sans vous donner ceci avant. Et aussi parce que je tenais à vous remercier personnellement, pour toute l'aide que vous m'avez offerte.

Harry lui donna une petite enveloppe. Se trouvait à l'intérieur une simple feuille blanche, sur laquelle, tous les élèves, sans exception, avaient écrit un petit mot gentil. Quand avaient-ils trouvés le temps de le faire ? surtout qu'ils avaient prévenus à la dernière minute. Qui en avait eu l'idée? Et comment avait-il pu convaincre les autres d'en faire autant? Finalement, tout cela n'avait pas d'importance. C'était l'intention qui comptait.

_Je vous en prie, je n'ai fait que mon travail. Cependant avant que je ne parte, laissez moi vous donner un dernier conseil. Si jamais vous souhaitez continuer vos études, faites ce que vous avez vraiment envie de faire. Ne vous laissez pas influencer par les autres, et ne devenez jamais comme moi, un vieux grincheux aigri. Si jamais vous avez besoin de mon aide, n'hésitez pas venir me le demander.

_Oui professeur Rogue. Merci professeur Rogue.

_Une dernière chose, maintenant, je vous donne le droit de m'appeler par mon prénom. Au revoir Harry.

Severus fit une chose des plus étonnante, il serra la main du jeune homme. Il donna une petite tape sur l'épaule de Thomas, il ne lui dit pas au revoir mais à bientôt. Il était temps pour lui de s'en aller. Il disparut dans la nuit, et il se retourna pas. Il n'avait pas besoin de le faire.

Thomas et Harry le regardèrent partir. Le second attendit qu'il disparaisse de son champ de vision, avant de parler.

_Tu avais raison, dit-il. C'est quelqu'un de bien.. C'est dommage qu'il n'a rien fait pour le montrer avant.

_Il n'a pas été habitué à montrer ses émotions. C'était vraiment gentil de ta part de lui donner cette carte. Comment as-tu fait pour les signatures?

_J'ai un peu triché. Draco, Ron et Hermione, n'ont donné un coup de main, pour faire les fausses signatures. Le principale, c'est qu'il ne s'est douté de rien, et qu'il pense que c'est vrai. Tu ne lui diras rien à ce sujet?

_Non, il n'a pas besoin de le savoir. Tu as raison, le principal est qu'il y croit. Je te remercie de l'avoir fait, c'est gentil de part. Et si on rentrait, il se fait tard, et demain on doit se lever tôt.

À suivre dans le dernier chapitre de cette histoire le 25 : Aussi libre que moi.

J'espère que ce chapitre vous a plu, et que l'attente n'a pas été trop longue.

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