Salut tout le monde !

Je sais pas si j'ai déjà été aussi déprimée de reprendre les cours... Donc, pour éviter de sombrer dans la mélancolie, j'ai décidé de vous servir un chapitre ultra positif et mielleux... Non, attends deux secondes... On est en pleine guerre, Jude vient de se barrer, tout le monde panique... Ok, je suis pas sûre que le chapitre soit si positif que ça ! En tout cas, il est long parce que j'aimerais bien éviter de vous pondre 30 chapitres pour cette histoire !

De fait, les vacances m'ont bien aidée à avancer. Le chapitre 16 est terminé, le 17 l'est presque. Si je calcule bien, je ne dépasserai pas les 20 chapitres, et je devrais pouvoir les publier en temps et en heure ! Quand j'aurais fini d'écrire cette histoire, je vous tiendrai au courant de mes projets de fictions futurs. J'ai pas mal d'idées entamées, j'essaie juste de voir laquelle je vais avoir envie de mener à bien en premier.

Oh, j'allais oublier une chose : Bonne année à toutes et à tous ! J'espère que le réveillon s'est bien passé pour tous, que vous avez beaucoup mangé et pas trop bu, et que vous allez tenir vos résolutions ! Bon, j'y crois pas des masses, aux résolutions. A ma soirée de réveillon, il y en a deux qui sont pas mal revenues : arrêter le coca et arrêter de fumer. Résultat, à une heure du tam, l'une de mes amies s'est enfilé une bouteille de Coca, et le lendemain, un autre a décidé de fumer son paquet entier... Du coup, j'ai refusé d'avoir de bonnes résolutions, ça me parait moins difficile à tenir !

Sur ce, bonne lecture !


- C'est une vraie forteresse, ce truc ! On fait comment pour y entrer ?

- Bonne question. Caleb, une idée ?

- Ben non, je pensais que toi, tu avais une idée !

- Tu t'es tiré d'ici deux fois par le passé, je pensais que tu avais un plan.

- Mark, dans quel monde tu vis ? Jude est rentré à la « maison », il doit y a voir des gardes partout !

- Pas tellement. La plupart des soldats sont occupés à mettre le feu aux villes rebelles.

- Merci Axel…

- Bon, sans rire, on n'a vraiment aucun plan ?

- Deux secondes, je réfléchis !

Planqués en haut d'une colline, abrités par les arbres et les buissons, les cinq garçons, couchés dans l'herbe humide, observent attentivement les allers et venues des soldats. Alors que Caleb tente de trouver un moyen de s'introduire à l'intérieur de la Caserne, Claude et Bryce prennent lentement conscience de l'ampleur de la tâche, de la difficulté de leur mission improvisée. Axel, en équilibre sur une branche, tente d'appréhender les rondes des soldats. Mark, lui, attend patiemment. Caleb va avoir une idée, il le sait bien.

Pour l'instant, le garçon sèche un peu. Mû par ce désir de sortir son compagnon des enfers, il n'a pas pris le temps d'analyser posément la situation, comme il sait d'ordinaire le faire. Il respire profondément, pose sa tête entre ses mains. Ses amis se taisent, le laissent se concentrer. Caleb repasse toutes les possibilités d'intrusion dans sa tête, puis réfléchit aux points négatifs de la situation :

1) Même après y avoir vécu deux ans, la Caserne est trop grande pour la connaitre par cœur

2) Personne ne sait où est retenu Jude

3) Dark attend les orgueilleux, et surtout Caleb, au tournant

Et les points positifs :

1) Dark s'attend à voir débarquer toute une armada

2) Dark n'a pas eu le temps de rapatrier ses soldats envoyés aux quatre coins du pays

3) Dark a toujours sous-estimé les ressources de Caleb

Bon, à priori, il y a une chance sur deux de réussir la mission. Et une chance sur deux de la rater, donc. Ça ne va pas être simple, vraiment pas. Surtout si Mark a raison et qu'il y a réellement une taupe au sein de l'Orgueil. Parce que, si c'est bien le cas, la taupe en question a sûrement déjà donné l'alerte au Commandant… Il sera bientôt deux heures du matin, il va falloir agir rapidement s'ils ne veulent pas se faire surprendre par le jour.

De toute façon, y a pas trente-six solutions. Il faut entrer dans la Caserne, éviter les gardes et les soldats, trouver dans quel endroit Jude est retenu, se barrer rapidement. Dit comme ça, ça parait simple. Sauf qu'éviter les gardes, c'est quasiment mission impossible. Et trouver où est Jude parait encore plus difficile. Bon, réfléchir calmement… Où peut bien être Jude ? Dans les prisons du sous-sol, dans sa chambre également au sous-sol, dans le bureau de Dark au premier étage, à la salle de tir au rez-de chassée… Ça commence à faire pas mal de possibilités. Dans l'absolu, il faudrait qu'ils se séparent. Ça rendrait la traque plus difficile aux soldats. Sauf que les camarades de Caleb ne connaissent les lieux que par une carte. Et puis, seuls, ils ne pourront se défendre s'ils sont encerclés. Non, il va falloir trouver autre chose. Peut-être que…

- Ok, j'ai une idée. On va se faufiler jusqu'à la maison du garde forestier, à l'ouest. Une fois là-bas, on neutralise le type. Claude, tu resteras pour le surveiller, au cas où il se réveillerait. Il y a un souterrain lié aux égouts qui passe sous sa baraque. On se la joue Valjean, et on passe par là pour atteindre la Caserne. Normalement, je devrais retrouver le chemin. Comme je suis pas le seul à avoir lu les Misérables, Dark a placé deux trois gardes qui patrouillent, y a une relève toutes les heures. Axel et Bryce, vous vous occuperez d'eux. Les égouts donnent sur les cuisines, faudra être discret. Mark, tu attendras là, sous les cuisines pendant que j'entrerai. S'il y a un problème, tu seras le premier averti, tout le monde parle de tout dans les cuisines.

- Quoi, tu y vas seul ?

- Exactement. Je connais cet endroit, je me suis échappé de là par les égouts, et personne ne l'a jamais su, pas même Jude. Seul, j'aurai plus de chances.

- Tu es sûr de toi ? demande Bryce.

- Non, pas du tout. Mais quel choix on a ?

- Très bien, dit Axel, je te suis ! On te couvre, retrouve Jude.

Caleb hoche la tête. Très bien, que le plan commence !


- Bon, pour l'instant, on s'en est bien sorti, je trouve ! Neutraliser le garde forestier, ça a été plutôt facile, j'espère juste que Claude s'abstiendra de le tuer… Pour ce qui est des égouts, je m'attendais à plus de résistance !

- On a failli se faire planter deux fois, Axel aurait pu se prendre une balle dans le dos si je n'étais pas intervenu. C'est un miracle qu'on ait réussi à se débarrasser des soldats sans qu'un coup de feu ne soit tiré !

- Je fais confiance à Bryce et Axel, ils vont maîtriser les soldats qui patrouillent.

- Je ne sais pas si je dois louer ton positivisme ou déplorer ta naïveté, Mark !

- Je ne sais pas si je dois louer ton ingéniosité ou déplorer ton négativisme, Caleb !

A présent, les deux garçons sont seuls dans les égouts, et ils sont forcés de chuchoter pour maintenir une discussion. Ils avancent lentement et prudemment sur la margelle, avec pour seule lumière, les deux flammes de leurs briquets. Les cuisines sont à quelques mètres après le prochain virage. Juste avant de tourner, Caleb s'arrête et regarde Mark.

- On y est presque. Ecoute, tu vas m'attendre juste en dessous de la sortie. Je vais débarquer dans la remise. En générale, y a pas mal de mouvement, même la nuit. Mais à cette heure-ci, je peux compter sur la dose d'alcool que les commis ont dans le sang pour passer inaperçu. Ils font la fête à la moindre occasion, alors si tout le monde sait que Jude est revenu au bercail, ils ont dû boire trois bouteilles chacun.

- Caleb, tu sais que ça va vite être dangereux pour nous de s'attarder ici. Si dans deux heures, tu n'as pas trouvé Jude, tu reviens, c'est clair ?

- Oui, chef ! sourit-il. N'oublie pas, au moindre pépin, tu récupères les gars et tu dégages.

- J'en ai autant à ton service. Reviens vite ! L'uniforme militaire ne te va pas très bien.

Le jeune homme sourit et hoche la tête avant de souffler sur son briquet. A présent, ils sont plongés dans le noir, et Mark ne peux plus voir l'uniforme qu'à revêtu Caleb pour passer inaperçu. A tâtons, ils longent le mur froid et humide. Après avoir tourné, ils aperçoivent une faible lumière. C'est la sortie. Sans bruit, ils s'engagent dans le couloir jusqu'au rond lumineux dessiné par celle-ci. Caleb inspire. Il monte sur les épaules de son ami et pousse la grille en fer qui protège l'entrée. Elle émet un léger bruit grinçant et désagréable. Caleb se hisse prudemment dans la réserve. Il remet la grille en place, en la soulevant. Puis il regarde Mark, le voit à peine, mais sourit et lui adresse le salut militaire.

Parfait, maintenant, reste à trouver Jude. Ce qu'il y a de bien avec les militaires, c'est qu'ils sont tellement carrés et ordonnés qu'ils sont incapables de changer la moindre habitude. Alors, Caleb monte les escaliers en bois, ouvre la porte qui donne sur les cuisines. Personne. Il les traverse et arrive à la salle des commis. Comme il le prévoyait, il y a trois hommes, avachis sur la table, plusieurs bouteilles vides au sol. Le jeune homme sourit. Trop prévisible ! Il avance sur la pointe des pieds, puis sort. Il y a quelque chose d'étrange à revenir ici, avec cet uniforme. S'il se fait prendre, il pourra toujours prétendre qu'il est de garde. Le tout, c'est de reprendre une attitude militaire. Dos droit, regard fier et obéissant. Très bien, direction les dortoirs. C'est le plus près, et surtout l'endroit le moins surveillé. Donc évidemment, il y a peu de chance que Jude y soit, sauf si quelqu'un surveille sa chambre…

Au bout de dix minutes de marche, il s'y retrouve, dans ce long couloir bordé de portes. Celle de Jude, c'est la 12. Et ça, Dark n'a pas pu le changer, il en est sûr. Il s'approche lentement de la porte. Aucun bruit. Il colle son oreille contre le bois. Rien. Alors, il entreprend de baisser la poignée et s'introduit à l'intérieur de la chambre. Il fait froid, très froid. La fenêtre que Caleb a cassée lorsqu'il est venu sortir Célia, David et Jude de la Caserne n'a pas été réparée. Le lit est fait. Jude n'est pas ici.

- Pardon, monsieur ?

Brutalement, Caleb se retourne. Dans la pénombre, il distingue un gosse qui se découpe dans l'embrasure de la porte. Bon sang, comment vat-t-il s'en sortir ? Et qu'est-ce que ce gosse fait ici, à cette heure-ci ? Jouer le jeu, c'est tout ce que Caleb peut faire.

- Ce n'est pas comme ça qu'on s'adresse à un aîné.

- Oui, pardon, répond le garçon en plaçant une main sur son front pour effectuer le salut militaire.

- Qu'est-ce que tu fiches debout ?

- Je n'arrivais pas à dormir, Monsieur. Mon oncle m'a dit que je ne devais pas sortir de ma chambre, même si je n'allais pas bien. Mais je ne suis pas encore habitué à la Caserne, je fais des cauchemars.

Caleb soupire. Ce gosse doit avoir douze ans, pas plus. Qui a eu l'idée de le placer ici, à un si jeune âge ? Qui a eu la brillante idée de lui voler si tôt son enfance ?

- Tu es là depuis combien de temps ?

- Trois jours.

Il voudrait lui dire qu'il est désolé. Il ne peut pas.

- C'est quoi, ton nom, petit ?

- Lucien. Et vous ?

- C'est moi qui pose les questions. Ecoute, tu vas retourner te coucher, sinon tu risques d'avoir des problèmes avec les soldats. Si tu n'arrives toujours pas à dormir, essaie de repenser à ta ville, tes parents, tes amis, ce qui t'apportait du bonheur. Moi, ça m'a aidé au début.

- Vous n'allez pas me dénoncer ?

- Non. Mais retourne immédiatement dans ta chambre, j'ai une mission importante… un interrogatoire à diriger.

- Oh, celui de Jude Sharp ?

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Vous êtes devant sa chambre.

- Tu connais Jude Sharp ?

- Mon oncle m'a beaucoup parlé de lui. Mais c'est pas la peine de le chercher dans sa chambre, il a passé la journée dans le bureau de mon oncle, il est toujours pas sorti.

- C'est qui ton oncle ? demande Caleb, légèrement angoissé.

- Le Commandant Dark.

Merde ! Caleb ne sait pas ce qui l'embête le plus. Qu'il se soit confié au neveu de Dark, que Jude soit dans son bureau, ou que Dark ose emprisonner son neveu à la Caserne alors qu'il n'a même pas encore atteint l'adolescence. Le garçon sourit. Il a l'air drôlement niais, ce gosse. Quelque part, ça attendrit Caleb. S'il était tombé sur un gamin très intelligent, il était grillé. Lucien se retourne et regagne sa chambre. Bon, direction le bureau de Dark. Là, ça va être moins facile.

Il rejoint rapidement l'escalier qui le mène au premier étage. Le bureau de Dark se trouve au bout d'un long couloir, et la porte est gardée par un soldat. Impossible de tenter l'entrée par la grande porte. Ou alors, il va falloir feinter. Les militaires ne sont pas recrutés pour leurs aptitudes intellectuelles, et on ne leur apprend pas non plus à les perfectionner. La lumière du couloir n'est pas forte, et cela fait deux ans qu'il est parti, peu de chances qu'on le reconnaisse. Ses yeux, peut-être, pourraient le trahir.

Grâce à un large miroir placé à l'opposé de la porte d'entrée du bureau, Caleb peut observer la carrure du soldat placé devant celui-ci. C'est une femme, grande. Caleb sourit. Les militaires sont connus pour leur machisme, jouons là-dessus ! Il inspire profondément et avance dans le couloir, en priant pour que cette femme n'ait jamais été son instructeur par le passé.

- Je prends la relève, dit Caleb en laissant sa voix jouer avec les graves.

- Pas avant une demi-heure.

- Si, t'es affectée à une mission d'un autre genre.

- Quelle mission ?

- On m'a demandé de garder la chambre d'un gosse, et ça me soûle. Il arrête pas de faire des cauchemars et de se lever. J'en peux plus ! T'es une nana, t'es mieux placée pour ça.

- Certainement pas ! Je ne bouge pas de mon poste !

- Ecoute, tu me connais pas encore, je viens d'être transféré de la 3ème division, parce que je suis du genre à m'énerver facilement. Si je reste avec ce gosse, je vais lui coller une balle entre les deux yeux.

- Et alors ?

- C'est le neveu du Commandant. Si je fais ça, je vais plonger et me faire démonter. Mais j'ai des antécédents violents. Le Commandant sera pas tendre avec toi s'il apprend que je t'ai demandé de l'aide et que t'as refusé de me l'accorder.

La jeune femme déglutit. Le tour est joué, bravo mon gars ! Elle hoche la tête, range son arme et s'éloigne.

- Tu dois rester devant la porte, pas besoin de rentrer dans la chambre. Avec un peu de chance, il dormira quand tu le surveilleras ! Chambre 15.

La femme disparaît. Il a environ une heure devant lui avant qu'elle ne s'aperçoive de la tromperie. Plus si le gosse dort vraiment, moins s'il se lève. Caleb attend quelques minutes. Personne n'est autorisé à déranger le Commandant, surtout pas en pleine nuit. La rumeur veut que le Commandant soit insomniaque, qu'il ne dorme jamais, de peur de se faire piquer sa place, de subir un coup d'état ou un soulèvement. Evidemment, c'est difficile d'y croire, mais pas si improbable que ça.

Caleb tente le tout pour le tout. Il tourne lentement la poignée de la porte en bois précieux. Pas de lampe allumée. Il allume son briquet. Alors il se glisse à l'intérieur. Le bureau de Dark, il ne le connait pas très bien. Jude, lui, y passait ses journées. En tant que petit protégé, il avait ce privilège, suivre les conversations les plus secrètes, profiter des conseils avisés du mentor, éviter les entraînements sous la pluie… Le bureau est sombre, spacieux. Personne n'est assis derrière la table du bureau, personne ne scrute l'écran de l'ordinateur. Caleb regarde attentivement tous les recoins de la pièce, sans bouger. Rien. Il referme alors lentement la porte, et avance jusqu'à l'immense table de bureau au centre de la pièce. Le jeune regarde vaguement les papiers classés et rangés qui y traînent. Au cas où il y aurait un mot : Si vous cherchez Jude Sharp, veuillez vous adresser à ma secrétaire. Ses mains traînent un peu sur la surface lisse du bureau. Décidément, c'est très étrange d'être ici…

Son arme est encore coincée dans sa ceinture, il décide de la sortir. Sa montre lui indique qu'il lui reste encore un peu de temps avant d'abandonner les recherches. Ses yeux s'attardent lourdement sur chaque détail de la pièce, malgré la pénombre. Il ne voit rien, n'entend rien. Le gosse se serait planté ? Il avait pourtant l'air bien sûr de lui… Dans un élan James Bondiste, Caleb se dit que, peut-être, il y a une porte dérobée planquée quelque part, et qui mènerait à une autre salle, plus secrète, plus sécurisée, plus intime. Après tout, le Commandant aussi a le droit de recevoir des visites d'ordre privé. Le jeune homme ne se souvient pas que Jude lui ait jamais parlé d'un tel lieu, mais peut-être l'ignorait-il lui-même… A condition que ce lieu existe, évidemment. Étonnamment, Caleb n'a pas vraiment de doute. Dark a toujours un plan B, au cas où, alors faire aménager une pièce B dans son bureau, ça lui ressemble bien.

Stratégiquement, Caleb aurait imaginé cette porte dans le fond, derrière le bureau, légèrement sur la gauche ou la droite. C'est là qu'il commence à chercher. Il promène ses mains contre le large mur, en exerçant une légère pression contre celui-ci. Ses mains se baladent le long du mur, lentement, de gauche à droite, et ne trouvent rien. C'est quoi ce cirque ? Pourtant, il était sûr de son coup !

Non. Ce qu'il faut, ce n'est pas penser de façon logique, c'est penser comme lui, comme le Commandant. Une pièce cachée au fond du bureau, c'est trop facile. Caleb se retourne. Aller au fond de la pièce pour dénicher des secrets, n'importe quel imbécile peut le faire ! Le jeune homme rebrousse chemin et revient près de la porte. Finalement, avec l'esprit de Dark, le plus probable, ce serait…

… une entrée dissimulée près de l'entrée principale.

A force de ne pas dormir, on prétend que Dark voit également dans le noir, et c'est pour cela que son bureau n'a pas de fenêtre, et un éclairage très faible. Peut-être que ça permet aussi de cacher pas mal de secrets… Caleb recommence. Il tâtonne le long du mur pour y découvrir quelque chose d'anormal. Il soulève les tableaux accrochés, passe ses mains derrière la carte du monde. Rien à droite. Il recommence à gauche, minutieusement et calmement… Bingo ! Là, ses doigts rencontrent une surface discontinue, comme si l'on avait découpé un cadrage de la taille d'un homme au laser.

Comment ça fonctionne, maintenant ? Caleb tente de la pousser par le milieu, sans succès. Dark est quelqu'un de grand et de fier, il ne se baisserait pas pour entrer dans une salle. Caleb pousse contre le côté gauche. La porte pivote. Sans hésiter, le jeune homme s'y engouffre.

Alors ? Dark a bel et bien fait construire un lieu secret… La salle est grande, elle ressemble presque à une chambre. Un large lit en bois dont les baldaquins sont à moitié tirés, une commode, un petit bureau et une bibliothèque à trois colonnes. Il se fait plaisir, quand même ! Ici non plus, la lumière n'est pas formidable. Un peu mieux, quand même. Caleb décide d'avancer, à la recherche de son ami. Dark ne cache tout de même pas Jude dans un placard, si ?

Le fond la pièce est un peu sombre. Il s'approche du bureau. Il y a deux verts, un vide et l'autre presque rempli, ainsi qu'une bouteille à moitié pleine. De l'alcool à la couleur étrange. Pas moyen de se tromper. Une couleur toxique comme celle-ci, ça ne peut être que de l'absinthe. Cet alcool a été proscrit juste avant l'installation de la dictature, parce que l'on jugeait qu'il provoquait des hallucinations et une forte dépendance. Comment Dark s'en est-il procuré ? Les cuillères sont posées juste à côté, en attendant de servir de nouveau. Le jeune homme serait presque tenté. Il prend le verre et le porte à ses lèvres pour laisser la fée verte brûler ses lèvres, sa langue et sa gorge. C'est désagréable, nocif, et pourtant tellement plaisant !

Dark ne semble pas être là… Est-ce qu'il y aurait encore une autre pièce ? Ça ferait beaucoup, même pour Dark… Il rallume son briquet. La lueur est faible, mais c'est mieux que rien. Il regarde la commode, les tableaux… le lit. Pourquoi les baldaquins sont-ils à moitié tirés ? Caleb éteint immédiatement le briquet. Alors, Dark serait finalement là… Il avance lentement, sur la pointe de pieds tout en rangeant son arme à feu. Il la troque contre son couteau. Plus il s'approche, plus il lui semble qu'une forme repose sur le lit, derrière les rideaux. Dark est sûrement là, à se reposer. Peu importe avec qui il est, Caleb est bien décidé à lui régler son compte ! Et accessoirement à régler le compte de la personne qui dort peut-être dans ses bras. Ses doigts attrapent le bord du baldaquin. Il tire lentement afin de ne produire aucun bruit, et lève le bras droit au dessus du lit, afin de planter sa lame dans la gorge du Commandant. Il tire complètement le rideau.

Son arme tombe au sol.

- Putain…

Il allume la lampe de chevet, brutalement. Le jeune homme suffoque, ses yeux se remplissent d'angoisse et de larmes, il se met à trembler, il voudrait renverser la tête et vomir. Ses yeux peinent à s'habituer, à comprendre la scène. Ses mains n'osent vérifier l'évidence tant il a peur. Il aimerait hurler, mais sa voix est totalement bloquée dans sa gorge. Pitié, faites que ce soit l'absinthe !

- Jude… Jude.

Sa voix rauque se brise contre les parois rocheuses de sa trachée gorgée de larmes. Dark n'est pas là, il n'y a que Jude, au milieu du lit. Il ne dort pas. Sont corps est immobile, ses yeux clos et ses cheveux éparpillés sur l'oreiller.

Il a été battu. Lourdement.

L'oreiller est tâché de sang, les draps blanc aussi.

Sa lèvre inférieure est fendue, son arcade rougie par le sang, un bleu a été peint autour de son œil, son nez semble avoir été fracturé. Il ne s'est pas laissé faire, l'état de ses mains le prouve. Son menton aussi présente des bleus. Les boutons de sa chemise ont sauté, comme s'il avait été attrapé par le col. Caleb refuse de dénuder son torse, il sait ce qu'il va y trouver. Ce corps qu'il a tant aimé embrasser, caresser, qu'il aimait sentir vibrer contre le sien, à présent, il n'ose plus le toucher. De peur de constater son absence de vie.

- Oh Jude, pitié…

Pleurer, c'est pas un truc de garçons ! C'est pas un truc d'adulte ! C'est pas un truc de résistants ! Pourtant, devant le corps étendu de ce jeune homme, Caleb se permet de pleurer. Il enfouit son visage dans ses mains, pour étouffer les cris qu'il cherche à faire exploser. Quelques secondes, seulement. Qu'on lui permette, juste quelques secondes, de se comporter comme un enfant, juste un enfant !

Il se reprend rapidement, sèche ses larmes, ravale ses hurlements. Dans un élan de courage, il prend la main de Jude et la place contre sa joue. La chaleur n'a pas encore quitté son corps…Il place une main contre le cœur du jeune homme. La poitrine de Jude se soulève, faiblement. Jude n'est pas conscient, mais il est en vie. Caleb monte sur le lit et soulève le corps du jeune homme pour le serrer tout entier contre lui. Lorsque sa main droite se pose pour soutenir l'arrière de la tête de son ami, Caleb constate à quel point ses cheveux sont emmêlés. Il retire sa main. Sur ses doigts, il constate la présence d'une matière poisseuse qui semble hésiter entre la solidification et l'état liquide. Du sang coagulé. Jude a été frappé à l'arrière de la tête. Il ne va pas se réveiller si facilement.

- Bon sang, Jude, je peux pas te porter jusqu'au cuisines… Je t'en supplie, réveille-toi ! Réveille-toi !

Il repose le corps de Jude et enfouit sa tête dans le cou du jeune homme. Seul, il n'y arrivera jamais. Comment sortir d'ici ?

Il entend un déclic métallique qui le force à sursauter et à porter son regard vers la gauche.

- Caleb Stonewall ?

Caleb se redresse et descend du lit, dans l'espoir inespéré de faire barrière entre le danger et le corps inerte de Jude. Devant lui, il y a une jeune fille. Une enfant qui ne doit pas avoir plus de quinze ans. Elle a de beaux yeux verts et toxiques, trop foncés pour être couleur absinthe. Ses cheveux sont longs, foncés. Elle porte la tenue des jeunes militaires Au bout de sa main, elle tient fermement un revolver et le braque sur Caleb.

- C'est moi, dit-il en essayant de maîtriser sa voix.

- Vous allez me suivre.

- Ma maman m'a toujours interdit de suivre les inconnus, raille-t-il.

- Je ne ferais pas le malin si j'étais vous. Vous êtes en état d'arrestation pour insubordination face à un Commandant de l'armée, fugues à répétitions, terrorisme, meurtre de sept soldats, tentative de renversement du pouvoir, deux intrusions dans une caserne militaire, et pire que tout, pour le meurtre de Jude Sharp.

- Je crois que tu ne connais pas très bien ton dossier, ma jolie.

- Veuillez mettre les mains en l'air, s'il vous plait.

Il s'exécute. Elle n'a pas l'air de plaisanter. Elle est probablement un peu jeune pour avoir déjà été sur le terrain, pour avoir déjà tué quelqu'un, alors elle risque d'hésiter, mais Caleb ne peut pas se permettre de prendre le risque de vérifier si la jeune fille a la gâchette facile. Le seul truc à faire, c'est d'endormir sa méfiance. En causant, par exemple. La jouer fine, quand même, parce qu'elle a l'air moins naïf que le petit Lucien de tout à l'heure.

- Comment tu connais mon nom ?

- On m'a parlé de vous, on m'a dit que vous viendriez ici pour exécuter Jude Sharp, mais je vous attendais plus tôt.

- Pourquoi j'aurais tué Jude ?

- Vous ne lui pardonnez pas d'avoir choisi notre camp, vous auriez aimé profiter de son intelligence pour commettre des actes barbares.

Son ton est si froid… Elle ressemble presque à un robot, un stéréotype parfait du jeune militaire. Elle doit être à la Caserne depuis quelques années. En général, c'est la troisième division qui s'occupe de l'éducation des enfants…

- Ecoute, petite, je ne suis pas venu seul, la moitié du Quartier de l'Orgueil va bientôt débarquer pour m'aider, et ils n'auront aucune pitié, pas même pour une enfant. Reste sagement cachée dans ta chambre jusqu'à l'aube, et tu resteras en vie. On est nombreux à l'Orgueil, tu sais…

- Alors ça, ça m'étonnerait beaucoup !

Cette voix… Froide, grave, qui cache un sourire malsain… Dark. Il est là, au fond de la pièce, dans son éternel costume de vieil ogre de contes qui aurait oublié de bouffer les sept chevreaux. Il s'approche, les mains dans les poches, nonchalamment, avec cette démarche typique de l'homme de pouvoir qui n'a peur de rien, qui ne craint personne. Il pose une main immense sur la frêle épaule de la jeune fille, et elle baisse un peu son revolver, sans se départir de son air froid et absent.

- Tu peux disposer, Glacia.

La jeune fille obéit et quitte la pièce. Le Commandant la suit des yeux, sans se soucier de Caleb. Le jeune homme en profite pour réfléchir rapidement. Dark n'a pas l'air armé. Peut-être que Caleb peut attraper son revolver à la ceinture et ainsi retourner la situation à son avantage…

- N'y pense même pas, tranche Dark. Tu peux essayer de me blesser ou même me tuer, ça n'arrangerait pas ta situation. Tu ne pourras pas t'échapper tout seul avec Jude sur le dos.

- Je ne suis pas seul. La moitié de l'Orgueil va débarquer d'une minute à l'autre et…

- Laisse-moi rire ! Je sais quand tu bluffes, Caleb, ne l'oublie pas. Personne n'a donné de directives au QG de l'Orgueil, et je sais qu'aucune mission supplémentaire n'est autorisée pour un résistant présent au Sommet.

- Alors, vous avez bien un indic' à l'Orgueil…

- J'ai des indic' partout, Caleb.

- Pourquoi ne pas faire arrêter les résistants et détruire les QG ?

- Parce qu'une résistance sous contrôle peut être bénéfique. Tant que je sais ce qu'ils font, ce qu'ils projettent de faire…

- Pour la fugue de Jude, vous n'avez rien vu venir !

- Exact. Mon informateur a été défaillant, et je n'ai pas réussi à lui faire avouer l'emplacement du Quartier de l'Orgueil. Il s'est rattrapé en me renvoyant Jude.

- C'est Lina Schiller ?

- Non. Toujours est-il que je sais bien que tu es venu ici sans ordre de tes supérieurs. Et les orgueilleux sont de ceux qui suivent les lois. Je me suis toujours demandé pourquoi tu avais choisi de rejoindre les orgueilleux. Quand tu t'es enfui, je m'attendais à te retrouver chez les coléreux ou les envieux… Tu n'as jamais su suivre les ordres, contrairement à Jude.

- Ou à la gamine de tout à l'heure… Vous la sortez d'où ?

- Elle s'appelle Glacia Vessal. Quand elle avait dix ans, un psychiatre lui a diagnostiqué un trouble du comportement et une incapacité à gérer sa colère. Un an plus tard, elle a battu à mort l'un de ses camarades de classe à mains nues, sans éprouver le moindre remord. Ses parents l'ont confiée à la troisième division après l'incident. Elle est à la 1ère division depuis deux mois.

- C'est la remplaçante de Jude ?

- C'est vrai que j'aime avoir un disciple à former. Mais Jude est irremplaçable. Il possède des qualités rares. Glacia est intelligente, elle sait se battre au corps à corps, mais ce n'est pas une excellente tireuse, et elle n'a pas la capacité d'analyse de Jude, elle attend toujours que je lui donne un ordre avant d'agir. C'est néanmoins une enfant très dévouée et une formidable secrétaire !

- Elle est pas un peu jeune pour passer sous le bureau ?

- Une fois de plus, j'admire ton talent d'observation ! raille Dark.

- Vous êtes venu pour me complimenter ou pour m'arrêter ?

- Je ne sais pas encore. Je peux laisser tourner l'heure, tu ne repartiras pas vivant de cette pièce.

- Vous m'avez toujours sous-estimé, Commandant. Je me suis déjà enfui de la Caserne, je peux recommencer.

- A condition d'abandonner Jude.

- Comment vous avez pu laisser l'un de vos hommes le battre à mort ?

- Oh rassure-toi, je n'aurais jamais permis qu'un autre que moi touche cet enfant que j'ai élevé. Je tenais à ce qu'il comprenne ma colère, et à quel point il m'avait déçu. Je crois qu'il ne l'oubliera pas de si tôt.

- C'est vous qui avez fait ça ? demande Caleb en tremblant. Comment vous avez osé ? Vous auriez pu le tuer !

- Il a fait le choix de me quitter, il devait s'attendre à en payer le prix…

- Vous lui avez fait du chantage pour qu'il reste avec vous ! Vous vous êtes servis de sa sœur ! Il ne serait jamais revenu si vous n'aviez pas forcé un type à publier un faux article dans son canard ! Je vous pensais incapable de faire du mal au seul enfant que vous ayez jamais aimé…

- C'est vrai, j'aime Jude comme un fils. Tu peux donc comprendre toute ma déception lorsque j'ai appris qu'il t'avait suivi. Je n'ai jamais aimé l'influence que tu exerçais sur lui. C'est pour ça que je n'ai jamais cherché à te rattraper lorsque tu as fugué. Vous étiez trop proches.

- Serais-ce de la jalousie, Commandant Dark ? sourit Caleb.

- Peut-être. Jude peut essayer de m'échapper, le fait est que mon éducation le suivra toujours comme une ombre. Je le laisserais bien te dire au revoir, mais j'ai peur qu'il ne se réveille trop tard pour ça.

Un canif vient d'apparaître dans sa main. D'où il le sort ? Caleb commence à paniquer. Avec une lame, Dark, est d'une efficacité remarquable, et il est rapide. A cette distance, le jeune homme n'aura pas le temps d'attraper son revolver, de le braquer, de viser et de tirer. Au corps à corps, par contre, il peut avoir ses chances, à condition d'éviter la lame… Ça va pas être simple, mais ça se tente ! Dark est calme, il va attendre un peu avant d'attaquer. Caleb est prêt, il l'attend de pied ferme. Malgré la fatigue et l'angoisse, il se sent capable d'affronter ce grand commandant des armées.

Dark est immobile. Soudain, Caleb entend comme un bruit sourd. Le Commandant s'écroule au sol. Caleb arque un sourcil. Un jeune homme se tient devant lui, une canne noire à pommeau dans la main. Il vient d'assommer Dark avec une canne ?

- J'ai toujours rêvé de tenter ça.

- Joe ?

- Tu comptais attendre qu'il te tue avant de bouger ?

- Non, je… Qu'est-ce que tu fous là, d'abord ?

- Lucien Dark m'a dit qu'un type avec des yeux métalliques et des cheveux bruns était venu le voir. Ce gosse me harcèle depuis trois jours, j'arrive plus à dormir ! J'avais entendu dire que Jude était rentré, je me suis dit que tu le cherchais.

Il pose la canne. Caleb la reconnait, elle appartenait à David. Célia la lui avait offerte après qu'il se soit blessé lors d'un entraînement. Il dévisage son ancien camarade. Joseph King est un ami de Jude, un grand type calme et discret avec une chevelure de fauve et des yeux gris. Placé à la Caserne dès ses sept ans, il n'a cependant jamais réussi à obéir aveuglément, surtout pas à Dark.

- On devrait se dépêcher. La petite Glacia va pas tarder à revenir et tirer la sonnette d'alarme. Comment tu repars ?

- Des types m'attendent sous la réserve de la cuisine. Dark a tabassé Jude, il est inconscient, je sais pas comment le porter jusque là-bas sans éveiller les soupçons.

- Improvisons !

Le jeune homme regarde tout autour de lui. Il attrape Jude et le hisse sur son épaule. Caleb le regarde prendre la bouteille d'absinthe et le suit pour entrer de nouveau dans le bureau principal. Joseph lui ordonne d'ouvrir un placard de l'armoire en noyer. A l'intérieur, il trouve un lit d'Hôpital pliable. Dark a failli perdre la vie il y a quelques années, lors d'une bataille contre les résistants de la Gourmandise. Il a refusé de faire soigner à l'hôpital et a reçu des soins ici, dans son bureau. Le lit doit dater de cette époque-ci.

- On va placer Jude là-dessus et mettre un drap sur son corps et son visage. On est peu à savoir qu'il est ici. Tu baisses les yeux, et tu ne parles pas. Si quelqu'un demande, je dirai que c'est un ordre, que je n'ai pas cherché à savoir.

- Ça va fonctionner ?

- Avec moi, ça fonctionnera.

- Sûr ?

- Ecoute Caleb, on n'a jamais été ce qu'on appelle des amis proches, toi et moi, je pense qu'on peut même dire que nous ne sommes pas amis du tout. Mais je suis devenu proche de Jude bien avant que tu ne commences à lui tourner autour. Je ne cherche pas à t'aider. Mais Jude n'a pas sa place ici. Tu n'es pas le seul à t'inquiéter pour lui. Alors ramène-le à l'Orgueil, et protège-le de Dark.

Caleb hoche gravement la tête. Très bien, il est temps de faire confiance !


Absinthe : Aussi appelée fée verte,cet alcool a été l'une des muses préférées des romantiques, avec l'opium. Boisson préférée de Verlaine et Rimbaud, elle a aussi été pointée du doigt par Zola. Je serais bien incapable d'en faire l'historique, mais l'absinthe a bel et bien été interdite en France jusqu'à très récemment, parce qu'on estimait qu'elle attaquait le cerveau.

Couleur absinthe : Je cherchais la couleur exacte des yeux de la petite Glacia Vessal afin de donner à mon chapitre son nom. Or, il se trouve que, comme son nom l'indique, la couleur est le vert de Vessie. Le nom bien du fait que, je cite wikiwiki, la baie donnant la couleur soit "coulée dans des vessies de porc ou de bœuf". Vous comprenez pourquoi j'ai bifurqué sur l'absinthe ?

Valjean et les Misérables : Qui dit Romantisme dit Victor Hugo. Qui dit Hugo dit Misérables, et qui dit Misérables dit Valjean dans les égouts de Paris. De fait, alors qu'une révolution éclate à Paris entre les Royalistes et les Républicains, Marius se jette à corps perdu dans la bataille pensant que sa belle Cosette l'a abandonné. Il se fait blessé et est laissé pour mort. Or, Valjean débarque en pleine bataille, non pas pour se battre, mais pour rencontrer Marius, et aussi un peu lui faire sa fête. Bref, il le voit presque mort et décide de le ramener chez son grand-père en passant par les égouts. Suite de l'histoire au prochain chapitre !


Alors, en ce qui concerne les nouveaux personnages (qui ne devraient pas revenir), il s'agit de Lucien Dark (merci, on avait compris) et de Glacia Vessal. Pour ceux qui ne suivent et n'aiment pas GO (non Tia, je ne te vise pas du tout !), Lucien est le garçon un peu gentillet dont on apprend qu'il est le neveu de Dark. J'ai regardé IE en français et IEGO en VO, alors, lorsqu'à la fin de l'épisode, Lucien avoue son nom, on a ouvert de grands yeux ronds avec mon frère et on s'est dit : "Super... C'est qui Kageyama ?". Bref, le personnage me passionne pas, mais j'avais pas envie d'inventer un OC. Quant à Glacia (faut vraiment revoir les noms des perso de GO), c'est la jeune fille très proche de Dark dans Galaxy et qui est possédée par un clown... dit comme ça, ça donne envie. Je crois que c'est l'un des seuls perso féminins que je supporte dans GO, et elle m'a rendu Galaxy supportable. Bref, ça fait un bail que je me dis que j'écrirais bien un truc sur elle, alors j'ai commencé par l'introduire dans cette fiction.

C'est pas super cool de ma part d'arrêter le chapitre ici, mais c'est déjà vachement long, j'allais pas en rajouter ! Et pour une fois, il y a de l'action. Enfin, vous voyez ce que ça donne chez moi, l'action, je passe pas mal de choses sous silence ! C'est un truc que je choppe des films que j'aime, et qui ont l'intelligence de ne pas montrer la violence. Je vais citer le Polisse de Maïwenn, qui m'a appris que l'imagination et les mots étaient bien plus sensibles et heurtants que la démonstration physique face caméra.

Avouez que j'évolue ! Dark est passé de fantôme à personnage en chair et en os, et il a même droit à la parole ! Bon, je sais que pas mal d'entre vous s'attendaient à un face to face avec Jude, mais je trouvais ça mieux qu'il ait lieux avec Caleb. J'espère quand même ne pas trop vous avoir déçus. Si c'est le cas, n'hésitez pas à le dire, il en faut plus que ça pour me vexer. Au contraire, j'aime bien savoir ce qui n'a pas plu.

Bonne semaine à tous !

PS : Je voulais juste adresser un petit hommage à Michel Delpech, décédé hier. Ce n'était pas mon chanteur préféré, mais j'aime quand même beaucoup ses chansons, et ça m'a étrangement émue d'apprendre son décès. Sans compter que j'ai adoré son personnage et son jeu d'acteur dans les Bien-aimés. Ce chanteur m'a fait sourire et m'a attendri de nombreuses fois, il méritait ces quelques lignes.