Hello !

Je suis vraiment désoooooooooooolée, je n'avais pas vu que ce chapitre avait eu un problème parce que je l'ai posté sans vérifier avant de partir en vacances... Je vais essayer de me racheter, je ne voudrais pas avoir une armée de lecteurs en colère à mes trousses ! Merci à tous de m'avoir prévenue en tout cas ^^

~ Encore pardon, mes petits lecteurs d'amour ~


(Voici ce que j'avais écris : )

Merci, merci, merci pour vos reviews ! J'ai essayé de répondre à ceux à qui je pouvais, mais je remercie également ceux qui n'ont pas de compte et qui ont quand même pris la peine de donner leur avis. Si vous saviez à quel point ça me fait plaisir !
Pour répondre à la question de mama : Justement, à partir de ce chapitre, Hermione ne sera plus dans la cave. ça va commencer à évoluer et on va comprendre certaines choses... :p
Je suis désolée pour le retard, je n'ai pas eu le temps de poster la suite parce que je passais le brevet ensuite je suis partie en vacances.

Mais maintenant elle est là !

Encore merci de votre fidélité, je vous aime et j'aime chaque commentaire que je reçois !


8. - L'invasion

Un violent coup de tonnerre fit trembler les murs du manoir. Hermione se réveilla en sursaut et se redressa d'un bond sur son matelas. Un éclair traversa le ciel, illuminant son visage et celui, à côté d'elle, de Malefoy. Celui-ci était déjà debout, sa baguette à la main, prêt à se battre. Tout en le regardant avancer prudemment vers la porte de la pièce, Hermione ne put s'empêcher d'admirer son sang-froid et sa rapidité même si pour le moment il n'y avait aucune raison de s'affoler.

- Ce n'est qu'un orage, Malefoy, lança-t-elle doucement.

Sans répondre, ce dernier ouvrit brusquement la porte et jeta un coup d'œil dans le couloir. Le faisceau de lumière que projetait sa baguette éclaira les murs sombres et la Gryffondor ne fut plus aussi rassurée.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle, intriguée.

- Un truc pas normal, marmonna Malefoy en revenant à ses côtés, le visage fermé.

- Quoi donc ?

- Un intrus dans le manoir.

- Quelqu'un est entré ? s'inquiéta Hermione en se rappelant le discours du Serpentard sur les nombreux sortilèges de magie noire qui protégeaient sa demeure.

À nouveau, Malefoy ne répondit pas et se contenta de fixer la porte avec appréhension.

- Qui pourrait bien être entré ? interrogea la lionne d'un ton pressant.

- Des Mangemorts.

- Oh, ce n'est pas grave, alors, souffla Hermione, soulagée.

- Justement, c'est beaucoup plus grave, la contredit Malefoy.

- Pourquoi ? Seul un Mangemort portant la Marque des Ténèbres peut rentrer, c'est bien ça ?

- Oui.

- Et comme ce sont tes amis, il n'y a rien d'inquiétant.

Elle ne saisit pas pourquoi le Serpentard se tourna vers elle, l'air apparemment excédé de son incompréhension. Qu'avait-elle dit qu'il ne fallait pas ? Lui-même avait affirmé qu'il était un Mangemort, alors où était le problème ? La dernière fois qu'ils leur avaient rendu visite, ils s'en étaient bien sortis, non ?

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'étonna-t-elle.

- Granger, je croyais que tu étais intelligente, s'exaspéra Malefoy en la dévisageant avec des yeux ronds. La torture a fait fondre ton cerveau de miss je-sais-tout, ou quoi ?

Hermione fronça les sourcils.

- Pourquoi tu dis ça ? Toi-même, tu m'as dit que tu étais un Mangemort depuis toujours ! Et je sais bien que c'est ton destin de t'allier aux forces du mal... Alors, c'est quoi le problème ?

- Le problème ? Granger, j'ai tué Doholov sous tes yeux, comment peux-tu oublier ça après le caprice que tu m'as fait ?

- Je n'ai pas oublié, maugréa Hermione en se remémorant les yeux révulsés du Mangemort plaqué contre le mur. Je ne vois pas le rapport.

- Le rapport ? C'est ce qui fait toute la différence !

Il semblait vraiment ahuri qu'elle réagisse de cette manière. La Gryffondor commença à s'énerver.

- Explique-moi, je comprends rien là !

- J'ai tué leur meneur, celui qui avait ordonné ta capture et ta mort, Granger, articula doucement Malefoy, comme s'il s'adressait à une petite fille particulièrement lente d'esprit.

- Et alors ? Tu m'as dit toi-même qu'il fallait se faire respecter...

- J'ai dis ça pour te rassurer, Granger ! s'enflamma le Serpentard sur un ton d'évidence.

- Pour me rassurer ? Mais pourquoi ?

- Je savais que sa mort ne ferait pas plaisir aux autres, alors j'ai dis ça pour que tu ne comprennes pas qu'en fait je venais de nous mettre en danger tous les deux.

- En danger ?

- Dolohov avait un pouvoir impressionnant sur les autres. Il était leur meneur, leur guide.

Tout en parlant, Malefoy faisait les cents pas dans la pièce sans pourtant paraître paniqué.

- Il a ordonné ton exécution, Granger, et les autres l'ont suivi parce qu'il est parvenu à les convaincre que tu n'étais qu'une souillure ayant participé à la destruction de Voldemort. Ils se sont tous mis à ta recherche avec acharnement. Tu as bien remarqué qu'ils tenaient absolument à te retrouver, non ? Ils auraient employé n'importe quel moyen pour t'avoir, et je suis étonné que tu sois si facilement tombée dans un piège aussi minable que celui de tuer un enfant moldu pratiquement sous tes yeux.

Avant qu'Hermione n'ait pu répliquer sauvagement, il enchaîna calmement :

- J'ai pris un risque énorme en me chargeant moi-même de toi, mais ils avaient peur et j'ai réussi. Ils n'étaient pas sûrs de ma sincérité cependant ils avaient peur de représailles. C'est cela qui les a convaincus. Ils t'ont laissée à regret entre mes mains. Je savais pourtant qu'ils chercheraient n'im-porte quel moyen de t'arracher à moi, et je m'y étais préparé. Lorsqu'ils sont venus me rendre visite au manoir, je les ai fait passer pour des imbéciles, je les ai humiliés, j'ai frappé dans leur amour-propre et dans leur estime. Ils n'ont pas montré qu'ils n'étaient pas contents, et pour bien leur assurer qu'ils ne pourraient rien contre moi, j'ai tué Dolohov.

Un nouveau coup de tonnerre fit trembler la terre. Effrayée, Hermione se tassa sur son matelas sans quitter Malefoy des yeux.

- Ce geste était inévitable pour me faire respecter, c'est la vérité même si je te l'ai dis uniquement pour te rassurer. Ils sont tous sortis de mon manoir, encore plus apeurés. Il faut que je leur fasse peur, Granger, tu comprends ? C'est l'essentiel, c'est le pilier de ma survie. Sinon je peux aussi bien partir de la même façon que mes parents.

C'était la première fois qu'il les mentionnait à nouveau depuis qu'il s'était confié à elle. Attentive, Hermione le regarda jeter un autre coup d'œil dans le couloir apparemment désert.

- Mais je savais en tuant Doholov que j'allais me les mettre encore plus à dos. Leurs conditions sont strictes : soit je les rejoins, soit je meurs.

La Gryffondor l'observa d'un air incrédule.

- Mais tu n'es pas..., commença-t-elle, hésitante.

- Je suis un Mangemort, oui, acquiesça Malefoy, légèrement irrité. Tu as pourtant pu le remarquer toi-même : je suis parti, j'ai fui, avant la chute de Voldemort, n'est-ce pas ? J'ai décidé de ne plus me plier aux désirs de personne, j'ai décidé que ma vie ne dépendrait plus de mon obéissance. J'ai choisis l'indépendance, la liberté. Peux-tu comprendre ça, Granger ?

Celle-ci hocha la tête sans rien dire.

- La seule raison qui les a empêché de me tuer, c'est ma persuasion à revenir dans leurs rangs. J'ai réussi à les convaincre que je souhaitais me repentir, que je regrettais amèrement ma fuite. Si j'avais été n'importe qui d'autre, ils ne m'auraient pas laissé parler, j'aurais déjà été mort. Mais voilà, je suis Drago Malefoy, et même s'ils essaient de prétendre le contraire, je suis puissant. Je leur suis un atout majeur. Alors, ils ont choisi de me faire confiance.

Il paraissait se vider d'un poids terrible, un poids qu'il avait dû porter durant trop de temps, un poids bien trop lourd pour ses épaules. Drago Malefoy était actuellement en train de confier à Hermione Granger une grande partie de sa vie, la raison de sa survie.

La Gryffondor n'osait pas bouger.

- Mais en tuant Dolohov sous leurs yeux, je suis peut-être parvenu à leur montrer ma puissance, mon autorité, sauf qu'en même temps, j'ai signé mon arrêt de mort.

- Ton... ton arrêt de mort ? répéta Hermione en tentant de calmer les tremblements dans sa voix.

- Bien sûr, il arrive souvent que les Mangemorts s'entre-tuent, puisqu'ils ne sont jamais d'accord, décréta Malefoy en parlant calmement malgré les grondement de tonnerre et l'appréhension qui semblait l'étreindre. Sauf que cette secte qu'ils ont créé pour tuer les moldus, les traîtres à leur sang et les Sang-de-Bourbes reposait sur le même sujet, le seul sur lequel tous partagent le même avis. Je n'étais pas censé faire parti de cette secte, pourtant ils ont cédé lorsque j'ai décidé de t'emprisonner dans mon manoir. La peur, encore...

Un autre éclair zébra le ciel, illuminant davantage leurs visages déjà éclairés par la lueur de la baguette magique de Malefoy.

- Je savais qu'ils allaient te tuer, de toute façon. Je leur ai fait croire que je l'avais déjà fait, puis que j'avais balancé ton corps dans la rivière et que ce n'était pas la peine de te chercher. Ils ne m'ont pas écouté, évidemment, mais je m'en doutais : c'est pour ça que je t'ai lancé le sortilège. Ce sortilège te maintenait peut-être dans le noir, cependant l'essentiel était qu'il assurait ton invisibilité aux yeux étrangers n'étant pas les miens.

Hermione écarquilla les yeux, stupéfaite.

- C'était donc ça, l'obscurité ? Je croyais que c'était l'une des choses qui font qu'un...

- ...qu'un prisonnier perd la tête, acheva Malefoy à sa place. Et tu m'as cru ?

- Bien sûr que oui ! J'ai failli devenir folle dans le noir complet !

- Crois-moi, Granger, il en faut bien plus pour perdre la tête, affirma le Serpentard avec un sourire moqueur. Donc, les Mangemorts ont pu constater que j'avais raison. Et, pour faire bonne mesure, j'ai tué Dolohov, qui avait osé non seulement insulter ma famille, mais en plus douter de ma parole. J'ai ainsi trahi le peu de confiance qu'avaient les Mangemorts en moi. J'ai clairement et hautement signé mon arrêt de mort.

- Mais..., bégaya Hermione qui tentait de mettre de l'ordre dans ces explications, dans ce cas, pourquoi sont-ils partis immédiatement quand tu le leur as ordonné ?

- Parce que j'ai de l'autorité, Granger, répondit Malefoy avec un petit air supérieur parfaitement exaspérant.

Hermione leva les yeux au ciel : même dans une situation pareille, il ne pouvait pas s'empêcher de se mettre en valeur. Il y a des choses qui ne changeraient jamais...

- Tu sais très bien de quoi je veux parler, Malefoy, rétorqua-t-elle. Si, comme tu le dis, ils avaient voulu te tuer, pourquoi être parti tout de suite ?

- Je venais de tuer leur meneur sous leur nez, je te rappelle.

- D'accord, mais...

- Enfin, Granger ! Tu ne comprends pas ? Ils ne pouvaient pas me tuer comme ça, d'abord parce que plusieurs d'entre eux tomberaient bien avant, ce qui donnerait une véritable boucherie humaine, et ensuite parce que j'étais dans mon propre manoir ! Ils n'avaient absolument aucun pouvoir sur moi, j'étais entièrement protégé ! En plus, ils avaient vu que j'avais raison.

- Attends deux secondes, murmura Hermione en se massant les tempes. Ils voulaient te tuer, tu le savais, et pourtant tu es toujours là.

- Il fallait du temps pour se réunir, Granger, expliqua Malefoy avec un calme déconcertant.

- Pour réunir qui ?

- Ceux qui allaient se charger de mon exécution.

Hermione ouvrit de grands yeux horrifiés. Comment faisait-il pour conserver un tel ton neutre à l'évocation de sa mort visiblement inévitable ?

- Ne fais pas cette tête, Granger. Je n'ai pas peur de mourir.

Un bruit de verre brisé retentit au-dessus d'eux, leur faisant lever la tête.

- Mais... tu crois... tu crois que c'est eux, là ?

- Je ne crois pas, j'en suis sûr. C'est la seule explication plausible.

- Et tu... tu... enfin, tu n'as pas peur ?

- Je viens de te le dire, je n'ai pas peur de mourir.

Son visage était encore lisse, masque d'impassibilité au regard parfaitement indéchiffrable. La lionne le dévisagea, sa terreur grandissant au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient et que les battements de son cœur augmentaient, jusqu'à résonner à ses oreilles.

- Malefoy, je... je...

Trop de pensées se bousculaient dans sa tête. Hermione ne savait pas quoi dire, quoi faire, elle avait l'impression que le temps s'arrêtait et s'accélérait à la fois.

- Du calme, Granger, chuchota le Serpentard. Tu n'as rien à craindre.

- Que... pourquoi ?

- Après m'être autant acharné à te protéger, tu ne crois quand même pas que je vais gâcher tout ce que j'ai sacrifié en te laissant à leurs mains ? J'ai tout prévu, Granger. Tu sortiras d'ici vivante, je te le promets.

Étrangement, cette promesse ne rassura pas le moins du monde la Gryffondor. Les révélations faites par son ennemi lui donnaient la nausée. La seule chose qu'elle souhaitait, en ce moment-même, c'était sortir vivante de ce manoir avec Drago Malefoy.

Elle-même n'en revenait pas de penser une chose pareille. Pourtant, elle réalisait qu'elle ne voulait pas qu'il meurt pour ses beaux yeux, après, comme il le disait si bien, s'être acharné à tant la protéger. Il avait sacrifié tout ce qu'il avait pour la sauver, elle, misérable Sang-de-Bourbe.

Interprétant peut-être les larmes naissantes dans ses yeux comme un besoin d'être rassurée, Malefoy s'approcha d'elle et posa tendrement une main sur son épaule.

- Ne t'en fais pas, Granger, ça va aller. Il y a un passage qui te permettra de fuir. Je les occuperais assez longtemps pour t'en laisser le temps. Après ça, tu n'auras qu'à te cacher, rejoindre Saint Potter et Weasmoche, je sais qu'ils te protégeront au péril de leur vie.

- Malefoy, je... je...

- Calme-toi, ça va aller.

Accrochant son regard, le Serpentard lui offrit un sourire rassurant. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Hermione fondit en larmes.

- Tu ne peux pas faire ça, Malefoy ! sanglota-t-elle en l'empoignant par les épaules. Tu ne peux tout simplement pas faire une chose pareille !

- Pourquoi ? Potty et la belette s'occuperont bien de toi, tu n'as pas à t'inquié...

- Mais je m'en fiche de moi ! l'interrompit Hermione d'une voix stridente. Comment penses-tu que je pourrais vivre en ayant ton sacrifice sur la conscience ? Comment crois-tu que je pourrais reprendre mes habitudes alors que tu seras enterré six pieds sous terre à cause de moi ? Comment crois-tu que je réagirais en sentant mon cœur battre alors que le tien sera glacé par la mort ? Comment crois-tu que je me verrais lorsque je croiserais mon propre regard dans le miroir, un regard où brillera la vie, alors que le tien sera éteint à jamais par ma faute ?

Les sanglots dans sa voix la rendaient presque pathétique, ses cris hystériques, mais Hermione s'en fichait. Ce qu'elle désirait, en ce moment-là, c'était que Malefoy cesse de jouer à ce jeu, quitte à ce qu'il lui explose de rire à la figure en lui disant qu'elle avait été ridicule de croire qu'un être comme lui pourrait se sacrifier pour quelqu'un comme elle, que c'était une blague, certes de mauvais goût, mais que rien de tout ça n'était réel...

- Si ce n'est que ça, murmura tranquillement Malefoy, je te décharge de toute responsabilité.

- Non ! Je ne veux pas !

- Tais-toi, Granger, tu vas les conduire jusqu'à nous !

La Gryffondor se tut, continuant de le regarder à travers les larmes qui inondaient son visage. Lentement, Malefoy approcha sa main de sa joue. Avant qu'il ne la touche, Hermione ferma les yeux, le souffle saccadé. Elle frissonna à son contact si doux et pourtant si furtif, si proche et pourtant si loin...

- Malefoy, je t'en prie, supplia-t-elle à voix basse. Ne fais pas ça.

Elle souleva ses paupières pour rencontrer deux yeux gris parfaitement sereins.

- S'il te plaît, ajouta-t-elle doucement.

Il ne répondit rien et se contenta de la regarder comme s'il la voyait pour la dernière fois. Ce qui allait probablement être le cas.

- Il dois y avoir une autre solution, insista-t-elle avec l'énergie du désespoir.

Malefoy secoua lentement la tête.

- Ma décision est prise depuis longtemps.

- Pourquoi ? gémit-elle d'un ton désespéré.

- Parce que je l'ai choisi.

- Mais pourquoi ?

À nouveau, le Serpentard lui fit comprendre qu'elle n'obtiendrait aucune réponse. Hermione tenta autre chose, noyée dans le gris infini de ses yeux.

- Pourquoi m'avoir sauvée, dans la forêt ? Pourquoi avoir empêché la Sang-de-Bourbe Granger qui t'avais dérangé durant tant d'années de payer le prix qu'elle aurait sans doute mérité, selon toi ? Pourquoi avoir changé d'avis ?

- Qui te dit que j'ai changé d'avis ? souffla Malefoy.

Comme elle fronçait les sourcils, il ajouta doucement :

- Peut-être que c'était décidé depuis toujours... Peut-être qu'il s'agissait du destin, inévitable... Peut-être que, comme maintenant, était-ce l'avenir tant attendu ?

Incapable de mettre des mots sur ses pensées emmêlées, Hermione déglutit avec angoisse.

- Je ne veux pas..., répéta-t-elle, car c'était la seule chose claire dans son esprit.

Elle avait l'air d'une gamine qui faisait son caprice, à répéter sans cesse qu'elle ne voulait pas, mais pourtant c'était tout ce qu'elle était en mesure de faire. Comment lui faire comprendre qu'elle ne voulait pas de son sacrifice parce qu'elle n'estimait pas cela juste ? Comment lui faire comprendre qu'elle avait toujours œuvré pour le bien, pour la justice ? Comment lui faire com-prendre qu'elle ne pourrait jamais supporter que son pire ennemi se sacrifie pour elle ?

- Ne fais pas ça...

Ils avaient passé tant d'années à se détester, à se mépriser, à s'insulter... Voilà que maintenant il voulait lui sauver la vie ? Combien de fois l'avait-il déjà fait, depuis ce matin où elle était sortie de chez elle dans le but de rejoindre le Terrier, trois semaines plus tôt ? Il l'avait épargnée du sort terrible des Mangemorts, dans la forêt, l'avait enfermée dans la cellule de son manoir en la proté-geant d'un sortilège aveuglant quiconque ne s'appelant pas Drago Malefoy, il l'avait sauvée quand les Mangemorts s'étaient rendus chez lui afin de vérifier qu'elle n'y était plus, et lorsqu'il s'était énervé au point d'en perdre son sang-froid et de la torturer, il avait lui-même réparé son erreur en la soignant et en demeurant à son chevet afin qu'elle se rétablisse correctement...

- Je t'en prie...

C'était inscrit de son sang dans ses propres gènes : Drago Malefoy ne devait pas mourir pour Hermione Granger. Cette histoire devait se terminer autrement, avec une fin heureuse...

- Tu vois, finalement, j'avais raison, chuchota le Serpentard avec un sourire, tu as bien fini par me supplier... Sauf que ce n'est pas de t'épargner, mais de m'épargner moi-même...

Les lèvres tremblantes, Hermione ne put empêcher de nouvelles larmes de couler le long de ses joues. Elle se mit à rire nerveusement.

- Auras-tu la bonté de t'épargner toi-même ?

Il secoua la tête et ses cheveux blonds effleurèrent le visage d'Hermione.

- Sauver sa propre vie ne relève pas de la bonté.

- Où est donc passé le Drago Malefoy égocentrique et égoïste ?

- Il a disparu le jour où une certaine sorcière a croisé son chemin...

Le cœur d'Hermione fit une galipette phénoménale dans sa cage thoracique. Elle ne quittait pas les yeux gris de celui qu'elle avait toujours pensé lâche et froid comme la glace. Malefoy s'apprêtait à ajouter quelque chose lorsqu'un nouveau grondement fit brusquement trembler le sol, les propulsant chacun d'un côté.

Séparée du Serpentard, Hermione fut brutalement projetée contre le mur opposé où sa tête se cogna violemment, lui tirant un cri de douleur. Quant à Malefoy, il se relevait déjà, baguette brandie. Il se rua sur elle.

- Tu es blessée ?

- Non, je... je crois que ça va...

- Viens avec moi, il faut sortir de l'infirmerie.

- Pour aller où ?

- Fais-moi confiance.

Était-ce réellement Drago Malefoy qui demandait à Hermione Granger de lui faire confiance ? Pensait-il vraiment qu'elle allait accepter ? Oui ?

Eh bien, il avait raison.

Hermione bondit sur ses pieds et tressaillit imperceptiblement lorsque le Serpentard lui prit la main pour la guider dans le couloir sombre. Ses jambes semblaient la porter toutes seules, sans qu'elle ne s'en rende compte. Les événements étaient trop improbables, trop précipités pour qu'elle ait le temps de les analyser. Pratiquement plaquée contre Malefoy, elle se laissait mener par lui dans les couloirs infinis de son manoir.

Les Mangemorts semblaient détruire l'étage d'au-dessus. On entendait des bruits de verre brisé, de bois cassé, d'objets lourds qui tombent... Ils paraissaient prendre un réel plaisir à tout saccager. Hermione jeta un coup d'œil à Malefoy qui longeait les murs dans la discrétion la plus totale. Son visage était fermé, pas le moins du monde tendu, peureux ou même triste... Il conservait son masque d'impassibilité jusqu'au bout.

Enfin, après avoir traversé des dizaines de couloirs, Malefoy s'arrêta. Il regarda prudemment autour de lui pour s'assurer qu'ils étaient seuls tandis qu'Hermione tentait de percevoir le détail qui différenciait le couloir dans lequel ils étaient des autres. Il était semblable en tous points.

- Viens par là, murmura Malefoy.

Il s'appuya contre le mur du couloir, puis plongea sa main libre dans la poche de son pantalon afin d'en retirer un petit couteau très aiguisé.

- Qu'est-ce que..., commença Hermione, mais il la fit taire d'un regard.

Le Serpentard lui lâcha la main pour la placer au-dessous du couteau. La Gryffondor comprit son intention une seconde avant qu'il n'entaille sa main, faisant couler le sang. Sans paraître éprouver la moindre douleur, il plaqua sa main ensanglantée contre le mur du couloir. Hermione s'approcha pour mieux voir, bien que ce geste fut inutile : tandis qu'au-dessus d'eux des cris retentissaient, suivis par de nombreux pas, le mur fut soudain entouré d'un halo de lumière éblouissant. L'instant d'après, une petite trappe apparaissait, parfaitement indistincte.

- C'est le passage, informa Malefoy en la désignant. C'est par ici que tu dois passer. Il s'agit d'un souterrain qui serpente sous le manoir avant de déboucher près de la rivière dont je t'ai déjà parlé. Tu trouveras facilement la sortie : dans le tunnel, on ne voit que la lumière tout au fond. Une fois en plein air, tu ne pourras pas passer jusqu'au grand portail, car il est réservé à ceux qui portent la Marque. Tu te serviras du moyen que j'ai utilisé pour te ramener jusqu'ici : depuis la rivière, pars vers la droite en comptant cent quatre-vingt-deux pas. Au bout d'un moment, tu arriveras près d'une haie protégée par un simple sortilège du Bouclier : tu le neutraliseras tout simplement, puis tu passeras entre les feuilles. Et enfin, tu seras hors de danger.

Hermione l'avait écouté attentivement, les yeux exorbités d'horreur, toujours aussi peu désireuse de sortir d'ici seule. Cela avait pourtant été son souhait durant des semaines, n'est-ce pas ? Alors pourquoi ne pouvait-elle pas tout simplement prendre la fuite, comme il le lui conseillait ? Elle serait enfin hors de danger, plus condamnée à manger la même plat pendant des jours et des jours, assise dans le noir sur la pierre glacée de sa cellule, sans personne à qui parler. Elle pourrait enfin revoir ses proches qui lui manquaient terriblement et qui devaient énormément s'inquiéter pour elle.

Malgré toutes ces raisons, quelque chose la retenait ici, dans le manoir des Malefoy. Quelque chose... ou quelqu'un.

- Tu y arriveras, l'encouragea Malefoy en pressant affectueusement sa main.

Hermione secoua la tête, autant pour nier que pour chasser ses larmes.

- Ce n'est pas difficile, je sais que tu peux y arriver. Fais-moi confiance au moins une dernière fois.

À ces mots, la Gryffondor sentit à nouveau ses yeux picoter.

- Je ne veux pas, Malefoy... Je ne veux pas partir d'ici sans toi.

- Il est hors de question que tu restes ici, protesta le Serpentard d'un ton doux mais sans réplique. Tu vas partir, Granger, parce que tu ne mérites pas d'être tuée.

- Mais toi non plus ! s'offusqua la lionne avec détresse. Je ne veux pas que tu meures...

- C'est mon destin, c'est ainsi. La mort fait partie de la vie.

Tout à coup, un grondement plus violent que les autres vint faire trembler le sol. Ils se retinrent l'un à l'autre pour ne pas tomber, puis, gênés, s'écartèrent vivement.

- Vas-y, Granger, souffla Malefoy en la poussant doucement vers l'entrée de la trappe. Et tiens, prends ça, je pense que tu devrais en avoir besoin.

Il lui tendit un petit bâton de bois. La baguette d'Hermione ! Elle la prit en le remercia du regard. À contrecœur, sans le quitter des yeux, la Gryffondor se baissa pour rentrer dans le passage. Alors que le Serpentard s'apprêtait à la refermer derrière elle, il se pencha soudain sur son visage.

- Je sais que tu n'es pas comme les autres, Granger, et j'estime qu'une personne aussi pur que toi a le mérite de vivre. Je t'en prie, fuis loin d'ici mais pense quand même un peu à moi de temps en temps.


Je sais, je suis sadique de couper ici ! Mais j'aime vous mettre l'eau à la bouche ;)

Merci d'avoir lu,

j'attends vos avis avec impatience.

En espérant que ça marche !