Helloooooo !

Allez, comme je suis trèèèèès gentille et que j'ai trèèèèès pitié de vos nerfs, je poste la suite avant de partir en vacances (oui désolée les loulous, vous allez devoir patienter... Mais j'essaierai de le faire le plus rapidement possible, promis, juré, craché !)

Merciiiiii encore et encore de vos aviiiis que j'aiiiiime tous ! Vous voyez, ça me rend hystérique xD

J'ai bien rigolé en lisant vos commentaires, mais comme je n'aime pas me réjouir du malheur des autres (je ne suis pas comme ça naaaaan surtout concernant mes lecteurs assoiffés de... euh... lecture ^^), je prends votre mal en patience *wouaaaah trop poétique*

Merci également à ceux qui me suivent et aux nouveaux lecteurs qui pointent le bout de leur nez (et ÉVIDEMMENT merci aux anciens :D) et BIG KISSSS à chacun d'entre vous !

P.S.: J'adooooore couper en plein suspens, vous avez dû le remarquer... Mouahaha ;)

Vous allez enfin commencer à savoir ce qui s'est passé ! :D

Bisous mes chériiiis

Bonne lecture !


11. - Niveau un

Des hurlements résonnaient entre les murs du manoir, des bruits de sortilèges touchant leur cible retentissaient à ses oreilles, mais Hermione courrait comme une folle. Ses pieds dérapaient sur le sol tâché de sang, ses halètements la rendaient sourde à toute attaque. Elle se concentrait pour ne plus penser, pour ne plus réfléchir, pour ne pas réaliser ce qu'elle était en train de faire...

Il comptait sur elle, il puisait dans ses dernières forces pour se battre afin de lui laisser le temps, elle n'allait pas le décevoir en faisant demi-tour. Ses pensées étaient emmêlées, elle ne voyait rien à part son visage qu'elle tentait désespérément de chasser. Le couloir, il fallait trouver le bon couloir, c'était son seul objectif, le couloir...

Mais ils étaient derrière elle, à quelques mètres seulement, et chacun de leurs sortilèges menaçait de la faire tomber. Enfin, après une éternité, alors que tout n'était plus que flou et panique, le bon couloir apparut devant elle. Comment le reconnut-elle ? Hermione n'en avait pas la moindre idée. Une seule chose était certaine : c'était bien celui-ci.

Elle risqua un coup d'œil derrière elle pour s'assurer qu'ils ne l'avaient pas rejoint, puis se pencha pour soulever la trappe, qui, par chance, ne s'était pas complètement refermée. Se pliant en quatre pour s'y faufiler, Hermione s'engouffra dans le passage et referma brutalement le panneau. Elle devinait celui-ci se fondre dans le mur, indistinct, et demeura quelques secondes l'oreille collée dessus. Les bruits de pas s'approchèrent, si près que l'affolement retourna son estomac, mais ils s'éloignèrent, croyant qu'elle avait poursuivi sa route.

Pas le moins du monde soulagée, Hermione essuya ses larmes d'un revers de la main.

- Lumos.

Sa baguette projeta une lumière dans le souterrain qu'elle s'empressa de longer pour ne pas penser à ce qu'elle faisait, pour ne pas entendre les cris. Fuir était son nouvel objectif, maintenant qu'elle était dans le passage. Elle devait garder son sang-froid, elle devait se tenir au plan initial, elle ne devait pas écouter son cœur mais sa raison car, elle le savait, ses sentiments étaient trop puissants.

N'importe quelle distraction aurait été la bienvenue, dans ce tunnel sombre et plein de terre, pour l'empêcher de revenir sur sa décision. Il fallait qu'elle continue, il fallait qu'elle avance, si elle s'arrêtait, elle risquerait de faire demi-tour et de commettre une belle erreur.

Enfin, après des siècles et des siècles enfermée dans le passage à tenter de contrôler la boule d'angoisse dans sa gorge, une lumière apparut au loin. La lumière dont Malefoy lui avait parlé, celle qui la guiderait jusqu'à la rivière. Sans la lâcher des yeux, Hermione poursuivit sa progression.

À chaque pas, la lumière se rapprochait, à chaque inspiration, la panique la gagnait un peu plus. La Gryffondor arriva tout près de cette lumière et découvrit qu'il s'agissait d'une simple lanterne, avant de déboucher dans le jardin du manoir. L'air frais dans ses poumons fut une bénédiction qu'elle ne prit pas le temps de savourer. Elle devait quitter ce lieu au plus vite, laisser derrière elle celui qui lui avait offert tout ce qu'il possédait...

Elle se hissa dans l'herbe fraîche puis se retourna pour voir où était le passage et savoir comment personne n'avait pu le remarquer. Mais il n'y avait rien, rien hormis une rangée de buissons dont les feuilles s'agitaient sous le petit vent. Le tunnel était donc caché quelque part, là, impossible à voir à l'œil nu. Très ingénieux...

Avant de changer d'avis, Hermione éteignit la lumière de sa baguette et rampa prudemment sur le sol, pour plus de précautions. L'herbe lui chatouillait les narines, le ciel se fendait en deux sous les coups de tonnerre, les éclairs zébraient le ciel. Elle continua d'avancer jusqu'à ce que le doux et mélodieux son d'une rivière parvienne à ses oreilles. Alors, seulement, elle se redressa.

La rivière était là, juste devant elle. Qu'avait dit Malefoy, déjà ?

« Tu te serviras du moyen que j'ai utilisé pour te ramener jusqu'ici : depuis la rivière, pars vers la droite en comptant cent quatre-vingt-deux pas. »

La rivière étant à sa gauche, le manoir aussi, Hermione n'avait pas besoin de la traverser. Elle se tourna vers la droite et marcha comme un robot en comptant chacun de ses pas, seule silhouette au milieu de cet immense jardin plongé dans l'obscurité.

Elle s'efforçait de ne pas lever la tête vers le manoir, pour ne pas voir les lumières allumées, les vitres cassées, pour ne pas affronter cette envie qui montait en elle.

Cent soixante-dix, cent soixante-onze, cent soixante-douze, cent soixante-treize...

« Résiste, Hermione, tu y es presque... »

Cent soixante-quatorze, cent soixante-quinze, cent soixante-seize...

« Ne pense pas à lui, ne pense pas à lui, ne pense pas à lui... »

Cent soixante-dix-sept, cent soixante-dix-huit, cent soixante-dix-neuf...

« Il veut mourir, rappelle-toi, il te l'a dit, il le veux... »

Cent quatre-vingt, cent quatre-vingt-un...

« Drago Malefoy n'est plus là pour te sauver, maintenant. »

Cent quatre-vingt-deux.

La haie se dressait devant elle, ombre menaçante dans l'obscurité du jardin. Ses feuilles semblaient vouloir l'attirer vers elles, la dévorer toute entière... Hermione secoua la tête pour chasser ses hallucinations.

Elle y était. La haie était une sortie, protégée par un simple sortilège du Bouclier. Il l'avait dit, il lui suffisait de le neutraliser. C'est ce qu'elle fit. Et dire qu'il avait récupéré sa baguette dans la forêt, voilà pourquoi personne ne l'avait trouvée... Tout avait donc été prévu à l'avance.

Un sanglot agita sa poitrine et elle se laissa tomber à genoux dans l'herbe humide. Derrière elle retentissaient les bruits de la bataille. Pourquoi n'était-elle pas encore finie ? Sans pouvoir s'en empêcher, Hermione se dévissa le cou pour tenter d'apercevoir le manoir à travers les feuilles des arbres qui s'étiraient devant elle. Il était là, majestueux, imposant, et toutes ses lumières étaient allumées. Rien n'était fini, pourtant, c'était la fin du monde...

« Je t'ai menti... Moi aussi, Granger, j'ai quelque chose à perdre, ou plutôt quelqu'un : toi. »

Pourquoi sa voix s'élevait-elle dans son esprit maintenant ?

« ...j'ai quelque chose à perdre, ou plutôt quelqu'un : toi. »

Pourquoi lui avait-il avoué cela une seconde avant de lui ordonner de s'enfuir ?

« ...ou plutôt quelqu'un : toi. »

Pourquoi lui avait-elle obéi ?

« Toi. »

- Drago..., sanglota Hermione, ses mains agrippant l'herbe comme pour s'y accrocher.

En la sauvant de ses propres frères, en annonçant qu'il devait réfléchir, il avait menti, comme quand il lui avait dit qu'il n'avait plus rien à perdre. En réalité, il savait déjà qu'il allait la sauver, il le faisait depuis le début.

- Non, Drago...

Et en réalité, elle était tombée amoureuse de lui sans s'en rendre compte.

- Je t'aime, Drago, murmura-t-elle en embrassant la nuit.

Fermant les yeux pour mieux ressentir l'effet de ses propres paroles, Hermione ne remarqua pas sa baguette s'illuminer d'une clarté éblouissante, elle ne la sentit pas tressauter dans sa main, convaincue qu'il s'agissait de son propre cœur qui s'affolait à l'évocation de la vérité.

Elle ne remarqua pas un jet de lumière transparent jaillir de sa baguette et s'envoler dans la nuit, porté par le vent, peut-être allant jusqu'aux étoiles ?

- À jamais...

Quand elle rouvrit les yeux, tout était parfaitement normal, à part la tristesse qui broyait son âme. Hermione se leva, tremblant de tous ses membres, et se baissa pour se faufiler dans la haie. Une seconde plus tard, elle était de l'autre côté, dans la rue déserte.

Après un mois d'absence, Hermione Granger était de retour dans le monde des sorciers.

Ses jambes la portèrent toutes seules au hasard, tandis qu'elle se demandait ce qu'elle était censée faire maintenant. Le plus dur était passé, incontestablement, mais elle avait tellement eu peur de ne pas réussir qu'elle ne s'était même pas posé la question de savoir quoi faire après.

En passant près d'un jardin public complètement désert, elle remarqua une affiche qui lui parut vaguement familière accrochée à un arbre. Elle s'approcha et resta stupéfaite en découvrant une photo d'elle, suivit d'un petit texte :

Hermione Granger, dix-huit ans, disparue depuis le trois juillet. Quiconque détenant la moindre information est prié de se rendre impérativement au ministère de la Magie.

Sous sa photo s'alignaient d'autres affiches contenant le même genre de texte. De toute évidence, le parchemin avait été ensorcelé de façon à ce que les moldus n'y lisent pas la vraie description.

Hermione se remit en marche. Voilà où elle devait se rendre : au ministère de la Magie. Elle avait pensé à aller d'abord chez ses elle ou au Terrier, puis s'imagina la réaction de ses parents et de ses amis et songea qu'il valait mieux aller directement à Londres. Le seul problème était de s'y rendre. Où était le manoir des Malefoy ? À Londres ou à l'extérieur ? Elle ignorait où elle se trouvait, elle ignorait comment aller au ministère.

En plus, elle était seule, elle pouvait très bien se faire tuer à n'importe quel moment, surtout si près du manoir. Et si elle se jetait un sortilège de Désillusion ? À sa place, Harry aurait déjà sorti sa cape d'invisibilité. Oui, c'était une bonne idée.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Hermione n'était pas sûre du résultat mais en contemplant sa main, elle remarqua qu'elle avait prit la couleur et la texture du goudron sous ses pieds. Même si elle n'était pas invisible, personne ne pouvait s'attaquer à elle maintenant.

Restait la question du transport... Quels étaient les moyens magiques du ministère pour se déplacer ? Les Portoloins, les balais – très peu pour elle –, la poudre de Cheminette et le transplanage.

Elle n'avait aucun moyen d'utiliser un portoloin, pas de balais ni de poudre de Cheminette. Il restait donc le transplanage. Elle s'était déjà rendue au ministère de la Magie, il y a quelques mois, avec Harry et Ron, elle pouvait donc y retourner.

Qu'est-ce qui la retenait, alors ? Malgré elle, Hermione tourna instinctivement la tête derrière elle. Le manoir n'était pas visible de là où elle était mais elle devinait sa silhouette se découpant dans la nuit. Il fallait qu'elle se reprenne, tout cela était derrière elle, maintenant...

Prenant une profonde inspiration, Hermione serra un peu plus sa baguette magique dans sa main. Un, deux, trois... Elle tourna sur elle-même et eut la sensation qu'une barre de métal enserrait sa poitrine, lui coupant la respiration. Mais, avant d'avoir pu étouffer, ses pieds heurtèrent le sol et elle manqua de perdre l'équilibre.

La première chose qu'elle vit fut un trottoir goudronné parfaitement semblable à celui qu'elle venait de quitter. Avait-elle donc échoué ? En relevant la tête, elle fut soulagée : le ministère se dressait devant elle, identique à celui de ses souvenirs. Elle avait réussi !

Hermione hésita à rendre son aspect normal. Finalement, elle décida de ne rien changer : les gens, en la reconnaissant, s'affoleraient sur son passage et elle n'aurait même pas le temps de leur expliquer la raison de sa venue. Une idée traversa soudain son esprit, une idée si brillante qu'elle se maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt : et si elle racontait ce qui s'était passé aux aurors, peut-être auraient-ils le temps d'envahir le manoir avant que Drago ne se fasse tuer ?

Un doute tentait désespérément de s'immuniser en elle, un doute qu'elle chassait avec détresse. Même si elle avait perdu du temps à s'enfuir, Drago était peut-être encore vivant, non ?

Pour s'empêcher d'y réfléchir, Hermione se dirigea vers l'entrée des visiteurs. Elle se souvenait où elle se trouvait, non loin du bâtiment qu'elle distinguait devant elle. Dans l'obscurité, elle reconnut enfin la cabine téléphonique, près des poubelles. Cette vision la ramena deux ans en arrière, lorsque Harry, Ron, Ginny, Neville, Luna et elle s'étaient rendus au ministère pour sauver Sirius des mains de Voldemort.

Elle entra et prit le combiné qu'elle colla contre son oreille. N'y avait-il pas des nombres à composer ? Elle tenta vaguement de se souvenir de ceux qu'Harry avait cités. Heureusement, sa mémoire entraînée lui fut fidèle : elle se rappela de tous les nombres. Elle n'avait plus qu'à espérer qu'ils n'avaient pas changé.

Hermione tendit un doigt tremblant et composa le six, deux, quatre, quatre, deux, puis attendit, la gorge nouée d'angoisse. Et s'ils avaient changé le code ? C'était le plus probable, après tout, cela faisait quand même deux ans, il s'était passé plein de choses en deux ans. Mais oui, elle était stupide de penser qu'après tout ce temps, le même code était encore disponi...

- Bienvenue au ministère de la Magie. Veuillez indiquer votre nom et l'objet de votre visite.

Hermione faillit tomber dans les pommes lorsque la voix s'éleva du combiné.

- Euh... Hermione Granger, je suis... j'ai disparu pendant près d'un mois et je... et je suis revenue...

Heureusement qu'elle était seule dans la cabine, qu'elle avait l'air stupide à bafouiller ainsi !

- Merci, dit la voix féminine. Le visiteur est prié de prendre les badges et de les attacher bien en vue sur sa robe.

Un badge glissa dans le réceptacle et Hermione le ramassa. « Hermione Granger, revenue de sa disparition. »

- Le visiteur est prié de se soumettre à une fouille et de présenter sa baguette magique pour enregistrement au comptoir de la sécurité situé au fond de l'atrium.

Le plancher de la cabine téléphonique se mit à vibrer et le trottoir s'éleva devant les fenêtres. Les poubelles disparurent de son champ de vision, l'obscurité se referma sur elle et, avec un grondement sourd, elle s'enfonça dans les profondeurs du ministère de la Magie.

Un rai de lumière dorée tomba sur ses pieds et s'élargit jusqu'à éclairer son corps tout entier. Lorsque le rayon illumina son visage, Hermione dut battre des paupières pour empêcher les larmes de lui monter aux yeux.

- Le ministère de la Magie vous souhaite une agréable soirée.

La porte de la cabine téléphonique s'ouvrit à la volée et Hermione sortit en trébuchant. Au milieu du hall s'élevait la fontaine. On n'entendait dans tout l'atrium désert que l'écoulement régulier des jets d'eau qui sortaient des baguettes magiques de la sorcière et du sorcier, de la flèche du centaure, du chapeau du gobelin et des oreilles de l'elfe de maison pour retomber dans le bassin.

À cause de son angoisse, Hermione avait oublié qu'il faisait nuit, qu'il était sûrement très tard et que plus personne ne travaillait au ministère. Se maudissant de tous les noms, elle resta plantée sur le parquet de bois foncé, indécise. Que faire, maintenant ? Ne devait-il pas y avoir un gardien ?

Elle n'allait quand même pas ressortir et attendre l'aube ? Sûrement pas ! Drago pouvait mourir à chaque seconde qui passait, et elle était bien naïve de penser qu'il était encore vivant en cet instant. Mais tout était désert, et personne ne s'attendait à la voir débarquer à une heure aussi tardive, ressurgissant presque un mois après sa disparition en hurlant qu'il fallait qu'on l'aide...

Immobile, elle demeura plusieurs longues minutes au milieu du grand hall. Peut-être que le ministre n'était pas encore parti ? Malgré cette idée stupide, Hermione s'y accrocha et se jeta dans l'ascenseur. Où se trouvait son bureau ? Elle avait le souvenir d'une rencontre avec Ombrage dans l'ascenseur... Mais d'où venait-elle, déjà ?

Elle fouilla à nouveau dans sa mémoire, et, encore une fois, y trouva ce qu'elle cherchait. Il suffisait qu'elle attende le niveau un ! Elle se mit à trépigner nerveusement tandis que l'ascenseur commençait à monter. Pourvu que le ministre soit toujours dans son bureau ! Il devait y avoir beaucoup de choses à régler ces temps-ci, avec les meurtres réguliers de Sang-de-Bourbes, moldus et traîtres à leur sang. Enfin, c'était en tout cas la situation dans laquelle se trouvait le ministère un mois plus tôt. Shaklebolt avait-il l'habitude de dormir dans son bureau lorsqu'il était confronté à une surcharge de travail ?

Croisant les doigts, Hermione regarda nerveusement défiler les étages. Quand, enfin...

- Niveau un, ministre de la Magie et cabinet du ministre.

Par Merlin, elle avait faillit attendre ! Dès que les grilles s'ouvrirent, Hermione se rua hors de l'ascenseur et se hâta le long du couloir au sol recouvert d'une épaisse moquette. Elle passa devant une succession de portes en bois verni sur lesquelles une petite plaque indiquait le nom et la fonction de l'occupant du bureau, en lisant attentivement chacune d'elle.

Kingsley Shaklebolt

Ministre de la Magie

Espérant de tout son cœur qu'il se trouvait bien dans son bureau malgré l'heure tardive, Hermione tourna la poignée et poussa la porte. D'abord, elle distingua une petite lumière provenant d'une lampe de chevet posée sur le bureau, avant qu'un cri vrille ses oreilles.

- Miss Granger ?

Une vague de soulagement déferla dans tout le corps d'Hermione, et elle se rendit compte alors à quel point elle était crispée. Alors que le ministre, installé à son bureau, se levait en la dévisageant comme s'il s'agissait d'un fantôme, elle se précipita vers lui.

- Monsieur le ministre ! Il faut que vous m'aidiez, je vous en prie ! Il y a quelqu'un qui...

- Miss Granger, c'est bien vous ? l'interrompit la voix grave de Kingsley qui semblait ne pas en croire ses yeux.

- Oui, c'est bien moi, écoutez, il faut absolument que...

- Mais d'où sortez-vous comme ça ? Cela fait des semaines que vous avez disparu !

Il commença à tourner autour d'elle en la détaillant de haut en bas tandis qu'elle s'agitait désespérément.

- S'il vous plaît, il faut que vous m'aidiez, je...

- Vous êtes blessée ! Vous avez des marques sur tout le corps !

- Je sais, mais...

- Par Merlin, Miss Granger, où étiez-vous passée ?

- Les Mangemorts, haleta Hermione, au bord de la crise d'hystérie. Les Mangemorts, ils...

- Des Mangemorts ? répéta Kingsley, ahuri.

- Ils m'ont pourchassée dans la forêt, et...

- Pourchassée ? Mais pourquoi ? À cause de la nature de votre sang ?

- Oui, c'est cela, mais...

- Ils chassent tous les Sang-de-Bourbes ! Oh, Miss Granger, comment vous en êtes-vous sortie ?

- Je vous expliquerais tout après, monsieur le ministre, pour le moment il faut...

- Mais non, mais non, racontez-moi, j'ai tout mon temps ! J'étais justement en train de travailler sur le sujet... Des disparitions, des meurtres de moldus, Sang-de-Bourbes et traîtres à leur sang...

- Monsieur le ministre ! s'écria Hermione, les larmes aux yeux. S'il vous plaît, écoutez-moi, je...

- Je vais vous écouter, Miss Granger, permettez-moi simplement d'appeler un guérisseur de Ste Mangouste, vous êtes dans un état...

- On s'en fiche que je sois blessée ! rugit Hermione qui s'arrachait presque les cheveux. Il y a des choses beaucoup plus importantes, écoutez, je...

- Vous avez tort de ne pas vous préoccuper de votre état, Miss Granger, coupa le ministre en écrivant à la va-vite sur un bout de parchemin. Il faut vous soigner à tout prix.

Il plia le parchemin, le lâcha, et celui-ci s'envola par la porte comme un avion en papier moldu.

- C'est de la magie noire, précisa Hermione en parlant à toute vitesse, on ne peut pas me soigner...

- De la magie noire ? souleva Kingsley, intéressé. Bon sang, Miss Granger, que vous ont-ils fait ?

- Ce n'est pas de moi que l'on doit parler, c'est plutôt de Drago qui...

- Drago ? Vous voulez dire, Drago Malefoy ?

- Oui, je...

- C'est pour lui que vous êtes ici, Miss Granger ?

- Oui, mais...

- Mais monsieur Malefoy est un Mangemort !

- Oui, enfin, pas tout à fait, je...

- Comment ça, pas tout à fait ? Il semblerait pourtant que...

- ET SI VOUS ME LAISSIEZ PARLER ? vociféra Hermione d'une voix puissante.

Il y eut un silence durant lequel Kingsley la fixa avec des yeux ronds. Finalement, il s'assit lente-ment sur sa chaise sans la quitter du regard.

- Dans ce cas, je vous laisse parler, Miss Granger.

Hermione prit une profonde inspiration.

- Avant que je vous raconte tout, il faut que vous envoyiez une armée au manoir des Malefoy, s'il vous plaît, c'est très urgent...

- Une armée à cette heure-ci ? Mais enfin, tout le monde dort ! Que se passe-t-il ?

- Je vous en prie ! Réveillez tout le monde s'il le faut, c'est important, il y a un affrontement entre les Mangemorts et Drago Malefoy...

- Mais enfin, Drago Malefoy n'est-il pas un Mangemort ?

- Il n'est pas de leur côté, monsieur le ministre, expliqua Hermione en parlant précipitamment. Il faut que vous me croyiez, Drago m'a sauvé la vie...

- Vous, Miss Granger ?

- Oui ! Drago Malefoy, mon ennemi de toujours, Sang Pur, m'a sauvé la vie, moi, Sang-de-Bourbe...

Et plusieurs fois qui plus est ! Je vous en supplie, il faut absolument envoyer une armée pour l'aider.

- Excusez-moi, Miss Granger, je ne comprends pas.

- Je vous en prie ! supplia Hermione qui sentait les larmes couler sur ses joues.

Kingsley tira une chaise à côté de lui et la gratifia d'un regard rassurant.

- Asseyez-vous, vous êtes bouleversée...

- Je ne suis pas bouleversée ! le contredit Hermione sans bouger. Drago mérite de vivre !

- Mais pourquoi les Mangemorts voudraient-ils le tuer ? lui demanda le ministre d'une voix douce, comme s'il s'adressait à une petite fille qui aurait perdu ses parents dans les rayons d'un super-marché. Il est avec eux, normalement.

- Il a fui la bataille, vous vous souvenez ? Sa famille et lui ont pris la fuite avant la chute de Voldemort, argua Hermione tant bien que mal. Les Mangemorts lui en voulaient, mais il a clairement signé son arrêt de mort le trois juillet, quand je me suis fait capturée par eux et qu'il m'a sauvé la vie ! Maintenant, ils se retournent contre lui et il est tout seul !

- Miss Granger, si les Mangemorts vous ont capturée, comment se fait-il que vous soyez là ?

Il lui parlait doucement, pour ne pas la brusquer. Hermione s'énerva encore plus.

- Parce qu'il m'a sauvé la vie, je viens de vous le dire ! Monsieur le ministre, ajouta-t-elle plus calmement, au risque d'être impolie.

- Mais pourquoi avez-vous disparu durant près d'un mois ? S'il vous avait réellement sauvé la vie, Miss Granger, vous seriez rentrée chez vous, non ?

- Non, ce... c'est compliqué, bégaya Hermione, prise au dépourvu.

Kingsley secoua la tête sans cesser de la dévisager.

- Je crois plutôt qu'il vous a torturé lui-même et qu'il vous a fait croire des choses pour ne pas avoir à subir sa peine, Miss Granger. Il vous a même envoyée ici dans l'espoir de me convaincre de votre baratin, afin que j'envoie mes hommes le sauver...

- Bien sûr que non ! s'offusqua la lionne, indignée par de tels propos.

Le ministre lui sourit gentiment.

- C'est normal que vous n'en ayez pas conscience, ne vous en faites pas. Niez-vous le fait que ces cicatrices de magie noire qui saturent votre peau ont été tracées par Drago Malefoy ?

Les yeux écarquillés, Hermione ne répondit rien. Ça suffit à confirmer les soupçons de Kingsley.

- Une armée sera donc envoyée au manoir des Malefoy, conclut-il en se tournant vers son bureau pour écrire sur un autre bout de parchemin. Mais ce sera pour arrêter monsieur Malefoy, s'il n'est pas déjà mort à l'heure qui l'est.

- Non ! protesta Hermione, paniquée. Non, non, non, ce n'est pas ce qu'il faut faire !

- Il me semble être assez bien placé pour savoir comment agir dans une situation pareille, murmura le ministre d'une voix douce mais ferme. À présent, Miss Granger, veuillez vous assoir en attendant le guérisseur de Ste Mangouste.

Malgré ses hurlements, il la força à s'assoir sur la chaise qu'il lui avait tirée et lui colla de force un médicament sur la langue. Aussitôt, Hermione sentit l'apaisement irradier dans chacune des cellules de son corps, comme une vague de soulagement. Pourquoi s'inquiétait-elle ? Tout allait très bien...

Quelques minutes plus tard, en tout cas, ce fut le temps qui parut s'écouler, un auror se présenta au bureau du ministre qui veillait toujours sur Hermione. Une foule de membres du ministère était rentrée dans le bâtiment, ce qui signifiait que le jour s'était levé. Il s'était donc écoulé plusieurs heures depuis qu'elle avait sombré dans la semi-inconscience.

- Monsieur le ministre, commença l'auror en s'inclinant, l'armée a bien été envoyée au manoir.

Hermione se redressa d'un bond, tout son apaisement envolé.

- C'est un véritable carnage, poursuivit-il. Le manoir est vide. Malefoy est introuvable, il doit probablement être mort à l'heure qu'il est. Les Mangemorts ont dû balancer son cadavre dans la rivière.


Ouaaah noooooon pitié, ne m'en voulez pas !

Je suis particulièrement fière de ce chapitre, j'ai vraiment adooooooré l'écrire ! J'espère que, malgré la fin brutale, il vous a quand même plu...

Un petit indice pour ceux qui viendront pleurer la mort de Drago ? : le dicton "ne jamais se fier aux apparences" est on ne peut plus vrai ! Je ne peux rien vous dire mes loulous, pour ne pas tuer le suspens (Dieu sait à quel point j'adore ça xD), mais "l'espoir fait vivre" non ? ;)

Je vous promets de poster vite la suite pour pas trop vous déprimer (*clin d'œil à Padmarosa*) ni vous faire croire que je vous ri au nez (*clin d'œil à pitouloulou*), d'accord ?

Merci d'avoir lu

J'attends vos avis avec impatience !