Hello !

Merci pour vos avis ! Ils sont de plus en plus nombreux et me font de plus en plus plaisir ! J'espère ne jamais vous décevoir :)

Voici la suite pour vous mes chers lecteurs 3

Bonne lecture


4 - Ange ou Démon ?

Malefoy s'étant repris à temps, le cœur de la lionne battait toujours. Désespérée, Hermione ne compta même plus les jours qui passèrent par la suite. Elle était frustrée qu'il se soit montré si malin malgré sa colère : elle aurait pensé qu'il allait la tuer à l'aide d'un sortilège de magie noire. À présent, elle n'avait plus aucun moyen d'échapper à son destin.

D'ailleurs, quel était-il ? Sa cellule serait-elle sa dernière demeure ? Malefoy serait-il son bourreau encore longtemps ? Parviendrait-elle à fuir le triste sort qui l'attendait inévitablement ?

Tant de questions restaient sans réponses. La Gryffondor n'avait même plus la force de se tenir droite. Depuis que le Serpentard avait levé sa baguette sur elle, elle n'avait pas bougé. La faim n'était plus rien désormais face au désespoir qui broyait ses entrailles.

Il ne se passait rien. Elle était vide.

- Je crois que tu as raison, Granger, je devrais peut-être t'achever.

Cette dernière ne faisait même plus attention à l'omniprésence de son ennemi. Elle ne prit même pas la peine de répondre, sachant très bien que cela ne servait à rien.

- Mais j'attendrais que tu me supplies.

Même dans le noir, elle devinait aisément le sourire narquois qui étirait ses lèvres.

- Rêve, rétorqua-t-elle à voix basse.

- Non, je sais que ça viendra.

- Et qu'aurais-tu à y gagner, Malefoy ? Qu'est-ce que ça t'apporterait ?

- Plein de choses.

- Du genre ?

- Qu'une Sang-de-Bourbe nommée Granger me supplie de l'achever ferait un véritable carton auprès des Mangemorts.

- Si tu le dis.

- Je sais que tu finiras par me supplier. C'est certain.

- Tu te trompes sur toute la ligne.

Mais Hermione avait beau insister, elle-même n'était pas convaincue. Parfois, elle se demandait même pourquoi elle ne l'avait pas encore déjà fait.

- Rappelle-toi, Granger, tu m'as déjà supplié...

Le sang de la Gryffondor ne fit qu'un tour.

- N'importe quoi, riposta-t-elle néanmoins.

- Ne fais pas comme si tu ne voyais pas de quoi je parle.

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

- Bien sûr que si, voyons.

- Pas l'autoroute

- Très bien, alors je vais te rafraîchir la mémoire. Si je te dis : l'obscurité totale, la peur au ventre, du danger sous tes pas...

- Cette description ne s'accorde-t-elle pas parfaitement avec ce que je vis en ce moment ?

- Pas tout à fait, Granger. Il y a eu pire.

- Je n'en ai pas le souvenir.

- Réfléchis, alors... Des Mangemorts à tes trousses, un piège tellement stupide que je suis surpris que, même toi, tu sois tombée dedans, du sang sur tes vêtements, ta baguette envolée...

Nerveuse, Hermione déglutit faiblement sans rien dire.

- Un arrêt de mort officiellement déclaré, une bataille pour savoir qui sera le meurtrier, et enfin, la bénédiction : un ange tombé du ciel qui évite l'assassinat.

À ces mots, la Gryffondor ne put s'empêcher de pouffer de rire.

- Un ange tombé du ciel ? N'est-ce pas plutôt un démon survenu des enfers ? Tu parles réellement de toi, Malefoy ?

La lionne tentait de changer de sujet par n'importe quel moyen, quitte à mettre un Malefoy en colère... Cependant, son plan tomba à l'eau car il parut remarquer son petit jeu.

- Chacun se bat avec ses armes, après tout..., ricana-t-il d'un ton sarcastique. Je reprends donc : un ange tombé du ciel, ou un démon survenu des enfers, peu importe, pour éviter le massacre. Je parle de moi, Granger, en effet. Alors que l'ange use de son pouvoir pour impressionner ses inférieurs afin de les convaincre que lui seul est capable de s'occuper de ce cas, une petite voix toute tremblante et toute faible le supplie...

L'avantage d'être dans l'obscurité était tout de même qu'il ne pouvait pas voir ses joues cramoisies.

- Que dit-elle ? poursuivit Malefoy, se délectant de son silence. Elle murmure son nom et cela, plus encore que n'importe quoi d'autre, est une supplication.

Hermione ne prononça pas un mot, ne bougea pas d'un millimètre.

- Eh oui, Granger, ce qui devait arriver est arrivé : tu m'as déjà supplié. Et je ne doute pas que bientôt tu recommenceras. On verra si à ce moment-là, j'aurais la bonté de t'achever.

La Gryffondor préféra demeurer immobile, de peur de trahir ce que chaque parcelle de son corps ressentait : de la honte et du regret.

- Je comprends ton silence, ne t'en fais pas, reprit le Serpentard d'une voix doucereuse. Tu sais parfaitement que j'ai raison, et c'est tout à fait normal.

- Ce n'est pas vrai, le défia Hermione.

À peine eut-elle ouvert la bouche qu'elle le regretta ; c'était exactement ce que Malefoy souhaitait.

- Bien sûr que si, Granger.

- Pas l'autoroute

- Je me doute bien que me supplier était acte purement et simplement instinctif dans le feu de l'action, cependant, il faut assumer, Granger.

- Je n'ai rien à assumer, protesta la lionne, hésitante.

- Assume tes actes, Granger, répéta le Serpentard, prenant plaisir à la mettre mal à l'aise.

- Et toi, alors ? Tu ne veux pas me tuer parce que tu ne veux pas assumer non plus ! contre-attaqua Hermione qui cherchait en vain un moyen de se défendre.

Après tout, la meilleure défense est l'attaque, c'est bien connu.

- Assumer quoi ? Le fait que j'aurais tué une Sang-de-Bourbe ? Je ne vois pas où est le problème.

À court de répliques, la lionne ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit... Malefoy interpréta très bien son manque de la répartie.

- Allons, Granger, ce n'est pas si grave, tu sais, de supplier son pire ennemi de l'épargner...

- Ce n'est pas ce que j'ai dit ! s'égosilla la Gryffondor, hors d'elle.

- Non, mais c'était tout comme... Mon nom seul signifiait tout ça à la fois.

- Ce n'est pas vrai ! C'est faux, c'est faux, c'est faux !

Il était rare que la jeune fille perde son sang-froid ; en général, elle avait un très bon contrôle de soi. Mais lorsque cela arrivait, les gens prenaient aussitôt la fuite ; un comportement qui, bien entendu, ne fut pas celui du Serpentard.

- C'est la vérité, la contredit Malefoy d'une ton calme et froid qui laissait très bien imaginer son sourire. Seulement tu n'es pas prête à l'admettre.

- Je te hais, Malefoy ! cracha Hermione d'une voix imbibée de venin.

Ce dernier s'esclaffa ouvertement.

- C'est réciproque, Granger. Ce que tu es drôle quand tu t'énerves !

«Inspire. Expirer. Inspirer. Expirer. »

La rage qui bouillonnait dans les tripes d'Hermione l'empêchait de se calmer. Et le fait que son ennemi y ajoute son grin de sel n'arrangeait rien du tout.

- Laisse-moi tranquille, fulmina-t-elle entre ses dents serrées.

À nouveau, le rire du serpent retentit à ses oreilles.

- Une raison de plus de me supplier.

Le corps de la Gryffondor se mit à trembler de fureur. Elle s'interdit de répliquer en fourrant son poing dans sa bouche, quitte à se le mordre jusqu'au sang.

- Tu me fais rire, Granger. Tu es tellement... prévisible.

Malefoy semblait plus se parler à lui-même qu'à elle et Hermione se promit mentalement de n'accorder aucune attention aux insultes qui allaient probablement suivre.

- On peut dire aussi que tu es naïve, naïve comme je n'ai jamais vu personne l'être. Tu vois du bon en tout le monde, même dans les pires salopards. Tu penses que tout le monde peut se rattraper, racheter ses erreurs en commettant des actes d'une bonté que tu juges extraordinaire par rapport aux faits habituels. Tu crois que l'on peut effacer ses crimes comme ça, simplement en assurant qu'on est désolé, qu'on ne recommencera plus. Mais tout le monde n'est pas aussi gentil que tu le crois, Granger. Il y a des gens qui sont nés pour faire le mal, c'est la vie.

Il marqua une courte pause.

- N'importe qui peut te mener par le bout du nez, finalement. On peut te faire croire n'importe quoi, tu ne te poses pas de questions, tu penses que tout le monde est sincère. Tu pourrais tomber facile-ment dans des pièges tellement ta naïveté relève de la stupidité. D'ailleurs, c'est ce qui t'es arrivé, et figure-toi que je n'en suis pas étonné.

Fidèle à sa promesse, Hermione resta muette.

- Ce piège se sentait à des kilomètres à la ronde, Granger, et tu es tombé dedans. Je ne doute pas que s'ils n'avaient pas capturé un moldu pour le tuer afin de t'attirer, tu ne serais pas tombée dans le panneau. Mais évidemment, dès qu'il s'agit de sauver des vies, miss je-sauve-le-monde ne manque jamais à son devoir.

La Gryffondor dû faire un effort inhumain pour ne pas riposter ce qui lui brûlait les lèvres.

- Un jour, tu vas réellement y passer, Granger. Si je n'avais pas été là, qui sait ce qui serait arrivé ? Ils t'auraient tuée simplement parce que tu as voulu protéger un moldu qui était de toute manière déjà mort.

Il poussa un soupir.

- Tu es décidément incorrigible. La miss je-sais-tout est en fait une miss allô-la-stupidité-c'est-moi-qui-commande. Tu pourrais perdre ton titre de fille la plus intelligente de Poudlard, Granger.

Hermione aurait tellement aimé lui fermer son clapet, lui dire que de toute façon il se fichait de sa vie et du fait qu'elle allait mourir, qu'il n'était pas concerné par sa « naïveté », que même si, d'après lui, elle était si stupide, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ?

Mais elle se tut.

- Ça me fait pitié de constater que tu te fais avoir aussi facilement. Je ne veux pas te tuer, mais je ne veux pas non plus te relâcher. Si en plus, toi, tu t'arranges pour t'attirer, et donc m'attirer également, les pires ennuis, je ne sais pas ce que je vais faire de toi.

Si seulement elle pouvait interrompre son monologue incessant !

- Ah, Granger, je ne me doutais pas qu'avoir ta vie entre mes mains serait aussi compliqué...

Sur ces paroles inattendues, il se leva et disparu.

Hermione était peut-être prévisible, en tout cas, Malefoy, lui, était tout le contraire. Un coup il appuyait exprès sur un point sensible pour la faire réagir, un coup il avouait une partie de ses pensées. Qu'était-elle sensée en tirer ?

Avec lui, on ne savait jamais sur quel pied danser.

- Tu devrais manger, Granger, lui conseilla-t-il pour la énième fois consécutive.

La Gryffondor ne lui accorda pas même un regard.

- Je ne voudrais pas que tu meurs dans le cachot de mon manoir, insista-t-il. Il faut que tu restes en vie, alors mets-y un peu du tien.

Surprise, la jeune fille leva les yeux vers lui. Cette fois, il avait pris sa baguette magique qui éclairait son expression indifférente. Il désignait les nombreuses assiettes pleines qu'il avait continué d'apporter tout en sachant qu'elle ne les vidait pas.

- Si mon but était de te tuer, pourquoi crois-tu que je t'aurais nourrie, ou même soignée ? Non, Granger, si j'avais voulu que tu meurs, je me serais assuré que ce soit le cas, voire je ne serais même pas intervenu auprès de mes chers confrères.

De plus en plus étonnée, Hermione le dévisagea, cherchant une trace de mensonge. Mais impossible de lire quoique ce soit sur un visage aussi inexpressif.

- Alors fais au moins l'effort de rester en vie, O.K. ?

Il s'apprêtait à repartir mais la lionne le retint.

- Que comptes-tu faire de moi ?

Malefoy revint vers elle de sa démarche si décontractée.

- Aucune idée, admit-il en haussant les épaules.

- Tu ne veux pas me tuer ?

- Je viens de te le dire à l'instant, Granger. Si j'avais souhaité ta mort, ce serait déjà fait depuis des semaines.

- Mais alors... pourquoi suis-je encore ici ?

- Pour la simple et bonne raison que je ne sais pas quoi faire de toi.

- Pourquoi suis-je prisonnière ?

- Pour ne pas que tu t'échappes.

- Pourquoi m'échapperais-je ?

- Pour rentrer chez toi, rejoindre Saint Potter et ta belette de Weasmoche ou tes moldus de parents.

- Pourquoi n'ai-je pas le droit de les rejoindre ? interrogea Hermione, enchaînant question sur question sans prêter attention à ses remarques sur Harry et Ron.

- Parce que tu es ma prisonnière.

- Pourquoi suis-je ta prisonnière, alors ?

- Pour ne pas que tu t'échappes, répéta Malefoy posément.

- Ma question est différente, cette fois. Pourquoi suis-je prisonnière alors que tu ne veux pas me tuer ni me relâcher ?

- Parce qu'une Sang-de-Bourbe dans la nature en ces temps-ci est dangereux.

La Gryffondor baissa les yeux. Elle qui pensait qu'il regrettait son ancienne conduite, puisqu'il acceptait enfin de répondre à ses questions et même puisqu'il ne comptait pas la tuer, il venait à nouveau d'utiliser une insulte pour la désigner.

Malefoy sembla remarquer sa déception.

- Je veux dire par là que si les Mangemorts te retombaient dessus, tu n'aurais pas une seule seconde pour faire ta prière, précisa-t-il. Parce que ton sang est impur, selon eux.

Hermione releva la tête vers lui tout en essayant de retenir l'espoir qui grandissait en elle : elle ne voulait pas être déçue encore une fois, parce qu'avec lui, pour le moment, elle ne ressentait que ça.

- Selon eux ? souligna-t-elle, hésitante.

- Oui.

- Et... selon toi ?

Il y eut un court silence.

- Selon moi, aucun sang ne vaut mieux qu'un autre.

La lionne étouffa son hoquet de surprise. Elle ne put cependant pas empêcher ses yeux de s'écarquiller. Avait-elle bien entendu ce qu'elle croyait avoir entendu ?

- Mais... tu... je... enfin, tu..., bafouilla-t-elle, prise au dépourvu.

Malefoy haussa un sourcil inquisiteur tandis qu'elle se sentait rougir.

- Pas plus tard qu'il y a quelques minutes tu me traitais encore de Sang-de-Bourbe, lui rappela-t-elle sans le quitter des yeux. Et l'autre jour, tu départageais les droits et les devoirs des sang purs et des sang impurs qui, selon toi, étaient différents !

- Pas selon moi, Granger.

- Pardon ?! s'étrangla celle-ci. Selon qui, alors ?

- Selon les Mangemorts.

Ce fut au tour d'Hermione de ne rien comprendre.

- Quelle différence y a-t-il ?

- Ça change tout, Granger.

- C'est-à-dire ?

- Penser comme un Mangemort n'est pas indispensable lorsque l'on en est un, expliqua-t-il avec patience.

- Vraiment ? s'étonna la jeune fille, sceptique.

- Vraiment.

- Alors n'importe qui peut l'être ?

Malefoy secoua la tête.

- Pas n'importe qui, Granger.

- Je ne comprends rien, avoua Hermione, perdue.

- Faire semblant de penser comme un Mangemort est indispensable lorsque l'on en est un ou lorsque l'on veut en être un, ajouta-t-il.

Un peu désorientée, la Gryffondor fronça les sourcil tandis que ses mots se frayaient un chemin jusqu'à son esprit.

- Tu veux dire que... que tu fais semblant de penser comme eux ?

- J'ai dis que c'était indispensable lorsque l'on en est un, Granger. Je n'ai pas précisé qu'il s'agissait de moi.

- Mais pourtant tu viens de dire que tu ne pensais pas qu'un sang valait mieux qu'un autre.

Le Serpentard observe un petit temps.

- Bon, O.K., on peut dire que tu es intelligente, soupira-t-il. En effet, je pense qu'aucun sang ne vaut mieux qu'un autre. Ces conneries sont des idées de Mangemorts.

- Mais tu n'es pas... ?

- Bien sûr que si, je suis un Mangemort, l'interrompit Malefoy. Sinon tu ne te serais pas là. J'ai toujours été un Mangemort, tu le sais très bien, tout comme tu sais bien que j'ai décidé de fuir la bataille en juin dernier, ce qui a amené certains à douter de mon appartenance au mal.

Patiente, Hermione attendit qu'il poursuive.

- Mais après qu'ils aient tué mes parents, j'ai tenté de les convaincre lâchement que j'appartenais à leur camp, sinon ils me tuaient aussi. J'y suis parvenu, évidemment, en usant de mon charme et de mon pouvoir sur eux.

La lionne se retint de lever les yeux au ciel : même lorsqu'il décrivait un instant délicat de sa vie, il ne pouvait s'empêcher de se mettre en valeur. Quelle prétention...

- J'ai toujours su que si l'on souhaite devenir Mangemort et qu'on ne partage pas leur avis, il faut faire semblant de penser comme eux. Même lorsqu'il s'agit de cette absurdité sur les sang purs et impurs des sorciers...

Il haussa les épaules, l'air de dire que le prix se valait bien. Interdite, Hermione le fixa avec des yeux exorbités. Elle ne savait pas quoi en penser : d'un côté, elle était soulagée qu'il n'adhère pas à ces idées, mais de l'autre, elle n'avait aucune preuve de sa culpabilité et persistait à penser qu'il appartenait malgré tout au mal.

- Bref, tout ça pour dire qu'il vaut mieux pour toi que tu sois enfermée ici sans que personne n'en ait connaissance, affirma-t-il avec assurance.

Comme la Gryffondor continuait de le regarder sans rien dire, il tourna les talons en lançant par dessus son épaule d'une voix parfaitement neutre :

- Tu ne devrais pas te laisser mourir de faim.

Résignée à écouter, pour une fois, les paroles d'un Mangemort, Hermione avala le contenu de la dizaine d'assiettes qui gisaient devant elle depuis des jours et des jours. Elle dut admettre que remplir son estomac était une incroyable bénédiction : immédiatement, elle se sentit beaucoup mieux.

En réfléchissant bien aux événements des derniers jours, elle eut tout à coup un excès de honte en pensant à la façon dont elle avait tendu un piège à Malefoy pour qu'il l'achève. De toute évidence, le manque de nourriture l'avait fait complètement perdre la tête. Elle avait souhaité mourir de la main de Drago Malefoy ! Elle, Hermione Granger, Gryffondor de cœur ! Elle aurait presque été jusqu'à le supplier, si elle avait jeûné plus longtemps !

La lionne se promit de ne plus jamais se priver de manger : cela pourrait l'amener à faire des choses qu'elle regretterait ensuite. Par la même occasion, elle se promit également de rester elle-même et de faire ce qu'elle aurait fait coûte que coûte : se battre pour survivre.

Hermione Granger était donc de retour, et ce, grâce aux paroles d'un Serpentard. En parlant de lui, il était difficile, pour ne pas dire impossible, de savoir ce qu'il avait derrière la tête. Il se comportait si étrangement que la Gryffondor, en y repensant, se demanda brièvement si elle n'avait pas rêvé. En l'espace de quelques jours seulement – bien que cela lui parut être des années – il était parvenu à semer le doute dans l'esprit de la lionne. Désormais, elle était encore plus larguée sur ses intentions que lors du premier jour.

Qui était-il réellement ? Que comptait-il faire d'elle ? Est-ce que ces histoires de vrai Mangemort – faux Mangemort étaient vraies ? Mais alors, appartenait-il réellement au royaume du Mal ?

Ces questions s'ajoutaient à celles qu'elle se posait déjà. Hermione ne savait pas si elle aurait assez de temps dans sa vie pour trouver la réponse de toutes.

- C'est bien, tu as fait ce que je t'ai dit.

Refusant de s'abaisser au niveau de Malefoy qui, lui, n'avait pas changé, la Gryffondor ne répondit pas.

- Il était temps que tu prennes conscience que se laisser mourir de faim n'est pas la bonne solution.

Il attendit puis, voyant qu'elle n'avait aucune réaction, lança d'un ton sarcastique :

- arbustes net que la langue, Granger?

- Non, Malefoy, j'attendais simplement une bonne occasion de m'en servir.

Perplexe, le Serpentard la scruta.

- Tu veux que je te montre ?

- Quoi donc ?

- Comment on s'en sert.

Hermione ne parvint pas à déterminer ce qu'il voulait dire.

- Je sais parler, merci.

Un air amusé se peignit sur le visage de son adversaire.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire, Granger.

- C'est quoi, alors ?

- Comment as-tu fait pour embrasser Viktor Krum ? Comme un poisson hors de l'eau ?

Sous les yeux ébahis de la lionne, il joignit le geste à la parole, ouvrant et fermant la bouche, yeux écarquillés. Saisissant enfin de quoi il voulait parler, Hermione sentit ses joues s'empourprer.

- N'importe quoi, bredouilla-t-elle en baissant les yeux.

Mais rien n'échappait au grand Drago Malefoy.

Ne me dis pas que tu n'as jamais embrassé personne ?

Seul le silence de la Gryffondor lui répondit. Après un instant de choc, le Serpentard fut secoué d'un violent éclat de rire.

- Miss je-sais-tout est bien à la hauteur de sa réputation, alors ! Est-ce que dans les livres, ils apprennent les meilleurs façons d'embrasser ?

Cramoisie, Hermione aurait donné cher pour disparaître sous terre. En dépit de ses efforts, elle ne trouva rien à dire pour le faire taire. Elle assista, impuissante, au fou rire incontrôlable du Prince des Serpentard.

- Ce ne sont pas tes affaires, Malefoy, grommela-t-elle d'une voix mal assurée.

- Dommage que Poudlard soit en cendres, j'aurais bien aimé voir la tête des élèves de l'école ! s'esclaffa ce dernier en ignorant sa remarque, tordu de rire.

Bien qu'elle aurait cru cela impossible, Hermione rougit davantage. Elle fut presque heureuse que la faible lueur de la baguette de son ennemi ne l'éclaire pas trop et qu'elle se trouve dans le noir des cachots ; l'instant était assez humiliant comme ça.

- Granger et Krum assis face à face dans la bibliothèque, chacun fixant ses genoux ! Comme c'est romantique ! la charria le Serpentard, pris d'inspiration.

Horriblement embarrassée et sérieusement agacée, la Gryffondor ne pipa mot et recula jusqu'au fond de la cellule pour s'appuyer contre le mur.

- Allons, Granger, décoince-toi, un peu ! Un de ces jours, il faudra que je t'apprenne deux-trois trucs pour être un peu plus à l'aise dans tes robes...

Pouffant toujours, Malefoy s'éloigna en hâte.


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