Hello !

Merciiii du fond du cœur pour vos reviews ! Je les aime toutes, sans exception !

Et allez, comme j'ai pitié de vous, je mets la suite ;)

Bonne lecture :)


7. - Apparence

Hermione battit des paupières. Du noir. Encore du noir. Cesserait-elle un jour d'être prisonnière de l'obscurité ? Où était-elle ? Pourquoi avait-elle aussi mal ? Pourquoi chaque centimètre carré de son corps la lançait douloureusement ?

Sa tête lui tournait, elle sentait l'odeur du sang autour d'elle. Était-ce son propre sang ? Elle attendit que sa vision s'éclaircisse pour tenter de percer l'obscurité ; en vain. Elle essaya alors de bouger une partie de son corps, n'importe laquelle, par exemple sa jambe...

Elle lâcha un petit cri étranglé. Un grognement retentit juste à côté d'elle, tout proche.

- Kess'kya ?

Toujours aussi aveugle, Hermione poussa un gémissement. La douleur dans sa jambe avait été telle qu'elle n'avait pas pu se retenir. Même dans le noir, elle distingua une masse noire plus foncée que le reste se pencher au-dessus d'elle. Son souffle chaud balaya quelques mèches de ses cheveux bruns emmêlés.

- De la lumière, maugréa une voix traînante qu'elle aurait reconnut entre mille.

La Gryffondor se figea, frappée d'horreur. Comme un raz-de-marée, les souvenirs des derniers événements surgirent dans sa mémoire, chassant tout le reste. Malefoy l'avait torturée, elle semblait être gravement blessée... Pourquoi entendait-elle sa voix, juste au-dessus d'elle ?

Une seconde plus tard, la pièce fut illuminée de lumière. Surprise, Hermione ferma étroitement ses paupières, aveuglée par cet élan soudain. Elle attendit un peu d'être sûre qu'elle ne pourrait plus avoir mal avant d'ouvrir prudemment les yeux, d'abord en les plissant.

Deux yeux gris entourés d'une masse de cheveux blonds ébouriffés la fixaient.

- Tu vas bien ?

Hermione aurait voulu répondre, quitte à l'insulter des centaines de noms qui lui passaient par la tête ; elle en fut incapable. Elle n'avait pas le moindre contrôle sur son corps.

- Réponds-moi ! insista Malefoy, l'air inquiet.

« Je voudrais bien te répondre, sale fouine, si j'avais pu le faire ! »

Elle se contenta de cligner plusieurs fois des yeux. Les sourcils froncés, le Serpentard l'observa un long moment.

- Tu m'en veux tant que ça ou tu ne peux pas parler ?

« Tu crois que je t'en veux ? ricana Hermione intérieurement. Oh, mais non, ne t'en fais pas, je te suis absolument reconnaissante de m'avoir ôté toute chance d'un jour ouvrir à nouveau la bouche ! Et si je restais muette pour le reste de ma vie, hein ? »

Malefoy la dévisagea, anxieux.

- Écoute, je suis désolé, je... j'ai perdu le contrôle de moi-même..., bredouilla-t-il d'un air penaud. Tu m'as mis dans un tel état de rage que je n'ai pas pu m'empêcher de répliquer à ma façon...

Malgré son actuelle immobilité, Hermione parvint à lui transmettre ses pensées en l'assassinant du regard. Un geste que Malefoy perçut très bien.

- Je t'ai soignée, se défendit-il, regarde...

Avec une douceur jusqu'alors insoupçonnée, il prit son bras pour le lever à la hauteur de ses yeux. Hermione suivit du regard les cicatrices qui barraient sa peau. Elles avaient toutes cessé de saigner et étaient nettement visibles sur la pâleur de son teint.

- J'ai fait tout ce que j'ai pu, je te le promets, mais la magie noire laisse toujours des traces...

Alors que la lionne reportait son attention sur lui, il se mordit violemment la lèvre sans la quitter des yeux. Il reposa son bras puis approcha lentement sa main du visage douloureux d'Hermione. Instinctivement, cette dernière recula immédiatement la tête pour ne pas qu'il la touche.

Un voile sombre vint obscurcir les yeux déjà gris de Malefoy.

- Tu ne veux plus que je te touche et je comprends parfaitement. Je suis vraiment désolé.

Il était rare, pour ne pas dire impossible, que ce Serpentard s'excuse autant en si peu de temps. Aussi, la Gryffondor s'adouçit. Malefoy parut distinguer le changement de comportement car il tenta à nouveau d'avancer sa main vers le visage d'Hermione. Cette fois-ci, elle ne bougea pas.

La lionne ferma les yeux au contact de sa peau contre la sienne. Sa main était chaude et douce. Il caressa un instant sa joue droite avant de la retirer, au grand regret d'Hermione.

- Tu te remettras dans quelques jours, ne t'en fais pas, affirma Malefoy avec assurance. Je sais comment soigner les blessures causées par la magie noire : je m'occuperais de toi.

D'où venait cette voix douce dénuée de tout sarcasme ? Était-ce bien le même Drago Malefoy qui refermait les plaies d'Hermione Granger après les avoir lui-même ouvertes ?

- D'ici deux jours, tu devrais avoir retrouvé l'usage de ta voix. Il faudra probablement un peu plus pour reprendre le contrôle de ton corps, mais je t'aiderais. Tu devrais donc être au top de ta forme d'ici une semaine. Est-ce que tu as faim ?

Le Serpentard montra l'assiette quotidienne qu'il tenait dans sa main droite. Hermione ferma les yeux une seconde pour indiquer que non.

- Tu es sûre que tu ne veux rien manger ? Je peux t'aider.

Bien qu'il fût très doux et gentil avec elle en cet instant, la Gryffondor ne pouvait s'empêcher de se méfier encore. Elle avait encore une vision très claire de la lueur de folie qui était passée dans les yeux de son ennemi ; lueur qu'elle souhaitait ne jamais revoir. Ainsi, malgré l'absence de haine sur son visage, elle ne pouvait s'empêcher de douter de sa sincérité.

Voyant qu'elle ne souhaitait pas s'éterniser sur le sujet, Malefoy abandonna l'assiette et se rassit sur la chaise qu'il semblait avoir quittée, juste à côté du lit sur lequel était allongée Hermione. La Gryffondor en profita pour regarder autour d'elle avec attention. Elle se trouvait dans une sorte d'infirmerie qui ne comportait qu'un seul lit ressemblant horriblement à ceux qu'elle avait déjà eu l'occasion de tester dans un cabinet de docteur moldu. La pièce était étroite, faiblement éclairée malgré l'impression qu'elle avait eue lorsqu'il avait allumé la lumière. Les murs étaient blancs, le carrelage paraissait glacé.

- Tu es restée inconsciente durant des heures, l'informa brusquement Malefoy. J'ai cru que je n'allais pas réussir à te réveiller. Je me suis même assoupi quelques minutes involontairement. J'ai pourtant utilisé tous les sortilèges et antidotes que je connaissais ; rien à faire. J'ai vraiment cru que tu n'allais pas t'en sortir.

Hermione tourna lentement la tête vers lui. Cela paraissait être le seul mouvement qu'elle pouvait faire. Malefoy avait les yeux perdus dans le vague. Lorsqu'il s'aperçut qu'elle le regardait, son masque d'indifférence glaciale reprit rapidement le dessus.

- Tu as besoin de quelque chose ? s'enquit-il d'un ton désinvolte.

La Gryffondor secoua lentement la tête de gauche à droite. Elle le regardait comme jamais elle ne l'avait regardé auparavant. Même si cette apparence constante était dure et froide comme la pierre de sa cellule, derrière se cachait quelque chose d'autre, quelque chose qu'il ne semblait pas prêt à montrer au grand jour. Malgré elle, Hermione se surprit à avoir de nouveaux espoirs sur l'avenir incertain de Drago Malefoy.

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Elle se tordait de douleur sur le sol, hurlant à plein poumons. La douleur était telle qu'elle ne sentait plus rien, les images défilaient devant ses yeux, les sons se succédaient à ses oreilles sans qu'elle parvienne à mettre un nom dessus. Elle ne savait plus où était le haut et le bas, l'endroit et l'envers, tout était enfermé dans la vague de flou immense qui représentait sa souffrance.

- Calme-toi ! Arrête de crier, tout est fini...

Sa gorge était écorchée à force d'avoir trop hurlé. Hermione se débattit en poussant des gémissements. Elle avait tellement mal ! Pourquoi personne ne faisait que ça s'arrête ?

- Chut, réveille-toi, regarde, c'est fini, il n'y a plus rien...

Un gant mouillé épongeait la sueur qui collait à son corps, passant sur son front, ses joues, ses yeux... Tout était brûlant, tout était flou.

- Calme-toi, là... Chuuuut, murmura une voix apaisante à ses côtés.

Petit à petit, Hermione cessa de gesticuler. Son souffle était aussi saccadé qu'après une course folle, elle nageait dans la sueur et les larmes, son corps entier semblait être embrasé.

Et les mains de Drago Malefoy sur elle laissaient des traces de feu dans leur sillage.

- Tout va bien, maintenant, calme-toi...

La poitrine d'Hermione se levait et s'abaissait au rythme irrégulier de sa respiration. Elle sentit quelque chose de mouillé parcourir son corps pour tenter d'apaiser le feu qui la consumait. Haletante, elle battit plusieurs fois des paupières, chassant les larmes qui collaient ses cils. Elle avait l'impression d'être plongée dans un bain d'eau brûlante.

- Je... j'ai mal..., chuchota-t-elle d'une voix basse et rauque qui ressemblait peu à la sienne.

Les yeux gris du Serpentard s'accrochèrent aux siens, chocolats.

- Où as-tu mal ?

Hermione ferma brièvement les yeux et déglutit faiblement.

- P... partout...

- Ne t'en fais pas, je vais te soigner.

- J'ai... j'ai tellement... mal...

- Je le sais.

- Tu n'imagines... même... pas...

- Si, crois-moi, je sais très bien ce que ça fait. Je vais t'aider.

Il se pencha sur son corps tremblant pour continuer d'éponger la sueur. La Gryffondor tenta de se calmer mais plus rien ne lui obéissait. L'avantage était au moins qu'elle avait retrouvé l'usage de la parole. Elle aurait aimé en profiter pour insulter Malefoy, lui cracher au visage tout ce qu'elle avait tant désiré lui dire, mais voilà : en cet instant, alors qu'il prenait soin d'elle, elle n'en avait plus la force, ou même l'envie.

À quoi bon dépenser son énergie à dire à son pire ennemi à quel point elle le haïssait ?

- Malefoy...

Il se redressa d'un bond, comme piqué par une aiguille particulièrement pointue.

- Oui ?

- Tu... tu...

- Oui ?

- Tu es... tu es...

- Je suis... ?

- Tu es... un imbécile...

Une seconde, il parut aussi sonné que si elle l'avait assommé d'un coup de massue sur la tête. Puis, finalement, ses traits s'affaissèrent et il se pencha vers elle.

- Tu sais quoi, Granger ?

Une mèche de ses cheveux blonds vint chatouiller la joue d'Hermione qui cligna des yeux.

- Tu as parfaitement raison.

Interdite, elle le regarda fixement. Toute trace de haine semblait avoir déserté son visage. Il n'avait absolument plus rien à voir avec le fou qui l'avait torturée, une lueur rouge dans le regard : en cet instant, il paraissait aussi innocent qu'un ange tombé du ciel. Comme pour détromper ses pensées, le Serpentard lui adressa un clin d'œil qui lui rappela quand même qu'il s'agissait du même Drago Malefoy, charmeur et irrésistible.

- Ça va mieux ? s'enquit-il avec un sourire.

Encore perplexe, Hermione hocha légèrement la tête.

- Où... suis-je ? demanda-t-elle pour se donner une contenance.

- Dans l'infirmerie du manoir, répondit Malefoy en désignant les rangées d'étagères derrière lui qu'Hermione n'avait pas encore aperçues.

Cette dernière leva un sourcil moqueur.

- C'est une tradition... dans la famille... de... soigner les... prisonniers... après les avoir... torturés ?

Elle ne s'attendait pas à ce que les traits du Serpentard se ferment autant.

- Non.

- Alors... à quoi... sert-elle ?

- Il arrive que des membres de la famille Malefoy soient blessés, auquel cas ils viennent ici se soigner, expliqua le serpent d'une voix à nouveau parfaitement neutre.

- Je fais donc... exception... à la règle, constata calmement la Gryffondor sans le quitter des yeux.

Son regard étant indéchiffrable, impossible de savoir ce qu'il pensait. Décidément, cet homme était un grand mystère.

- Il faut croire.

Ils restèrent quelques secondes sans bouger, puis Hermione détourna la tête en soupirant. La douleur était passée, la sueur était seulement présente sur ses vêtements mais son corps continuait de la brûler, principalement là où Malefoy avait posé ses doigts, c'est-à-dire sur son bras droit et sur son flanc gauche.

- Est-ce que je peux me lever ? demanda-t-elle, contente pour une fois de pouvoir à nouveau parler normalement.

- Es-tu sûre d'en être capable ?

- Non mais je veux essayer.

- Comme tu veux.

Il la lâcha et s'écarta du lit pour la laisser passer. Hermione resta immobile un instant ; elle avait pensé qu'il lui proposerait son aide. Mais il fallait croire que les règles de bases d'un infirmier n'étaient pas inscrites dans ses gènes.

Pas de problème ! Elle pouvait très bien se débrouiller toute seule.

Doucement, elle se redressa, les membres encore tremblants. Elle s'efforça de se contrôler : elle détestait paraître faible. Malefoy la regardait faire sans rien dire, sans esquisser le moindre geste. Hermione plia ses jambes pour les pencher sur le côté du matelas en prenant appuis sur ses bras. Une fois assise, elle avança doucement jusqu'à ce que ses pieds touchent le sol. Et elle se mit debout.

Une folle seconde, son visage fut illuminé de joie en remarquant qu'elle tenait. Mais l'instant d'après, ses jambes cédèrent sous son poids et elle manqua de s'écrouler par terre. Si vite qu'elle ne le vit pas arriver, Malefoy fut à ses côtés pour la soutenir. Gênée de se tenir à ses épaules et à son torse, Hermione rougit violemment. L'odeur du Serpentard qu'elle inspirait la dérangeait également, non parce qu'elle était désagréable, ce qui n'était pas le cas, mais plutôt parce qu'elle n'avait jamais été aussi près de lui en sept ans passés en sa compagnie.

Visiblement, celui-ci ne paraissait pas s'en préoccuper. Il la remit droite d'une main puissante et l'allongea habilement sur le lit. Toute tremblante, Hermione croisa son regard et s'empourpra davantage encore. Pourquoi le contact de ses mains sur elle lui brûlait autant la peau ? Ce feu ardent n'était pas déplaisant mais il l'embarrassait plus que n'importe quoi d'autre.

- J'étais sûr que tu n'étais pas encore prête à te lever, déclara Malefoy en la relâchant.

- Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ?

- Parce que j'aurais très bien pu me tromper.

Sceptique devant cette réponse inappropriée à un Serpentard aussi prétentieux, la Gryffondor le dévisagea en fronçant les sourcils.

- Ce n'était pas plutôt pour le plaisir de me voir m'effrondrer ? lança-t-elle d'un ton suspicieux.

- Pourquoi crois-tu ça ? interrogea-t-il assez sèchement.

- Parce que tu t'appelles Drago Malefoy.

- Bon, O.K., en fait, c'est parce que je sais que tu te mets en rogne quand on te contrarie, avoua-t-il finalement en haussant les épaules.

- Et donc ?

- Et donc si je t'avais dit que tu n'étais pas prête, t'aurais répondu que si, j'aurais insisté, pour me prouver le contraire tu te serais levée d'un bond, et comme tu n'étais réellement pas prête comme je le savais, tu serais tombée et tu te serais fait mal. Ça te va comme explication ?

Il avait l'air agacé et Hermione l'observa, interloquée. Depuis des années, Malefoy se faisait donc plus bête qu'il l'était réellement. Se faisait-il également plus chiant qu'il ne l'était en réalité ? Après tout, il venait d'éviter non seulement une nouvelle dispute, mais aussi une nouvelle blessure. Et s'il était beaucoup plus intelligent et malin que ce qu'il montrait ?

- Ça me va, acquiesça-t-elle.

Il s'assit sur la chaise à ses côtés, l'air d'avoir déjà oublié l'incident.

- Tu as faim ?

Un gargouillement lui répondit.

- Je crois que oui.

Le Serpentard se pencha et attrapa l'assiette qu'il lui avait présenté la veille. Hésitant, il lui tendit.

- Tu veux que je t'aide ou pas ?

Hermione haussa les épaules d'un air qu'elle souhaitait décontracté.

- Qu'en penses-tu cette fois-ci ? Suis-je capable de manger seule ou non ?

Excédé, Malefoy leva les yeux au ciel.

- Essaye et on verra bien.

- Cette fois il n'y a aucun risque ? insista la Gryffondor.

- Mange, exigea-t-il froidement.

Avec un sourire, Hermione obtempéra. Elle parvint à la vider sans accident sous ses yeux attentifs.

- Merci, dit-elle en la lui rendant.

Elle se sentait déjà mieux le ventre plein. Tandis que le Serpentard rangeait l'assiette et se rasseyait, elle se laissa aller contre l'oreiller en soupirant. Il y eut un silence avant qu'elle tourne la tête vers Malefoy qui demeurait immobile.

- Et maintenant ? questionna-t-elle.

- Quoi, maintenant ?

- Qu'est-ce qui va se passer ?

- J'en sais rien, Granger, je ne sais pas lire l'avenir, j'ai toujours été nul en divination.

- Oui, enfin, c'est quand même toi qui tient l'avenir dans ta boule de cristal invisible en ce moment-même, lui rappela Hermione.

Il haussa les épaules, indifférent.

- Tu n'as rien prévu pour la suite ? persista-t-elle néanmoins.

- Que veux-tu que j'y fasse ?

- Je sais pas, moi, comme tu ne t'es pas débarrassé de moi, je pensais que tu avais une autre idée derrière la tête...

Le Serpentard se raidit immédiatement. Hermione savait qu'elle s'aventurait sur un terrain dangereux, mais elle devait savoir, quitte à le pousser à bout. Bon, peut-être pas jusqu'au bout, maintenant qu'elle savait de quoi était capable un Malefoy enragé.

- Je ne te reproche rien, précisa-t-elle précipitamment. Je voulais juste connaître la suite du programme, après tout, ça fait quand même trois semaines que ça dure...

Toujours tendu, Malefoy ne répondit rien.

- Tu ne sais toujours pas, c'est ça ? tenta de deviner Hermione d'une voix douce.

Elle scrutait son visage dans l'espoir d'en apprendre un peu plus ; peine perdue, son interlocuteur n'était qu'un masque d'impassibilité. Voyant qu'elle ne tirait rien de lui, la lionne abandonna.

- Bon, eh bien, je verrais bien, après tout.

Sentant ses yeux se fermer tout seul bien qu'elle pensait avoir assez dormi pour le reste de sa vie, Hermione s'enroula dans la couverture et se tourna de l'autre côté. Avant de s'envoler au pays des rêves, si son sommeil n'était pas peuplé de cauchemars, elle lança par-dessus son épaule au Serpentard qui ne semblait pas avoir bougé, derrière elle :

- Merci pour tout ce que tu fais, Malefoy. Je me suis peut-être trompée à ton sujet.

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- Est-ce que les cicatrices s'en iront un jour ?

Alors que la voix d'Hermione s'était élevée dans son dos, Malefoy ne sursauta même pas. Peut-être que cet homme-là ne se laissait jamais surprendre.

- La magie noire laisse des traces éternelles, répondit-il en se tournant vers elle.

Pensive, la Gryffondor examinait attentivement son corps couvert de plaies. En l'espace des trois jours qu'elle avait passés dans l'infirmerie du manoir, pas une seule n'avait disparu. Elle n'avait plus mal, heureusement, mais n'avait pas tellement envie de les garder toute sa vie.

- Impossible de les enlever ?

- Normalement. Elles se refermeront avec le temps, mais il restera quand même des traces. Peut-être que les moins graves disparaitront complètement, en tout cas, pour les autres, c'est impossible.

Hermione poussa un soupir.

- J'espère que mon futur mari n'y verra aucun inconvénient.

- Si ton mari n'aime pas les cicatrices qui font désormais parties de toi, c'est qu'il ne te mérite pas, affirma calmement Malefoy en haussant les épaules. J'espère que tu choisiras quelqu'un qui t'aime pour ce que tu es.

Peut-être que le Serpentard n'était jamais surpris, en tout cas, Hermione, elle, était chaque jour un peu plus étonnée du comportement de son ennemi de toujours. Les yeux écarquillés, elle le regarda d'un air perplexe. Avait-il vraiment dit ce qu'elle avait entendu ?

Il parut remarquer sa surprise.

- Allons, Granger, ne me fais pas croire que tu as toujours pensé que je me marierais avec l'une des nombreuses pimbêches qui squattent mon lit quand ça me chante ? soupira-t-il d'un air exaspéré.

Prise au dépourvu, Hermione rougit.

- Apparemment, c'est ce que tu croyais, constata-t-il. Détrompe-toi, dans ce cas. Je ne compte pas m'amuser avec des idiotes sans cervelles jusqu'à la fin de mes jours. Je profite simplement de ma jeunesse et de mes atouts de séducteur. Quoi de plus normal ?

Debout à côté d'elle, il versa un antidote dans un verre pour le lui tendre.

- Tiens, bois ça, ça devrait calmer ta fièvre.

Hermione s'exécuta sans le quitter des yeux, toujours aussi abasourdie.

- Je choisirais quand même une jolie fille, tant qu'à faire, poursuivit-il d'un air pensif. Mais elle devra être un minimum intelligente, pour que je ne me sente pas trop supérieur par rapport à elle. Il faudra aussi qu'elle ait un corps de rêve, comme moi, et que je parvienne à la faire perdre ses moyens d'un seul coup d'œil.

Que lui prenait-il de parler ainsi de son avenir amoureux avec sa pire ennemie ?

Soudain, Malefoy reporta son attention sur elle, comme s'il s'apercevait brutalement de sa présence. Il lui adressa son sourire le plus séduisant en la transperçant du regard. Immédiatement, Hermione devint cramoisie et baissa les yeux.

- Exactement comme ça, décréta-t-il avec un petit rire.

Il reposa le verre vide sur la table de chevet et s'approcha beaucoup trop d'Hermione au goût de la jeune fille qui sentit des frissons parcourir son corps.

- Une fille qui m'aimera comme je suis, susurra-t-il, ses lèvres pratiquement collée à sa joue, son souffle caressant sa peau.

Avant que la lionne n'ait pu faire une crise cardiaque, il s'écarta d'elle en riant comme si rien ne s'était passé alors qu'elle avait cru la fin du monde toute proche.

- C'est drôle de te voir perdre tes moyens, Granger.

Piquée au vif, Hermione s'apprêtait à répliquer lorsqu'il posa tendrement un doigt sur sa bouche, calmant ses ardeurs aussi facilement que s'il l'avait bâillonnée.

- Ne dis rien, tu n'as pas besoin de te défendre. Ça te dis d'essayer de marcher ? Tu as ma permission pour cette fois, parce que je pense que tu devrais y arriver, étant donné la façon dont tu as réagi aux antidotes. Tu as vaincu la fièvre et les cauchemars. On va voir si tes jambes sont capables de te soutenir, aujourd'hui, d'accord ?

La Gryffondor allait approuver mais il ne lui en laissa pas le temps : déjà, il plaçait une main derrière son dos, une autre sous ses jambes pour la soulever comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume. Il la posa délicatement par terre tout en continuant de la soutenir. Déboussolée, la lionne prit appuis sur son épaule pour exécuter quelques pas tremblants. Lentement, elle sentit ses muscles se réhabituer, son énergie revenir.

- J'y arrive ! exulta-t-elle, ravie.

Elle esquissa quelques pas de plus, toujours tenue par Malefoy. À présent, être si près de lui ne la gênait plus ; même son odeur ne la dérangeait pas. Elle lui offrit un sourire joyeux.

- Je savais que tu allais y arriver, assura le Serpentard. Mais tu es plus forte que je le croyais.


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