Hello !
Tout d'abord, je m'excuse vraiment, vraiment, vraiment pour cette très longue absence. Je n'ai pas pu continuer pour des raisons personnelles, mais je vous avais promis que je l'abandonnerai pas cette fiction, je tiens donc ma promesse, même plusieurs mois plus tard. J'ai ENFIN repris l'écriture de ma fiction que j'aime si fort et qui m'avait terriblement manqué. Je l'avoue, vous m'avez terriblement manqué ! Je suis vraiment heureuse d'être de retour, en espérant que vous soyez toujours là et que vous ne m'avez pas trop lancé de malédictions ! Je vous en prie, pardonnez-moi (je vous supplie à genoux xD)
Merci encore pour toutes les review que j'ai reçu, vraiment. C'est en relisant chacune d'entre elle que je me suis poussée à continuer de publier ma fiction.
Je vous embrasse tous très fort et je vous souhaite une bonne lecture !
Dramionement vôtre,
Sang de Bourbe.
18. - Mission
- Tu veux dire que, d'après toi, les faits qui n'ont pas d'explications scientifiques sont impossibles ?
- Bien sûr que oui ! C'est évident !
- Mais parfois il y a des choses incompréhensibles, des choses qui n'ont pas d'explications scientifiques pour les justifier... Car oui, cela paraissait impossible, pourtant c'est ce qui va arriver. Drago Malefoy va embrasser Hermione Granger. Et dire qu'on m'avait toujours certifié qu'aimer était une faiblesse.
- Aimer n'est pas une faiblesse, Malefoy.
- Bien sûr que si, Granger, la preuve : tu es ma faiblesse.
Elle battit plusieurs fois des paupières tandis que la voix de Drago se répétait en échos dans sa tête. Le souffle saccadé comme chaque fois qu'elle cauchemardait, elle se força à garder les yeux grands ouverts pour ne pas revivre l'enfer qu'elle venait de quitter.
Chaque nuit, il apparaissait dans ses rêves. Elle l'avait perdu, puis retrouvé, puis à nouveau perdu. Le destin ne pourrait-il pas lui être favorable, pour une fois ? N'avait-elle pas déjà assez souffert ?
Alors qu'elle se redressait péniblement, réveillant la douleur de ses nombreuses blessures, si régulières d'ailleurs qu'elle avait renoncé à les compter, la porte pivota sur ses gonds et un rayon de lumière l'aveugla brusquement.
- Viens astiquer le salon, cracha la voix de Yaxley dont la silhouette se découpait au-dessus d'elle. Immédiatement.
Voyant qu'elle peinait à bouger, il lui infligea une claque si puissante que la tête d'Hermione partit brutalement en arrière et heurta le mur, lui entaillant profondément sa joue déjà méconnaissable.
- Si ce n'est pas terminé quand je reviens, tu es privée d'eau et de nourriture pendant quatre jours. Me suis-je bien fait comprendre ?
Hermione voulut ouvrir la bouche pour répondre ; seul un gazouillement inaudible s'échappa de ses lèvres bleues et gonflées. Le pied de Yaxley s'enfonça dans ses côtes, lui tirant un gémissement de douleur tandis qu'elle se recroquevillait sur le sol.
- Réponds, exigea-t-il d'un ton si froid que des frissons parcoururent son échine.
- Oui, haleta-t-elle en serrant étroitement les paupières.
Elle ne sut si Yaxley fut satisfait ou non : ses pas s'éloignaient déjà en hâte. Il lui fallu plusieurs longues minutes avant de cesser de trembler au point de ne plus pouvoir bouger. Lorsqu'elle put enfin tenir sur ses jambes, Yaxley devait déjà être bien loin.
Prenant de profondes inspirations pour ne pas s'effondrer, Hermione se rendit lentement jusqu'au salon, en vérifiant à ne pas faire de mouvements trop brusques. Rien que le geste que faisaient ses pieds la lançait douloureusement.
Il ne devait pas lui rester beaucoup de temps quand elle déboucha enfin dans la pièce. Elle se mit donc aussitôt au travail, déterminée à avancer le plus possible de façon à faire diminuer le nombre de Doloris qu'elle recevrait. Elle attrapa un vieux chiffon et entreprit de chasser la poussière déposée sur les meubles qui décoraient le vieux salon.
En passant le chiffon sur le buffet, Hermione remarqua un journal jeté à la va-vite comme si on avait à tout prix souhaité se débarrasser de lui. Abandonnant sa tâche, elle s'approcha du recoin dans lequel il avait atterri. Ses pages étaient tordues mais le nom du journal attira son attention.
- La Gazette du Sorcier, lut-elle d'une voix basse et rauque.
Elle se laissa tomber à ses côtés pour l'attraper fébrilement. Le gros titre lui sauta pratiquement aux yeux.
Le cadavre de Narcissa Malefoy retrouvé près de la Cabane Hurlante.
Sourcils froncés, Hermione s'empressa de parcourir le petit paragraphe qui suivait la photo représentant les aurors regroupés autour du Saule Cogneur, cet arbre qu'elle avait eu l'occasion de connaître durant ses années à Poudlard.
Pas plus tard que hier soir, les aurors du ministère de la Magie ont annoncé avoir retrouvé le cadavre de Narcissa Malefoy. Ils avaient reçu des appels angoissés des villageois de Pré-au-Lard : l'un d'eux était tombé sur le corps lors de sa promenade quotidienne. Enfouis dans un buisson non loin de la célèbre Cabane Hurlante, le cadavre paraît, d'après les médicomages, s'être trouvé ici depuis plusieurs jours. Selon les experts, la mort, terrible, semble remonter d'une dizaine de jours environ.
Les explications se poursuivaient mais Hermione avait cessé de lire. Les mots de la dernière phrase dansaient devant ses yeux tandis que son pouls s'accélérait brusquement. La mort remontait-elle réellement d'une dizaine de jours ?
C'était impossible.
Soit les médicomages s'étaient trompés, soit on lui avait menti. Et elle préférait davantage la première option que la seconde. Pourtant, la plus probable était celle qui lui inspirait le plus de dégoût.
Cela faisait une semaine qu'elle était détenue dans la demeure de Yaxley. Une semaine qu'elle se faisait maltraiter comme jamais elle ne l'avait été. Son corps était saturé de blessures toutes plus affreuses et douloureuses les unes que les autres. Apparemment, le Mangemort prenait plaisir à inventer de nouvelles choses, comme fusionner deux sortilèges de magie noire afin de vérifier si elle était toujours vivante après ou décrire des formes artistiques avec la lame d'un couteau sur sa peau ensanglantée. Elle s'étonnait chaque fois de continuer à respirer.
Quoiqu'elle ait pu subir durant cette semaine, ce qu'elle venait de réaliser à l'instant lui fit autant d'effet que si elle s'était prit un mur de pierre en pleine figure. Mur auquel s'ajouta de petites lames qui s'enfoncèrent profondément dans son cœur.
Les lèvres tremblantes, Hermione s'effondra par terre, abattue.
Drago lui avait menti. Sa mère était vivante lorsqu'elle était prisonnière au manoir. Elle n'avait été tuée qu'après. Il lui avait menti. Il avait osé lui mentir ! Sur quoi d'autre encore s'était-il permis de lui cacher la vérité ?
Malgré elle, les paroles de Yaxley lui revinrent si brutalement en mémoire qu'elle eut à nouveau l'impression de se prendre une claque.
« Tout était échafaudé dans sa tête, il avait un plan que lui seul connaissait, un plan sans erreur... Un plan dont personne n'avait la moindre idée, un plan qui a révélé son intelligence au grand jour. Voilà que l'on découvrait que Drago Malefoy, Prince des Serpentard, était malin et rusé. Incroyable, n'est-ce pas ? Il n'avait jamais montré cette partie de lui-même, n'a cessé de jouer un jeu pendant des années, passant pour un lâche, un trouillard, presque un incapable... Il nous a prouvé le contraire. Le plus dur dans cette histoire, c'est que personne ne sait quel est son rôle, quel est sa véritable personnalité. J'ai toutes les raisons de douter de sa capacité à t'aimer, toi, misérable Sang-de-Bourbe qui ne mériterait pas même un regard de sa part. »
C'était si évident. Si logique. Si flagrant. Si indiscutable.
Comment avait-elle pu être naïve à ce point ? Comment avait-elle pu s'imaginer une seule seconde que son amour était partagé ? Comment avait-elle pu croire qu'elle, Hermione Granger, était parvenue à percer le cœur de glace de Drago Malefoy ?
Elle était exactement comme on l'avait décrit si souvent. Stupide, naïve, prévisible. Alors qu'elle était sensée être l'élève la plus intelligente de Poudlard ! Alors qu'elle était dotée d'un sang-froid dont on l'avait bien souvent félicitée ! Alors qu'elle savait surprendre jusqu'à ses meilleurs amis !
Elle s'était laissée bernée par son pire ennemi.
Alors que la colère prenait de plus en plus d'ampleur dans son esprit, Hermione se posa une seule question. Simple et complexe à la fois : pourquoi ?
Pourquoi Drago lui avait-il menti ? Pourquoi l'avait-il protégée ? Pourquoi lui avait-il fait croire qu'il l'aimait ? Pourquoi ne pas s'être débarrassée d'elle ? Quel était le véritable but de toute cette mise en scène ?
Tout le monde avait été piégé par Drago Malefoy. Même ses propres frères, les Mangemorts. Avait-il également berné son père ? Était-il en vie ou bien, comme Narcissa, venait-il de mourir ?
Mettant de côté sa rancœur et son dégoût, la Gryffondor éplucha toutes les pages du journal. Aucune ne mentionnait le cadavre de Lucius Malefoy. Seul celui de Narcissa était précisé.
Prise de violentes nausées, Hermione laissa tomber sa tête dans ses mains et tenta d'y voir plus clair. Elle devait comprendre. Tous ces événements devaient avoir un sens. Drago avait un but. Il devait atteindre un objectif, et visiblement, il s'était servi d'elle pour y parvenir.
Bien que renoncer à sa fureur contre lui fut difficile, Hermione dut bien admettre que cela n'avait aucun sens. Drago n'avait rien gagné à lui avouer qu'il l'aimait. Il n'avait rien tiré d'elle, strictement rien ! En quoi lui aurait-elle pu être utile ?
Elle réfléchit, se replongea dans ses souvenirs, quitte à frémir à chaque passage délicat. Mais rien, absolument rien, ne lui soufflait la réponse. Qu'aurait-elle pu faire, elle, pour aider Malefoy à arriver au but ? D'ailleurs, en y pensant, elle avait toujours cru que son réel but était de rejoindre les Mangemorts. À peine cette pensée l'eut-elle effleurée que la voix de Drago retentit dans son esprit :
« Je suis un Mangemort, oui. Tu as pourtant pu le remarquer toi-même : je suis parti, j'ai fui, avant la chute de Voldemort, n'est-ce pas ? J'ai décidé de ne plus me plier aux désirs de personne, j'ai décidé que ma vie ne dépendrait plus de mon obéissance. J'ai choisi l'indépendance, la liberté. Peux-tu comprendre ça, Granger ? »
Qui d'autre pouvait comprendre mieux qu'elle, maintenant qu'elle était enfermée dans la demeure de Yaxley, à son service en tant qu'esclave et condamnée à la torture nuit et jour ? Personne.
Elle savait que Drago avait été sérieux quand lui lui avait confié tout cela. Elle en était absolu-ment certaine. Et pourtant... lorsqu'il lui avait certifié qu'il l'aimait, avait-elle douté de sa parole ? Non. Pas une seule seconde.
Dépitée, Hermione ne put empêcher quelques larmes de faire irruption. Tout n'avait été que mise en scène. Elle n'avait été qu'une marionnette dont il se servait pour arriver à ses fins. Même si elle ignorait quel était son but et à quoi elle avait bien pu servir, elle savait désormais qu'elle ne lui était plus d'aucune utilité. Et, pire que tout, que Drago Malefoy ne l'avait jamais aimée.
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- Il reste de la poussière sur ce fauteuil. Cette vitre n'est pas bien nettoyée. Comment as-tu pu oublier les traces sur mes chaussures ?
Yaxley la toisa en la dominant de toute sa hauteur.
- Quelle souillure tu fais, Sang-de-Bourbe. Je n'en reviens pas. Tu n'es même pas foutue d'obéir correctement aux ordres de tes supérieurs ! Tu vas payer rien que pour m'avoir fait perdre du temps. Sectumsempra !
La douleur la saisit aux tripes, lui mordit les entrailles tandis qu'elle s'effondrait par terre. Convulsée spasmodiquement, Hermione n'avait même plus la force de hurler. Sa gorge était aussi sèche qu'un désert, ses doigts agrippaient le plancher rougi de son sang comme s'il pouvait lui rendre ses forces et l'espoir qu'il lui avait volé.
Lorsque le sortilège s'arrêta, une éternité plus tard, elle ne bougea pas. La souffrance qu'elle avait ressentie quelques secondes plus tôt était loin de s'être atténuée. Étalée au sol, aussi immobile qu'une statue, le teint translucide, la peau ensanglantée, Hermione ferma les yeux pour oublier. Mais c'était sans compter la voix de Yaxley qui grinça au-dessus d'elle :
- Je vais te laisser une dernière chance. La dernière des dernières. Et je te préviens que si tu ne la saisis pas, alors je te tuerais car tu ne me sers plus à rien. C'est ta seule chance de te rattraper. Tu vas me servir une dernière fois, moi, ton supérieur.
Haletante, elle se contenta de battre des paupières avec impuissance.
- J'ai une réunion importante avec les autres Mangemorts. Je ne tiens ni à ce que tu y assistes, ni à ce qu'ils te voient ici. Tu va donc sortir de ma demeure.
Cette information attira particulièrement l'attention d'Hermione. Même si elle savait qu'elle était prisonnière, pas seulement parce qu'elle n'avait aucun moyen de s'échapper, mais aussi parce que la vie de Drago – qu'elle aimait malgré ce qu'elle avait récemment appris – dépendait entièrement de son obéissance et de sa fidélité à l'esclavage, respirer un peu d'air pur lui ferait le plus grand bien.
- Ne te crois cependant pas libre de tes mouvements, l'avertit Yaxley d'une voix menaçante en se penchant si près d'elle qu'Hermione sentit son haleine écœurante balayer son visage. Je pourrais suivre chacun de tes mouvements avec la plus grande attention. Je pourrais contrôler tes impulsions. Je pourrais t'empêcher de t'échapper ou d'appeler à l'aide.
Hermione déglutit faiblement. L'idée que son bourreau puisse la surveiller à chaque seconde ne lui inspirait pas tellement de sympathie. Mais, après tout, avait-elle le choix ?
« On a toujours le choix, Hermione », lui avait dit un jour Harry.
Dans le cas où elle se trouvait, elle n'était plus très sûre que cette phrase ait un sens.
- Alors ne tente rien car tu échoueras quoiqu'il arrive, assura Yaxley en se redressant.
Il la considéra un instant avec un mélange de haine, de dégoût et de pitié.
- Lève-toi.
L'ordre avait beau être sec et bref, Hermione fut incapable d'obéir. Elle ne contrôlait plus rien, ni ses pensées, ni même son propre corps.
Les yeux de Yaxley étincelèrent ; la lionne sentit le danger s'approcher.
- Je t'ai dis de te lever. Apparemment, tu ne sembles pas au point avec les ordres. Il est grand temps de s'entraîner. Impero !
Aussitôt, tout son être s'engourdit, son esprit comme son corps. Elle se sentit légère comme une plume, libre comme l'air. Plus rien ne l'empoisonnait, sa vie n'était qu'un long fleuve tranquille. Aucun obstacle à l'horizon.
- Lève-toi.
Pourquoi résister ? Ce n'était pas si difficile, après tout.
- Lève-toi, lève-toi...
Hermione s'exécuta docilement. Une onde de douleur se propagea depuis sa jambe dans tout son corps mais elle ne retomba pas au sol et parvint à tenir debout, les lèvres étroitement serrées.
- Saute.
La Gryffondor obtempéra. Cette fois, ce fut un véritable ouragan de souffrance. Pourtant, elle ne céda pas. Elle en était incapable.
- Tu t'appelles Cressida Clag, tu es une cousine éloignée de la famille Clag, connue dans tout le pays pour sa richesse. Tu fais leurs courses pour les aider un peu. Répète.
- Je m'appelle Cressida Clag, articula Hermione en fixant un point quelque part sur le plancher. Je suis une cousine éloignée de la famille Clag, connue dans tout le pays pour sa richesse. Je fais leurs courses pour les aider un peu.
Elle remarqua à peine l'air satisfait qui se peignit sur le visage de Yaxley.
- Dépêche-toi d'aller au Chemin de Traverse. La réunion commence dans une heure. Je veux que tu sois loin quand les Mangemorts arriveront. Et je veux pouvoir exercer tout mon contrôle sur toi. Appelle-moi maître.
- Vos désirs sont des ordres, maître.
- Va-t'en.
Hermione s'inclina bien bas devant Yaxley puis fit volte-face pour s'éloigner d'un pas machinal. Comme si elle connaissait parfaitement la maison, alors qu'elle n'avait vu que la cave et le salon. Comme si elle était parfaitement indemne, alors que chaque millimètre carré de son corps était une plaie béante.
Elle descendit un nombre incalculable d'escaliers, passa devant une multitude de portes avant d'arriver sans savoir comment au hall d'entrée. Elle fut bien vite dehors, sous un soleil éclatant. Sans n'avoir toujours aucune conscience d'esprit, Hermione marcha automatiquement dans les rues d'une ville inconnue qu'elle était incapable d'identifier. Ses yeux glissaient vers le décor sans que son cerveau enregistre quoique ce soit. En ce moment-même, elle n'était qu'un simple automate. Encore une marionnette dont on tirait sur les fils.
Lorsqu'elle tourna au coin de la rue, la Gryffondor se dirigea sur un trottoir bordé de voitures. Son image se refléta dans la vitre de l'une d'entre elle, et, un bref instant, elle fut à nouveau pleine-ment consciente et maître d'elle-même. Elle se figea brusquement, le regard rivé sur son propre reflet qui la dévisageait.
Était-ce réellement elle ?
Elle avait eu l'occasion d'entrevoir son image dans l'un des miroirs du salon. Couverte de cicatrices et de blessures, le visage méconnaissable, des plaies à vifs et des bleus saturant sa peau de-ci, de-là. Hermione s'était fait peur à elle-même et avait vite détourné les yeux.
La jeune fille qu'elle voyait en ce moment n'avait rien à voir avec ce qu'elle était devenue en l'espace de quelques semaines. Habituée à diverger de la Hermione qu'elle était auparavant, elle ne s'était pas préoccupée de ces contrastes. Sauf que revoir son visage, le vrai, celui que tout le monde avait toujours vu, celui de la Hermione de Poudlard faisait remonter en elle un flot de souvenirs. Des souvenirs accompagnés d'images et de sons, de sensations et d'émotions. Immobile, Hermione sentit peu à peu son corps lui revenir, son esprit se débarrasser du brouillard dans lequel il avait temporairement été enfermé...
Lorsqu'elle fut à nouveau elle-même, Hermione se remit à marcher presque avec réflexe, pile à l'instant où le reflet prenait une forme différente. Yaxley ne devait pas avoir de doute. Il devait croire qu'il la contrôlait toujours.
Tandis que ses pas la menaient vers l'entrée du Chemin de Traverse, la lionne ne put empêcher les rouages surentraînés de son cerveau de s'enclencher. Après avoir bien réfléchi à quel miracle pouvait bien s'être produit, elle parvint à la conclusion la plus évidente : Yaxley avait dû lui jeter un sortilège d'Illusion pour que son apparence actuelle soit dissimulée par une que personne ne connaissait. Seulement, son sortilège n'avait pas fonctionné sur elle ; le temps de quelques secondes, elle avait revu l'ancienne Hermione, la vraie Hermione, se refléter dans la vitre de la voiture... Et lorsque l'image avait changé, elle s'était transformée en celle qu'elle arborait à présent : celle d'une jeune fille inconnue et innocente aux yeux de tous. Cressida Clag.
La gorge nouée, Hermione entra dans le Chemin de Traverse. Qu'importe quand elle s'y rendait, il y avait toujours autant de monde. Les sorciers se bousculaient dans les rues, s'interpellaient, entraient et sortaient des boutiques. Elle se mêla sans aucun problème à la foule qui se pressait dans le chemin.
- Va dans l'Allée des Embumes, exigea la voix de Yaxley dans sa tête, la faisant sursauter.
Ne s'était-il donc pas rendu compte qu'elle avait cessé d'être à sa merci ? Manifestement, non. Dans ce cas, elle devait en profiter.
S'obligeant à marcher comme un robot, Hermione bifurqua vers l'Allée des Embrumes en essayant de se faire la plus discrète possible. Elle ne tenait pas tellement à ce que quelqu'un l'interpelle. Déjà plus sombre et menaçante, l'allée était beaucoup moins convoitée. Quelques sorciers encapuchonnés se mouvaient par-ci, par-là, et un silence de plomb régnait sur les boutiques, contrastant parfaite-ment avec le brouhaha incessant qui caractérisait le Chemin de Traverse.
- Rends-toi chez Barjow et Beurk, cracha Yaxley dans son esprit.
Cherchant des yeux le nom sur les boutiques qui défilaient, Hermione repéra enfin le petit magasin dans un coin reculé. Elle s'y dirigea en s'obligeant à marcher d'un pas raide et à voiler son regard. Lorsqu'elle poussa la petite porte, celle-ci émit un grincement qui parut suffire à alerter Barjow : il sortit de l'arrière-boutique, la scrutant de ses yeux perçants.
- Bonjour, lança Hermione d'une voix légèrement tremblante.
Barjow répondit en inclinant la tête sans cesser de la fixer. Hermione déglutit difficilement.
- Dis que tu es Cressida Clag, grogna Yaxley dans sa tête. Dis que tu viens chercher...
- Je suis Cressida Clag, se présenta la Gryffondor. Je viens chercher...
- ...ce que ton cousin a commandé à Mr Barjow.
- Je viens chercher ce que mon cousin vous a commandé, Mr Barjow.
Le vieil homme haussa un sourcil d'un air glacial. Yaxley poussa un grognement mécontent qu'elle entendit jusque dans son esprit.
- Ajoute que ce sont les deux potions.
- Ce sont les deux potions, répéta docilement Hermione.
- Je vois, lâcha Barjow avant de disparaître dans l'arrière-boutique.
La lionne soupira de soulagement avec le plus de discrétion possible. Profitant de ce moment d'absence, Yaxley objecta d'un ton sec :
- Saute.
Sachant pertinemment qu'il s'agissait d'un test, Hermione eut un centième de seconde pour s'exécuter, après quoi le degrés d'obéissance aurait été franchi, et l'aurait trahie. C'était sa seule chance de faire croire à Yaxley qu'elle était toujours à sa merci.
- Mets plus d'arrogance dans tes phrases sans pour autant offenser cette vieille bourrique.
La Gryffondor faillit hocher la tête pour montrer qu'elle avait compris mais renonça à la dernière seconde. Elle était sous son emprise, elle faisait ce qu'il lui disait. Uniquement.
Barjow se faufila dans le magasin avec, dans les mains, deux petits flacons qu'il posa sur le comptoir. Hermione attendit que Yaxley lui ordonne de s'approcher.
- Prends-les.
Mécaniquement, elle glissa les deux flacons sous sa cape dont l'avait recouverte Yaxley. Barjow plissa les paupières pour la regarder avec méfiance et mépris.
- Donne-lui ce que tu trouveras dans ta poche droite. Immédiatement.
Sans rompre le contact avec le regard tranchant de Barjow, Hermione plongea sa main dans la poche. Ses doigts se refermèrent sur une pochette en plastique qu'elle s'empressa d'extirper.
- Répète après moi : voici vos crins de licorne. Cinquante, comme vous l'avez demandé à mon cher cousin.
- Voici vos crins de licorne, déclara la lionne en s'efforçant de parler d'un ton neutre. Cinquante, comme vous l'avez demandé à mon cher cousin.
Toujours méfiant, Barjow tendit la main et attrapa vivement la pochette. Il l'ouvrit et prit le temps de compter les crins de licorne un à un avant de s'estimer satisfait. Il adressa un petit hochement de tête à Hermione et se retira dans son arrière-boutique. La Gryffondor fit volte-face et se dépêcha de sortir du magasin. « Il est bien bavard, ce Barjow », pensa-t-elle ironiquement avec un petit frisson en repensant à la manière dont celui-ci l'avait dévisagée.
- Maintenant, rentre, ordonna Yaxley. Reprends le chemin de ma demeure, passe par derrière afin d'entrer directement dans la cave. Je veux que personne ne te voit. Je viendrais sceller la porte afin d'être sûr que tu es prisonnière.
Incapable de retenir un frisson de dégoût à l'idée d'être à nouveau torturée et privée de tout, Hermione obéit pourtant sans rechigner. Elle quitta l'Allée des Embrunes, traversa le Chemin de Traverse en se mêlant encore à la foule et fut sur le trottoir moldu en quelques minutes. Après quoi elle se força à laisser entrer Yaxley complètement dans son esprit car elle n'avait pas la moindre idée du trajet à emprunter jusqu'à sa demeure. Refoulant le dégoût qui la tenaillait, elle le sentit s'immuniser un peu plus en elle jusqu'à prendre une partie de son contrôle, veillant cependant à rester pleinement consciente non seulement pour mémoriser le chemin mais en plus pour ne pas se faire avoir.
La Gryffondor se remit en marche. Elle mit plusieurs minutes à rejoindre la maison de Yaxley mais, lorsqu'elle fut devant le grand portail noir semblable à celui du manoir des Malefoy, chaque pas qu'elle avait effectué était gravé dans sa mémoire. Elle se savait parfaitement capable de refaire le chemin en sens inverse.
Yaxley la guida derrière la demeure, jusqu'à une petite trappe dissimulée dans l'herbe. Elle s'y faufila en tentant de ne pas penser à ce qui l'attendait. Un long couloir taillé dans la terre humide se prolongeait, comme pour le tunnel qu'elle avait suivi dans le manoir. S'efforçant de chasser ses souvenirs qui lui serraient les entrailles à chaque fois, Hermione franchit le couloir jusqu'au bout, c'est-à-dire une petite porte qui, lorsqu'elle ouvrit, lui indiqua qu'elle était rentrée. Elle se retrouva dans un seconde couloir, qu'elle reconnut cependant comme l'un de ceux qui menaient au salon.
- Rentre dans ta cave, exigea Yaxley, lui rappelant où elle était et pourquoi.
Poussant un soupir imperceptible, Hermione glissa ses mains dans sa poche et se dirigea jusqu'à sa cave. Elle passa devant les grands portes du salon, mais elles étaient closes. Derrière s'élevait la rumeur d'une conversation. La lionne s'apprêtait à continuer son chemin lorsque ses doigts rencontrèrent les deux petits flacons, et elle ne put résister à l'envie de les sortir pour les observer. Deux étiquettes étaient collées sur chacun d'entre eux. En les lisant, elle eut un hoquet de stupeur.
Du Veritaserum et... du poison.
J'espère que vous êtes toujours là et que vous ne m'en voulez pas.
Encore une fois, je m'excuse.
Que pensez-vous de ce chapitre ?
Bisous à tous !
