Hello !
Merci pour vos encouragements, vos compliments, vos remarques qui me font toujours autant plaisir ! Désolée, la suite a été un peu plus longue à arriver, mais je fais au mieux c'est promis. N'oubliez pas que chacune de vos reviews, que ce soit une phrase ou un pavé, aide énormément un auteur à avancer dans son histoire car il a l'impression qu'elle est lue et appréciée, alors franchement n'hésitez pas !
Nous avions donc laissé une Hermione déterminée et prête à sauver le monde. Granger's power is back !
Bon, allez, trêve de plaisanterie, je vais écourter le blabla et profiter des vacances pour essayer d'avancer un peu (tout en respectant la tradition, à savoir : glander devant des séries (yeaaaaaaah !)). Merci encore à vous tous qui suivez mon histoire, et bonne lecture !
Tandori : Coucouu ! Je suis contente de te revoir ;) Merci beaucoup de prendre le temps de laisser une trace de ton passage, et bien sûr de lire mon histoire. Je suis vraiment contente qu'elle te plaise ! C'est vrai que les souvenirs étaient un peu longs, je n'avais pas prévu d'en écrire autant à vrai dire, mais j'étais tellement à fond dans le personnage de Drago que je voulais tout explorer alors je me suis laissée emporter ^^ Ne t'inquiète pas, étant moi-même une grande romantique (parfois peut-être un peu trop ?), je ne supporterai pas que cette histoire se termine sans avoir eu sa dose de douceur et d'amour. Tout vient à point à qui sait attendre, n'est-ce pas ? Le final n'en sera que plus beau !
DragoHermione : Merci de me prévenir, c'est super gentil ! Je comprends très bien, étant moi-même plutôt occupée (mais tu dois l'être davantage encore). A très vite alors (pour tout avouer j'ai hâte de savoir ce que tu penses de ces chapitres) ! ;)
38. - Le chant du Phénix
Les prisonniers s'éloignèrent dans la rue, tous regroupés, formant un troupeau qui, au moins, empêchait quiconque de les attaquer. Hermione aurait donné cher pour les raccompagner et pour s'assurer que chacun d'entre eux rentrerait chez lui, mais elle devait absolument retrouver ses amis et les Mangemorts par la même occasion, car il ne faisait aucun doute qu'en trouvant l'un elle tomberait sur l'autre.
Tout en les regardant s'en aller, elle se creusait la cervelle pour tenter de déterminer, une énième fois, un endroit où ils pourraient tous être. Pourquoi étaient-ils tous partis ? Et où était Malefoy ? Après s'être posé cette dernière question, elle s'infligea une claque mentale. Ses amis étaient en danger de mort, et elle, elle trouvait le moyen de s'inquiéter pour le Serpentard ?
« C'est plus fort que moi, s'avoua-t-elle à regret. Je ne peux pas m'en empêcher. » Et malgré tout, elle ne pouvait pas non plus s'empêcher de redouter et d'avoir hâte en même temps de le revoir.
« Il ne me reste plus qu'une chose à faire : transplaner partout où ils peuvent se trouver. Et cette fois, je vais commencer par Pré-au-Lard, même si je ne vois pas pourquoi ils seraient là-bas. » Le souvenir des recherches interminables et désespérées de Malefoy auxquelles elle avait assisté quelques minutes auparavant lui donnaient l'intuition de commencer par là où il avait fini ; ainsi, elle s'empressa de rejoindre le petit village sorcier.
Un instant plus tard, elle atterrit sur le sol goudronneux de la rue principale, serrant étroitement la baguette magique du Mangemort dans sa main. La nuit noire l'empêchait de discerner correctement les alentours, mais elle se concentra, forçant sa vision à devenir plus nette. Le vent se leva brusquement, annonçant l'arrivée iminente d'un orage particulièrement puissant. Les feuillages des arbres s'agitèrent, les nuages recouvrirent la lueur de la lune au-dessus d'elle. L'obscurité, de plus en plus épaisse, tira quelques frissons à la jeune fille.
« O.K., Hermione, on se calme, s'intima-t-elle mentalement. Concentre-toi sur ton objectif. » S'empêcher de trembler était comme s'empêcher de penser à ses amis et à Malefoy : impossible. Elle cessa donc se s'acharner inutilement et s'avança de quelques pas au hasard, écoutant les bruits autour d'elle. Hormis les sons plutôt envahissants de la tempête qui s'annonçait, il lui semblait percevoir autre chose, au loin...
Hermione fut brusquement parcourue d'une décharge électrique. S'agissait-il de cris comme elle en avait l'impression ? Elle scruta attentivement la masse noire qui s'élevait derrière les maisons de Pré-au-Lard ; était-il possible que les aurors et les Mangemorts soient actuellement en train de se battre dans le parc de Poudlard ?
Cette idée lui paraissait absurde, pourtant la Gryffondor n'hésita pas une seule seconde ; prise d'une poussée d'adrénaline, elle s'élança sur le chemin qui reliait le village sorcier à l'école. Plus elle s'approchait, plus les bruits qui lui avaient parus si infimes devenaient évidents. Malgré les circonstances, elle ne pouvait se retenir de se poser des questions ; pourquoi auraient-ils déserté le manoir de Yaxley ? Pourquoi seraient-ils tous allés se battre sur un chantier en reconstruction ? À cause des nombreux dommages subis durant la guerre, Poudlard avait été en reconstruction durant tout l'été, et même si la rentrée arrivait à grands pas, les travaux n'étaient pas terminés. Pourquoi diable les Mangemorts auraient-ils pris le risque d'abandonner leur quartier général ?
La lionne savait qu'une multitude de choses lui échappait, mais elle sentait qu'elle ne tarderait pas à éclaircir les mystères.
Enfin, le château se dressa devant elle, fier et imposant en dépit des séquelles de la bataille. Les cris et les bruits d'impact des sortilèges persistaient, pourtant les alentours étaient déserts. Hermione courut instinctivement jusqu'aux grandes portes de la bâtisse ; elles n'étaient même pas verrouillées. Lorsqu'elle déboucha dans le hall d'entrée, la Gryffondor fut saisie par le silence qui y régnait. Le château avait l'air entièrement vide ; il était totalement dépourvu de chaleur. Avec une grimace, elle fit volte-face, décidée à rejoindre ses amis au lieu de continuer à perdre du temps. Elle contourna les serres ; les bruits de la bataille entre les aurors et les Mangemorts lui parvenaient de plus en plus distinctement.
Hermione aperçut soudain des silhouettes à travers l'obscurité. Soulagée de les avoir finalement retrouvés, elle se précipita vers elles, baguette brandie, prête à se jeter dans la bataille. La première personne qui se battait contre un Mangemort avait des cheveux bruns ébouriffés et des lunettes rondes...
- Harry ! s'exclama-t-elle spontanément.
Ce dernier tourna instantanément la tête vers elle, de même que les deux personnes à ses côtés.
- Ron ! Ginny !
- Hermione ? lancèrent-ils d'une seule et même voix.
Même dans l'obscurité, elle distingua le soulagement sur leurs visages. Ils ne pouvaient pas se ruer vers elle à cause des attaques de leurs adversaires, pourtant ce n'était pas l'envie qui semblait leur manquer. Le Mangemort qui se battait contre Harry tenta de la tuer ; Hermione répliqua aussitôt, reconnaissant Macnair dont la capuche était tombée.
- Où étais-tu ? s'écria son meilleur ami en lui jetant de fréquents coups d'œil sans cesser de combattre. Pourquoi as-tu disparu si longtemps ? Qu'a donc fait Malefoy de toi ? Où est-il ? Comment vas-tu ? Pourquoi...
- Plus tard les questions, le rabroua-t-elle, interrompant son flot de paroles continu. Moi aussi j'en aurais un paquet à vous poser.
Harry hocha la tête, tandis que Ron et Ginny s'approchaient pas à pas, se soutenant mutuellement dans leur combat contre trois Mangemorts.
- Réponds au moins à ma dernière question, insista le Survivant en la dévisageant avec inquiétude. Comment vas-tu ?
Hermione ne jeta pas le moindre regard à son corps frêle et saturé de blessures, à ses vêtements déchirés dont les lambeaux couverts de sang collaient à sa peau abîmée.
- Je suis prête à me battre, Harry, répondit-elle d'une voix tremblante d'émotion. Je n'ai jamais été aussi prête à venger ceux qui ont tout perdu et à repousser encore et encore l'avancée du Mal.
Le souvenir de tous les prisonniers qu'elle avait libérés accentua sa détermination, et plus encore, le visage de la jeune femme dont le fils Michael avait injustement perdu la vie.
- Trop de gens ont souffert. Ça doit cesser. Maintenant.
L'image de Malefoy à genoux dans l'herbe suite à l'annonce de la mort de sa mère s'imposa à son tour dans son esprit. Au plus profond d'elle-même, Hermione Granger voulait rendre justice à tous ceux qui avaient subi les conséquences des actes des Mangemorts.
Harry examina longuement son visage, profitant d'un moment d'inattention de la part du Mangemort en face de lui. Puis il acquiesça, les traits de son visage exprimant toute la volonté qu'il devait également ressentir.
Un sortilège de Macnair faillit le désarçonner mais Hermione réagit aussitôt, et le Mangemort finit par s'effondrer par terre comme une poupée de chiffon. Harry se précipita immédiatement vers elle pour la serrer dans ses bras. Le nez enfoncé dans son T-shirt, la lionne ferma les yeux, savourant ce moment qu'elle avait imaginé des centaines de millier de fois.
- Vous m'avez tellement manqué, si vous saviez...
Ses mots étaient étouffés par le tissu mais Harry lui caressa les cheveux.
- On a passé des nuits entières à te chercher, refusant d'admettre que tu avais encore disparu, révéla-t-il doucement. Combien de fois ai-je prié Merlin de me rendre ma meilleure amie...
Hermione accentua son étreinte, une boule d'émotion se formant peu à peu dans sa gorge.
- Yaxley paiera pour ce qu'il t'a fait subir, affirma Harry d'une voix dure qui certifiait que c'était une promesse. Il paiera pour tout, je te le jure.
Incapable d'articuler le moindre mot, la jeune fille se contenta de s'agripper à son dos. Tout ce qui comptait à ses yeux à présent, c'était la certitude qu'elle ne revivrait jamais ce qu'elle avait vécu.
- Et Malefoy aussi, ajouta soudain Harry.
La Gryffondor se raidit. Non seulement ce nom faisait faire des pirouettes à son estomac, mais en plus, elle ignorait jusqu'à quel point ses amis étaient informés. Alors qu'elle se dégageait de l'étreinte de son meilleur ami, Ginny et Ron abattirent leur dernier adversaire. Ils vérifièrent sur l'un et sur l'autre qu'aucun n'avait de grave blessure puis se jetèrent sur elle.
- Hermione, souffla Ginny en la serrant dans ses bras.
Curieusement, lorsque Ron l'enlaça à son tour, la Gryffondor comprit que quelque chose clochait ; en effet, il semblait fuir son regard. Elle s'aperçut alors qu'il était temps de leur faire part de certaines choses. Autour d'eux, les aurors continuaient de se battre, mais pour le moment, tous les Mangemorts étaient occupés.
- Écoutez, au sujet de Malefoy..., hésita-t-elle en se mordant nerveusement la lèvre inférieure. Il faut que je vous dise...
- On sait, la coupa Ginny en secouant la tête. On est au courant.
Hermione se figea, les yeux écarquillés.
- Pardon ?
- On sait tout, Hermione, clarifia Ron en plantant ses yeux bleus dans les siens.
À la façon dont il la jaugeait du regard, elle sut que son attitude distante envers elle n'avait pour origine que les informations dont il disposait, bien qu'elle ne sache pas exactement ce qu'elles étaient.
- Je... je...
La lionne secoua la tête, essayant tant bien que mal de ne pas paniquer.
- Expliquez-moi, s'il vous plaît.
Le regard de Ron semblait estimer que c'était à elle plutôt de s'expliquer, mais Harry et Ginny s'exécutèrent sans faire attention à lui.
- Pendant que tu étais détenue dans le manoir de Yaxley, les aurors ont fait une seconde fouille dans le manoir Malefoy, commença Harry en parlant vite. Lors de la première, ils n'avaient rien trouvé de spécial, alors ils étaient repartis. Mais ils sont revenus avec des membres de la Brigade de police magique pour effectuer des recherches plus approfondies. Ils...
- Une minute, l'arrêta Hermione, les sourcils froncés. Comment ont-ils pu rentrer ? Le portail est scellé par un sortilège qui empêche quiconque ne portant pas la Marque d'y pénétrer.
Elle se souvenait s'être demandé de quelle manière les aurors avaient pu envahir le manoir la première fois, car il lui paraissait impossible qu'ils aient pu franchir le portail mais également improbable qu'ils aient découvert tous seuls le trou dans la haie.
Étrangement, Harry parut gêné.
- Eh bien, de la même façon que la première fois...
- Justement, j'ignore comment ils y sont parvenus.
Harry et Ginny échangèrent un regard embarrassé.
- En vérité, articula lentement Ginny, ils ont... euh...
Perplexe de les voir réagir ainsi, Hermione se tourna vers Ron qui ne paraissait pas touché par ce mouvement de malaise et dont le visage restait fermé et distant.
- Shackebolt t'a forcé à révéler l'existence du passage dans la haie, lâcha-t-il simplement.
La lionne cligna plusieurs fois des yeux, éberluée.
- Quoi ?
- Tu te souviens de cette nuit où tu t'es rendue au ministère de la Magie pour essayer de sauver Malefoy ? reprit Harry, l'air désolé, en jetant un coup d'œil à Ron qui n'avait pas pris la peine d'y aller en douceur. Tu étais dans un tel état qu'il n'a pas eu d'autre choix que celui de te faire avaler un médicament d'apaisement de force. Et comme il avait là l'occasion de coincer plusieurs Mangemorts qui semaient le chaos dans le monde magique depuis des semaines, il n'a pas hésité à te demander de lui révéler le meilleur moyen d'entrer dans le manoir. À cause des médicaments, tu ne t'en es même pas rendu compte.
Hermione demeura interdite.
- Oh, fit-elle. Je vois.
- Quoiqu'il en soit, poursuivit Ginny à toute allure, les membres de la Brigade de police magique ont trouvé des éléments qui leur ont permis de retracer la chronologie des événements. Ils ont compris que Malefoy s'était sacrifié pour te sauver et qu'il avait inexplicablement fini par s'en sortir.
Elle semblait attendre la réaction de son amie avec inquiétude, comme si elle allait fondre en larmes à la simple évocation de ce moment. Hermione soutint son regard pour la contredire.
- Même s'ils leur manquaient encore quelques éléments de réponse concernant la façon dont il y est parvenu, ils ont aussitôt prévenu les membres de l'Ordre du Phénix encore présents ainsi que tes parents, continua la rouquine. Ils ont également trouvé la grotte située dans la forêt derrière le manoir mais ont été incapables de deviner ce qui s'y était passé exactement car, même s'ils disposent de sortilèges d'analyse criminelle très puissants, il manquait trop d'indices. Seules quelques traces de sang et de cendre ont pu leur indiquer que tu t'y étais trouvée et qu'une bataille avait eu lieu.
- Ils en ont donc déduit que tu avais à nouveau été enlevée, par quelqu'un d'autre que Malefoy cette fois-ci, enchaîna Harry, prenant la relève. Ils se sont mis à la recherche des manoirs des Mangemorts encore inconnus, ou des autres planques dans lesquelles tu aurais pu te trouver. Malefoy était introuvable, mais nous savons à présent qu'il était aux côtés de Yaxley.
L'expression haineuse sur le visage de son meilleur ami en disait long sur l'aversion que lui inspirait le Serpentard. Hermione s'empressa d'en revenir au sujet initial :
- Comment ont-ils trouvé le manoir de Yaxley ?
- Grâce aux sortilèges d'analyse criminelle, répondit Ginny en jetant un coup d'œil à son petit ami. Ils sont parvenus à retracer le chemin que tu avais emprunté depuis l'allée des Embrumes jusqu'à la demeure du Mangemort.
Impressionnée, Hermione ouvrit de grands yeux.
- Ingénieux... Je n'aurais jamais pensé qu'exécuter cette mission permettrait ma délivrance.
- Quelle mission ? s'enquit Harry, confus.
- Yaxley m'a envoyée chez Barjow et Beurk acheter du Veritaserum et du poison.
- Quoi ? s'offusquèrent-ils tous les trois.
La Gryffondor leva la paume de sa main pour les rassurer.
- Pas pour moi, ne vous inquiétez pas. Enfin, à la base. Pansy a essayé de m'empoisonner par la suite, mais je l'ai surprise et...
- Pansy a essayé de t'empoisonner ? souleva Ginny, ébétée. Mais... tu n'étais pas sous l'apparence de cette autre femme ?
- Et pour qui était-ce prévu au départ ? renchérit Harry.
Seul Ron ne pipait mot, mais Hermione devinait que malgré son absence de réaction, il se faisait également du souci pour elle à en juger par la façon dont il la fixait.
- Si, si, j'étais sous l'apparence de Cressida, une soit-disant cousine de Yaxley, confirma la lionne. Et au départ, le poison était pour Dra... euh, Malefoy, se corrigea-t-elle précipitamment, si jamais les Mangemorts n'étaient pas satisfaits par les résultats du Veritaserum Extrême.
- Quoi ? s'étonna Ginny qui paraissait ne rien comprendre. Mais pourquoi ?
- Il ne les a pas rejoints ? interrogea Harry, aussi perdu que les deux Weasley.
- Si, bien sûr que si, tenta vainement d'expliquer Hermione, mais c'est compliqué. Je n'ai pas le temps de vous raconter toute l'histoire, ça serait trop long. L'essentiel à retenir, c'est que Malefoy est un Mangemort, voilà tout.
Elle baissa tristement le regard, le cœur déchiré en mille morceaux comme chaque fois qu'elle s'autorisait à y penser. Si la pensine avait laissé planer le douter quelques instants, désormais elle n'avait plus le droit de repousser sans cesse la réalité ; en dépit de toutes ses espérances, elle était là, plus présente que jamais.
- Tu l'aimes, n'est-ce pas ?
Hermione tressaillit et leva les yeux vers Ron qui la détaillait d'un air peiné. Harry et Ginny la dévisageaient aussi ; eux ne montraient aucun signe de colère ou de tristesse, mais pas non plus de compréhension ou de quoique ce soit de positif.
- Non, nia aussitôt la Gryffondor tant bien que mal. Non, je... je le déteste.
Ron déglutit difficilement en hochant la tête, et Hermione comprit alors que sa réaction d'auto-défense ne venait que confirmer ce qu'il pensait déjà.
- Je le hais, certifia-t-elle quand même en appuyant sur le mot. Je le hais de toutes mes forces.
Elle-même ne comprenait pas pourquoi elle s'acharnait à essayer de leur faire assimiler cette vérité si infime comparé à ce qu'elle ressentait de plus fort encore que la haine.
À sa grande surprise, Ginny posa une main apaisante sur son épaule.
- Ce n'est pas la peine de faire semblant, Hermione, on sait ce qui s'est passé.
La lionne secoua vigoureusement la tête, des larmes naissant au coin de ses yeux.
- Non, vous... vous ne savez rien, souffla-t-elle d'un ton désespéré. Il vous manque trop de détails pour que vous puissiez comprendre.
- On a compris que tu étais tombée amoureuse de lui, Hermione, intervint alors Ron d'une voix enrouée. L'état dans lequel tu te trouvais lorsque tu as appris sa mort est une preuve que l'on ne peut ignorer. Quant à la suite... elle n'a fait que confirmer ce que nous ne voulions pas voir.
Cette fois, la Gryffondor fut incapable de retenir ses sanglots et les larmes se déversèrent sur ses joues malgré tous ses efforts.
- Je suis désolée, murmura-t-elle d'une voix brisée.
Que pouvait-elle dire d'autre ? Elle se sentait si vide, d'un coup.
- On ne te cache pas qu'au début cette constatation nous a mis en colère, l'informa Harry avec douceur. On avait l'impression que tu nous avais trahi, on n'arrivait pas à accepter cette idée. Mais qui sommes-nous pour te juger ? Nous n'avons pas la moindre idée de ce que tu as vécu tout cet été, et la seule chose qui compte à présent, c'est que tu sois là, saine et sauve.
Hermione leva les yeux vers son meilleur ami ; en dépit d'une éventuelle réticence à l'idée qu'elle soit tombée sous le charme d'un tel être que Malefoy, il était évident qu'il ne mentait pas. Ses yeux brillaient de sincérité, et son sourire, bien qu'un peu crispé, paraissait vrai.
Le comportement de Ginny était le même que son petit ami ; Ron, en revanche, semblait plus évasif, son regard demeurait fuyant, mais la lionne ne pouvait que le comprendre. Elle avait tellement mal de lui faire de la peine...
- Je suis désolée, répéta-t-elle, ne sachant quelle attitude adopter. Ron...
Elle se souvint brusquement de ce jour où Malefoy l'avait insulté injustement ; elle était alors entrée dans une colère noire, une rage telle qu'elle lui avait bien trop tenu tête, et que le Serpentard en avait perdu le contrôle de lui-même. Il n'y avait pas le moindre doute que si c'était à refaire, elle le défendrait à nouveau ; mais son point de vue avait un minimum changé : elle savait désormais qu'elle ne ressentait rien de plus qu'une amitié fraternelle envers Ron.
Ce dernier haussa les épaules, tentant d'avoir l'air désintéressé, mais le chagrin qu'affichait son visage trahissait son éplorement.
- C'est la vie, se contenta-t-il de dire.
Essuyant ses larmes d'un revers de main, Hermione chercha une parole réconfortante ; en vain. Heureusement pour elle, Harry orienta la conversation sur un autre sujet.
- Où t'a emmené Malefoy, tout à l'heure ? Pourquoi a-t-il transplané avec toi ?
- Dans son manoir, répondit-elle, soulagée de son intervention. Je ne sais pas pourquoi.
Ginny fronça les sourcils.
- Tu es restée seule dans son manoir tout ce temps ?
- Oui.
- Mais... qu'as-tu fait ? Et comment as-tu réussi à en sortir ?
- Je... j'ai cherché un moyen d'en sortir pendant un bon moment, confia Hermione en ne mentant qu'à moitié. Malefoy avait vraiment tout condamné, tout protégé.
Peu désireuse de leur faire part de sa trouvaille, elle préférait taire les souvenirs de la pensine. Que lui avaient-ils appris, au final ? Des tas de choses qui l'avaient longtemps fait douter, mais elle ne pouvait plus se le permettre.
- Finalement, j'ai trouvé... un passage secret qu'il avait oublié de verrouiller. Ensuite, je me suis débrouillée pour retrouver le manoir de Yaxley, j'ai volé une baguette et j'ai transplané. Dites, lança-t-elle en se souvenant soudain du lieu dans lequel ils étaient actuellement. Pourquoi n'y avait-il plus personne à la demeure de Yaxley ? Pourquoi tout le monde est ici, à Poudlard ?
Contrairement à ce à quoi elle s'attendait, ses amis secouèrent la tête en signe d'ignorance.
- Aucune idée, avoua Harry.
- Vous ne savez pas ? s'étonna Hermione, médusée.
- Les aurors non plus, précisa Ron, personne n'a compris ce qui s'est passé.
- Peu de temps après que Malefoy t'ait embarquée, rapporta Ginny, les Mangemorts encore debouts ont commencé à transplaner les uns après les autres, sur ordre de Yaxley, je suppose. Heureusement, l'un des aurors a réussi à s'accrocher à son adversaire et a transplané avec lui. Une fois ici, il nous a tous alertés et nous l'avons rejoint.
Hermione passa un doigt sur ses lèvres gercées, les rouages de son cerveau tournant à toute allure.
- Pourquoi auraient-ils transplané brusquement ? Visiblement, ce n'était pas pour fuir la bataille, puisqu'ils se sont rendus ici... Ils ont sûrement un but précis...
- En vérité, nous espérions que tu en saurais plus que nous, admit Harry. On pensait que tu avais peut-être appris quelque chose...
À regret, la lionne dut le détromper.
- Non, désolée. J'étais prisonnière, je n'ai pas vu grand-chose. Ils ne me tenaient pas au courant de leurs plans.
Harry eut l'air de vouloir ravaler ses mots.
- C'est vrai. Pardon.
Hermione lui offrit un sourire réconfortant. Sourire qui se fana aussitôt.
- Une minute, lâcha-t-elle en réalisant seulement maintenant ce que ses amis lui avaient confié. Tu dis qu'ils ont transplané ? Tu veux dire qu'on peut transplaner dans le manoir de Yaxley ? Tu veux dire qu'il me suffisait de trouver une baguette et de...
- Hermione, l'interrompit Ginny d'un ton doux. On ne peut transplaner que dans les sous-sols. C'est comme ça que nous sommes entrés. Les Mangemorts ont dû enlever les sortilèges de protection dans cette partie du manoir pour pouvoir librement faire des allers et venues. Comme de toute façon, la demeure est pratiquement impossible à trouver, ils ne craignaient pas vraiment de nous voir débarquer. Encore une fois, c'est uniquement grâce à toi que nous avons pu y arriver.
Son sourire rassura légèrement la Gryffondor. Mais, étrangement, elle ne se sentait pas soulagée. En fait, elle se sentait soudain vide, comme si son corps et son esprit avaient tout à coup été divisés.
Et, par-dessus tout, elle se sentait lasse, mais lasse...
- Il faut découvrir ce qu'ils ont derrière la tête, décida-t-elle en regardant ses amis dans les yeux. Quelque chose me dit qu'il vaut mieux qu'ils n'aillent pas au bout de leur projet...
Harry, Ron et Ginny acquiescèrent gravement. Inexplicablement, Hermione ne sentait plus aucune adrénaline dans ses veines ; la fatigue, la douleur et la lassitude pesaient cruellement sur ses épaules. Alors qu'à peine quelques minutes plus tôt, elle s'était sentie prête à se jeter dans une bataille qui s'avérait serrée, elle n'avait maintenant plus la force de sauver le monde.
Harry parut remarquer son brusque changement d'humeur.
- On va y arriver, Hermione, l'encouragea-t-il en plantant ses yeux verts dans les siens. Un dernier effort et tout sera fini.
- Harry, objecta Ginny avec inquiétude. Elle a été prisonnière pendant plus de trois semaines, et sans doute torturée nuit et jour. Regarde dans quel état elle se trouve.
D'un geste vague, elle désigna les lambeaux qui recouvraient à peine le corps détruit de la jeune fille. Les regards de ses deux meilleurs amis se posèrent sur elle et ils plaquèrent simultanément une main sur leur bouche pour étouffer un cri de surprise et d'horreur. Manifestement, dans l'obscurité, ils ne s'étaient pas aperçus de son état.
- Elle mérite du repos, recommanda la rouquine d'un air très sérieux. Elle ne peut pas aller se battre comme ça maintenant.
- Je n'avais pas vu, s'excusa aussitôt Harry, dépité. Oh, Hermione...
Il fit un pas vers elle pour la prendre délicatement dans ses bras comme si elle allait se briser s'il la serrait trop fort.
- Il faut te ramener chez tes parents, Hermione, insista Ron à son tour. Il te faut impérativement des soins. Je ne sais même pas comment tu fais pour tenir debout !
À en juger par l'air préoccupé qu'il arborait, son amertume envers sa meilleure amie venait d'être subitement effacée, remplacée par une profonde anxiété de la savoir aussi mal en point. Mais la lionne était loin de partager leur avis ; même si elle n'avait plus la moindre force, s'ils pensaient qu'elle allait les laisser risquer leur vie tous seuls, ils se fourraient la baguette dans l'œil !
- Il en est hors de question, refusa-t-elle d'un ton sans appel. Comment pouvez-vous exiger que je rentre chez moi alors que vous risquez votre vie ? De toute façon, si jamais j'obéissais, je passerais mon temps à me ronger les sangs, et je ne laisserais personne m'approcher. Je reste ici, point barre.
- Mais Hermione, tenta vainement Harry, tu...
Ses protestations moururent sur ses lèvres lorsque la lionne l'incendia du regard.
- N'essaie pas de me faire croire qu'à ma place, tu serais immédiatement allé te soigner en abandonnant tous tes amis ici, siffla-t-elle en le défiant de répondre.
Se mordant la lèvre inférieure, Harry ne put que céder face à cet argument imparable.
- Non, reconnut-il, mais...
- On est d'accord, trancha Hermione en se redressant fièrement.
Si Harry ne fit plus la moindre tentative, les deux Weasley, cependant, ne semblèrent pas prêts à abandonner si facilement.
- Enfin, Hermione ! explosa Ron, indigné. Tu ne crois pas que t'en a assez fait ? Est-ce que tu as vu dans quel état tu es actuellement ? On a l'impression qu'à la moindre égratinure supplémentaire, tu risques de te casser en mille morceaux !
La Gryffondor sentit la colère monter dans sa poitrine.
- Tu serais surpris de savoir ce que je peux supporter, cingla-t-elle d'une voix glaciale.
Comme si elle l'avait assommé d'un coup de massue sur la tête, Ron cligna plusieurs fois des yeux, se rendant brusquement compte de son erreur.
- Je suis désolé, bafouilla-t-il piteusement, j'imagine que tu as dû en supporter beaucoup et je...
Il ouvrit puis ferma la bouche, honteux d'avoir prononcé des mots qu'elle aurait pu très mal interpréter. Contre toute attente, Ginny vola à son secours.
- Essaie de nous comprendre, Hermione, on se fait vraiment beaucoup de soucis pour toi. Ron n'a pas voulu te blesser, on veut simplement que notre meilleure amie ne souffre plus...
Devant l'affolement clairement identifiable dans les yeux de la jeune fille, la colère d'Hermione retomba aussi vite qu'elle était arrivée.
- Je sais, je... je comprends, convint-elle, ses épaules s'affaissant soudainement. Mais essayez aussi de vous mettre à ma place, je ne peux pas vous laisser ici...
Alors qu'Harry ouvrait la bouche, un éclair de lumière verte frôla tout à coup la joue gauche d'Hermione, si furtif et si proche qu'elle sentit un filet de sang s'écouler de l'éraflure. Instinctivement, elle se baissa tandis que ses amis se retournaient pour déterminer la source du problème ; l'un des Mangemorts qui se battaient un peu plus loin venait de se débarrasser de l'auror qui l'avait longuement défié et, à présent, s'intéressait de très près à leur petit groupe.
- Le meurtrier du Seigneur des Ténèbres, une Sang-de-Bourbe et deux traîtres-à-leur-sang, énuméra-t-il dans un éclat de rire jubilatoire. Ça doit être mon jour de chance !
Les aurors autour de lui étaient bien trop occupés par les attaques de ses confrères pour leur venir en aide ; les quatre amis se rapprochèrent donc simultanément, prêts à riposter. Mais, alors qu'elle balayait les alentours du regard, Hermione s'aperçut brusquement de l'absence de deux personnages importants : Malefoy et Yaxley. Le fait qu'ils manquent une bataille de cette importance ne présageait rien de bon ; aussi, elle profita du Bouclier de protection dressé par Ginny pour chuchoter à ses amis :
- Je dois trouver les réponses à mes questions, c'est la seule façon d'en finir. Vous êtes à trois contre lui, vous allez y arriver. Rookwood n'est pas le plus doué d'entre eux.
- Où vas-tu, Hermione ? s'écria Harry alors qu'elle s'éloignait à toute allure.
Mais la jeune fille ne se retourna pas ; de toute manière, elle ne le savait pas. Elle se contenta de courir jusqu'au château aussi vite que ses jambes tremblantes le lui permettaient. Son instinct lui soufflait que les Mangemorts n'avaient pas choisi ce lieu par hasard ; il devait se trouver ici quelque chose dont ils avaient impérativement besoin.
Alors qu'elle grimpait les grandes marches qui menaient aux portes de Poudlard, un long chant mélodieux traversa le ciel dénué d'étoiles ; faisant instantanément volte-face, Hermione leva les yeux et poussa un cri de stupeur juste au moment où le magnifique oiseau fondait sur elle.
- Fumseck ?
Pour le titre de ce chapitre, je le trouvais classe alors je l'ai mis même s'il n'est compréhensible qu'aux toutes dernières lignes, mais bon, j'espère que ça ne vous a pas dérangés.
Merci d'avoir lu !
