Hello !
Tout d'abord, merci pour toutes vos reviews qui m'ont vraiment, vraiment fait plaisir ! J'ai vraiment hâte d'avoir vos réactions lorsque vous allez lire les chapitres qui arrivent ; je crois que vous allez être surpris !
Merci pour vos encouragements et vos compliments, merci aussi pour vos reproches et vos questions (parce qu'il en faut !)
Juste une petite précision : ma fiction devrait comporter environ 45 chapitres de la longueur habituelle (entre 4000 et 5000 mots) voire un peu plus pour les chapitres de la fin. J'avance vite, donc je ne pense pas être très longue sur la publication, sauf si j'ai des contre-temps.
Voilà, voilà, bonne lecture !
DragoHermione : Bac L et fac de lettres ? C'est du sérieux dis donc ! Que comptes-tu faire plus tard si tu sais déjà et si c'est pas indiscret ? Au sujet de la parodie de ma propre fiction, c'est une très bonne idée, et je vais y réfléchir ! Après, je ne promets rien parce que peut-être que je ne saurais pas comment m'y prendre, mais merci de me l'avoir proposé. Merci pour tes compliments et ton avis, merci beaucoup ! Tu vas enfin savoir si tu avais raison au sujet de la pensine ;) Quant au reste, tu le découvriras plus tard ! Je ne peux malheureusement rien te dire, mais des réponses se faufileront au travers des chapitres suivants...
Enjoy !
26. - Secrets d'un démon
Intriguée, Hermione tendit ses mains tremblantes vers la pensine. Elle ressemblait à celle de Dumbledore, qu'elle avait eu l'occasion de voir une ou deux fois, à la seule différence que la couleur divergeait : celle de l'ancien directeur de Poudlard était bleue, et celle de Malefoy était verte.
Pourquoi donc le Serpentard avait-il besoin d'une pensine ? Pour oublier les crimes qu'il avait commis ? La bouche d'Hermione se tordit en un rictus plein de sarcasmes et d'amertume.
Elle prit l'objet pour le poser sur le lit de Malefoy. Le liquide à la surface ondulait gracieusement, lui rappelant le mouvement effrayant du corps d'un serpent. Des images déformées se mêlaient les unes aux autres, traçant une courbe dans leur sillage.
Le cœur de la Gryffondor fit une pirouette. Encore une fois, la curiosité était la plus forte. Qu'est-ce que Malefoy pouvait bien cacher ? L'envie de faire un petit tour dans ses souvenirs envahit son esprit, prenant possession de tout son corps. Et puis, il s'agissait également d'une petite vengeance personnelle...
Lentement, avec un petit sourire au coin des lèvres, la lionne se pencha sur la pensine jusqu'à ce que le liquide touche le bout de son nez. Elle inspira profondément, ferma les yeux et se jeta dans le récipient. L'univers bascula, le ciel et la terre s'inversèrent tandis qu'elle tombait dans une longue chute interminable.
Enfin, ses pieds atterrirent sur un sol bien dur. Des feuilles mortes s'agitaient sous ses chaussures, et elle distingua un mélange de terre et de boue sous ses semelles. Hermione leva la tête pour découvrir un arbre à seulement quelques centimètres de son nez. Elle sursauta et recula en tournant la tête dans tous les sens. À en juger par les rangées de sapins, de chênes et de châtaigniers qui l'entouraient, elle devait se trouver dans une forêt, et plus précisément dans la forêt interdite.
Que faisait-elle là ?
Et où était Malefoy ? C'était son souvenir, il devait donc bien se trouver quelque part...
Alors qu'elle faisait un tour sur elle-même en le cherchant du regard, il y eut des éclats de voix et des bruits de pas. Attentive, Hermione attendit que les personnes apparaissent dans son champ de vision ; en quelques secondes, elle se retrouva nez à nez avec Drago Malefoy et Pansy Parkinson. Malefoy était en tête, avançant de sa démarche souple et assurée qui montrait que c'était lui qui menait.
- Le Seigneur des Ténèbres compte sur moi, proclamait-il avec fierté. Je dois accomplir sa mission et il me récompensera.
- Qu'est-ce que tu dois faire ? s'inquiéta Pansy d'un ton peureux.
- Je vais réparer l'armoire à disparaître qui se trouve dans la salle sur demande, expliqua Malefoy. Elle est reliée à celle qui se trouve chez Barjow et Beurk, elle permettra aux Mangemorts d'envahir Poudlard.
Pansy laissa échapper un petit cri avant de plaquer sa main sur sa bouche. Malefoy la dévisagea d'un air moqueur.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Et... et si tu échoues ? bredouilla-t-elle d'une voix tremblante.
Malefoy haussa les épaules.
- Il me tuera, je suppose. Mais je réussirai.
Pansy eut un gémissement.
- Oh, Drago ! glapit-elle en se jetant sur lui pour le serrer dans ses bras. Je ne le laisserai pas te faire du mal.
Cette fois, Malefoy rit franchement en se dégageant de son étreinte.
- Personne ne conteste les décisions du Seigneur des Ténèbres, et sûrement pas toi. J'ai toute l'année pour y arriver, et j'y arriverai. Maintenant, laisse-moi.
Avec un dernier regard effrayé, Pansy déguerpit comme un lapin. Une fois que Malefoy fut seul, l'expression de son visage changea complètement. Hermione en fut estomaquée : celle qu'il arborait sous ses yeux était celle qu'elle avait vue sur lui pendant son séjour dans les cachots du manoir.
Malefoy resta planté sur place, apparemment plongé dans une profonde réflexion. Hermione s'approcha de lui, profitant de son invisibilité pour détailler scrupuleusement les traits de son visage. Ses sourcils étaient froncés, son regard dur et plongé dans le vide, ses lèvres pincées, sa mâchoire crispée. Quelque chose avait changé, en plus de l'absence de l'air impassible qu'il montrait d'habitude. Quelque chose dans son visage était différent, comme s'il était enfin lui-même.
La Gryffondor se rappela les paroles de Yaxley et de Pansy sur le rôle que Malefoy n'avait cessé de jouer durant ses années à Poudlard. Elle se demanda si le visage qu'elle voyait en ce moment était le vrai du Serpentard...
Le décor changea. Des murs s'abattirent autour d'elle, l'emprisonnant dans un lieu qu'elle reconnut aussitôt : le manoir des Malefoy. À sa droite se tenait Lucius, à sa gauche Drago, sans doute dans un duel de regard père/fils. Et manifestement, celui qui dominait était clairement Lucius.
- Comme tu es lâche, mon fils, siffla-t-il avec dégoût et pitié. Plus lâche que tous les Mangemorts réunis. Tu ne mérites pas ta place parmi nous, le sais-tu ? Le Seigneur des Ténèbres te l'a accordée uniquement parce que je l'ai convaincu.
Il cracha juste devant Drago qui gardait les yeux baissés au sol.
- Et toi, comment l'as-tu remercié ? poursuivit son père d'une voix méprisante. Tu n'as rien fait. Le Seigneur des Ténèbres t'a donné plusieurs occasions de tuer la Sang-de-Bourbe Granger, et toi tu ne l'as pas fait.
Les lèvres retroussées, il grogna comme un ours. En cet instant, il ressemblait tant à son fils qu'Hermione sut d'où venait les nombreuses expressions haineuses que Drago avait le don de dénicher.
- Mais qu'est-ce qui cloche chez toi ? s'énerva Lucius en levant un bras menaçant au-dessus de son fils qui eut un mouvement de recul.
En le voyant fermer les yeux de frayeur, la Gryffondor eut presque pitié de lui. Presque.
- Bon à rien, fumier, vermine ! Que Merlin me pardonne d'avoir élevé une telle souillure...
La gorge d'Hermione se noua lorsque Drago serra les dents, encaissant les insultes sans broncher.
- Va-t'en avant que l'envie me prenne de te pendre dans les cachots ! beugla Lucius en faisant un geste comme pour chasser une mouche.
Tournant les talons, Drago décampa sous une avalanche de reproches. Profondément attristée, la lionne s'empêcha d'éprouver de la compassion ou de la pitié pour lui, même si, à présent, elle pouvait comprendre d'où venait le comportement du Serpentard. Son enfance avait dû être vraiment terrible...
Les murs du manoir ne bougèrent pas, mais Narcissa apparut devant Lucius, à la place de Drago, signalant l'arrivée d'un autre souvenir. Ils reculèrent, reculèrent jusqu'à ce que la porte de la pièce se referme sur eux, laissant une Hermione perplexe devant le bois verni. À ses côtés, la tête blonde de Drago s'approcha et il colla son œil contre le trou de la serrure.
Brusquement, la Gryffondor vit à travers ses yeux à lui ; la forme de la serrure en témoigna. Dans le salon, Lucius gifla Narcissa avec une telle violence que le visage de la jeune femme se couvrit de plaques rouges tandis qu'elle basculait en arrière. Elle poussa un gémissement en se cachant du mieux qu'elle le put, reculant en rampant et en bousculant la table basse sur son passage, terrifiée par son mari, pressée de le fuir au plus vite.
Hermione eut l'impression d'être aspirée en arrière ; en un clignement de paupière, elle regagna son corps, voyant Drago devant elle qui assistait, impuissant, à l'affreux traitement que son père réservait à sa mère. Sans savoir pourquoi, elle voulut poser une main sur son épaule, mais n'en eut pas le temps : déjà, le souvenir laissait place à un autre.
Elle se retrouva de nouveau à Poudlard, cette fois dans la salle commune des Serpentard, assise sur la table basse devant le canapé où étaient Drago et Pansy. Son cœur rata un battement ; ils étaient collés l'un à l'autre dans une étreinte qui lui donnait la nausée, et s'embrassaient sans relâche, si vivement qu'on ne savait plus quelle langue appartenait à qui.
Un goût à la fois amer et acide se répandit dans sa bouche tandis qu'elle esquissait une grimace de dégoût ponctuée d'un brin de jalousie.
« Oh, pitié, que Merlin m'épargne ça... »
Elle ne sut si sa prière fut entendue ; en tout cas, une seconde plus tard, elle atterrit dans le parc de Poudlard. Les personnages étaient les mêmes : Drago et Pansy face à face, mais cette fois ils paraissaient se disputer. Pansy avait l'air furieuse et triste en même temps ; de son côté, Drago semblait presque imperturbable.
- Je te l'ai déjà dit, murmura-t-il avec un calme déconcertant, c'était une erreur.
- Une erreur ! s'étrangla Pansy dans un cri hystérique. Je ne suis qu'une simple erreur pour toi ?
Drago haussa les épaules.
- Je n'ai pas de temps à te consacrer. Ce baiser était en trop.
Les larmes coulaient inlassablement sur les joues de la jeune fille.
- Alors ce que je pense, moi, ça n'a aucune importance, c'est ça ?
Marquant une pause, Drago réfléchit une seconde.
- Oui, c'est ça.
Sur ces mots, il fit volte-face, abandonnant Pansy à son chagrin. Tandis qu'il s'éloignait, la jeune fille lui lança dans un dernier hurlement de détresse :
- Tu n'as jamais été capable d'aimer qui que ce soit, Drago Malefoy ! Et tu n'aimeras jamais personne...
Sa voix retentissait encore dans le néant lorsque le parc disparut, cédant sa place à la Grande Salle de Poudlard. La multitude de personnes présentes et la décoration de la salle indiquèrent à Hermione qu'il s'agissait d'un bal, sans doute prévu à Noël. Tout d'abord, le changement de lumière et la soudaine musique la désorientèrent, puis elle s'aperçut qu'elle se regardait elle-même en train de danser avec Harry et Ron. Interdite, elle détailla sa robe courte, ses cheveux d'habitude incoiffables parfaitement lissés et son rire qui retentissait dans la salle. Comme c'était étrange de s'observer soi-même...
Un reniflement à sa gauche la fit brusquement tourner la tête. Malefoy se tenait négligemment à côté d'elle, appuyé contre le mur, un verre de bièraubeurre à la main. Son visage était plus fermé que jamais mais son regard laissait transparaître des éclairs qui auraient arrêté le plus dangereux des dragons. Hermione suivit son regard : lui aussi la contemplait pendant qu'elle s'agitait sur la piste de danse. Les éclairs dans ses yeux étaient-ils dédiés à elle ou bien à Ron qui lui tenait la main ?
La Hermione invisible secoua la tête pour s'éclaircir les idées. Bien sûr que Malefoy la fusillait, elle, du regard ; ils étaient de vieux ennemis et sa haine pour lui était réciproque.
Avant qu'elle n'ait pu en apprendre davantage, elle s'envola vers une autre pièce qu'elle reconnut dès qu'elle distingua les centaines d'objets entassés les uns sur les autres depuis des siècles : la salle sur demande. Stupéfaite, elle remarqua Malefoy effondré devant l'armoire à disparaître, presque transparent dans sa chemise blanche tant son teint était blême. Des sanglots retentissaient dans l'immense pièce et Hermione mit plusieurs secondes à se rendre compte que c'était ceux de Malefoy qui résonnaient en échos. Cette constatation l'interloqua particulièrement : jamais au cours de ses dix-huit années de vie, dont presque sept en sa compagnie, elle n'avait eu l'occasion de voir des larmes sur le visage du Serpentard. C'était tout bonnement impossible, et pourtant bien réel : Malefoy pleurait.
Elle s'approcha de lui jusqu'à pouvoir discerner chaque larme collée à ses cils. De grandes cernes creusaient ses pommettes, ses yeux gris étaient rouges et il paraissait respirer la détresse. Il tremblait de tout son corps, s'accrochant à la porte de l'armoire comme si elle était son dernier espoir ; ce qui était probablement le cas en cet instant.
La lionne demeura immobile à ses côtés, ne sachant quoi penser. Indécise, elle attendit patiemment que le souvenir s'enlise, ce qui ne tarda pas à arriver. Le dernier regard qu'elle eut pour le Serpentard recroquevillé dans son malheur était empli de tristesse.
L'endroit suivant lui était familier : c'était la bibliothèque. La Gryffondor ne put s'empêcher de se demander si Malefoy y avait déjà mis les pieds pour étudier et non pour faire l'imbécile ou draguer des filles de cinquième année. La réponse à sa question se présenta devant elle : le Serpentard était assis sur une chaise, un livre de sortilèges ouvert sous le nez. Cependant, il ne lui accordait pas la moindre attention ; il semblait captivé par quelque chose d'autre, quelque chose qu'il ne cessait de fixer sans ciller.
Sourcils froncés, Hermione leva la tête et eut un sursaut : c'était elle qu'il regardait ainsi ! Elle gardait les yeux baissés sur ses cours, le front plissé en signe de concentration, ne s'apercevant pas qu'elle était surveillée.
Si cela la surprit, elle ne put s'empêcher de remarquer que Malefoy n'étudiait jamais, et qu'il avait pourtant toujours été très doué dans toutes les matières. Comme elle, sauf que, bien souvent, elle révisait plus qu'elle ne dormait.
Alors qu'elle scrutait le visage fermé du Serpentard qui ne quittait pas des yeux la Hermione qui travaillait, une masse de cheveux bruns se jeta brusquement sur la chaise en face de Malefoy, le tirant de sa contemplation. En une demi-seconde, l'expression de son visage passa à l'indifférence même et, enfin, il baissa les yeux sur le livre qu'il tenait.
- Drago, commença Pansy, je...
- Tu ne vois pas que je suis occupé ? la rabroua-t-il d'un ton irrité. Je n'ai pas de temps pour toi.
À la place de Pansy, Hermione serait déjà partie d'un air vexé. Mais ce ne fut pas l'attitude de la jeune fille.
- Je sais, murmura-t-elle, et je suis désolée, mais je pensais qu'on pourrait faire la paix...
Drago eut un reniflement de mépris mais ne répondit pas.
- Comme ça fait plusieurs semaines qu'on ne se parle pas, reprit Pansy, hésitante, je me suis dit que ce n'était pas la peine de continuer comme ça. Tu comptes beaucoup pour moi, et j'en ai marre de feindre l'indifférence quand je te vois alors qu'en réalité j'aimerais t'embrasser.
Le jeune homme leva les yeux au ciel, visiblement agacé.
- Tu te rappelles de ce que je t'ai dit ? grinça-t-il. Je...
- Tu ne m'aimes pas, oui, l'interrompit Pansy en secouant la tête, tu n'as pas de temps pour moi, ce baiser était une erreur, et nous n'avons rien à faire ensemble. Je sais, soupira-t-elle en soutenant son regard. Cela nous empêche-t-il d'être amis ? J'ignorerai mes sentiments pour toi, si ce n'est que ça.
Malefoy la jaugea du regard. Finalement, il haussa les épaules.
- Comme tu veux.
Les tables, les chaises, les étalages de la bibliothèque ainsi que Drago, Hermione et Pansy disparurent tout à coup. Les murs restèrent, changeant simplement de couleur, et une seule longue table se matérialisa, entourée d'une multitude de personnes. La Gryffondor reconnut le manoir des Malefoy ; elle devait se trouver dans l'un des nombreux salons. Les visages des individus devinrent plus nets, lui procurant des frissons sur tout le corps.
Les Mangemorts discutaient bruyamment dans un brouhaha qui emplissait toute la pièce. Au bout de l'immense table se tenait Voldemort, caressant d'un geste amoureux son fidèle serpent, Nagini. Il paraissait attendre quelque chose tout en tolérant le bruit que faisaient ses compagnons.
Quelques secondes plus tard, une horloge sonna minuit. Le silence tomba comme une pierre, et toutes les têtes se tournèrent vers le mage noir qui prit la parole.
- Bienvenue, chers Mangemorts, déclara-t-il de sa voix glacée qu'Hermione était incapable d'oublier et qui lui faisait froid dans le dos. Merci de votre présence ici. Merci également à Lucius de nous avoir accueilli dans son manoir.
Ce dernier inclina la tête avec respect.
- Tout d'abord, j'aimerai m'adresser à Drago Malefoy, enchaîna Voldemort en se tournant vers celui-ci, qu'Hermione n'avait pas encore remarqué.
Il était tellement tassé sur sa chaise que son regard terrifié dépassait à peine de la table. Quelques Mangemorts s'esclaffèrent, se moquant de son comportement d'elfe de maison égaré.
- Drago ? appela Voldemort dans un ricanement.
Prononcer son prénom de sa voix glacée fit tressaillir le Serpentard.
- O... oui ? glapit-il.
- Où en es-tu dans la mission que je t'ai confiée ?
Des dizaines de paires d'yeux le fixaient. Malefoy tremblait tellement qu'il claquait des dents.
- Je... hum... je...
Il déglutit avec peine.
- Tu ? l'encouragea Voldemort avec un sourire moqueur.
- Je... je progresse...
Les Mangemorts éclatèrent tous de rire, y compris Lucius – qui semblait un peu se forcer. Seule Narcissa, assise à la droite de Drago, ne participa pas à l'euphorie générale et serra étroitement la main de son fils sous la table.
- Tu... progresses ? répéta Voldemort qui, lui non plus, ne riait pas.
Le ton de sa voix avait changé : désormais, la menace était perceptible. Manifestement, Drago la sentit, car il devint translucide.
- Aurais-tu l'obligeance de préciser ce que tu entends par « progresser » ?
Les rires s'estompèrent peu à peu, laissant place au silence le plus total. La tension était palpable ; Hermione aurait pu tendre les doigts pour la toucher.
Drago jeta un regard de détresse vers sa mère qui, malheureusement, ne semblait rien pouvoir faire pour lui. Elle se contenta de pincer les lèvres en hochant imperceptiblement la tête, l'intimant de répondre.
- J'avance de jour en jour, clarifia le Serpentard d'une voix si faible qu'elle ressemblait à un murmure, malgré le silence qui régnait dans la pièce.
Les yeux rouges de Voldemort étincelèrent.
- C'est-à-dire ?
Sa voix était tellement glacée qu'Hermione eut l'impression d'avoir été congelée de l'intérieur.
- C'est-à-dire que... euh..., balbutia-t-il, terrifié. C'est-à-dire que j'ai trouvé le moyen de la réparer mais... euh... je n'y suis pas encore arrivé...
Sa poitrine se soulevait et s'abaissait à toute vitesse, comme s'il était essoufflé après une course folle. Voldemort pencha la tête sur le côté.
- Et quand comptes-tu y arriver ?
Il y eut un « glups » lorsque Drago avala nerveusement sa salive.
- Le plus vite possible, maître.
Voldemort arqua un sourcil, dévisageant le Serpentard dont les lèvres bleuirent.
- Bien, se contenta-t-il de dire.
Puis il se détourna de Drago comme s'il n'avait plus la moindre importance, apparemment au plus grand soulagement de ce dernier, et de sa mère par la même occasion.
La pièce s'en alla dans un tourbillon d'images indistinctes. Des arbres se plantèrent tout autour d'elle, des feuilles craquèrent sous ses pieds lorsqu'ils s'y posèrent. Hermione se rendit compte qu'elle était à nouveau dans la forêt interdite. Elle se retourna pour le vérifier et s'aperçut qu'elle était à la lisière de la forêt, cette fois. Le château se dressait devant elle, à quelques centaines de mètres seulement.
La Gryffondor balaya les alentours du regard, cherchant Malefoy. Brusquement, elle aperçut trois silhouettes qui courraient vers elle sur le chemin rocailleux menant à la forêt interdite. En plissant les yeux, elle put distinguer les capes noires qui ondulaient derrière elles, et le doute qui avait jailli dans son esprit se confirma : il s'agissait des trois Malefoy qui fuyaient la bataille.
Ils eurent bientôt atteint la lisière des arbres, s'approchant dangereusement de la lionne. Ils s'engouffrèrent dans la forêt en la traversant sans la moindre difficulté ; Hermione, qui les avait suivis des yeux, se jeta sur leurs talons.
Ils coururent tous les quatre à travers la forêt jusqu'au grand portail qui marquait l'entrée de Poudlard, seul endroit où il était possible de transplaner. Avant qu'Hermione, essoufflée, n'ait eu le temps de les rejoindre, ils avaient disparu. Mais, comme c'était le souvenir de Drago, elle s'en alla en même temps qu'eux, puisqu'elle n'était pas réelle.
Elle apparut au beau milieu du jardin du manoir des Malefoy. Ces derniers se précipitaient déjà vers la porte d'entrée qu'ils franchirent quelques secondes plus tard. Ils claquèrent la porte au nez d'Hermione qui put heureusement passer à travers. Déjà ils grimpaient les escaliers à toute vitesse, et elle peina à les suivre.
Lucius cracha quelques ordres :
- Narcissa, récupère toutes les baguettes magiques que tu trouveras, Drago prends nos affaires, et moi, j'efface les traces de notre passage.
Sa femme fila à droite, son fils à gauche tandis qu'il restait planté sur place, dressant sa baguette. Lucius ferma les yeux et l'agita doucement, marmonnant une série d'incantations. Le laissant à son travail, Hermione décida de prendre la direction qu'avait empruntée Drago.
Ce dernier était monté au troisième étage. Il courut le long du couloir que la Gryffondor avait parcouru peu avant et s'arrêta devant le mur du fond.
- Ma seule faiblesse, murmura-t-il, confirmant les soupçons de la lionne au sujet du mot de passe.
Un bruit sourd retentit à leurs pieds au moment où Hermione le rejoignait. Puis, le mur se déplaça, laissant apparaître la porte en bois verni. Drago la poussa et se rua dans sa chambre. En passant, il attrapa un sac en toile minuscule, ouvrit le placard, fourra quelques vêtements en vrac à l'intérieur, sous les yeux de la jeune fille.
Ensuite, il s'approcha de la porte derrière laquelle Hermione avait cru qu'il y avait une salle de bain, prit délicatement la pensine pour la faire tomber dans le sac en toile où elle disparut complètement. Jetant un coup d'œil à sa chambre, le Serpentard parut se souvenir de quelque chose. Il s'accroupit, décolla un carré de moquette, découvrant une planche en bois. Il la souleva puis glissa sa main dans ce qui semblait être un petit trou afin d'en retirer un collier pendant au bout d'une grosse chaîne en argent. Le collier était ovale, avec le S de Serpentard ainsi que le symbole de la maison, entouré de vert et d'argent.
Se redressant d'un bond, il leva sa baguette.
- Accio vêtements de ma mère.
Une seconde plus tard, une pile de vêtements volèrent jusque dans la chambre et s'arrêtèrent devant le nez de Malefoy qui les prit et les fourra dans le sac en toile. Tout comme Hermione l'avait fait quand ils étaient partis en longue excursion cette année avec Harry et Ron, il avait dû lui jeter un sortilège d'Extension.
Avec un dernier regard, il s'enfuit de la chambre et dévala les escaliers jusqu'au premier étage, Hermione derrière lui. Ses parents l'attendaient. Après avoir aboyé deux trois mots pour s'assurer que tout était prêt, Lucius les entraîna dans le jardin où ils transplanèrent, munis du sac en toile et de leurs baguettes magiques.
L'endroit où ils arrivèrent était totalement différent : une large plage longeait l'océan qui s'étendait à l'horizon, donnant une idée précise de l'infini. Ses pieds s'enfoncèrent dans le sable lorsque l'air put à nouveau entrer dans ses poumons. Les trois Malefoy se tenaient en rang d'oignons, Lucius, Drago puis Narcissa, scrutant le paysage avec attention. Alors que Narcissa s'éloignait, examinant sans doute un peu plus loin, Lucius attrapa le bras de Drago qui s'apprêtait à lui emboîter le pas.
- Reste là, toi.
L'air peu surpris, Drago attendit.
- Tu dois me jurer quelque chose, Drago, chuchota précipitamment son père à voix basse. Tu dois me jurer que tu protégeras ta mère au péril de ta propre vie, quoiqu'il advienne, qu'il se passe, quoique l'on te fasse. Tu dois me jurer que tu ne laisseras personne lui faire de mal, que tu dévoueras cœur et âme pour la défendre. Et tout cela, dans l'ignorance la plus totale.
Drago acquiesça.
- Je vous l'ai déjà juré, père. Et je le jure toujours.
- Je sais. Mais je sens que nos confrères vont la traquer pour la tuer. Ils ne lui pardonneront pas le fait de n'avoir adhéré aux idées du Seigneur des Ténèbres que par soumission. Ils ne lui pardonneront pas d'avoir laissé Harry Potter en vie en mentant au plus grand sorcier de tous les temps. Toute ma vie, je n'ai cessé de la protéger. Je sens que je ne peux plus le faire. Alors je t'ordonne de le faire à ma place.
Lucius redressa le menton d'un air hautain et supérieur.
- Ce sera ta seule façon de me prouver que tu vaux quelque chose, que tu n'es pas lâche, finalement.
Mortifiée, Hermione dut se rendre à l'évidence : malgré toute sa haine et sa cruauté, Lucius Malefoy aimait vraiment Narcissa. Il était prêt à tout pour elle, même à sacrifier son propre fils. Pourtant, le souvenir de la gifle qu'il lui avait administrée hantait ses pensées. Cet homme-là ne savait pas aimer. Donc, logiquement, son fils non plus.
Vous en avez appris un peu plus sur ce cher Serpentard... Je tiens à préciser que, pour moi, Lucius était un homme très cruel qui le devait à son éducation, qu'il a d'ailleurs transmise à Drago. Quant à Narcissa, j'ai le sentiment qu'elle était une femme douce qui avait aimé le mauvais homme car il ne savait pas lui rendre son amour. Elle le suivait dans ses idéaux par amour et par peur également, et elle aimait son fils de toutes ses forces. Voilà, pour moi, comment était composée la famille de Drago.
Avez-vous aimé ? Avez-vous des questions, des avis ?
J'espère que ce chapitre vous a plu !
Merci d'avoir lu
J'attends vos avis impatience !
