Chapitre 5 : Babar or not Babar ?
- dites bonjour à Babar !
Don Flack ne put cacher son enthousiasme d'accueillir Danny Messer et Zoey Harlow sur cette nouvelle scène de crime, lui qui croyait pourtant avoir déjà tout vu dans sa carrière, cette ville arrivait encore à le surprendre.
- Babar ? Répéta Zoey, en fixant Flack d'un regard intrigué.
Elle finit par saisir la référence quand son regard s'arrêta sur le splendide string ficelle avec une tête d'éléphant gris sur le « devant » que portait leur dernière victime étendue à même le sol de ce bar branché.
- Dumbo plutôt, jugea Danny, en s'agenouillant près du cadavre à la fois musclé et huilé. Mate la grandeur de ses oreilles.
-non, Babar, il a un nœud papillon rouge en plus, trancha Zoey, avec jeu. Regarde !
- j'te jure que si un jour Lindsay me demande de porter un truc de ce genre, je demande le divorce sur le champ !
La remarque du lieutenant Messer provoqua l'hilarité à la fois de Zoey et de Don qui échangèrent un sourire complice au même moment.
- pitié, ne me dis pas que tu trouves ça joli !
- non, je suis plus strings bonbons personnellement.
Flack reporta toute son attention sur Zoey après son aveu à Danny mais il fut coupé dans sa rêverie par son ami qui lui demandait un supplément d'infos sur leur nouvelle affaire.
- sinon, il a un petit nom ce cher Babar ?
- Xander Cook, d'après son permis de conduire, le renseigna Don, en s'aidant de son bloc-notes. Il travaillait dans ce bar depuis trois mois.
-blessure à l'abdomen par une arme de faible calibre, conclut Danny, en inspectant la plaie du chippendale. Pas plus gros que du 25.
-on n'a pas encore retrouvé l'arme. Mes gars ratissent la zone.
-pas de grosses pertes de sang, la balle n'est pas ressortie. Il faut tester tous les clients aux résidus de poudre. Je vais faire venir le matériel nécessaire.
Alors que Danny venait juste de s'éloigner pour téléphoner, Flack toisait Zoey du regard avec grand intérêt, une lueur d'amusement dansait dans ses yeux.
- string bonbons hein ?
En guise de réponse, Zoey lui lança un regard des plus aguicheurs, c'était clairement une invitation à en porter un pour quand ils seraient seuls ce soir.
- aucune chance, répondit Flack, en secouant la tête.
Zoey sourit de plus belle alors que son homme la défiait maintenant du regard d'un air facétieux, elle comptait bien mettre tous les atouts de son côté pour arriver à faire plier son lieutenant préféré, elle n'était pas du genre à abandonner aussi facilement.
Voilà quelques minutes déjà qu'ils savouraient en silence leurs barquettes de nouilles chinoises sur le canapé de Flack sans même ressentir le besoin de se parler, entre eux tout se jouait dans l'échange de regards, ils se dévoraient des yeux.
-t'es douée, commenta Flack, d'un ton impressionné.
Zoey parvenait à manier ses baguettes chinoises à la perfection, c'était peine perdue pour lui de tenter de l'égaler.
-ah oui ? Rétorqua l'intéressée, en feignant la surprise. Tu trouves ?
Le ton aguicheur et le regard coquin, la jeune laborantine descendit sensuellement la fermeture éclair de son pull à l'aide d'une de ses baguettes jusqu'à laisser apparaître la blancheur de son soutien-gorge en dentelle. Flack ne resta pas de marbre face au spectacle alléchant qui s'offrait à lui, Zoey pouvait lire toute l'envie dans son regard des plus émoustillés.
Sans prononcer un mot, il approcha spontanément son visage du sien, captura ses lèvres, l'embrassant ainsi avec une envie non dissimulée. Totalement perdue dans la magie du moment, Zoey s'accrocha au sweat-shirt de son lieutenant préféré qui en profita pour la faire venir sur ses genoux.
Succombant petit à petit à ses caresses d'expert, Zoey se laissa guider naturellement jusqu'à la chambre de son hôte qui vint derrière elle pour la couvrir d'une multitude de baisers dans le cou avant que sa langue ne se mette à jouer avec le pavillon de son oreille, elle en eut des frissons partout.
Ses deux mains viriles massaient à présent ses deux seins avec douceur, tordant ses mamelons avec envie, il savait s'y prendre. L'une de ses mains quitta un sein afin de s'égarer vers son string jusqu'à finir par tourmenter allègrement son sexe.
Elle était comme enivrée à le sentir se frotter contre elle et frictionna en retour son membre durci qu'elle laissa échapper de son boxer. D'un coup sec, il entra en elle avant de la pénétrer en douceur, sans force, tout en tendresse.
Ses va-et-vient étaient exquis, elle ne pouvait plus masquer son plaisir.
Le jeune lieutenant devenait fougueux, plus rapide. Leur moment d'extase était compté, il n'allait pas tarder à s'abandonner à la jouissance. Prise de soupirs, de râles et de tremblements, elle le devança, chancelante.
- alooooors … la nuit était bonne ?
Le regard franchement amusé de Danny Messer passa respectivement de Don Flack à Zoey Harlow pour finalement revenir à Don de manière très peu discrète, il était visiblement ravi de son allusion du jour.
- jusqu'à ton appel, répondit Flack, imperturbable.
Depuis qu'il avait mis son ami au courant de sa liaison avec Zoey, ce genre de remarque était devenu monnaie courante de la part de ce dernier, il y avait droit quasiment tous les matins, il commençait à être habitué.
- qui l'a trouvé ? Demanda le docteur Sheldon Hawkes, en observant le crâne de leur victime.
-coup de fil anonyme, répondit Flack, de but en blanc.
Il s'avança tranquillement vers ses deux collègues qui se trouvaient chacun d'un côté du cadavre pendant que Zoey inspectait les moindres recoins de la scène de crime avec son matériel à portée de main.
- il pourrait avoir été battu. Les cercles concentriques de cette fracture sont des traces d'un coup à la tête, ça ne pardonne pas au niveau du lobe temporal, argumenta Sheldon d'un ton assuré.
-c'est toi le doc, Doc ! Dit Danny, visiblement confiant en son jugement.
-on dirait que t'as trouvé la cause de la mort, par objet contondant, déduisit Flack, impressionné.
-on a son nom ? Le questionna Sheldon, avec sérieux.
- Simon Stark d'après son permis de conduire.
- avec ou sans C ? Lui demanda aussitôt Zoey.
- sans, pourquoi ? Tu le connais ? L'interrogea Flack, avec intérêt.
- non, je connais celui avec un C. Ça remonte au lycée.
- raconte, c'est quoi l'histoire ? Demanda Sheldon, piqué dans sa curiosité.
- pour faire court, mon frère lui avait piqué sa copine alors pour se venger et surtout pour le faire enrager, il est sorti avec moi.
- laisse-moi deviner, il a fini par vraiment tomber sous ton charme, suggéra Danny, le sourire aux lèvres.
Avant même que Zoey ne puisse confirmer, Flack y alla gaiement de son petit commentaire sarcastique.
- pitié, on se croirait dans un mauvais scénario de comédie romantique.
Un sourire entendu se lut immédiatement sur les lèvres de Danny, Flack n'avait pas pu se retenir, c'était plus fort que lui, ce qui en vérité n'était pas pour déplaire à Zoey, après tout, un homme jaloux était avant tout un homme amoureux, non ?
-alors c'est ici ton antre magique ?
-Sam ! S'exclama Zoey, avec un grand sourire.
S'attelant jusque-là à analyser une énième preuve dans son laboratoire, elle accueillit la visite de la sœur de Don avec une joie non dissimulée.
- ça fait plaisir de te voir ! Qu'est-ce que tu fais là ?
-on peut parler deux minutes ?
-bien sûr. Tu tombes bien, je rejoins Don à midi pour déjeuner, tu devrais venir !
- j'ai déjà un truc de prévu mais on se fera ça une autre fois, promis.
-pas de problème, dit Zoey, en lui accordant toute son attention. Alors, tu voulais me dire quelque chose ?
- montrer plutôt.
Sous le regard interrogateur de Zoey, Samantha sortit de son sac plusieurs lettres et les posa délicatement sur le bureau qui leur faisait face.
-qu'est-ce que c'est ?
-on me les a déposé devant ma porte. Comme ça. Sans enveloppe. Ça fait deux semaines que ça dure. Ces derniers temps, c'est presque un message par jour.
- tu es allée voir la police ? Se renseigna Zoey, en inspectant ces dernières avec ses mains gantées.
- non, ça a commencé par des petites phrases comme « je sais qui tu es », « je sais où te trouver », « je sais ce que tu as fait », je n'ai pas pris ça au sérieux, pour tout te dire je ne sais même pas de quoi il parle quand il écrit ça, mais le ton est devenu de plus en plus menaçant au fil des jours.
- menaçant à quel point ?
- ça disait : « j'aurai ma revanche », « tu vas regretter ce que tu as fait »,« tu vas payer pour tes agissements ». C'est là que j'ai commencé sérieusement à flipper.
-c'est laquelle la dernière ?
-celle-là, affirma Sam, en pointant la lettre en question du doigt.
- « j'aurai ta peau. Fais-moi confiance. Je tiens toujours mes promesses », lut Zoey à haute voix.
Elle comprenait aisément l'angoisse de son interlocutrice, l'auteur de ses lettres semblait décidé à lui faire passer un sale quart d'heure.
- bon, je vais faire analyser tout ça en espérant qu'on trouve une trace ADN. Je pense que Don enverra patrouiller une voiture autour de ton immeuble et des agents pour assurer ta protection, c'est plus prudent.
-non, il ne doit pas savoir, je ne veux pas le mêler à tout ça.
- c'est ton frère, Sam.
- justement. Il va en faire une affaire personnelle. Jure-moi que tu ne lui diras rien. S'il te plaît.
- tu veux que je lui mente ?
- mais non, tu omets juste de lui dire, ce n'est pas tout à fait mentir, suggéra Sam, en jouant sur les mots.
- je ne peux pas faire ça. C'est trop important.
- mais non, y a pas de quoi en faire une montagne, je t'assure.
- je ne peux pas lui cacher. Désolée.
-t'as raison, laisse tomber, de toute façon, je savais que c'était une mauvaise idée, j'aurais pas dû venir, je vais me débrouiller toute seule, c'est pas grave !
Vexée, elle voulut reprendre toutes les lettres posées sur le bureau avant de s'en aller mais Zoey posa sa main sur son bras afin de faire barrage.
-ok, c'est bon, je ne dirai rien.
- pas un mot ?
- pas un mot, confirma Zoey, mais on fera les choses à ma façon pour prendre le moins de risques possibles.
- ça marche. Merci.
Une fois revenue de son déjeuner avec Don, Zoey ne perdit pas une seconde pour se remettre à analyser la douzaine de lettres remises par Samantha le matin-même, elle analysait consciencieusement la cinquième quand Adam fit tout à coup irruption dans la pièce, prise au dépourvu, elle eut juste le temps d'éloigner cette dernière de sa zone de travail.
- je peux t'aider ? J'ai du temps à tuer en ce moment, je suis dans ma période sans copines, confia-t-il, avec humour.
- c'est gentil de te proposer Adam, mais comme tu peux le voir, il n'y a pas grand-chose à faire.
-et toutes ces lettres là ?
A la plus grande surprise de Zoey, il s'empara des sept lettres déjà analysées et mises de côté par ses soins dans un coin de son bureau.
- non, ne touche pas à ça ! Pesta-t-elle, plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.
Adam les reposa aussitôt, visiblement perturbé par la manière abrupte de sa collègue de lui parler, c'était bien la première fois.
-excuse-moi, je ne voulais pas…
-non, c'est moi, le coupa Zoey d'un ton plus avenant cette fois, je suis désolée. Je suis stressée en ce moment. Ne m'en veux pas, ok ?
Il la fixait d'un regard inquisiteur, comme s'il se retenait de lui demander quelque chose.
-elles ne font pas partie de notre affaire, déduisit Adam, en réfléchissant tout haut. Qu'est-ce qui se passe, Zoey ? On te menace, c'est ça ?
-mais non. Qu'est-ce que tu racontes ?
Elle balaya ses doutes d'un revers de la main comme s'il venait de dire une énormité, totalement dépitée qu'il ait visiblement réussi à lire quelques bribes des lettres qu'il avait eu en main quelques minutes plus tôt.
-mon père… il avait la main lourde avec moi… c'était une brute.
Zoey leva yeux vers lui, à la fois surprise et touchée par sa confession.
- on se demande quand les prochains coups vont tomber…on se sent fragilisé…ce n'est pas évident à gérer…on souffre de ne pas pouvoir en parler.
- ne t'en fais pas, Adam, ça ne va pas durer, je vais trouver son ADN, l'arrêter et mettre fin à tout ça, tu peux me croire.
-Don le sait ?
- non, je ne veux pas l'embêter avec toute cette histoire.
- au contraire, je suis sûr qu'il préférerait être au courant. Il tient beaucoup à toi, tu sais.
- c'est lui qui te l'a dit ? Se renseigna Zoey, avec le sourire.
- tu devrais lui dire.
-non, je ne veux pas en rajouter, il est déjà assez débordé comme ça, tu comprends ? Demanda-t-elle, impatiente qu'il accepte de garder son secret.
-c'est vrai qu'il ne chôme pas, c'est un vrai accro au boulot et il croule toujours sous une tonne de paperasse !
- Adam ?
- … oh…tu voulais dire…bien sûr, je ne dirai rien, promis.
- merci. J'apprécie, vraiment.
Le jeune homme resta stoïque alors qu'elle reprenait l'analyse de la cinquième lettre qu'elle avait mise de côté jusque-là.
-et ben alors, il vient ce coup de main ?
Prenant la remarque de Zoey avec le sourire, Adam se saisit donc de la sixième lettre afin de procéder à son tour à son analyse.
Prochainement dans LBC : Flack se fait draguer par une jolie rousse sous les yeux de Zoey.
