Hello !

Comme promis, la suite est là !

Merci encore et encore et encore et encore de me donner votre avis, quel qu'il soit, vous n'imaginez pas comme ça me fait plaisir (sauf ceux qui publient également des fictions) !

Ce chapitre n'a pas trop d'action mais il est la suite du numéro 11.

En espérant ne jamais vous décevoir,

Bonne lecture :)


13. - Interdiction

- Ne vous en faites pas, Miss Granger, monsieur Malefoy ne vous fera plus jamais de mal. Il est mort, maintenant, vous ne craignez rien.

« Le manoir est vide, Malefoy introuvable. »

- Le ministère vous protègera, je vous le promets. Plus personne ne s'attaquera à vous.

« Les Mangemorts ont dû balancer son cadavre dans la rivière. »

- Monsieur Malefoy a payé de sa vie pour ce qu'il vous a fait, Miss Granger. Ce fumier ne mérite que ce qui lui arrive. Malgré cela, les aurors se lanceront à sa recherche et, tant que le corps ne sera pas retrouvé, nous n'abandonnerons pas.

Comme pour ajouter du poids à ses paroles, Kingsley lui tapota gentiment l'épaule.

- Emmenez-la à Ste Mangouste, elle a besoin d'être examinée. Elle y restera quelques jours, ces derniers événements l'ont bouleversée. Oh, et n'oubliez pas de prévenir ses parents.

- Bien, monsieur le ministre.

Hermione sentit qu'on la soulevait et qu'on la transportait. En quittant le bureau du ministre, celui-ci lui adressa un sourire rassurant auquel elle n'eut aucune réaction. Le seul contact dont elle était entièrement et pleinement consciente était celui de sa baguette magique, tellement serrée dans sa main que ses phalanges en blanchissaient.

Elle n'eut aucune idée du temps qui s'écoula avant qu'on la pose sur un lit d'infirmerie qui lui rappelait cruellement des souvenirs. Les guérisseurs se pressèrent à ses côtés, s'agitèrent autour d'elle tandis qu'elle clignait à peine des yeux. Elle était vide, dénuée de tout sentiment, de toute émotion. Elle ne ressentait rien à part un immense trou noir dans le cœur.

Plusieurs fois, le sommeil l'emporta, mais par petits bouts, sans qu'elle puisse dormir profondément. Des images défilaient devant ses yeux, si rapidement qu'elle n'en saisissait pas toujours le sens, des sons se succédaient à ses oreilles, si indistincts qu'elle n'en entendait pas un traitre mot. Des jours semblaient être passés lorsqu'une guérisseuse lui annonça qu'elle avait de la visite.

- Ma chérie !

Sa mère se précipita sur elle, talonnée par son père. Hermione sortit temporairement sa torpeur pour lever la tête vers ceux qu'elle avait cru ne jamais revoir.

- Maman, papa...

Ils la serrèrent contre eux à l'étouffer, pleurant à chaudes larmes.

- Tu nous as tellement manqué... Où étais-tu ? Pourquoi as-tu disparu si longtemps ? Comment se fait-il que tu sois blessée ? Comment es-tu rentrée ?

- Doucement, chérie, la calma son père d'une voix douce. Hermione doit être bouleversée, elle ne peut pas tout nous expliquer maintenant. L'essentiel est qu'elle soit là, non ?

- Tu as raison, convint sa mère en essuyant ses larmes.

S'ensuivirent de longues explications par l'une des guérisseuses qui résuma à ses parents dans quelles conditions Hermione s'était rendue au ministère de la Magie. La Gryffondor n'écoutait pas, replongée dans sa transe. Trop de remords déchiraient son cœur, trop de souffrance meurtrissait son âme. Elle sentait s'abattre sur ses frêles épaules tout le poids du monde.

Ses parents restèrent avec elle le plus longtemps qu'ils le purent à cause de leur travail. À leur grand regret, ils durent la quitter après avoir passé une journée entière et une partie de la nuit à ses côtés. Hermione leur assura que cela ne la dérangeait pas, qu'elle avait besoin de dormir. C'était la stricte vérité : seul le sommeil profond pouvait la tirer de son chagrin insupportable le temps de quelques heures.

La guérisseuse lui donna une potion qui l'endormit aussitôt, empêchant les cauchemars de venir troubler ce moment de répit. Lorsqu'elle se réveilla quelques heures plus tard, il faisait déjà jour. On l'aida à faire sa toilette, on lui servit son petit-déjeuner qu'elle ne toucha pas, malgré les insistances des guérisseurs. Tandis qu'elle lisait La Gazette du sorcier juste pour s'occuper l'esprit, quelqu'un frappa à la porte de sa chambre.

- Entrez, dit-elle d'une voix rauque sans lever les yeux du journal.

- Hermione !

Des acclamations retentirent depuis le seuil, là où se tenaient Harry, Ron, Ginny, Mr et Mrs Weasley. Ils se précipitèrent à son chevet en parlant tous en même temps pour la serrer dans leurs bras jusqu'à ce qu'elle les repousse gentiment mais fermement.

- Salut, vous tous.

- Comment vas-tu ? s'inquiéta Harry.

- Où étais-tu ? interrogea Ron.

- Pourquoi es-tu blessée ? demanda Ginny.

- Que s'est-il passé ? renchérirent Mr et Mrs Weasley d'une seule et même voix.

Hermione secoua la tête pour leur faire comprendre qu'elle n'avait pas envie de parler de tout ça. Heureusement, une guérisseuse arriva à cet instant, attirée par l'agitation anormale. Elle s'empressa de les rassurer :

- Miss Granger va bien, elle est cependant bouleversée et ne désire pas parler de ce qui s'est passé. Sûrement est-elle contente de vous revoir mais évitez de lui poser trop de questions, d'accord ?

Penauds, ils hochèrent la tête et Harry, Ron et Ginny s'assirent de part et d'autre de son lit pendant que Mr et Mrs Weasley discutaient avec la guérisseuse. En voyant leur mine déconfite, Hermione ressentit un pincement au cœur. Elle détestait leur cacher des choses, surtout des choses ayant une telle importance dans sa vie.

- Tout ce que je peux vous dire, souffla-t-elle, c'est que les Mangemorts m'ont attrapée il y a un mois et que j'ai finalement réussi à m'en sortir.

- Les Mangemorts t'ont attrapée ? souligna Harry en écarquillant les yeux.

- Et tu as réussi à t'en sortir ? releva Ron, abasourdi.

Hermione acquiesça, la gorge nouée.

- Mais... comment est-ce possible ?

- Pourquoi voudraient-ils te tuer ?

- Je suis une Sang-de-Bourbe, expliqua-t-elle en tentant de contrôler ses émotions. Ils tuent les moldus, traîtres à leur sang et Sang-de-Bourbes inlassablement depuis la chute de Voldemort.

- Oui mais toi, Hermione...

- Quoi, moi ? Je ne suis pas différente des autres, Ron. D'ailleurs, je suis même pire de leur point de vue car j'ai participé à la destruction de leur Seigneur des Ténèbres.

Elle ne précisa pas qu'elle avait été traquée durant plusieurs semaines. Inutile de les inquiéter davantage alors que tout était terminé.

- Et pourquoi ils ne s'en prennent pas à Harry ? C'est lui qui a tué Voldemort ! rappela Ron, qui semblait ne rien comprendre.

- Tuer Harry était la tâche de Voldemort, intervint Ginny avant qu'Hermione n'ait pu répliquer. Ils ne voudraient pas désobéir à ses ordres, même s'il n'est plus là pour leur en donner.

- Justement, puisqu'ils veulent finir d'accomplir la tâche qu'il avait commencée...

- Je suppose qu'ils n'osent pas toucher à Harry maintenant il est une véritable légende pour le monde des sorciers. Peut-être qu'ils ont peur de lui, il est l'Élu, celui-qui-a-tué-le-Seigneur-des-Ténèbres alors qu'il était pratiquement immortel. On peut facilement croire qu'il est assez puissant pour tous les tuer, un à un.

Elle leva les yeux au ciel et, en croisant le regard amoureux de Harry, lui fit un clin d'œil.

- Et nous ? reprit Ron qui n'avait rien remarqué. Nous sommes la plus grande famille des traîtres à leur sang depuis des siècles ! Les Mangemorts doivent nous haïr presque autant que les Sang-de-Bourbes.

- C'est difficile de deviner les motivations des Mangemorts, Ron, objecta Hermione avant que Ginny n'ait pu s'exaspérer de la lenteur d'esprit de son frère. Mais sans doute ont-ils eu plus de chance et de facilité à m'attraper, moi.

- Pourtant tu es meilleure que nous, commenta Ron en fronçant les sourcils.

Peu désireuse de s'étendre sur le sujet, Hermione haussa les épaules.

- Que s'est-il passé pendant mon absence ? s'enquit-elle en se laissant tomber sur son oreiller.

En vérité, elle voulait savoir s'ils l'avaient cherchée.

- Nous avons passé chaque semaine à s'inquiéter pour toi, l'informa Harry en pressant sa main dans la sienne. Nous t'avons tellement cherchée, tu sais, nous n'avons jamais abandonné.

- Nous savions que tu étais en vie, enchaîna Ron qui la dévorait du regard. Et nous savions qu'un jour nous finirions par te trouver.

- Mais c'est toi qui est revenue, poursuivit Ginny avec un sourire. Quel soulagement ça a été quand le ministre a appelé chez nous ! On s'est tous précipités à Ste Mangouste.

Hermione ne savait pas quoi dire. Comment avait-elle pu penser une seule seconde qu'ils n'avaient pas remarqué sa disparition ? Ils avaient dû remuer ciel et terre pour la retrouver, chose qu'elle aurait faite pour chacun d'entre eux.

- Comment vous êtes-vous aperçu que j'avais disparu ?

- Ce sont tes parents, d'abord, qui ont remarqué que tu n'étais pas là quand ils sont rentrés de leur travail, répondit Harry. Ils ont pensé que tu étais au Terrier, alors ils ont appelé pour vérifier. Si nous avons été surpris, ce n'était rien comparé à l'affolement de tes parents. Ils ont immédiatement informé la police moldue, même si cela ne servait pas à grand chose.

Hermione n'avait donc pas eu totalement tort.

- Mon père en a parlé au ministère, continua Ron. C'était bien plus efficace. Des aurors de sont mis en route. Ils ont interrogé les gens alentours, mais personne ne semblait avoir vu quoique ce soit. Ils ont retrouvés un petit moldu mort près de chez toi, mais ce n'était pas surprenant vu ce qui arrivait tous les jours.

- Cet enfant avait quelque chose à voir avec ma disparition, affirma Hermione. C'est d'ailleurs sur lui qu'était basé tout leur plan pour m'attraper.

Harry, Ron et Ginny écarquillèrent les yeux d'horreur et d'étonnement.

- Comment ça ?

- Ils ont compté sur la seule chose certaine qu'ils savaient sur moi. Ils savaient que je serais attirée par les cris du petit moldu qu'ils ont torturé. Et c'était vrai, j'ai tout de suite accouru mais je suis arrivée trop tard. Il était déjà mort.

Soudain tremblante, Hermione déglutit difficilement.

- Ils ont surgi des fourrés, se sont jetés sur moi. En les voyant se ruer sur moi, j'avais deux options : soit je me défendais, soit je m'occupais du petit garçon qui nageait dans son propre sang.

- Mais Hermione, il était déjà mort..., la raisonna Ginny d'une voix douce.

- Et alors ? s'emporta-t-elle en la fusillant du regard. N'importe qui, à sa mort, a droit à une tombe digne de ce nom, n'est-ce pas ? Alors pourquoi pas lui ?

À court d'arguments, Ginny se tut.

- Les Mangemorts n'auraient pas laissé son corps inerte ici, dans la forêt, ils s'en seraient débarrassés. Alors j'ai choisi de le protéger à l'aide d'un sortilège pour qu'il reste dans cet état-là, pour que plus personne ne lui fasse du mal.

Elle voyait bien sur les visages de ses amis qu'ils devaient penser qu'elle était complètement folle. Pourtant, il lui avait parut très important sur le moment de mettre en respect ce petit moldu qui avait perdu la vie à cause d'elle.

- Ce choix m'a empêché de me défendre. De toute manière, ils étaient trop nombreux, je n'aurais eu aucune chance. Je n'avais qu'une seule solution : courir. Alors j'ai couru dans la forêt, couru jusqu'à ce qu'ils me jettent le sortilège Obscurus de magie noire.

Hermione se mordit la lèvre. Elle en disait trop, il fallait qu'elle s'arrête.

- Et quels sont les effets de ce sortilège ? questionna Harry.

- Il plonge les ennemis dans le noir total, les aveugle complètement afin qu'ils perdent totalement leurs repères, expliqua Ron, à la surprise générale.

Toutes les têtes se tournèrent vers lui.

- Comment tu sais ça, toi ? s'étonna Ginny, suspicieuse.

Les oreilles cramoisies, Ron haussa les épaules, l'air de ne pas vouloir en dire plus.

- Tu connais des sortilèges de magie noire ? insista Harry.

- J'en ai vaguement entendu parler, grommela Ron en fuyant son regard.

Ginny le considéra d'un air sceptique.

- Tu mens mal, Ronald.

- Peu importe, se défendit son frère, on parlait d'Hermione, là. Ils t'ont donc attrapée à l'aide de ce sortilège, Hermione ? Quelle bande de lâches, c'est incroyable.

- Je ne te le fait pas dire, confirma Harry qui serrait les poings de colère. Se mettre à plusieurs face à toi, en lâchant en plus un sortilège qui t'empêche de te défendre, c'est tellement lâche que si tu ne t'appelais pas Hermione et si tu n'étais pas meilleure amie, je ne te croirais pas.

Celle-ci cherchait un moyen de ne pas continuer son récit, car elle savait parfaitement qu'il la mènerait à ce qu'elle souhaitait absolument éviter.

- Que s'est-il passé, ensuite ? interrogea Ginny, avide de savoir.

Alors qu'Hermione tentait en vain d'esquiver la question, elle se souvint que cette conversation portait au début sur la manière dont ils l'avaient découverte.

- Quand les aurors ont découvert le moldu, ils n'ont pas pensé que ça pouvait être lié à ma disparition ? avança-t-elle avec l'espoir de détourner leur attention un peu trop focalisée sur elle.

- Non, ils croyaient qu'il s'agissait d'un simple meurtre quotidien, cracha Harry avec mépris, au grand soulagement d'Hermione. Sauf que nous n'en étions pas aussi sûrs, et c'est à partir de ce moment-là qu'on a décidé de te chercher nous-mêmes. D'ailleurs, on aurait dû le faire plus tôt, c'est ce que j'ai toujours fait dans le passé.

Il semblait s'en vouloir ; pour le rassurer, Hermione lui envoya un petit sourire.

- Ce n'est pas grave, tu sais. Je ne sais pas si vous auriez trouvé grand-chose.

- Justement, nous n'avons pas trouvé grand-chose, mais nous avons quand même trouvé un indice : dans la forêt près de chez toi, là où tu dis avoir couru, il y avait des traces de pas, des traces de sang, comme si un rude combat avait eu lieu. Et le pire était que le sang qui tâchait l'un des arbres s'est avéré être le tien.

Hermione hocha la tête.

- C'est celui contre lequel je me suis cognée après avoir trébuché et roulé sur plusieurs mètres. J'étais dans le noir, je ne voyais rien, je me suis pris plein d'obstacles dans la figure.

À nouveau, elle se mordit violemment la langue pour s'empêcher d'en dire davantage.

- En tout cas, ça ne présageait rien de bon, décréta Ginny en prenant la relève. On a cherché partout, dans toute la forêt, mais il n'y avait plus aucune trace de toi, ni de ton sang. Comme si tu avais transplané.

S'efforçant de ne pas acquiescer, Hermione ne fit aucun commentaire.

- Ce n'était pourtant pas logique, reprit Ron qui ne paraissait pas s'apercevoir de son malaise. Pourquoi aurais-tu transplané en étant blessée ? Surtout pour ne pas aller te soigner. Les pistes étaient brouillées, mais nous n'avons pas abandonné.

Évidemment, ils n'avaient pas trouvé sa baguette magique, puisque Drago l'avait ramassée. À moins qu'elle y soit restée un bout de temps, et qu'il soit revenu plus tard ?

Peu importe, elle ne devait pas penser à lui, car son cœur se déchirait un peu plus à chaque fois que son visage apparaissait dans son esprit.

- Nous avons cherché dans tous les endroits respectifs où tu aurais pu aller, poursuivit Harry. Le premier étant Poudlard, bien sûr. Tu n'y étais pas, pourtant nous avons interrompu sa reconstruction pour y retourner chaque débris, chaque gravas qui parsemaient le sol. Nous avons fouillé Pré-au-Lard, le Chemin de Traverse, l'Australie à l'endroit où tu avais envoyé tes parents pendant la guerre, et même aux différents lieux où on savait que tu avais passé tes vacances ! Aucune trace de toi, nulle part. On aurait dit que ton souvenir avait été effacé.

Émue, Hermione tenta de retenir ses larmes. Ses amis avaient donc fait tout ça pour la retrouver ?

- Vous étiez tous les trois ?

- Non, Luna et Neville étaient avec nous, déclara Ginny. Dès que tes parents ont appelé, nous avons fait le tour des anciens membres de l'Ordre du Phénix pour savoir si quelqu'un t'avait vu. Personne n'a pu nous aider, mais ils se sont tous les deux proposés de nous accompagner. Bien entendu, nous n'avons pas refusé.

- Jusqu'au bout..., murmura Hermione, les yeux perdus dans le vague, en songeant que Luna et Neville avaient toujours été avec eux, dans n'importe quelle circonstance.

- Oui, approuva Harry avec un grand sourire. Ils sont toujours présents quand on a besoin d'eux.

- Ils savent que je suis là ? interrogea Hermione.

- Bien sûr, ce sont les premiers que l'on a prévenu quand on a été au courant que tu avais été transportée à Ste Mangouste, répondit Ron. Ils vont bientôt passer, ils ne pouvaient pas venir directement. Mais ils ne vont pas tarder.

À ce moment-là, Mr et Mrs Weasley se détournèrent de la guérisseuse avec laquelle ils parlaient pour reporter leur attention sur eux.

- Tes parents sont passés, ma chérie ? demanda Mrs Weasley à Hermione.

- Oui, ils sont restés avec moi, hier, mais ils ont dû repartir pour le travail.

- Ah oui, leur travail leur prend beaucoup de temps, ils ne peuvent pas s'absenter longtemps... C'est très compréhensible.

- Nous sommes très heureux de te revoir, Hermione, dévoila Mr Weasley en lui souriant chaleureusement. Nous étions très inquiets.

- Merci beaucoup, Mr Weasley, moi aussi, je suis contente de vous revoir.

- Combien de temps doit-elle rester ici ? questionna Mrs Weasley en se tournant vers la guérisseuse qui s'apprêtait à quitter la pièce.

- Environ une semaine, peut-être plus, répondit celle-ci en vérifiant sur ses notes. Elle a de très graves blessures de magie noire qui ont besoin d'être examinées.

- De magie noire ? répéta Mr Weasley d'un air incrédule.

Harry, Ron et Ginny dévisagèrent Hermione avec stupéfaction, comme pour lui reprocher de ne pas l'avoir précisé. La lionne se défendit en jouant l'innocente.

- Quoi ? Qu'est-ce que ça aurait changé que je vous le dise ?

- On aurait aimé le savoir, Hermione, c'est important, assura Harry en fronçant les sourcils.

- De toute façon, lança-t-elle en s'adressant à la guérisseuse, les blessures que j'ai ont déjà été soignées, on ne peut rien d'autre sur elles. La magie noire ne s'efface jamais complètement, elle laissa toujours des traces.

Reprendre une de ses phrases lui pinça le cœur. Elle garda cependant un visage impassible lorsque la guérisseuse la fixa avec ébahissement.

- Vos blessures ont déjà été soignées, Miss Granger ?

- J'en ai eu de nouvelles par dessus, mais les plus graves n'ont plus qu'à cicatriser toute seules, on ne peut rien faire de plus. Vous ne pouvez rien contre elles, ce n'est pas la peine que je reste ici aussi longtemps.

- Vous avez subi un traumatisme, Miss Granger, répliqua la guérisseuse en se remettant très vite de sa surprise. Il est important pour vous de rester ici aussi longtemps qu'il le faudra.

- Ce n'est pas en l'espace d'une semaine que j'oublierais ce qui s'est passé, certifia Hermione dont les yeux commençaient déjà à se voiler.

« Je n'oublierais jamais ce qui s'est passé, ajouta-t-elle pour elle-même. Jamais. »

- Nous ne nous attendons pas à ce que vous oubliez tout en une semaine, Miss Granger, rétorqua calmement la guérisseuse tandis que ses amis la regardaient bouche bée. L'essentiel est de vous remettre de vos émotions, de tirer une croix sur le passé afin d'avancer, même si celui-ci n'est pas complètement effacé de votre mémoire. Vous verrez, avec le temps, les derniers événements ne seront plus qu'un mauvais souvenir.

Un mauvais souvenir ? Tirer une croix sur le passé ?

Alors ça, jamais.

Avant qu'Hermione n'ait pu la contredire, elle quitta la chambre avec un sourire qui se voulait rassurant. Mrs Weasley se tourna vers elle.

- Tu verras, ma chérie, tout va bien se passer. Tu vas doucement remonter cette pente, tu vas te remettre complètement, je le sais. Tu es forte, tu y arriveras. Et puis, nous serons tous là pour t'aider, tous là à tes côtés, n'est-ce pas ?

Harry, Ron et Ginny opinèrent gravement de la tête.

- Le ministère te protègera également, Hermione, la rassura Mr Weasley. Après les récents événements, le ministre de la Magie ne laisserait jamais une telle chose se reproduire, sois-en certaine.

Hermione se força à sourire pour ne pas les inquiéter, alors que tout au fond d'elle, elle mourrait d'envie de leur hurler la vérité, de leur hurler que ce n'était pas elle qu'il fallait protéger, que s'ils l'avaient écoutée, Drago ne serait peut-être pas mort...

Mais elle se tut.

Alors qu'un silence pesant s'abattait dans la petite chambre, la porte s'ouvrit à la volée et deux personnes s'y engouffrèrent, leurs visages illuminés par un immense sourire.

- Hermione !

Neville se jeta sur elle, comme les précédents, et Luna s'approcha tranquillement de son lit avec cet air rêveur qui ne la quittait jamais. Heureuse de les revoir, mais ne parvenant pas totalement à le leur montrer, Hermione répondit affectueusement à leur étreinte.

- Enfin, tu es là ! s'écria Neville en s'écartant d'elle pour mieux la regarder.

En dépit de son sourire, Luna paraissait, comme d'habitude, avoir atterri ici par un pur hasard.

- Bonjour, Hermione, la salua-t-elle comme si cette petite visite était prévue depuis des années entre deux amies de longues dates qui se retrouvaient après avoir été longuement séparées.

- Bonjour, Luna. C'est très gentil ce que vous avez fait pour moi, Harry, Ron et Ginny m'ont tout raconté.

- Je t'en prie, dit Neville, que son sourire béat rendait encore plus jovial. Tu aurais fait la même chose pour nous.

- C'est vrai. Je suis contente de vous revoir, tous les cinq.

D'accord, elle était plus triste qu'elle ne l'avait jamais été, d'accord, son sourire n'était qu'à moitié vrai, d'accord, seule une partie d'elle-même était réellement présente alors que l'autre ne pensait qu'à un certain Serpentard, d'accord, elle ne serait plus jamais pleinement heureuse. Mais ses amis étaient là pour elle, joyeux qu'elle soit revenue, après s'être inquiétés durant presque un mois, alors elle pouvait au moins faire l'effort d'oublier sa souffrance pour quelques heures.

Ils restèrent avec elle toute la journée, et le soir-même, ses parents la rejoignirent sitôt après le travail. Les Weasley, Harry, Neville et Luna s'en allèrent en lui promettant de revenir la voir, ses parents restèrent jusqu'à une heure avancée de la nuit où un auror de sécurité les mit dehors. Hermione se retrouva toute seule, comme la veille, avec ses sombres pensées, avec ses affreux souvenirs. Ce fut seulement à ce moment-là qu'elle se rendit compte de tout le bien que ses amis avaient pu lui apporter.

Elle s'en voulait de ne rien leur avoir dit de plus, de ne pas leur avoir tout raconté, mais elle en était vraiment incapable, pour qui que ce soit, aussi bien pour sa mère que pour Harry. Impossible d'émettre le moindre son à ce sujet, impossible de trahir ses émotions, impossible de se confier, d'évacuer son chagrin, sa peine immense qui la démangeait de l'intérieur.

Elle se sentait lourde et vide, fatiguée et animée, triste et furieuse. Chaque geste qu'elle esquissait lui demandait des efforts surhumains, chaque mot qui s'échappait de sa bouche lui tirait une volonté hors du commun. Lessivée, elle se laissa aller contre son oreiller, trop lassée pour se lever, pas assez calme pour sombrer dans le sommeil.

Malgré sa détermination de les tenir à l'écart, ses souvenirs tentaient de s'immuniser en elle, de prendre le contrôle de ses émotions, de tout chambouler dans son esprit et dans son cœur tous les deux déjà trop pleins. Pour se protéger, elle s'enfermait dans une bulle de brouillard, une vague de souffrance qui se propageait dans son corps. Elle savait que si elle se relâchait, tout partirait en fumée, elle savait qu'elle ne pourrait pas se retenir, qu'elle craquerait, qu'elle évacuerait tout ce qu'elle avait sur les épaules, ce poids terrible qui lui pesait sur la conscience, qu'elle ne pourrait plus jamais s'arrêter. Elle savait qu'il fallait qu'elle se contrôle, que, pour une fois, elle fasse abstraction sur ses sentiments, qu'elle garde un visage impassible, qu'elle conserve un regard indéchiffrable, qu'elle fasse comme si de rien n'était, comme si rien ne l'atteignait.

Pour une fois, il fallait qu'elle agisse comme si elle était Drago Malefoy, justement pour ne pas penser à toute la douleur et toute la souffrance qu'elle subirait si jamais Drago Malefoy apparaissait dans ses pensées, dans son esprit, dans son cœur, dans son âme...

Parmi toutes les personnes présentes sur cette Terre, il avait fallu que cela tombe sur lui. Et elle, parmi tout ce qu'elle avait dans la tête, il fallait qu'elle oublie qu'elle l'aimait comme c'était interdit.


J'espère que ça vous a plu !

Merci d'avoir lu

J'attends vos avis avec impatience