OS / un peu AU / TWT… ah oui ? / Famille (en quelque sorte, vous comprendrez à la fin)
Tout en demeurant en apnée dans une belle aventure de traduction, j'ai eu envie de me défouler avec ce petit OS, qui me trottait dans la tête depuis un bon moment (Litany, je te l'avais promis depuis un bon moment… Alors, voilà, j'ai enfin franchi le pas).
En espérant que vous éprouverez à le lire autant de plaisir que j'en ai eu à l'écrire et que, surtout, vous me laisserez vos impressions.
Nul besoin de préciser que vos reviews sont les meilleurs vitamines du monde et que j'en ferai le meilleur usage... à savoir améliorer ce qui peut l'être et poursuivre l'aventure.
Kissou.
Vivez un merveilleux week-end ^_^
Lyxie
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Je te reviendrai
Leurs yeux sont le miroir scintillant de leur âme. Cherchant sans relâche dans l'autre ce qui les fait vibrer. Savourant la douce certitude qu'ils sont encore en osmose. Pourtant, ils viennent de ressentir ce premier déchirement.
L'air autour d'eux semble peu à peu plus flou et brillant à la fois, ce que l'un d'eux ne comprend pas.
Leurs pensées pourtant se croisent, s'entremêlent, se répondent.
Ils ont oublié combien de temps il leur a fallu pour parvenir à cette parfaite union. Tout ce qui importe, c'est qu'ils soient ensemble, ici et maintenant.
Le temps s'écoule au gré de leur dialogues silencieux, car point n'est besoin qu'ils ouvrent la bouche. Il flotte dans l'espace comme une onde presque tangible des confidences qu'ils n'ont pas besoin de s'échanger.
Cela fait, semble-t-il, une éternité qu'ils vivent cette… comment appeler ce qu'ils vivent en réalité ? Que sont-ils l'un pour l'autre en définitive ? Les « autres » savent, ils ont compris que ces deux-là étaient faits pour se rencontrer, pour vivre quelque chose d'unique, hors du commun.
Ils sont devenus un exemple, bien malgré eux. La confirmation, si besoin était, qu'à cœur vaillant, rien n'est impossible.
Leur mission initiale avait peu à peu fini par presque passer au second plan, tant l'attention qu'ils portaient l'un à l'autre prenait le pas sur toute autre considération.
Est-ce la raison pour laquelle Quelqu'un s'était permis d'y mettre un terme ? Non par jalousie. Ni rancœur. Simplement parce que c'était dans l'ordre des choses. Qu'il faut à tout un début et une fin.
La fin de l'un d'eux. L'air paraît se raréfier. Les contours de l'un s'estompent lentement au regard de l'autre. Le premier éprouve du mal à respirer. Le second ouvre la bouche avec bienveillance, comme s'il voulait le rassurer... ou l'aider à trouver un second souffle.
Déjà, ils ressentent les effets de la rupture qui va s'opérer bientôt. Ils se serrent davantage l'un contre l'autre, échangent leurs pensées plus qu'ils ne l'ont jamais fait, se font toutes les promesses du monde.
-Je ne veux pas partir.
-Alors reste.
-Pourquoi faut-il que cela se termine ?
-Qui t'a dit que c'était la fin ?
-Parce que je ressens la douleur, là, dans mon ventre.
-Ça va passer, je te le promets.
-Mais c'est insupportable. Au début, ce n'était qu'un fourmillement, et puis c'est devenu de plus en plus…
Il se cramponne à l'autre, dans l'espoir ténu que cette étreinte atténuera ses souffrances. Rien n'y fait. L'intensité de la douleur monte en intensité et il tombe à genoux. L'autre s'accroupit pour rester à son niveau, pour que leurs yeux continuent de se parler.
-Je ne t'abandonnerai jamais !
-Je… je sais… mais… Que vais-je faire sans toi ?
L'autre caresse sa joue avec tendresse et lentement lui relève le menton. Il souffre tout autant de la douleur qu'il ne peut prendre sur lui, pas cette fois. Alors il sourit. Il semble que même leurs auras se touchent, s'enlacent, se séparent et fusionnent à nouveau, dans un étrange ballet dont ils sont les seuls à comprendre la chorégraphie.
-Je ne savais pas qu'on pouvait souffrir autant.
-Si, tu le savais, mais tu as oublié.
La douleur semble écraser l'un, il se tient le crâne, comme pris dans un étau infernal, ramassé en boule sur lui-même, tandis que l'autre l'entoure de toute la douceur qu'il peut lui prodiguer et lui murmure d'une voix douce tout ce qu'il a à lui prodiguer une dernière fois.
-Je ne veux pas partir. Je refuse de te quitter.
-Moi non plus, je ne veux pas que nous soyons séparés.
-Que puis-je faire pour arrêter ça ?
-Rien. Notre destin ne nous appartient plus, je le crains.
-Viens avec moi.
-Je ne peux pas… pas encore.
Il regarde l'autre se tordre sous l'assaut des convulsions, de plus en plus violentes. Il voit dans le regard de l'autre l'immensité verte dans laquelle il voudrait se noyer. Puis, peu à peu, il voit le corps se détendre, comme si la fin était toute proche.
-Je vois…
-Quoi ?... Dis-moi.
-Je vois une lueur…
-Comment est-elle ?
-Brillante… je crois… qu'elle m'appelle.
-C'est bien. Détends-toi à présent.
Il s'en veut d'avoir à prononcer ces mots mais il sait qu'il doit en être ainsi. Il prend l'autre dans ses bras et le cajole, tente de le rassurer avec tout l'amour dont il est capable. Et de l'Amour, il en aura toujours à profusion, inconditionnel, authentique.
-J'ai peur.
-De quoi as-tu peur ?
-D'aller vers la lumière. Je ne sais pas ce qu'elle recèle.
-Va vers elle... Tu as confiance en moi ?
-Oui. Depuis toujours.
-Alors va. Plonge en elle. Laisse-la t'envelopper.
-Et toi ?
-Quoi, moi ?
-Tu vas m'oublier quand je serai parti.
-Jamais! Tu m'entends ? Jamais tu ne quitteras mes pensées. Tu seras toujours là…
Il pointe son cœur.
-… et là.
Il pointe son front.
L'autre sent que la fin est inéluctable et imminente à présent. Il se cramponne désespérément, refusant de lâcher prise.
Dans un ultime sursaut, celui qui reste pose ses doigts sur les lèvres de celui qu'il va devoir laisser partir, attiré par cette lumière qui l'aspire et qui refuse cette cruelle séparation, pas avant d'avoir dit une ultime fois ce qu'il éprouve pour lui.
-Je…
Il n'en dit pas plus, les mots ont souvent été inutiles entre eux, mais ils ont parfaitement compris l'un et l'autre.
-Moi aussi. Va, maintenant, lâche prise.
-Tu ne m'oublieras pas, promets-le moi.
-Je te le promets.
-Quand nous reverrons-nous ?
-Je ne sais pas. Mais je jure de te retrouver de l'autre côté, d'une façon ou d'une autre. Même si je dois pour ça braver l'enfer.
-Vrai ?
-Oui.
Il sent que le corps qu'il tient contre sa poitrine lui échappe, comme aspiré dans un néant qu'il abhorre. Parce qu'on va lui arracher l'être qui compte le plus pour lui. Parce que son alter ego va disparaître dans cette fraction de temps imperceptible.
-Quand ?
-Je ne sais pas. Tu le sauras, le moment venu.
La lumière de plus en plus violente aveugle celui qui souffre et soudain, juste avant de se sentir happé par elle, il sent sur le sillon entre le nez et la bouche la douceur d'une caresse. (*)
-Oublie, dit celui qui reste en arrière. Et il songe en lui-même, conscient que l'autre ne peut déjà plus l'entendre « Nous nous retrouverons un jour, c'est écrit. Je te reviendrai.»
Au comble du désespoir, il distingue plus qu'il ne voit véritablement un brouillard étincelant prendre possession de la moitié de sa raison d'exister, il sent son cœur se serrer et promet dans le silence assourdissant de son âme orpheline de suivre un jour le même chemin, d'une manière ou d'une autre.
Il ne pleure pas. Impossible.
Il ne crie pas sa douleur. Inconcevable.
Il regarde jusqu'au moment ultime, grave dans sa mémoire les traits de celui qu'il s'est juré de retrouver... de l'autre côté.
Puis plus rien.
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De l'autre côté…
L'obscurité. Oppressante. Rien ni personne.
Ou plutôt si, progressivement, il ressent la lumière, il distingue des silhouettes – qui sont-ils ? – des sons – à qui apaprtiennent ces voix ? - il est en territoire inconnu sauf peut-être…
-Bienvenue, mon amour!
Il entend la voix, croit la reconnaître… en fait, il sait à qui elle appartient. Cela fait longtemps qu'elle lui parlait depuis un autre monde.
Il sent un douce chaleur l'envelopper. Il sent leurs deux cœurs battre à l'unisson l'un contre l'autre, l'un plus vite, l'autre plus fort. Il aime déjà cette peau qui caresse la sienne.
Il aime!
Jamais il n'a ressenti un tel amour s'emparer de son être, sauf peut-être... quand était-ce déjà? Peu importe. Tout ce qui compte à présent, c'est Ici et Maintenant!
Il entend une seconde voix qui ressemble un peu à celle de celui qui… ? Il se concentre, mais il a oublié.
Cette seconde voix qui parle à présent est aussi chaleureuse que la première qui lui a souhaité la bienvenue.
-As-tu choisi ? demande la seconde voix à la première.
Il entend la réponse, sans comprendre encore, intimement persuadé que cette première voix sera d'une importance capitale dans sa nouvelle existence.
-Oui. Appelons-le Dean.
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(*) zone anatomique appelée le « philtrum ». Cette zone porte par ailleurs le nom poétique de "doigt de l'ange" en référence à une légende juive :« Dès la maternité, l'ange opère au bloc de chirurgie esthétique. En effet, avant sa naissance, dit le Talmud, l'homme est un pur esprit et sait tout ; mais au moment où il voit le jour, un ange lui met le doigt sur la bouche et il oublie la Torah. La petite rigole que nous avons entre le nez et la bouche est la trace du doigt que l'ange posa sur notre lèvre de nourrisson pour que nous taisions les secrets divins – et qui nous les fit oublier… »
