Hello !
Tout d'abord, je m'excuse pour le retard ; aussitôt après être rentrée, je suis repartie en vacances et je n'ai pas du tout eu le temps de poster la suite. Mais la voilà ! Et encore une fois, vous allez avoir droit à deux chapitres. Oui, je sais je suis géniale xD Non, sans rire, je ne suis pas douée du tout étant donné que j'ai réussi à m'entailler plutôt profondément le pouce en ouvrant une boîte de petits pois carottes. Sérieux ça fait trop mal ! Heureusement que je ne suis pas allée à la mer tout de suite après, sinon je pense que je l'aurais senti passer xD
Bref, après cette petite anecdote toute à fait inutile sur ma vie, place aux remerciements pour les reviews que vous m'avez laissé. Merci beaucoup, encore une fois, chacune d'entres elles me fait superplaisir. Je voulais aussi assurer à ceux qui pensent que laisser une review est inutile que ce n'est pas du tout, mais du tout le cas, car chaque avis est très important pour un auteur, même si c'est une simple phrase pour me dire que vous aimez (ou pas) comme le font certains (que je remercie vraiment !)
J'espère que tous ceux qui ont eu des vacances (quoi c'est possible de pas en avoir, ou très peu xD) en ont bien profité car la rentrée est là... Personnellement je rentre mercredi et je ne m'en rends toujours pas compte, mais quand j'y pense j'ai envie de pleurer xD Si, en fait j'ai juste envie d'y aller pour voir mes amis et mettre des réponses sur les questions que je me pose (camarades ? profs ? emploi du temps ?) mais ensuite retourner direct en vacances xD Ou alors, encore mieux : si on pouvait choisir tout ça nous-mêmes... Peut-être qu'on dormirait mieux la veille de la rentrée xD
Et vous, avez-vous passé de bonnes vacances ? Êtes-vous prêt(e)s pour la rentrée ?
Sur ce, bonne lecture !
Tandori : Ahaha, j'avoue je suis diabolique j'adoooore vous cuisiner à petit feu comme tu dis xD Ne t'inquiète pas, il y a des souvenirs que tu ne peux pas connaître et puis on va bientôt revenir au présent ^^ Merci beaucoup en tout cas, tes reviews me font très plaisir et j'adore que tu exprimes ta frustration xD J'espère que la suite va te plaire !
Lucie : Alors là, merci beaucoup, c'est super gentil, ça me touche énormément ! Ne sois pas déçue, ce n'est pas du tout terminé ! Reviieeeeens ! xD
DragoHermione : D'abord merci pour ton petit message pour me prévenir que tu commenteras plus tard mais que tu le feras quand même, c'est très gentil ! :) Tu sais qu'à chaque fois que je vois tes commentaires ça me fait trop sourire ;) Tu as raison au sujet de Drago, il n'a pas rien éprouvé en torturant d'autres personnes, c'est simplement qu'il le cachait (et je pense qu'il se le cachait aussi à lui-même car il devait penser qu'il s'agissait de faiblesse), par contre quand il a torturé Hermione c'était tellement pire qu'il n'a pas pu faire semblant. Pour répondre à ta question, ce serait avec grand plaisir que j'expliquerais le nom de mes chapitres qui ne sont pas du tout choisis au hasard ; veux-tu que je commence du début et si oui comment dois-je m'y prendre étant donné que je ne peux plus modifier mes premiers chapitres ? Pour le chapitre "Obsession", il s'agissait de l'obsession de Drago envers Hermione, incomprise mais belle et bien là. En vérité j'ai une petite explication pour chaque chapitre ^^ Parfois même, j'ai choisi des titres de chansons ou des expressions courantes !
Et non, l'histoire est loin d'être terminée, ne t'en fais pas ;) Encore merci beaucoup, et pleins de bisous !
32. - Mensonges d'un ange
- Pourquoi suis-je prisonnière ?
- Pour ne pas que tu t'échappes.
- Pourquoi m'échapperais-je ?
- Pour rentrer chez toi, rejoindre Saint Potter et ta belette de Weasmoche ou tes moldus de parents.
- Pourquoi n'ai-je pas le droit de les rejoindre ?
- Parce que tu es ma prisonnière.
Hermione se souvenait très bien de ce moment où elle avait appris que Malefoy n'avait jamais eu l'intention de la tuer, nouvelle qui l'avait abasourdie. Aujourd'hui encore, elle n'était pas sûre de connaître vraiment ses intentions. En y réfléchissant bien, il était même possible qu'elle n'y voit encore moins clair que son moi du passé.
- Pourquoi suis-je ta prisonnière, alors ?
- Pour ne pas que tu t'échappes.
N'avaient-ils pas l'impression de légèrement tourner en rond ? Cette conversation était assez exaspérante, mais la suite intéressante.
- Ma question est différente, cette fois. Pourquoi suis-je prisonnière alors que tu ne veux pas me tuer ni me relâcher ?
- Parce qu'une Sang-de-Bourbe dans la nature ces temps-ci est dangereux.
La jeune fille prisonnière baissa les yeux. Son futur se rappela de la déception injustifiée qu'elle avait ressenti à cet instant à propos du Serpentard. Elle inspecta donc le visage de ce dernier ; il parut remarquer son trouble et, apparemment, jugea nécessaire de se corriger.
- Je veux dire par là que si les Mangemorts te retombaient dessus, tu n'aurais pas une seule seconde pour faire ta prière. Parce que ton sang est impur, selon eux.
La Hermione du souvenir releva la tête, pleine d'espoir.
- Selon eux ?
- Oui.
- Et... selon toi ?
Silence. Malefoy sembla peser le pour et le contre, puis avoua :
- Selon moi, aucun sang ne vaut mieux qu'un autre.
Dès que ces mots eurent franchis sa bouche, il se mordit la lèvre, craignant peut-être d'en avoir dit trop.
Son interlocutrice écarquilla les yeux avec un hoquet de surprise à peine étouffé.
- Mais... tu... je... enfin, tu..., bredouilla-t-elle.
Reprenant contenance, Malefoy haussa un sourcil inquisiteur.
- Pas plus tard qu'il y a quelques minutes tu me traitais encore de Sang-de-Bourbe, articula-t-elle enfin, perplexe. Et l'autre jour, tu départageais les droits et les devoirs des sangs purs et des sangs impurs qui, selon toi, étaient différents !
- Pas selon moi, Granger.
- Pardon ?! Selon qui, alors ?
- Selon les Mangemorts.
Elle le dévisagea sans rien comprendre.
- Quelle différence y a-t-il ?
- Ça change tout, Granger.
- C'est-à-dire ?
- Penser comme un Mangemort n'est pas indispensable lorsque l'on en est un.
- Vraiment ?
- Vraiment, confirma-t-il.
- Alors n'importe qui peut l'être ?
- Pas n'importe qui, Granger, la contredit-il en secouant la tête.
- Je ne comprends rien, gémit-elle.
- Faire semblant de penser comme un Mangemort est indispensable lorsque l'on en est un ou lorsque l'on veut en être un, expliqua-t-il patiemment.
Le message était clair : Malefoy n'avait jamais adhéré aux idées de Voldemort et de ses alliés. Mais il avait toujours su que la Marque des Ténèbres aurait sa place sur son bras, et qu'il ne pourrait rien y changer. Alors, toutes ces années, il avait fait semblant de penser comme eux afin d'être bien intégré. Cela avait-il un lien avec son plan ou était-ce uniquement par protection personnelle ?
La Gryffondor était perdue. L'image du Serpentard torturant le Sang-de-Bourbe pour Yaxley dans le salon de sa demeure ou lançant des propositions pour semer la terreur dans le monde des sorciers s'imposait à elle, embrouillant totalement ses pensées. S'il n'avait jamais approuvé leurs méthodes, pourquoi y avait-il lui-même contribué ? Quel était donc l'objectif de toute cette histoire ?
Et, par-dessus tout, il restait la question de sa capture et de sa séquestration. Si Malefoy n'avait jamais eu l'intention de la tuer, pourquoi donc l'avait-il gardée prisonnière ? Et pourquoi avait-il souhaité la protéger des Mangemorts, alors qu'il n'y avait toujours eu que de la haine entre eux ?
Ses méninges s'actionnèrent inutilement tout le long de la conversation entre son double et son bourreau-sauveur-briseur-de-cœur. Son attention se concentra à nouveau sur lui lorsqu'il tourna les talons en conseillant à son souvenir de ne pas se laisser mourir de faim. Emportée par la curiosité, et espérant en apprendre un peu plus sur l'origine de ses agissements, elle grimpa les escaliers et parcourut une énième fois le hall derrière lui. Il marchait si vite qu'elle ne parvenait pas à le rattraper et donc pas à déchiffrer l'expression de son visage.
Elle accéléra le pas mais à la même seconde, Malefoy s'arrêta, à mi-chemin dans les escaliers du hall. Si elle avait été réelle, elle l'aurait heurté de plein fouet ; mais elle le traversa simplement. Étonnée, elle se retourna.
Un bras sur la rampe, il avait lourdement laissé tomber sa tête dessus dans un signe de désespoir. Son torse bougeait au rythme de sa respiration devenue saccadée, et il reniflait, comme si quelques larmes venaient d'échapper à son contrôle.
Le voir dans cet état remettait tout en question dans l'esprit d'Hermione. Tout ce à quoi elle assistait n'avait absolument aucun sens ; un coup, Malefoy agissait en monstre sans cœur, et celui d'après, il laissait couler quelques larmes. Par Merlin, comment démêler le vrai du faux ? Qui était donc réellement le mystérieux Drago Malefoy ?
Le souvenir s'enlisa ; l'instant d'après, elle se retrouvait une nouvelle fois dans la chambre du jeune homme. Ce dernier, assis par terre, le dos contre son lit, jetait contre le mur d'en face un Vif d'or qu'il rattrapait aussitôt après d'un geste si furtif qu'il en était imperceptible. Les traits de son visage étaient tendus, ses sourcils froncés, laissant Hermione penser qu'il était encore en pleine réflexion intense.
Brusquement, alors que la lionne n'avait rien constaté de spécial, il bondit sur ses pieds, dégainant sa baguette magique. Une seconde, il resta immobile, tous ses sens en alerte. Le regard d'Hermione se posa sur l'horloge magique accrochée au mur : il était trois heures du matin. Malefoy sortit de la chambre en courant, traversa l'immense couloir en un éclair et descendit jusqu'au premier étage.
- Maman ! appela-t-il en s'engouffrant dans sa chambre dont il ouvrit la porte à la volée.
Narcissa, qui lisait La Gazette du sorcier, baissa le journal en découvrant l'affolement de son fils.
- Qu'y a-t-il, mon chéri ?
- Ils arrivent, se contenta-t-il de répondre. Cache-toi, vite.
L'angoisse s'afficha nettement sur le visage de la jeune femme qui se leva en vitesse.
- Les Mangemorts ? C'est pour Hermione Granger ?
- Oui et oui, fit-il en la poussant pratiquement hors de la chambre. Tu te souviens du plan de secours, n'est-ce pas ? Tu ne bouges surtout pas, tu ne fais pas le moindre bruit, mais si tu les entends s'approcher trop près, tu...
- Je sais, Drago, l'interrompit sa mère en lui caressant la joue. Ne t'inquiète pas, ça va aller.
Ils étaient dans le couloir qu'Hermione connaissait si bien, celui dans lequel elle avait atterri dans la vraie vie avec Malefoy pendant la bataille chez Yaxley, la raison pour laquelle elle était là.
Le jeune homme ouvrit le panneau invisible dans le mur du couloir. La lionne se revit, elle, prête à s'échapper par le passage secret le jour de l'invasion des Mangemorts dans le manoir. Et soudain, elle eut l'impression de recevoir une décharge électrique. Pourquoi n'avait-elle donc pas pensé à tenter de s'échapper par là ?
La frustration envahit chacune de ses cellules. La panique avait été telle qu'elle n'avait même pas réfléchis à cette possibilité. Comme c'était stupide ! Avec un peu de chance, Malefoy aurait oublié cette échappatoire, et même si le manoir avait été ensorcelé pour qu'elle ne puisse pas s'enfuir, peut-être aurait-elle pu aller aider ses amis... Et au lieu de réfléchir posément, elle n'avait pensé qu'à se venger de cet être purement odieux en saccageant sa chambre. Alors qu'en ce moment-même, à la place d'explorer ses souvenirs, elle aurait tout simplement pu agir en rejoignant ceux qui étaient venus la sauver.
La fureur se mit à couler dans ses veines. Elle avait envie de se taper la tête contre les murs. Son obsession pour Malefoy lui ferait-elle perdre ceux qu'elle avait de plus chers au monde ? C'était désormais la seule chose qu'elle craignait...
Mais comment interrompre ce souvenir ? S'il y avait une chose que les livres lui avaient appris, c'était que s'extirper d'une pensine était impossible tant que les souvenirs n'étaient pas épuisés, à part si leur propriétaire se manifestait, ce qui, dans le cas présent, ne risquait pas d'arriver avant un bon moment. Elle n'avait plus qu'à attendre qu'ils défilent jusqu'au dernier, ce qui promettait d'être très long, à en juger par ce qui se passait autour d'elle.
Narcissa venait de se glisser dans le passage. Elle se tourna vers son fils et lui sourit.
- À tout à l'heure, mon bébé.
Toute son angoisse était clairement visible dans son sourire forcé, mais sans doute espérait-elle ne pas la lui transmettre.
- Fais bien attention, murmura-t-elle.
Il s'immobilisa une seconde, le temps de photographier mentalement son visage, sûrement.
- Toi aussi, maman. Je reviens vite.
Et il referma le panneau.
Toujours bouillonnante de rage envers elle-même, Hermione s'engagea derrière lui dans l'escalier qui menait au grand hall. Brièvement, elle se demanda comment il avait pu être alerté de leur arrivée si rapidement, mais bien vite, elle trouva d'elle-même la réponse : c'était sans doute les centaines de sortilèges de protection qu'il avait lancés autour du manoir qui avaient servis d'alarme.
En effet, à l'instant où il fut devant l'immense porte d'entrée, des coups retentirent de l'extérieur. Malefoy inspira profondément puis ouvrit la porte.
Une dizaine de silhouettes encapuchonnées attendaient sur le perron. La vision était plutôt terrifiante, si bien qu'à la place du Serpentard, Hermione aurait pris ses jambes à son cou. Mais il se contenta de transpercer Dolohov, à leur tête, d'un regard glacé.
- Que me vaut l'honneur de votre visite ?
Son ton avait beau être poli, sa voix n'en était pas plus chaleureuse. Et rien que l'aversion qui se reflétait dans ses yeux gris exprimait clairement qu'il n'était pas enchanté de leur présence.
- Contrôle de routine, lâcha le Mangemort, pas plus aimable.
Malefoy haussa un sourcil d'un air méprisant.
- Vous n'avez jamais effectué de contrôle chez moi.
La froideur de sa voix indiquait que le contraire aurait été inenvisageable.
- Il y a une première fois à tout, riposta Dolohov en entrant dans le hall malgré la réticence du propriétaire des lieux.
Les autres Mangemorts s'y engouffrèrent à sa suite. Malefoy claqua la porte et se tourna vers eux, le visage menaçant.
- Et que comptez-vous vérifier ?
Dolohov examina les alentours d'un coup d'œil.
- Nous voulons la Sang-de-Bourbe, lança-t-il de but en blanc.
Un instant, Hermione vit la mâchoire du Serpentard se crisper et ses poings se serrer. Mais il se reprit si rapidement qu'elle crut avoir rêvé.
- Maintenant que tu t'es bien amusé avec elle, c'est à notre tour de l'avoir, poursuivit Dolohov le plus simplement du monde, comme s'il réclamait un jouet particulièrement divertissant. C'est à nous de lui faire payer la destruction du Seigneur des Ténèbres.
Il marqua une pause, puis ajouta :
- Et le fait qu'elle reste une Sang-de-Bourbe plutôt alléchante.
Dégoûtée par la façon qu'il avait de parler d'elle, Hermione recula instinctivement vers Malefoy. Ce dernier cracha d'une voix imbibée de venin :
- C'est trop tard.
Tous les Mangemorts se tournèrent vers lui. La scène était effrayante ; voir ainsi une dizaine de silhouettes sans tête pivoter vers soi avait l'air de sortir tout droit d'un film d'horreur.
Mais la lionne devait bien reconnaître que l'absence d'expression sur le visage de Malefoy était tout aussi mortifiante. En somme, le spectacle qui se déroulait juste devant elle lui donnait envie de détaler à toute vitesse.
- Qu'est-ce que cela veut dire ? s'enquit Dolohov en plissant les yeux.
Malefoy haussa négligemment les épaules.
- Qu'elle est morte.
Sa capacité à mentir aux autres était époustouflante ; si elle n'avait pas connu la vérité, la Gryffondor l'aurait cru sur parole.
- Vraiment ? s'étonna Dolohov.
Il ne cherchait plus à cacher sa surprise, et dévisagea intensément le visage neutre du Serpentard.
- Vraiment, affirma celui-ci.
Les Mangemorts encapuchonnés se rapprochèrent, formant un cercle autour d'eux. Hermione se mit à trembler de peur. Elle avait beau n'être ni réelle ni matérielle, elle sentait le danger dans chaque cellule de son corps.
- Tu veux dire que tu l'as... tuée ?
- Je veux dire qu'elle a fini par succomber à ses blessures, expliqua Malefoy d'un ton évident. C'est dommage, elle était vraiment amusante, mais n'a pas duré très longtemps.
Il fit la moue comme pour marquer sa déception.
- Mais bon, au moins, elle m'a bien diverti pendant un certain temps.
Dolohov paraissait véritablement stupéfait. Quant aux autres, Hermione n'en avait aucune idée : leurs figures étaient encore plongées dans l'ombre.
- Tu veux dire que toi, Drago Malefoy, a torturé la Sang-de-Bourbe Granger jusqu'à épuisement ?
- Oui, répondit celui-ci avec incompréhension. Qu'y a-t-il de si difficile à avaler ?
- Il y a que le Seigneur des Ténèbres t'avait donné des dizaines d'occasions de parvenir à tes fins avec elle, et que tu ne les as jamais saisies, lui rappela Dolohov en le jaugeant gravement du regard. Alors pourquoi tout à coup...
- Le Seigneur des Ténèbres m'avait donné l'occasion de la tuer, l'interrompit le jeune homme. Cela ne m'a jamais intéressé.
Dolohov fronça les sourcils.
- Mais...
- Ce qui m'intéressait, reprit le Serpentard avec irritation, c'était de pouvoir faire ce que je voulais avec elle. La tuer était trop simple, trop rapide. La torture est cent fois plus efficace.
Ses mots avaient beau être fondés, sa voix convaincante, Hermione savait qu'il mentait totalement et avec un grand talent. Drago Malefoy jouait son rôle tellement bien qu'il était parvenu à duper tout le monde, elle en premier. Et si elle avait changé d'avis à présent, c'était parce qu'elle avait actuellement accès à ses souvenirs...
« Il maîtrise l'art de la manipulation à merveille, songea-t-elle, à la fois admirative et effrayée. Il peut faire croire n'importe quoi à n'importe qui. »
Manifestement, la compréhension semblait faire son chemin dans l'esprit de Dolohov. Lentement, il acquiesça, ne sachant apparemment que dire. La lionne eut la sensation que Malefoy l'avait impressionné, et que le fait qu'il leur avait volé leur joujou n'avait plus autant d'importance maintenant. Son assurance paraissait lui retirer tous ses doutes à son sujet.
- Elle est donc... morte, résuma-t-il.
Masquant sûrement un agacement profond, Malefoy hocha la tête.
- C'est bien ça, articula-t-il distinctement, comme s'il s'adressait à un attardé mental particulièrement loquace.
Dolohov regarda autour d'eux.
- Et où se trouve son corps ?
À nouveau, le Serpentard haussa les épaules.
- Au fond de la rivière.
Dolohov opina sans rien dire. Il considéra longuement son interlocuteur, le visage impénétrable. Toujours collée à Malefoy, Hermione songea qu'il avait sûrement gagné encore plus de respect. Elle attendit qu'il ait terminé, craignant tout de même une explosion.
Finalement, le chef des Mangemorts marmonna :
- Désolé, Malefoy, mais nous allons devoir vérifier.
Visiblement, cette perspective ne le transportait pas de joie, mais il leva un regard ferme vers son adversaire qui ne parut pas apprécier.
- Pardon ?
Il crispa la mâchoire.
- Il en est hors de question.
Dolohov redressa le menton d'un air supérieur.
- Je crains que tu n'aies pas le choix, Malefoy.
Cependant, son assurance semblait être qu'une apparence.
- C'est la procédure. Et puis, de toute façon, si tu dis vrai, de quoi as-tu peur ?
- Je n'ai pas peur, le contredit le jeune homme d'une voix mesurée qui approuvait ses paroles.
- Dans ce cas, on te suit.
Les yeux de Malefoy virèrent à l'orage.
- C'est ta dernière chance de renoncer, Dolohov. Après quoi, je ne pardonnerai pas ce faux pas.
Dolohov lui tint tête.
- Soit tu passes devant, Malefoy, soit on y va de nous-mêmes. Comme tu veux.
Ce dernier l'incendia du regard.
- C'est trop tard pour toi, Dolohov.
Sans même un regard pour les autres Mangemorts qui n'avaient pas bougé d'un centimètre, il passa devant, prenant la direction des cachots. Faisant signe à ses acolytes de le suivre, Dolohov lui emboîta le pas.
Ils descendirent les escaliers et parcoururent le couloir jusqu'aux cellules.
- Je vous préviens que vous allez le regretter, jura férocement Malefoy en foudroyant Dolohov de son regard glacé.
- Nous devons avoir la preuve, se défendit lamentablement ce dernier, légèrement hésitant.
- Ma parole ne suffit-elle pas ?
- Il y a longtemps que ta parole n'est plus suffisante, Malefoy.
- Très bien, cingla sèchement celui-ci. Comme vous voulez.
À l'instant où ils tournaient à l'angle du mur, Hermione se remémora la panique totale qui l'avait envahie lorsqu'elle avait compris qu'ils arrivaient. En même temps que les Mangemorts, ses yeux se posèrent alors sur sa cellule. Elle s'attendait à ne rien y voir, puisque Malefoy avait jeté un sortilège empêchant tout le monde sauf lui de la distinguer. Mais en observant son moi du passé terrifié, elle se rendit compte que c'était logique : si Malefoy la voyait, alors elle aussi, puisqu'elle se trouvait actuellement dans ses souvenirs.
En revanche, à en juger par l'expression légèrement honteuse qui apparut sur la figure de Dolohov, les Mangemorts n'avaient devant eux qu'une cellule vide. Alors que la jeune fille prisonnière s'immobilisait, mortifiée, Hermione garda un œil sur Malefoy.
- Voilà, grinça-t-il en désignant la cellule d'un geste vague de la main.
Le silence s'abattit dans les cachots.
- Alors, cela valait-il la peine d'envahir mon manoir à trois heures du matin ?
Une colère sourde paraissait faire rage en lui, bien qu'en apparence, seule la froideur de sa voix et de ses yeux en témoignait.
Il y eut un mouvement d'agitation parmi les Mangemorts ; eux aussi devaient sentir la fureur de l'hôte. Visiblement embarrassé, Dolohov se balança nerveusement d'un pied sur l'autre.
- Nous devions vérifier, essaya-t-il dans une tentative encore vaine à se défendre.
- Je vous avais prévenu que ce n'était pas la peine, gronda Malefoy d'une voix caverneuse.
- Tu sais bien que nous voulons toujours une preuve, Malefoy, tu es bien placé pour le savoir. Surtout venant de ta famille...
C'était la phrase de trop, celle qui allait lui coûter la vie, la Gryffondor s'en souvenait parfaitement. Avalant difficilement sa salive, elle regarda Malefoy écraser la gorge de Dolohov d'un geste si furtif qu'aucun de ses acolytes n'eut le temps de réagir.
- Que dis-tu, Dolohov ?
Le Serpentard détestait que quelqu'un d'autre que lui s'en prenne à sa famille, même s'il avait toujours haï son père. C'était en tout cas ce qu'Hermione avait fini par en déduire.
- Tu le sais, Malefoy, recommença néanmoins le Mangemort, peinant à articuler. Le Seigneur des Ténèbres n'avait plus confiance en ta famille...
Ses mots s'étranglèrent dans sa gorge ; la prise s'était resserrée autour de son cou. Les silhouettes à leurs côtés s'agitèrent, hésitant à intervenir, mais un regard de Malefoy les en dissuada.
- Ma famille a été pardonnée, Dolohov.
Ainsi, malgré tout, Malefoy continuait de défendre sa famille, et donc son père. Pourtant, Hermione le revit dans la tente, face au chef des Mangemorts, quand ils les avaient retrouvés près de la falaise. À ce moment-là, le Serpentard n'avait pas hésité à « trahir » son père en rejetant tous les tords sur sa figure dans l'espoir de regagner leur confiance. Mais sans doute il y avait-il une infime part de vérité, car la lionne supposait une chose : même si Malefoy avait fui par désir d'indépendance – enfin, d'après ce qu'il lui avait dit, et pouvait-elle encore s'y fier ? –, son père avait quand même réellement dû les entraîner, sa mère et lui, et même s'il avait désapprouvé cette conduite, il ne s'y serait sans doute jamais opposé.
Dolohov eut un rictus dédaigneux.
- Tout le monde sait que le Seigneur des Ténèbres ne pardonne jamais.
Le visage de Malefoy s'assombrit tellement que l'atmosphère des cachots parut changer. Ses yeux ne furent plus qu'une lame de glace. Mortelle.
- Dans ce cas, tu sauras également que Drago Malefoy ne pardonne jamais non plus.
Avant qu'il n'illustre ses paroles en étranglant sauvagement son adversaire, Hermione ferma les yeux en vitesse et détourna la tête. Elle détestait ce moment, aussi bien dans la réalité que dans un souvenir.
Elle entendit une suffocation qui lui donna des haut-le-cœur. Son moi du passé devint quasiment translucide, comme si elle allait se transformer en fantôme. Les yeux exorbités, elle louchait pratiquement sur Malefoy et Dolohov, la respiration coupée.
Les Mangemorts, quant à eux, ne firent pas le moindre geste pour défendre leur chef ; ils paraissaient morts de trouille, même si leurs capuches empêchaient la Gryffondor de déchiffrer leur expression. Lorsque le cadavre s'écroula par terre dans un bruit horrifiant, ils baissèrent tous la tête, le regard probablement fuyant.
Hermione s'autorisa enfin à relever la tête. Malefoy repoussa le cadavre d'un coup de pied.
- Quelqu'un a-t-il quelque chose à ajouter ?
Seul un silence insoutenable lui répondit.
- Bien, fit-il avec un sourire désabusé. Maintenant, dégagez, sinon je vous réserve le même sort.
Son ordre n'attendait aucune contestation ; les Mangemorts le comprirent très bien. Ils déguerpirent rapidement sans demander leur reste, laissant la Hermione du souvenir et Malefoy seuls en une demi-seconde.
Tandis que la jeune fille fixait le cadavre avec une horreur grandissante, son futur l'imita, encore plus choquée, car elle savait ce que ce geste signifiait. Drago Malefoy venait de signer son arrêt de mort en une minute, et il lui faudrait des semaines pour racheter la confiance des Mangemorts.
Pour DragoHermione : comme tu peux t'en douter, le titre de ce chapitre correspond plutôt avec le moment de l'histoire car on découvre le côté "ange" de Drago et les mensonges qu'il invente pour les Mangemorts pour protéger Hermione.
A tout de suite pour le chapitre suivant !
Merci d'avoir lu
