Hello !

Tout d'abord, merci encore pour vos reviews qui m'ont vraiment fait plaisir. Je publie ici une suite différente ; la situation va enfin évoluer. J'ai eu quelques remarques sur l'effet de répétition des événements, et je suis désolée pour ceux à qui ça n'a pas plu. A partir de maintenant, la situation va complètement changer.

N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en pensez.

Bonne lecture !

DragoHermione : Salut ! Je te remercie vraiment pour tes compliments, c'est très gentil ! Moi aussi je trouve ça romantique ^^ (même si certains pensent que c'est niais) Désolée que Dragp et Hermione aient été séparés si longtemps ! Même s'ils n'étaient pas vraiment loin l'un de l'autre... Ils vont bientôt se retrouver, promis ! Et je suis satisfaite de t'avoir fait douter, c'est une bonne chose haha :) Merci beaucoup, encore !

P.S.: Je m'excuse de ne pas avoir répondu à toutes les reviews anonymes que j'ai eu jusqu'ici, je n'avais pas pensé pouvoir le faire directement en publiant le chapitre et je pestais de ne pas pouvoir vous répondre, puis je me suis sentie bête en voyant que tout le monde le faisait. Mille excuses !


24. - En détresse

- À toi, Malefoy.

Ce dernier eut un sourire qui fit froid dans le dos d'Hermione avant de pointer sa baguette magique sur le tas de tissus qui gisait par terre. Comme d'habitude, écœurée par ce qu'elle voyait, la Gryffondor s'éclipsa discrètement, pressée de quitter la pièce. Un énième innocent allait être tué, et elle ne pouvait rien y faire. Cela la rendait malade.

Elle se rendit dans la cuisine, tentant d'ignorer les cris inhumains qui s'échappaient du grand salon. Armée d'un chiffon, elle entreprit de nettoyer le plan de travail dont Yaxley ne se servait jamais. Sa mâchoire était crispée à force de se concentrer pour ne pas entendre le résultat de la torture que pratiquait Drago.

La voix de Yaxley parvint pourtant jusqu'à elle, couvrant les gémissements de la victime.

- Continue ainsi, je reviens dans quelques minutes.

Hermione frotta un peu plus vite, espérant que Yaxley n'allait pas rentrer dans la cuisine. Son ordre du jour avait été bref : « fais le ménage ». Pas différent de d'habitude et plutôt vague, ce qui lui convenait très bien.

- Ah, Pansy, marmonna le Mangemort à voix basse, pourtant elle l'entendit parfaitement.

Son sang se glaça dans ses veines. Elle interrompit tout geste pour tendre l'oreille : elle devinait qu'ils se trouvaient juste derrière la porte de la cuisine.

- Qu'est-ce que tu me veux ? cracha Pansy avec hargne.

La lionne imaginait sans aucun mal l'air méprisant sur sa figure de bouledogue.

- Écoute, l'intima Yaxley en baissant encore la voix. C'est au sujet de Malefoy, il...

- J'ignore si je dois t'écouter, alors, le coupa la jeune fille d'un ton cassant.

Il y eut un silence.

- Je croyais que tu avais adhéré à son nouveau comportement ? siffla Yaxley. N'es-tu pas la première et la seule qui ait été d'accord avec moi à son sujet ?

Pansy poussa un profond soupir, et Hermione eut l'impression que les barrières de méfiance dressées autour d'elle s'abattaient brusquement au sol.

- Je ne sais plus trop où j'en suis, avoua-t-elle finalement, et le ton de sa voix avait complètement changé : plus de mépris, simplement une once de désespoir. J'ai décidé de lui accorder une deuxième fois ma confiance quand tu as parlé de sa soumission aux Mangemorts, mais j'en doute encore, même si j'aimerais tellement y croire.

- C'est justement de ça dont je voulais te parler, chuchota Yaxley avec précipitation. Je pense que tu devrais y croire. Lui accorder ta confiance est peut-être un mot un peu trop puissant, tout comme nous ne pourrons jamais lui pardonner sa trahison, cependant, le laisser revenir vers toi est sans doute la chose à faire.

Emportée par la curiosité, Hermione s'approcha à pas de loups de la porte de la cuisine pour jeter un coup d'œil dans l'entrebâillement. Bingo ! Elle distinguait sans problème Pansy et Yaxley, face à face dans le couloir.

Pansy haussa un sourcil d'un air soupçonneux.

- Je croyais que Drago était « le plus gros traître qui puisse exister sur cette Terre » ? se moqua-t-elle d'un ton sarcastique. N'es-tu pas le premier et le seul qui ait souhaité aussi vivement sa mort ?

De toute évidence, Yaxley lui avait servi les mêmes propos qu'à Hermione, car la lionne se souvenait très bien de ces paroles. La figure du Mangemort s'assombrit brusquement, comme s'il n'appréciait pas qu'on utilise son propre discours contre lui-même.

- Tout le monde change d'avis, n'est-ce pas ? grogna-t-il d'un air dédaigneux. Je ne fais pas exception à la règle. Malefoy a su prouver son dévouement de multiples façons, cela me suffit. Bien sûr, il n'a pas ma totale confiance. Disons simplement que ma méfiance à son égard est plus proche de zéro qu'il y a une semaine.

Estomaquée, Hermione le fixa avec des yeux ronds. Drago avait vraiment fait fort : convaincre Yaxley qu'il avait eu tort était un exploit que jamais personne n'avait dû réussir.

Visiblement, Pansy partageait son avis.

- Drago a fait fondre ton cerveau, Yaxley. N'oublie pas que nous ignorons toujours quel est son plan, celui qui l'a forcé à jouer un rôle et à tous nous duper les uns après les autres durant toutes ces années.

À la grande surprise d'Hermione, et apparemment aussi à celle de Pansy, un sourire satisfait se dessina sur les traits mauvais de Yaxley.

- Pas tout à fait, Parkinson. Toi, n'oublie pas qu'il a été interrogé au Veritaserum Extrême. Il n'a pas eu le choix : toute la vérité est sortie de sa bouche. Et lorsque j'ai posé la question sur son plan, cela ne lui a pas plu, mais il a avoué en quoi il consistait.

Les yeux de Pansy s'écarquillèrent de surprise et de curiosité. Et, bon, il fallait bien reconnaître qu'Hermione aussi mourrait d'envie de savoir.

- Alors ? De quoi s'agit-il ? Pourquoi ne l'ai-je pas entendu en parler ?

- Tu es arrivée juste après, lui rappela Yaxley. Mais Rookwood, Macnair, Travers et moi-même avons tout entendu.

Il semblait prendre plaisir à la faire languir. La Gryffondor se colla un peu plus contre la porte pour ne pas perdre une miette de ce qui allait suivre.

- Et ? le pressa la jeune fille.

- Et son plan était stupide, lâcha le Mangemort en roulant des yeux. Il n'était guidé que par une chose : l'amour.

Ce dernier mot fut prononcé avec un tel dégoût que la lionne frissonna. Pansy fronça les sourcils.

- C'est-à-dire ?

- Il voulait sauver sa mère, clarifia Yaxley avec une grimace. Carrément stupide.

Les traits de Pansy se détendirent.

- C'est compréhensible, observa-t-elle simplement.

- Compréhensible, peut-être, convint Yaxley à contrecœur. Sauf que, n'oublions pas que c'est aussi de cette manière qu'il s'est trahi. Donc, vraiment, vraiment stupide. J'en attendais plus de sa part, et j'avoue que cela m'a à la fois déçu et rassuré. Déçu car il aurait pu faire mieux, mais rassuré car cela prouvait que notre adversaire n'était pas si malin qu'il voulait le faire croire.

Il eut un ricanement.

- En tout cas, on peut dire que l'amour lui a fait faire n'importe quoi, que ce soit avec sa mère ou avec cette Sang-de-Bourbe.

Hermione et Pansy tressaillirent en même temps, comme piquées par une aiguille particulièrement pointue. Manifestement, ce sujet leur était aussi douloureux à l'une qu'à l'autre.

- Il n'aime pas la Sang-de-Bourbe, grinça Pansy d'un ton presque fulminant.

C'était exactement ce que la Gryffondor était en train de penser.

- Non, il ne l'aime pas, confirma Yaxley en secouant la tête. Mais il l'a fait si bien croire que tout le monde est tombé dans le panneau.

Un rictus déforma sa bouche.

- Surtout elle.

Le cœur d'Hermione se tordit de douleur. Elle se mordit la lèvre pour empêcher les larmes de lui monter aux yeux.

- Oui, souffla Pansy, surtout elle. Mais moi aussi.

Son regard était plutôt vague ; Yaxley sembla le remarquer.

- C'est également pour cette raison que tu hésites, n'est-ce pas ? devina-t-il. Écoute, il n'a jamais aimé cette Sang-de-Bourbe. Il s'appliquait simplement à le faire croire. Il l'a dit lors de l'interrogatoire lorsque je lui ai posé la question : toute cette mise en scène avait pour objectif de nous la livrer par la suite sans qu'elle n'oppose de résistance. Une Sang-de-Bourbe au cœur ramolli est plus facile à contrôler qu'une Sang-de-Bourbe folle de rage, non ?

Acceptant apparemment de se laisser convaincre, Pansy hocha la tête. De son côté, Hermione peinait à retenir ses larmes.

- Quand il l'a enfermée dans son manoir, c'était simplement pour le plaisir de la torturer lui-même, poursuivit Yaxley qui semblait tirer son assurance de l'attention que lui portait Pansy. Il avait l'intention de nous la ramener après. Évidemment, c'est une erreur, mais beaucoup moins grosse que ce qu'il a réussi à nous faire croire.

- Et pour la bataille dans le manoir ? s'enquit la jeune fille. Quand vous y êtes tous allés pour le tuer ?

- Il était véritablement furieux, répondit Yaxley en s'assurant d'un coup d'œil derrière son épaule que Drago continuait sa torture sans les écouter. Mais pas à cause de la Sang-de-Bourbe, à cause de sa mère. Parce qu'il savait que nous étions plus décidés que jamais à la tuer. N'oublions pas qu'il avait déjà tué Dolohov, signant son arrêt de mort. Le pacte entre nous était donc brisé.

- Je ne comprends pas, admit Pansy en secouant la tête, et, encore une fois, c'était exactement ce qu'Hermione ressentait. À quel moment a-t-il décidé de nous rejoindre ?

- Après la mort de sa mère, expliqua Yaxley avec patience. Réfléchis : lors de la capture de la Sang-de-Bourbe, il a usé de son pouvoir pour se l'approprier, afin de s'amuser un peu de son côté. C'était une erreur, mais une erreur pardonnable. Lorsque Dolohov lui a manqué de respect, il a perdu son sang-froid et l'a tué : cette fois, il a brisé notre pacte. Lorsque nous sommes allés au manoir pour le tuer, il s'est vaillamment battu en protégeant la Sang-de-Bourbe, sans doute parce qu'il nous en voulait tellement qu'il a dû renoncer à nous la donner. Il ne pensait qu'à défendre sa mère, en ce moment-même.

- Mais il nous a fait croire que la Sang-de-Bourbe et sa mère étaient mortes ! s'indigna Pansy.

- La Sang-de-Bourbe, c'était pour pouvoir s'amuser tout seul sans nous le faire partager. Sa mère, c'était pour la protéger. Mais nous avons découvert ses deux mensonges. Il s'est enfui. Après, nous avons trouvé sa mère et l'avons tuée. C'est cela qui l'a fait complètement changer d'avis. Il a enfin compris que nous étions plus forts que lui. Alors il a choisi entre la mort et la soumission.

- Et il a choisi la soumission, acheva Pansy à sa place.

Elle poussa un soupir.

- Où est la Sang-de-Bourbe, maintenant ?

Sa question intéressa particulièrement Hermione. Allait-elle enfin découvrir la motivation qui avait poussé la jeune fille à empoisonner Cressida ?

- Enfuie, soupira Yaxley d'un air très convaincant. Sous la protection du ministère de la Magie.

Les yeux de Pansy se plissèrent une seconde, et la Gryffondor sut alors qu'elle connaissait la vérité. Ce n'était pas l'innocente Cressida qu'elle avait tenté d'empoisonner, mais bel et bien la véritable Hermione. Et elle savait que Yaxley mentait, à elle et à tous les autres.

Cependant, elle ne protesta pas. Interdite, Hermione la regarda opiner d'un air affligé.

- Tu penses donc que je devrais revenir vers Drago ?

- Il a commis des erreurs, reconnut Yaxley, mais tout le monde en fait. Il s'est bien racheté, et même si nous n'oublierons jamais sa trahison, accordons-lui le droit de nous rejoindre. Alors, oui, je pense que tu devrais revenir vers lui.

Même dissimulée derrière la porte, Hermione put discerner la lueur de joie qui traversa le regard de Pansy.

- Je vais prendre ton avis en considération, se contenta-t-elle néanmoins de promettre.

Avec un petit sourire, elle s'en alla. Yaxley ne tarda pas à rejoindre Drago dans le grand salon, laissant la lionne au milieu de ses terribles pensées.

Machinalement, elle se remit à frotter le plan de travail, les rouages de son cerveau tournant à toute vitesse. De toute évidence, elle n'avait pas eu tort, lorsqu'elle avait été enfermée dans les cachots du manoir des Malefoy : Drago avait vraiment eu l'intention de la torturer lui-même, à sa façon. Cette constatation lui donnait envie de pleurer parce que la raison de sa détention dans le manoir avait été le seul espoir auquel elle s'était inconsciemment raccroché. Voilà maintenant qu'il s'envolait.

Drago n'avait pensé qu'à protéger sa mère, qui, au contraire ce qu'il avait fait croire à tout le monde, y compris à elle, était bien vivante. Il affirmait même qu'il s'agissait du plan prévu depuis toutes ces années. Hermione cependant ne comprenait pas pourquoi il avait dû jouer un rôle uniquement pour ça. Et puis, comment avait-il pu deviner que les Mangemorts voudraient lui voler la vie, par la suite ?

Même si quelques éléments lui échappaient toujours, son désespoir grandissait de jour en jour. Une larme s'échoua sur ses lèvres, répandant son goût salé dans sa bouche. Hermione ravala ses sanglots, de peur d'attirer l'attention sur elle.

Au bout de quelques minutes, comme elle pleurait à chaudes larmes malgré tous ses efforts, elle abandonna le chiffon, décrocha le bracelet, le transforma puis se couvrit de la cape d'invisibilité. Alors qu'elle se faufilait dans le couloir, direction sa prison, elle s'arrêta devant les portes du grand salon pour glisser un regard à l'intérieur de la pièce. Son souffle se coupa lorsqu'elle aperçut Pansy, face à Drago. Ce dernier lui tournait le dos, ce qui empêchait la lionne de distinguer l'expression de son visage – si toutefois il la laissait transparaître. En revanche, elle voyait parfaitement la figure de la jeune fille, notamment ses yeux qui brillaient lorsqu'elle le regardait.

- Tu sais, Drago, murmurait-elle, j'ai bien vu que ta capitulation prouvait ton désir de te racheter. Alors je... je crois que je suis prête à tout te pardonner.

Les épaules du jeune homme ne bougèrent pas. Hermione n'avait aucun moyen de voir s'il répondait physiquement aux avances de Pansy.

- Tu te souviens du temps où nous étions tous les deux à Serpentard ? reprit-elle, dont le souvenir faisait rayonner son visage. Ces moments inoubliables que l'on passait ensemble... Je t'ai toujours aimé, Drago, toujours. Je... je ne supporterais pas que quelqu'un d'autre t'embrasse comme tu m'embrassais quand nous étions plus jeunes.

Elle s'approcha d'un pas sans le quitter des yeux.

- Crois-tu que nous pourrions recommencer ?

En la voyant si proche de lui, Hermione sentit la jalousie bouillir dans son ventre.

- J'étais furieuse quand j'ai appris ce qui s'était passé, admit Pansy, tellement furieuse que je voulais ta mort. Mais tu m'as convaincue et maintenant je ne veux qu'une seule chose : toi.

Sa main se glissa dans ses cheveux blonds tandis qu'elle se dressait sur la pointe des pieds. Horrifiée, la Gryffondor assista à un long et langoureux baiser entre Drago Malefoy et Pansy Parkinson. Pansy semblait mener la danse, mais elle ne pouvait ignorer le fait que Drago ne la repoussait pas.

« Va-t'en. » Une seule pensée domina les autres, trop confuses et trop nombreuses. Obéissant à son propre ordre, Hermione tourna les talons, s'empressant de rejoindre sa cellule. Elle marcha d'un pas vif dans les couloirs de la demeure, dont elle connaissait désormais par cœur la partie qu'elle arpentait sans arrêt depuis plus d'une semaine.

En cet instant, ses amis, ses parents lui manquaient affreusement. Que n'aurait-elle pas donné pour être à leur côté ? Des dizaines de visions traumatisantes hantaient son esprit, depuis celle du Sang-de-Bourbe dans le sac poubelle jusqu'à celle du baiser qu'elle venait de voir entre Drago et Pansy. Harry, Ron, Ginny, Neville et Luna auraient trouvé un moyen de lui faire oublier l'enfer dans lequel elle vivait. Comme elle aurait aimé qu'ils soient là !

Pour la première fois depuis qu'elle était détenue entre les griffes de Yaxley, elle s'autorisa à visualiser leurs visages, chose qu'elle s'était inconsciemment interdite, sans doute pour ne pas en souffrir. La cicatrice en forme d'éclair sur le front de Harry, les tâches de rousseurs sur le nez de Ron, la lueur espiègle dans les yeux de Ginny, la sincérité dans le sourire de Neville et l'air rêveur dans le regard de Luna lui firent chaud au cœur. Même s'ils lui manquaient plus que jamais, elle se rendit compte que s'interdire de penser à eux avait été une erreur : même absents, ils l'aidaient à surmonter ce qu'elle était en train de vivre.

Ce fut donc avec leur image en tête qu'elle pénétra dans sa cellule, referma la porte derrière elle et enleva la cape d'invisibilité. Cette fois, elle la laissa telle qu'elle, prête à être à nouveau utilisée.

Si elle avait longtemps refusé de songer à ses amis, à présent elle tentait d'oublier Drago. Dès que ses pensées s'égaraient de son côté, elle s'infligeait une claque mentale et se souvenait par exemple de l'après-midi qu'elle avait passé à jouer au Quidditch avec Harry et les Weasley. Elle se remémora le bonheur qu'elle avait ressenti d'être entourée de ses amis, eux-mêmes qui étaient parvenus à lui faire oublier le temps d'un instant un certain Serpentard aux yeux gris...

« Non ! »

Nouvelle claque mentale.

Soudain, alors qu'elle recommençait le même cercle vicieux, elle entendit des bruits de pas. Habituée à ce que ce son ne présage rien de bon, Hermione se leva prudemment en se félicitant d'avoir gardé la cape d'invisibilité. Elle s'en couvrit instantanément puis se plaqua contre le mur du fond, hésitante sur l'attitude à adopter.

Était-ce à nouveau Pansy qui, s'étant rendu compte qu'elle avait échoué, revenait pour essayer de la tuer ? Ou était-ce quelqu'un d'autre ?

Attentive, la Gryffondor s'approcha un peu pour tenter de discerner à qui appartenait la silhouette massive qui venait d'apparaître. Ce n'était sûrement pas Pansy, plutôt un homme. Lorsqu'il fut en haut des petits escaliers, elle reconnut Yaxley.

Presque soulagée, elle s'apprêtait à retirer la cape d'invisibilité lorsque sa voix retentit dans son esprit, la faisant sursauter.

« Continue de faire le ménage dans la cuisine. »

Interloquée, Hermione écarquilla les yeux. Visiblement, son bourreau croyait qu'elle se trouvait toujours dans la cuisine. Se traitant mentalement d'imbécile, Hermione réalisa que s'il la voyait dans sa cellule, il comprendrait que l'Imperium n'avait plus aucun effet sur elle. Tremblante, elle se plaqua davantage encore contre le mur.

Comme Pansy précédemment, Yaxley jeta un coup d'œil derrière lui. La lionne eut un très mauvais pressentiment lorsqu'il glissa à son tour une main sous sa cape pour en ressortir un petit flacon. Son cœur s'affola ; combien de gens dans cette demeure souhaitaient l'empoisonner ?

Car elle l'avait très bien reconnu : c'était le poison qu'elle-même était allée chercher chez Barjow et Beurk sur ordre du Mangemort et que Pansy avait utilisé pour essayer de la tuer. Voilà que Yaxley s'y mettait également ?

Celui-ci se pencha vers le verre déposé dans le plateau et, avec le même geste que Pansy, versa le poison dans l'eau qui émit un frétillement lorsqu'ils se mélangèrent. Satisfait, il reboucha le flacon, se redressa, et commença à remonter les marches.

- Tu veux empoisonner ta propre cousine ?

Yaxley releva la tête d'un coup. Pansy Parkinson se tenait en haut du petit escalier, sa baguette pointée droit sur le cœur du Mangemort.

- Qu'est-ce que tu fabriques ? s'enflamma-t-il.

Pansy eut un ricanement de mépris.

- C'est plutôt moi qui devrait te poser la question, chef, articula-t-elle en appuyant sur le dernier mot d'un ton froid.

À la fois effrayée et intriguée par cet affrontement, Hermione avança de quelques pas.

- Ne dirige pas ta baguette vers moi, exigea Yaxley d'une voix glacée.

Un rire moqueur s'échappa de la gorge de Pansy.

- Qui es-tu pour me donner des ordres ?

La partie de la figure de Yaxley que la lionne apercevait se renfrogna.

- Le chef des Mangemorts, Parkinson. Alors, dépêche-toi d'obéir sinon je...

- Sinon tu quoi ? l'interrompit la jeune fille. Tu verseras du poison dans mon verre lors de la prochaine réunion que tu présideras ?

Yaxley répondit par un regard assassin.

- Tu ne sais même pas de quoi tu parles, Parkinson, riposta-t-il. Abaisse ta baguette...

- Au contraire, Yaxley, je sais très bien de quoi je parle, le contredit-elle d'un air supérieur. Je suis d'ailleurs peut-être la seule dans cette demeure qui ait réellement compris.

Ses yeux de bouledogue lançaient des éclairs furieux.

- Compris quoi ? releva le Mangemort, feignant l'ignorance.

Mais Hermione était sûre qu'il avait parfaitement saisit ce qu'elle insinuait.

- Quel genre de chef es-tu, Yaxley ? railla-t-elle d'un ton cinglant sans répondre à sa question. Es-tu de ceux qui se montrent honnête avec leurs confrères ou de ceux qui font des cachoteries dans leur dos ? Es-tu de ceux qui ne disent que la stricte vérité ou de ceux qui mentent constamment ? De quel droit t'es-tu permis de juger Drago, alors que tu commets le même genre d'erreurs ? De quel droit as-tu pu vouloir lui faire payer sa trahison alors que tes actes y ressemblent ?

Perplexe, Hermione dévisagea Pansy. Elle était finalement moins stupide qu'elle en avait l'air.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, gronda Yaxley dont le teint était pourtant devenu blême.

- Vraiment ? ricana la jeune fille en arquant un sourcil. Dans ce cas, je vais me faire un plaisir de t'éclaircir les idées.

Elle descendit une marche, rapprochant la baguette magique de la poitrine de Yaxley. Sa main gauche se glissa sous sa cape, extrayant un second petit flacon qu'Hermione reconnut encore une fois pour l'avoir elle-même tenu entre ses doigts.

- Une seule goutte de Veritaserum Extrême et tu avouerais la vérité devant tes vingts-neufs confrères, affirma Pansy avec un vilain sourire. Plutôt mauvais pour la réputation, tout ça, non ?

Les poings de Yaxley se serrèrent sous sa cape.

- Tu ne sais pas à qui tu fais face, Parkinson, aboya-t-il en la foudroyant du regard.

- Tu sembles également l'ignorer, rétorqua calmement la jeune fille, nullement impressionnée.

Elle fit tourner le flacon entre ses doigts, se délectant de voir les yeux du Mangemort se poser dessus de temps à autre.

- Je n'ai rien à me reprocher, se défendit-il d'un ton ferme.

- Rien, vraiment ?

Pansy inclina la tête sur le côté, sans cesser de le scruter attentivement.

- Pas même le fait de manipuler ses propres confrères en gardant prisonnière la Sang-de-Bourbe si ardemment recherchée par chacun d'entre eux ?

Hermione retint son souffle. Yaxley eut l'air furieux.

- Tu n'as aucune preuve de ce que tu avances, l'accusa-t-il fermement.

Toutefois, il paraissait avoir perdu un brin de son assurance.

- C'est vrai, reconnut Pansy sans chercher à nier. Mais si je m'explique un peu, je suis sûr que les autres Mangemorts s'interrogeront à leur tour sur l'identité de ta chère cousine, la soit-disant Cressida Clag.

Yaxley fronça les sourcils, mais ne contesta pas.

- Tu vois de qui je parle ? enchaîna la jeune fille d'une voix niaise. Tu sais, la fille qui reste prisonnière dans cette pièce depuis un bon moment et que tu veux empoisonner ? C'est vraiment mal de trahir les liens de sang, tu me déçois. Ne t'a-t-on jamais appris à respecter ta famille ?

C'était étrange de voir Pansy dans ce rôle, alors qu'Hermione avait observé quelques minutes plus tôt à peine leur échange dans le couloir, durant lequel ils avaient parus être bons amis. Était-ce une simple apparence ou bien cela avait-il changé lorsque Pansy avait découvert la vérité ?

- Je n'ai plus besoin de Cressida, maugréa Yaxley tandis que, discrètement, sa main glissait vers sa propre baguette magique, apparemment dissimulée sous sa cape.

- Est-ce une raison suffisante pour l'empoisonner ? cracha Pansy. Tu sais, Yaxley, tu me fais vraiment pitié. Un tel déshonneur devrait te faire honte.

Elle montra les dents en grognant, comme un vampire prêt à se jeter sur sa proie.

- La Sang-de-Bourbe était à nous tous, martela-t-elle avec audace. Tu n'avais pas le droit de la garder pour toi sans rien nous dire. Aucun de nous n'aurait agi de cette façon.

- En es-tu réellement sûre, Parkinson ? interrogea Yaxley, qui semblait avoir retrouvé son assurance. Mais dis-moi, comment as-tu fait pour deviner qui se cachait derrière l'apparence de Cressida ?

La jeune fille mit une main sur sa hanche d'un air hautain, sans cesser de pointer sa baguette sur le cœur de son adversaire.

- Il m'a suffit d'observer votre comportement, à tous les deux, révéla-t-elle avec fierté. On peut dire que vous n'étiez pas vraiment discrets. Dis-moi, depuis combien de temps est-elle sous l'Imperium ?

Yaxley grinça des dents sans répondre.

- Je me demande quelle réaction vont avoir les autres Mangemorts quand ils le sauront..., scanda-t-elle haut et fort, sans se départir de son sourire fier et assuré.

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Si rapidement qu'Hermione fut incapable de suivre son mouvement, Yaxley dressa sa baguette magique vers la jeune fille dont la bouche s'ouvrit en un O parfait. Sans même prononcer la formule, il lança un sortilège et la Gryffondor devina vite lequel lorsqu'un éclair de lumière verte jaillit et se heurta à Pansy qui s'effondra au sol, raide morte.


C'est brutal, je sais ! Je crois que ça ne va pas plaire à certains... Mais je ne pouvais quand même pas la laisser dans les parages x)

Alors ? Qu'en pensez-vous ?

Merci d'avoir lu !

J'attends vos avis avec impatience