Hello !

Voici enfin le sixième chapitre. Je suis vraiment désolée pour le retard, je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment. J'espère ne pas vous décevoir.

Bonne lecture :)


Chapitre 6 : Au délà des mots

Le lendemain, lorsqu'Hermione se réveilla, elle sentit qu'elle n'était pas seule dans l'obscurité des cachots. Elle n'eut bien sûr aucun problème à deviner qui se trouvait avec elle ; le seul mystère restait encore les raisons de la présence à ses côtés de son Serpentard bien-aimé.

- Salut, Malefoy, fit-elle négligemment.

- Salut, Granger, dit-il d'une voix toujours aussi neutre.

Elle aurait voulu le bombarder de questions mais elle se retint : elle préférait ne pas commettre la même erreur qu'auparavant. La Gryffondor fouilla dans sa mémoire pour trouver quelque chose à dire. Simultanément, les événements de la veille resurgirent dans son esprit.

- Qu'as-tu fait du corps ? demanda-t-elle, légèrement hésitante, tout en sachant qu'il comprendrait parfaitement de qui elle voulait parler.

- Je l'ai balancé dans la rivière.

Comment faisait-il pour ne rien ressentir à la seule pensée qu'il s'était débarrassé d'un cadavre ?

- Il y a une rivière ?

Quelle question idiote... Elle n'eut aucun mal à imaginer le sourire moqueur de son interlocuteur.

- Oui, se contenta-t-il de répondre néanmoins, sans donner davantage d'explications.

- Qu'est devenu le Mangemort qui s'était caché ? interrogea Hermione.

Le silence du Serpentard lui indiqua clairement sa surprise de la savoir aussi informée.

- Mort.

- Je m'en doutais. Tu as également balancé son corps dans la rivière ?

- C'est le seul endroit où personne ne viendra fouiller, assura Malefoy d'un ton désinvolte.

Il y eut un silence. La lionne aurait souhaité lui demander pourquoi il l'avait cachée des Mangemorts ; pourquoi il la maintenait en vie ; pourquoi il restait là, avec elle, dans la cellule et dans le noir complet ; pourquoi, pourquoi, pourquoi... Elle ne dit rien de tout cela.

- Depuis combien de temps suis-je ici ?

Des semaines, des mois... voire des années ?

- Environ trois semaines.

- Trois semaines ? répéta la Gryffondor en ouvrant des yeux ronds.

Harry et Ron ne s'étaient-ils pas lancés à sa recherche ? N'avaient-ils pas deviné, bien qu'elle ne leur en ai jamais parlé, qu'elle était sans cesse traquée à cause de la nature de son sang ? Cela ne paraissait-il pas évident qu'elle s'était faite attrapée, ou même tuée ?

Hermione écarquilla les yeux, soudain horrifiée. Et si c'était ça, le réel problème ? Pensaient-ils qu'elle était morte ? Avaient-ils trouvé les tâches de sang près de l'arbre dans la forêt qui bordait son quartier et en avaient-ils conclus qu'elle aussi avait été balancée dans la rivière ? Avaient-ils cessé les recherches, l'imaginant perdue à jamais ?

Elle secoua la tête, tentant de se raisonner. C'était impossible, cela ne leur ressemblait pas. Elle les connaissait par cœur tous les deux, il était évident que tant qu'ils n'auraient aucune preuve de sa mort, ils continueraient d'espérer... N'était-ce pas ce qu'elle ferait, elle, à leur place ?

- Saint Potter et Weasmoche ne te trouveront pas, Granger, objecta soudain Malefoy qui paraissait deviner les raisons de son silence.

- Et pourquoi donc ? s'intéressa Hermione, les sourcils froncés, bien qu'il ne puisse pas la voir.

- Pour plusieurs raisons. D'abord, ils doivent te penser morte à l'heure qu'il est...

La lionne tressaillit imperceptiblement.

- ...ensuite, même s'ils retrouvaient ta trace dans la forêt, ils ne pourraient jamais savoir ce qui s'est réellement passé, et enfin, le manoir est protégé par des sortilèges de magie noire qui empêchent quiconque, ne portant pas la Marque, de le trouver.

Lessivée, Hermione déglutit faiblement.

- Donc ne t'attends pas à les voir débarquer ici, jouant les héros, avec leurs têtes de messieurs je-sauve-le-monde, conclut Malefoy avec un petit rire moqueur. Personne, en dehors de moi, ne sait où tu te trouves.

Il marqua une courte pause, puis ajouta d'un air pensif :

- Et ne t'imagine pas non plus que quiconque pourra me soutirer des informations. Je resterai aussi muet que la tombe dans laquelle tu étais sensée aller.

Pourquoi ramenait-il toujours tous les sujets au fait qu'elle aurait dû actuellement être morte ?

- Ça t'amuse beaucoup, Malefoy, cingla sèchement Hermione, de me garder prisonnière dans ton manoir avec pour seule compagnie ton insupportable prétention, n'est-ce pas ?

Elle s'attendait à ce qu'il monte sur ses grands hippogriffes. Au lieu de ça, il ricana.

- Tout juste, Granger, ça m'amuse énormément. C'est vrai que tu peux être très distrayante parfois...

Il partit dans un éclat de rire. Ne saisissant pas ce qu'il y avait de drôle, Hermione ne dit rien et se contenta de bouder dans son coin.

- Tu voulais prendre une douche, hier, c'est bien ça ? questionna brusquement le Serpentard en cessant de rire.

- Oui, répondit Hermione, méfiante.

- Je peux t'apporter de l'eau et du savon, si tu veux, Granger.

- Euh...

Était-il réellement sérieux ou était-ce un mauvais coup ? Le savon serait-il empoisonné ? L'eau serait-elle brûlante, ou, au contraire, gelée ? Pourquoi, d'un claquement de doigt, lui proposait-il quelque chose qu'il avait refusé ostensiblement la veille ?

Hermione ne savait toujours pas de quel côté pencher lorsqu'il se leva. Dans le noir complet, elle entendit ses pas s'éloigner et se demanda une énième fois ce qui lui passait par la tête. Et comment faisait-il pour marcher tranquillement en évitant tous les obstacles sans la lumière de sa baguette ?

Tant de questions sans réponses...

Quelques minutes plus tard, elle distingua la lueur de la baguette de Malefoy qui revenait, un seau à la main. Quand il fut devant elle, il ouvrit la cellule pour poser le seau à ses pieds, et lui tendit un savon particulièrement sale.

Encore plus méfiante, la Gryffondor le dévisagea sans bouger.

- Prends-les, Granger, ordonna le Serpentard en levant les yeux au ciel.

Sourcils froncés, Hermione n'obéit pas.

- Tu es vraiment pas possible, toi, soupira-t-il en secouant la tête devant une telle obstination. C'est à se demander si tu n'es pas programmée à l'envers ! Lorsque les pièges se sentent à des kilomètres à la ronde, tu tombes la tête la première à l'intérieur. En revanche, quand il n'y a pas de raison d'être méfiant, c'est la première attitude que tu as. Décidément, je ne te comprendrais jamais.

Il se baissa pour placer le savon à côté du seau.

- Tu as mangé et bu ce que je t'ai donné sans problème, alors pourquoi cette fois refuses-tu de profiter de la bonté de ton hôte ?

Hermione ne put s'empêcher de s'esclaffer. Lui, un hôte ? Plutôt un bourreau, oui ! Quant à sa soi-disant bonté, il valait mieux ne pas se lancer dans un débat trop long et inutile...

- Pour une simple et bonne raison, Malefoy, expliqua-t-elle d'un air exaspéré. Hier encore, quand je t'ai demandé si je pouvais me laver, tu m'as clairement fait comprendre que je ne pouvais même pas en rêver. Alors pourquoi, ce matin, tu arrives avec un seau et un savon ?

Ils se fixèrent du regard un long moment, chacun refusant de fuir celui de l'autre. Et, pour une fois, ce fut finalement le Serpentard qui détourna les yeux en soupirant.

- Parfois il ne faut pas chercher les raisons, Granger. T'es vraiment chiante à vouloir sans cesse tout comprendre ! Merlin aurait dû te flanquer un cerveau de la taille d'un pois chiche, ç'aurait été plus facile de t'avoir comme prisonnière.

Il désigna le seau et le savon.

- Maintenant, tu fais ce que tu veux, Granger, je ne suis pas là pour vérifier que tu sentes mauvais ou non. Je te conseille juste d'y jeter un coup d'œil, parce que je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir supporter ton odeur de cafard mort.

Avant que la jeune fille n'ait pu répliquer, il s'en alla d'une démarche décontractée. Furieuse de s'être encore fait couper le clapet, Hermione loucha sur le seau avec méfiance, se passant en boucle dans la tête les paroles du Serpentard.

Était-ce vrai qu'elle puait le cafard mort ?

Après avoir eu une telle pensée, la Gryffondor s'administra une gifle mentale.

« Même en situation extrême, tu restes une fille, Hermione, songea-t-elle. Mais de toute manière, depuis quand accordes-tu de l'importance aux avis des garçons, particulièrement de celui-là ? »

Rassérénée, elle examina avec plus d'attention le savon. Des traces noires et grisâtres barrait les écritures indiquant son lieu de fabrication. Depuis combien de temps ce savon était-il dans le manoir ? Avait-il servi à nettoyer les balais ou à astiquer les instruments de magie noire ?

Malgré la saleté, Hermione eut quand même envie d'essayer, ne serait-ce que pour chasser la puanteur de ses vêtements et de son corps. Malefoy n'avait peut-être pas tort, après tout. Trois semaines sans se laver, ça devait se sentir !

Était-ce réellement ça qui avait poussé le Serpentard à changer d'avis ? Si ce n'était pas le cas, il s'agissait sûrement du fait qu'il avait dû s'avouer qu'elle avait raison, mais, évidemment, pour rien au monde il ne l'admettrait devant elle.

Finalement, après réflexion, elle décida qu'elle n'avait rien à craindre d'un savon ou d'un seau d'eau. Son bourreau aurait eu tout le temps de la tuer en l'espace de trois semaines, tenue à sa merci dans son cachot, non ? Elle ne craignait rien à se décrasser un peu.

Après avoir vérifié qu'il ne revenait pas sur ses pas pour l'espionner, Hermione se débarrassa de ses vêtements et trempa le savon dans le seau d'eau. Elle était glacée ! Cette constatation lui parais-sait évidente mais ne la gênait pas trop, après tout, c'était l'été.

La Gryffondor frotta énergiquement le savon contre sa peau nue ensanglantée, contente de remarquer qu'elle ne sentait pas de traces noires sur elle. Tout en répétant le geste, elle parvint à laver ses bras, son visage, ses cheveux et le haut de son corps. Déjà, elle se sentait mieux. Elle dû plusieurs fois replonger le savon dans le seau pour enlever la saleté, puis le repasser sur ses jambes noircies et ses pieds pleins de terre. Quand elle eut fini, elle tâtonna le sol autour d'elle du plat de sa main, mais dû se rendre à l'évidence : Malefoy n'avait pas pensé à lui apporter une serviette.

Hermione poussa un profond soupir. Ce Serpentard faisait toujours les choses à moitié : nourriture sans eau, seau et savon sans serviette. Mais il semblait faire de son mieux, et c'était déjà une bonne chose. En plus, il avait finalement réussi à lui apporter de l'eau, non ?

À cet instant, elle entendit ses pas habituels. Prise de panique en réalisant qu'elle était entièrement nue, elle chercha autour d'elle un moyen de se cacher. Pour le moment, elle était dans l'obscurité, ce qui ne la dérangeait pas, mais elle apercevait la lueur de la baguette de Malefoy. Plutôt mourir qu'il la voie toute nue.

Elle n'avait cependant pas le choix. Du mieux qu'elle le put, Hermione prit ses vêtements qu'elle avait nettoyé le plus possible avec le savon afin de les placer devant son corps. Elle était toute mouillée, ce qui ne rendait pas la tâche facile. Pourtant, l'idée que Malefoy la découvre ainsi renforça sa détermination : elle s'apprêtait à enfiler complètement ses vêtements, quitte à les mouiller entièrement, lorsque soudain le Serpentard apparut.

Instantanément, la Gryffondor se figea. Elle ne quittait pas des yeux la silhouette de son hôte qui s'approchait dangereusement. Dans quelques secondes, il allait se rendre compte qu'elle n'était pas habillée... Que se passerait-il, à ce moment-là ?

Le regard de la lionne descendit jusque dans les mains de Malefoy. Il lui apportait la serviette.

- Tiens, Granger, commença-t-il, j'ai oublié d'ajouter la ser...

Sa phrase mourut sur ses lèvres à l'instant où ses yeux se posèrent sur elle. Pétrifiée d'effroi, la jeune fille baissa la tête, les joues plus rouges que jamais. Son cœur battait jusque dans ses tempes et elle se rendit compte qu'elle ressentait la même appréhension que la veille, à l'approche des Mangemorts. Pourtant, cette situation était complètement différente.

- Je vois que tu t'en ai déjà aperçue, lâcha le Serpentard.

Comment faisait-il pour conserver un tel ton neutre ?

- Eh bien, tiens, alors, sers-t'en.

Il lui jeta la serviette à travers les barreaux. Nerveuse, Hermione releva la tête à l'instant où celle-ci atterrissait sur ses genoux. Des gouttes d'eau tombaient ses cheveux, glissaient dans son cou, lui tirant quelques frissons. Cependant, la Gryffondor eut soudain un accès de chaleur.

Pourquoi ne s'en allait-il pas ? Pourquoi ne la laissait-elle pas tranquille pour se sécher ? Pourquoi continuait-il de la fixer de son regard gris ?

Ses yeux brûlaient chaque centimètre carré de sa peau. Jamais Hermione ne s'était sentie aussi honteuse. Elle n'osait pas bouger, ni même respirer. Inconsciemment, elle avait coupé son souffle.

Enfin, après un instant qui lui parut une éternité, le Serpentard détacha son regard d'elle et fit volte-face. Soulagée, la Gryffondor regarda ses talons disparaître à l'angle du mur.

- Merci, souffla-t-elle à voix basse.

Lentement, son corps se détendit et elle put à nouveau respirer normalement. Pourtant, quelque chose la hantait. Les yeux de Malefoy fixés sur elle lui provoquaient des frissons sur tout le corps. Malgré ses efforts, elle ne parvint pas à chasser cet image de son esprit. Elle avait senti quelque chose en cet instant, quelque chose qu'elle avait été incapable d'identifier.

Une goutte d'eau s'échoua sur ses lèvres, la faisant revenir à la réalité. Maintenant qu'elle était à nouveau dans le noir, Hermione ne ressentait plus aucun gêne apparente. Elle reposa ses vêtements et entreprit de se sécher à l'aide de la serviette. Contrairement à ce à quoi elle s'attendait après avoir vu l'état du savon, celle-ci était douce et non rugueuse, ce qui rendait le frottement plus agréable.

Lorsqu'elle eut terminé, elle sécha également ses vêtements avant de les enfiler. Puis elle repoussa le seau et le savon, plia la serviette qu'elle déposa à côté, et recula jusqu'au fond de la cellule, son coin habituel. Elle n'avait pas faim, pas soif, pas froid, pas chaud, pas envie de dormir. Un seul désir rythmait les battements de son cœur : sortir d'ici.

Mais comme elle ne pouvait rien y changer, Hermione s'appuya contre le mur et ferma les yeux.

HGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDM

Le seau, le savon et la serviette ne bougèrent pas les jours suivants. À chaque fois qu'Hermione se réveillait, une assiette pleine était déposée devant elle. Comme le noir ne la quittait pas, elle avait pris l'habitude de tâtonner le sol du plat de la main pour vérifier qu'elle avait toujours de quoi manger, boire et se laver. Pas une seule fois depuis ce moment embarrassant elle n'avait eu à supporter le regard de Malefoy.

On aurait dit qu'il faisait exprès de lui rendre visite lorsqu'elle dormait. Bien que cela ne la dérange pas le moins du monde, cette situation rappelait quand même à Hermione le moment où elle l'avait vexé, lors de ses premiers jours enfermée. Cette fois-ci, elle ignorait les sentiments de son ennemi, en tout cas, une chose était sûre : il ne pouvait pas être aussi horriblement gêné qu'elle.

D'ailleurs, elle ne serait pas étonnée qu'il n'ait pas été embarrassé, au contraire, il avait sûrement dû en profiter. Cette simple pensée renforçait son sentiment de honte si bien que la jeune fille fut presque soulagée de ne pas avoir à croiser ses yeux gris.

Malgré cela, elle se sentait de plus en plus seule. L'ennui était inévitable, la solitude insupportable. Au bout de plusieurs jours à moisir toute seule, Hermione songea que finalement elle aurait préféré la compagnie du Serpentard, quitte à mettre de côté sa fierté.

En se réveillant un énième matin sans fin, la Gryffondor commençait à désespérer. Les paroles de Malefoy concernant les protections installées autour du manoir retentissaient dans sa tête et lui ôtaient tout espoir d'être un jour découverte par ses deux meilleurs amis. Elle pensa à Harry et Ron, ainsi que Ginny, ses parents, et tous ceux qui s'étaient battus avec elle. Harry, qui était si chamboulé par la mort de ses proches ! Et Ron, qui ne se remettait pas de celle de son frère ! Depuis cette fois où elle lui avait sauté au cou, lors de la bataille, elle n'avait pas pu mettre au clair ses sentiments pour lui. Elle savait qu'il avait les mêmes de son côté, et ce depuis des années. Elle n'avait pas envie d'attendre encore pour lui dire qu'elle l'aimait ! Et si elle mourrait ici, et qu'il ne sache jamais rien ? C'était trop cruel !

- Oh, Ron, murmura-t-elle pour elle-même dans l'obscurité et le silence. Tu me manques tellement...

Elle sursauta violemment lorsqu'un ricanement résonna à ses oreilles.

- Commence pas à fantasmer sur cet incapable maintenant, Granger, railla une voix bien connue.

- Malefoy ?!

- Qui d'autre ?

- J'ai le droit de penser ce que je veux ! s'écria la lionne, honteuse de s'être fait surprendre encore une fois. Tu n'as aucun pouvoir sur cela !

- T'es pas obligée de me faire part de tes fantasmes sur cet imbécile, riposta le Serpentard d'un ton narquois. D'ailleurs, je dois t'avouer que je serais bien content d'en être privé.

- Je ne t'ai pas forcé à m'écouter, Malefoy !

- Franchement, qu'est-ce que tu lui trouves à cette belette ?

- Arrête de l'appeler comme ça ! protesta vivement Hermione, outrée.

- C'est vrai, quoi, poursuivit le serpent sans prêter attention à ses interruptions, il est incapable d'agiter sa baguette magique sans se la fourrer dans l'œil ! Le moindre geste qu'il fait entraine des dégâts irréversibles ! Il ne sait pas aligner deux pensées cohérentes, il bafouille et rougit sans cesse, il baisse les yeux devant le regard d'une fille... Je ne vois vraiment pas ce que tu peux trouver à un mec qui fait autant pitié !

- Malefoy ! s'offusqua Hermione, profondément choquée.

- Mais oui, j'y pense ! C'est sûrement pour ça que tu t'intéresses à lui ! En vérité, il te fait pitié... C'est ça, Granger ? Tu as pitié de Weasmoche ? Je peux très bien te comprendre, après tout, qui n'aurait pas pitié de lui ? Mais tu sais, Granger, tu n'es pas forcée de te sentir obligée de lui dire que tu l'aimes, à ce poisseux...

- Malefoy !

- Sinon tu seras condamnée à le supporter toute ta vie, tu sais ça, Granger ? reprit le Serpentard sans accorder de l'attention à ses gesticulements. Tu vas devoir avaler la bouffe de sa vache de mère, tu vas devoir vivre dans la pauvreté et la misère... Franchement, si j'étais toi, Granger, j'éviterais tout ça ! Je te pensais assez intelligente pour savoir qu'un gars comme lui finit sous les ponts à mendier avec son chapeau de sorcier.

Il prit une petite voix craintive et supplia d'un ton sarcastique :

- « Un peu d'argent pour un Sang-Pur pas foutu de faire apparaître un Patronus... Ayez pitié, je vous prie, d'un incapable qui n'a pas assez dans le pantalon pour conquérir la fille qu'il aime... »

Visiblement fier de son imitation, le Serpentard explosa de rire.

- Tu me dégoûtes, Drago Malefoy, vociféra Hermione d'une voix tremblante de rage.

Profondément écœurée par de tels propos sur l'homme qu'elle aimait, elle sentait le sang affluer jusqu'à sa tête tant la colère sourde qui était montée en elle la bouleversait. S'il y avait une chose qu'elle ne pouvait pas supporter, c'était d'entendre de telles idioties sur Ronald Weasley par quelqu'un qui n'était autre qu'un Mangemort lâche, égocentrique, égoïste, prétentieux et arrogant nommé Drago Malefoy.

- Comment peux-tu critiquer quelqu'un comme Ron alors que tu n'es pas un dixième à sa hauteur ? fulmina-t-elle tandis que le rire du Serpentard s'éteignait. Il est sensible, gentil, fidèle et courageux, tout ce que tu ne seras jamais, Malefoy...

Peu lui importait de le mettre en colère ; à présent, c'était sa rage à elle qui voulait sortir. Elle n'avait qu'une seule envie : gifler Drago Malefoy de toutes ses forces. Si seulement il y a avait un peu de lumière, elle n'aurait pas manqué de courage de le faire.

- Mais surtout, Malefoy, comment peux-tu parler librement du verbe aimer alors que ce mot est banni du vocabulaire de quelqu'un comme toi ? poursuivit-elle d'une voix glacée pendant qu'un grondement sourd s'élevait de la poitrine du Serpentard, comme un ours qui s'apprête à se jeter sur sa proie.

Tout en parlant, elle se redressait lentement, les oreilles sifflantes de fureur.

- Je sais très bien qu'un Serpentard est incapable d'aimer, surtout toi, Drago Malefoy...

Le grondement sourd s'intensifia. Hermione s'attendait presque à sentir des crocs s'enfoncer dans sa chair mais elle n'avait pas peur : pour une fois dans sa vie, elle se laissait guider par sa colère sans penser aux conséquences qu'un tel acte pouvait engendrer.

- Alors ne me parle pas d'amour tant que tu n'auras pas connu ça, Malefoy...

- La ferme, rugit le Serpentard d'une voix blanche.

- Tu es lâche, plus lâche que Ronald ne le sera jamais, scanda Hermione sans écouter la petite voix dans sa tête qui lui conseillait de se taire.

- Tais-toi, tonna Malefoy d'une voix menaçante. Tais-toi ou je te jure que tu vas le regretter.

La peur n'avait plus sa place dans l'esprit de la Gryffondor, même si elle entendait les pas de son ennemi se rapprocher dangereusement d'elle. Seule la colère dominait.

- Tu es un monstre, Drago Malefoy, proféra-t-elle en tremblant de fureur. Un monstre.

- Ferme-la, sale Sang-de-Bourbe. Tu vas le payer.

Ce n'était pas seulement une menace, mais une promesse. La raison d'Hermione le comprit très bien, sauf que ce n'était pas elle qu'elle écoutait.

- Tu as beau avoir une gueule d'ange, en réalité tu es un vrai démon, un démon qui ne pense qu'à tuer... Un démon qui ne changera jamais, en dépit de toutes mes espérances à ton sujet.

- Dernier avertissement, Granger, cracha Malefoy d'une voix tellement glacée qu'Hermione eut l'impression d'avoir été congelée de l'intérieur.

- Ton masque d'indifférence ne sert à rien, grinça Hermione sans se préoccuper le moins du monde du danger qui la guettait. Tu apparais au grand jour à tout le monde pour ce que tu es : un monstre. Et je n'ai pas peur de toi.

- Pourtant tu devrais, gronda Malefoy, à présent si près d'elle qu'elle sentait son souffle sur sa nuque.

- Tu me dégoûtes, conclut la jeune fille sans se méfier.

Aussitôt, une douleur suraiguë traversa son être tout entier, lui arrachant un hurlement. Incapable de se contrôler, Hermione s'effondra à terre tandis que la douleur se propageait dans toutes les zones sensibles. Elle lui tiraillait l'estomac, broyait ses entrailles, meurtrissait son corps... La souffrance s'accentua davantage, et, pendant un fol instant, la Gryffondor put voir malgré l'obscurité dans les yeux de son ennemi au-dessus d'elle : une lueur rouge, mauvaise, assoiffée de pouvoir...

Les larmes ne tardèrent pas à jaillir de ses yeux à elle, mais elle ne les sentait pas et ne faisait rien pour les retenir. Ses hurlements mêlés à ses halètements augmentèrent encore jusqu'à résonner entre les murs des cachots, dans tout le sous-sol. La sueur collait à son corps secoué de spasmes incontrôlables, elle se tordait de souffrance sur la pierre glacée de sa cellule, se griffant pour tenter d'apaiser tant de douleur...

Enfin, après une éternité, le feu dans ses tripes diminua jusqu'à disparaître complètement. Son corps agité de soubresauts demeurait incontrôlable mais Hermione n'avait plus mal. Incapable de bouger, elle resta étendue aux pieds du Serpentard, la joue gauche plaquée contre le sol. Fermant les yeux pour ressentir pleinement cette sensation de bien-être lorsque tout s'arrête, la Gryffondor tenta de calmer sa respiration haletante et de cesser de gémir comme un animal blessé.

Tout était toujours aussi noir, pourtant elle distinguait la présence de Malefoy au-dessus d'elle, immobile. Tout était silencieux mais l'écho de ses propres hurlements retentissait encore dans sa tête comme une cloche sur laquelle on cogne inlassablement.

Le temps qui s'écoula parut interminable à la jeune fille avant qu'elle puisse à nouveau ne serait-ce que bouger le petit doigt. Elle gardait les paupières closes, peu désireuse de découvrir le visage enragé de son ennemi, même si l'obscurité était toujours aussi totale. La souffrance qu'elle avait éprouvée lui avait été bien méritée, elle le savait : on ne manquait pas de respect à un Malefoy. Elle l'avait cherché, malgré les avertissements de ce dernier. Mais elle ne regrettait pas d'avoir défendu Ron, elle en avait assez de laisser tout passer sans rien dire. Qu'importe les blessures qui saturaient son corps dorénavant ; elle finirait bien par se remettre.

Elle demeura si longtemps dans cette position qu'elle dû sombrer quelques minutes dans l'inconscience. À son réveil, un peu trop brutal à son goût, elle ne savait pas si Malefoy était toujours là. Elle essaya d'écouter le silence pour percevoir sa respiration, en vain : soit le Serpentard était parti ou bien trop discret, soit le sifflement à ses oreilles l'empêchait d'entendre correctement.

Plus calme, Hermione ne bougea pas d'un millimètre. Le souvenir de la douleur en elle était encore trop présent dans son esprit pour qu'elle tente quoique ce soit, alors elle resta là encore ce qui lui parut être des heures. Elle ignorait quels étaient les dégâts sur son corps, s'il y en avait, et elle s'en fichait de toute façon. Elle ne parvenait même plus à penser.

Au bout de ce qui lui parut être des années, alors qu'elle était à demi-consciente, Hermione sentit des bras puissants la soulever du sol, réveillant la douleur de ses plaies. Elle s'imagina être portée avec douceur par son prince charmant, avant de sombrer à nouveau totalement dans l'inconscience.


J'attends votre avis avec impatience !

Bisous