Et voilà! C'est avec un petit pincement au cœur que je vous présente le dernier chapitre de Tourner la page.

Le coup de feu retentit. Elle entendit le corps d'un homme s'écrouler au sol. Mira n'osa pas regarder. Elle ne pouvait tout simplement pas se résoudre à la possibilité que Laxus puisse être à terre. De toute façon, elle serait bientôt morte elle-même si elle avait échoué. Mais le coup ne vint pas. Elle ouvrit les yeux, ne pouvant les empêcher de s'emplir de larmes alors qu'elle aperçu Laxus. Il était là, son regard plongé dans le sien, son thorax s'élevant et s'abaissant d'un mouvement régulier. Laxus était vivant. Elle ignora son corps protestant sous l'effort et se jeta dans ses bras, s'accrochant à lui comme si sa vie en dépendait.

- Laxus…

- C'est fini, souffla-t-il, une main dans ses cheveux.

Les paroles qui avaient pour but de la rassurer n'eurent qu'un trop court effet. Elle se raidit sous ses bras en réalisant pleinement ce qui venait de se passer. Ivan…

Elle se dégagea, tituba jusqu'au corps inanimé de l'assassin de sa sœur. Du sang s'écoulait abondamment d'une horrible blessure au centre de son abdomen. Elle tomba à genoux près de lui. Malgré le dégoût que lui inspirait l'homme, elle vérifia son pouls, mais aucun battement ne se fit sentir sous ses doigts.

Un ombre au-dessus d'elle la fit se retourner.

- Mira, commença-t-il.

- Je suis désolée Laxus. J'ai…j'ai tué ton père, je….

Maintenant agenouillé près d'elle, il la tira dans une étreinte, l'empêchant de continuer d'avantage.

- Tu n'as pas tué mon père. Il était déjà mort à mes yeux.

- Mais…

- Tu n'as pas tué Ivan non plus, la coupa-t-il de nouveau. Tu m'as sauvé la vie.

Elle s'arrêta un moment, repensant aux paroles si réfléchies qu'elle n'aurait jamais cru Laxus capable de dire. Elle se remémora la haine, le besoin de vengeance qui l'avait envahie à Hargeon, dans cet entrepôt où elle s'était pratiquement perdue elle-même. Aucun de ses sentiments de violence ne s'étaient emparés de Mira cette fois. Seul était présent le désespoir de garder Laxus en vie, de pouvoir le revoir, de pouvoir sentir ses bras l'entourer comme il le faisait à l'instant.

Elle resserra sa prise sur lui, puis se sentie tirée vers le haut alors que Laxus l'aidait à se relever. Elle se détacha finalement de lui. Une sensation de froid s'empara d'elle aussitôt qu'elle rompit le contact. Elle compensa cette perte de chaleur en glissant sa main dans celle du jeune homme.

Puis des pas précipités attirèrent leur attention. Gray fut bientôt visible, le jeune homme à bout de souffle, vêtu uniquement de son caleçon, prenant appui sur ses cuisses alors qu'il s'arrêta enfin.

- Mira! Laxus!

Il n'en ajouta pas plus lorsqu'il aperçut le corps d'Ivan derrière eux.

- Est-ce que…

- Il est mort, laissa tomber Laxus.

Gray acquiesça et, après avoir jeté un regard à Laxus, s'informant silencieusement de son état d'esprit, il fit quelques pas en direction du corps inanimé.

- Je vais me charger de lui. Allez vous soigner, vous avez fait bien plus que votre part.

- Merci Gray, souffla la jeune femme serrant encore plus ses doigts entre ceux de Laxus.


Gajeel n'en pouvait plus d'attendre. On avait beau lui avoir confirmé que Levy allait bel et bien s'en sortir, il ne pouvait plus tolérer de ne pas l'avoir auprès de lui.

La jeune femme subissait à l'instant même la chirurgie visant à retirer le projectile de son épaule.

- Tout va bien aller, tenta de l'apaiser Lucy en posant la main sur son bras, ne t'inquiète pas.

- Je ne m'inquiète pas! Aboya-t-il prouvant le contraire.

- Tu ne convaincs personne, tête de métal, ajouta Natsu.

Gajeel gronda. Okay… il était inquiet. Et, si même cette tête brulée pouvait s'en rendre compte, il était évident que tout le monde était au courant. L'idée le rendit encore plus de mauvaise humeur. Pourquoi c'était aussi long? Ragea-t-il intérieurement. Il était là depuis ce qui lui semblait une éternité.

Puis d'autres gens de Fairy Tail arrivèrent à l'hôpital. Il put voir Mira et Laxus. Ils étaient visiblement amochés, mais bien en vie. Puis la première bonne nouvelle depuis des semaines lui parvint : Ivan était mort. Un poids énorme se retira de sa poitrine à cette idée. Cette lutte pour la survie était terminée, il ne manquait plus que…

- Monsieur Redfox? L'appela une jeune infirmière. Votre petite amie vient de se réveiller.

Une partie de lui-même voulait lui crier dessus qu'elle n'était pas se foutue petite amie, mais une plus grande part de lui enregistra le message comme si c'était la plus naturelle des choses. Au final, il se contenta de se précipiter dans la direction qu'elle lui indiquait.

Lorsqu'il la vit, il dut lutter contre l'envie de prendre dans ses bras la petite héroïne qui venait de lui sauver la vie, celle qui lui donnait envie d'être un héros à son tour, aussi absurde que soit l'idée à ses yeux.

- Gajeel, souffla Levy encore engourdie par la sédation.

- Comment tu te sens crevette?

- Je ne me suis jamais sentie aussi bien, dit-elle.

- Gihi! J'imagine pas les autres jours alors, répondit-il.

Elle lui sourit, luttant contre le sommeil qui faisait battre ses paupières.

- Reste avec moi s'il te plaît, souffla-t-elle à peine éveillée.

- Je t'avais dit que tu ne pourrais pas te passer de moi, rit-il de nouveau.

- Idiot, parvint-elle à dire avant de s'endormir, les antidouleurs trop forts pour rester éveillée.

Le jeune homme ne put s'empêcher de sourire à l'insulte. Peu importe la situation, sa crevette restait la même. Sa crevette… depuis quand pensait-il à elle de cette manière? Puis les mots de la jeune femme refirent surface. « Je t'aime » lui avait-elle dit. Le rouge teinta ses joues au point que le jeune homme fut plus qu'heureux que personne ne puisse le voir ainsi. Il n'était pas habitué à se terme. L'amour était un concept si vague pour celui qui n'avait eu personne d'important à ses yeux depuis de nombreuses années, mais l'idée prit place dans son esprit. Ce n'était bien sûr pas la première fois qu'il y pensait, particulièrement depuis que cette stupide tête brulée lui avait mis ces concepts complexes dans la tête, mais l'idée devenait de plus en plus forte à ses yeux. Il voulait la savoir en sécurité, la garder près de lui…il en avait même besoin

Une journée s'écoula et Levy eut finalement congé.

- Je suis capable de marcher! Protesta-t-elle alors qu'il la souleva dans ses bras.

- Pas question!

- Ma blessure est à l'épaule, pas aux jambes! Si ça se trouve, t'es plus blessé que moi!

- Ça t'es arrivé à cause de moi. Pas question que tu marches.

- Et les blessures que tu as eues parce que tu m'as protégée? Ça ne compte pas?

Gajeel s'arrêta, regarda la jeune femme dans ses bras, puis sourit.

- Gihi! Tu défends toujours ton point jusqu'au bout toi!

- Toujours, confirma-t-elle.

Après un moment d'hésitation, il la déposa enfin. L'hôpital n'était pas bien loin de l'appartement et il ne leur fallut que quelques minutes pour parcourir la distance. Le logis portait encore les traces de carnage. Décidant de remettre la réparation des dégâts au lendemain, ils se laissèrent tous deux choir sur le divan. Un silence s'installa entre les deux. Cependant, contrairement à tous les silences confortables qu'ils avaient instaurés jusqu'ici, celui-ci était tendu. Et Gajeel savait pourquoi. Il l'aimait. Il aimait Levy. Il devait lui dire. Ah! Pourquoi utiliser de stupides mots était-il aussi difficile? Après plusieurs minutes, il finit par en laisser tomber deux.

- Moi aussi.

Ce n'étaient pas ceux qu'il voulait dire, mais ils eurent tout de même de l'effet, Levy levant sur lui de magnifiques grands yeux noisette.

- Toi aussi quoi? L'invita-t-elle à développer.

Pourquoi elle lui faisait ça? Gronda-t-il mentalement. À son regard, elle avait clairement deviné à quoi il faisait allusion. Gajeel voulait être fâché, tout simplement abandonner le projet, mais la jeune femme devant lui semblait effacer la frustration au fur et à mesure qu'il la ressentait. « Allez Redfox! Trois mots. Tu ne vas quand même pas te laisser bloquer par trois petits mots! » se reprocha-t-il.

Levy se rapprocha.

- Dit-moi Gajeel, souffla-t-elle à quelques centimètres de son visage.

Il pouvait sentir son souffle sur ses lèvres. Cette fille allait le rendre fou! Il s'était fait prendre à son propre jeu : c'était lui qui ne pouvait pas se passer d'elle.

- Je.. t'aime.

Il ne fallut pas une seconde de plus pour que sa bouche se pose sur la sienne. Puis il sentit sur ses joues quelque chose d'humide. Se retirant, il réalisa qu'elle pleurait.

- Mais veux-tu bien me dire pourquoi tu pleures! S'emporta-t-il.

- Ce n'est rien. Je suis juste heureuse, dit-elle en s'essuyant les yeux.

- C'est stupide comme raison pour pleurer, trancha-t-il.

- Idiot, tu ne comprends rien, rit-elle avant de l'embrasser de nouveau.

Cette fois, personne ne les interrompirent. Aucune catastrophe, aucune menace, simplement leur présence mutuelle. Puis elle s'endormie dans ses bras, le visage bien blotti contre son torse. Gajeel passa une main dans ses cheveux bleus. Un sentiment de plénitude l'envahit. Il était tout simplement bien. Jamais il n'aurait cru que d'accepter l'offre la plus improbable qui soit ait été la meilleure décision de toute sa vie.

Les années qu'il avait vécues dans la rue semblaient provenir d'une autre vie. Alors qu'il sombrait tranquillement dans le sommeil, ses bras protecteurs autour de sa crevette, Gajeel se dit pour la première fois qu'il pourrait, enfin, tourner la page.


Laxus se laissa choir sur le lit de Mira dès leur entrée dans l'appartement.

- Eu… Laxus, commença la jeune femme, il y a plein de trous dedans.

En effet, gracieuseté des assassins qui avaient été lancés à leur poursuite, son lit qui avait été criblé de balles ressemblait maintenant à une passoir. De toute évidence, le jeune homme n'était pas dérangé le moins du monde par l'état du lit.

- Personne va passer à travers, dit-il platement. Et c'est pas comme si on pouvait s'assoir ailleurs, ajouta-t-il en indiquant le salon qui avait été ravagé la veille.

- Tu marques un point, souffla-t-elle en le rejoignant dans le lit.

Mira s'allongea sur le côté, face à lui, sa tête accotée sur son bras. Okay, le lit n'était pas si mal, surtout avec l'état de fatigue qui l'envahissait depuis la fin des évènements. Ils restèrent allongés un moment.

- Ça va? Lui demanda-t-elle devant son air penseur.

- Humm…

- À quoi tu penses?

- Pas grand-chose.

- Tu sais que tu n'es pas convainquant n'est-ce pas?

Il émit une sorte de grondement agacé, mais finit tout de même par divulguer le cours de ses pensées.

- Je me disais que t'a bien fait d'être chiante, dit-il un sourire en coin.

La jeune femme leva les yeux au ciel, souriant à son tour.

- Laxus Dreyar… le poète des temps modernes, rit-elle sachant très bien que c'était sa manière de lui dire merci d'être restée avec lui.

- Je déteste l'idée… mais je n'aurais pas pu m'en sortir seul, se reprit-il à la jeune femme surprise.

C'était bien plus que ce à quoi Mira s'était attendu de la part du jeune homme. L'idée d'être la seule personne pouvant accéder à cette part de lui réchauffa son cœur.

- Aucun de nous deux n'aurait pu s'en sortir seul, corrigea-t-elle en allongeant le bras pour poser sa main sur la joue de Laxus.

Malgré les paroles de la jeune femme, son air resta grave.

- T'aurais pas été dans cette merde si tu ne m'avais pas suivi, laissa-t-il tomber.

- Je ne regrette rien, dit-elle après un moment. Ça a été une expérience horrible, je ne le cacherai pas…

L'air du jeune homme se durcit au souvenir de toutes les souffrances, tant physiques que mentales dont avait souffert la jeune femme à cause de lui.

- Mais, enchaina-t-elle de sa voix douce, j'avais besoin de quelque chose pour m'aider à tourner la page. Tu m'as aidé à trouver ce quelque chose Laxus.

Elle fit une pause puis reprit.

- Et tu sais… tu serais toujours un étranger à mes yeux sans ça…

- Ne te fais pas trop d'idées, dit-il sachant très bien que ses yeux disaient le contraire.

Attirés l'un par l'autre, ils s'approchèrent pour s'embrasser. La passion se fit sentir et, bien vite, Mira entreprit de glisser sa main sous le chandail du jeune homme. Il n'en fallut pas plus à Laxus pour se redresser sus ses coudes et se pencher au-dessus d'elle. Malheureusement, ses côtes brisées protestèrent contre le mouvement et il se figea à cause de la douleur, se laissant choir de nouveau sur le dos à contrecœur. Mira émit un petit rire face à l'air agacé du jeune homme. Elle se dressa sur ses avants bras à son tour et passa délicatement une main sur son torse où se trouvaient des marques bleutés.

- Laisse toi le temps de guérir, souffla-t-elle avant de déposer un léger baisé sur ses lèvres. On a tout notre temps maintenant.

Laxus s'arrêta sur ses paroles alors qu'elle posa sa tête au creux de son épaule. Tout leur temps… Pouvait-il vraiment prendre enfin le temps de s'arrêter? Toute sa vie, il avait couru après l'image d'un père qui ne méritait pas une telle attention. Toute sa vie, il avait fuis ceux qui tenaient vraiment à lui. Il était maintenant prêt à passer à autre chose. La jeune femme dans ses bras était son point de départ. Ils avaient tous deux affrontés leurs démons, la mort elle-même, mais aujourd'hui ce serait différent. Quelques semaines auparavant, il s'était juré qu'il y aurait du changement. Jamais il ne s'était imaginé que le changement le guiderait dans une telle direction.

Un sourire sincère se traça sur son visage alors que Mira s'endormit contre lui. La jeune femme avait raison. Il pouvait maintenant tourner la page.

J'espère que vous avez apprécié la lecture autant que j'ai adoré l'écrire!

Merci à tous les merveilleux lecteurs pour votre soutien! Un merci spécial à Neliia pour avoir commenté sans exception tous mes chapitres et à Anais04, Aryanne Morafel, EtienneBillot19, Ic'ilver, IrisJR, Lijovanchan, Nannaly, W.D. Marka, Alchi, Miss Coca-cola, Nzernine1922 de suivre tourner la page et pour vos commentaires :D sans oublier ceux qui ont commenté en tant que visiteur :) Je vous adore!

Bien que l'histoire soit techniquement terminée, j'ai un épilogue en réserve pour vous :)

Bonne journée et/ou soirée!

Lily xx