Hello
Merci du fond du cœur à ceux qui ont donné leur avis. Je suis vraiment désolée pour cette longue absence inhabituelle chez moi, j'ai vraiment eu très très peu de temps ces derniers temps. Merci d'avoir lu et prit le temps de commenter !
Je vous offre la suite sur un plateau d'argent ;)
Bonne lecture
Chapitre 3 : Cœur de glace
Que se passait-il à l'extérieur ? Pourquoi personne n'avait encore agi ? Pourquoi Malefoy n'avait-il pas encore décidé de son sort ? Pourquoi restait-elle aussi longtemps enfermée dans la cellule de son manoir ? Pourquoi la gardait-on en vie ?
Voilà presque une semaine que la jeune Gryffondor était détenue dans les cachots. Elle en avait marre. Malgré ses repas maigres mais quotidiens, son estomac réclamait sans cesse plus encore. Le noir la condamnait, l'empêchait d'y voir clair et renforçait sa solitude. Le silence oppressant qui régnait autour d'elle lui était si assourdissant qu'elle se mettait parfois à parler seule, juste pour le combler. Et surtout, elle se sentait sale, sale et souillée, pourtant ce sentiment n'avait rien à voir avec le fait qu'elle n'avait pas pris de douche depuis plusieurs jours.
Elle n'avait personne à qui parler, rien à quoi penser. Hermione se sentait plus seule qu'elle n'avait jamais eu l'occasion d'être. Depuis ce jour où Malefoy lui avait raconté librement ce qui était arrivé à ses parents, il n'était venu lui rendre visite que lorsqu'elle était endormie. Ils n'avaient plus échangé un seul mot.
Ces conditions éprouvantes commençaient à lui peser. La lionne avait l'impression qu'elle allait devenir folle. Les quelques fois où elle se sentit dégénérer, elle s'accorda un instant de répit volontaire où elle tenta de s'endormir. Quitter le sol rugueux de la cellule pour quelques heures était la plus incroyable des bénédictions, les rares fois où elle y parvenait. Dormir était difficile lorsqu'au-tant de pensées tourbillonnaient dans sa tête. Elle n'avait pas froid, ni chaud, elle n'avait pas faim au point de ne penser qu'à ça, mais la sensation de solitude plus celle de se sentir sale l'empêchaient de réellement se reposer.
Hermione pensait souvent à sa baguette, abandonnée dans la forêt. Sans elle, elle était si vulnérable, si fragile ! Ce petit bâton était à lui seul le signe de son appartenance aux Gryffondor : lui qui faisait d'elle quelqu'un de solide, battant, puissant, courageux... Sa baguette lui manquait presque autant que ses meilleurs amis.
La jeune lionne se demandait tout le temps si Harry et Ron avaient retrouvé sa trace. S'étaient-ils au moins rendus compte de sa disparition ? Elle n'en était pas sûre, mais elle pouvait supposer que ses parents oui, et qu'ils auraient alerté ses meilleurs amis. Il allait de soi qu'ils avaient également dû appeler la police moldue. Les parents étaient décidément incorrigibles...
Alors qu'elle se réveillait d'un énième petit somme atrocement inconfortable, Hermione entendit les pas habituels annonçant probablement l'arrivée de Malefoy. Les battements de son cœur s'accélèrent étrangement lorsqu'elle se redressa. Elle était déterminée à agir de n'importe quelle manière. Pas question de rester un jour de plus dans l'obscurité et l'ignorance ! En tant que Gryffondor, elle devait faire que la situation change.
Hermione attendit que l'assiette soit devant elle pour lever les yeux vers le Serpentard.
- Vais-je rester ici encore longtemps ?
Apparemment mécontent qu'elle ait osé poser la question, Malefoy répliqua d'un regard noir.
- Aussi longtemps que nécessaire, répondit-il d'un ton glacial.
- Pourquoi n'ai-je pas droit à la lumière du jour ? persista Hermione, de nature à ne rien lâcher.
- Parce que les cachots sont conçus pour, Granger.
- Pour quelle raison ?
- C'est l'une des choses qui font qu'un prisonnier perd la tête.
Il n'avait pas l'air enchanté qu'elle lui fasse la conversation, encore moins pour l'interroger de cette manière, mais la Gryffondor ne lâcha pas l'affaire.
- Il y a donc eu des prisonniers, avant moi ?
Les traits de son visage toujours aussi fermés, Malefoy la dévisagea comme s'il pensait qu'elle plaisantait. Finalement, constatant que non, il éclata d'un grand rire froid qui provoqua des frissons le long de la colonne vertébrale de la lionne.
- Tu as vachement de culot de me traiter toujours d'égocentrique ! Quand je vois que tu penses être la seule prisonnière de ce manoir ! Sérieusement, Granger, pour qui prends-tu les Malefoy ?
- Pour des Mangemorts sans cœur, rétorqua Hermione d'un ton posé, ses yeux lançant des éclairs.
- Tant mieux, c'est exactement ce que nous sommes, approuva le Serpentard en retrouvant son visage impassible.
- Certains prisonniers ont succombé ? reprit la Gryffondor, ignorant la remarque.
- Ceux qui n'ont pas péri ici n'ont pas fait long feu non plus.
- Pourquoi ? risqua Hermione, redoutant la réponse.
- Parce que personne ne sort d'ici vivant, Granger, cracha Malefoy, sérieusement agacé. Quand on est fait prisonnier par des Mangemorts, il est rare qu'ils accordent ensuite la vie sauve à un fugitif.
Hermione scruta son visage inexpressif.
- Vous tuez ceux qui ne sont pas morts de faim, de soif, de fatigue, d'ennui ou de folie ?
- Bien sûr que non, Granger.
- Que se passe-t-il, alors ? demanda la lionne, soulagée.
Un sourire narquois étira les lèvres du Serpentard.
- Ce que tu peux être naïve, comme Sang-de-Bourbe ! On les torture, évidemment, et cette fois, personne n'échappe à la mort.
L'air terrifié de la Gryffondor l'amusa visiblement beaucoup.
- Eh oui, Granger, tout n'est pas tout rose dans le monde des sorciers. Si tu relevais parfois la tête de tes livres, tu verrais qu'on ne vit pas dans le même monde que celui que tu t'imagines.
Son horreur passée, Hermione rougit de colère.
- Je sais très bien dans quel monde nous vivons, Malefoy ! explosa-t-elle. Je sais bien que certains n'ont pas leur place, ici, et doivent se battre pour obtenir ne serait-ce que la vie sauve ! Mais je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que cela change, j'en fais le serment.
Pas le moins du monde impressionné par sa promesse, Malefoy lâcha un long sifflement moqueur.
- Eh bien, miss je-sais-tout, je te souhaite bien du courage ! Si tout ceux qui veulent la même chose que toi ont autant de pouvoir qu'une Sang-de-Bourbe, je crains que le monde ne soit jamais changé ! Enfin, bon, je ne veux pas te faire perdre espoir, après tout, c'est si bien de vivre dans les rêves, n'est-ce pas ? Le plus dur, c'est quand même de se réveiller...
Sans se départir de ce sourire qu'Hermione aurait bien voulu arracher de son visage, il tourna les talons en la laissant plantée là, verte de rage
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Ainsi Malefoy devait sans doute regretter de l'avoir mise dans une telle confidence, car il se montrait à présent encore plus détestable qu'auparavant. Hermione se demanda des tonnes de fois ce qui lui était passé par la tête pour l'écarter d'une morte certaine ; apparemment, il semblait prendre plaisir à la torturer lui-même, à sa manière.
Les jours passèrent à nouveau, lents, monotones. Quand son hôte venait lui apporter son repas, soit elle faisait semblant de dormir, soit elle restait tapie dans un coin de sa cellule, sans même tressaillir à son approche. Son cerveau paraissait avoir choisi le mode « pause » car désormais elle s'empêchait de réfléchir et ne pensait à rien.
Elle commençait sérieusement à oublier ce qu'était une vie tranquille, avec la lumière du jour, dans des vêtements propres, et de la compagnie. Le Serpentard n'avait pas l'air pressé de lui annoncer quel sort il lui réservait ; mais dorénavant, la Gryffondor s'en fichait presque : passer autant de temps loin de tout l'avait complètement coupée du monde, à un tel point que parfois elle s'étonnait d'entendre encore son cœur battre.
Les Mangemorts ne s'étaient pas manifestés ; pas davantage d'ailleurs, que ses amis ou ses parents. Ses souvenirs étaient sa seule arme, son seul moyen de faire passer le temps et d'oublier tout le reste : tant qu'elle se remémorait des bons moments passés avec ceux qu'elle aimait, elle oubliait dans quel enfer elle vivait.
Elle ne pouvait se retenir de se poser des questions, malgré son état actuel d'immobilité, autant extérieur qu'intérieur. Pourquoi Malefoy ne l'avait-il pas encore tuée ? Pourquoi personne ne devinait ce qui s'était passé ? Pourquoi personne ne se souciait de son sort ? Pourquoi demeurait-elle ainsi enfermée ? Jusqu'à quand cet enfer durerait-il ?
En dépit de ses efforts, ses questions restaient sans réponses. Elles étaient pourtant la seule chose qui maintenait encore Hermione à la raison et l'empêchaient de succomber comme les précédents prisonniers.
On lui avait toujours dit : tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Et puis, elle était une Gryffondor. Chaque fois qu'elle menaçait de sombrer dans la dépression, cette simple phrase la remettait sur le droit chemin. Elle avait déjà affronté pire dans la vie, non ?
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- Alors, Granger, tu tiens le coup, hein ?
Tirée du sommeil par cette voir arrogante qu'elle haïssait tant, Hermione songea que sa matinée ne pouvait pas commencer d'une pire façon.
- Tu devrais pas te priver de ta bouffe, poursuivit Malefoy en désignant les trois assiettes pleines qui gisaient devant le corps de la lionne. C'est la seule chose qu'il te reste, à présent.
Voyant qu'elle ne répondait pas, il poussa un long soupir.
- Allez, Granger, quoi, ressaisi-toi !
- Fiche-moi la paix, Malefoy, grinça la Gryffondor d'une voix rauque.
- Tu ne veux pas t'accrocher, hein, c'est ça ? Tu veux sombrer ou quoi ? Tu veux finir comme tout ceux qui sont morts ici avant toi ?
Hermione releva lentement la tête. À la faible lueur de sa baguette magique, le Serpentard regardait son corps immobile d'un air méprisant.
- Ai-je réellement le choix, Malefoy ?
Son ton n'avait pas monté mais sa voix avait égalé la froideur de celle de son adversaire.
- Bien sûr que non.
- Alors laisse-moi tranquille, grogna-t-elle en enfouissant à nouveau sa tête entre ses bras.
Il y eut un court silence.
- Franchement, Granger, je m'attendais à mieux de ta part, répliqua le serpent sèchement. Moi qui pensais que tu allais te battre jusqu'au bout, que tu n'allais jamais renoncer, que tu allais honorer tes soi-disant qualités de Gryffondor... Alors, en fait, tout ce baratin sur leur courage et leur bravoure, c'est que du blabla, c'est ça ? À moins que ce soit toi qui n'es pas à la hauteur de ceux de ta maison dont tu es si fière ?
Piquée au vif, Hermione se redressa et le fixa d'un regard de feu.
- N'importe quoi ! Non mais tu entends les conneries que tu dis, Malefoy ? Il faut vraiment être tordu pour inventer des histoires pareilles !
Il haussa un sourcil, indifférent, alors qu'elle aurait voulu le couvrir de claques jusqu'à ce qu'il cesse d'être aussi impassible.
- Dans ce cas, montre-le-moi.
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Poussée à bout, Hermione serra les dents les jours suivants. Chaque fois que le Serpentard pénétrait dans le sous-sol, elle se redressait, chargeait ses yeux de haine et ne le lâchait pas tandis qu'il déposait son assiette, la jugeait du regard, puis repartait. Elle demeurait quelques secondes ainsi, immobile, avant de laisser tomber et d'enfouir à nouveau son visage entre ses bras, genoux ramenés contre la poitrine.
Elle se forçait à manger son repas tous les jours, rien que pour détromper les propos de Malefoy. Elle voulait qu'il voie à qui il avait affaire : une Gryffondor qui ne cesserait jamais de se battre. Une petite voix dans sa tête lui répétait qu'elle n'avait jamais prêté attention aux paroles de ce serpent, blessantes ou pas, mais Hermione la chassait d'un geste agacé ; il était chaque jour la seule compagnie qu'elle avait, et elle devait faire avec, donc s'adapter.
Le désespoir menaçait de la submerger. Désormais, sa seule force était de tenir tête à ce serpent venimeux. Bien qu'il ne soit pas le meilleur compagnon qu'elle ait eu, elle devait bien faire avec, et quand elle mourrait d'envie de l'étrangler, sa mémoire lui rappelait que son pire ennemi lui avait quand même sauvé la mise, et qu'en ce moment-là, il détenait toujours au creux de ses mains sa propre vie, qui dépendait entièrement de son choix.
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- Arrête de me regarder comme ça, Granger.
- Arrête de me parler sur ce ton, Malefoy.
- Ne me donne pas d'ordres.
- Toi non plus.
Ils se fusillèrent du regard à travers les barreaux de la cellule, leurs visages faiblement éclairés par la légère lueur de la baguette.
- Je te hais, Malefoy.
- Moi davantage encore, Granger.
Hermione serra les dents. Elle vit nettement l'ombre creuser les jours de son ennemi ; il crispait les mâchoires en la regardant d'un air aussi mauvais qu'elle. Décidément, ils ne cesseraient jamais de se chamailler, même dans des conditions extrêmes.
- Tu aurais dû me laisser mourir, maugréa sèchement la Gryffondor.
-Je ne te le fais pas dire, approuva le Serpentard d'un ton glacial.
La lionne ne laissa pas paraître son étonnement.
- Dans ce cas, pourquoi ne l'as-tu pas fait ?
Elle ne pouvait résister à cette envie de savoir ; lui devait certainement prendre ce désir pour de la provocation, mais Hermione n'y fit pas attention.
- Figure-toi que je me pose la même question, Granger.
- Laisse-moi mourir dans ma cellule, alors.
- Je ne veux pas à avoir à me débarrasser d'un corps de Sang-de-Bourbe par la suite.
Fulminante, Hermione s'empêcha de s'énerver.
- Tu veux me torturer ?
- Je ne suis pas contre.
- Qu'attends-tu, alors ? Que je meure de moi-même ? Tu ne veux pas prendre un malin petit plaisir à me faire agoniser juste avant, comme tu as dû le faire maintes et maintes fois ?
Les mâchoires du serpent se crispèrent davantage encore.
-Je suis chez moi, Granger. Je fais ce que je veux, cela me paraît assez clair. Il suffit de te voir.
Ce fut au tour d'Hermione d'accuser le coup.
- Tu me prends pour une chose.
Ce n'était pas une question, mais une affirmation. Un sourire glacé tordit les traits de son ennemi.
- Les Sang-de-Bourbe sont des choses, Granger.
- J'en ai assez de ta manie du sang.
- Je me contrefiche de ce que pense une Sang-de-Bourbe.
- Il n'y a pas de sang meilleur qu'un autre ! vociféra la Gryffondor, furieuse. Personne ne mérite pas d'être venu au monde ! Chacun de nous a sa place ici, qu'importe la nature de son sang !
- La place des Sang-de-Bourbe est en enfer, Granger.
Tremblante de rage, Hermione s'empêcha de répliquer encore. Elle sentait malgré elle des larmes de colère inonder ses yeux et ne voulut surtout pas que Malefoy assiste à ça : une Sang-de-Bourbe hypersensible en train de se transformer en fontaine.
- Tu me dégoûtes, Malefoy. Et je te hais encore plus d'avoir épargné ma vie quand on voit ce que tu fais d'un tel acte absolument inutile...
Avant qu'il n'ait pu lâcher une insulte, elle recula jusqu'au fond de sa cellule sans un regard pour lui. Une fois contre le mur, elle se fit aussi petite que possible, roulée en boule, ses bras entourant ses genoux serrés contre sa poitrine, sa tête à l'intérieur.
Son bourreau ne bougea pas, ne dit pas un mot. Un fol instant, la lionne s'imagina qu'il puisse avoir des regrets, avant de se souvenir qu'un tel mot était banni du vocabulaire d'un Malefoy...
Elle était si stupide. Elle qui avait cru qu'il l'avait épargnée par gentillesse ; non, en réalité, c'était simplement parce qu'il ne souhaitait pas qu'elle meurt sous la main d'un autre que lui. Sans doute considérait-il que ces années passées en sa compagnie avaient été de trop, et qu'il avait le droit de se venger contre cette souillure qui, selon lui, ne méritait pas la vie.
Au bout d'un long moment, les pas du Serpentard s'en allèrent, et la Gryffondor se rendit compte qu'elle avait cessé de respirer. Elle attendit quelques minutes en plus pour s'assurer qu'il ne pouvait pas l'entendre, puis éclata en sanglots bruyants.
Hermione pleura plusieurs heures sans s'arrêter. Ses yeux lui faisaient mal, sa tête semblait être sur le point d'exploser, mais cela faisait tellement de bien d'évacuer ce qu'elle avait sur le cœur... Pleurer, encore un mot qui ne devait pas exister dans le vocabulaire du serpent. N'avait-il jamais lâché quelques larmes pour avoir trop ressenti ?
Après avoir eu une telle pensée, Hermione se traita mentalement d'imbécile. Il avait raison, elle était si naïve... Un Malefoy ne ressentait jamais rien.
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Les assiettes pleines s'accumulèrent durant les jours suivants. Hermione avait perdu toute envie de se nourrir, toute envie de respirer, toute envie de vivre, ou plutôt de survivre... D'ailleurs, com-ment était-ce possible que son cœur batte encore ? Elle avait l'impression d'être un robot sur lequel on avait appuyé sur le bouton d'arrêt.
- On dirait un zombie, Granger.
Encore cette voix insupportable... Que n'aurait-elle pas donné pour ne plus jamais l'entendre ?
- La faute à qui ?
Lassée de sans cesse répliquer, la Gryffondor laissait parfois passer les insultes sans y faire attention. Mais il arrivait que l'envie de se battre ressurgisse des profondeurs de son âme, tel une arme de guerre, comme la lionne qu'elle était...
- Tu pourrais au moins faire un effort, quand même.
- C'est ça, c'est ça.
- Franchement, tu es tellement hideuse que je ne sais même pas pourquoi je te regarde !
- Je ne t'y force pas, Malefoy.
- Je n'ai pas tellement le choix, tu es le seul truc à peu près vivant dans ce manoir.
- T'as qu'à te trouver une pimbêche d'un des bars du coin, ça t'occupera.
- Je les ai déjà toutes faites. En plus certaines d'entre elles sont d'une naïveté ! Même toi, Granger, tu ne pourrais pas être pire.
- Oh, merci, quel compliment...
- Tu as raison, faut que je fasse gaffe, parfois je me laisse aller et j'en donne trop à ceux qui n'en méritent pas du tout... Surtout ne te sens pas visée, hein.
- Ben voyons.
- Et puis j'en ai marre de t'entendre chialer, Granger. Tu pourrais pas te retenir ?
On aurait dit qu'il cherchait n'importe quel moyen pour la mettre en colère et la faire réagir. Peine perdue : Hermione était si abattue que plus rien ne l'atteignait. Ses paroles, aussi blessantes soient-elles, glissaient sur elle comme l'eau sur la pierre.
- Bon, écoute, Malefoy, lâcha la Gryffondor, agacée. Déjà que je dois t'écouter te plaindre alors que de nous deux, tu es celui qui est le plus libre de ses mouvements, si, en plus, je dois faire semblant de compatir...
Elle poussa un long soupir avant de se replonger dans sa torpeur.
- De pire en pire, Granger, grimaça le Serpentard. Tu me ferais presque pitié.
Exaspérée, Hermione l'ignora totalement. Mais ignorer un Malefoy était une grossière erreur.
- Je te parle, Granger.
- Je m'en fous.
- Regarde-moi.
- Te regarder pour croiser ton regard méprisant et ton sourire glacial ? ricana la lionne. Non merci.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Malefoy fut devant elle.
- J'ai dis : regarde-moi, cracha-t-il férocement.
Puisqu'elle ne se décidait pas à obéir, il attrapa son menton pour la forcer à lever la tête.
- Ça m'est égal de te faire pitié, siffla Hermione d'une voix posée. Depuis quand est-ce que j'accorde de l'importance à ton avis ?
Cette réplique ne parut pas faire plaisir au Serpentard dont les yeux s'assombrirent.
- Fais gaffe à ce que tu dis, Granger. Tu pourrais regretter...
- ...amèrement mes paroles, je sais, acheva la lionne en levant les yeux au ciel. Tu ne me fais pas peur, Malefoy.
- Tu ne sais pas de quoi je suis capable !
- Je n'attends que de voir.
- Alors tu vas être servie ! tonna-t-il, furieux, les traits de son visage plus mauvais que jamais.
Aussitôt, une douleur suraiguë glaça les entrailles d'Hermione dont le souffle se coupa sous le choc. C'était comme si l'intérieur de son corps se consumait, laissant place à une douleur effroyable. Incapable de respirer, ses yeux se révulsèrent et son menton toujours retenu par les doigts de Malefoy se mit à trembler.
Le Serpentard la lâcha immédiatement avant de s'écarter précipitamment. Malgré sa souffrance, la jeune fille put facilement apercevoir l'expression d'horreur qui traversa le visage de Malefoy ; une expression qui se dissipa simultanément. La mine impassible qu'elle lui connaissait tant reprit sa place et la douleur dans ses tripes diminua jusqu'à complètement disparaître.
Plaqué contre le sol, le corps d'Hermione était agité de soubresauts, secoué de spasmes incontrôlables. Même si elle en avait eu l'envie, jamais elle n'aurait pu se retenir : c'était comme si son corps et son esprit avaient été séparés et que chacun n'en faisait qu'à sa tête.
Un silence pesant s'abattit dans la cellule. Les yeux étroitement fermés, la Gryffondor tentait de reprendre doucement ses esprits. Elle distinguait la lumière de la baguette du Serpentard juste au-dessus d'elle, simple clarté sous ses paupières closes.
Lorsque son corps redevint à peu près contrôlable, Hermione roula par terre pour se retrouver sur le dos, aux pieds de Malefoy qui la fixait, la mine indéchiffrable.
- Tu aurais dû me tuer, murmura-t-elle d'une voix faible. Tu aurais dû me tuer tant qu'il en était encore temps.
Étrangement, elle ne fut pas surprise que le Serpentard ne réponde pas.
- Je ne veux plus vivre.
Elle n'eut encore qu'un masque d'impassibilité comme interlocuteur.
- Mais je ne m'abaisserais jamais jusqu'à te supplier, Malefoy, ajouta-t-elle lentement.
Les sourcils de ce dernier se froncèrent.
- Tu as vu de quoi j'étais capable, lâcha-t-il, légèrement hésitant.
- Mmh.
- Je peux faire pire encore.
- Je n'en doute pas.
- Tu as soufferts.
- Non, mentit la Gryffondor avec fougue.
- Tu n'as vraiment pas souffert ? s'étonna le Serpentard, suspicieux.
- Non. Je pensais que tu pourrais faire mieux. Je suis déçue.
La réaction de son ennemi fut celle qu'elle attendait : ne supportant pas une telle injure, il se raidit de fureur.
- Tu es... déçue ?
- Oui.
- Tu ne me crois pas capable de plus encore ?
- Non.
Il parut se gonfler de rage.
- Tu vas le regretter, Granger.
À nouveau, il leva sa baguette, les yeux étincelant de colère. Se préparant mentalement au coup qui allait lui être fatal, Hermione referma étroitement ses paupières.
Mais aucun sortilège ne vint l'achever.
- Bien joué, Granger, souffla soudain Malefoy d'une voix blanche. J'ai failli me faire avoir.
Alors ? Qu'en pensez-vous ?
J'attends vos réactions avec impatience.
Merci d'avoir lu !
