Hello !
Encore une fois j'ai du retard, mais ne cherchez pas, c'est dans ma nature, c'est bien pour ça que j'arrive tous les jours en retard au lycée. Il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter ! Au risque de me répéter, je vous remercie encore pour vos reviews qui me font toujours autant plaisir, et bienvenue aux nouveaux lecteurs (et mille mercis aux anciens qui continuent de me lire). Je profite de mon début de vacances (voyez-vous, cela fait seulement une heure que je suis en vacances et mon réflexe a été de poster ce chapitre ! Ne suis-je pas formidable ?) pour vous offrir la suite bande de petits lecteurs impatients et merveilleux. J'ai tellement hâte de lire vos reviews ! Je sens que je vais bien rire. Mais surtout pas de panique, hein, ce chapitre n'EST PAS le dernier, d'accord ? Non parce que j'imagine déjà le mouvement d'affolement général. Mais l'histoire n'est PAS ENCORE terminée !
Surtout dites-moi bien tout ce qui vous passe par la tête, insultez-moi (mais allez-y mollo tout de même), maudissez-moi si ça vous chante, j'attends vos réactions ! Mouhaha je sens que je vais m'amuser...
J'essaierai - j'ai bien dit ESSAYER - de poster la suite aux alentours de Noël, soit avant, soit après.
Bonne lecture !
Hachiko-Livi : Merci beaucoup, je suis flattée par tes compliments ! J'espère que la suite va te plaire ;)
Antoine : Aaaah, alors ? Dis-moi tout ! Bienvenue !
lili : C'est super gentil, merci ! Ahah, mystère... ;)
DragoHermione : Pas de soucis, je comprends, prends ton temps ;)
Tandori : Ta review m'a fait rire ^^ La suite arrive ! Espérons qu'elle te plaira (prions, même) et merci pour cette non-pression que tu me mets xD
41. - Ultimatum
- Miss Granger ?
À travers l'obscurité, elle discerna une silhouette facilement reconnaissable au vu de sa corpulence. La boule d'émotion coincée dans la gorge d'Hermione l'empêcha de le saluer ; si elle avait su un jour qu'elle serait contente de se retrouver face à lui !
- C'est bien vous ? questionna la voix neutre de Greg quelques mètres devant elle.
Pour toute réponse, la Gryffondor se rua sur l'auror pour le serrer dans ses bras. Pris par surprise, ce dernier eut un mouvement de recul, mais elle accentua la pression autour de sa taille et il se figea.
- Vous... vous êtes sûre que tout va bien, miss Granger ? s'inquiéta-t-il sans pourtant que sa voix ne laisse transparaître quoique ce soit.
- Vous êtes un abruti mais je vous aime bien, se contenta-t-elle de déclarer, le nez dans son pull. Et je suis ravie que vous sachiez enfin comment je m'appelle !
Elle sentit les muscles du baraqué se raidir. D'habitude, il la nommait la « Sang-de-Bourbe numéro trois cent quarante-deux », ce qui ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout, même si elle savait que ce n'était pas contre elle. À cause de la traque, le mot Sang-de-Bourbe avait pratiquement cessé d'être une insulte et était souvent utilisé au lieu de « Né-moldu », mais malgré ça, Hermione ne s'y était jamais faite.
Avant qu'il n'ait pu ajouter un mot, elle leva le menton vers lui ; il faisait bien trente centimètres de plus qu'elle.
- Votre stupide cape m'a sauvé la vie. Même si vous êtes chiant, macho, impoli et méprisable, je vous aime bien.
Avec un sourire, elle se détacha de lui et reprit son chemin, le laissant estomaqué et aussi immobile qu'une statue. Un peu plus loin, elle croisa d'autres aurors, encore en plein combat avec les Mangemorts qui, hélas, ne paraissaient pas faiblir. Ils attaquaient sans relâche, empêchant leurs adversaires de répliquer et leur laissant pour unique alternative celle d'éviter leurs maléfices.
Lorsqu'elle distingua des silhouettes plus familières, la lionne pressa le pas, l'angoisse lui serrant les entrailles. Et si l'un d'eux était blessé ? Et s'ils ne s'en sortaient pas ? Des scénarios catastrophes défilèrent dans son esprit durant les quelques secondes qu'elle mit pour les rejoindre. Fort heureusement, ils s'évaporèrent quand ses amis apparurent devant elle, tous sains et saufs. Neville et Luna continuaient de se battre contre un Mangemort, épaulés par Ginny qui lançait des sortilèges par-ci, par-là. Quant à Harry, il aidait Ron à se relever après une chute sûrement dûe à la blessure sur sa jambe droite.
- Ron ! s'écria-t-elle en se précipitant vers lui. Est-ce que ça va ?
Ils tournèrent tous la tête vers elle, la surprise et le soulagement clairement visibles sur leurs visages. Harry se jeta pratiquement sur elle tandis que Ron hochait vigoureusement la tête en assurant que sa plaie était superficielle.
- Où étais-tu ? l'attaqua son meilleur ami, manifestement fou d'inquiétude. Est-ce que tu es devenue complètement folle ?
- Je suis désolée, gémit Hermione sincèrement. Je n'avais pas le choix, il me fallait des réponses. Tu sais ce que ça fait, Harry.
Elle le supplia du regard. Malgré sa colère, celui-ci poussa un soupir.
- Les as-tu trouvées ?
- Oui ! Et j'ai besoin de votre aide.
Harry opina lentement, puis se tourna vers les autres, qui s'occupaient d'un Mangemort apparemment coriace. Ils avaient beau être quatre, soudés et entraînés, ce dernier ne semblait pas prêt à faillir. Alors que son meilleur ami s'apprêtait à accourir pour les aider, Hermione le retint par le bras.
- Attends, l'intima-t-elle, j'ai une idée.
Et elle se pencha pour la lui chuchoter à l'oreille.
- Prêt ?
Harry acquiesça avec un sourire et, aussitôt, ils s'élancèrent à leur tour vers le Mangemort en le bombardant de sortilèges, si bien qu'il dut reculer de plusieurs pas, attaqué par six personnes en même temps. Ron, Ginny et Neville lui jetèrent des regards interrogatifs mais elle désigna du menton la masse noire derrière leur adversaire, et ils comprirent son intention. Ils repoussèrent ensemble le Mangemort jusqu'à ce qu'il se trouve au bon endroit, et là seulement, reculèrent précipitamment sous les yeux ébahis de celui-ci. Une demi-seconde plus tard, il fut fauché par une branche du saule cogneur qui venait brusquement de s'agiter, dérangé par une présence humaine beaucoup trop proche. Sa baguette tomba par terre et sa capuche s'abaissa, découvrant son visage paniqué et sa bouche grande ouverte.
Les cinq amis éclatèrent de rire et Luna se contenta d'esquisser un sourire espiègle.
Lorsque leurs rires s'éteignirent, Hermione redevint soudain sérieuse.
- Il faut que je vous parle, leur annonça-t-elle, profitant d'une pause sûrement trop courte.
En voyant l'expression de son visage, ils se rapprochèrent d'elle d'un air inquiet.
- Les Mangemorts sont ici pour voler un objet appelé Grand Retourneur de Temps, débita-t-elle à toute vitesse. Il s'agit d'un retourneur de temps beaucoup plus puissant que celui que nous connaissons tous, car il permet d'effectuer un voyage dans le temps de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois.
Harry et Neville écarquillèrent les yeux, Ginny plaqua une main sur sa bouche, Luna fronça les sourcils et Ron émit un long sifflement.
- Ils veulent le voler pour essayer de faire revenir Voldemort, poursuivit-elle à toute allure. Ils sont prêts à tout pour le récupérer et...
- Nom d'un hippogriffe ! s'exclama Ginny.
- Par le caleçon de Merlin ! s'offusqua Harry.
- Nom d'un sac à gargouille ! jura Ron.
Quant à Neville, il ouvrit la bouche en un O parfait, tandis que Luna secouait la tête d'un air affligé.
- C'est horrible, commenta Ginny d'un ton dépité.
- Atroce, renchérit Harry avec colère.
- On ne peut pas les laisser faire ça, s'indigna Ron, les poings serrés.
Avant d'être assaillie par une tonne de questions, Hermione préféra clarifier :
- Ils n'y arriveront pas, on ne peut pas faire revivre quelqu'un en remontant le temps. Mais ils peuvent causer des dégâts irréversibles, et nous devons le trouver avant eux pour le détruire.
Les autres approuvèrent avec des hochements de tête effrénés.
- Avec quoi ? s'enquit Ginny, soucieuse.
- Avec la Baguette de Sureau, révéla Hermione de but en blanc.
Un silence stupéfait plana quelques instants, puis Harry le brisa.
- O.K., on n'a pas le temps pour plus d'explications. Je suppose que tu sais où se trouve ce maudit retourneur de temps, Hermione ?
- À vrai dire, non, admit-elle, mais Dumbledore m'a dit d'amener la Baguette de Sureau dans son bureau, et je suppose qu'à ce moment-là il nous dira où il est.
- Dumbledore ? soulignèrent Harry et Ron, surpris.
- Oui, je... je suis allée le voir, enfin plutôt son portrait, confessa Hermione, brusquement gênée. C'est lui qui... qui m'a parlé de tout ça...
Elle ne voyait pas l'utilité de mentionner la première partie de la discussion. Non seulement, elle n'en avait pas le temps, mais en plus, cela n'avait aucun lien avec leur mission. « Et puis, ajouta la petite voix insupportable dans sa tête, qu'Hermione considérait comme la voix de ce qu'elle ne voulait pas entendre, c'est surtout que tu redoutes affreusement leur réaction lorsqu'ils apprendront que Malefoy et toi avez une alchimie parfaite. »
Ron fronça les sourcils sans rien dire, alors que Ginny, Neville et Luna se contentaient de l'observer avec des yeux ronds. En revanche, le regard d'Harry se voila légèrement, affirmant ce qu'Hermione appréhendait : qu'il se sente blessé que Dumbledore se soit adressé à elle, et pas à lui.
- Écoute, Harry, fit-elle d'un air coupable, Dumbledore m'en a parlé parce que c'est moi qui me suis trouvée dans son bureau à ce moment-là, sinon tu sais bien que tu aurais été la première personne à qui il l'aurait dit.
Elle le regarda fixement pour bien accentuer l'effet de ses paroles. Le visage d'Harry sortit de sa torpeur temporaire pour se fendre d'un sourire un peu hésitant mais sûrement sincère.
- Je sais, Hermione, ne t'inquiète pas. Il est préférable qu'il l'ait dit à quelqu'un, étant donné que les aurors n'en savaient rien, et autant que ce soit toi qui le sache.
- Bon, si j'ai bien compris, on doit ouvrir la tombe de Dumbledore, piquer la Baguette de Sureau et s'en servir pour détruire ce fichu retourneur de temps, résuma Ron.
- Si Dumbledore nous a demandé de la prendre, alors on ne va pas la « piquer », corrigea Ginny d'un air réprobateur.
- Peu importe, intervint Neville. Dans tous les cas, il faut descendre sur les rives du lac pour trouver la tombe de Dumbledore.
Les autres acquiescèrent gravement.
- On y va maintenant ? demanda Luna d'un ton léger, comme si elle proposait une excursion à Pré-au-Lard. Tous les six ?
Hermione lança un regard interrogateur à ses amis, approuvant la question de la jeune fille. Ils échangèrent des coups d'œil, puis Harry répondit au nom de tous :
- Pourquoi pas ? Cette mission nous concerne tous autant les uns que les autres.
La Gryffondor hocha la tête à son tour mais, alors qu'ils s'apprêtaient à courir jusqu'au lac, des éclairs de lumière verte sifflèrent à leurs oreilles, les obligeant à se baisser. Hermione fit volte-face et plissa les yeux, espérant identifier leurs attaquants malgré le rideau de pluie qui rendait la visibilité bien difficile. Pourtant, en dépit de la nuit noire et du torrent qui s'abattait dans le parc, son sang se glaça dans ses veines ; comment ne pouvait-elle pas reconnaître cette silhouette menaçante qui dégageait des ondes de mal à des kilomètres à la ronde ? Chaque particule de son corps répugnait chaque cellule du sien...
Un soubresaut agita son cœur lorsqu'elle discerna la personne derrière Yaxley ; lui, par contre, elle devinerait sa présence les yeux fermés et les oreilles bouchées. Pourquoi ? C'était simple, son cœur s'affolait à chaque fois qu'il se trouvait à moins d'une vingtaine de mètres d'elle...
D'autres éclairs de lumière joignirent ceux de Yaxley, et bientôt, ses amis et elle n'eurent d'autre choix que de créer une géante bulle de protection qui les empêchait de répliquer mais garantissait au moins leur sécurité. À l'apparition de leur chef, les Mangemorts affluèrent des quatre coins du parc pour compléter le groupe qui s'avançait vers eux. Les aurors firent barrière devant eux et à leurs côtés, mais cela n'atténua pas la profonde angoisse qui rongeait Hermione. Ses yeux louchaient presque sur Malefoy qu'elle ne parvenait même pas à quitter du regard, sans tenir compte de ses efforts inutiles pour s'en détacher. Alors que la pluie la trempait davantage encore, elle se surprit à imaginer son corps contre le sien, la chaleur de sa peau chassant les gouttes glacées qui glissaient dans son cou...
« Stop, l'arrêta la voix dans sa tête. Tu te rends compte de ce que tu es en train de visualiser ? Toi et Malefoy. Tu n'as pas le droit de faire ça. »
La lionne secoua la tête. Elle avait raison. Il fallait qu'elle se reprenne.
- Qu'est-ce qui se passe ? interrogea Ron à côté d'elle.
La jeune fille n'en avait pas la moindre idée. Toute son attention était focalisée sur Malefoy qui marchait à grands pas avec Yaxley. Le voir si proche de l'un des Mangemorts qui la répugnait le plus la fit brutalement redescendre sur Terre, calmant ses ardeurs avec la violence d'un mur pris en pleine figure. Elle cligna des yeux sous le choc de la réalité qui revenait de façon si radicale.
« Allons, Hermione, c'est bien beau de vivre dans les rêves, le plus dur, c'est quand même de se réveiller, non ? » Au souvenir de cette citation prononcée par Malefoy lui-même puis par Yaxley, la Gryffondor songea qu'ils n'avaient jamais été autant dans le vrai.
- Je crois que Yaxley n'a pas trouvé le Grand Retourneur de Temps, fit remarquer Harry à voix basse. Sinon, il n'aurait pas l'air si furieux.
- Peut-être, concéda Hermione, mais dans ce cas, pourquoi vient-il nous voir ?
Harry tourna la tête vers elle en fronçant les sourcils.
- Il ne sait pas que tu le sais ?
- Normalement, non. Mais peut-être qu'entre temps il est allé dans le bureau de Dumbledore et...
Effrayée, la jeune fille frissonna en imaginant la suite. Mais Harry posa une main apaisante sur son bras.
- Ne t'inquiète pas. Personne ne peut toucher aux portraits, puisqu'ils sont déjà morts. Il ne peut rien lui arriver, c'est certain.
Légèrement rassurée, Hermione opina.
- Mais alors, qu'est-ce qu'il fabrique ?
- On ne va pas tarder à le savoir, de toute façon...
En effet, Yaxley, Malefoy et les autres Mangemorts venaient à présent de s'arrêter à quelques mètres d'eux, cessant de les bombarder de maléfices.
- Il me semble que vous avez quelque chose qui nous appartient, martela le chef d'une voix puissante pour couvrir le tumulte de la tempête qui faisait rage autour d'eux.
Les Mangemorts renchérirent en lançant quelques sortilèges au hasard. Plus aucun d'entre eux n'avait sa capuche, le combat les ayant forcés à se découvrir. L'expression terrifiante peinte sur chacun de leurs visages ne fit qu'accroître l'anxiété d'Hermione. Elle sentait que quelque chose d'horrible allait se produire.
Perplexes, les aurors s'adressèrent des coups d'œil afin d'essayer de deviner de quoi parlait leur ennemi. L'appréhension d'Hermione augmenta d'un cran lorsque le regard de Yaxley balaya la foule, et son cœur fit une embardée dans sa poitrine quand il s'arrêta sur elle.
Même avec une visibilité réduite, elle avisa le rictus mauvais qui déforma ses traits.
- Elle.
Tous les regards convergèrent vers la Gryffondor paralysée d'effroi. Le sang battait à ses tempes et les battements de son cœur étaient si rapides qu'elle se demandait si elle n'allait pas faire une crise cardiaque. Ses amis la scrutèrent une seconde, ainsi que les aurors autour d'eux, puis l'attention générale se reporta sur Yaxley, mis à part quelques Mangemorts qui continuaient de la contempler comme si elle était particulièrement appétissante.
- Et pourquoi donc ? s'enquit Greg non loin d'elle.
Sa voix était si glaciale que des frissons parcoururent l'échine de la jeune fille.
- Elle nous revient de droit, décréta Yaxley avec autant de froideur que l'auror. Je vous avoue que je préfèrerais venger la mort du Seigneur des Ténèbres directement sur son meurtrier, mais je crains que ce ne soit pas possible.
Harry fronça les sourcils, confus ; Ginny se pencha vers lui pour lui murmurer à l'oreille :
- Tu vois, j'avais raison, ils ont peur de toi. Ils pensent que si tu as été capable de tuer leur maître, tu t'en sortiras également face à eux. Et peut-être que quelque part, ils ne veulent pas désobéir aux ordres de Voldemort : c'est lui qui voulait te tuer, pas eux.
Hermione ignorait si son amie avait raison, mais elle l'espérait du fond du cœur : au moins, les Mangemorts n'essaieraient pas de s'en pendre à lui. « Sauf s'ils parviennent à utiliser le Grand Retourneur de Temps, se rappela-t-elle. Mais ça n'arrivera pas. »
- Cette Sang-de-Bourbe est la pire de tous, reprit le chef des Mangemorts d'un ton doucereux. En plus d'être une souillure au monde des sorciers, elle a participé à la destruction du Seigneur des Ténèbres, bien qu'elle n'en soit pas son meurtrier direct. Ce serait vous rendre un grand service de vous débarrasser d'elle.
Pétrifiée de terreur, Hermione sentit ses amis se rapprocher d'elle, l'entourant de leur protection, et une bouffée d'affection pour eux domina sa peur l'espace d'un instant.
- Vous ne l'aurez pas, se contenta de promettre Greg avec assurance.
Ses yeux lançaient des éclairs assassins. Sans trop savoir pourquoi, la lionne fut touchée par son intervention.
- Bien entendu, si l'occasion se présente, nous serons très ravis d'emmener également le meurtrier du Seigneur des Ténèbres et les traitres-à-leur-sang, précisa Yaxley en s'avançant de quelques pas, ignorant la remarque de l'auror, son regard menaçant s'arrêtant sur chacun de leurs visages.
- Vous n'aurez personne, gronda un autre auror qu'Hermione ne reconnut pas.
- Nous aurons la Sang-de-Bourbe, contredit aussitôt Yaxley avec conviction.
Après avoir lutté, la lionne finit par céder et laissa son regard s'accrocher à celui de Malefoy, qui n'avait pas bougé, pas ouvert la bouche, pas cligné des yeux. Il demeurait statique et muet, si bien que la rage, la déception et le chagrin emplirent la poitrine d'Hermione lorsqu'elle songea qu'à peine quelques minutes plus tôt, il lui avait demandé de lui faire confiance et de l'écouter s'expliquer. Elle ressentait cette absence de réaction comme une énième trahison qui vint déchirer davantage encore les lambeaux qui restaient de son cœur.
Pourquoi était-il revenu vers elle si c'était pour la trahir à nouveau ? La gorge tellement nouée qu'elle dut faire un effort surhumain pour ne pas s'effondrer, Hermione se détourna, les yeux mouillés de larmes.
Yaxley la transperça du regard, et la jeune fille eut alors la certitude qu'elle allait imploser.
- Malefoy se fera un plaisir de s'occuper d'elle, signala-t-il en dévoilant un horrible sourire à faire dresser les cheveux sur la tête.
Le souffle de la Gryffondor se coupa brusquement ; elle sentit contre elle les bras de Harry et de Ron se mettre à trembler, sans doute de fureur. L'attroupement autour d'elle se resserra encore, mais elle ne quittait pas des yeux Malefoy et Yaxley, son regard allant de l'un à l'autre. La pluie qui continuait de s'abattre dans le parc lui était maintenant indifférente, les coups de tonnerre qui retentissaient de temps en temps n'atteignaient même plus ses oreilles. La tempête avait beau faire rage autour d'elle, rien ne la préoccupait plus que ces deux Mangemorts.
Ce furent les aurors qui relancèrent l'attaque ; sans crier gare, Greg fut le premier à défier un Mangemort, entraînant aussitôt ses confrères. En quelques secondes, le combat reprit, encore plus sanglant. Mais les amis d'Hermione ne bougèrent pas, décidés à la protéger ; et lorsque plusieurs Mangemorts les visèrent, ils s'unirent pour répliquer.
Hélas, ils furent bien vite divisés, les attaques de leurs adversaires étant bien trop dangereuses pour rester sur place. Même si ses amis ne s'éloignèrent pas beaucoup, Hermione se retrouva bientôt à découvert, puisant dans ses dernières forces pour défendre sa propre vie. Avery était plutôt coriace, et excessivement doué en magie noire ; elle peinait à éviter ses maléfices, et les siens ne l'atteignaient pas, ou très rarement. Le combat devint de plus en plus difficile, et son adversaire prit rapidement l'avantage.
Hermione fut touchée à la jambe et à la hanche par deux sortilèges extrêmement douloureux qui lui firent grincer des dents, mais même pliée en deux de souffrance, elle ne cessa pas ses attaques. Du coin de l'œil, ses amis veillaient sur elle, et vice-versa, mais aucun d'entre eux ne pouvait venir en aide à l'autre. Quant aux aurors, ils étaient suffisamment occupés par plusieurs Mangemorts en même temps.
Le déchainement climatique ne rendait pas la tâche plus facile ; les pieds d'Hermione pataugeaient dans la boue et ses cheveux mouillés collaient à son visage, rendant sa vision encore plus étroite. Un véritable torrent s'abattait sur les combattants, et le froid qu'il apportait la faisait trembler. S'ajoutaient à ces terribles conditions la solitude, la souffrance physique et mentale, ainsi qu'un profond épuisement. Vidée d'énergie, elle ne savait même pas où elle trouvait la force de lutter, encore et encore. Elle n'avait pas mangé depuis si longtemps qu'elle ne se souvenait même plus de son dernier repas ; elle n'avait pas passé une bonne nuit depuis des semaines, et par-dessus tout, elle se sentait si faible qu'elle s'étonnait de tenir encore debout.
Seul l'instinct de survie lui donnait l'envie de répondre aux attaques d'Avery, rien d'autre. Mais la tâche devenait si complexe qu'Hermione sut qu'elle ne tiendrait pas longtemps. Tout se déroulait au ralenti, comme dans un rêve, ou plutôt un cauchemar. La surcharge émotionnelle qu'elle retenait depuis plusieurs heures se comprimait dans sa poitrine, menaçant une explosion n'importe quand. À force de lutter également contre elle, ses efforts lui coûtaient beaucoup de force.
Miraculeusement, l'un de ses sortilèges toucha Avery en plein estomac, l'obligeant à relâcher son attention quelques centièmes de seconde pour étouffer la douleur ; immédiatement, Hermione saisit l'occasion. Son sortilège de stupéfixion atteignit son ennemi en pleine poitrine, et il tomba par terre, droit comme une planche.
Profitant de ce temps de répit, la lionne laissa libre court à sa souffrance ; avec un gémissement, elle heurta le sol à son tour, les mains plaquées sur ses blessures, si nombreuses qu'elle ne savait même plus où elles se trouvaient. Les récentes plaies causées par Avery saignaient abondamment, et son combat avait réveillé la douleur de toutes les autres.
- Hermione !
La voix d'Harry avait traversé l'obscurité, ricoché contre les gouttes de pluie avant de percer le brouillard qui l'entourait. Son cri fut repris par Ron et Ginny, encore plus lointains. La Gryffondor ouvrit la bouche pour leur hurler de ne pas s'inquiéter, mais seul un son méconnaissable, à mi-chemin entre le glapissement et le sanglot, franchit la barrière de ses lèvres.
- Regardez-moi ça, ricana une voix au-dessus d'elle, une voix identifiable entre mille autres. La Sang-de-Bourbe n'est pas si résistante que ça, on dirait.
À contrecœur, Hermione leva les yeux vers l'être le plus répugnant qu'il lui eû été donné de rencontrer. Elle voulut riposter, lui hurler sa haine et son dégoût, mais elle fut incapable de parler. La boule d'émotion coincée entre ses amygdales ainsi que les ondes de souffrance qui irradiaient dans tout son corps l'empêchaient d'émettre un son qui ne ressemblait pas à une supplication. Et hors de question de faire plaisir à cette abominable bouse de dragon en la priant de mettre fin à son supplice. Pas après tout ce qu'elle avait enduré.
Elle se contenta donc de transmettre toute sa répulsion dans un regard incendiaire.
- Que tu es minable, asséna Yaxley dans un éclat de rire moqueur. Pitoyable. En plus d'être l'une des créatures les plus repoussantes de ce monde, tu te crois supérieure à ce que tu es réellement. Manifestement, te torturer sans relâche pendant plusieurs semaines n'a pas suffit à t'ouvrir les yeux.
Il se pencha sur elle, si près que son haleine repoussante couvrit son visage. Profondément écœurée, elle recula la tête du mieux qu'elle le put, prise de nausées.
- Tu n'es qu'une souillure, martela-t-il en articulant distinctement, comme s'il voulait lui enfoncer ces mots dans le crâne. Une poussière sur ma chaussure. Si Merlin t'a donné la vie, c'est uniquement pour satisfaire les besoins de ceux dont le passe-temps favori est la torture. Les gens comme moi.
Ce fameux rictus à glacer le sang se plaqua sur sa figure.
- Et comme Malefoy.
Instantanément, son nom fit bondir le cœur d'Hermione dans sa cage thoracique avec une telle puissance qu'il aurait tout aussi bien pu s'en extirper. Et irrémédiablement, elle se détesta d'être si faible.
Lentement, Yaxley se redressa en la toisant de toute sa hauteur.
- J'ai hâte d'assister au spectacle, commenta-t-il en se délectant de sa réaction. La Sang-de-Bourbe Granger tuée par son premier amour. Comme c'est touchant !
Et il s'esclaffa d'un rire démoniaque à filer la chair de poule. Hermione le regarda s'extasier, la mine sinistre.
- Il ne me tuera pas, affirma-t-elle d'une voix rauque et hâchée.
Le rire du Mangemort s'estompa.
- Tu crois vraiment ? gloussa-t-il avec un sourire narquois.
- Oui.
Chaque fibre de son corps voulait y croire. Hermione en avait la conviction : Drago Malefoy ne pouvait pas la tuer. Pas après tous ces efforts pour la protéger. Il souhaitait la garder en vie, même si c'était pour une raison malveillante qu'elle ne connaissait pas. Il ne pouvait tout simplement pas abandonner après tout ce qu'il avait fait pour elle.
Si ?
- Que tu es naïve ! railla Yaxley sans cesser de se moquer d'elle. Et encore, ce n'est même plus de la naïveté, c'est de la stupidité ! Tu ne l'as donc pas vu tel qu'il était ? Après tout ce à quoi tu as assisté, tu ne veux toujours pas croire qu'il est voué à incarner le mal ?
Alors qu'il riait à gorge déployée, Hermione secoua la tête, sa respiration devenue saccadée. Non, elle ne voulait pas y croire. Elle entendait encore la douceur dans sa voix, quelques minutes plus tôt, elle sentait encore son odeur, son contact, elle revoyait ses défenses s'abattre au sol après qu'elle l'ait insulté de tous les noms. Elle ne pouvait pas y croire.
Parallèlement se superposaient les images horrifiantes de tous les moments atroces auxquels elle avait assisté. Ses mensonges, son talent de manipulateur surentraîné, sa soumission aux Mangemorts. Tout ce qu'elle voulait oublier s'opposait à tout ce qu'elle voulait garder, l'enveloppant d'un brouillard de doutes et d'espoirs. Son système nerveux semblait se détraquer, sa mémoire flanchait et sa capacité à trancher était inapte. La confusion omniprésente dans son esprit lui donnait le tournis, si bien qu'elle serait tombée si elle n'était pas déjà par terre. Prise de nausées et de vertiges, la jeune fille secoua la tête pour tenter de repousser les images et les sons qui défilaient dans sa tête comme des extraits de film.
À travers ses larmes que la pluie dissimulait, elle distingua ses amis non loin d'elle, visiblement fous d'inquiétude, et les aurors qui tentaient de se rapprocher en dépit des attaques des Mangemorts. Et soudain, elle le vit, lui, son rêve et son cauchemar, son ange et son démon... Il progressait vers eux à pas vifs, sombre silhouette au milieu des autres. Le rideau de pluie et l'obscurité camouflaient son visage, mais la lionne eut un accès de frayeur. Apparemment, Yaxley ne l'avait pas encore remarqué, trop occupé à ricaner.
Malefoy parvint près d'eux et poussa le chef des Mangemorts d'un violent coup d'épaule pour le forcer à lui céder la place. Paralysée, Hermione s'immobilisa entièrement, chacun de ses sens s'affolant à son approche. Le seul contact dont elle avait pleinement conscience était celui de sa baguette magique, tellement crispée dans sa main droite qu'elle ne sentait plus ses muscles.
Yaxley se tourna vers le nouvel arrivant et arqua un sourcil sans se départir de son sourire goguenard.
- Quand on parle du loup...
Mais Malefoy ne lui accorda pas le moindre coup d'œil ; il s'était arrêté et avait plongé ses yeux gris dans ceux, chocolat, de la jeune fille étalée à ses pieds. La nuit noire cachait l'expression de son visage, mais de toute façon, même sous des projecteurs, elle n'aurait pas pu la lire, c'était certain : il avait dû revêtir son masque, encore une fois...
Plus loin, son nom fut répété en écho par une dizaine de personnes comme un avertissement ; mais si elle les entendit, elle ne changea pas d'attitude pour autant. Son regard était hypnotisé par celui de Malefoy, et même avec toute la volonté du monde, elle ne pouvait pas s'en détourner. Elle ignorait combien de secondes, ou de minutes s'écoulèrent durant leur face à face, mais ni elle, ni lui n'agitait le moindre muscle.
Du coin de l'œil, elle aperçut Yaxley se pencher vers Malefoy et, d'une voix forte qui couvrit brusquement la tempête, il lui ordonna d'un ton sans appel :
- Tue-la.
Tout le monde l'avait forcément entendu puisque ses amis poussèrent des cris et les aurors tentèrent de se débarrasser de leurs adversaires, en vain. Malefoy ne cilla pas, ne flancha pas. Pétrifiée sur place, Hermione demeura prisonnière de son regard de glace.
- Il ne peut pas la tuer ! hurla quelqu'un à l'autre bout du monde, et elle reconnut alors la voix désespérée d'Harry. Il lui a sauvé la vie, il ne peut pas vouloir sa mort !
Yaxley ébaucha un sourire maléfique, mais ne répondit pas. L'impassibilité de Malefoy devant elle rendait Hermione folle d'angoisse. Le sang affluait à ses tempes, ses mains et son menton tremblaient violemment tandis qu'elle fixait le Serpentard à s'en faire sortir les yeux de la tête. Quelque chose en elle se débattait avec force, comme pour l'inciter à se défendre et à cesser de rester là sans rien faire. Mais Hermione était concentrée sur les paroles d'Harry qui tournaient en boucle dans son esprit : il avait raison, n'est-ce pas ? Malefoy ne pouvait pas vouloir sa mort, c'était impossible...
Pourtant le Serpentard dressa d'un coup sa baguette. Le cœur d'Hermione s'arrêta de battre.
- Avada Kedavra.
Des hurlements stridents déchirèrent l'atmosphère, des silhouettes indiscernables se jetèrent en avant, mais elle ne vit qu'une seule chose : l'éclair de lumière verte qui fusait droit vers elle. En une demi-seconde, son cœur tomba lourdement dans sa poitrine, comme s'il était déjà mort, et Drago Malefoy lui apparut alors totalement, illuminé par le sortilège. La dernière image avant le trou noir fut le visage de celui qu'elle aimait, le visage d'un ange. Un ange aux yeux du diable...
Aloooooooooooooooooooooooooooooooooooooooors ?
Je suis sûre qu'aucun d'entre vous ne s'attendait à ça xD Mais l'histoire n'EST PAS terminée, rappel ! Vous aurez la suite rapidement, c'est promis, je vais faire de mon mieux !
DragoHermione : Comme tu peux t'en douter, le titre du chapitre désigne tout simplement l'ultimatum auquel Drago doit faire face ;)
J'attends telleeeeeement vos avis avec telleeeeeeement d'impatience !
Merci d'avoir lu !
