Hello !
Vos reviews m'ont convaincue de poster la suite, sinon je pense que je vous aurai fait patienter encore un peu !
Mouhaha, non, je ne suis pas sadique du tout...
Ce chapitre est spécial et presque hors du temps, en tout cas c'est l'impression que j'ai eue en l'écrivant. Je ne vous donne évidemment aucun indice sur ce qui va se passer, mais je pense que vous allez être surpris... ou pas ?
En tout cas j'espère vraiment que je ne vais pas vous décevoir, et pour le savoir, vous savez ce qu'il faut faire, n'est-ce pas ? ;)
Merci encore
Bonne lecture !
15. - Sous la terre
Frémissante, Hermione avança à grands pas jusqu'au fond du jardin. Sa respiration était devenue saccadée tandis que ses pas l'amenaient vers son point d'arrivée. La lumière de sa baguette éclairait brièvement la scène, pourtant elle ne parvenait toujours pas à percevoir autre chose que les haies immenses qui entouraient le manoir.
Enfin, elle fut devant les feuillages derrière lesquels la lumière disparaissait. Mais il n'y avait ni passage, ni trace de quoique ce soit d'autre. Tout s'arrêtait aux premières feuilles de la haie, comme si tout avait été coupé.
Repoussant sa déception, Hermione se pencha en éclairant l'endroit avec sa baguette. En plissant bien les yeux, elle remarqua qu'en fait, la lumière se prolongeait derrière la haie. Il fallait donc la franchir ! Que se trouvait-il derrière ? Le seul moyen de le découvrir était de passer de l'autre côté.
Réprimant un sourire, la Gryffondor se redressa et chercha autour d'elle quelque chose pour la franchir, n'importe quoi. Mais il n'y avait que de l'herbe et les murs du manoir. Était-il possible d'utiliser un sortilège ? Cela marcherait-il ?
Hermione fouilla dans sa mémoire tout en continuant d'examiner la haie. Elle s'accroupit même devant, forçant ses yeux à trouver quelque chose. Sous les feuillages, n'y avait-il pas un second trou, apparemment nouveau, comme si quelqu'un s'y était récemment faufilé ? Avant d'être sûre de toute chose, elle s'allongea dans l'herbe sur le ventre. Oui ! Il y avait un minuscule passage, entre l'herbe humide et les premiers feuillages de la haie !
Retenant un cri de joie, la lionne enleva la cape d'invisibilité et la garda serrée contre elle avant de s'allonger à nouveau pour ramper lentement en baissant la tête. Ses vêtements et ses cheveux s'accrochaient aux branchages, ce qui ne rendait pas la chose très facile, mais elle prenait le temps de se dégager avant de poursuivre. Sa baguette était fermement tenue dans sa main, prête à réagir en cas d'une éventuelle attaque. Elle sentait le petit tas de chiffon que représentait sa cape contre son corps, mais, loin de la gêner, il la rassurait au contraire.
Au bout de quelques minutes à galérer, elle entrevit l'extrémité de la haie. Totalement recouverte, enfermée dans ses feuillages, la lionne s'empressa de ramper jusqu'au bout. Enfin, sa tête sortit à l'air libre, bientôt suivie par son corps entier. Soulagée, Hermione se redressa en se débarrassant des branches et des feuilles puis observa les alentours.
Des arbres l'entouraient, nombreux et menaçants. Elle se trouvait dans une forêt, différente de celle dans laquelle les Mangemorts l'avaient entraînée. Les ombres de la végétation s'agitaient sous le vent léger qui faisait voleter ses cheveux. Il n'y avait rien d'autre, rien à part... des traces de pas, saturant le sol par-ci, par-là.
Mais ce ne fut pas les traces de pas qui attirèrent son attention. Plutôt... les traces de sang. Les traces de lutte. Quelqu'un était parvenu jusqu'ici, quelqu'un s'était enfui dans la forêt, combattant sa mort toute proche qui ne demandait qu'à l'emporter. Quelqu'un qui était trop blessé pour pouvoir se lever, à en juger par les empreintes d'un corps, comme s'il s'était traîné dans la terre de ses dernières forces. Quelqu'un, et sûrement pas n'importe qui...
Hermione se mit à trembler. Était-il possible que les aurors n'aient pas remarqué ce minuscule trou dans la haie ? Était-il possible que quelque chose leur ait échappé ? Après tout, si elle-même n'avait pas été guidée par la lumière, elle n'aurait rien découvert. Était-il possible qu'il reste un infime espoir ? Était-il possible qu'ils n'aient pas retrouvé le corps de Drago Malefoy non parce qu'il gisait au fond de la rivière, mais plutôt parce qu'il avait pris la fuite à temps ?
Était-il possible qu'il ne s'agisse pas d'un cadavre ? Comment aurait-il pu survivre ?
La Gryffondor se laissa tomber à genoux dans l'herbe. Ses mains tâtèrent le sol, s'enfouirent dans la terre, se mêlèrent au sang, à son sang... C'était forcément lui. Il avait réussi à s'enfuir, par miracle, et était caché dans cette forêt, gravement blessé, probablement à l'agonie. Il devait abominablement souffrir, en cet instant-même, et elle l'aiderait. Elle le retrouverait, quitte à retourner ciel et terre. Elle le retrouverait, comme lui l'avait retrouvée, elle le sauverait, comme lui l'avait sauvée. Et elle le protégerait, comme lui l'avait tant protégée.
Hermione se releva d'un bond et dirigea sa baguette vers le sol. La lumière qui avait été si vive quelques minutes auparavant avait à présent légèrement diminué, mais elle imprégnait les empreintes sur le sol, comme un chemin tracé par de la poussière dorée.
La lionne suivit les traces qui l'amenèrent vers le centre de la forêt, l'éloignant du manoir à chacun de ses pas. Sa baguette pointée vers la lumière dorée tremblait légèrement dans sa main, elle s'y accrochait avec tout l'espoir du monde. Le temps s'écoulait lentement, pourtant il paraissait figé.
- J'arrive, Drago...
Le chemin tourna et disparut brusquement. La lumière imprégnait toujours le sol mais elle s'arrêtait juste devant un buisson parfaitement semblable aux autres. Que se passait-il ? Pourquoi l'abandonnait-elle maintenant ?
Hermione se pencha vers le buisson pour l'inspecter. Des tâches de sang étaient visibles sur les feuilles, même dans la quasi-obscurité. La Gryffondor fronça les sourcils sans rien comprendre. Elle se trouvait près d'un arbre normal, avec un large tronc et de grandes branches. À ses racines, le buisson paraissait minuscule.
- Drago ?
Son nom, prononcé comme une question, n'obtint aucune réponse. De plus en plus intriguée, Hermione s'accroupit devant le buisson et attrapa une feuille dans sa main. Les tâches de sang étaient fraîches, si fraîches...
- Drago ? répéta-t-elle d'une voix tremblante.
Elle appuya une main sur le tronc de l'arbre et approcha son visage du buisson pour voir derrière. Comme elle ne distinguait rien, elle se pencha encore, encore un peu, et encore...
- Aaaaaaah !
Son cri strident retentit dans la forêt tandis qu'elle se sentait basculer et tomber dans une chute interminable. Sa baguette et sa cape manquèrent de lui échapper, heureusement elle parvint à les rattraper d'extrême justesse. Loin au-dessus d'elle, Hermione eut le temps de reconnaître les feuillages du buisson et l'ombre de l'arbre, avant de s'écraser brutalement par terre. Son souffle se coupa net sous le choc, des étoiles dansèrent devant ses paupières closes. Son propre cri résonnait encore dans sa tête comme une cloche sur laquelle on cogne quand elle sombra dans l'inconscience.
HGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDM
Hermione battit plusieurs fois des paupières. L'arrière de sa tête lui faisait si mal qu'elle avait l'impression que son crâne allait exploser. Des élans de douleur se propageaient dans tout son corps, partant principalement de son bras et de sa jambe droite. Elle avait dû se blesser en atterrissant. Mais en atterrissant où exactement ?
Encore dans les vapes, la Gryffondor se redressa. Son crâne et son bras la lancèrent brutalement, lui tirant une plainte. Elle serra les dents pour s'empêcher de gémir et s'appuya sur ses coudes pour regarder autour d'elle.
Se trouvait-elle dans une grotte ? L'endroit était étroit et désagréable, une odeur de sang frais flottait dans l'atmosphère. Le sol sous son corps était glacé, humide, constitué de roches. En levant les yeux, elle put facilement apercevoir par un minuscule trou plusieurs mètres au-dessus d'elle la forêt qu'elle venait de quitter. Et, le long de l'immense paroi qui serpentait jusqu'à elle, la lumière dorée s'alliait à sa baguette.
Bouche bée, Hermione la contempla d'un air incrédule. Le chemin tracé par de la poussière dorée se prolongeait jusqu'ici. Et apparemment, ce n'était pas fini, car il n'y avait rien autour d'elle qui puisse justifier cela. Le chemin se poursuivait-il donc à plusieurs mètres sous la terre ?
La lionne tourna la tête de tous les côtés ; les parois de la grotte s'élevaient à plusieurs dizaines de mètres, l'enfermant. N'y avait-il pas un passage qui la mènerait jusqu'à Drago ? S'il s'était réellement rendu ici, comment avait-il pu survivre à la chute en étant gravement blessé alors qu'elle s'était évanouie en étant parfaitement intacte ?
- Drago ? appela-t-elle d'une voix devenue rauque.
Elle s'éclaircit bruyamment la gorge et recommença :
- Drago, tu es là ?
Seul le silence lui répondit. Loin d'abandonner, Hermione se releva tant bien que mal en ignorant ses blessures et avança de quelques pas jusqu'à la paroi la plus proche. Elle posa les mains à plat sur la roche glacée et mouillée. La lumière de sa baguette la touchait, pourtant il n'y avait rien derrière. Comment était-ce possible ? Pourquoi était-elle prisonnière ?
Alors qu'elle se posait la question, un soupçon la frappa soudain avec la violence d'un coup de poing à l'estomac : et s'il s'agissait d'un autre piège pour la capturer ? Et si ce trou dans la haie, ce chemin tracé par la poussière dorée, n'était que mise en scène afin de l'attraper ? Et si des Mangemorts s'apprêtaient à se jeter sur elle pour la tuer ?
- Il y a quelqu'un ?
Ça ne servait probablement à rien : elle était seule, ici. Pourtant, la lumière paraissait vouloir l'attirer au-delà de cette paroi... D'ailleurs, d'où sortait cette lumière ? Depuis plusieurs minutes, Hermione lui faisait confiance sans se questionner, mais si jamais elle avait tort ? Si tout cela n'était qu'une manière de la faire croire que Drago était vivant ?
- Est-ce qu'il y a quelqu'un ? Drago, tu es là ? C'est moi, Hermione !
Il n'y avait personne, Drago avait raison, elle était si naïve... N'importe qui pouvait lui faire croire n'importe quoi.
- Drago ! persista-t-elle d'une voix plus pressante. Drago !
Elle avait beau continuer de l'appeler, refusant de perdre espoir, elle savait une chose, au plus profond d'elle-même : il ne la laisserait jamais s'égosiller avec angoisse juste pour le plaisir de la faire attendre. Donc s'il n'apparaissait pas, c'est qu'il n'était pas là.
- Ce n'est pas juste..., se désola-t-elle d'un ton dépité.
Désespérée, elle ferma les yeux, laissant son front se coller à la paroi mouillée. La ligne de son profil était appliquée contre la roche, sa bouche n'y était plus qu'à quelques millimètres. Lorsque ses lèvres effleurèrent les gouttes d'eau sur la paroi, celle-ci s'illumina brusquement. Hermione sentit derrière ses paupières un faisceau de lumière les chauffer et elle bondit vivement en arrière, écarquillant les yeux de stupéfaction.
C'était comme si elles s'étaient fendue en deux : séparées par un rayon de lumière aveuglant, les deux parois s'écartèrent lentement l'une de l'autre. Tandis qu'elles s'éloignaient, laissant place au passage tant recherché, Hermione put voir ce qu'elles cachaient : une petite pièce, moins étroite que celle dans laquelle elle se trouvait, où brûlait un feu.
Interloquée, elle entra à l'intérieur et s'arrêta au centre. Sur un tas de bois, des flammes s'élevaient, éclairant parfaitement la grotte. La pièce – si l'on pouvait appeler ça une pièce – était ronde, formée uniquement par la roche, d'où partaient une dizaine de passages se dirigeant chacun d'un côté, à plusieurs mètres sous la terre.
Poussée par sa curiosité habituelle, Hermione s'approcha du premier et risqua un coup d'œil dans le long tunnel. Il était parfaitement désert, et surtout plongé dans l'obscurité. De toute évidence, pour le traverser, il fallait s'emparer d'une des nombreuses torches qui pendaient au mur, prêtes à faire usage. Elles étaient toutes éteintes, la lionne devina que le feu servait donc à les allumer.
- Drago ?
Ce n'était peut-être pas un piège, finalement. Elle n'avait toujours pas perdu espoir qu'il s'y trouve, même si venir jusqu'ici dans l'état qu'elle s'imaginait être le sien relevait du miracle.
- Drago, c'est moi, Hermione...
Comment savoir quel tunnel emprunter ? Et s'il se trouvait dans l'un d'eux, agonisant, au bord du gouffre, la mort se dressant devant lui, lui tendant les bras...
- Tu es là ?
Et s'il l'entendait, mais qu'il ne pouvait pas parler ? Elle ne devait pas rester là, elle devait aller le chercher, vite, vite, son temps s'écoulait lentement, chaque seconde comptait...
- Je vais te retrouver, ne t'en fais pas. J'arrive, Drago...
Elle s'apprêtait à s'enfoncer dans l'un des tunnels, choisi au hasard, quitte à les fouiller tous un à un, lorsqu'un raclement de gorge l'immobilisa aussi facilement que si on l'avait stupéfixiée.
- On dirait que c'est toujours moi qui te retrouve, Granger.
Le cœur d'Hermione rata un battement tandis qu'elle faisait volte-face d'un bond.
- Malefoy ?
Était-elle en train de rêver ? Car oui, cette fois, ça ne pouvait être ni un cauchemar, ni la réalité... Drago Malefoy se tenant négligemment devant elle, son éternel sourire charmeur étirant ses lèvres, appuyé contre la paroi qui venait de s'ouvrir, les bras croisés ? Impossible.
- Ah, tiens, c'est redevenu Malefoy, tout d'un coup ?
- Malefoy, c'est... c'est toi ?
- Non, non, c'est Dumbledore, tu ne me reconnais pas ? Bon, j'avoue que j'ai coupé ma longue barbe blanche, mais c'est parce que je trouvais qu'elle me vieillissait un peu trop... Maintenant, j'ai l'air plus jeune, ricana-t-il d'un ton sarcastique.
Les yeux exorbités, Hermione le détailla de haut en bas, complètement ahurie.
- Mais enfin, c'est impossible, ça ne peut pas être toi...
- Ah bon ? Et pourquoi donc ? s'enquit-il en levant un sourcil inquisiteur.
Il était tellement beau, tellement parfait... Tellement vivant.
- N'étais-tu pas à ma recherche il y a deux minutes ? Et maintenant que tu me trouves, ou plutôt que je te trouve, tu penses que ce n'est pas moi ? Décidément, Granger, je ne te comprendrais jamais.
Rien à dire : toujours le même sale caractère, toujours le même humour désolant, toujours cet aura de puissance se dégageaient de lui. Ça ne pouvait donc qu'être Drago Malefoy.
Et pourtant, c'était incontestablement impossible.
- Mais, mais... Tu... tu...
- Je... ?
- Tu es... tu es vivant !
Un éclat de rire le secoua.
- Belle observation, Granger.
- Pourtant c'est impossible, tu... tu...
- Moi aussi, je suis content de te revoir.
- Tu... Pardon ? s'étrangla Hermione, certaine d'avoir mal entendu.
Il lui adressa un clin d'œil accompagné d'un sourire qui manquèrent de la faire défaillir. Quoiqu'il advienne, dans n'importe quel cas, il était toujours maître de la situation. C'était tout simplement incroyable.
- Que fais-tu là, Granger ? demanda-t-il d'un ton désinvolte en ignorant sa surprise, comme s'il s'intéressait au temps qu'il ferait le lendemain.
- Je... je te cherchais, mais toi, que fais-tu là ?
- Tu me cherchais ?
Il eut l'air étonné, tout à coup. Qu'il était beau !
- Oui, je... je croyais que tu... Bon sang, c'est impossible !
Ne parvenant toujours pas à en croire ses yeux, Hermione s'avança vers lui sans le lâcher du regard, tentant de déterminer si cette hallucination était réelle.
- Pourquoi est-ce impossible ?
- Mais parce que tu es sensé être mort !
Il n'eut pas l'air choqué d'entendre pareilles paroles.
- Je te rappelle que toi aussi, Granger.
Sa voix n'était plus froide, plus sarcastique, nullement teintée de reproches... Elle était neutre, juste neutre, et pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, Hermione aurait souhaité qu'il prenne un autre ton pour parler de tout cela. Même son masque d'impassibilité l'importunait.
- Oui, d'accord, mais pour moi c'est compréhensible, il y a une explication, alors que pour toi... Il n'y en a aucune ! C'est donc magiquement impossible que tu sois vivant !
Elle ne cessait de le dévisager, mourant d'envie de le toucher pour vérifier. Convaincue de rêver encore une fois, elle se pinça le bras jusqu'à ce qu'il devienne bleu, pourtant Malefoy ne disparut pas de son champ de vision pour autant.
- Tu veux dire que, d'après toi, les faits qui n'ont pas d'explications magiques sont impossibles ?
- Bien sûr que oui ! C'est évident !
Malefoy secoua la tête, apparemment navré de sa façon de voir les choses.
- Dans ce cas-là, Granger, plus rien n'est possible.
- Mais si ! Des tas de choses sont possibles avec une explication magique ! Enfin, bref, comme toi, tu n'en as pas, il faut que je me réveille tout de suite ! J'en ai marre des cauchemars !
L'air vexé, Malefoy fronça les sourcils.
- Je suis ton cauchemar ?
Malgré son actuel état d'hystérie, Hermione s'empourpra violemment.
- Non, enfin, ce n'est pas exactement ça...
- C'est-à-dire ?
- Tu n'es pas mon cauchemar, je... quand je ne dormais plus la nuit à cause des cauchemars que je faisais, ils portaient tous sur toi...
Elle se mordit la langue, honteuse d'en avoir trop dit, une fois de plus. Un petit sourire naquit sur le visage de Malefoy.
- Vraiment ? Tu veux dire que, même toi, Hermione Granger, la fille la plus intelligente et la plus coincée de Poudlard, celle qui n'a jamais embrassé personne, a rêvé elle aussi de Drago Malefoy, le gars le plus sexy de l'école ?
- Comment ça, « elle aussi » ?
- Comme toutes les autres filles de l'école, répondit-il en haussant les épaules.
Hermione devint cramoisie.
- Non ! Moi je cauchemardais sur les derniers événements qui ont eu lieu au manoir, tu sais, ceux où tu mourrais et moi je vivais...
Malefoy poussa un profond soupir, loin d'être atteint par ses propos.
- Je t'ai déjà dit, Granger, que je te déchargeais de toute responsabilité !
- Et alors ? Tu crois peut-être que ça arrangeait tout ? Ce n'est pas parce que tu m'avais dit que je n'avais pas à m'en vouloir que je ne m'en voulais pas ! Ce n'est pas parce que tu m'avais interdit de rester avec toi que j'ai été fière de sauver ma peau ! Ce n'est pas parce que je n'avais pas le droit de me battre à tes côtés que j'ai été satisfaite d'apprendre ta mort !
Hermione n'avait pu empêcher le chagrin de se ressentir dans sa voix. Pour cacher ses yeux embués, elle se détourna de lui, fixant le sol rocheux en se mordant les lèvres, regrettant encore une fois d'avoir laissé ces mots sortir tous seuls.
Le silence demeura quelques secondes.
- Tu as appris ma mort ?
Elle hocha la tête sans le regarder, refusant de laisser transparaître la douleur qui devait probablement se lire dans ses yeux. Ses cheveux dissimulaient son visage où quelques larmes roulaient indifféremment, malgré tous ses efforts pour les retenir.
- Par qui ?
Hermione attendit d'être certaine que sa voix ne tremblait pas avant de répondre.
- Les aurors... Après que je sois allée au ministère de la Magie pour qu'ils envoient des aurors t'aider à affronter les Mangemorts, le ministre les a bel et bien envoyés au manoir, mais pas pour t'aider, pour t'arrêter... Kingsley savait que c'était toi qui m'avait blessée, comme c'était de la magie noire, et il a pensé que tu m'avais forcée à aller le voir... Je n'ai rien pu faire, ils m'ont administré un calmant qui m'a plongée dans les vapes pendant plusieurs heures.
- Tu es allée au ministère de la Magie ?
- Je voulais t'aider comme toi, tu m'avais aidée... Mais jamais je n'aurais pu te rendre la monnaie de ta pièce, de toute façon...
Pourquoi ne lui disait-elle pas tout simplement qu'elle était folle amoureuse de lui ? Non, il fallait qu'elle se justifie en prétendant avoir voulu payer sa dette envers lui.
- Quand ils sont arrivés au manoir, ils ont dit qu'il était vide, que tu étais introuvable... Ils en ont déduis que les Mangemorts t'avaient tué et balancé dans la rivière...
Elle crispa les mâchoires pour empêcher la douleur de s'entendre dans ses paroles. Pourtant, il était impossible que Malefoy ne perçoive pas son émotion.
- Depuis quand crois-tu ce que te racontent les autres sans vérifier par toi-même ? interrogea Malefoy d'une voix étrangement douce.
Hermione eut un petit sourire qui ne s'éternisa pas.
- Si je suis là, c'est parce que je suis venue vérifier par moi-même.
- Eh bien, regarde-moi, je suis vivant. Alors ça ne sert plus à rien de t'en vouloir, désormais.
Était-ce réellement Drago Malefoy qui parlait ?
- C'est vrai, mais je te le répète : c'est impossible. Je ne comprends pas, se désespéra-t-elle en secouant la tête, fixant toujours le sol.
- Ah, Granger, tu veux toujours tout comprendre...
- Oui !
- Mais parfois il y a des choses incompréhensibles, des choses qui n'ont pas d'explications magiques pour les justifier...
Sa voix était douce, lente, comme une caresse. Hermione avala nerveusement sa salive.
- Comment est-ce possible ? Comment peux-tu être vivant ?
- Cela te déplaît ? s'étonna-t-il, et elle devina son sourire.
- Non, bien sûr que non, mais... Mais je voudrais simplement comprendre, ce n'est pas ma faute, je suis comme ça, Malefoy...
- Je le sais, oui. Je sais tout ce que tu es.
Ses pas retentirent dans la petite pièce lorsqu'il s'approcha d'elle sans brusquerie.
- Tu n'es comme personne d'autre, tu es absolument unique au monde, souffla-t-il d'une voix grave et basse qui lui provoqua des frissons agréables dans le bas du dos. Tu es également irremplaçable. Tu incarnes le bien, la volonté de réussir, la détermination, le courage, mais aussi la douceur, parfois la timidité, la générosité, la sensibilité... Tu croies en tout le monde, et j'ai longtemps pensé qu'il s'agissait d'une erreur, de naïveté, mais je me suis récemment rendu compte qu'en fait, c'est une force, une particularité unique et précieuse.
Les yeux plongés dans les flammes, Hermione frémit imperceptiblement.
- Ton intelligence, ta douceur, ta grâce, ta bonté, c'est tout cela qui fait la beauté chez toi comme chez personne d'autre, comme chez aucune fille que j'ai rencontré. Tu es belle quand tu rougis, j'ai envie d'embrasser tes joues, tu es belle quand tu souris, j'ai envie d'embrasser tes lèvres, tu es belle quand tu pleures, j'ai envie d'essuyer tes larmes. Tu as vu du bien là où il n'y en avait pas alors que personne n'avait jamais cru en moi. C'est cela qui m'a poussé à continuer, à avancer. C'est cela qui m'a autorisé à te regarder, c'est cela qui m'a convaincu que le sang n'avait aucune importance. Tu sais pourquoi ? Parce que je suis de Sang Pur, pourtant j'incarne le mal, et toi, tu es de Sang Impur, pourtant tu incarnes le bien.
La respiration d'Hermione s'accéléra lorsqu'il s'arrêta à quelques centimètres d'elle, si près qu'elle sentait son souffle balayer ses cheveux.
- C'est toi, Hermione Granger, qui fait de moi ce que je suis. C'est toi qui me permet de me retenir. C'est toi qui me fait réfléchir à tout ce que j'ai subi. C'est toi qui me fait regretter d'avoir commis tel ou tel délit. Il n'y a que toi qui puisse briser le cœur de glace que j'avais. Et ça, tu l'as déjà fait...
Délicatement, il prit son menton dans sa main avec une tendresse jusqu'alors insoupçonnée pour lui faire tourner la tête vers lui. Hermione n'opposa aucune résistance et plongea dans ses yeux infiniment gris, infiniment magnifiques.
- Voilà pourquoi tu ne dois pas essayer de toujours tout comprendre, Granger. Parce que parfois, il existe des choses incompréhensibles, des choses qui n'ont pas d'explications magiques pour se justifier, des choses qui paraissent à première vue impossibles...
Leurs visages n'était plus qu'à quelques millimètres l'un de l'autre. Le cœur d'Hermione s'affola.
- Car oui, cela paraissait impossible, et pourtant c'est ce qui va arriver. Drago Malefoy va embrasser Hermione Granger. Et dire qu'on m'avait toujours certifié qu'aimer était une faiblesse.
La Gryffondor secoua à peine la tête, respirant son odeur à pleins poumons. Il se pencha en louchant sur ses lèvres tandis que le cœur d'Hermione s'arrêtait de battre.
- L'amour n'est pas une faiblesse, Malefoy...
- Bien sûr que si, Granger, la preuve : tu es ma faiblesse.
Alors ? Qu'en pensez-vous ?
J'espère que ça vous a plu
Merci d'avoir lu
J'attends vos avis avec impatience.
