Hello !

Vraiment désolée de vous avoir fait attendre un peu, j'ai légèrement manqué de temps. Merci pour vos reviews toutes plus gentilles les unes que les autres, vous êtes super géniaux, je vous aime !

C'est un chapitre un peu spécial que vous allez avoir maintenant. S'il y a des choses que vous ne comprenez pas ou que vous avez besoin que j'éclaircisse, n'hésitez surtout pas à me le dire, je ferais du mieux possible ! J'ai un peu la pression, j'espère avoir bien défendu mon point de vue. Je prie pour qu'il vous plaise !
Encore une fois, n'hésitez pas à me dire tout ce que vous en pensez, ça m'aidera beaucoup. Merci encore à toutes, tous celles et ceux qui suivent ma fiction et surtout qui prennent le temps de me laisser une review. Bonne lecture !

gDragoHermione : Je suis flattée que tu prennes comme ça le temps d'apprécier et de commenter ta lecture, ça me fait super plaisir ! En plus tes avis sont toujours constructifs alors c'est super. Pour la découverte de sa mère, c'est vrai que c'est un peu bizarre mais je me dit qu'il a cru Pansy et qu'il était trop affecté pour aller vérifier, et puis de toute façon il devait penser qu'il ne pourrait pas retrouver le corps (il n'y a que nous qui savons où il était grâce au journal qu'a trouvé Hermione dans le salon de Yaxley). Je suis contente que le chapitre 37 t'ait touchée, c'était le but ! J'avoue que moi-même j'étais tellement dans le personnage que je souffrais comme Hermione. C'est vrai qu'on perd un peu la notion du temps ^^ Désolée si ça t'as un peu gênée :/ Plus qu'un chapitre et Drago et Hermione se retrouvent, c'est promis juré craché ! A bientôt et bon courage et merci encore ! :D


39. - Terrible alchimie

Stupéfaite, Hermione ne put que suivre des yeux l'extraordinaire phénix qui faisait des cercles dans le ciel avant de pointer vers elle à toute allure. Une seconde plus tard, il se posait majestueusement à ses côtés, pliant ses somptueuses ailes aux couleurs de feu.

Sa consternation avait atteint un point culminant ; comment Fumseck pouvait-il actuellement se trouver juste devant elle ? À la mort de Dumbledore survenue plus d'un an auparavant, l'oiseau s'était lamenté toute la journée avant de s'enfuir vers un lieu inconnu et sans doute très lointain. À cet instant, Harry avait alors été convaincu qu'il ne reviendrait jamais.

Manifestement, le phénix en personne s'était chargé de le détromper.

- B... bonjour, Fumseck, bredouilla-t-elle en l'observant avec des yeux exorbités.

Elle s'aperçut alors qu'il tenait deux objets dans son bec ; au même moment, ce dernier la salua d'un son mélodieux, faisant tomber par terre une baguette magique et un bout de parchemin. Ébahie, la lionne se pencha pour les ramasser ; à peine eut-elle effleuré le bout de bois qu'une agréable sensation se propagea le long de son bras. Comme elle lui avait manqué !

- Où... où as-tu trouvé ma baguette ? s'étonna Hermione en détaillant l'oiseau qui la regardait d'un air serein.

Il était étrange que le compagnon de Dumbledore en personne la lui rende ; encore plus surprenant que le fait qu'il vienne la voir alors qu'elle n'avait jamais eu de contact direct avec lui. Harry avait toujours eu ce privilège, pas elle. Pour tout avouer, cette situation était tellement improbable qu'elle lui paraissait irréelle.

Pour toute réponse, Fumseck pencha la tête vers le bout de parchemin resté à terre. Profondément intriguée, la Gryffondor s'accroupit près de lui, saisit la note et la déplia. Une écriture fine et jolie s'étalait à l'encre bleue.

Un phénomène étrange se produit entre deux élèves depuis leur entrée dans la lumière de Poudlard en première année. Quelque chose d'inexplicable et de spécial se passe constamment entre Miss Hermione Granger et Mr Drago Malefoy et ils ne s'en aperçoivent même pas. Il est de notre devoir de faire la lumière sur ce prodige. Quand ils seront prêts, il faudra leur révéler l'existence de cette lumière braquée sur eux. Nous devons croire en eux. Un jour, ils se verront l'un et l'autre à la lumière de leur baguette, et comprendront. Nous saurons quand le moment sera venu. Pour de plus amples informations, merci de vous adresser directement à moi.

A.P.W.B.D.

Prise de vertiges, Hermione dut se retenir au mur du château pour ne pas tomber dans les pommes. Son cœur s'affolait dans sa cage thoracique et des sifflements lui vrillaient les oreilles. Qu'est-ce que c'était que ce charabia ? Que devaient-ils savoir ? Pourquoi cette note incompréhensible avait-elle été rédigée, et pour qui ? Une tornade de questions envahit l'esprit de la lionne qui dut fermer les yeux quelques secondes pour tenter de faire le vide en elle. Sans résultat, évidemment.

Lorsqu'elle souleva ses paupières, les petits yeux vifs de Fumseck étaient toujours fixés sur elle. Loin de l'apaiser, ce regard ne fit que la paniquer davantage ; qu'était-il en train de se passer ? Pourquoi, tout à coup, cet oiseau tombait de nulle part et lui balançait sa baguette et cet étrange bout de parchemin au visage ? Qu'ignorait-elle sur sa propre vie ?

Elle laissa s'écouler une poignée de secondes durant lesquelles elle dévisagea intensément le phénix qui n'avait pas bougé et semblait attendre quelque chose d'elle. Puis, inévitablement, son cerveau surentraîné repris le dessus et Hermione fit une rapide analyse de la situation : il fallait qu'elle en sache plus. Si Fumseck était revenu des entrailles de la Terre pour lui rendre sa baguette et lui remettre ce bout de parchemin, c'était pour une raison bien précise qu'elle devait découvrir.

Il lui paraissait plutôt flagrant que cette note avait été rédigée par Dumbledore, son phénix étant venu lui-même la lui apporter, et les initiales correspondant parfaitement à Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. Peut-être que le directeur avait quelque d'important à lui révéler concernant Drago Malefoy ?

Une partie d'elle-même – la plus grosse – lui hurlait de chercher à en savoir plus sur cette histoire, tandis que l'autre – la plus petite – lui rappelait quand même que sa mission actuelle était de trouver ce que manigançaient les Mangemorts. Cependant, Hermione ne pouvait ignorer les battements précipités de son cœur, ainsi que les milliers de questions qu'elle se posait depuis plus de trois mois au sujet de cet homme aux multiples mystères. Et puis, comment ne pas faire confiance à Fumseck ? S'il était venu la voir dans un moment aussi crucial, c'était sans aucun doute pour une bonne raison.

De plus, elle avait l'espoir au fond d'elle que les deux choses étaient liés, ou qu'elle en saurait plus sur l'une et sur l'autre en même temps.

Hermione posa ses yeux vers l'oiseau qui s'était rapproché d'elle.

- Que dois-je faire ?

Celui-ci agita ses ailes et leva la tête vers le ciel, désignant quelque chose du bout du bec. La jeune fille se redressa et se rendit compte qu'il lui montrait l'une des fenêtres du château. Il laissa ensuite échapper un autre son mélodieux puis commença à battre des ailes.

- Attends ! s'écria Hermione tandis qu'il s'envolait à quelques mètres du sol. Je... je... Merci, Fumseck. J'espère que je te reverrai un jour.

Le phénix tendit la tête vers elle quelques secondes puis s'éleva dans le ciel en entamant un nouveau chant. En un instant, il ne fut qu'un point noir au milieu des nuages sombres et menaçants. La Gryffondor demeura figée un petit moment, trop hébétée par ce qui venait de se passer pour réagir. La présence de l'oiseau à ses côtés lui manquait déjà, et elle s'aperçut qu'elle avait eu quelque chose de rassurant, de protecteur. Elle était à nouveau seule désormais.

Brusquement, elle reprit le contrôle d'elle-même et fit volte-face pour s'engouffrer dans le hall du château. Tenant fermement sa baguette et celle du Mangemort à qui elle l'avait volée dans une main, le bout de parchemin dans l'autre, elle grimpa les escaliers à toute vitesse jusqu'à la fenêtre que Fumseck lui avait indiqué. Parvenue dans la tour du deuxième étage, Hermione pila net devant la gargouille en pierre qui gardait l'entrée du bureau du directeur. Comment avait-elle pu ne pas penser à demander le mot de passe ?

La lionne s'infligea une claque mentale ; à cause de sa lenteur de réaction, elle allait passer des heures à essayer de le trouver, et peut-être n'y arriverait-elle jamais !

Poussant un soupir de frustration, elle entreprit de passer en revue tous les mots de passe qui pourraient convenir à Dumbledore. Harry lui avait dit un jour que le directeur était très gourmand et qu'il aimait donner des noms de sucreries.

- Chocoballe ? Gomme de Limace ? Nougat moelleux ? Caramel doré ? Nid de cafard ?

À chaque nouvelle tentative, la gargouille d'une laideur extrême ricanait, devant une Hermione en plein désarroi qui continuait de s'agiter dans tous les sens, les joues rouges et le souffle court.

- Chocogrenouille ? Dragée surprise de Bertie Crochue ? Patacitrouille ? Ballongomme ?

Son flot de paroles s'interrompit quelques secondes, le temps qu'elle trouve de nouvelles idées.

- Bulle Baveuse ? Gnome au poivre ? Souris glacée ?

Elle eut beau citer toutes les sucreries de chez Honeyduke, le bureau ne se déverrouilla pas pour autant. Désespérée, Hermione se laissa choir contre le mur du couloir, serrant dans sa main moite le bout de parchemin. Elle était si près du but, et voilà que le seul obstacle aux réponses à ses questions était un maudit mot de passe, sûrement banal, d'ailleurs... Fumseck l'avait peut-être crue assez maline pour le trouver toute seule ; c'était affligeant de constater qu'il l'avait surestimée. Peut-être avait-il oublié de prendre en compte tout ce qu'elle avait enduré jusque-là, toute la fatigue et la douleur qui pesaient sur elle, si toutefois il avait été au courant, bien que le contraire lui paraisse invraisemblable : même dans sa mort, Dumbledore était informé, et son phénix devait sans doute savoir beaucoup de choses. La lionne était persuadée que le lien entre l'ancien directeur de Poudlard et son compagnon était indestructible et bien plus puissant que quiconque pouvait l'imaginer.

Avec un énième soupir, Hermione glissa un peu plus contre le mur jusqu'à toucher le sol. Comme elle aurait aimé rester là, assise par terre sans rien faire. Comme elle aurait aimé se reposer, nettoyer son corps et son esprit de toutes ces pourritures qui s'étaient accumulées au cours de ces dernières semaines. Comme elle aurait aimé ne pas avoir la lourde tâche d'être elle-même.

Sitôt après avoir eu une telle pensée, la jeune fille s'en offusqua ; non, bien sûr que non, elle ne voulait pas être quelqu'un d'autre. Perdre son identité pendant plusieurs semaines avait été bien trop douloureux. Pour rien au monde elle ne prendrait à nouveau l'apparence de Cressida ou de quiconque pendant si longtemps. La vraie Hermione lui avait cruellement manqué, et elle avait tellement douté de sa propre personne que plus jamais elle ne voudrait revivre une telle épreuve.

Abattue par tant de lassitude, la Gryffondor posa le bout de parchemin ainsi que la baguette du Mangemort entre ses jambes, gardant seulement sa propre baguette dont elle avait rêvé tant de fois et dont elle croyait l'existence terminée. C'est alors qu'en survolant distraitement la note de Dumbledore, plusieurs mots lui sautèrent aux yeux, figeant son sang dans ses veines. Comment n'avait-elle pas pu s'en rendre compte plus tôt ? Le mot « lumière » apparaissait quatre fois, alors qu'il n'était pas vraiment un passe-partout. Et Hermione Granger ne pouvait pas penser qu'il s'agissait d'un hasard...

Saisissant le bout de parchemin et l'autre baguette, elle bondit sur ses pieds.

- Lumière ! lança-t-elle à la gargouille en pierre, faisant cesser ses ricanements désagréables.

Celle-ci se mit à bouder, à en juger par l'expression hideuse qui se dessina sur sa figure repoussante, mais fit néanmoins un pas sur le côté. Le mur s'ouvrit alors, laissant l'accès à l'escalier en colimaçon mobile. Soudain animée d'une nouvelle énergie, Hermione bondit sur la première marche, et l'escalier la mena jusqu'à une porte en chêne munie d'un heurtoir en cuivre en forme de griffon. Fébrile, la lionne appuya sur la poignée et poussa la porte qui dévoila une belle et grande pièce circulaire pourvue d'une multitude de fenêtres. La première chose qui attira son regard fut ce qu'elle recherchait le plus : les portraits d'anciens directeurs et directrices qui somnolaient dans leurs cadres. Ses yeux balayèrent leurs visages jusqu'à tomber sur celui à qui elle devait impérativement s'adresser.

- Professeur Dumbledore ! appela-t-elle d'une voix devenue stridente compte tenu du poids qui venait d'écraser brutalement son estomac.

Les trois quarts des portraits sursautèrent et ouvrirent les yeux, se mettant à marmonner au sujet de l'impolitesse des nouvelles générations.

- Qui est-ce donc ? interrogea une sorcière aux petits yeux inquisiteurs.

- On ne vous a jamais appris à frapper, jeune fille ? s'indigna un vieux sorcier corpulent.

- Avez-vous vu l'heure ? se plaignit un troisième. Il doit être une heure du matin !

- Ah, ces jeunes... aucun respect pour les anciens qui ont encore besoin d'un minimum de sommeil !

Mais Hermione ne leur accorda pas le moindre coup d'œil ; toute son attention était focalisée sur une personne en particulier, la seule à qui sa venue avait fait apparaître un sourire.

- Bonsoir, miss Granger, la salua-t-il aimablement.

- B... bonsoir, professeur, fit-elle en sentant ses joues devenir cuisantes sous un accès de timidité.

Autour d'eux, les portraits continuaient à grommeler entre eux.

- J'espère qu'elle a une bonne raison de venir interrompre notre nuit, grogna une sorcière, aussitôt approuvée par les autres.

Cette fois, Hermione leur jeta un regard hésitant.

- Navrée, s'excusa-t-elle, j'ai besoin de parler au professeur Dumbledore.

Ce dernier se redressa dans son cadre, la mine sereine.

- Eh bien, miss Granger, que me vaut le plaisir de votre visite ?

La jeune fille sentait ses joues chauffer de façon gênante ; la situation la rendait mal à l'aise, car elle ne s'était jamais adressée ainsi au directeur. Elle comprit soudain ce qu'avait dû ressentir Harry les premières fois où il avait eu besoin de solliciter ce personnage fort intimidant.

Brusquement, elle ne savait plus quoi dire, et la raison de sa venue lui paraissait insignifiante.

- Je... euh... je dois...

Ses bafouillements accentuèrent son malaise ; elle se tut donc et leva le bout de parchemin de façon à ce qu'il se trouve à la hauteur des yeux bleus de son interlocuteur.

- Il m'a semblé entendre le chant de Fumseck, en effet, commenta-t-il avec un sourire.

Prise au dépourvu par cette drôle de réaction, Hermione cligna des yeux.

- Pouvez-vous m'expliquer, professeur ?

- Ah, miss Granger, soupira-t-il, je savais que ce jour viendrait. Compte tenu de ce qui se passe en ce moment, il devenait urgent que vous veniez.

Hermione fronça les sourcils.

- Me voilà, professeur.

- Par quoi commencer ? questionna ce dernier, se posant plus la question à lui-même qu'à la jeune fille. Il y a tant de choses que vous devez savoir.

Un peu agacée, la Gryffondor songea qu'il sous-estimait son impatience.

- Peut-être pourriez-vous d'abord m'expliquer à qui était adressée cette note, à l'origine, proposa-t-elle donc, puisque je suppose qu'elle n'était ni pour moi, ni pour Malefoy.

- En effet, acquiesça le vieil homme. J'ai rédigé une lettre durant votre sixième année, miss Granger, quand je savais que j'allais mourir. Je voulais que le directeur ou la directrice qui me succèderait soit au courant de certaines choses, et ce que vous avez entre les mains est la partie qui vous concerne, vous, ainsi que monsieur Drago Malefoy. Elle est bien sûr infime étant donné la longueur plutôt inhabituelle de la lettre. J'ai déchiré ce morceau car je souhaitais la confier à Minerva, qui serait plus apte à comprendre que Severus. Tu devines sans mal qu'une autre partie de la lettre concernait Harry Potter, bien entendu.

Hermione hocha la tête, avide d'entendre la suite.

- J'ai ensuite chargé Fumseck de te donner ce morceau à toi, poursuivit paisiblement Dumbledore, et la lionne nota l'emploi soudain du tutoiement. Il fallait que tu sois la première au courant, si jamais tu ne l'avais pas découvert seule. Il a visiblement jugé bon de le faire maintenant, il était temps.

Ses yeux bleus se posèrent sur sa main droite.

- Quant à ta baguette, je suppose qu'il est allé la chercher là où monsieur Malefoy l'avait cachée.

- Excusez-moi, professeur, intervint la Gryffondor, est-ce que ma baguette a quelque chose à voir avec cet extrait de la lettre ?

- Pas vraiment, admit Dumbledore. Je suppose que Fumseck craignait qu'une baguette magique de Mangemort pour te défendre puisse te jouer des tours. C'est en tout cas ce que je pense.

Hermione jeta un regard dégoûté au bâton qu'elle tenait dans sa main gauche.

- Ce qu'il faut que tu saches, Hermione, reprit l'ancien directeur avec sérieux, c'est que dès les premiers jours que vous avez passé dans l'enceinte de ce château, Drago et toi, j'ai su qu'il y avait quelque chose de spécial entre vous. Si l'on passe outre la haine indéniable que vous éprouvez l'un envers l'autre, on s'aperçoit qu'il y a quelque chose en plus.

Perplexe, la lionne le dévisagea, ne sachant pas trop comment interpréter ces paroles.

- C'est-à-dire ?

- Votre sang, votre rang social, votre famille, vos amis, votre maison, votre éducation, votre quotidien, vos principes, absolument tout vous éloigne l'un de l'autre, tout justifie la haine et l'incompréhension que vous ressentez. Et pourtant... je crois que c'est toujours allé au-delà. Vous aviez une façon de vous détester peu commune, et on sentait que ça ne s'arrêtait pas là. Ce que je crois, c'est que vous avez toujours eu inexplicablement une attirance l'un envers l'autre, une attirance que vous ne compreniez pas mais qui était bien là. Cette attirance ne faisait que renforcer la haine que vous éprouviez déjà, car vous n'arriviez pas à savoir comment votre pire ennemi pouvait ainsi occuper vos pensées... Mais ne dit-on pas qu'il n'y a qu'un pas de la haine à l'amour ?

Son regard malicieux parcourait le visage stupéfait de la jeune fille qui n'osait plus bouger le moindre muscle. Autour d'eux, les portraits écoutaient attentivement ce drôle de récit.

- Cette impression n'a fait que s'accentuer les années suivantes, relata le vieil homme. Plus le temps passait et plus j'étais convaincu qu'il y avait une alchimie parfaite entre Hermione Granger et Drago Malefoy. Une alchimie loin de vous plaire, mais bel et bien présente... Chaque coup d'œil, chaque insulte perpétuelle, chaque geste de travers m'assuraient avec certitude qu'il y avait quelque chose à faire de vous deux. L'amour et la haine sont deux sentiments à puissance à peu près égale, miss, et tous deux tellement complexes que malgré les millénaires d'expérience que les Hommes ont derrière eux, ils sont impossibles à comprendre véritablement... Le lien entre les deux est pourtant évident, même si sa nature nous est à ce jour encore inconnue. Mais certaines choses ne s'expliquent pas, Hermione, même si je connais ton éternel besoin de tout comprendre.

Il marqua une pause, prenant soin de scruter l'expression ébahie de la Gryffondor. Ainsi, depuis le début, il disait avoir compris quelque chose dont elle n'avait elle-même pris conscience que plusieurs années plus tard ? Et encore, elle ne s'était jamais posé la question de ce qu'elle avait pu ressentir à Poudlard. Pour elle, il était clair qu'elle était tombée amoureuse de Drago Malefoy lorsqu'il l'avait emprisonnée dans son manoir, ce qui était, en soi, assez paradoxal.

- J'imagine que mes paroles sont difficiles à assimiler, devina-t-il sans cesser de la couvrir de son regard bienveillant. Mais même si aucun de vous deux ne vous en êtes rendu compte, votre attitude qui laissait croire aux autres que seule la haine vous unissait m'a fait comprendre, à moi, à quel point l'amour est complexe et inexplicable, mais surtout, à quel point il est puissant. Et je ne remets pas là en question la puissance de l'amour qu'une mère peut porter à son enfant ou qu'un enfant peut porter à sa mère, car cela, Harry Potter et Drago Malefoy nous l'ont prouvé. Je parle de l'amour qui uni deux personnes pourtant destinées à se haïr.

Sous le choc, Hermione avait l'impression que tout l'air contenu dans ses poumons s'était vidé. Les mots de Dumbledore atteignaient ses oreilles mais ricochaient sur son esprit qui refusait de les digérer. Être ici à parler haine et amour avec le plus grand sorcier de tous les temps était risible tellement c'était ridicule et inconcevable.

- Connais-tu la signification d'alchimie entre deux personnes, Hermione ? lui demanda-t-il soudain.

- L'alchimie était la science par excellence pour les praticiens du Moyen-Âge, récita-t-elle mécaniquement. Elle avait pour objet l'étude de la vie, son but étant la découverte et la fixation d'un ferment mystérieux, grâce auquel la désagrégation d'un corps, et donc la mort, pouvait être presque indéfiniment retardée. C'était l'art de purifier l'impur en accélérant les opérations de la nature afin de parfaire la matière.

Elle se rendit alors compte qu'elle venait de parler comme un livre et que sa définition n'avait pas le moindre lien avec l'alchimie dont parlait Dumbledore.

- Excusez-moi, se rattrapa-t-elle en s'empourprant subitement. Je ne sais pas ce qui m'a pris.

- Tu as raison, Hermione, cette définition est la signification scientifique de l'alchimie, approuva-t-il en l'observant par-dessus ses lunettes demi-lune. Mais l'alchimie dont je te parle est en fait le désir inébranlable d'un rapprochement entre deux êtres. Un rapprochement bien souvent inexpliqué, car ce sont deux êtres qui n'ont rien en commun si ce n'est cette attirance aussi bien physique qu'intellectuelle. D'une façon générale, ce phénomène ne s'explique pas, mais les deux personnes concernées sont alors intimement convaincue que jamais elles ne pourront combattre cette attirance ni la diriger vers quelqu'un d'autre car elle englobe l'ensemble de l'être. Ainsi, si Drago et toi avez une alchimie si parfaite, c'est parce que vous désirez l'autre dans sa totalité, avec une telle force qu'elle en a engendré d'abord une haine sans limite puis un amour tout aussi puissant.

Dumbledore laissa le silence s'installer quelques instants, donnant à Hermione le temps d'assimiler ses propos. La jeune fille était pétrifiée sur place, ses yeux sortant pratiquement de leurs orbites. Ce qu'elle venait d'entendre était de loin la chose la plus insensée qu'elle ait jamais connue. L'assurance dont faisait preuve le vieil homme la terrifiait au plus haut point.

Les portraits étaient tous bouche bée, leurs regards allant de Dumbledore à Hermione. Le silence qui régnait désormais était oppressant, si bien qu'elle finit par le briser.

- Sans vouloir vous manquer de respect, professeur, articula-t-elle lentement, peinant à retrouver l'usage de la parole, il me semble que vous vous trompez.

Comme elle s'y attendait, l'ancien directeur ne perdit pas son sourire.

- Pourquoi penses-tu cela, Hermione ? s'enquit-il avec une extrême politesse.

- Même si j'acceptais de croire que pendant toutes ces années à Poudlard, les insultes entre nous n'étaient qu'une façon de se dire « je t'aime », résuma-t-elle en exagérant volontairement de façon à trahir son agacement et son incompréhension, l'alchimie est sensée être une attirance réciproque, n'est-ce pas ? Pensez-vous sincèrement que c'est le cas, en ce moment ? Pouvez-vous m'affirmer maintenant que le grand et le beau Drago Malefoy est en fait follement amoureux de la misérable Hermione Granger ?

Le sourire de Dumbledore ne se fana pas mais ses yeux bleus prirent une tinte un peu plus foncée, comme s'ils présageaient un peu plus de sérieux.

- Oui, je peux affirmer que le grand et le beau Drago Malefoy est follement amoureux de la douce et généreuse Hermione Granger, consolida-t-il d'un ton devenu très grave. Tu es loin d'être misérable, Hermione. Tu es d'ailleurs un grand modèle pour bon nombres de gens. Tu es l'une des personnes les plus fortes et les plus courageuses que je connaisse. Tu as survécu à tout ce que tu as enduré cet été pendant environ trois mois, tu t'es battue jusqu'au bout et tu as beaucoup de mérite. Alors je te défends de te dénigrer, Hermione, est-ce compris ?

Interloquée et profondément touchée, cette dernière opina doucement.

- Merci... professeur, lâcha-t-elle dans un murmure.

- Je t'en prie, dit-il d'un ton plus léger.

- Pour en revenir à Drago, honnêtement j'ai peur que vous vous trompiez. Vous n'avez pas dû être au courant des derniers évènements, il...

- Au contraire, la détrompa-t-il, j'ai tout suivi avec une extrême attention.

Surprise, Hermione fronça les sourcils.

- Dans ce cas, pourquoi êtes-vous toujours convaincu de l'alchimie parfaite entre nous ?

- Parce que ces évènements n'ont fait que le confirmer, miss, dévoila-t-il avec assurance. Mais puisque tu refuses de me croire, je vais t'expliquer un épisode qui m'aidera à te convaincre. Te souviens-tu de ce moment, lorsque tu as quitté le manoir en laissant Drago face aux Mangemorts, où tu t'es aperçu que tu étais tombée amoureuse de lui ?

Le cœur de la lionne loupa un battement ; comment Dumbledore pouvait-il connaître les détails de cet instant ?

- Oui, répondit-elle néanmoins en le fixant avec appréhension.

- Réaliser une telle chose n'a pas été sans conséquences. À la seconde même où tu as dit à voix haute les mots que tu ressentais depuis si longtemps, il s'est produit quelque chose qui a tout remis en question. Sais-tu de quoi il s'agit ?

- Non, chuchota pratiquement Hermione, angoissée par ce qui allait suivre.

- Ton amour a sauvé la vie de Drago Malefoy.

Dumbledore laissa s'écouler quelques secondes hors du temps avant de reprendre :

- Ta baguette et celle de Drago ont été reliées par une puissante magie connue sous le nom de charme Amoris. Ce charme n'est possible qu'entre deux personnes ayant une parfaite alchimie. Lorsque l'une d'elle est en danger de mort et que l'autre dit à voix haute les mots sacrés, à savoir « je t'aime » suivi du nom de la personne, celle-ci peut alors être sauvée temporairement, car la magie ralentira alors l'arrivée de la mort – et nous retrouvons ici la notion scientifique de l'alchimie qui se traduit par l'action de retarder la mort. Dans ton cas, ton geste jusqu'alors involontaire a permis à Drago d'être temporairement moins affecté par ses blessures, et donc de vaincre les Mangemorts restants, même si la souffrance est revenue quelques temps après. Ce charme est très rarement usé car peu de personnes ont la chance d'avoir une alchimie parfaite, mais d'une manière générale, son utilisation enlève un peu de la gravité des blessures, ainsi elles sont souvent soignées avant qu'il ne soit trop tard. Cet exemple est la preuve, Hermione, que l'amour que tu ressens pour Drago est plus fort que tout.

Le visage de la Gryffondor s'était figé, aussi inexpressif qu'un mur de glace. Les yeux perdus dans le vide, elle se remémorait ce moment, revivant chaque geste, chaque détail. Le récit de Dumbledore concordait parfaitement ; elle ne pouvait plus ignorer ses paroles ni faire semblant de ne pas les comprendre. Elle savait au plus profond d'elle-même qu'il avait raison. Mais alors, pourquoi n'était-ce pas la même chose du côté de Drago ? Le professeur avait pourtant bien insisté sur la notion d'alchimie « parfaite » ; cela n'insistait-il pas sur la réciprocité ? Même si une partie de son sombre univers s'éclairait à présent, il restait encore trop de zones d'ombre.

L'ancien directeur de Poudlard la détaillait minutieusement mais sans insistance, laissant sûrement ses propos l'atteindre. Hermione planta ses yeux chocolats dans les siens pendant quelques instants, réfléchissant encore à ce qu'elle venait d'entendre. D'un côté, les doutes l'assaillaient toujours, l'empêchant d'y voir clair, mais de l'autre, elle savourait ses premiers mots : alors comme ça, son amour avait sauvé Drago !

« C'est bien le premier avantage que je rencontre, pensa-t-elle. Jusqu'ici, être amoureuse de Malefoy ne m'a apporté que de la souffrance. » Une petite voix dans son esprit tenta de lui rappeler le baiser qu'ils avaient échangé dans la grotte et les milliers de sensations qu'elle avait ressenties ; elle la chassa aussitôt. « Après tout, c'était pour de faux, n'est-ce pas ? »

- Réfléchis, Hermione, lui conseilla alors Dumbledore. Depuis que tu as découvert à quel point Drago t'obsédait, as-tu cessé de l'aimer, même lorsque ses actes se sont révélés contradictoires avec ce que tu pensais de lui, même lorsqu'on a salit son image et instauré le doute dans ton esprit ? As-tu cessé d'éprouver tant d'amour pour lui ?

Hermione battit plusieurs fois des paupières pour chasser les larmes qui venaient brusquement de lui monter aux yeux.

- Non, reconnut-elle.

- Pourtant tu as de nouveau ressenti toute cette haine que tu gardais en toi, quelque part, et que l'amour avait temporairement masquée, objecta l'ancien directeur d'une voix douce. Et tu as douté sur la puissance des deux sentiments : lequel domine l'autre ?

- Oui, souffla la lionne en le dévisageant, étonnée qu'il lise ainsi en elle.

- Je ne peux pas répondre à cette question à ta place, Hermione. Toi seule a le pouvoir de décider lequel des deux sentiments doit dominer l'autre.

Une larme s'accrocha aux cils de la Gryffondor qui cligna des yeux.

- Je... je crois que c'est l'amour.

Avec un sourire, Dumbledore inclina la tête sur le côté, comme pour approuver.

- Voilà ce qui a changé entre avant et maintenant, élucida-t-il. Avant, tu laissais la haine prendre l'avantage sur l'amour, et lui aussi. Maintenant, c'est le contraire. Pourtant, Malefoy n'a pas changé entre temps. Justement, il s'est révélé être encore plus monstrueux que tu le pensais. Mais malgré tout, ton sentiment dominant à son égard reste le plus noble et le plus indestructible.

Marquant une pause, le vieil homme se pencha vers elle du mieux qu'il le put à travers le cadre.

- C'est l'une de tes plus grandes forces, Hermione. Aimer de tout ton être quelqu'un qui, à première vue, ne le mérite pas. Je dis bien, à première vue. Car toi, tu es convaincue que tout cet amour que tu éprouves pour lui, il a le droit de le recevoir. Et cela, c'est respectable.

Les yeux bleus d'Albus Dumbledore plantés dans les siens lui transmettaient tant de sagesse que toutes les émotions qui envahissaient Hermione se continrent dans son cœur jusqu'alors prêt à exploser. L'air put à nouveau pénétrer librement ses poumons, et la jeune fille reprit son souffle, s'apercevant seulement maintenant qu'elle l'avait gardé bloqué dans sa poitrine.

- Je... je..., tenta-t-elle, mais c'était inutile : elle ne parvenait pas encore à parler.

Elle ferma les yeux, essayant de reprendre le contrôle d'elle-même ; elle était tellement sensible que parfois c'en était effarant. Lorsqu'elle les rouvrit, l'ancien directeur la regardait avec fierté.

- La sensibilité est une très belle qualité que tu ne devrais pas sous-estimer, lui recommanda-t-il.

Hermione s'essuya le visage et laissa un sourire naître sur son visage.

- Je vous remercie, professeur, pour tout ce que vous m'avez dit.

Parvenir à aligner plus de deux mots était un exploit dont elle se félicita intérieurement.

- Je t'en prie, tu avais besoin de savoir tout ça.

- Si je peux me permettre, professeur, ajouta-t-elle en se rappelant soudain de quelque chose, pourquoi le mot de passe de votre bureau est-il le mot « lumière » ?

- On peut y voir ici une multitude de raisons, répondit-il d'un ton énigmatique. La lumière est souvent une représentation du bien, hors c'est un aspect qui te convient parfaitement. On dit aussi faire la lumière sur quelque chose lorsqu'il faut l'éclaircir, dans ton cas à toi, proposer une explication lucide à toutes les questions que tu te poses. On peut également songer au résultat de l'application du charme Amoris : c'est une sorte de lumière qui relie deux baguettes de deux êtres ayant une alchimie parfaite. Choisis l'explication que tu préfères.

L'espace d'un instant, Hermione se sentit plus légère ; mais bien vite, elle se souvint de tout ce qu'elle devait encore traverser, et tout le poids qu'elle portait sur ses épaules reprit sa charge. L'obscurité épaisse qu'elle discernait derrière les fenêtres lui parut encore plus sombre, et les gros nuages noirs qui prévoyaient la tempête encore plus dangereux.

- L'orage arrive, murmura-t-elle.


Pour le titre du chapitre, je pense que vous avez compris tous seuls ^^

J'espère vraiment que ce chapitre vous a plu. C'est promis, dans le prochain, Hermione et Drago vont se retrouver face to face !

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez

Merci d'avoir lu !

J'attends vos avis avec impatience