Et voici la suite !
On se retrouve en bas ;)
Bonne lecture !
29. - Double jeu
La lumière de la lune éclaira une moitié de son visage lorsque Malefoy passa près d'une grande fenêtre, avant de plonger à nouveau dans l'ombre. Il descendit deux étages, passa devant les portes du grand salon et poursuivit son chemin dans le manoir désert. Sa démarche était fluide et gracieuse comme celle d'un serpent, et Hermione, qui devait pratiquement courir pour être à sa hauteur, ne s'en étonna pas.
En revanche, ce fut la direction qu'il emprunta qui la surprit : il continua son chemin le long d'un couloir qui lui disait vaguement quelque chose, mais qu'elle avait rarement pris. Quand il se retrouva face à une petite porte parfaitement fondue dans le mur, la Gryffondor eut une impression de déjà-vu. Il l'ouvrit d'un sortilège informulé, puis disparut. Curieuse, elle se jeta sur ses talons, et l'instant d'après, reconnut le couloir taillé dans la pierre humide qui s'étendait sur quelques mètres. Elle se souvint : c'était le petit passage que Yaxley lui avait indiqué lorsqu'elle était revenue de chez Barjow et Beurk avec le Veritaserum Extrême et le poison.
Tout en observant le Serpentard avancer d'un pas ample vers le bout du couloir, la jeune fille se demanda pourquoi le fait qu'il connaisse ce passage la déconcertait : n'était-il pas Drago Malefoy, cet homme qui savait toujours tout ?
Sa propre réflexion la fit esquisser l'ombre d'un sourire ; et dire qu'au bon vieux temps, c'était elle, la miss-je-sais-tout.
Malefoy parvint devant une petite trappe qu'il poussa, et ils émergèrent tous deux à l'air libre, bien que la lionne ne sente pas la différence entre l'intérieur et l'extérieur. D'un simple appui sur les bras, il se hissa sans forcer dans l'herbe et fut dans le jardin en un rien de temps. Il prit garde de refermer soigneusement la trappe, puis il pointa sa baguette sur son propre torse et se jeta un sortilège de Désillusion, qui le fit prendre la couleur et la matière de l'herbe sous ses pieds. Après quoi il reprit calmement sa marche.
Le portail n'était pas fermé, ce qui, par contre, était plutôt étrange. En fronçant les sourcils, Hermione se retourna pour tenter de comprendre pourquoi Yaxley n'avait pas pris cette précaution ; ce fut à ce moment-là seulement qu'elle se rendit compte que les sortilèges de protection n'étaient pas destinés à repousser l'envahisseur en lui interdisant l'accès à la demeure, mais en lui faisant visiblement croire qu'elle était abandonnée. Car, quelques mètres devant elle, alors qu'une minute plus tôt était apparut un immense manoir se découpant dans la nuit, il n'y avait maintenant qu'une ruine représentée par un tas de pierres cassées où s'accrochaient une multitude de ronces. L'atmosphère lugubre de l'endroit était très convaincante.
Admirative, la Gryffondor se détourna avec l'intention de suivre Malefoy, mais il avait disparu. Un peu paniquée, elle balaya la rue du regard avec l'espoir d'apercevoir les contours d'une silhouette floue malgré le sortilège. En vain.
Soudain, le poteau sur le trottoir s'envola et le goudron sous ses pieds se transforma en gros cailloux, lui annonçant sûrement l'arrivée d'un autre souvenir. Mais lorsque le bruit déchaîné de la mer envahit ses oreilles, Hermione comprit que Malefoy avait simplement transplané.
Elle était de retour sur la falaise de laquelle les Mangemorts avaient balancé le corps de Lucius, qu'elle avait vu se briser sur les rochers, et celui de Narcissa, sauvé par le sortilège de son fils. Ce dernier apparut justement à ses côtés ; il venait de lever le sortilège de Désillusion. Il fit quelques pas en direction du bord, jeta un coup d'œil en contrebas, puis y dirigea sa baguette. Emportée par la curiosité, la Gryffondor s'approcha de lui sans pourtant être trop près.
Le corps de Narcissa surgit au-dessus du vide, comme suspendu par un fil invisible. Ses longs cheveux blonds, dont son fils avait hérité, formaient un halo autour de son visage presque translucide et sa cape ondulait sous elle, fouettée par le vent.
Malefoy l'attira jusqu'à lui et la fit délicatement se poser sur le sol. La lionne scruta attentivement l'expression de son visage : ô miracle, sa mine indéchiffrable avait disparu. Les plis entre ses sourcils exprimaient clairement de l'inquiétude, et sa mâchoire crispée signifiait bien qu'il ressentait quelque chose à la vision de sa mère ainsi inanimée.
Doucement, il s'accroupit à ses côtés. Hermione préféra demeurer en retrait et l'observa, incrédule, sortir le collier vert avec le S de Serpentard pour le passer autour du cou de Narcissa. Ensuite, le Serpentard plaça l'extrémité de sa baguette sur la poitrine de sa mère, à l'emplacement du cœur, ferma les yeux et murmura une suite de mots incompréhensibles et à peine audibles.
L'opération dura quelques minutes. Lorsque Malefoy se tut et rouvrit les yeux, la Gryffondor crut que le sortilège n'avait pas marché ; mais la poitrine de Narcissa parut se débloquer, et elle reprit vie, montant et s'abaissant au rythme de sa respiration saccadée. La jeune femme souleva difficilement ses paupières, l'air complètement déboussolée.
Son fils agita une main devant ses yeux, sans doute pour vérifier qu'elle était bien réveillée. Elle la suivit du regard, et le soulagement se peignit nettement sur le visage d'habitude inexpressif du Serpentard. Leurs regards se croisèrent et il lui sourit.
- Drago, que... qu'est-ce que... enfin...
Ses bafouillements moururent lorsque celui-ci posa une main sur sa bouche pour la faire taire.
- Ça va aller. Reviens doucement à toi. On a tout notre temps.
Incrédule, Hermione le regarda fixement. Elle n'avait jamais discerné autant de tendresse dans les yeux d'un Malefoy. Et cette douceur dans sa voix...
Narcissa se redressa en tremblant, analysant autour d'elle d'un air stupéfait.
- Mais où sommes-nous ? Que s'est-il passé ?
Elle plissa le front d'inquiétude.
- Où est Lucius ?
Le sourire de Malefoy se transforma en grimace. Apparemment, il n'était pas enchanté à l'idée d'informer sa mère de la mort de son père.
- Calme-toi, maman. Je vais tout t'expliquer, mais je veux d'abord m'assurer que tu vas bien.
Les yeux de cette dernière cessèrent tout agitation pour venir se poser sur lui. Elle lui offrit un sourire attendri qui, aux yeux de Malefoy, devait sans doute valoir tout l'or du monde.
- Je vais bien, mon chéri. Je me sens juste un peu perdue, comme si je m'étais endormie pendant des années. C'est une sensation étrange. Et puis j'ai... j'ai fait des rêves bizarres...
Le Serpentard lui caressa la joue.
- C'est normal, ça va passer.
Il l'aida à s'assoir en prenant appui sur ses bras.
- Alors, que s'est-il passé ?
Le jeune homme soupira, puis planta ses iris gris dans ceux, verts, de sa mère.
- De quoi te souviens-tu ?
Narcissa fronça les sourcils, cligna des yeux, plissa le front dans un effort de mémoire manifestement difficile.
- Euh... je... pas grand-chose... je...
Elle scruta les alentours, essayant par tous les moyens de se souvenir.
- La guerre... la bataille... on a fui... Poudlard...
- C'est bien ça, l'encouragea Malefoy, qui ne la quittait pas des yeux.
- Lucius nous a emmené dans un endroit où l'on ne pourrait pas nous retrouver... Une falaise... Ici ?
À nouveau, elle jeta des coups d'œil autour d'elle.
- Oui, exactement, acquiesça son fils d'une voix lente et calme.
- On prenait le thé et... et d'un coup... la panique... et... et puis, plus rien.
Elle leva un regard désespéré vers lui.
- Qu'est-ce que cela veut donc dire ?
- Père t'a jeté un sortilège qui a temporairement arrêté ton cœur et qui a gardé ton corps à basse température pour faire croire que tu étais morte.
Écarquillant les yeux, Narcissa plaqua une main sur sa bouche.
- Pourquoi ?
Devant l'affolement de sa mère, Malefoy lui prit la main.
- Pour que les Mangemorts ne te fassent pas de mal. Ils nous ont retrouvés à cause du Tabou, et ont surgi dans la tente. Père a voulu te protéger.
- Où est-il ? s'affola la jeune femme. Drago, où est Lucius ?
Le regard de celui-ci ne cilla même pas.
- Ils l'ont tué.
Sa voix était inflexible, mais il détourna les yeux pour ne pas distinguer l'horreur grandissante dans ceux de sa mère.
- Non..., souffla-t-elle. Non, ce n'est pas possible...
Son menton se mit à trembler. Hermione était sûre que si elle n'avait pas été assise, elle se serait effondrée par terre.
- Maman, murmura Malefoy doucement mais fermement.
Il s'autorisa à la regarder à nouveau.
- Père a veillé à ta protection avant de mourir. Il t'aimait, toi. C'est la seule chose que tu dois retenir.
Prise d'une impulsion, la Gryffondor contourna Narcissa pour faire face au Serpentard. La souffrance qu'elle discerna dans ses yeux lui parut irréelle ; jamais personne avant n'avait pu lui faire ressentir autant de douleur dans un seul regard.
Et pourtant, elle savait que son origine n'était pas la mort de son père.
- Tu penses qu'il ne t'a jamais aimé, devina-t-elle sans pouvoir s'empêcher d'éprouver un élan de compassion pour lui. En tout cas, il ne te l'a jamais montré.
C'était la première fois que les yeux du jeune homme exprimaient autant de choses à la fois ; elle qui était habituée à cette barrière sans cesse dressée autour de lui tombait de haut.
Profondément choquée, Narcissa ne remarqua même pas le trouble de son fils.
- Il est mort..., répétait-elle comme un refrain qui tourne en boucle. Il est mort...
Après avoir assisté à contrecœur au quotidien de Lucius et Narcissa, Hermione se demandait comment la jeune femme pouvait encore lui porter autant d'amour, alors qu'à sa connaissance son mari lui faisait plus de mal qu'autre chose. Mais sa réflexion l'amena à se rendre compte qu'il s'agissait plus ou moins de sa situation avec leur fils, et elle secoua la tête, peu désireuse de revenir sur le sujet.
« Moi, je le déteste, martela-t-elle mentalement. Ni plus, ni moins. »
- Je t'en prie, maman, l'interrompit Malefoy à voix basse. Sa mort ne devrait pas te faire de mal.
Elle fixa sur lui un regard plein de larmes.
- Je l'aimais, Drago. Je sais que tu ne comprends pas, mais je l'aimais vraiment, malgré tout.
- Comment pouvais-tu aimer un être tel que lui ? cracha ce dernier entre ses dents serrées.
Il n'avait pas élevé la voix, mais la haine qui se reflétait dans ses yeux fit reculer Narcissa.
- C'est cet homme que j'ai appris à aimer, Drago. Cet homme-là, avec ses qualités et ses défauts. Tu comprendras peut-être un jour, si tu t'en donnes le temps.
Elle tendit la main pour lui caresser la joue ; le Serpentard détourna la tête, mâchoire crispée.
- Lui ne savait pas t'aimer.
- Peut-être, répondit-elle pensivement. Mais il m'aimait aussi, même s'il ne savait pas me le montrer. Et cela me suffisait.
Elle se pencha délicatement vers lui.
- Toi aussi, Drago, il t'aimait.
- C'est faux, contre-attaqua celui-ci.
- Non. Je te le promets.
- Je ne te crois pas.
- Il ne savait pas s'y prendre, le défendit-elle. On le n'avait jamais aimé. Alors je pense qu'il a le droit d'être pardonné.
Son ton était si bas qu'Hermione dut se pencher pour comprendre ses paroles. Des rafales de vent secouaient ses vêtements et ses cheveux, et le fracas des vagues qui se brisaient sur les rochers était assourdissant. Mais elle entendit clairement Malefoy murmurer :
- Je ne pourrais jamais le lui pardonner.
Sa mère hocha lentement la tête, lui montrant qu'elle comprenait quand même. Après une pause, il ajouta :
- Je ne voudrai jamais être comme lui.
Hermione se mordit la lèvre inférieure. Elle louchait tellement sur Malefoy qu'elle en avait mal aux yeux. Elle essayait d'effacer ce sentiment qui germait en elle, mais elle avait beau le repousser, il revenait. Malgré tous ses efforts, elle mourrait d'envie de le serrer dans ses bras.
Un petit sourire triste effleura les lèvres mouillées de larmes de Narcissa.
- Tu n'es pas comme lui, Drago. J'ai un grand respect pour ton père, et je lui pardonne toutes ses erreurs, mais cela ne change rien : tu es capable de faire mieux que lui, je le sais, je le sens. Tu peux agir autrement, et tu le feras. Je crois en toi, mon bébé.
N'importe qui aurait grogné à l'appellation de ce surnom, mais pas lui. Il se contenta de planter ses iris dans les siens, sans rien dire. La Gryffondor devina qu'aucun des petits surnoms de sa mère ne le dérangeait vraiment : il s'agissait bien là d'une preuve de son amour pour lui.
Celle-ci se pencha pour l'embrasser sur la joue et Malefoy ferma les yeux à ce contact si doux. Hermione les trouvait tellement mignons ainsi qu'elle aurait aimé arrêter le temps pour oublier ce qui se passerait plus tard.
- Qu'allons-nous faire maintenant ? murmura Narcissa, son front posé contre celui de son fils.
Ce dernier s'écarta pour mieux la regarder.
- Toi, tu vas te cacher. Moi, je vais m'assurer que tu restes en vie.
Une détermination farouche remplaça la tristesse dans ses yeux qui virèrent à l'orage.
- Je te promets que je ferais tout pour te protéger. Tu as ma parole, maman.
Elle parut brusquement très inquiète.
- Que vas-tu faire ?
Malefoy se leva, l'entraînant dans son mouvement en la tirant par les mains pour l'aider. Narcissa flancha un instant, mais il glissa un bras sous ses aisselles pour la maintenir debout.
- Je vais rejoindre les Mangemorts. Je vais réintégrer le groupe pour surveiller leurs moindres faits et gestes. Ainsi, je pourrais mieux te protéger.
Sa mère eut l'air de vouloir protester ; il la devança.
- C'est la seule chose qui compte à mes yeux maintenant.
Hermione se remémora les paroles de Lucius, quelques heures avant sa mort : « Tu dois me jurer quelque chose, Drago. Tu dois me jurer que tu protégeras ta mère au péril de ta propre vie, quoiqu'il advienne, qu'il se passe, quoique l'on te fasse. Tu dois me jurer que tu ne laisseras personne lui faire de mal, que tu dévoueras cœur et âme pour la défendre. Et tout cela, dans l'ignorance la plus totale. Ce sera ta seule façon de me prouver que tu vaux quelque chose, que tu n'es pas lâche, finalement. »
Son choix de protéger sa mère au péril de sa vie venait-il seulement de lui-même ou était-il influencé par les propos de son père ?
À l'instant où la question se formait dans son esprit, Malefoy y apporta une réponse :
- C'est ce que je veux, et c'est ce que je dois faire. Peut-être est-ce la seule façon pour moi de montrer ce que je vaux vraiment.
Ainsi, malgré tout son mépris pour son père, il souhaitait quand même lui prouver qu'il n'avait rien d'un lâche, et qu'il irait jusqu'au bout. Hermione devait bien s'avouer qu'elle admirait sa conduite.
Si Narcissa ne sembla pas comprendre le sens de ces paroles, elle ne posa aucune question.
- On va transplaner, précisa Malefoy en baissant les yeux vers elle. Tu t'en sens capable ?
- Ne t'inquiète pas pour moi. Ça va aller.
- Bien. Accroche-toi, c'est moi qui transplane.
Elle eut tout juste le temps de hocher la tête ; déjà, le noir les avait engloutis. Pour Hermione, ce ne fut que l'arrivée d'un autre souvenir, donc le décor disparut. De l'herbe poussa sous ses pieds, le fracas assourdissant se tut et un immense manoir atterrit devant elle. Soutenant toujours sa mère, Malefoy se hâta vers l'entrée, poussa la porte et s'engouffra dans le hall. D'un coup de baguette, il alluma toutes les chandelles puis aida sa mère à s'asseoir sur un fauteuil avant de se diriger vers le perron d'où il lança une multitude de sortilèges pendant quelques minutes. Hermione vit une gigantesque bulle prendre forme et englober le manoir, transparente et immatérielle, recouvrant toute la propriété jusqu'au grand portail afin d'en assurer la sécurité.
Malefoy referma la porte et retourna vers sa mère qu'il aida à nouveau à se lever et à grimper les marches du grand escalier. La lionne les suivit, remarquant au passage qu'ils empruntaient le même chemin qu'elle avait fait avant de trouver la chambre du Serpentard. Ils parvinrent devant une porte, et quand il la poussa, elle reconnut la petite chambre à la moquette rose qu'elle avait eu l'occasion d'explorer. Son regard se posa sur la table de chevet près du lit, et elle se souvint avoir ouvert le tiroir pour en extirper une photo de Narcissa, lui indiquant ainsi qu'il s'agissait de sa chambre.
La jeune femme adressa un sourire à son fils, qui lui offrit son bras pour prendre appui. La fatigue marquait chacun de ses traits ; apparemment, le sortilège lancé par Lucius relevait de la haute magie noire, pour ainsi éprouver la victime.
Lorsqu'elle fut allongée dans le lit, Malefoy s'assura qu'elle ne manquait de rien. Déjà les paupières de sa mère papillonnaient.
- Repose-toi, maman. Je vais rester un petit moment, puis je vais repartir. Mais tu seras en sécurité, j'ai jeté tellement de sortilèges de protection autour de toi qu'il n'y a aucune raison que l'on te trouve. Et puis même si c'était le cas, j'en serais aussitôt alerté et j'aurais débarqué avant même que la personne ne puisse franchir l'entrée.
Pour toute réponse, elle eut un sourire las.
- Merci, mon bébé.
Elle chercha sa main ; Malefoy l'attrapa et la serra.
- Une dernière chose avant que tu t'endormes : est-ce que tu me fais confiance, maman ?
- Bien sûr, mon chéri. Tu es tout ce qu'il me reste.
Les traits du Serpentard se tendirent. L'expression de son visage signifiait clairement que cela marchait aussi bien dans l'autre sens.
- Il faut que tu fasses absolument tout ce que je te dis de faire. Dans n'importe quelle circonstance. Tu me le promets ?
Même si elle paraissait prête à sombrer dans les bras de Morphée, ses yeux ne mentaient pas lorsqu'elle répondit.
- Je te le promets.
Le soulagement se peignit sur le visage de Malefoy, mais il restait un brin d'angoisse dans ses yeux quand il se pencha pour déposer un baiser sur son front.
- Bonne nuit, maman. Et n'oublie pas que je suis là, quoiqu'il arrive.
Ses paupières s'abaissèrent mais elle murmura dans un souffle :
- Cela marche dans les deux sens, Drago.
Sa respiration devint plus régulière, et Hermione sut qu'elle s'était endormie. Malefoy demeura immobile à ses côtés, étudiant son visage avec une attention particulière. La Gryffondor s'approcha de lui tout en prenant garde de laisser un mètre de distance entre eux.
Plus elle l'observait, plus elle s'apercevait que finalement il était un être humain doté de sentiments, même si elle savait, au fond d'elle, qu'elle n'en avait jamais douté. Elle avait simplement oublié par moments qu'il n'était pas qu'une statue de glace froide et insolente et qu'au bout du compte, il n'était pas si différent d'elle.
Les minutes passèrent ; Malefoy contemplait sa mère, Hermione inspectait scrupuleusement Malefoy, enregistrant les moindres détails de son visage. Elle ne savait plus quoi penser, quoi faire. Un instant, elle ne ressentait que de la haine pour lui, une haine violente et inébranlable, et l'instant d'après, cette haine diminuait, parfois jusqu'à lui donner l'impression de disparaître.
Quand il se redressa, la jeune fille n'avait aucune idée précise du temps qui s'était écoulé, mais supposait que plus il s'éternisait, plus son absence avait de chances d'être découverte, même si c'était peu probable au beau milieu de la nuit.
Manifestement à contrecœur, Malefoy sortit de la pièce et referma délicatement la porte. Abandonner sa mère ne serait-ce que pour la nuit avait l'air difficile, mais le temps qu'il descende les escaliers, traverse le hall et se retrouve dehors, toute trace d'angoisse, de tristesse ou de tendresse avait déserté son visage, laissant place à cette impassibilité qui le caractérisait si bien.
Il quitta le manoir en relançant des dizaines de sortilèges de protection derrière lui puis transplana, et Hermione sut qu'il avait revêtu son masque, et que sa mission commençait.
J'aime particulièrement ce chapitre qui montre l'humanité dont peut faire preuve Drago. J'ai pris énormément de plaisir à l'écrire et j'espère vraiment qu'il vous a plu. Pour moi, Drago aime sa mère vraiment très fort, même si lui, tout comme son père, n'a jamais eu l'occasion de le lui montrer. Cet amour est réciproque, et cela se voit. Je pense même que Drago a toujours appelé ses parents "père" et "mère" mais qu'en absence de témoin, Narcissa et lui se donnent des noms plus intimes, comme un "maman" et un "mon chéri" tout à fait normaux.
Voilà, voilà !
Merci d'avoir lu
J'attends vos avis avec impatience
