Hello !

Pardoooon de vous avoir fait attendre mes petits lecteurs adorés ! Mais vous comprenez bien que je me dois d'entretenir le suspens...

Merci à chacun d'entre vous pour vos reviews qui me font toujours bondir de joie ! Je vous aime à la folie !

Désolée pitouloulou, tu as raison ! La prochaine fois peut-être... ;)

Je suis contente et soulagée que mon chapitre vous ait plu (même s'il était coupé brutalement :P) et j'espère que ça va toujours être le cas avec les suivants !

Encore merci

Bonne lecture !


16. - Compromis

Le temps s'était figé, les secondes s'éternisaient. Drago avait posé ses lèvres sur les siennes, son cœur avait cessé de battre. Il les caressait maintenant avec insistance, ses mains se baladant un peu partout sur son corps, l'une longeant son dos pour se poser sur ses hanches, l'autre coincée près de sa mâchoire, derrière ses cheveux. Hermione s'agrippait à lui de toutes ses forces, de tout son amour, pressant son corps contre le sien. Elle voulait plus encore, elle sentait que si elle se dégageait de lui, son monde volerait en éclat, tout s'effondrerait comme un château de cartes.

Ils s'embrassèrent sans relâche jusqu'à ne plus avoir de souffle. Enfin, tandis qu'Hermione, appuyée contre son torse, sentait leurs deux cœurs battre à l'unisson, elle s'écarta lentement de lui, la respiration haletante.

- Drago, je...

La bouche de se dernier s'étira en un sourire lorsqu'il posa tendrement un doigt sur ses lèvres pour la faire taire, aussi facilement que s'il lui avait collé la langue au palais.

- Ne dis rien, murmura-t-il doucement.

Les flammes qui se consumaient à côté d'eux éclairaient la moitié de son visage, faisant briller l'éclat de ses yeux gris qu'elle contemplait amoureusement. Les battements de son cœur résonnaient à ses oreilles, si puissants qu'elle les sentait jusque dans ses tempes.

- Tu vois, c'est comme ça qu'on embrasse, Granger. Je t'avais bien dit que je te montrerais, un jour.

Les sourcils froncés, Hermione tenta de déterminer s'il plaisantait ou non. La lueur d'amusement qu'elle discerna dans son regard lui apporta la réponse.

- Fais le malin, Malefoy... Je n'avais pas besoin qu'on me l'apprenne.

Comment était-ce possible que leur conversation porte sur un sujet aussi banal lors de leurs retrouvailles ? Hermione, que la folie de ce moment magique avait complètement sonnée, retrouva brutalement ses esprits.

- Et maintenant, vas-tu m'expliquer comment tu as pu survivre ? Et où sommes-nous ? Pourquoi tout le monde te croyait mort ?

Drago leva les yeux au ciel en souriant.

- Tu resteras toujours la même, décidément... Dans n'importe quelle situation, tu ne t'écarteras jamais de ton objectif premier.

Hermione inclina la tête sur le côté, suspicieuse.

- Est-ce pour m'écarter de mon objectif premier que tu m'as embrassée ?

La question avait été posée sur un ton amusé, comme si elle était absurde au point d'en plaisanter. Pourtant, la Gryffondor attendit la réponse avec angoisse en dévisageant Drago, essayant de percer son sourire pour connaître ses pensées.

- Je l'ai fait parce que j'en avais envie... Parce que j'en avais besoin.

- Besoin ?

- Allons, Hermione, tu es restée non-stop pendant trois semaines à mes côtés, et là, depuis deux semaines, tu es absente... Ne crois-tu pas que j'avais besoin de te sentir à nouveau près de moi ?

La sincérité se lisait dans ses yeux. Plusieurs émotions défilèrent dans le cœur d'Hermione, pour finalement s'arrêter sur une joie exaltée.

- C'est la vérité ?

- Mon baiser était vrai, Hermione... Je...

Sa phrase fut étouffée par une masse de cheveux emmêlés quand Hermione se pendit à son cou, le serrant dans ses bras de toutes ses forces. Le serrer contre elle, entendre son cœur battre, sentir ses muscles fonctionner, sa voix grave vibrer, son souffle la caresser, tout ça, était un rêve inespéré. Il était là, avec elle, bien vivant, encore plus beau qu'avant... Jamais elle n'aurait cru être un jour aussi heureuse qu'elle l'était désormais.

Elle frémit lorsque Drago répondit à son étreinte. Ils étaient deux, ils ne formaient qu'un.

- Tu n'es plus blessé ? demanda-t-elle lorsqu'ils s'écartèrent l'un de l'autre sans pourtant se lâcher. Et ton épaule, comment va-t-elle ? Comment as-tu pu te soigner ?

Comment avait-il pu survivre ?

Maintenant qu'elle était certaine que tout cela n'était pas un rêve, Hermione voulait analyser et comprendre le miracle qui s'était produit.

- Ah, Hermione, je vois qu'il est inutile d'esquiver tes questions..., soupira Drago avec amusement. Tu veux comprendre le pourquoi du comment, c'est tout toi, ça. Maintenant je te connais si bien...

Un sourire radieux se peignit sur le visage de la lionne.

- La cohabitation forcée a ses avantages, commenta-t-elle en pressant sa main.

Drago lui adressa un clin d'œil qui la fit chavirer.

- Alors, pourquoi tout le monde te croyait mort ? interrogea-t-elle en reprenant un air sérieux.

- Parce que j'étais mort, Hermione.

Cette dernière tressaillit violemment.

- Comment ça ?

Les yeux écarquillés, elle le fixa avec ébahissement.

- Lorsque tu es partie, les Mangemorts se sont attaqués à moi, raconta-t-il d'un ton neutre. Nous étions tous affaiblis, autant eux que moi, à cause du sortilège Foudroyus Identique. Je savais qu'il me viserait également, car l'élément qui nous reliait tous sauf toi était la Marque des Ténèbres. Je me trompe en pensant que tu as fait des recherches sur ce sortilège de haute magie noire ?

Hermione secoua la tête sans le quitter des yeux.

- J'ai trouvé un paragraphe dans un livre qui expliquait tout son fonctionnement.

Drago sourit et caressa sa joue.

- Dans un livre, évidemment... Tu as bien fait. Il fallait donc que je les tienne à l'écart suffisamment efficacement pour te laisser le temps de t'enfuir. Je me suis battu contre eux avec mes dernières forces, en puisant dans toute mon énergie. Eux aussi étaient affaiblis, mais ils avaient un avantage : ils étaient nombreux et moi, j'étais seul.

Il sembla ignorer le regard qu'elle lui lança, et leva la main pour l'empêcher de l'interrompre.

- Je sais que tu voulais te battre avec moi, Hermione, mais c'était impossible. Même si nous avions été deux, ils l'auraient emporté. Et ils nous auraient tués tous les deux... Chose que je voulais à tout prix éviter.

Hermione baissa les yeux mais il lui releva délicatement le menton.

- J'ai attendu assez longtemps pour espérer que tu sois déjà loin. Quand j'ai été sûr que tu étais hors d'atteinte, j'ai cessé de me battre. Au moment où les Mangemorts allaient m'achever, il s'est passé quelque chose que je ne suis pas parvenu à comprendre. Le sortilège de mort filait droit sur moi, j'ai fermé les yeux pour m'y préparer, et là...

- Et là, un miracle de la sorcellerie a temporairement épargné ta vie, Malefoy.

Ce dernier fit volte-face d'un bond, dégainant sa baguette magique d'un geste aussi vif que l'éclair. Hermione avait également dressé la sienne, un peu moins rapidement et efficacement que lui.

- Je vais donc réparer cette erreur. Avadra Kedavra !

Le sortilège de mort visait Hermione mais Drago se jeta sur elle pour l'écarter de sa trajectoire. Ils roulèrent au sol tandis que le jet de lumière verte effleurait sa tête, si près qu'elle sentit ses cheveux se hérisser.

Tandis qu'Hermione tentait de remettre de l'ordre dans les événements, Drago était déjà debout, prêt à se battre avec son sang-froid habituel.

- C'est moi que tu veux, alors ne la touche pas, Yaxley.

Le Mangemort éclata de rire. Hermione tenta de se relever mais Drago posa sa main contre sa poitrine avec une force démesurée pour la forcer à rester à terre.

- Comme c'est mignon... Cette Sang-de-Bourbe aurait-elle su faire fondre le cœur de glace de Drago Malefoy, Mangemort de sang ? Comment une souillure pareille aurait-elle pu trouver quoique ce soit de plaisant chez un homme dont le cœur est noir comme le charbon ?

- Parce qu'elle a su voir au-delà des apparences, les défendit Hermione d'une voix puissante.

Son courage était revenu, aussi solide qu'autrefois, grâce à l'apparition mystérieuse de Drago. Elle envoya un regard chargé de haine à son ennemi qui ne cachait pas son amusement.

- Au-delà des apparences, hein ? cracha-t-il avec mépris. Si tu savais, Granger...

Il ricana à nouveau tandis que l'ombre se creusait dans le visage de Drago. Hermione devina qu'il crispait les mâchoires, et son regard glissa avec appréhension jusqu'à son poing serré.

- Elle n'a rien à voir avec tout ça, alors laisse-la.

- Rien à voir ? répéta Yaxley en haussant les sourcils. Au contraire, mon cher Malefoy, c'est elle qui fait le lien entre tout.

- Non, Hermione est innocente.

- Hermione ? C'est vrai que cette sale Sang-de-Bourbe a un prénom... Et dire que je croyais que seuls les Sang Purs s'accordaient ce privilège... Tu as pris l'habitude de l'appeler par son prénom ?

- Elle a droit au respect comme tout le monde. Davantage encore que toi, Yaxley.

- Davantage, vraiment ? Je peux constater que tu t'es attachée à elle, Malefoy. Comme c'est désespérant ! Moi qui croyais que tu ne pouvais pas tomber plus bas...

Il secoua la tête, l'air navré de s'être trompé. Hermione voulut à nouveau se relever mais Drago l'en empêcha encore une fois.

- Que fais-tu là, Yaxley ?

- Je suis venu terminer la mission que mes frères n'ont pu achever, expliqua celui-ci en s'approchant à pas lents. Celle qui vous concerne tous les deux.

- Elle ne concerne que moi, Yaxley.

Tous ses muscles étaient tendus à l'extrême et il ne quittait pas son ennemi des yeux, qui s'avançait tranquillement vers eux. Hermione passa en revue des sortilèges dans son esprit sans savoir lequel jeter en premier.

- Qu'importe ce que tu en penses, Malefoy, puisque tu es sensé mourir.

- Dans ce cas, qu'attends-tu pour me tuer ?

- Drago ! s'offusqua Hermione, paniquée.

- Tu devrais la faire fouetter parce qu'elle a osé prononcer ton prénom, Malefoy, fit remarquer Yaxley calmement. Sauf que tu es tombé si bas que je vais te mettre dans le même lot qu'elle. Et pour répondre à ta question, je ne compte pas te tuer maintenant.

- Qu'attends-tu, alors ?

- Je comptais d'abord te faire un peu souffrir... Je cherchais un moyen de parvenir à mes fins, mais voir Granger dans tes bras m'offre la solution...

Le sourire le plus cruel qu'Hermione ait jamais vu tordit ses traits sous sa capuche. Le corps de Drago, qui faisait obstacle devant elle, se mit à trembler violemment.

- Si tu touches ne serait-ce qu'à un seul de ses cheveux, menaça-t-il d'une voix dangereuse, je...

- Que feras-tu ? Tu me tueras ? La mort serait un cadeau de bienvenue pour moi, Malefoy, sans compter qu'elle ne la ramènera pas à la vie...

Hermione entendait nettement la respiration saccadée de Drago qui serrait sa baguette à en faire blanchir ses phalanges. Le Mangemort marchait en arc-de-cercle sans les quitter des yeux, séparé par le feu qui s'élevait entre eux.

- Tu ne la toucheras pas, Yaxley.

- Et pourquoi donc ? s'enquit celui-ci en caressant sa baguette magique d'un geste amoureux.

- Tu n'oserais pas.

Son adversaire éclata d'un grand rire qui résonna en écho entre les parois de la grotte.

- Tu crois vraiment ? Eh bien, pour te prouver le contraire, je vais t'en faire la démonstration. Endoloris !

Une douleur fulgurante embrasa le corps d'Hermione qui poussa un hurlement. Elle se tordit de souffrance sur le sol glacé de la grotte, perdant toute notion de temps, de lieu, d'envie. La seule chose qui comptait en cet instant était de faire taire le feu qui se consumait dans tout son être.

- Arrête ! entendit-elle crier d'une voix affolée. Hermione !

Yaxley agita sa baguette et la douleur augmenta d'intensité. La Gryffondor s'égosilla jusqu'à ce que sa gorge s'éraille, ses cris stridents retentissant entre les parois.

- ARRÊTE ! Je me rends ! Torture-moi si tu veux, mais arrête de la faire souffrir !

Comme une bénédiction, la douleur cessa brusquement. Haletante, le visage inondé de larmes, Hermione tenta de calmer son corps secoué de spasmes incontrôlables.

- Hermione...

Toujours sur le qui-vive, Drago s'agenouilla près d'elle. Son odeur emplit les narines de la jeune fille qui ferma les yeux pour mieux la respirer. Interprétant sûrement ce geste pour un signe de faiblesse, Drago se pencha sur elle et caressa son visage couvert de sueur et de larmes.

- Je t'avais dit que tu étais ma faiblesse, Hermione... Je ne peux pas supporter qu'on te fasse du mal.

Il embrassa fébrilement ses lèvres avant de se redresser pour faire face à son ennemi qui les regardait, un rictus mauvais barrant son visage fou.

- Je te propose un marché, Yaxley, commença le Serpentard.

- Un marché avec un Malefoy ? Il y a du risque.

- Tu auras ma parole.

- Il y a longtemps que ta parole ne suffit plus.

- Écoute au moins ce que je te propose. Tu pourras toujours refuser.

Yaxley haussa les épaules. Son regard dériva vers Hermione et la lionne sentit Drago se raidir comme un serpent s'apprêtant à fondre sur sa proie.

- Je t'écoute.

- Tu laisses Hermione tranquille, tu la laisses s'enfuir, et je ferais tout ce que tu voudras. Tu la laisses se sauver, et je serais à ton service pour toujours, sous tes ordres. J'aurais une dette envers toi, une dette que je ne payerais qu'en étant ton esclave.

- Non... Drago, protesta Hermione, la voix si faible qu'elle n'était plus qu'un murmure.

Était-il devenu fou ? Elle aurait tellement aimé bouger, le ramener à la raison, mais elle était incapable du moindre mouvement. Toutes ses forces s'étaient envolées, elle était désormais aussi maître de soi qu'une marionnette dont on tirait sur les fils.

- Je le fais pour toi, Hermione, parce que tu es tout ce qui m'importe dans ce monde.

- S'il te plaît, ne fais pas ça..., supplia-t-elle en levant des yeux embués vers lui. Je ne veux pas te perdre une seconde fois...

- Moi non plus, je ne veux pas te perdre. Tu es tout ce qui me reste ici, tout ce dont j'ai besoin. Alors que toi, tu as plein de raisons de survivre, plein de personnes qui t'aiment et qui t'attendent.

- Je t'en prie...

- Tu fais le bonheur de tout le monde, Hermione, tu fais mon bonheur...

- Je ne suis rien sans toi...

- Tu es tout sans moi, Hermione, tu es le bien, je suis le mal. Yaxley a raison, mon cœur est noir comme le charbon.

- Non, c'est faux, ton cœur s'est racheté, tout a été pardonné...

- Certaines choses sont impardonnables, tu sais.

- Mais toi, tu n'es pas impardonnable !

- Tu as fait de moi ce que je suis maintenant, tu as effacé la noirceur de mon âme, et ça, je ne l'oublierais jamais, Hermione. Tu es la pierre précieuse du monde, tu es celle qui doit être sauvée.

Il s'était tourné vers elle, ne la lâchait plus des yeux. Hermione battit des paupières pour chasser les larmes qui l'empêchaient de discerner correctement son visage.

- Sais-tu pourquoi Dolohov est mort, Hermione ? Je t'ai dit qu'il avait déjà été prévenu pour une erreur qu'il avait déjà faite. Eh bien, cette erreur, c'est de t'avoir traquée sans relâche, d'avoir lancé le sortilège Obscurus dans la forêt, d'avoir tenté de te tuer... Il l'a payée de sa vie.

Les traits de son visage s'assombrirent en une expression menaçante.

- Tous ceux qui s'en prendront à toi périront.

- Ah, l'amour, chantonna Yaxley en réprimant un éclat de rire. C'est si mignon, mais cela rend si vulnérable... Quelle belle connerie.

- Acceptes-tu mon marché ? lâcha froidement Drago sans prêter attention à ses remarques.

- J'hésite..., admit Yaxley en triturant distraitement sa baguette. D'un côté, cela me paraît séduisant, mais de l'autre, épargner la vie de la Sang-de-Bourbe qui a participé à la destruction du Seigneur des Ténèbres et que tous mes frères souhaitent tuer me plaît moins. Surtout quand je constate à quel point cette souillure compte pour tes beaux yeux. S'il y a une chose que je ne comprendrais jamais, c'est comment elle a pu te conquérir. T'a-t-elle fait boire un filtre d'amour soigneusement préparé ?

- Elle a simplement été elle-même, répondit Drago d'une voix glacée. Mais ne discutons pas de sentiments avec toi, Yaxley, tu risques bien vite d'être perdu. Revenons-en à mon marché. Tu as tout à y gagner, je te rappelle.

- Ce n'est pas tout à fait exact, le contredit le Mangemort en resserrant sa cape autour de lui.

- Tu gagnes un serviteur à vie.

- Mais je perds une Sang-de-Bourbe et la reconnaissance de mes confrères.

- Une plus ou de moins, je ne vois pas la différence. Quant à tes confrères, tu n'as qu'à leur dire que tu préférais avoir un serviteur à tes côtés.

- J'ignore s'ils comprendront.

- Les Mangemorts n'ont pas signé un pacte de solidarité, aboya Drago qui commençait à perdre patience. C'est chacun pour soi, tu le sais bien, car tu es aussi égoïste et égocentrique que je l'étais.

- Que tu l'étais, hein ? releva Yaxley dans un ricanement. Tu ne pouvais pas finir pire, Malefoy...

- Mes choix m'appartiennent, Yaxley, je n'ai nullement besoin de tes conseils.

Sa voix était dure, tranchante comme de l'acier. Hermione fut parcourue d'un frisson.

- Drago..., risqua-t-elle tant bien que mal.

De la main qu'il avait glissée derrière son dos, il lui fit signe de se taire.

- Alors ? insista-t-il d'un ton plus pressant.

- Alors j'hésite toujours.

- Que veux-tu de plus, Yaxley ? s'emporta-t-il. Te faire servir à vie par un ancien Mangemort de Sang Pur n'est pas assez bien pour toi ?

- Si, si, confirma Yaxley lentement, cependant il me manque quelque chose... Je n'aime pas l'idée qu'un être aussi souillé qu'elle se balade dans la nature.

Il leva un long doigt aux ongles noirs pour désigner la masse de tissus que représentait Hermione, toujours allongée par terre, toujours aussi faible. Drago posa ses yeux sur elle une fraction de seconde puis se détourna pour faire de nouveau face à son adversaire.

- Ce n'est plus ton problème, désormais.

- Au contraire, Malefoy. C'est tout le sujet du problème.

- Que veux-tu de plus ?

- Je voudrais qu'elle meure.

Hermione vit clairement les muscles du dos de Drago se contracter.

- Si elle meure, le marché ne tient plus. Elle en est l'élément central, elle doit avoir la vie sauve.

- Non, Drago...

Dans un effort de volonté, la Gryffondor parvint à s'assoir. Elle ne supportait plus d'assister à l'échange entre eux deux sans s'en mêler, sans rien faire pour empêcher le drame de se produire.

- Je n'accepterai jamais.

- Je ne t'ai pas demandé ton avis, Hermione, rétorqua Drago sans la regarder.

- Eh bien, tu as tort ! Je suis tout autant concernée ! Je ne veux pas que tu te sacrifies une énième fois pour moi, c'est impensable.

- Ton point de vue ne compte pas pour le moment, la rabroua-t-il adroitement.

- Mais...

- Il n'y a pas de mais qui tienne ! S'il y a une chose que je ne pourrais pas supporter, Hermione, c'est ta mort. Je suis désolé mais je n'y peux rien si mon égoïsme et mon égocentrisme m'ont quitté, c'est entièrement grâce à toi ! Alors tu feras exactement ce que je te dirais : tu partiras loin d'ici, tu te protègeras, tu te préserveras. Tu seras heureuse, parce que c'est tout ce que je désire.

Sous l'effet d'une colère soudaine, il s'était tourné vers elle et l'avait fixée d'un regard flamboyant durant toute sa tirade. Hermione ne laissa pas transparaître sa surprise et son émotion.

- Drago, écoute, je...

- Bon, ça suffit les débats amoureux ! persifla Yaxley en levant sa baguette. J'en ai marre d'entendre deux guignols se chamailler à propos du sort qui les attend. Expulso !

Le tas de pierre sur lequel le feu crépitait explosa brusquement, projetant dans un rayon de trois mètres des morceaux de roches et une pluie de cendres. Hermione poussa un cri aigu tandis que Drago faisait barrière de son corps pour la protéger. Les flammes prirent racines sur le sol mouillé de la grotte, s'élevant jusqu'à lécher les parois.

Une lueur écarlate dans le regard, Yaxley pointa sa baguette magique sur la Gryffondor.

- Avada Kedavra !

Le jet de lumière verte ricocha contre une pierre et fila droit sur Hermione qui ferma automatiquement les yeux, attendant le choc qui allait l'achever. Mais l'impact ne se produisit pas.

- Protego !

Le charme du Bouclier lancé par Drago se dressa devant eux, où le sortilège s'écrasa en une pluie d'étincelles. Hermione voulut se tourner vers lui pour le remercier ; déjà il s'était relevé, fou de rage. Il engagea un combat avec Yaxley qui, surprit par cet accès brutal de fureur, peinait à dévier ses sortilèges. Drago ne prononçait même pas les formules, il enchaînait ses attaques les unes après les autres sans vérifier si elles portaient leurs fruits. Animé d'une nouvelle énergie, il paraissait infatigable et surtout, au grand soulagement d'Hermione, invincible.

Se sentant inutile, la lionne jeta un coup d'œil circulaire, espérant trouver quelque chose qui puisse le distraire. L'explosion du socle de pierre avait répandu les flammes un peu partout dans la pièce qui s'embrasait. Bientôt, la chaleur serait étouffante, l'air irrespirable.

- Aguamenti ! s'écria-t-elle en visant le feu ardent.

Un jet d'eau jaillit de sa baguette et arrosa les flammes qui s'agitèrent, comme traversées par une douleur insupportable. Hermione garda son bras bien tendu malgré la puissance du jet pour que le feu, qui continuait de se débattre dans tous les sens, cesse enfin. Elle continua jusqu'à ce que les derniers morceaux de cendres s'éteignent. Une fois cette tâche accomplie, la Gryffondor observa le duel qui se jouait entre Drago et Yaxley. Ce dernier avait retrouvé son habileté mais, loin de déstabiliser son adversaire, il n'était pas très efficace. S'attaquer à Hermione avait dû rendre Drago complètement fou car il se battait désormais avec une énergie démesurée. La lionne préférait ne pas attendre de savoir lequel serait le plus vide épuisé ; il fallait qu'ils arrêtent.

- STOP ! trancha-t-elle en s'avançant vers eux.

Ce fut comme s'ils ne l'avaient pas entendue.

- Drago ! Arrête !

Ce dernier ne daigna pas de lui jeter un coup d'œil. Hermione sentit la colère l'envahir.

- Très bien, vous l'aurez voulu. Stupéfix !

Son sortilège faillit frapper Yaxley qui l'évita d'extrême justesse. D'un seul mouvement, Drago et lui se tournèrent vers elle, fronçant les sourcils. Au moins, son attaque avait eut l'effet désiré : ils avaient cessé de se battre sans faire attention à elle.

- Avada..., commença Yaxley, mais Hermione réagit plus rapidement :

- Protego !

Le bouclier transparent apparut, séparant Drago et Hermione de Yaxley. Ce dernier avait l'air furieux d'avoir encore raté son coup ; un rictus tordant ses traits, il leva à nouveau sa baguette.

- Endoloris !

Aussitôt, Drago s'écroula sur la roche mouillée en se débattant contre la douleur qui venait de surgir dans ses entrailles. Ne supportant pas ses gémissements de souffrance, Hermione retint à grand-peine les larmes qui menaçaient de couler sur ses joues.

- Non ! Arrêtez ! Ne le touchez pas !

Ses protestations ne servaient à rien : le sourire cruel qui barrait le visage de Yaxley resterait gravé tant qu'il les verrait souffrir tous les deux. Les pleurs d'Hermione le laissaient indifférent, même lorsqu'elle s'affala aux côtés de Drago avec impuissance.

- Si vous lui laissez la vie sauve, je viens avec vous pour être votre esclave aussi longtemps que vous le désirerez ! promit la Gryffondor, désespérée, prête à tout pour qu'il cesse de le torturer.

Intéressé, Yaxley abaissa sa baguette tandis que Drago fermait les yeux de douleur. Hermione se pencha sur lui pour l'embrasser brièvement. Le Serpentard voulut l'empêcher de se lever ; trop tard. Elle rejoignit Yaxley, tremblante, et lui adressa un dernier regard flamboyant chargé d'amour. Il la regarda, suppliant, mais elle secoua la tête d'un air désolé. Yaxley transplana, Hermione accrochée à son bras, sans quitter Drago du regard. Celui-ci ouvrit la bouche en un long hurlement muet : voilà qu'après tous ses sacrifices, disparaissait sous ses yeux celle pour qui il s'était tant battu.


Vous commencez à avoir l'habitude que je coupe mes chapitres de cette manière, n'est-ce pas ?

J'espère que ça vous a plu

Merci d'avoir lu

J'attends vos avis avec impatience.