Hello !

Pas le temps de blablater, je me dépêche de publier la suite. J'espère qu'elle va vous plaire !

Bonne lecture

DragoHermione : Merci, ça me fait plaisir ! T'inquiète, tu ne parais pas pénible, moi aussi quand je sais des trucs comme ça j'ai envie de le dire à tout le monde ^^ Donc merci je ne savais absolument pas ! (j'imagine très bien Drago bébé jouant dans une piscine avec des balles en or xD) Moi aussi j'aimerai être à la place d'Hermione, Drago est tellement complexe je l'adooore ! Merci beaucoup et au prochain chapitre (ou celui d'après, pas de problème je comprends ne t'inquiète pas :D)


36. - Envers et contre tout

Le souvenir oublia les supplications de la jeune fille qui tentait désespérément de convaincre Malefoy de s'enfuir avec elle pour passer directement au moment où elle s'en allait finalement seule, cédant grâce à l'utilisation de son prénom pour la première fois en sept ans. Le Serpentard se retrouva voué à lui-même face aux Mangemorts qui s'étaient relevés, et qui, même s'ils n'étaient pas nombreux, commençaient à reprendre le dessus.

Le jeune homme saignait abondamment et paraissait totalement sonné. Ses adversaires n'en menaient pas large non plus, mais ils s'acharnaient toujours sur lui et ils étaient quand même quatre debout. Yaxley en faisait partie ; visiblement fou de rage, il s'attaquait à Malefoy sans interruption en le traitant de tous les noms qui lui passaient par la tête. L'arrivée d'Hermione avait décidément été une véritable catastrophe.

- En plus de nous trahir, tu nous as menti, scandait Yaxley, les yeux étincelants. Quand je pense que tu nous as fait croire que tu avais tué la Sang-de-Bourbe et jeté son cadavre au fond de la rivière ! Pour qui nous prends-tu, Malefoy, pour ainsi penser pouvoir nous duper ?

Ce dernier ne répondit pas, trop concentré à éviter ses sortilèges. Yaxley continua de l'insulter et de le maudire, mais le Serpentard paraissait plus préoccupé par ses nombreuses blessures et par l'acharnement qu'ils avaient à vouloir le tuer. Il semblait faiblir à vue d'œil, il était d'une pâleur cadavérique.

Soudain, un jet de lumière transparent traversa le ciel et s'engouffra dans la pièce pour aller se jeter sur Malefoy, le percutant de plein fouet ; de surprise, tout le monde s'immobilisa. Ébahie, Hermione s'approcha du jeune homme qui était tombé à genoux. Durant quelques secondes, il suffoqua, puis sa respiration redevint normale, et, peu à peu, son visage reprit ses couleurs. Les blessures sur son corps ne se refermèrent pas, pourtant d'un coup il eut l'air d'aller beaucoup mieux, comme s'il ne ressentait plus la douleur. Une seconde, il ferma les yeux, tandis que les Mangemorts face à lui le dévisageaient.

D'un bond, il se redressa sur ses pieds et lança quatre sortilèges ; chacun d'entre eux atteignit sa cible. Les quatre Mangemorts survivants s'écroulèrent au sol sans avoir eu le temps de faire quoique ce soit.

Malefoy demeura figé quelques secondes, sa poitrine montant et s'abaissant au rythme de sa respiration. Il paraissait ne pas comprendre ce qui venait de lui arriver, mais Hermione, elle, avait reconnu le jet de lumière transparent qu'elle avait dû un jour apercevoir dans un livre. Pourtant, sa signification restait floue, car elle ne s'était jamais attardée sur un tel phénomène. Et en ce moment même, elle n'avait aucune idée de son origine. D'où venait-il ? Pourquoi avait-il frappé Malefoy maintenant ?

Au bout de quelques secondes, il parut reprendre vie, et ensorcela tous les corps afin qu'ils se maintiennent en l'air. Puis il balaya la pièce d'un regard éteint, lentement, apparemment hésitant. Tout s'était fini si rapidement, cela devait être déroutant. Ses blessures saignaient toujours autant, et la plaie béante sur son épaule était dans un sale état. Enfin, il traversa la pièce à grands pas, éteignit les chandelles derrière lui et poursuivit son chemin dans les couloirs, les corps des Mangemorts flottant à ses côtés. Hermione se revit inconsciente dans cette même position, alors qu'il la ramenait au manoir après l'avoir sauvée dans la forêt.

Le Serpentard descendit tous les étages jusqu'au grand hall, ouvrit la porte et s'en alla dans l'allée centrale jusqu'au portail. Une fois complètement à l'extérieur de la demeure, il transplana, tandis qu'Hermione estimait que son souvenir d'elle-même devait faire exactement la même chose au même moment, avec l'intention de rejoindre le ministère de la Magie.

Ils atterrirent en plein milieu d'une forêt que la Gryffondor ne reconnut pas ; Malefoy lâcha les corps des Mangemorts, certains morts, d'autres juste inconscients, et la seconde d'après, ils avaient disparu.

Quand ses pieds touchèrent le goudron, le jeune homme trébucha et tomba à genoux par terre, le visage crispé de douleur. Apparemment, le transplanage avait aggravé ses blessures.

Hermione retint les pulsions qui la poussaient vers lui, sachant pertinemment qu'un tel geste était inutile. Elle attendit qu'il se relève et qu'il traverse à nouveau l'allée centrale, puis le hall et enfin les couloirs en titubant. Parvenu dans le couloir du deuxième étage, il s'accroupit, ouvrit le panneau et se glissa à son tour dans le passage secret. La lionne, qui ne savait pas trop comment faire, décida de rentrer derrière lui en se plaquant contre le mur, même si, de toute façon, il ne pouvait pas la toucher. Il se retourna, déposa du sang qui avait coulé sur son bras en le collant contre la petite trappe. Avec un bruit infime, celle-ci sembla se verrouiller en se fondant parfaitement dans le mur.

- Lumos.

Le passage fut éclairé par la baguette magique de Malefoy qui se mit en route, rampant pratiquement au sol. S'il avait paru débordant d'énergie quelques minutes plus tôt, ce n'était plus le cas ; il paraissait maintenant lutter contre la douleur. Hermione s'en étonna, car parmi tous les souvenirs auxquels elle avait assisté, beaucoup était insupportables, et le Serpentard n'avait jamais eu l'air de faiblir malgré toute la souffrance qu'il avait dû ressentir. Alors, pourquoi était-il désormais dans cet état ?

La lumière que dégageait sa baguette accentuait les traits de son visage ; elle s'aperçut alors qu'il crispait la mâchoire encore davantage que d'habitude, pourtant, la dureté de son regard signifiait qu'il se s'agissait pas d'une réaction à la douleur physique. Un soupçon se nicha dans l'esprit de la Gryffondor : était-il dans cet état parce que sa prisonnière était partie ?

Évidemment, elle aurait aimé croire que oui, mais elle préférait chasser cette idée stupide.

Le jeune homme atteignit bientôt le bout du passage ; il se hissa à l'extérieur puis traversa le jardin, empruntant la même direction qu'elle avait faite lorsqu'elle était retournée sur la scène de crime. Lorsqu'il se retrouva devant la même haie, Hermione devina sa destination. Il se baissa et rampa sous les buissons jusqu'à l'autre côté, tâchant le sol de son sang. Puis il se releva en dégageant les feuilles et les branches qui s'étaient accrochées à ses vêtements.

Il marcha à travers la forêt comme s'il se traînait par terre. Sa démarche était lourde, il semblait vide de l'intérieur. Il rejoignit le centre de la forêt et se retrouva devant le buisson qu'elle découvrirait ensuite. Là, il fit apparaître une corde d'un coup de baguette magique et s'y accrocha afin de descendre sous la terre. Se remémorant sa chute, Hermione évalua les risques, puis songea qu'après tout elle n'était pas réelle, alors elle sauta.

En effet, elle atterrit saine et sauve sur la pierre humide sans rien ressentir. Parvenu à son tour dans la grotte, Malefoy fit disparaître la corde puis s'approcha de l'immense paroi afin d'étaler son sang sur le mur. Aussitôt, les deux blocs se séparèrent, ouvrant le passage sur l'espèce de pièce d'où partaient plusieurs couloirs souterrains.

Au milieu, près du feu, se tenait Narcissa, manifestement folle d'inquiétude. À l'arrivée de son fils, elle leva la tête et faillit défaillir.

- Drago !

D'un bond, elle se redressa et se précipita vers lui pour le serrer dans ses bras. Malefoy grimaça.

- Maman, mon épaule...

Elle s'écarta vivement.

- Qu'y a-t-il ? Tu es blessé ?

Ses yeux s'exorbitèrent à la vue de la plaie béante.

- Par Merlin ! Qui t'a fait ça ? Assieds-toi, mon bébé, je vais te soigner.

Elle l'entraîna vers le centre de la pièce et le força à s'asseoir par terre. Puis elle s'agita dans tous les sens, apparemment paniquée.

- Il faudrait t'emmener à Sainte Mangouste ! Tu as vu dans quel état...

- Non, trancha fermement Malefoy. Il en est hors de question.

- Mais ta blessure est...

- Peu importe. Ce n'est pas grave, je m'en remettrai.

- Mais enfin..., tenta-t-elle de protester, sauf que son fils la fit taire d'un regard.

- Maman, l'arrêta-t-il. C'est non.

Elle poussa un profond soupir, montrant qu'elle cédait.

- Bon, alors, je vais essayer de te soigner.

Aussitôt, elle s'empara de sa baguette et essaya d'appliquer quelques sortilèges sur ses blessures ; sans résultat. Elle refusa d'abandonner et insista, mais rien n'y fit. Finalement, désespérée, elle éclata en sanglots. Malefoy lui caressa la joue en lui souriant pour la rassurer.

- Ce n'est pas grave, maman.

- Je ne suis même pas capable de soigner mon fils ! se lamenta-t-elle en s'agrippant à sa chemise tachée de sang.

- Ce n'est pas ta faute, affirma-t-il avec assurance. Tu n'y peux rien, c'est une magie noire particulièrement puissante. Même père n'avait pas l'habitude de l'utiliser contre moi.

L'évocation de la torture que lui faisait subir Lucius fit redoubler ses larmes.

- Oh mon pauvre chéri, gémit-elle en prenant son visage dans ses mains. Dire que je n'ai jamais rien fait pour empêcher cela !

- Chut, arrête, maman, murmura tendrement le Serpentard. Oublie ça, je ne t'en veux pas. Et puis, j'ai survécu et je suis devenu plus fort. D'un côté, je suppose que père m'a aidé à me construire.

Hermione sentit ses sinus la piquer et manqua de fondre en larmes comme Narcissa. Il avait raison, il était tellement fort... Mais il ne devait pas croire au slogan de son père. Elle n'avait jamais rien entendu d'aussi stupide. Comment détruire un homme pouvait être la meilleure façon de le construire ? Certes, Malefoy était la preuve qu'il avait plutôt réussi, mais quand elle voyait les circonstances, son avis restait le même : en aucune façon son père ne l'avait aidé.

- Cesse de pleurer, maman, lui intima-t-il en recueillant ses larmes du bout des doigts. Je vais me reposer, ça ira mieux demain. Et ne te prends pas la tête pour le passé, c'est fini maintenant. On va rester là tous les deux en attendant que ça se calme. D'accord ?

Narcissa renifla et hocha la tête. Elle paraissait incapable d'en faire plus.

- Désolé de t'avoir fait attendre, ça a été plus long que prévu, expliqua le Serpentard doucement. Mais je suis là, maintenant.

Sa mère lui sourit.

- Allez, viens, on va se coucher.

Il se leva difficilement et se dirigea jusqu'aux parois de la grotte qu'il referma d'un coup de baguette magique. Puis il se tourna vers Narcissa et désigna l'un des couloirs.

- Vas-y, je te rejoins dans cinq minutes.

Alors qu'elle s'éloignait, il s'affaissa contre le mur en crispant la mâchoire. Chaque trait de son visage était tendu à l'extrême. Il passa lentement une main dans ses cheveux blonds, le regard perdu dans les flammes qui s'élevaient vers le plafond...

Sa silhouette s'évapora, laissant probablement place à un autre souvenir. En effet, Hermione fut transportée dans cette même grotte quelques mètres plus loin, dans une autre pièce un peu moins circulaire qui devait servir de chambre : deux lits miteux étaient disposés dans un coin, et sur l'un d'eux se trouvait Malefoy. Son teint était translucide, ses paupières visiblement lourdes et ses lèvres très pâles. Il semblait très affaibli, allongé n'importe comment sur le matelas. Sa plaie était plus noire que jamais, et elle avait l'air de s'élargir au fil du temps. Une rangée de frisson parcourut l'échine d'Hermione tandis qu'elle l'étudiait, attristée de le voir si vulnérable, et surtout, si souffrant.

- Je t'ai fait une tisane, mon bébé.

La lionne fit volte-face ; Narcissa arrivait à grands pas, le visage déformé par l'inquiétude.

- Merci, souffla son fils d'une voix rauque.

Elle s'accroupit à ses côtés et fourra la tasse brûlante dans sa main.

- Drago, mon chéri, tu es vraiment sûr que...

- Oui, l'interrompit-il d'un ton toujours aussi ferme malgré l'état dans lequel il se trouvait. Je vais bien, je dois seulement être un peu fatigué.

- Mais tu es si pâle, et si faible...

Il haussa les épaules et porta ses lèvres à la tasse.

- Peut-être que j'ai un rhume, voilà tout. Je serai vite sur pieds, ne t'en fais pas.

Il paraissait sincèrement convaincu par ses paroles ; Narcissa se tut donc, mais son front était toujours aussi plissé. Malefoy but goulûment le thé avant de poser la tasse par terre.

La silhouette de Narcissa disparut mais celle de Malefoy ne bougea pas. Hermione jeta un coup d'œil à sa montre posée à ses côtés : comme elle s'y attendait, les aiguilles tournaient à toute vitesse, montrant clairement que les heures s'écoulaient, et que son état ne s'améliorait pas. Narcissa fit des allers-retours dans la pièce comme un coup de vent tant c'était rapide ; elle se coucha plusieurs fois sur son lit aux côtés de son fils, laissant la lionne deviner que les jours passaient. Les cernes sous les yeux du Serpentard s'agrandirent, sa peau diaphane devint cadavérique, et surtout sa blessure parut terriblement s'infecter. Il demeura allongé pendant des jours et des jours, ne bougeant presque plus, à mi-chemin entre le réveil et l'inconscience. Près de lui, sa mère tremblait littéralement d'angoisse.

- Je ne peux rien faire pour toi sans vrais médicaments, gémissait-elle pratiquement tous les jours. Il faut que je retourne au manoir pour aller t'en chercher...

Sa voix trahissait une supplication qu'elle ne prenait pas la peine de dissimuler. Mais même ainsi, Malefoy restait campé sur sa position.

- N'y vas pas, interdit-il fermement, et Hermione fut stupéfaite de constater que même souffrant, il avait toujours autant d'autorité. Les aurors ne sont pas loin. Ils ont inspecté chaque recoin du manoir, et tu peux me croire quand je te dis qu'ils guettent un éventuel retour.

- Mais que veux-tu qu'ils te fassent ? s'étonna Narcissa. Tu n'es plus un Mangemort !

- Je ne suis pas non plus digne de confiance.

- Bien sûr que si. Ils finiront par s'en apercevoir, ils...

Les paupières de Malefoy s'abaissèrent lourdement, interrompant sa mère aussi facilement que s'il lui avait collé la langue au palais.

- Drago ?

Elle tendit une main froide et tremblante vers lui ; il parla avant qu'elle ne l'atteigne.

- N'y vas pas, maman...

Sa voix avait beau être faible et chevrotante, son ton était sans appel. Narcissa immobilisa son geste et se mordit nerveusement la lèvre. Malefoy paraissait avoir glissé dans l'inconscience.

Le cœur d'Hermione se serra. Que n'aurait-elle pas donné pour pouvoir l'aider ? Mais en ce moment même, son moi du passé était en aussi mauvais état que lui mentalement parlant.

Les aiguilles de la montre firent encore une dizaine de tours complets avant que Narcissa, restée au chevet de son fils, se lève brusquement comme si une flamme lui avait soudainement brûlé les fesses.

- Je ne tiens plus, Drago, j'y vais.

Il avait l'air inerte, la bouche entrouverte et les paupières closes ; mais il ouvrit soudain les yeux.

- Non !

Sa voix avait claqué, dure et sèche. Narcissa sursauta et fit volte-face d'un bond.

- Je t'interdis d'y aller, maman. Tu pourrais te faire tuer.

- Drago, tu es en train de mourir, se désespéra-t-elle, le ton suppliant.

- Je vais... bien.

La plaie béante au contour noir sur son épaule prouvait le contraire, mais sa mère ne pipa mot.

- Il est hors de question que tu te rendes au manoir, martela-t-il en appuyant sur chaque mot, les yeux plantés dans ceux de sa mère. Est-ce bien compris ?

- Mais...

- Maman. Promets-moi que tu n'iras pas.

Le silence s'abattit dans la pièce. Tout le poids du monde semblait écraser la jeune femme ; les épaules basses, elle le dévisageait avec détresse, mais Malefoy ne flanchait pas.

- Promets-le-moi, insista-t-il sèchement.

Narcissa se mordit l'intérieur des joues ; Hermione s'aperçut que la fusiller ainsi du regard coûtait beaucoup de force à Malefoy et elle devina que sa mère aussi l'avait remarqué. Sans doute pour cette raison, elle finit par céder et baissa la tête.

- Je te le promets, lâcha-t-elle dans un souffle.

Son fils continua de la regarder fixement quelques secondes avant de laisser tomber sa tête sur le matelas, vidé d'énergie. Narcissa ajouta alors à voix si basse qu'il ne l'entendit pas :

- Pour aujourd'hui.

Sur ces mots, elle se volatilisa pour se matérialiser à nouveau près de lui, sans doute le lendemain ou le jour d'après. Accroupie à ses côtés, elle caressait ses cheveux blonds pendant qu'il dormait, le détaillant avec tellement de tendresse dans les yeux qu'Hermione en fut touchée pour lui. Heureusement que sa mère l'aimait et qu'elle savait le lui montrer.

Elle demeura ainsi quelques minutes, apparemment tracassée. Chaque trait de son visage exprimait de l'anxiété, et elle ne cessait de se mordre la lèvre. Finalement, elle se leva doucement pour ne pas le réveiller, se pencha pour l'embrasser sur la joue, et se dirigea à pas lents vers la porte. En la voyant s'arrêter sur le seuil et se tourner vers lui pour le regarder comme si c'était la dernière fois, Hermione eut un très mauvais pressentiment.

Mais elle fut incapable de la suivre dans le couloir de pierre car c'était le souvenir de Malefoy, pas celui de sa mère. Elle ne put que la regarder s'éloigner en songeant que lorsqu'il se réveillerait, il comprendrait sûrement qu'elle avait enfreint son interdiction.

En effet, Malefoy ne mit pas longtemps à émerger ; lorsqu'il ouvrit les yeux et évalua d'un coup d'œil circulaire les alentours, il parut comprendre que quelque chose clochait. Malgré son état de faiblesse extrêmement avancé, il bondit de son lit comme s'il avait été frappé par la foudre. Attrapant sa baguette magique d'un geste vif, il sauta dans ses chaussures et se rua dans le couloir. Le cœur battant, Hermione s'engagea à sa suite.

La pièce principale était déserte, et les parois de la grotte ouvertes. Malefoy fit apparaître la corde d'un coup de baguette et, alors qu'elle le remontait jusqu'en haut, Hermione en saisit l'extrémité pour en profiter. Une fois les pieds dans l'herbe et les feuilles, il la fit disparaître puis s'élança dans la forêt, courant si vite que la Gryffondor fut incapable de le suivre ; le souvenir l'amena directement jusqu'au moment où il rampait sous la haie. Le Serpentard se leva d'un bond et courut, traversant le petit pont et continuant son chemin jusqu'aux grandes portes du manoir.

Il s'engouffra dans le hall froid et effrayant, grimpa les escaliers et parcourut les interminables couloirs. Tout son corps était tendu, sa mâchoire crispée. Il ouvrit la porte de l'infirmerie, arrivant en trombes dans la pièce, mais celle-ci était vide. En revanche, un placard ouvert sur la gauche attira son attention, ainsi que celle d'Hermione. Quelques pots étaient tombés, signifiant que quelqu'un avait fouillé dedans sans prendre garde de ne rien casser.

Paniqué, Malefoy sortit de l'infirmerie et erra dans les couloirs, titubant sur ses jambes qui pouvaient à peine le porter. Et soudain, à l'angle d'un mur, il découvrit un petit objet par terre. Hermione s'approcha en même temps qu'il se penchait pour le saisir : il s'agissait d'un collier. En l'observant davantage, elle se rendit compte que ce n'était pas n'importe lequel : c'était une grosse chaîne en argent au bout de laquelle pendait un anneau ovale. Le S de Serpentard était gravé dessus ainsi que le symbole de la maison, entouré de vert et d'argent.

Tandis que les yeux de Malefoy s'écarquillaient, Hermione se rappela du moment où elle l'avait vu le glisser dans ses affaires, juste avant sa fuite avec ses parents. Comment s'était-il retrouvé là ? Dans tous les cas, cette découverte rendit le teint du jeune homme encore plus translucide ; un fol instant, la lionne crut qu'il allait s'évanouir. Au lieu de ça, il se redressa, tenant fermement l'objet dans sa main tremblante de fatigue ou de rage, elle n'en savait rien. Puis il sortit du manoir aussi vite que purent le porter ses jambes.

Une fois en dehors de la propriété, il transplana, et la Gryffondor devina que le collier signifiait sans doute la disparition de Narcissa. L'avait-elle porté durant tout ce temps ? Elle ne l'avait pas remarqué, mais ce n'était pas étonnant : son attention avait toujours été essentiellement focalisée sur le fils et non la mère.

Ils atterrirent d'abord dans la forêt interdite. La baguette de Malefoy s'illumina le temps d'un battement de paupière ; Hermione reconnut alors les effets du sortilège de Traçage. À peine l'eut-elle pensé que le Serpentard transplana à nouveau. Cette fois, ils se retrouvèrent au bord de la falaise, là où les Malefoy s'étaient réfugiés dans l'espoir d'échapper aux Mangemorts. Encore une fois, le sortilège ne donna aucun résultat positif.

Il en fut ainsi pour une multitude d'autres endroits tels que le Chemin de Traverse, l'Allée des Embrumes, des lieux inconnus à Hermione où les Malefoy s'étaient sûrement déjà rendus auparavant, la gare de King's Cross, et même la demeure de quelques Mangemorts.

Aucune trace de Narcissa, nulle part. La Gryffondor, qui savait où son fils risquait de la retrouver, mourrait d'envie de lui souffler qu'il n'avait pas cherché partout, qu'il restait un lieu susceptible de figurer dans la liste. Mais c'était inutile, alors, comme d'habitude, elle se contenta de le regarder patauger dans le chaudron.

Ne perdant pas espoir, Malefoy cita les endroits où il était allé à voix basse, cherchant sûrement celui qui manquait. Au bout de quelques minutes, une lueur s'alluma dans son regard, et la seconde d'après, Hermione et lui marchaient à pas vifs le long du chemin de Pré-au-Lard. La faiblesse de Malefoy augmentait de minute en minute, mais il faisait preuve encore une fois d'une force que la jeune fille admirait beaucoup.

Il déambula dans les rues du village pendant un bon moment, avant de s'en éloigner, prenant la direction de la Cabane Hurlante. Sachant pertinemment qu'il se rapprochait du but, Hermione sentit ses tripes se nouer. Elle ne voulait pas qu'il découvre la mort de sa mère. Elle n'osait même pas imaginer ce qu'il avait pu ressentir en voyant que la dernière personne qu'il aimait avait été tuée.

Plus il s'approchait de l'endroit fatidique, plus l'angoisse lui serrait l'estomac. Elle le suivait à contrecœur, souhaitant brusquement que le souvenir s'arrête et qu'elle n'ait pas à affronter, une fois de plus, une souffrance qu'elle était incapable d'atténuer.

Tout à coup, il pila net et elle manqua de lui rentrer dedans. Avec une appréhension grandissante, elle leva les yeux, suivant son regard. À quelques mètres d'eux se tenait une silhouette encapuchonnée. Elle était trop loin pour être reconnaissable, mais lorsqu'elle retira sa capuche, dévoilant une cascade de cheveux noirs, ils l'identifièrent simultanément.

- Pansy ?

Hermione l'avait pratiquement hurlé, mais la voix de Malefoy n'avait été qu'un murmure. Il la rejoignit à pas lents, jusqu'à se trouver à environ un mètre d'elle.

- Drago, le salua-t-elle d'un ton impersonnel.

Ce dernier fronça les sourcils, l'air de ne rien comprendre. Au fur et à mesure qu'elle le dévisageait, les yeux de Pansy s'emplissaient de larmes.

- Qu'y a-t-il ? interrogea-t-il, sur la défensive.

Il l'observa avec méfiance. Hermione se demanda où elle était tout ce temps. Elle ne comprenait rien du tout. Pourquoi apparaissait-elle maintenant ? Que pensait-elle de lui ? Et pourquoi pleurait-elle, tout à coup ?

- Alors c'est vrai, chuchota Pansy, la voix étranglée par les sanglots. Tu as trahi.

Le visage de Malefoy se décomposa. Une colère sourde monta soudain dans la poitrine de la lionne : ne voyait-elle pas qu'il était gravement blessé ? Ne pouvait-elle pas lui venir en aide ?

- Pansy, commença-t-il, je...

- Non, l'arrêta-t-elle en secouant la tête, les larmes roulant sur ses joues. Je suis volontairement restée à l'écart, Drago, pendant tout ce temps, je ne voulais pas y croire. Je ne pouvais pas penser que toi, tu puisses...

Sa voix se brisa, et elle ne termina pas sa phrase. Elle recula d'un pas trébuchant.

- Peu importe. Je ne peux plus le nier à présent.

Elle le fixa d'un regard de feu, secouant lentement la tête, comme si elle n'arrivait pas à y croire, ce qui était probablement le cas.

- Tu as déçu tout le monde, Drago. Moi... moi la première.

Malefoy encaissa le coup sans broncher.

- Comment as-tu pu ? s'indigna-t-elle d'un ton gémissant. Comment as-tu pu tous nous trahir ?

Elle passa sa langue sur ses lèvres mouillées de larmes, agitant toujours la tête.

- Tout ça pour une Sang-de-Bourbe...

Sa voix était du venin, craché comme la plus insultante des injures. Cette fois-ci, une lueur traversa le regard de Malefoy.

- Tais-toi, Pansy, rugit-il d'un ton cinglant. Tu ne sais pas ce qui s'est passé.

Celle-ci ignora sa mise en garde.

- Au contraire, je sais tout, Drago. Je n'en reviens pas que tu sois tombé si bas, que tu aies tout perdu à cause d'elle...

- Tais-toi, répéta-t-il, et cette fois, il s'agissait d'une menace. Tais-toi ou je te fais regretter de ne pas l'avoir fait.

Pansy ricana, ce qui contrastait étrangement avec ses sanglots.

- Tu ne peux rien faire, Drago, c'est fini. Tu n'as plus aucun pouvoir sur rien. Si tu n'avais pas trahi les Mangemorts en faisant passer la Sang-de-Bourbe en priorité, tu n'aurais rien perdu.

Folle de rage contre cette insupportable garce, Hermione serra les dents. Le pire, c'est qu'elle savait qu'au fond, ses paroles blessaient Drago, euh... Malefoy.

- Je n'ai pas fait passer Granger en priorité, la contredit-il de but en blanc.

La douleur dans le regard de Pansy se fit plus intense.

- Oh, et comment appelles-tu le fait de protéger quelqu'un aux dépens de ta propre vie ? Qu'as-tu donc trouvé de si attirant chez elle ? Comment as-tu pu passer outre l'impureté de son sang ?

Les yeux de Malefoy s'assombrirent.

- Ton sang ne vaut pas mieux que le sien, Parkinson.

Pansy écarquilla les yeux une seconde, sans doute choquée par ce point de vue.

- Pardon ? s'étrangla-t-elle. Depuis quand ne fais-tu plus de différence entre les Sangs Purs et les Sangs Impurs, Malefoy ?

- Je n'en ai jamais fait, Parkinson. Tu étais simplement trop bornée pour t'en apercevoir.

Sa rivale demeura bouche bée. Finalement, son visage se ferma.

- J'ignore ce que t'as fait la Sang-de-Bourbe, grinça-t-elle, mais elle t'a conduit à ta perte. En tout cas, ne compte plus sur moi. Plus maintenant... Pas après tout ce que tu as fait.

Elle le gratifia d'un regard plein de dégoût et de haine.

- Et si les Mangemorts te tombent dessus, ne t'attend pas à ce que je te vienne en aide. Tu n'auras eu que ce que tu mérites.

Elle planta ses iris dans les siens, et, malgré la douleur qui transperçait chaque trait de son visage, son regard devint dur. Elle serra sa baguette dans sa main droite, s'apprêtant sans doute à transplaner. Mais, à l'ultime seconde, elle ajouta :

- Si tu cherches ta mère, c'est trop tard. Les autres l'ont trouvée, l'ont torturée, et l'ont tuée. Je suis désolée, Drago, mais elle est morte. Tu ne peux plus la sauver. Tu ne peux plus sauver personne.

Sur ces mots aussi brutaux que des coups de couteau, elle s'envola dans un nuage de fumée noire. Pétrifié sur place, Malefoy ne bougea pas, la respiration saccadée, les yeux exorbités. Tout son corps se mit à trembler, si violemment que cela ressemblait plus à des spasmes, et ses poings se serrèrent jusqu'à ce que ses phalanges soient aussi blanches que la couleur de son teint. Il fit un pas en avant, chancela, tenta de retrouver son équilibre avant de finalement tomber à genoux dans l'herbe verte. Ses yeux gris virèrent à l'orage, sa mâchoire se crispa tellement qu'Hermione s'étonna que ses dents tiennent le coup. Et, brusquement, sa bouche s'ouvrit en grand pour laisser éclater le plus long, le plus douloureux et le plus terrifiant hurlement qu'elle ait jamais entendu.

Il s'époumona encore et encore, ne s'arrêtant que pour reprendre sa respiration. Il s'égosilla jusqu'à ce que sa voix s'étrangle, jusqu'à ce que sa gorge déraille, jusqu'à ce que ses cordes vocales demandent grâce. Il hurla jusqu'à ce que ses forces l'abandonnent.

Le visage d'Hermione était trempé de larmes. Elle se bouchait les oreilles mais ses cris la transperçaient de l'intérieur, lui déchiraient les tympans, lui brisaient le cœur. Elle pleurait, hoquetait, gémissait, haletait. Elle voulait que tout s'arrête. « Merlin, faites que tout s'arrête ! »

Ses supplications intérieures n'avaient aucun effet, alors elle les cria, espérant couvrir les hurlements du Serpentard.

- Faites que tout s'arrête ! Malefoy, tais-toi ! Tais-toi, tais-toi !

Tombée à genoux à son tour, elle se tortillait sur place comme si la souffrance mentale de Malefoy engendrait une souffrance physique chez elle.

- Stop ! Par pitié, stop !

Et soudain, tout s'arrêta. Ses prières furent entendues ; les hurlements cessèrent. Alors qu'elle retirait ses mains de ses oreilles, les images et les sons autour d'elle s'étirèrent, se mêlèrent, formant un tourbillon de bruits et de couleurs qui l'avalèrent toute entière, et elle se sentit aspirée vers le haut avec une puissance démesurée. Dans ce chaos, Hermione comprit que la pensine s'était vidée.


Fin des souvenirs !

Mais pas de panique... chapitre suivant !