Hello !
Quel bonheur de rentrer de vacances et de se trouver face à vos reviews adorables ! Si vous aviez vu mon sourire... Vraiment, merci pour vos reviews qui m'ont énormément fait plaisir !
Ces vacances m'ont permis de réfléchir encore à ma Dramione (elle m'a tellement manqué, et vous aussi...) et même de bronzer des jambes (ouiiiii, c'était pas gagné) ! Mais je suis contente d'être de retour, même si à peine arrivée je suis direct repartie avec mon père en Andorre où je me trouve actuellement (merci au Wifi d'exister O_o).
Au sujet des chapitres suivants : il y en a encore quelques-uns consacrés à la pensine car je les trouve vitaux pour l'histoire (c'est intéressant de la considérer sous un autre œil) mais puisque certaines trouvent le temps un peu long, et je comprends que vous soyez impatientes de savoir ce qui se passera une fois la fin des souvenirs, on va faire un deal : tant qu'il y aura des chapitres sur les souvenirs de Drago, j'en posterai deux à la fois pour que ce soit moins long ! Est-ce que cela vous va ? Comme ça c'est donnant-donnant comme disait mon prof de maths !
Voilà, voilà, je pense qu'il est temps de passer aux choses sérieuses. Pleins de bisous tous doux et je souhaite d'excellentes à vacances à ceux/celles qui en ont !
Bonne lecture !
DragoHermione : Tu sais que tu me fais rire avec tes suppositions à chaque fois ? C'est super drôle et j'adore connaître le déroulement de tes hypothèses ! Ça me fait super plaisir en tout cas ! Je suis ravie que tu aies apprécié ce chapitre :) Et tu as tout juste au sujet du papa Drago ! Quant au lien entre le chapitre 7 et 29, tu n'as pas tort ! J'admire ton esprit d'analyse ;) Encore merci, pleins de bisous et au prochain chapitre !
Tandori : Merci beaucoup ! C'est super que tu aies retrouvé le lien (et je sais que ce n'est pas facile !), et oui ne t'inquiète pas, mes publications devraient être régulières ;) Merci encore !
30. - Enfer et damnation
À peine Malefoy eut-il disparu que le souvenir changea. Hermione mit quelques secondes à s'en rendre compte car elle était retournée dans la demeure de Yaxley, ce qui paraissait normal à première vue. Mais lorsqu'elle vit l'agitation qui y régnait, elle comprit que quelques jours s'étaient écoulés depuis que le Serpentard était allé chercher sa mère à la falaise.
Les Mangemorts étaient regroupés dans le grand salon qu'elle connaissait si bien. Ils discutaient entre eux, formant un brouhaha qui emplissait la pièce. Leur clan n'était pas complet ; d'un rapide coup d'œil, elle évalua qu'il en manquait quelques-uns. Malefoy parlait à quatre autres Mangemorts qui l'écoutaient attentivement, suspendus à ses lèvres. La jeune fille se demanda ce qu'il pouvait leur raconter de si captivant, mais quand elle entendit parmi le tumulte « moldu » et « panique », elle comprit qu'il valait mieux pour elle ne rien savoir.
Son regard balaya le salon. Elle repéra Yaxley et Dolohov, en grande conversation. À en juger par la manière dont Yaxley fixait Dolohov, il avait pris une place importante à ses côtés, mais son aversion pour lui ne s'était pas atténuée.
Brusquement, alors que la lionne s'approchait d'eux afin d'entendre leur discussion, trois autres Mangemorts s'engouffrèrent dans le grand salon, et toutes les têtes se tournèrent vers eux d'un même mouvement. Les capuches qui recouvraient leurs têtes plongeaient leurs visages dans l'ombre, ce qui empêcha la Gryffondor de les identifier. Mais une voix s'éleva de l'une d'entre elle, et Hermione la reconnut instantanément.
- Nous avons rempli trois autres cellules, Yaxley, l'informa Pansy Parkinson en rejetant sa capuche en arrière, dévoilant une cascade de cheveux bruns.
Ce dernier fit quelques pas dans sa direction.
- De qui s'agit-il ?
Pansy se tourna vers l'un de ses acolytes qui lança trois badges à Yaxley.
- John Newman, du Département des mystères, Sofia Cracson, du Bureau des Aurors, et Alfred Hapkick, du Service des détournements de l'artisanat moldu, énuméra Pansy d'une voix calme. Une Sang-de-Bourbe et deux traîtres-à-leur-sang.
Dolohov arracha les badges des mains de Yaxley et haussa un sourcil d'un air glacial.
- Un Auror ?
Il étudia les badges deux secondes puis releva la tête.
- Qui s'en est chargé ?
- Moi, naturellement, répondit Pansy d'un ton évident.
Sa posture était si droite qu'il était impossible de ne pas distinguer sa fierté. Elle avait cet air hautain qu'Hermione lui avait toujours connu et qui paraissait s'être encore accentué avec le temps.
Dolohov eut un semblant de sourire.
- Eh bien, je t'accorde le droit de t'occuper d'elle. De la manière que tu souhaites.
La figure de Pansy s'éclaira.
- Merci, dit-elle néanmoins d'une voix neutre.
Ses deux acolytes abaissèrent leurs capuches, mais Hermione ne les connaissait pas. Ils rejoignirent le reste du groupe qui se dirigea vers la grande table. Pendant ce temps, alors qu'elle ne lui avait pas accordé le moindre coup d'œil, Pansy jeta un long regard à Malefoy, puis marcha tranquillement jusqu'à sa chaise où elle s'assit étroitement, comme si de rien n'était.
Lorsque tout le monde eut pris place autour de la table, Dolohov prit la parole.
- Juste deux mots au sujet de nos activités. Comme nous avons pu tous le constater maintenant, notre passe-temps favori est une véritable réussite. Capturer les moldus, Sang-de-Bourbes et traîtres-à-leur-sang est encore plus facile que prévu. Nous avons déjà trente-huit cellules complètes, avec à la clé plus de vingt heures de torture chacun. Levons donc nos verres à cette incroyable victoire !
Tous les Mangemorts approuvèrent en criant et en sifflant de satisfaction. Pendant quelques secondes, il y eut le bruit d'une trentaine de verres qui se cognent.
- À notre maître ! s'exclama Dolohov en grondant comme un dragon. Au Seigneur des Ténèbres !
- Au Seigneur des Ténèbres ! répétèrent-ils en chœur avant d'avaler d'un trait.
Un somptueux repas apparut à ce moment-là, et les conversations reprirent. Hermione, qui était restée terrée dans un coin de la pièce, intercepta le regard entre Pansy et Malefoy ; la jeune fille fit un signe de tête vers la porte, et le Serpentard hocha imperceptiblement la tête. Ils se levèrent simultanément et se rejoignirent dans le couloir, Hermione sur leurs talons.
- Que s'est-il passé, Drago ? fut la première question que Pansy lui posa à l'instant où la porte se referma derrière eux.
Ce dernier se passa une main dans les cheveux. La lionne le dévisagea avec l'espoir d'entrevoir une émotion ; rien, comme d'habitude. Même en présence de Pansy, depuis le temps de Poudlard, il n'était qu'un masque de glace et d'impassibilité.
- Ils ne t'ont rien dit ?
Sa voix était posée, mesurée, contrôlée.
Pansy secoua la tête. Elle, en revanche, avait complètement abandonné sa fierté et le petit air supérieur qu'elle abordait constamment. Devant Drago, apparemment, elle osait se mettre à nu.
- Tout ce que je sais, c'est que tu n'étais pas là lors de la bataille finale, admit-elle, et Hermione ne décela dans sa voix aucune trace de reproche ou de jugement, simplement de l'inquiétude.
Malefoy acquiesça.
- Mon père nous a entraînés, ma mère et moi. Il voulait fuir, parce qu'il était lâche. Je n'ai pas pu m'opposer à lui.
- Où êtes-vous allés ? s'enquit Pansy, qui louchait sur lui avec des yeux de Sombral.
- Quelque part près d'une falaise, je ne connais pas le lieu exact, expliqua le Serpentard en faisant un geste vague de la main.
- Mais les Mangemorts vous ont retrouvés, j'imagine. Et ils ont tué tes parents.
À nouveau, le jeune homme opina. Pansy parut hésiter.
- Et... pourquoi...
- Pourquoi pas moi ? Parce qu'ils ne pouvaient pas me tuer. Ils ont besoin de moi, et moi j'ai besoin d'eux. Je ne voulais pas m'enfuir. Tu es la mieux placée pour savoir que le seul homme capable de me faire baisser les yeux, c'était mon père.
Déglutissant à grand peine, la jeune fille hocha la tête.
- Les faire renoncer n'a pas dû être facile, commenta-t-elle d'une petite voix.
- Non, en effet. Mais ils ont compris que je pouvais leur apporter une grande aide.
Il haussa les épaules.
- Je me suis débrouillé pour le leur prouver.
Avec un frisson, Hermione se remémora ce moment où elle l'avait vu proposer toutes sortes d'idées saugrenues afin de venger la mort de Voldemort.
Pansy considéra fixement Malefoy pendant quelques secondes, puis des larmes firent irruption sur ses joues roses.
- Tu m'as tellement manqué, Drago. J'ai eu peur de te perdre.
Elle cligna des yeux plusieurs fois et détourna la tête. Malefoy ne disait rien.
- S'il te plaît, je sais que tu n'aimes pas ça, mais laisse-moi te serrer dans mes bras, murmura-t-elle d'un ton suppliant.
La Gryffondor observa le visage du Serpentard, perplexe. Il n'exprimait rien, rien du tout, et elle savait ô combien c'était douloureux.
Doucement, il acquiesça. Pansy fit un pas dans sa direction pour se blottir contre lui, ses bras passés autour de sa taille pour le serrer fort contre elle. Hermione préféra ne pas regarder, refoulant de toutes ses forces la bouffée de jalousie qui assaillait ses entrailles. Mais elle eut beau serrer les poings et se concentrer pour l'éloigner, elle était bien là, puissante et dévastatrice, comme une vague qui emporte tout sur son passage.
« Ça doit vouloir dire quelque chose, non ? » siffla une petite voix dans sa tête.
Mais la jeune fille secoua la tête, décidée à éjecter aussi bien la jalousie dévorante que cette petite voix qui racontait n'importe quoi.
Pansy demeura bien trop longtemps contre Malefoy au goût d'Hermione qui poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle s'écarta de lui et essuya ses larmes avec le bout de sa cape.
- Merci.
Le Serpentard inclina imperceptiblement la tête sur le côté, puis planta son regard gris dans celui de Pansy et lâcha :
- Je suis désolé.
Il resta immobile un instant, sans la quitter des yeux, puis ouvrit la porte et retourna dans le grand salon, la laissant seule dans le couloir. Hermione eut le temps de jeter un coup d'œil au visage désespéré de Pansy avant d'être propulsée derrière Malefoy, qu'elle était obligée de suivre.
Tandis qu'elle lui emboîtait le pas, la silhouette du Serpentard devint transparente jusqu'à totalement disparaître, en même temps que la table de Mangemorts devant eux et que les murs du manoir qui s'envolèrent, comme aspirés par le ciel. Une moquette rouge s'étendit sous ses pieds et les murs d'un couloir se plantèrent autour d'elle, facilitant la reconnaissance du lieu. Malefoy fut tout à coup à ses côtés et poussa la porte qu'Hermione n'avait pas encore remarquée. Il pénétra dans la pièce à toute vitesse et s'approcha de Narcissa, assise sur son lit, pour déposer un baiser sur son front.
- Je repars, déclara-t-il en resserrant sa cape autour de lui. Fais bien attention à toi, maman.
- Sois prudent, mon chéri, le pria celle-ci, mais il avait déjà fait volte-face.
Il descendit les escaliers quatre à quatre, traversa le hall et se retrouva en un rien de temps à l'extérieur. Il sortit de la propriété, relança les sortilèges de protection, puis transplana.
Hermione se retrouva dans une forêt, reniflant l'odeur des pins à plein nez. Le soleil filtrait à travers les feuillages des arbres, et un petit vent agréable secouait ses cheveux ébouriffés. Aussitôt, Malefoy entama une marche rythmée que la lionne eut du mal à suivre. Il se déplaçait avec une telle aisance qu'elle devait courir pour rester à sa hauteur. Et encore, heureusement qu'elle n'était pas réelle, car si elle avait dû esquiver les buissons et les ronces, elle aurait vite perdu sa trace.
Que cherchait-il, au juste ? Où étaient passés ses petits copains ? La tête pleine de questions, la Gryffondor regarda attentivement autour d'elle tout en continuant d'avancer, espérant avoir un indice concernant la destination de son ennemi.
Soudain, Malefoy pila net, et Hermione faillit lui rentrer dedans. Il se glissa derrière un arbre, espionnant quelques mètres plus loin. Déboussolée, la jeune fille suivit son regard. Son cœur fit un bond, et son estomac se tordit violemment.
C'était elle ! C'était elle qui courrait dans la forêt, poursuivie par les Mangemorts lorsqu'elle était tombée dans leur piège, ce matin du trois juillet ! Elle lançait des sortilèges au hasard qui n'atteignaient jamais leur cible, elle puisait dans toutes ses forces pour courir le plus vite possible, espérant leur échapper. Elle courrait sans savoir où elle allait, simplement guidée par la terreur qui gagnait chaque cellule de son corps, comme un poison qui se répand dans les veines.
La vraie Hermione s'observa elle-même tandis qu'elle tentait par tous les moyens de s'enfuir. Une angoisse terrible vint ronger son estomac. Elle avait l'impression de tout revivre. Elle se regarda trébucher, tomber, et rouler sur plusieurs mètres jusqu'à heurter un tronc d'arbre. Elle se regarda se recroqueviller en gémissant, une main plaquée sur son flanc droit. Elle se regarda chercher sa baguette à tâtons dans le noir, sous les rires des Mangemorts. Elle se regarda gisant au sol comme un vulgaire pantin dont on a coupé les fils.
La Gryffondor serra les poings jusqu'à faire blanchir ses phalanges. Quelle humiliation. Quelle lâcheté de la part des Mangemorts. De la part de Malefoy, qui se contentait de contempler la scène de derrière son arbre.
La Hermione du souvenir se releva à grand peine, incapable de tenir debout sur ses jambes flageolantes. Ses mains palpaient son flanc droit, mais elle gardait la tête haute, même si elle n'y voyait rien, même si elle était seule, faible et sans défense. Les Mangemorts, nombreux, tournaient autour d'elle en riant, leurs baguettes pointées directement sur son cœur. Elle luttait pour rester fière et droite face à eux, mais sa détresse était clairement visible.
La vraie Hermione détourna la tête, refusant d'en regarder plus. C'était insupportable. Et Malefoy qui ne faisait rien, qui restait simplement planqué derrière un arbre !
Les voix indistinctes des Mangemorts parvenaient jusqu'à elle sous forme de bande son à peine audible. Mais Hermione n'avait pas besoin de les entendre clairement pour savoir ce qu'ils disaient, elle connaissait ce moment par cœur. Il était ancré en elle à tout jamais.
C'était le début, le commencement de la fin. Si ce jour-là, elle n'était pas stupidement tombé dans un piège que le plus idiot des sorciers aurait évité, sa vie n'aurait pas basculé ainsi. Elle aurait encore eu une dignité, des amis, une famille, elle ne sentirait pas si sale et si angoissée à l'idée que ceux qu'elle aimait soient actuellement en train de se battre pour sauver sa vie alors qu'elle était prisonnière des souvenirs de son pire ennemi. Elle ne serait pas tombée amoureuse de cet être lâche, arrogant et manipulateur qu'était Drago Malefoy.
« Je ne suis pas amoureuse de ce monstre, martela-t-elle mentalement, espérant se convaincre elle-même. Je ne l'aime pas. »
Pourtant elle savait au plus profond d'elle qu'au moindre regard dans sa direction, chaque cellule de son corps s'affolait.
- Ce n'est que de la haine, affirma-t-elle fermement, se rendant tout juste compte qu'elle venait de parler à voix haute. De la haine à l'état pur.
« Tu es sûre ? questionna la petite voix dans sa tête. Sûre qu'il n'y a pas quelque chose en plus ? »
Elle avait beau nier, au fond de son cœur, elle connaissait la réponse.
Soudain, Malefoy bougea. Revenant à elle, la Gryffondor s'aperçut qu'il s'était extirpé de son immobilité à une vitesse époustouflante et qu'il était à présent en train de se diriger vers la Hermione du souvenir que les Mangemorts encerclaient, se disputant quant à son sort.
- Moi ! Je veux la tuer !
- Non ! C'est toi qui a tué l'autre Sang-de-Bourbe, l'autre jour ! C'est mon tour !
- Ah non ! C'est à moi !
La boule au ventre même en sachant parfaitement ce qui se passerait par la suite, la lionne lui emboîta le pas d'une démarche réticente. Parvenu à une dizaine de mètres de ses confrères, Malefoy aboya :
- Aucun de vous ne la tuera !
Sa voix caverneuse fit frissonner la jeune fille. Le Serpentard n'avait même pas besoin de parler fort ou de façon agressive pour être effrayant.
Tous les Mangemorts se tournèrent vers lui d'un bond, et Hermione lut clairement la surprise sur les figures de ceux qui n'avait pas leur capuche. Elle fronça les sourcils ; pourquoi Malefoy n'avait-il pas été invité pour sa capture ?
- C'est nous qui l'avons capturée, c'est nous qui décidons ! s'enflamma Dolohov, la colère étant parfaitement palpable dans sa voix.
Déconcertée, la lionne se demanda pourquoi Malefoy prenait le risque de s'opposer à lui, le chef des Mangemorts, celui qui avait accepté son retour parmi eux qui plus est. Il s'approcha encore. La Hermione du souvenir s'agita dans l'espoir de les distinguer ; en vain, évidemment.
- Non, ce n'est pas vous qui décidez, grinça Malefoy avec froideur.
- Mais..., tenta de protester Dolohov, dont le teint virait au violacé.
Il paraissait s'enfler de rage, visiblement outré par une attitude aussi désobligeante de la part de l'un d'eux. À la place du Serpentard, Hermione aurait pris ses jambes à son cou.
- Sache, Dolohov, que cette Sang-de-Bourbe appelée Granger est une insupportable miss je-sais-tout, poursuivit Malefoy d'une voix glaciale, sans cesser d'approcher. Elle m'a gâché la vie durant six ans à Poudlard. J'ai dû maintes et maintes fois lui fermer son clapet, au risque qu'elle se croit le centre du monde.
Il y eut des ricanements, mais la jeune fille ne s'en préoccupa pas. Toute son attention était concentrée sur Malefoy et Dolohov qui se défiaient du regard.
- Cependant, elle n'est qu'une vulgaire Sang-de-Bourbe comme les autres, ajouta le blond.
- Elle a participé à la destruction du Seigneur des Ténèbres ! s'offusqua Avery, aussitôt approuvé par les autres.
Exactement comme dans ses souvenirs, Malefoy fit taire les protestations d'un simple claquement de langue.
- Certes, Granger a fait ami-ami avec Potty et sa belette de Weasmoche, reprit-il comme s'il n'avait pas été interrompu. Mais malgré tout cela, Granger reste une Sang-de-Bourbe qui a seulement eu la malchance de naître ainsi.
La Hermione du souvenir écarquilla les yeux, retenant sa respiration. La vraie Hermione, elle, observa de très près le visage de Malefoy. Mais, évidemment, c'était inutile : comme d'habitude, elle ne put rien apprendre de ses intentions.
- Elle n'est qu'une souillure ! scanda Macnair en pointant outrageusement son doigt vers la victime.
- Elle salit le monde des sorciers ! l'accusa fermement Rookwood.
- Elle ne mérite pas la vie !
C'était Dolohov, dont la froideur de la voix égalait presque celle de Malefoy. Il assassinait celui-ci du regard, espérant sans doute le tuer et l'enterrer par la seule force de ses yeux.
Des protestations s'élevèrent, approuvant l'opinion du chef. Mais, encore une fois, le Serpentard parvint inexplicablement à les faire taire d'un simple raclement de gorge.
- Granger est mon adorée Sang-de-Bourbe, riposta-t-il sans pourtant élever le ton. C'est donc à moi que revient la tâche de décider de son sort.
Il avait parlé avec une telle évidence qu'il aurait pu faire changer d'avis le plus borné des sorciers. La Hermione du souvenir tressaillit nettement.
Le silence tomba comme une pierre. Si Dolohov continuait de fusiller Malefoy du regard, il n'en avait pas moins perdu l'usage de la parole. Ce dernier s'avança vers la jeune fille, commençant à tourner autour d'elle, si près que leurs peaux s'effleuraient presque. Il la dévisageait sans rien dire, la contournant lentement, la faisant trembler comme une feuille.
- Malefoy...
Sa voix, chevrotante et faible, était si basse que la vraie Hermione ne l'entendit même pas ; elle lut simplement ce nom sur ses lèvres. La bouche de Malefoy s'étira en un sourire carnassier. Manifestement, sa supplication le comblait de joie.
Néanmoins, il demeura silencieux, accentuant l'angoisse de la Hermione du souvenir dont le visage était blême. Les Mangemorts, quant à eux, attendaient, n'osant pas s'interposer. Les yeux de Dolohov étaient devenus aussi mortels que le regard du Basilic et auraient réduis Malefoy en bouillie s'ils l'avaient pu.
La Gryffondor fit quelques pas vers le Serpentard et elle-même, louchant pratiquement sur lui. Elle était certaine, sans trop savoir pourquoi, que le sourire plaqué sur son visage était faux, et qu'en vérité, les rouages de son cerveau tournaient à toute allure, cherchant une échappatoire. À moins que ce ne soit qu'un rêve...
Elle le fixa avec une telle intensité qu'elle en eut mal aux yeux. Et, l'espace d'un instant, elle crut discerner un minuscule changement qui dura le temps d'une demi-seconde.
- Je vais réfléchir à son sort, convint-il finalement, brisant le silence devenu insupportable. Mais j'ai besoin d'un peu de temps. Alors vous allez me faire le plaisir de la transporter ailleurs.
La jeune fille inclina la tête sans le lâcher du regard, suspicieuse. Depuis quand Malefoy prenait-il le risque de s'adresser ainsi à ceux qui lui avaient accordé une seconde chance ? Ne craignit-il pas de perdre sa place au sein du groupe ?
Cette situation était décidément étrange, mais elle ne s'en était pas rendue compte sur le moment, ignorant tout du passé de Malefoy à cet instant. Et puis, de toute façon, sa réponse bien trop tardive avait été trop angoissante pour qu'elle s'intéresse au reste.
- Quoi ? protesta Avery, apparemment furieux.
Le Serpentard posa un regard froid sur le Mangemort qui, involontairement, se recroquevilla sur lui-même sous son emprise.
- Vous allez faire ce que je vous dis, assura-t-il, et même si son ton exprimait juste une évidence, on percevait nettement la menace dans sa voix méprisante. Que le premier qui n'est pas d'accord se désigne, et je lui règlerai son compte.
Aussitôt, l'un d'eux debout derrière la Hermione du souvenir esquissa un mouvement comme pour bondir sur Malefoy ; il cracha une incantation formulée à toute vitesse. Instinctivement, la jeune fille terrifiée se baissa, juste au moment où le sortilège frôlait sa joue gauche.
Mais avant qu'il n'ait pu atteindre Malefoy, ce dernier leva sa baguette sans prendre la peine de formuler la contre-attaque à voix haute, si rapidement qu'il n'y eut qu'un éclair furtif. Instantanément, le Mangemort s'écrasa au sol, immobilisé, ses membres brutalement collés à son corps.
À nouveau, le silence domina pendant quelques secondes.
- Quelqu'un d'autre ? s'enquit le Serpentard d'une voix effroyable.
Chacun d'entre eux s'arrangea pour fuir son regard. Même Dolohov, brusquement pâle, cessa de le fusiller des yeux.
La Hermione du souvenir commença à se redresser prudemment, ce qui lui tira une plainte. Elle plaqua ses deux mains sur son flanc droit, se mordant sauvagement la lèvre pour s'interdire le moindre son.
Malefoy fit volte-face, son attention de nouveau concentrée sur elle.
- Revenons à Granger. Vous allez faire ce que je vous ai dis. J'ai besoin de réfléchir. Le premier qui s'oppose à moi tombe ivre mort, ainsi que toute sa famille. C'est compris ?
Il n'eut que des marmonnements incompréhensibles pour toute réponse. Même Hermione, pourtant invisible et immatérielle, sentait la tension qu'elle aurait pu toucher du bout des doigts. Avant même qu'ils aient réalisé ce qui leur arrivait, cinq Mangemorts se retrouvèrent ligotés à des arbres, la lame d'un poignard enfoncée dans le tronc à quelques millimètres de leur tête. Stupéfaite, la lionne en resta bouche bée : elle n'avait même pas vu Malefoy lever sa baguette. Des gémissements apeurés s'élevèrent, et la Hermione du souvenir secoua frénétiquement la tête, espérant comprendre ce qui se passait.
- J'ai dis : c'est compris ? siffla Malefoy d'une voix aussi tranchante que la lame des poignards.
Cette fois-ci, la réponse fut plus claire. D'un geste imperceptible de la main, le Serpentard libéra les prisonniers qui essuyèrent la sueur collée sur leur front.
Toujours dans le silence le plus total, les Mangemorts abaissèrent leur baguette, laissant la capture aux mains de Malefoy. Ils rejoignirent Dolohov qui n'avait pas bougé depuis le début de la conversation. Chaque trait de son visage exprimait clairement sa désapprobation, mais la fureur l'avait totalement déserté ; incrédule, Hermione décela même une pointe d'inquiétude dans ses yeux de dragon. Son regard était fixé sur Malefoy, surveillant chacun de ses mouvements, doutant sûrement de ses agissements.
Ce dernier s'approcha de la jeune fille à pas lents. Elle ne bougeait pas, surprise par le silence soudain. La Gryffondor se souvenait parfaitement de ce qu'elle avait ressenti : la panique s'était propagée en elle, alertant tous ses sens. En cet instant, elle n'avait absolument aucune idée du choix de son ennemi.
Du bout de sa baguette, Malefoy toucha le front de la lionne affolée ; simultanément, elle s'effondra, évanouie. Il lança un nouveau sortilège, et elle s'éleva dans les airs, portée par la magie. Puis il se tourna vers l'attroupement de Mangemorts, qui suivaient la scène sans rien dire.
- Je la ramène à mon manoir, grogna-t-il d'une voix toujours aussi posée mais glacée. J'ai l'intention de m'amuser un peu avec elle, avant de décider quelle serait la meilleure façon de m'en débarrasser.
Hermione se regarda elle-même, flottant dans l'atmosphère, comme suspendue par un fil invisible. Un instant, l'image de Narcissa dans cette même position effleura son esprit.
- Considère ce privilège comme ta récompense des services que tu nous rends, répondit Dolohov. Mais n'oublie pas qu'elle a participé à la destruction du Seigneur des Ténèbres.
L'expression de Malefoy ne changea pas.
- Je le sais. Elle doit payer.
Sur ces mots, il transplana.
La vraie Hermione fut forcée de le suivre, et quitta la forêt à la même seconde que lui. Malefoy réapparut devant l'immense manoir qu'il avait quitté seulement quelques minutes auparavant, le corps de la jeune fille flottant tranquillement à côté de lui. Aussitôt, son masque parut tomber complètement ; le souffle court comme s'il avait couru deux kilomètres, il se tourna mécaniquement vers elle, dont les longs cheveux châtains formaient un halo autour de sa tête.
- Par Merlin, mais qu'est-ce que j'ai fait ?
Vous ne trouvez pas intéressant d'assister à la première scène de l'histoire en changeant de côté ? Personnellement j'ai adoré l'écrire...
Merci d'avoir lu !
