Hello !
Merci encore pour vos reviews, vos compliments et vos encouragements !
Ce chapitre va répondre à l'une des interrogations concernant la façon dont Malefoy s'en est sorti lorsque les Mangemorts l'ont retrouvé. J'ai hâte de connaître vos réactions !
Bonne lecture !
DragoHermione : C'est un beau métier, professeur des écoles ! Pour ma part, j'aimerai vraiment vraiment être orthophoniste, donc pour le moment je me concentre sur un bac L et ensuite je ferai une année de prépa au concours (qui ne tente rien n'a rien !). Enfin, ce sont mes projets pour le moment ! Pour en revenir à ma fic, oui Pansy l'aimait sincèrement, et moi aussi je la plains un peu, mais bon, il faut bien compliquer les choses ! Quel serait le prix d'une victoire si elle était facile à obtenir ? Quant à Lucius, j'aime rendre ce personnage si cruel parce que j'imagine vraiment l'enfance de Drago très sombre. Pour les feuilles et les gravillons qui crissent sous ses chaussures, en fait je ne sais pas exactement comment c'est dans un souvenir même après avoir lu 100 fois les Harry Potter, alors je me suis dit que ça devait être un peu comme si elle y était à la seule différence qu'elle est invisible et qu'on peut la traverser ; après c'est vrai que je n'y ai pas trop réfléchi, alors je ne sais pas trop quoi te dire (mais je me suis rendu compte en effet que si elle est immatérielle, elle ne doit pas entrer en contact avec l'environnement comme tu l'as dit. Je crois que je vais le changer, merci de me l'avoir dit !) Hihi, tes suppositions se révèleront-elles justes ? Patience, patience... A très vite ! ;)
DodoTHEAsticot : Merci beaucoup, je suis très contente que ma fiction te plaise ! La suite est là ;) P.S.: Original, ton pseudo !
27. - Manipulation
Les trois Malefoy dormirent quelques heures. Enfin, pour être exact, Narcissa put dormir pendant que son mari et son fils se relayaient pour monter la garde devant la tente qu'ils avaient installée sur le sable. Ils avaient lancé des tonnes de sortilèges de protection autour d'eux, comme Hermione avait pris l'habitude de le faire durant toute l'année lorsqu'elle était avec Harry et Ron.
La Gryffondor s'assit à côté de Drago quand son tour de garde vint. L'obscurité diminuait à chaque heure, l'aurore dessinant une lueur rosée à l'horizon. Trois ou quatre heures seulement s'étaient écoulées lorsque Lucius alla réveiller son fils d'un coup de pied. En le voyant se relever sans paraître éprouver la moindre douleur, Hermione prit conscience que la musculature de Drago n'avait pas dû apparaître d'un claquement de doigts : à force de subir la violence de son père, son corps avait dû apprendre à y résister.
Il prit place à l'entrée de la tente et patienta en faisant distraitement tourner sa baguette magique entre ses doigts. Tandis qu'elle l'observait, la lionne se rendit compte qu'il avait de jolies mains. Ce n'était d'ailleurs pas la seule partie de son corps qu'elle trouvait absolument parfaite : la silhouette de ses jambes, la musculature de son torse et de ses bras, la courbe de sa mâchoire, la forme de ses lèvres, la profondeur de son regard, la douceur de ses cheveux... Tout en lui était attirant.
- Mais tu vas t'arrêter, oui ? hurla-t-elle soudain à elle-même en se mordant violemment l'intérieur des joues pour revenir à la raison.
Évidemment, Malefoy ne l'entendit pas. Hermione détourna les yeux, s'empêchant de le regarder une seule seconde de plus. Avait-elle oublié tout ce qu'il avait fait ? Les actes horribles qu'il avait commis ? Les heures de torture qu'il avait pratiquées ? Le rôle qu'il n'avait cessé de jouer ?
Avait-elle oublié qu'il lui avait brisé le cœur ?
Avait-elle oublié qui il était réellement ? Si toutefois elle le savait...
Malefoy semblait lutter contre lui-même. Lèvres pincées, sourcils froncés, il regardait dans le vide, apparemment perdu dans ses pensées. Les heures s'écoulèrent à nouveau, Hermione refusant toujours de le contempler. Elle se contentait de lui jeter quelques coups d'œil à l'occasion, remarquant qu'il était toujours dans le même état d'esprit.
Enfin, le jour se leva. Sa mère émergea de la tente pour l'appeler. Drago rentra et Hermione l'imita, prenant soin de ne pas poser ses yeux sur lui plus de cinq secondes d'affilée.
- Qu'allons-nous faire maintenant ? interrogea Drago en s'asseyant sur un coussin avec une tasse de thé brûlante dans les mains.
Pour tout avouer, la lionne se posait la même question. Le soleil étant présent, cela signifiait que la bataille de Poudlard était terminée. Était-ce à ce moment-là que les Mangemorts les avaient retrouvés ? Si oui, alors comment avaient-ils pu réussir, sachant que les Malefoy étaient protégés d'une multitude de sortilèges ?
- Nous verrons, répliqua sèchement son père d'une voix cassante. Tais-toi et bois.
Drago obtempéra et, pendant quelques minutes, le silence régna. Puis...
- J'ignore comment cela va se finir, murmura Narcissa d'une petite voix en prenant une gorgée de thé. Lucius, crois-tu que Voldemort est m...
- NON ! s'étrangla brusquement Lucius en se levant d'un bond pour plaquer sa main sur la bouche de sa femme. Ne prononce pas le Tabou !
Trop tard. En entendant le craquement sinistre retentir à l'extérieur, Hermione eut une impression de déjà-vu horrifiante. Drago bondit à son tour sur ses pieds, pointant sa baguette vers l'entrée de la tente, sur le qui-vive. La Gryffondor resta stupéfaite de voir Lucius, par contre, diriger sa baguette vers le visage de sa femme. Elle se revit, elle, lançant un sortilège à Harry pour ne pas qu'on le reconnaisse. Lucius allait-il utiliser le même genre de stratagème ?
Un éclair de lumière rouge fusa vers le visage de Narcissa qui s'apprêtait à crier. Mais le hurlement ne sortit jamais de sa bouche ; chaque trait de son visage se détendit tout à coup, son corps devint raide comme une planche, ses yeux se fermèrent et elle s'effondra par terre, renversant au passage quelques objets disposés sur la table.
À cet instant, les Mangemorts s'engouffrèrent dans la tente, désarmant Drago et son père. Quelques-uns jetèrent un regard mauvais au corps étendu de Narcissa, et Hermione, en la voyant ainsi inanimée, ne put s'empêcher de se demander si elle n'était pas morte, même si elle connaissait déjà la réponse.
- Un seul geste et c'est la mort assurée, affirma l'un d'eux, qu'elle ne reconnut pas car il avait revêtu sa capuche.
Ils étaient au moins une quinzaine, c'est-à-dire, d'après ce qu'Hermione avait pu constater en passant quelques jours prisonnière dans la demeure de Yaxley, la moitié du Conseil des Mangemorts.
Le regard de Lucius était tranchant comme de l'acier. La lionne discerna même une lueur de défi dans ses yeux gris. Soudain, il fit un mouvement vif. Manifestement, il parut suspect aux Mangemorts car ils réagirent aussitôt : un éclair de lumière verte jaillit d'une dizaine de baguettes. Les dix sortilèges heurtèrent violemment Lucius qui s'écroula au sol. Mort.
Drago n'avait pas bougé d'un cheveu. Ses yeux n'avaient même pas déviés vers son père, son regard n'avait pas cillé. Il n'était qu'un masque de glace et d'impassibilité.
- Elle est morte, lança le Mangemort qui s'était approché de Narcissa en se redressant.
Dolohov, le seul qui avait abaissé sa capuche, hocha la tête.
- Lucius et Narcissa Malefoy sont morts, cracha-t-il avant de se tourner vers Drago. Et son fils ne va pas tarder à les rejoindre.
Il arqua un sourcil d'un air froid.
- Une dernière concession ?
L'expression de Drago ne changea pas.
- Mon père n'y a pas eu droit, lui.
- Ton père a désobéi, il a payé, rétorqua Dolohov. Souhaites-tu subir le même sort ?
- Non.
Le ton était neutre, sans émotion, sans vie. Imperturbable.
- Alors ? s'enquit Dolohov, et sa voix indiquait que c'était la dernière perche qu'il lui tendait.
Drago redressa la tête, son visage ni hautain ni supérieur. Juste indifférent.
- Alors je pense que vous ne devriez pas me tuer.
Il avait parlé lentement, d'un ton simple et évident. Les Mangemorts éclatèrent de rire.
- Vraiment ? releva Dolohov d'un ton sarcastique.
Drago se contenta d'acquiescer.
- Vraiment.
- Et, commença Dolohov tandis que les rires de ses camarades s'estompaient, aurais-tu l'obligeance de m'expliquer pourquoi tu penses que je ne devrais pas te tuer ?
Le Serpentard opina.
- Parce que vous avez besoin de moi.
Encore une fois, le ton de sa voix laissait supposer que c'était l'évidence même. Et à nouveau, les Mangemorts s'esclaffèrent bruyamment.
- Vraiment ? répéta Dolohov, moqueur.
- Vraiment.
- Et pourquoi aurions-nous besoin de toi ?
Drago haussa les épaules.
- Parce que je suis un précieux atout.
Cette fois, ce fut une véritable explosion de rires. Même Dolohov pouffa comme si Malefoy avait sorti une blague particulièrement drôle.
- Un précieux atout ? Tu prends tes rêves pour la réalité, Malefoy ! Tu n'as jamais servi qu'à distraire le Seigneur des Ténèbres. La mission qu'il t'a confiée servait uniquement à punir tes parents pour avoir échoué dans les leurs. Le Seigneur des Ténèbres aurait pu te tuer à n'importe quel moment, ça n'aurait strictement rien changé !
Drago les observa rire paisiblement, attendant patiemment qu'ils aient fini.
- Il aurait pu me tuer à n'importe quel moment, c'est vrai, acquiesça-t-il. Mais il ne l'a pas fait.
Les Mangemorts essuyèrent les larmes de rire qui avaient coulé au coin de leurs yeux.
- Il n'avait simplement pas le temps de s'intéresser à quelqu'un comme toi, répliqua Dolohov. Il aurait sûrement envoyé l'un de nous pour le faire à sa place.
- C'est vrai, convint Drago avec un calme déconcertant. Mais il ne l'a pas fait.
Dolohov parut irrité.
- Crois-moi, il mourrait d'envie de le faire.
- Je n'en doute pas. Mais il ne l'a pas fait.
Son assurance sembla déstabiliser légèrement son adversaire.
- Et alors ? siffla-t-il d'un ton cassant, mais avec un brin de curiosité dans la voix. Tu crois peut-être que ça signifie quelque chose ?
Drago inclina la tête sur le côté.
- Je vous l'ai dit, je suis un précieux atout. Sinon, comment expliquer le simple fait que je ne sois pas mort, comme les nombreux Mangemorts dont le Seigneur des Ténèbres s'est débarrassé ?
Sa question laissa planer un doute dans l'atmosphère chargée d'électricité. Hermione ne put s'empêcher d'admirer l'assurance avec laquelle le Serpentard s'appliquait à manipuler ses adversaires. Cet homme était décidément le plus doué qu'elle avait eu l'occasion de connaître.
Dolohov fut le premier à trouver quelque chose à riposter.
- Le Seigneur des Ténèbres n'a sûrement pas eu le temps de s'occuper de ton cas. Crois-moi, ce n'est pourtant pas l'envie qui lui manquait.
- Peut-être, admit calmement Drago d'un ton très poli. Mais je me permets de vous faire remarquer qu'il a trouvé le temps d'éliminer Igor Karkaroff, par exemple.
L'impatience et l'agacement parurent gonfler le torse de Dolohov.
- Karkaroff avait trahi, son cas était urgent, cracha-t-il.
- C'est vrai, reconnut le Serpentard. Mais ce n'était pas le cas de Jugson.
Si ce nom ne rappela rien à Hermione, visiblement, il ranima la mémoire de certains Mangemorts qui montrèrent quelques signes de malaise ; l'un d'eux se gratta la nuque, un autre se dandina sur ses pieds, un troisième baissa la tête... À en juger par leurs réactions, Drago avait touché un point sensible.
- Souvenez-vous, Jugson était avec mon père au Département des mystères... Bien que Lucius et Bellatrix aient été les chefs de l'opération, cela n'a pas empêché le Seigneur des Ténèbres de tuer ceux qui suivaient, et de garder les meneurs, même s'il leur a fait payer leur échec.
Sentant probablement son ennemi faiblir, le serpent planta ses iris dans ceux de Dolohov, qui fronçait les sourcils malgré lui, forcé de réfléchir à son hypothèse.
- Nous en revenons donc à ce que je disais, conclut Drago avec assurance.
Ce fut seulement à ce moment-là que Dolohov parut reprendre ses esprits.
- Admettons, concéda-t-il avec maladresse. Admettons que le Seigneur des Ténèbres n'ait pas souhaité t'éliminer. Cela ne résout pas le problème : en quoi serais-tu un précieux atout ? Tu n'as jamais beaucoup servi dans les missions que nous accordait notre maître.
- En effet, accorda Drago en se balançant sur ses talons, puis sur ses pointes de pied. Mais vous êtes-vous déjà demandé ce que le Seigneur des Ténèbres faisait durant l'absence de ses fidèles partisans ?
Les Mangemorts échangèrent des regards sous leur capuche. Ébahie, la Gryffondor sut alors que Drago avait gagné d'avance : il était parvenu à semer le trouble dans l'esprit de ses confrères. Il était rusé, très rusé.
- Il avait ses propres missions à mener, répondit l'un d'eux, d'un air cependant pas très convaincu.
- Je n'en doute pas, répliqua tranquillement le Serpentard. Mais personne n'était au courant de ses agissements, n'est-ce pas ?
Dolohov écarquilla les yeux.
- Évidemment, le Seigneur des Ténèbres n'a pas besoin de se justifier ! s'emporta-t-il, soudain sur la défensive.
- Heureusement pour lui, affirma Drago avec l'ombre d'un sourire en coin.
Cependant, il n'ajouta rien et se contenta de les observer calmement, comme si toutes les baguettes magiques pointées sur son cœur n'étaient rien d'autre que des serpentins en papier.
Dolohov plissa les yeux jusqu'à ce qu'ils soient réduits à deux petites fentes semblables à celles qui permettaient à Voldemort, du temps de son vivant, de bénéficier de la vue.
- Qu'est-ce que tu sous-entends ? Tu n'essaierais pas, par hasard, de salir la mémoire de notre maître, le plus grand sorcier de tous les temps ?
Les Mangemorts approuvèrent vivement, leurs visages passant de la confusion à la colère. Un instant, Hermione eut la terrible impression qu'ils allaient se jeter sur lui, mais ce ne fut pas le cas : il semblait quand même imposer un certain respect.
- À quoi cela me servirait-il donc ? interrogea-il en haussant un sourcil d'un air glacial. Quel profit pourrais-je donc tirer en faisant passer le Seigneur des Ténèbres pour quelqu'un qu'il n'a jamais été ?
- Celui de rester en vie, grinça Dolohov en le mitraillant du regard.
Drago secoua la tête de gauche à droite avec une lenteur déconcertante.
- J'aurais pu, supposa-t-il, et ses paroles contrastèrent avec le mouvement négatif de sa tête. Mais je n'aurais jamais réussi à vous convaincre, vous, ses plus fidèles partisans, que votre maître se jouait de vous. Vous n'aurez jamais accepté d'y croire. Je me trompe ?
En voyant les visages décomposés des Mangemorts, Hermione faillit éclater de rire. Si la situation n'avait pas été aussi grave, elle aurait vraiment pu être comique.
« Il est ultra doué, pensa-t-elle sans pouvoir s'empêcher d'être admirative par la façon dont le Serpentard maîtrisait l'art de la manipulation. Il ira loin. »
Drago savait où taper : dans leur amour-propre et dans leur fidélité à leur défunt maître. Cette constatation lui rappela brièvement la technique qu'avait adoptée Yaxley lors d'une réunion Conseil des Mangemorts, mais la différence était tout de même frappante : comparé à Drago, Yaxley n'était qu'un simple débutant.
- Aucun Mangemort digne de ce nom ne douterait jamais du Seigneur des Ténèbres, poursuivit-il sereinement. Je ne vois donc pas pourquoi je perdrais mon temps à tenter de les convaincre qu'il n'était pas celui qu'ils croyaient.
Il cessa de se balancer sur ses talons et examina les quelques visages qu'il pouvait apercevoir sous leurs capuches. Dolohov fronçait tellement les sourcils qu'ils dessinaient une barre fixe au-dessus de ses yeux.
- Revenons à nos crapauds, objecta-t-il, l'air un peu confus et honteux. Toute cette histoire ne fait que nous écarter du sujet principal : toi, Malefoy.
Les Mangemorts parurent s'extirper de leur gêne. Certains s'agitèrent un peu, sans doute impatients de jeter un sortilège ; leurs baguettes pointées sur le Serpentard semblaient les démanger sérieusement. La lionne devina qu'ils attendaient l'ordre de leur chef avant de le tuer.
La main de Dolohov raffermit sa prise sur sa baguette. Il commença à tourner lentement autour du condamné en le transperçant de son regard de dragon.
- Ce n'est pas parce que le Seigneur des Ténèbres ne t'a pas tué qu'il souhaitait te garder en vie, gronda-t-il en crispant la mâchoire. De plus, n'oublions pas qu'il y a seulement quelques heures, tu as fui avec Lucius et Narcissa. Et ça, personne ne pourra te le pardonner.
Hermione s'attendait à ce que le Serpentard reste placide ; elle fut donc surprise de constater que l'expression de son visage changeait, laissant place à... de la colère ?
- Vous êtes donc aussi idiots que vous en avez l'air ? s'enflamma-t-il.
Dolohov eut un rictus de dégoût.
- De quel droit..., commença-t-il, mais Drago l'interrompit :
- Vous n'avez donc rien compris, n'est-ce pas ? Et moi qui pensais que vous étiez assez malins pour le deviner !
Il écarta les bras en signe d'impuissance ; les Mangemorts resserrèrent leur cercle autour de lui.
- Deviner quoi ? aboya Dolohov d'un ton cinglant.
Malgré ses efforts pour dissimuler sa curiosité, Hermione remarqua qu'il était intéressé. Le Serpentard se massa les tempes, fermant les yeux d'un air las, comme si toute sa colère retombait.
- J'ai suivi mon père, révéla-t-il dans un soupir convaincant. C'est lui qui a voulu fuir la bataille. J'ai refusé, mais je n'avais pas le choix.
Il rouvrit les yeux et laissa mollement tomber ses bras.
- Vous connaissez tous Lucius, n'est-ce pas ? Vous savez que lorsqu'il a quelque chose dans la tête, personne ne peut le faire changer d'avis. Et surtout pas moi. Alors quand il a entraîné ma mère et moi, nous n'avions pas d'autre choix que celui de le suivre.
Il secoua la tête avec regret.
- Si j'avais pu, je serais resté au château, assura-t-il fermement. Je me serais battu pour défendre le Seigneur des Ténèbres, quoiqu'il arrive. Mais voilà, ce n'est un secret pour personne : la seule personne capable de me dominer, c'est bien celle qui gît à vos pieds.
Ses yeux gris s'égarèrent un instant sur le cadavre de son père. Si Hermione n'avait pas su qu'il jouait la comédie, elle serait directement tombée dans le panneau.
Dolohov pinça les lèvres dans un tic nerveux.
- Lucius n'est plus là pour confirmer tes dires. Comment pouvons-nous être certains que tu ne mens pas ?
Drago releva la tête et fixa son adversaire droit dans les yeux.
- Je souhaite me racheter auprès du Seigneur des Ténèbres. Et pour cela, que puis-je faire de plus que rester aux côtés de ses fidèles partisans et réfléchir à un moyen de faire payer sa mort au monde des sorciers ?
Pour donner plus de poids à son engagement, il serra les poings, ce qui n'échappa pas à Dolohov dont le regard dériva jusqu'à eux.
- Il est vrai que je ne peux rien prouver, mais vous savez que j'ai raison. Vous connaissez mon père presque aussi bien que moi, vous savez donc que le Seigneur des Ténèbres lui a tellement fait payer ses échecs qu'il a fini par en avoir assez. En toute honnêteté, est-ce que le fait qu'il ait fui la bataille en nous forçant, ma mère et moi, à le suivre, vous surprend ?
En regardant les mines confuses des Mangemorts, Hermione devait bien s'avouer que Drago était aussi bien doué en matière de persuasion qu'en celle de manipulation. Et pour répondre à la question du Serpentard, elle-même n'était pas étonnée de la lâcheté de Lucius : c'est ainsi qu'elle l'avait toujours connu.
« Et son fils aussi », ajouta une petite voix dans sa tête. Les Malefoy étaient tous lâches, dangereux, manipulateurs et incapables d'aimer.
Le silence s'abattit dans la petite tente secouée par le vent. Le regard de Drago étudiait chaque visage qui se présentait à lui d'un air parfaitement neutre. Dolohov, quant à lui, était une véritable statue de pierre ; seul le battement régulier de ses paupières témoignait de la vie qui l'habitait.
Le Serpentard finit par briser la glace.
- Si nous comptons le nombre de Mangemorts tués, capturés ou traîtres, nous ne sommes plus beaucoup, commenta-t-il en examinant les ongles de ses doigts. Je crains que vous n'ayez besoin d'un peu d'aide...
Ce coup de pouce était ajusté à la perfection : maintenant, il pouvait être sûr que les Mangemorts ne trouveraient plus aucun prétexte contre lui. C'était en tout cas l'avis d'Hermione qui assistait avec des yeux ronds à la démonstration des talents de Drago Malefoy.
Cependant, ce dernier ponctua sa prestation d'un argument final :
- Vous ne pouvez pas me tuer alors que le Seigneur des Ténèbres ne l'a pas fait. Ce serait un acte de trahison envers le plus grand sorcier de tous les temps...
L'espace d'un instant, la Gryffondor craignit que cette remarque n'ait pas le bon effet sur les Mangemorts et les mette en colère. Mais ce ne fut pas le cas.
À nouveau, le silence domina pendant de longues minutes qui parurent interminables à la lionne, alors qu'au moins elle connaissait déjà le sort réservé à Drago, au contraire de celui-ci. Enfin, le corps de Dolohov reprit du mouvement lorsqu'il abaissa lentement sa baguette magique.
- Je pense qu'il a raison, marmonna-t-il d'une voix d'outre-tombe.
Le Serpentard s'abstint de tout commentaire. Son adversaire se tourna vers les Mangemorts qui n'avaient toujours pas bougé et le détaillaient de haut en bas, le jaugeant du regard.
- On peut toujours le tester, et le tuer s'il se comporte mal, argumenta Dolohov.
Plusieurs d'entre eux opinèrent de la tête et abaissèrent leurs baguettes à leur tour.
- J'espère pour toi que tu nous as dit la vérité, Malefoy, martela Dolohov en enfonçant son doigt dans la poitrine du jeune homme. Sinon, je peux t'assurer qu'on te le fera regretter.
Nullement impressionné, Drago hocha la tête sans un mot. Le chef des Mangemorts se détourna de lui comme s'il n'était qu'un élément du décor et s'approcha du cadavre de Lucius.
- On l'embarque, ordonna-t-il aux autres, qui s'empressèrent de s'exécuter.
Puis il désigna celui de Narcissa, un peu plus loin.
- Celui-là aussi.
L'un des Mangemorts, qu'Hermione reconnut comme étant Travers, ensorcela les deux corps pour qu'ils les suivent. Drago les regarda passer devant lui sans la moindre expression sur le visage, et son ton était parfaitement inflexible quand il demanda :
- Qu'allez-vous en faire ?
Dolohov sortit de la tente, le Serpentard et la Gryffondor sur ses talons.
- Les jeter depuis la falaise.
L'absence de réaction de Drago intrigua Hermione. Comment avait-il fait pour sauver sa mère ? Car, elle le savait, Narcissa ne devait véritablement mourir que beaucoup plus tard.
La tête pleine de questions, elle marcha dans le sable à leurs côtés puis les suivit jusqu'au sommet d'une falaise qu'elle n'avait pas remarquée et où les Mangemorts s'étaient agglutinés. Drago fut le dernier à rejoindre la troupe, derrière Dolohov et Hermione qui s'était empressée de se placer au premier rang.
- On attend ton ordre, Dolohov, l'informa Travers, qui semblait être son bras droit.
Le chef acquiesça brièvement, puis, sans adresser le moindre regard à Drago, lança :
- Balancez-le.
Le sortilège qui maintenait le cadavre de Lucius dans les airs fut retiré par Travers, et un autre Mangemort, Avery d'après les souvenirs d'Hermione, lui donna un coup de pied, le faisant chuter dans le vide. D'un même mouvement, les quinze Mangemorts, le Serpentard et la Gryffondor se penchèrent en avant pour observer le corps heurter les parois de la falaise, tomber sur quelques mètres, percuter à nouveau les roches pour aller se briser plusieurs centaines de mètres plus bas.
- Au suivant, brailla Dolohov.
Avec appréhension, Hermione les regarda en fronçant les sourcils tandis qu'ils faisaient avancer le corps de Narcissa. Elle s'intéressa de près à Drago, s'approchant pour étudier son visage jusqu'à ce qu'elle sente son souffle contre ses lèvres, mais même de si près elle fut incapable de déterminer ce qu'il ressentait, ou ce qu'il s'apprêtait à faire. Ou à ne pas faire.
- Sauve ta mère ! s'écria-t-elle inutilement lorsque Travers annula le sortilège qui suspendait son corps dans les airs. Drago !
Ça ne servait à rien, il ne l'entendait pas, elle le savait. Le vent fourra une mèche de ses cheveux dans sa bouche, et le temps qu'elle la retire, Dolohov avait donné le signal.
À la seconde où elle se tournait vers la falaise, Drago fit un mouvement si vif qu'elle faillit ne pas le voir ; le corps de Narcissa chuta à son tour dans le vide, mais la Gryffondor avait eu le temps d'apercevoir un éclair si rapide qu'elle crut l'avoir rêvé. En un clignement de paupière, elle se rendit compte que Drago venait de lancer un sortilège à sa mère et que personne, sauf elle, n'en avait pris conscience.
Elle battit à nouveau plusieurs fois des paupières pour chasser l'image imperceptible de l'éclair qui s'était imprimée sur sa rétine avant de dévisager Drago, qui ne semblait pas avoir bougé.
- Tu viens de la sauver..., murmura-t-elle, bien que ce fut, encore une fois, totalement inutile.
Sans savoir pourquoi, elle sourit.
- Le spectacle est fini, grogna Dolohov qui s'éloignait déjà de la falaise. On se tire.
Alors que les Mangemorts et le Serpentard lui emboîtaient le pas, Hermione s'approcha du bord et risqua un coup d'œil en contrebas. Le cadavre de Lucius était reconnaissable, étalé dans le sable, les vagues le recouvrant toutes les trois secondes. En revanche, aucun signe de celui de Narcissa, et la lionne félicita intérieurement les Mangemorts de ne pas avoir vérifié.
Elle fit volte-face pour aller les rejoindre, tout en s'interrogeant sur ce qu'elle ressentait à l'égard de Drago : autant de haine que d'amour ? Ou y avait-il plus de l'un que de l'autre ?
Que pensez-vous des talents de manipulateur de Drago ? Vous ne trouvez pas que ça le rend cruellement sexy ?
Non, non, je ne suis pas fan de lui... xD
Merci d'avoir lu !
J'attends vos réactions avec impatience
